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41

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"publish date: " 2021-06-25 20:35:34
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Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.

C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.

Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaître aussitôt que j’ai besoin d’elle.

Quant à Eléanore, tout comme moi, elle ne supporte plus que je m’éloigne d’elle. Nous craignons tous les deux d’être séparés de nouveau. C’est le plus difficile pour moi, reprendre la distance que doit avoir un père envers sa fille et arrêter de la tenir constamment par la main ou dans les bras. Néanmoins j’y parviens et je sais que dorénavant, tout ira de mieux en mieux.

La mort du couple Fabre fut immédiatement annoncée, mais pas les circonstances exactes qui ne seront dévoilées qu’aux informations du soir. Bien évidemment, Caroline a été chargée de couvrir l’enquête pour son journal et aussi pour une chaîne télé qui l’a spécialement recrutée. Nous prévoyons de nous installer tous les quatre devant la télévision afin de la regarder. C’est Eléanore qui a insisté, elle pose énormément de questions et veut tout savoir. Alors nous y sommes, il est 20 heures tout juste, nous nous installons tous les quatre sur le canapé.

Comme tous les jours depuis une semaine, l’enquête est le titre principal, et la parole est vite accordée à Caroline, présente pour l’occasion sur le plateau du JT. Elle paraît tendue, nous le remarquons car nous la connaissons, sans quoi elle présente parfaitement bien. Sa promiscuité avec les acteurs de l’affaire lui aura valu une belle promotion, pour autant, elle n’a pas tout raconté et a gardé secret ce qui devait le rester – sans quoi l’affaire aurait eu des allures bien plus irrationnelles, j’imagine. Aussitôt sa présentation par le journaliste terminée, elle s’exclame :

Bonsoir à tous, c’est maintenant officiel, la gendarmerie vient de rendre publique la conclusion de l’enquête concernant la mort de Phanélie et Frédéric Fabre. Plusieurs éléments ont servi à mettre la lumière sur toute cette affaire, qui je vous le rappelle, a concerné bien plus de personnes que le simple couple Fabre. Les principaux éléments de l’enquête furent bien évidemment les aveux par téléphone de Phanélie Fabre, ainsi que la lettre manuscrite laissée sur son lit. Sa voix et son écriture ont toutes les deux étés authentifiées, c’est donc bien Phanélie Fabre qui a avoué les faits et méfaits de son mari sur lesquels elle aurait fermé les yeux durant près de deux ans. Je me suis procurée une copie de cette lettre et m’apprête à vous la lire dans son intégralité : « Moi, Madame Fabre, épouse de l’ancien Premier ministre Frédéric Fabre, vous annonce par cette lettre que mon époux vient de mettre fin à ses jours afin de ne pas se confronter aux accusations contre lui qui ne manqueront pas de déferler dans les prochains jours. Mais ce geste ne l’innocente pas, bien au contraire. Par amour, mon mari a enlevé une fille à son père en pensant que cela atténuerait ma peine d’avoir perdu Elise, notre fille tant aimée. J’étais inconsciente lorsque mon mari a fait cet acte de folie et ne l’ai réalisé qu’à mon retour chez moi, deux jours après l’accident. Je ne déclare pas cela afin de me dédouaner de la moindre faute, j’ai fermé les yeux et laissé mon mari nous enfoncer dans ce mensonge. Seulement je ne veux pas qu’il soit fait de moi une image de monstre. J’ai aimé Eléanore Weiss. Je l’ai aimée et me suis occupée d’elle comme de ma propre fille. Je souhaite de tout mon cœur que cela lui soit dit et que mes excuses lui soient présentées. Je m’en veux pour elle, je m’en veux pour son père. Ni mon mari ni moi ne méritons de vivre après ce que nous avons fait. Je souhaite une dernière fois le meilleur à Eléanore et je lui lègue par cette lettre tout ce que je possède. Je m’en vais retrouver Elise. Adieu. Phanélie Fabre ».

Caroline paraît émue par ce qu’elle vient de lire, alors le présentateur dit quelques mots, le temps qu’elle avale une gorgée d’eau, avant de lui redonner la parole :

Je vous rappelle que Monsieur Fabre a été retrouvé mort. Il s’est tiré une balle de fusil dans la bouche alors qu’il venait de recevoir une convocation téléphonique émanant de la gendarmerie. Son épouse, quant à elle, s’est défenestrée quelques dizaines de minutes plus tard. Il ne reste donc qu’une seule personne pour témoigner de l’horreur qui s’est produite le fameux jour de l’accident et pas des moindres, car il s’agit de celui qui a interverti les deux fillettes. Alors non, il n’est pas l’instigateur et il n’a fait qu’obéir aux ordres de Monsieur Fabre, mais était-il contraint de le faire ? Sa fonction de chauffeur lui imposait-elle d’exécuter sans réfléchir ce que lui demandait le Premier ministre ? Bien sûr que non. Rien ne l’obligeait non plus à cacher la vérité durant tout ce temps pour ne la dévoiler qu’une fois la disparition de son patron. Pour autant, le fait qu’il ne mette pas fin à ses jours aura au moins servi à éclairer les dernières zones d’ombre de cette délicate affaire. Monsieur Christophe Mercier a décrit Madame Fabre comme une personne souffrante de troubles mentaux. Son mari aurait caché ses troubles à tout son entourage et se serait félicité d’un regain de raison de son épouse suite à son accouchement d’Elise. Cela serait pour lui le motif de la folie soudaine du ministre. Constatant la mort de sa fille et l’inconscience de sa femme, par crainte de voir cette dernière retomber dans les méandres de la maladie, il lui aurait demandé de disposer le corps de sa fille dans l’autre voiture avant d’y mettre le feu. Monsieur Mercier affirme avoir d’abord vérifié l’état de santé de la conductrice, Célia Weiss, et que c’est après avoir constaté son décès qu’il aurait pris la décision de faire ce que lui demandait Monsieur Fabre. Il aurait alors offert une fille orpheline à une maman dans le besoin. Seulement ce qu’il omettait à cet instant, c’est qu’Eléanore Weiss avait un père. Cet homme, Adam Weiss, a pleuré sa femme et sa fille durant deux très longues années. Et même lorsque Monsieur Mercier a appris l’existence de cet homme, il n’a jamais eu l’intention de dévoiler ce qui s’était réellement passé. Non, au lieu de cela, il a accepté de vivre au manoir des Fabre afin de veiller sur l’épouse du ministre ainsi que sur la petite fille qu’il appelait volontairement Elise. C’est d’un enlèvement, d’une dissimulation de preuves et d’une tentative d’interversion de personnalité dont se sont rendus coupables Christophe Mercier et Frédéric Fabre.

Donc vous l’aurez compris, c’est une affaire extraordinaire qui vient de livrer tous ses secrets. Rendez-vous compte, Frédéric Fabre, qui était jusqu’à la semaine dernière l’un des favoris pour les prochaines élections présidentielles…

J’éteins la télévision. Eléanore me serre la main, des larmes coulant le long de ses joues. Mais elle ne quitte pas des yeux l’écran devenu noir.

Elle m’a été enlevée petite et innocente, et m’apparaît maintenant plus âgée de deux ans et mûre d’une expérience traumatisante. Je la fixe, Sarah et Maud également. Je devine que ses larmes sont pour Madame Fabre et cela me fait mal au cœur, car je ne peux pas empêcher ma fille d’aimer la personne qui a participé à me l’enlever… bien qu’elle soit aussi celle qui a rendu les retrouvailles possibles.

Car Eléanore a également dû être interrogée par les enquêteurs. Elle a déclaré que Monsieur Fabre lui avait fait croire que ses deux parents étaient décédés et qu’il lui offrait donc une chance de grandir aimée et de ne jamais manquer de rien. Seulement prise de remords, Madame Fabre aurait fini par tout lui avouer, y compris le fait que j’étais toujours en vie.

Je tente de l’interroger sur les rêves de Sarah, savoir si elle faisait bien les mêmes, si elles étaient bien connectées. Seulement la mine déconfite de ma fille face à mes interrogations ne me convainc pas d’insister. Elle n’a pas l’air de comprendre ce que j’insinue et quelque part, cela me rassure qu’elle trouve cela fou. Il y a des choses qui n’ont besoin d’être expliquées. Ou peut-être le seront-elles plus tard, mais l’heure est à tout autre chose.

Eléanore essuie ses larmes, se tourne vers moi et me sourit.

— Ça va ? demandé-je.

Elle acquiesce.

— On a le temps d’aller jouer ? intervient Sarah.

— Allez-y les filles, répond Maud.

Je les regarde partir toutes les deux en courant et grimper les escaliers. J’ai les yeux humides, je crois qu’ils n’ont pas séché depuis une semaine. Maud vient se blottir contre moi.

— Tu veux boire quelque chose ? me propose-t-elle.

— Je crois que je vais encore monter les regarder s’amuser…

Elle se lève et me tend la main. Nous montons tous les deux et nous adossons au cadre de la porte de la chambre de Sarah. J’ai passé des heures entières, depuis son retour, à observer Eléanore jouer. Je l’ai tellement imaginé le faire que j’ai maintenant besoin de ça pour bien comprendre qu’elle est revenue. Les deux filles jouent comme avant, Sarah est très importante pour cela, elle permet à Eléanore de redevenir une enfant de huit ans et de mettre de côté les deux années déchirantes qu’elle vient de vivre.

Maud me reprend la main et m’attire vers elle. Nous sortons de la chambre pour nous retrouver seuls dans le couloir.

— Merci, murmuré-je.

— C’est une nouvelle vie qui commence, me répond-elle avant de m’embrasser.

Malgré la tristesse de la disparition de Célia et du fait que je douterai toujours de la véracité des dires de Christophe Mercier – était-elle vraiment morte lorsqu’il a allumé le feu –, je ne peux m’empêcher de me sentir heureux. J’aime Maud un peu plus chaque jour et je suis admiratif et dépendant de la bonne humeur débordante de Sarah. Puis surtout, j’ai dorénavant Eléanore à mes côtés, et ça pour moi, c’est miraculeux.

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

Sans Elles   32

32Caroline arrive comme elle l’avait annoncé. Nous n’avons rien prévu de spécial, mais le réfrigérateur est plein de petites choses pouvant agrémenter un apéritif dînatoire. Après nous avoir salués, la reporter se dirige aussitôt vers la chambre d’amis et enchaîne par un passage par la salle de

Sans Elles   31

31Durant le déjeuner, nous discutons avec Maud de Frédéric Fabre, de sa femme et de sa fille. Nous prononçons volontairement leurs prénoms afin de discerner chez Sarah la moindre réaction ou souvenir remonté à la surface. Mais rien. La fillette ne réagit pas et reste concentrée sur son assiette

Sans Elles   30

30— De quoi te souviens-tu, Sarah ? demandé-je.La fillette se réveille difficilement. Maud est à côté et comme moi, attend la réponse de sa fille.— Sarah, est-ce que ça va ? insisté-je.Elle acquiesce avant de s’inquiéter :— J’ai parlé pendant que je dormais&

Sans Elles   29

29Je n’étais au départ pas enthousiasmé par le fait que les filles fouillent dans cette histoire qui est la mienne, et je doute que cela nous éclaire réellement sur les cauchemars de Sarah. Mais je ne suis finalement plus contre en apprendre davantage. Alors j’attends avec Maud d’autres nouvelle

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