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Autor: 15210689748
"Data de publicação: " 2021-06-25 20:35:32

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Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.

— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.

— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.

Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.

— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?

— Ça n’a pas été simple, expliqué-je, et c’était plutôt douloureux. Mais je pense que c’était nécessaire et même si je n’ai rien découvert de nouveau, ça m’aidera pour la suite.

— Pour la suite ?

— Nous. Sarah, toi et moi.

— Qu’est-ce que tu veux dire, que d’après toi il n’y a plus rien à découvrir ?

— Si, comme le pense Caroline, il y a sûrement un élément caché. Seulement ce que j’espérais, je comprends enfin que c’est impossible…

— Adam, murmure Maud en posant sa main sur mon visage, tu parles de l’espoir qu’Eléanore et Célia soient encore vivantes ?

— J’ai vu les photos.

— Mais tu as dit que tu n’avais pas pu les reconnaître.

— Non, sauf qu’il est évident que ce sont elles. Le rapport est clair, il n’y a aucune zone d’ombre.

— Tu as dit toi-même que tu avais reconnu Eléanore à travers la voix de Sarah.

— Je crains que ce soit mon imagination, dis-je.

— Non, Adam ! Tu ne peux pas dire ça, j’ai entendu la même chose que toi.

— Je ne remets pas en question les rêves, juste le fait qu’il s’agisse d’Eléanore et non de Sarah.

Elle s’enfonce au fond du canapé, puis murmure :

— Elle a parlé de choses qu’elle ne pouvait pas connaître.

— Il peut s’agir de son imagination qui aurait visé juste…

— En tout cas, je refuse que tu abandonnes tout espoir.

— Ne t’inquiète pas, ce n’est pas ce que je fais, je me prépare seulement à la déception. Lire le rapport m’aura au moins servi à cela, comprendre que ce que j’espérais était tout simplement impossible, les morts ne reviennent pas à la vie.

— À condition qu’ils soient morts.

— Je vais aller au bout de nos recherches, la rassuré-je, néanmoins je me dois de contenir mes espérances pour ne pas retomber aussi bas que je l’étais lorsque nous nous sommes rencontrés.

Nous passons l’après-midi sur le canapé. Je me fais pardonner ma mauvaise humeur matinale et nous attendons tendrement les nouvelles de Caroline. Ce n’est pas simple d’attendre sans rien pouvoir faire, bien que Maud m’y aide.

C’est après deux bonnes heures que nous avons enfin Caroline au téléphone.

— Je suis à la gendarmerie, nous apprend-elle.

— Tu as du nouveau ? l’interroge Maud.

— Si j’en ai, ce n’est pas la raison de ma présence là-bas. Je suis un peu en garde à vue…

— Un peu ? demandé-je.

— Oh, ne joue pas sur les mots, Adam. Complètement en garde à vue, si tu préfères !

Elle nous donne les coordonnées de la gendarmerie où elle est retenue, par chance ce n’est pas celle où je me suis rendu quelques heures plus tôt et je peux alors aller la récupérer sans être reconnu. Elle s’en sort avec un avertissement et je la raccompagne jusqu’à son véhicule laissé en bordure de forêt, à proximité du manoir des Fabre.

— Arrêtée pour dérangements intempestifs, s’énerve-t-elle dans la voiture, vous le croyez, ça ?

— Puisque tu le dis, oui, répond Maud.

— Non, mais attends, je leur ai présenté ma carte de presse, ils n’en ont rien eu à faire ! À Paris, quand on la montre, ils exigent que nous nous en allions et puis c’est tout, les flics ne nous embarquent pas pour si peu.

— Tu as appris quelque chose ? demandé-je.

— Oui.

Je me tourne vers elle alors que nous arrivons à sa voiture.

— Je vous raconterai ça une fois rentrés, reprend-elle, j’ai besoin de me calmer un peu, là.

Nous la regardons descendre et rejoindre son véhicule, puis elle nous suit pour le retour.

— Je ne vois pas ce qu’on va pouvoir faire, maintenant, dis-je à Maud.

— Elle a dit qu’elle avait du nouveau.

— Ça aurait été important, elle nous l’aurait annoncé directement.

— Je ne sais pas…

Nous arrivons quarante minutes plus tard à la maison. Maud a profité du trajet pour appeler Sarah afin de prendre des nouvelles. Apparemment, elle m’en veut de ne pas être resté.

Nous entrons et Caroline nous dépasse pour se diriger vers la chambre d’amis.

— Qu’est-ce que tu fais ? l’interroge Maud.

— Je vais me changer, regarde-moi ça !

Elle se tourne et nous dévoile une grosse déchirure sur son jean, à l’intérieur de la cuisse gauche.

— Qu’est-ce qui t’est arrivé ?

— Je me suis cassé la figure chez les Fabre. J’escaladais un mur lorsqu’une pierre sur laquelle je prenais appui s’est détachée, je me suis fait super mal !

Puis elle disparaît dans la chambre.

— Elle a franchi un mur, s’exclame Maud, je comprends qu’elle se soit fait arrêter.

Pour ma part, j’ai hâte qu’elle nous annonce ce qu’elle a découvert, parce que sans quelque chose d’intéressant, notre petite enquête se retrouve au point mort.

— Tu as parlé des cauchemars de Sarah à tes parents ? demandé-je.

— Oui, je les ai avertis.

— Si elle en fait, ils vont nous répéter ce qu’elle aura dit ?

— J’espère… Ma mère n’avait pas l’air très à l’aise avec le fait de la laisser dans son cauchemar pour l’écouter parler.

Je m’assieds sur le canapé et attends le retour de Caroline.

— J’ai la cuisse toute bleue, dit-elle en arrivant.

Contrairement à tout à l’heure, elle sourit et sa mauvaise humeur semble l’avoir quittée.

— Ça va ? s’assure Maud.

— Oui, c’est bon.

Elle s’installe à côté de moi et me frappe la cuisse.

— J’ai failli finir en taule pour toi !

— J’ai vu ça, comment est-ce que tu t’es fait attraper ?

— C’est le jardinier qui m’a balancée, vous le croyez, ça ? Il faut se méfier des mecs de l’entretien.

— Raconte-nous, l’invite Maud.

— Alors vous avez vu où j’ai laissé ma voiture ?

Nous acquiesçons.

— Eh bien, j’ai coupé à travers bois pour me rendre jusqu’au manoir de la manière la plus discrète possible… Et quand je suis arrivée au mur, qui fait bien deux mètres de haut…

Caroline doit faire 1 m 60.

— ... je l’ai longé jusqu’à un arbre assez proche et je m’en suis servi pour escalader. Sauf que le mur était dans un sale état… Du coup, une fois au sommet, je m’apprêtais à me mettre accroupie pour sauter de l’autre côté, et c’est là qu’une pierre s’est décrochée sous mon pied !

— Et tu as chuté des deux mètres ? demandé-je.

— Regardez.

Elle retourne son bras pour nous montrer son éraflure sur toute sa longueur.

— Ça, c’est quand j’ai voulu me rattraper. Je me suis entaillé la cuisse en tombant, puis le bras en me rattrapant. Mais bon, après, je n’avais plus qu’à me laisser tomber. Du coup, j’ai serré les dents et avancé discrètement jusqu’au manoir.

— Mais avant ça, intervient Maud, tu t’es présentée au portail ?

— Non, je me doutais qu’ils allaient me refuser l’entrée, donc j’ai tenté directement de passer par-dessus.

— Et donc tu as réussi à entrer dans le manoir ?

— Euh… oui, en quelque sorte. Je me suis approchée et j’ai aperçu deux personnes discutant sur le côté. Je me suis cachée derrière un arbre. Il y avait un homme et une femme, à leurs vêtements j’ai deviné qu’il s’agissait du jardinier et d’une femme de ménage. Ils ont dû bavarder une bonne dizaine de minutes comme ça, j’ai cru que je n’allais jamais pouvoir bouger. Puis ils sont entrés par une vieille porte en bois et j’ai enfin pu m’approcher. Au début, je pensais qu’ils allaient se payer du bon temps tous les deux, alors je me suis dit « Super, deux personnes en moins pour monter la garde ! ». Sauf qu’en passant près de la porte qu’ils venaient de franchir, j’ai entendu leur conversation et je n’ai pas pu m’empêcher de m’arrêter.

Volontairement, elle marque un silence avant de reprendre :

— La femme était en train de se plaindre, elle parlait d’une autre femme de ménage. A priori, l’une travaille le matin et l’autre l’après-midi. Seulement Monsieur Fabre aurait décidé d’en garder qu’une sur les deux, et ce serait l’autre.

— C’est ça l’information importante ? l’interrogé-je.

— Oui, attends… Donc elle se plaignait et demandait au type s’il savait ce que Fabre lui reprochait. D’après ce qu’elle disait, Fabre allait la licencier à la fin du mois, elle était en rogne. Enfin voilà, j’écoutais la conversation quand pour je ne sais quelle raison, le jardinier est sorti sans me prévenir.

— Sans te prévenir ? rigole Maud.

— Oui, et il m’a vue.

— Et donc ?

— J’ai été surprise, du coup j’ai subi la seconde de réflexion de trop. Puis je lui ai dit que j’étais une amie de la famille Fabre et que je faisais un tour. Seulement la seconde d’hésitation l’a rendu suspicieux, si bien qu’il a fait semblant de me croire, puis a été directement vérifier l’information auprès de Monsieur Fabre.

— Tu n’as pas essayé de te sauver ? lui demandé-je.

— À ce moment-là je ne savais pas qu’il ne m’avait pas cru ! Il s’est éloigné et j’en ai profité pour échanger avec la femme de ménage, l’air de rien. Elle m’a dit être cuisinière aussi, mais elle paraissait méfiante… Je pense qu’elle craignait que j’aie entendu ce qu’elle avait dit plus tôt et que je le répète à Monsieur Fabre. Du coup j’ai voulu la rassurer et c’est à ce moment que Fabre a débarqué avec le jardinier.

— Oups, murmure Maud.

— Oui, oups. Il m’a demandé qui j’étais, donc vous imaginez bien que je ne pouvais pas lui faire croire que j’étais une amie à lui…

Maud rit tandis que moi, je reste suspendu à ses lèvres.

— Il m’a invitée à entrer dans le manoir, reprend-elle. Alors à ce moment je me suis dit que j’allais enfin réussir à m’entretenir avec lui, sauf qu’il a appelé Christophe Mercier. Vous vous souvenez de lui ?

— Le chauffeur de Madame Fabre, déclaré-je.

— Voilà ! Du coup, il l’a fait descendre et lui a demandé de me surveiller en attendant l’arrivée des gendarmes, alors j’étais un peu ennuyée. J’ai quand même demandé à Monsieur Fabre s’il pouvait m’accorder quelques questions, sauf qu’au lieu de ça, c’est lui qui m’a interrogée. Il voulait savoir ce que je faisais ici, il paraissait énervé. En tout cas j’ai été flattée, parce qu’il m’a reconnue.

— Il te l’a dit ?

— Après m’avoir demandé ce que je faisais là, il ne m’a même pas laissé le temps de répondre qu’il a enchaîné sur la raison de ma question de l’autre jour.

— Lorsque tu as évoqué Célia et Eléanore ? intervient Maud.

— Oui, il voulait des explications.

— Et qu’est-ce que tu lui as dit ? l’interrogé-je.

— Je suis entrée directement dans le vif du sujet et lui ai avoué que je m’étonnais de ne plus voir Madame Fabre et sa fille depuis l’accident. Il a regardé Christophe Mercier, qui semble être le majordome là-bas, mais habillé en jean et chemise, ça fait bizarre…

— Ah oui, ce n’est pas vraiment la tenue d’un majordome…, rétorque Maud.

Je les coupe afin de remettre Caroline sur le sujet principal.

— On ne sait jamais, Adam, s’explique-t-elle, ce détail pourrait s’avérer important.

— Seulement là, le plus important, c’est ce que t’a répondu Fabre.

— Eh bien, il a simplement dit que sa femme et sa fille allaient très bien, il m’a remercié de m’en inquiéter, puis a demandé à Mercier de le prévenir à l’arrivée des gendarmes.

— C’est tout ? dis-je en ne cachant pas ma déception.

— Il ne m’a pas laissé le temps de dire quoi que ce soit d’autre et a disparu dans la pièce voisine. Lorsque les gendarmes sont arrivés, il est allé parler à l’un d’eux, mais je n’entendais pas ce qu’ils se disaient. Et quand ce dernier est revenu, ils m’ont fait monter dans leur voiture et m’ont ramenée à la gendarmerie.

— Tu as été interrogée ? demande Maud.

— Oui, pendant le trajet. Je leur ai répété que j’étais journaliste, parce que je leur avais déjà montré ma carte de presse au manoir, mais ils avaient l’air de ne rien en avoir à faire. Ils m’ont questionnée sur la raison de ma venue, j’ai dit que c’était de l’investigation sur un candidat aux élections, que c’était normal. Alors ils m’ont répliqué que de s’introduire dans une propriété privée sans y avoir été invitée ne l’était pas.

— Tu ne leur as pas parlé de la disparition de Phanélie et Elise Fabre ? demandé-je.

— Non, ça ne m’aurait pas vraiment avancé. Et à ce moment, j’avais déjà une autre idée en tête pour la suite, donc le plus important pour moi était de ne pas passer la nuit à la gendarmerie.

— Une autre idée ?

Elle nous regarde et use encore une fois d’un silence bien placé pour amplifier le suspense de son récit.

— La femme de ménage cuisinière, reprend-elle enfin, je pense qu’elle peut avoir des infos à nous donner.

— Elle t’a dit quelque chose ?

— Non, parce que nous étions au manoir et qu’elle pensait que j’étais une connaissance de son patron. Seulement elle avait l’air pas mal remontée contre Fabre, alors je me dis qu’elle pourrait peut-être balancer quelques infos…

— Elle va se méfier de toi après t’avoir vu te faire embarquer par les gendarmes, s’exclame Maud.

— C’est pourquoi il faut que ce soit Adam qui aille la voir.

— Au manoir ? demandé-je.

— Non. Lorsque je l’écoutais parler avec le jardinier, j’ai entendu ce dernier prononcer son prénom. Je n’ai eu qu’à rechercher les salariés de Monsieur Fabre pour avoir son nom, et je suis maintenant à peu près sûre d’avoir son adresse.

Caroline pianote sur son téléphone et nous dévoile une photo.

—J’en ai trouvé deux dans un secteur géographique proche du manoir, mais j’ai aussi trouvé cette vieille photo et je crois bien que c’est elle.

Elle pose son doigt sur l’information qui nous intéresse, la ville de résidence.

— Il y en a deux portant le même nom dans un rayon de trente kilomètres autour du manoir, reprend-elle, mais qu’une seule dans cette ville.

— Qu’est-ce que tu proposes ? demandé-je.

— On sait qu’elle ne travaille pas le matin, je pense que tu devrais passer lui offrir les croissants...

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

Sans Elles   12

12Marjorie arrive chez moi en milieu d’après-midi. Je suis sobre, ce qui représente un immense succès pour moi. Seulement cette première gorgée m’appelle, elle me fait de l’œil depuis que je ne vois plus Eléanore déballer ses cadeaux. Je me suis concentré et reconcentré, mais mon esprit n’en a r

Sans Elles   11

11— Voilà ce dont je vous parlais, s’exclame Maud.Son intervention a pour effet l’arrêt net de Sarah, elle nous repère dans l’entrée de la chambre et n’ose plus continuer.— Je jouais avec Eléanore, s’explique-t-elle.La maman s’approche de sa fille et la serre contre elle. Je rest

Sans Elles   10

10Je me réveille sur mon canapé et à la vue de la lumière qui traverse les fenêtres, il doit être assez tard. Peut-être pas loin de midi. Je repousse la bouteille vide afin d’attraper mon téléphone posé derrière, sur ma table basse. Il est 12 h 24, je n’en reviens pas. Il m’arrive de traîner lon

Sans Elles   9

9Nous sommes mercredi, il fait un froid de canard et je reste pourtant sur ma terrasse, à peine habillé, ne sachant pas ce que je cherche à me prouver. J’entends mon téléphone sonner à l’intérieur, alors je me lève et regagne mon salon pour consulter l’écran de mon portable. Est-ce son numéro ?

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