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"Veröffentlichungsdatum: " 25.06.2021 20:35:23
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Plus le vendredi approche, plus je redoute mon rendez-vous avec Maud. J’annulerais notre rencontre si je le pouvais, seulement je ne connais pas son nom. Je peux probablement retrouver celui de Sarah si j’arrive de nouveau à fouiller dans les affaires de Célia, seulement je ne m’en sens pas capable. Et puis Maud étant divorcée du père de sa fille, il y a de grandes chances qu’elles ne portent pas le même nom.

Pourquoi ai-je accepté de la revoir ? En soi, je n’ai rien contre, sauf que l’avoir prévu à un moment précis donne à notre prochaine entrevue des allures de rencard et je n’aime pas ça.

Puis-je lui dire une fois sur place que je ne peux plus, prétexter un imprévu ?

Je ne sais pas… Je ne suis d’ailleurs pas certain de le vouloir, car même si l’effet n’a pas duré longtemps, je me suis senti mieux après avoir discuté avec elle. Et je désire connaître la vraie raison de son insistance à vouloir me parler.

*

Probablement du fait que je le redoute, le vendredi arrive très rapidement.

Je m’étonne le matin même de faire un effort vestimentaire et enfile une chemise sous un pull en col V que je n’ai pas porté depuis la mort de Célia. Il me paraît un peu trop ample, j’ai perdu pas mal de poids depuis l’accident. L’effet est le même avec mes autres vêtements, seulement avant ce matin, cela ne me semblait pas important. Je m’en satisfaisais, car je n’avais pas le choix et que je n’avais aucune intention de faire du shopping, c’était toujours Célia qui me conseillait, auparavant.

J’enfile un vieux jean délavé, je n’ai plus que ça, à vrai dire. Je ne dois probablement pas les nettoyer correctement, car aucun ne garde sa couleur d’origine. Mes pantalons sont comme moi, ils sont devenus ternes à la disparition de ma femme. Vient le moment du choix des chaussures, c’est assez simple, je n’en possède qu’une seule paire. Comment ai-je pu oser les porter toute l’année dernière ? Elles sont dans un état pitoyable. Je commence à me demander si la pitié des autres professeurs n’était que le fait de la disparition de ma femme et de ma fille...

Ma veste est la seule à avoir résisté au temps passé, mais Célia me l’avait achetée l’hiver précédant sa mort, elle n’a que deux ans. Et jusqu’à maintenant je me contentais d’un coup d’éponge pour la nettoyer, c’est peut-être ça le secret de la longévité d’un vêtement…

À l’école, les autres professeures me regardent différemment, est-ce le simple fait de ma tenue un peu plus soignée que d’habitude ? Ou sont-elles au courant de mon rendez-vous de fin de journée ?

Il faut que je trouve une solution, que cela se passe dans un endroit discret, je ne tiens pas à ce qu’on me voie en compagnie d’une femme et qu’on s’imagine que je tourne la page. Il ne le faut surtout pas. Lundi, ça n’avait pas d’importance, je ne voyais pas ça comme un rendez-vous, seulement aujourd’hui, c’est différent.

J’oublie cette angoisse grâce à l’énergie et la bonne humeur de mes élèves et encore une fois, je ne vois pas passer la journée. C’est à la fin de celle-ci que je réalise que c’est le dernier jour d’école avant Noël, je ne reverrai pas les enfants avant le mois de janvier. Je me mets soudainement à paniquer à cette idée car je ne supporte plus les vacances et celles de Noël sont les pires de toutes. Les élèves, quant à eux, ne sont pas de mon avis : ils se précipitent avec joie hors de l’école et je me retrouve seul dans la classe. Je reste un moment, peut-être Maud m’attend-elle déjà sur le parking ? En tout cas je ne veux pas sortir tout de suite. La femme de ménage apparaît, elle me souhaite de bons congés, comme pour m’encourager à m’en aller, je n’en fais rien. Je reste immobile, les fesses posées sur mon bureau, perdu dans le néant de mes pensées. Les professeures passent à tour de rôle afin de me souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année, comment peuvent-elles seulement imaginer qu’elles seront bonnes ? Je me contente de sourire et de les remercier.

Le passage de la serpillière est mon signal de départ et je me décide à rejoindre le parking. J’aperçois la voiture noire de Maud, elle est garée à côté de la mienne. Mon regard croise le sien dans le reflet de son rétroviseur, puis elle sort de la voiture. Je ne me sens pas bien, vais-je lui prétexter un imprévu ? Maud ouvre la portière arrière et je vois la petite Sarah sauter à l’extérieur. Sa maman me lance un grand sourire que je tente de lui retourner – pas certain de réussir –, puis j’avance à sa rencontre.

— Bonjour.

— Bonjour, répliqué-je.

— Est-ce que ça vous dit de vous promener au lac ? Il y a des jeux, Sarah sera contente.

Je ne réussis pas à prétexter quoi que ce soit ou peut-être n’en ai-je pas suffisamment envie, car j’acquiesce.

— Cette fois-ci, reprend-elle, c’est moi qui vous emmène.

Elle demande à Sarah de remonter et je m’installe sur le siège passager. L’intérieur du véhicule est luxueux, ce n’est pas le genre de voiture que je pourrais m’offrir avec mon salaire de l’éducation nationale. La mienne fait pâle figure à côté, elle est âgée d’une dizaine d’années et je ne prévois de la changer qu’en cas de problème mécanique majeur.

Maud me sourit en s’installant au volant, puis démarre. Le lac est une bonne idée, il est souvent désert en cette saison, il y a donc moins de risques d’y être vus.

Je regarde Sarah à l’arrière, elle a le visage tourné vers sa vitre et le regard perdu.

— Alors ça y est, c’est les vacances, s’exclame Maud.

— Oui.

— Vous avez prévu quelque chose ?

Je réfléchis, que puis-je inventer ? Je ne vais pas lui dire que je vais passer deux semaines à picoler sur mon canapé…

— Pour être honnête, je n’ai compris qu’à 16 h 30 que c’était les vacances.

Elle me regarde, comme pour déterminer si je dis vrai, puis se reconcentre sur la route.

J’en profite pour l’observer discrètement, je crois que c’est la première fois que je remarque à quel point elle est belle. Ses traits sont fins, son sourire paraît constant… Elle devine mon intérêt, car elle se tourne vers moi, nos regards se croisent quelques secondes, puis je baisse les yeux.

Nous restons silencieux tout le restant du voyage et je suis soulagé lorsque l’on arrive sur le parking.

Sarah saute de la voiture, puis se précipite aussitôt vers les jeux installés au départ du chemin entourant le lac. Je me tourne vers Maud, son sourire ne la quitte pas. Nous nous asseyons sur l’un des bancs placés autour des structures de jeux.

— Et vous, demandé-je, vous avez prévu quelque chose pour les vacances ?

— J’avais l’intention d’aller skier, mais un travail prévu sur le tard m’a contrainte à modifier mes plans.

Sarah appelle sa mère pour qu’elle la regarde, ce que nous faisons tous les deux. Elle est très mignonne et sous une ample chevelure brune et frisée, elle arbore un large sourire qu’elle doit tenir de sa maman. Je me tourne vers Maud, qui ne quitte plus sa fille des yeux. Bien qu’elle paraisse plus tendue que lors de nos précédentes rencontres, elle sourit toujours. Elle est un peu plus maquillée que la dernière fois, alors qu’elle n’en a pas réellement besoin. Et cela la vieillit légèrement.

— Quel âge avez-vous ? demandé-je.

Je sais qu’on n’interroge normalement pas une femme à ce sujet, mais il ne fait aucun doute que son âge n’atteint pas un cap gênant.

— J’ai 29 ans, me répond-elle, pourquoi ?

— Je me posais la question, je n’arrivais pas…

Je ne termine pas ma phrase.

— Est-ce que vous voulez marcher ? me propose-t-elle.

— Sarah a l’air de bien jouer.

— Oui, seulement si on attend qu’elle s’arrête, on risque de patienter là jusqu’à la tombée de la nuit.

Je ne bouge pas, cela ne me dérange pas de rester et je trouve divertissant de regarder la petite fille s’amuser.

— Vous préférez marcher ? demandé-je.

— Je…, hésite-t-elle, peu importe, à vrai dire. En fait, je suis assez mal à l’aise. J’ai conscience que j’ai peut-être été un peu brusque la dernière fois, du coup je ne sais pas comment vous aborder…

Je la regarde, elle ne me fait plus l’effet d’être folle.

— Je crois que vous m’intimidez, ajoute-t-elle.

— Je suis désolé si je vous ai paru sec la dernière fois.

— Ah non, il n’y a pas de raison de vous excuser, c’est moi qui aie été trop intrusive.

Je ne dis rien, je suis d’accord.

— Vous m’intriguez.

Il est clair que notre rendez-vous prend une tournure gênante.

— Le papa de Sarah, dis-je, il ne vit pas en France ?

— Non, il vit au Burkina Faso.

— Ah, donc vous êtes burkinabaise ?

— En réalité on dit « burkinabée », rigole-t-elle, mais non, seul lui l’est. Moi j’ai toujours vécu en France, il est diplomate et a passé quatre ans à Paris, avant de repartir.

— Pourquoi est-ce que vous ne l’avez pas suivi ?

— Nous étions déjà séparés lorsqu’il est retourné au pays, j’avais découvert qu’il avait une femme et des enfants au Burkina.

Je me tais et c’est mon tour de me sentir trop intrusif.

Maud se lève, elle s’approche des jeux en appelant sa fille. J’en profite pour l’observer, elle porte des baskets, un jean bleu foncé lui moulant les jambes qu’elle a fines. Elle est très mince, son manteau, bien que large, ne suffit pas à le cacher. Elle se tourne vers moi.

— On y va ?

Je me lève et les suis toutes les deux jusqu’au chemin. Sarah marche devant nous, on dirait qu’elle ne prête pas attention à ma présence.

Je trouve à la situation des allures irréelles, le fait de me promener avec une jeune femme et sa fille que je ne connais pas. C’est pourquoi je demande :

— Vous faites souvent cela, tenir compagnie à des hommes désespérés ?

Je regrette aussitôt de m’être qualifié ainsi.

— Vous êtes désespéré ?

— J’ai peut-être un peu exagéré.

Je n’en suis pas certain.

— Non, et je ne vous ai pas invité parce que je vous trouvais désespéré.

— Vous me rassurez.

— Je ne sais même pas pourquoi je l’ai fait.

Je la regarde, je suis à peu près sûr qu’elle le sent, néanmoins elle continue de fixer droit devant elle, avant de reprendre :

— J’ai eu envie de vous parler, de vous connaître.

— Eh, regarde maman ! Des canards ! crie Sarah, nous sortant par la même occasion d’un échange gênant.

Maud y fait à peine attention et reprend notre conversation :

— Je crois qu’en fait, je veux vous parler de Sarah, de sa réaction et de son comportement depuis le décès d’Eléanore… Pourtant je me suis confiée à un psy, mais j’ai cru qu’en discuter avec vous serait une bonne idée, que cela m’aiderait à y voir plus clair…

Nous dépassons Sarah, qui reste au bord de l’eau à attendre, en vain, que les canards la rejoignent.

— Seulement j’ai compris que je vous avais imposé cette discussion sans vous demander votre accord. J’ai été égoïste, je vous prie de m’en excuser.

— Vous m’avez un peu bousculé, ce qui n’est probablement pas une mauvaise chose.

Maud sourit et s’arrête. Elle soutient mon regard et je m’étonne de la trouver attirante. Cela ne m’était pas arrivé depuis la mort de Célia. Pourtant lorsqu’elle était encore en vie, il m’arrivait de croiser des femmes et de les trouver séduisantes, mais cela ne s’est jamais reproduit depuis un an et demi. Et je ne m’étais pas préparé à ce que ça recommence.

Heureusement, Maud se tourne vers Sarah afin de lui demander de nous rejoindre. Cela me permet de détourner le regard et je me jure de ne plus me laisser aller.

Nous ne faisons pas le tour complet du lac, il est grand et la nuit risque de tomber avant que l’on ait terminé. Maud me raccompagne jusqu’au parking de l’école et au moment de descendre de sa voiture, je ressens le besoin de lui dire que j’ai apprécié le temps passé en leur compagnie. Cela a l’air de lui faire plaisir, puis s’ensuit un silence confus.

Je m’apprête à partir lorsqu’elle me demande mon numéro de téléphone. Je suis pris de court, et m’aperçois que je ne suis plus certain de m’en souvenir. Mon portable reste éteint la plupart du temps et je ne m’en sers quasiment plus. Je dois m’y reprendre à plusieurs reprises, et je pense lui avoir donné le bon au moment de m’en aller. Je la salue une dernière fois, ainsi que Sarah, puis monte dans ma voiture.

C’est une fois sur le chemin du retour que je doute de nouveau, je ne suis plus certain que le numéro était exact.

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

Sans Elles   36

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Sans Elles   35

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Sans Elles   34

34Pendant le déjeuner, Maud me rappelle que c’est dans seulement deux jours que Sarah doit partir chez ses grands-parents. On n’en a pas rediscuté, mais l’idée qu’elle soit loin de nous alors que ses cauchemars ont repris nous inquiète.— C’était prévu ! s’offusque Sarah en voyant qu’

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