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Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:35:23
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Ma maison ressemble à un grand capharnaüm, les affaires de Célia et d’Eléanore jonchent le sol de toutes les pièces. J’ai les yeux humides, mais je tiens le coup. Je m’allonge au milieu des vêtements de ma femme et reste là un bon moment, peut-être des heures. Je me rends ensuite dans la chambre de ma fille, il y a des jouets partout, je les observe et tente de me représenter mentalement Eléanore parmi eux. Je la vois jouer, sourire, s’inventer des histoires comme elle adorait le faire. Je souris d’un air béat, à la regarder, à l’imaginer parmi tous ses jeux, ses poupées… Et je ne peux les retenir, je m’effondre en sanglots.

Elles me manquent toujours autant, si ce n’est pire qu’avant. Je regrette tout à coup d’avoir ressorti toutes ces affaires et n’en peux plus de les voir. Je me précipite dehors, l’air frais me fait du bien, je me sèche les yeux et marche quelques pas devant la maison. Ces derniers m’emmènent sur le chemin, puis jusqu’à la route. Je ne m’arrête pas, un bois se trouve à moins de deux kilomètres et je l’atteins en une quinzaine de minutes. Je m’enfonce à l’intérieur de ce dernier, c’est seulement à ce moment que je remarque la température, nous sommes en décembre et je ne porte sur moi qu’un jean et un léger sweat. Pour autant, je ne fais pas demi-tour, je dois marcher. Pourquoi ? Je n’en sais rien, m’aérer l’esprit, probablement.

Je continue jusqu’à l’autre extrémité du bois et je pourrais atteindre le village, seulement je décide de rentrer. Je me sens mieux, toujours aussi mélancolique, mais vivant. Demain, je retournerai à l’école, et j’ai hâte. En attendant, il me faut rentrer chez moi, retrouver toutes les affaires au sol et rassembler mes forces afin de les ranger sans craquer de nouveau.

Je ne réussis pas à faire abstraction du froid durant le retour et c’est quasiment gelé que je franchis ma porte d’entrée. À l’intérieur, se présentent face à moi les livres de Célia, éparpillés sur le sol. Pourquoi ai-je vidé ces cartons ?

Je relis les couvertures, des thrillers romantiques pour la plupart, elle adorait ça. Je les ouvre, tous, à la recherche de quelque chose. J’aimerais trouver un bout de papier servant de marque-page, le genre de papier sur lequel elle aurait griffonné un dessin ou quelques mots… Je le trouve, mon précieux. Au milieu de son livre préféré, peut-être était-elle en train de le relire une énième fois. Je saisis le papier, coupé irrégulièrement, et sur lequel est inscrite une liste de choses à acheter. Elle avait dû faire sa liste de courses en même temps qu’elle lisait et avait conservé ce papier en guise de marque-page. Je relis les quelques mots sans importance marqués dessus. Elle y avait inscrit la marque des bières que l’on aimait savourer sur notre terrasse durant l’été, les céréales préférées d’Eléanore, du démaquillant, de la lessive, du café et d’autres produits alimentaires… Je plie le morceau de papier et le fourre dans ma poche, pas de petits croquis de ma belle, je devrai me contenter de cette liste.

Je replace les livres dans les cartons, cela me prend près d’une heure et après ça, j’abandonne. La nuit tombe et je me sens exténué. J’ouvre le réfrigérateur pour découvrir une nouvelle fois que je n’ai plus rien à manger. J’attrape ma bouteille de whisky et m’installe sur mon canapé. Je m’allonge, n’ouvre pas la bouteille et m’endors.

Je me réveille en plein milieu de la nuit, je suis en sueur, il doit pourtant faire tout juste 15 degrés dans le salon. Pourtant, je transpire à grosses gouttes. Je repense au cauchemar qui m’a réveillé, les affaires de Célia se rebellaient, elles me demandaient de les laisser et s’en prenaient à moi. J’étais poursuivi par la garde-robe de ma femme. Cela peut paraître ridicule une fois éveillé, ça n’en paraissait pas moins effrayant dans mon rêve. La lumière de la lune traversant les fins rideaux se reflète sur le verre de ma bouteille, je la saisis. Ma consommation a diminué, depuis 24 heures, je n’ai pas encore bu une bouteille pleine. Seulement là, mon cauchemar m’a assoiffé et quelque chose me dit que je ne pourrai pas me rendormir sans au moins boire quelques gouttes. Je me redresse et avale une première gorgée, puis une seconde, et ce, jusqu’à ce que la bouteille soit entièrement vidée. Finalement, ma consommation reste la même.

Je me laisse tomber puis attends. Je reste là jusqu’au lever du jour.

*

Ma douche me fait le plus grand bien. Je ressens la faim en sortant, j’avale un morceau de fromage asséché, il traînait dans le réfrigérateur depuis des semaines. Il y a une chance sur deux qu’il me rende malade, mais prendre ce risque sera peut-être la chose la plus excitante de ma journée…

*

À l’école, il y a un moment que j’apprécie tout particulièrement, celui où je prépare les cours que je m’apprête à donner. Les enfants ne sont pas encore là, c’est calme et je profite du fait d’être à la fois ailleurs que chez moi et dans un environnement familier. Mais déjà j’entends la porte de la salle voisine s’ouvrir, celle des CM1. Les cris des élèves ne vont pas tarder à résonner et je me dépêche alors de terminer de tout régler avant leur arrivée.

*

La journée terminée, je peux enfin me poser. Je retrouve la liste de courses de Célia dans ma poche. L’envie me prend de me rendre au supermarché et d’acheter tout ce qu’elle avait prévu, et rien que cela, fidèle à cette liste. En quelques secondes, je quitte ma classe et rejoins ma voiture au parking. J’allais enclencher la marche arrière lorsque je sursaute à des coups donnés à ma vitre.

— Je vous ai fait peur, s’exclame Maud alors que j’ouvre la portière.

— Ce n’est rien.

— Je vous attendais.

— Vous m’attendiez ? m’étonné-je.

Elle sourit, l’air gêné.

— Je sais que ça peut paraître bizarre, mais vous m’aviez dit qu’on pouvait remettre notre échange à une prochaine fois…

C’est clair que je trouve ça bizarre, sauf que mes pensées de la veille me reviennent et je décide de mettre ma méfiance de côté.

— Sarah n’est pas avec vous ? demandé-je.

— Elle est chez son père. Je me suis dit qu’on pourrait discuter.

Tant pis pour les courses, je trouverai bien le temps de les faire par la suite. Et si ce n’est pas le cas, je prendrai des repas à emporter dans un fast-food.

— Montez, l’invité-je.

— J’ai ma voiture.

— Je vous ramènerai ici.

Quelques minutes plus tard, nous rentrons dans un café du boulevard, très animé à cette heure, et nous nous installons à une petite table en intérieur. Je me rends compte que cela fait plus d’un an et demi que je n’ai pas remis les pieds dans un endroit de ce genre.

— Vous allez me croire folle…, s’exclame-t-elle.

Ce sont ses premiers mots depuis notre départ du parking de l’école et je ne réponds pas, car pas encore fixé sur la réponse. Un serveur vient prendre notre commande, je demande une bière, elle prend un café.

— Sarah me parle encore très souvent d’Eléanore, ajoute-t-elle.

Je prends une grande inspiration, le moment tant redouté, parler de ma fille.

— Qu’est-ce qu’elle dit ? m’intéressé-je.

— Elle la réclame, votre fille lui manque beaucoup.

Je ne dis rien. Ai-je bien fait d’accepter de lui parler ? Et pourquoi le souhaitait-elle, d’ailleurs, pourquoi m’a-t-elle attendu sur le parking ?

— Qu’est-ce que vous cherchez ?

Voilà, c’est sorti. Elle paraît décontenancée par ma question, mais il me faut une réponse. Cette jeune femme, je n’arrive d’ailleurs pas à lui donner d’âge – elle est plus jeune que moi, plus jeune que l’était Célia aussi, je pense.

— Je sais de quoi je dois avoir l’air et croyez-moi, ça ne me ressemble pas, s’explique-t-elle. J’ai longtemps hésité avant de me décider à venir vous parler.

— Parce que ça fait longtemps que vous y pensiez ?

— Je parle d’aujourd’hui, j’ai hésité toute la journée. C’est suite à notre rencontre au lac, j’étais très contente de vous voir, car je ressentais le besoin de vous parler.

— Je ne comprends pas…

— Eléanore était adorable et sa maman… elle paraissait si… prévenante. Je me suis sentie très mal lorsque j’ai appris leur accident. Je ne connaissais pas très bien votre femme, pourtant je l’ai pleurée.

Je me dis que j’ai affaire à une hypersensible, peut-être la dernière chose dont j’ai besoin dans mon état.

— J’ai voulu amener Sarah aux funérailles, je pensais que cela rendrait les choses moins difficiles…

Je la laisse parler, mais j’ai tout à coup l’impression que je lui sers de thérapie. Alors que c’est de la mort de ma femme et de ma fille dont il s’agit…

— Mais elle n’arrête pas de lui parler, ajoute-t-elle.

— Elle lui parle ?

— Lorsque Sarah joue, elle imagine qu’Eléanore est présente.

— Qu’est-ce que vous attendez de moi ? m’impatienté-je.

— Rien, je cherche seulement à discuter.

— Maud, à quel point connaissiez-vous Célia ?

Elle me regarde, je dois avoir l’air sévère, car la situation m’exaspère. Elle se plaint de ce que ressent sa fille, mais s’est-elle demandé ce que ressent le père de la petite fille disparue ?

Le serveur vient poser la tasse ainsi que mon verre de bière sur notre table et dispose une petite coupelle avec l’addition à côté, avant de repartir.

— Nous avons plusieurs fois échangé quelques politesses, me répond la jeune femme.

— Donc vous ne vous connaissiez pas vraiment ?

Je lui parle d’un ton dur sans le vouloir réellement, et pour autant, elle ne semble pas s’offusquer.

— J’aurais aimé la connaître davantage. Les quelques fois où nous avons discuté, devant l’école puis chez la maman de la petite Clémence, je l’ai trouvée extrêmement sympathique.

— Elle l’était, confirmé-je.

— Oui, ça ne fait aucun doute. À l’époque, elle était aussi la maîtresse de Sarah, c’est pourquoi je n’ai pas osé aller plus loin.

— Comment ça ?

— J’aurais pu l’inviter à venir prendre le goûter avec votre fille, Sarah et Eléanore auraient joué ensemble pendant que nous prenions le café. Seulement je n’ai jamais osé le faire, car j’avais peur que cela mette mal à l’aise votre femme, du fait qu’elle était l’institutrice de ma fille.

Je comprends surtout que cette femme se pose beaucoup trop de questions.

— Je me souviens que vous m’aviez beaucoup touchée lors des funérailles.

Décidément, elle n’arrête plus de parler.

— Vous aviez l’air si triste… Ce qui est normal, bien entendu, mais ça m’avait bouleversée.

— Ça va mieux, maintenant.

Et j’ai beau chercher, je ne me souviens toujours pas de sa présence.

— Alors lorsque je vous ai aperçu au centre commercial, j’ai tout de suite eu envie de venir prendre de vos nouvelles.

— Vous rappelez-vous ce que vous vous êtes dit avec mon épouse ?

Elle paraît encore une fois surprise par ma question, puis semble réfléchir.

— On a échangé sur la complicité de nos deux filles, puis votre femme m’a complimentée sur le comportement en classe de Sarah.

— C’est tout ? insisté-je.

— Non, d’autres banalités, mais je ne m’en souviens pas précisément.

— Et Eléanore ?

— Oui…

— Vous aviez parlé avec ma fille ?

— Oui c’est arrivé. Écoutez, Adam…

Je suis surpris qu’elle m’appelle par mon prénom.

— Je veux bien y réfléchir, continue-t-elle, tenter de me souvenir de détails.

— J’aimerais bien.

— Je comprends.

Je l’observe porter sa tasse de café jusqu’à ses lèvres. Ce que je demande est idiot et probablement que ça ne me servira à rien, pour autant, je ne reviens pas sur ma demande.

Je termine ma bière et me rends compte que je l’ai fait en trois ou quatre gorgées seulement, Maud n’a même pas terminé son café. Bien que j’aie très envie de repartir, cela serait très impoli de ma part de la presser.

— Vous êtes séparée ? demandé-je en repensant à notre court échange sur le parking.

— Oui, depuis déjà bien longtemps.

— En garde alternée ?

— Non, pas vraiment. Il se trouve qu’en ce moment son père est en France, c’est pourquoi Sarah passe un peu de temps avec lui.

Je pourrais paraître davantage curieux, mais vois qu’elle vient de terminer sa tasse, alors je me lève.

Je règle au comptoir et nous rejoignons ma voiture.

— J’ai bien aimé discuter avec vous, se confie-t-elle alors que je m’engage dans le boulevard.

Je me contente de sourire.

— Quelque chose me dit que vous ne sortez pas beaucoup, ajoute-t-elle.

— C’est si évident ?

— Ça se voit. Néanmoins, j’imagine que c’est normal après ce que vous avez vécu…

Je ne réponds pas, je n’aime vraiment pas qu’on s’apitoie sur mon sort et c’est exactement la direction que prend notre conversation.

Il nous faut moins de cinq petites minutes pour arriver sur le parking de l’école. Il est désert et le restera jusqu’au lendemain matin. Seule une grosse voiture de marque allemande aux vitres teintées s’y trouve. Je me gare à côté.

— Je vais encore faire quelque chose d’inhabituel, me dit-elle.

J’ai peur, tout à coup.

— Je voudrais vous inviter à reprendre un café.

Je la regarde.

— Un autre soir, précise-t-elle, ou la semaine prochaine, si vous êtes pris cette semaine.

— Vendredi.

Elle répète le jour, puis me sourit. Elle sort de la voiture et passe la tête par l’entrebâillement de la portière.

— Alors à vendredi, Adam.

Je la regarde rejoindre son véhicule aux vitres fumées, elle paraît si jeune pour rouler dans une telle voiture. Elle me fait un dernier signe, avant de s’en aller.

Je reste là, un moment, au fond de mon siège. Cette jeune femme me paraît toujours aussi bizarre et je ne comprends pas ce qu’elle cherche. Mais bien que je trouve étrange le moment passé en sa compagnie, je me sens bien. Peut-être le simple fait d’avoir discuté.

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

Sans Elles   24

24J’appelle le neuropsychologue à la première heure, et par chance, il peut nous recevoir en fin de matinée. Cela me fait penser qu’il a malgré tout dû croire un minimum à mon histoire, pour accepter de me caler un rendez-vous aussi rapidement.Durant le trajet, j’essaie d’échanger un peu avec Sa

Sans Elles   23

23— Tu ne dois pas dire des choses comme ça ! s’emporte Maud.Je reste bouche bée, le souffle coupé.— Mais c’est bien, se défend la petite fille, Eléanore est encore vivante.— Non, car ce n’est pas vrai et ça fait souffrir Adam.— C’est bon, la coupé-je, ça va.Sa

Sans Elles   22

22J’arrive en début d’après-midi. Sarah est en train de jouer derrière la maison alors je m’apprête à la contourner pour rejoindre le jardin lorsque Maud ouvre la porte d’entrée.— Il faut qu’on parle, me dit-elle.Son air est grave, a-t-elle hâte que je lui fasse un retour de mon rendez-

Sans Elles   21

21Maud me demande de garder mes distances avec Sarah et j’obéis pour ne pas envenimer la situation. Elle m’en veut, je peux néanmoins me satisfaire du fait qu’elle n’ait pas encore officiellement rompu. Et puis au moins, maintenant, elle me croit. Elle a assisté à la même chose que moi, et rien

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