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Autor: 15210689748
"Fecha de publicación: " 2021-06-25 20:35:31
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Pendant le déjeuner, Maud me rappelle que c’est dans seulement deux jours que Sarah doit partir chez ses grands-parents. On n’en a pas rediscuté, mais l’idée qu’elle soit loin de nous alors que ses cauchemars ont repris nous inquiète.

— C’était prévu ! s’offusque Sarah en voyant qu’on remet son séjour en question.

J’échange un regard avec Maud.

— Je peux briefer ma mère, s’exclame cette dernière.

— Tu ne vas pas pouvoir tout lui dire.

— Et pourquoi pas ?

— Parce que ça paraît insensé et nous ne sommes encore sûrs de rien.

— Je lui dirai que Sarah fait des cauchemars et que nous avons vu un spécialiste qui nous a demandé de retranscrire ce qu’elle dit.

— Et si elle fait de nouveau une crise de somnambulisme ?

Sarah nous observe parler d’elle, alors que Maud répond :

— Je vais appeler ma mère pour lui expliquer et on verra bien si ça l’inquiète.

Je me tourne vers Sarah, qui me fixe dans l’attente de ma réponse.

— Sinon l’autre option…, reprend Maud, c’est de rester là-bas avec elle.

— Oui enfin on a des choses à faire dans le coin, je te rappelle.

— Non, justement, Caroline a dit qu’elle s’en occupait. Elle connaît les codes, elle sera meilleure que nous pour ça et elle nous briefera tous les jours. Au pire, s’il y a besoin de ta présence, on ne sera qu’à deux heures de route, Adam.

— Je ne sais pas… mais toi, tu peux rester avec Sarah chez tes parents.

— Adam, le fait que Caroline veuille gérer l’enquête te permet d’être avec nous. On reste près de Sarah, on profite d’un peu de dépaysement et au passage, je te présente à mes parents. Et ça, j’ai hâte de le faire ! Puis chaque soir, on appelle Caroline pour se tenir informés.

J’hésite.

— Qu’est-ce qui t’embête ? insiste-t-elle.

— J’ai l’impression d’abandonner…

— Pas du tout ! Je te l’ai dit, Caroline sera meilleure que toi pour ça. C’est son truc, l’investigation. Et si elle t’obtient la possibilité de t’entretenir avec Phanélie Fabre, en deux heures tu y seras.

— OK, abdiqué-je.

— OK ?

— Oui.

— On passe quelques jours chez mes parents ?

Elle n’a pas l’air d’y croire.

— Si tu veux.

— Génial ! s’exclame-t-elle. J’appelle ma mère pour la prévenir.

*

Nous arrivons au mercredi matin sans le moindre « rêve parlant » de la part de Sarah. On a pourtant tenté de provoquer le phénomène, nous nous sommes mis d’accord pour aller lui parler dès qu’elle s’endormait. Nous l’avons fait le lundi soir, ainsi que le mardi, sans aucun résultat. Installé près de la fillette endormie, Maud juste derrière moi, j’ai appelé Eléanore. J’ai également fait appel à Elise, puis pour finir, à Célia. J’étais assez mal à l’aise du fait de la présence de Maud, j’imagine ce qu’elle a dû ressentir en m’entendant appeler ma femme disparue, et je n’ai rien obtenu, Sarah ne s’est pas réveillée et sa respiration est restée la même tout le long de nos tentatives.

Je viens de terminer de charger le coffre de nos valises, Sarah est aux toilettes et Maud veille à n’avoir rien oublié. Elle a préparé deux pleins bagages rien que pour elle, nous n’avons pas décidé du nombre de jours que nous resterons, elle semble du coup avoir prévu le maximum.

— C’est bon ! s’exclame Sarah en sautant à l’arrière de la voiture.

Je me tourne vers la maison, Maud apparaît au même instant à la porte.

— J’ai l’impression d’oublier quelque chose, me dit-elle.

Je crois que tout le monde ressent cette inquiétude avant de s’absenter pour plusieurs jours. Puis elle reprend :

— Tu as besoin de retourner à l’intérieur ?

Je lui réponds par la négative, avant de m’installer au volant.

Elle disparaît de nouveau avant de réapparaître deux minutes plus tard, sa paire de lunettes de soleil sur le nez. Je l’observe fermer la porte, puis cacher les clés dans un pot de fleurs un peu plus loin. Il est convenu que Caroline vienne aujourd’hui ou demain dans le coin, Maud lui prête la maison.

J’attends que ma charmante copilote en robe légère s’installe à mes côtés pour faire démarrer la voiture. Il est 10 heures et j’entre dans le GPS l’adresse de ceux qui vont m’être présentés comme mes nouveaux beaux-parents.

*

Je découvre réellement ceux que je n’ai jusque-là vus qu’à travers les différents cadres photo présents chez Maud. Sa maman, Mireille, une femme souriante de 56 ans, arbore une coiffure blonde et bouclée. Puis son papa, Georges, un homme noir aux cheveux courts et encore bruns malgré ses 63 ans. La maman de Maud paraît ravie de notre venue et de me rencontrer, alors que son père a l’air, lui, plus sur la réserve. Mais Maud m’avait prévenu qu’il pouvait paraître froid au premier abord et qu’il ne fallait pas que je m’attende à ce que cela change dès les premiers jours.

Sarah nous dépasse en courant et disparaît au croisement d’un couloir. Maud me déleste du seul sac que je porte, la majeure partie étant restée dans le coffre, et s’en va en direction de la dernière position connue de Sarah.

— Vous allez m’aider à installer les verres, m’invite Georges.

Je le suis jusqu’à un salon assez sombre où sont installés deux gros fauteuils de cuir beige et un canapé assorti. Il ouvre les portes vitrées d’un buffet et en sort deux verres qu’il me tend, avant d’en prendre deux supplémentaires. Nous rejoignons l’extérieur où est dressée une table sur une terrasse baignée de soleil.

— Vous nous direz après l’apéritif si vous préférez manger à l’intérieur, s’exclame-t-il avant d’enchaîner, qu’est-ce que vous buvez ?

— Je vais prendre un jus de fruits.

Il me regarde étrangement, comme si je venais d’une autre planète. Mais je choisis de m’y tenir, d’autant plus que je ne doute pas que le repas sera accompagné de vin. Maud arrive, suivie de sa mère puis de Sarah à grandes enjambées. La petite saute, danse et raconte tout un tas de choses à l’attention de ses grands-parents. Elle paraît aussi à l’aise ici qu’à la maison. Le père de Maud demande à sa fille ce qu’elle prend, elle lui répond « du rhum », ce qui a l’air de lui faire plaisir. J’ai l’impression de mal débuter en voulant faire bonne figure.

Les verres servis, j’avale mon jus d’orange d’une traite tellement le soleil m’a assoiffé durant le trajet.

— Je vais peut-être vous mettre un peu de rhum dans votre deuxième, s’empresse de dire Georges.

Ma volonté sans faille fait que j’accepte.

Nous buvons quelques gorgées accompagnées de gâteaux et tranches de saucissons dont la graisse suinte au soleil. Pendant ce temps, Maud et sa mère échangent des nouvelles sur des membres de la famille qui me sont inconnus. Jusqu’à ce que Mireille parle d’une chose qui les fait se lever pour aller la voir à l’intérieur, nous laissant seuls, Georges et moi. Sarah se fait entendre au loin, elle joue dans le jardin avec ce que je devine être un chien, à moins qu’une autre espèce animale aboie.

— Alors vous êtes instit ? s’exclame le père de Maud.

— Oui, en effet.

— Quelle classe gérez-vous ?

— Des CM2.

— OK.

S’ensuit un silence. La réponse n’a pas dû l’intéresser plus que ça, car il ne trouve rien à en redire. L’homme boit une nouvelle gorgée de son punch qui, à sa couleur, paraît bien plus fort que ceux qu’il nous a préparés. Le silence s’éternise et me fait m’interroger sur notre décision de rester plusieurs jours, un test d’un repas aurait été un début plus prudent.

— Et vous ? demandé-je. Maud m’a dit que vous étiez à la retraite, qu’est-ce que vous faisiez ?

— J’étais maçon. Enfin, je travaillais dans le bâtiment. J’étais un peu un « touche à tout », alors je ne faisais pas que de la maçonnerie.

J’avale une gorgée, prêt à enchaîner, sauf qu’il ne m’en laisse pas le temps.

— Tu vois, cette maison, dit-il en la montrant du doigt, je l’ai construite presque tout seul ! Je dis presque, parce que j’ai eu de l’aide de collègues, et heureusement, d’ailleurs. Mais j’ai participé à chaque étape, de la chape jusqu’à l’électricité !

J’opine de la tête et emprunte un air impressionné. Et je le suis, d’une certaine manière, car je me sais incapable d’une telle chose. Je ne suis aucunement bricoleur.

— Maud a grandi dans cette maison ?

— Pour une bonne partie, oui, elle avait 5 ans quand je l’ai terminée. Avant ça, on habitait un appartement en banlieue. Mon patron de l’époque m’a autorisé à lui acheter les matériaux à prix coûtant et la main-d’œuvre de mes collègues ne m’a coûté que mon propre temps pour leurs travaux qui ont suivi. Un échange de bons procédés qui nous a permis de vivre ici. Parce que même si à l’époque les maisons ne coûtaient pas le prix d’aujourd’hui, je n’aurais quand même jamais eu les moyens d’acheter aussi grand et déjà construit.

Je ne réponds pas et je cherche quel pourrait être notre prochain sujet de conversation en attendant le retour salvateur de Maud.

— Maud me disait que vous aviez une jolie maison, vous aussi…

Je le remercie intérieurement de faire l’effort.

— Oui, enfin plus modeste que celle de Maud.

— J’aime bien la maison de ma fille, mais elle manque cruellement de charme. Moi, celle-là, elle ne ressemble à aucune autre.

Je la regarde et essaie de voir ce qu’elle a de différent des autres pavillons de son époque.

— Je l’ai faite sur mesure, ajoute-t-il, selon les désirs de la mère de Maud.

— J’imagine qu’on se sent fier de vivre dans une maison que l’on a soi-même construite.

— Comme tout homme, je veux rendre ma femme heureuse. Alors quand on n’a pas les moyens de ses rêves, si modestes soient-ils, il faut se retrousser les manches et se mettre au travail. J’aurais bien aimé avoir suffisamment d’argent et faire construire ce que je souhaitais, seulement je n’aurais jamais ressenti cette fierté de l’avoir fait de mes propres mains.

— Je comprends, dis-je au moment où Maud et sa mère reviennent s’installer à leurs places. Maud pose sa main sur la mienne.

— Vous parliez de quoi ? demande-t-elle.

— De la maison, m’exclamé-je.

— Ah, la grande fierté de papa.

— Après toi, la corrige-t-il.

Maud sourit et sa façon de le faire m’indique qu’elle a l’habitude d’entendre cette réplique.

— Alors Adam, s’exprime la mère de Maud, parlez-nous un peu de vous.

— Vous pouvez me tutoyer, rétorqué-je.

— Si vous le faites également.

— Allons bon, intervient Georges, et le respect des anciens ?

— Oui, je suis assez d’accord, dis-je, je me sentirais mal à l’aise de vous tutoyer.

— Bref, s’exclame-t-elle, fais comme tu veux. Mais parle-nous donc un peu de toi.

— Alors… je suis professeur et directeur dans une école primaire. J’enseigne à une classe de CM2, c’est la préparation à l’entrée au collège. Je fais ça depuis bientôt dix ans. J’ai été marié, et je suis papa d’une petite fille.

Le manque de réaction de la mère de Maud me confirme qu’elle connaît déjà toute cette histoire, ce qui me permet de ne pas rentrer dans les détails.

— J’ai traversé une période assez difficile, dernièrement…

— Adam, me coupe Maud, mes parents savent tout ça. Je leur ai dit.

— Je sais, seulement je peux en parler.

J’avale le fond de mon verre et reprends :

— Et justement si je peux en parler aujourd’hui, je le dois en partie à votre fille et à votre petite-fille. Pour être honnête, je n’aurais pas voulu me présenter à vous il y a quelques mois… Depuis, j’ai repris goût à la vie. Alors je ne vais pas vous dire que tout est derrière moi, mais les sourires de Maud et les éclats de rire de Sarah me permettent de remonter la pente.

Je ne sais pas si je parle vraiment aux parents ou si je me sers de cette occasion pour remercier Maud, indirectement. Je remarque aux yeux de sa mère qu’elle a l’air émue. Et son père doit le voir aussi, car il nous ressert et s’exclame, sans doute pour mettre un terme à mon discours gênant :

— Alors, trinquons à cette ascension.

*

En fin d’après-midi, après un long déjeuner et une balade à travers bois, je me retrouve enfin seul avec Maud dans ce qui était autrefois sa chambre d’enfant. Elle s’inquiète de savoir si je vais bien et si je supporte l’intégration dans ma « nouvelle belle-famille ». Je la rassure à ce sujet et l’invite à faire ce pour quoi nous nous sommes mis à l’écart.

Maud prend son téléphone et appelle Caroline.

— Tu es arrivée ? lui demande-t-elle.

— Oui, je me suis plusieurs fois trompée de pot de fleurs, mais j’ai fini par trouver la clé.

— OK. Et tu as du nouveau ?

— J’ai essayé de gratter un peu plus du côté du chauffeur, obtenir sa nouvelle adresse. Eh bien apparemment, il vit au manoir. À se demander s’il n’est pas l’amant officiel de Madame Fabre, ajoute-t-elle en rigolant.

Elle ne nous laisse pas le temps de relever, et reprend :

— J’ai de nouveau tenté d’obtenir un entretien avec Monsieur Fabre et encore une fois, ça m’a été refusé. Par contre, ce que je sais, c’est qu’il se trouve en ce moment même au manoir. Seulement je ne sais pas pour combien de temps, donc je vais essayer d’y aller au culot.

— Comment ça ? demandé-je.

— Je vais aller sonner à la grille. Ça ne me dérange pas, et pour dire vrai, je suis surexcitée par cette affaire ! Plus j’y pense, plus je suis persuadée qu’il y a un truc de vraiment énorme à découvrir.

La suite de la conversation se fait entre Caroline et Maud, quelques échanges de banalités, avant de raccrocher.

— Je n’aime pas trop l’idée que cette histoire rende Caroline euphorique, dis-je, c’est un sujet grave.

— C’est sa personnalité et son métier qui font ça. Ne t’inquiète pas, ça ne veut pas dire qu’elle prend ça à la légère ou qu’elle en sous-estime la gravité.

Je me lève pour rejoindre nos hôtes lorsque Maud m’attrape le bras. Elle m’embrasse et ajoute :

— Et au contraire, si Caroline est dans cet état d’esprit, ça me rend d’autant plus confiante pour la suite. C’est une battante, quand elle veut quelque chose, elle finit toujours par l’obtenir.

*

Nous nous couchons assez tôt, les parents de Maud ne sont pas de grands veilleurs et c’est vers 23 h 30 que l’on rejoint notre chambre. Je viens de refermer la porte de Sarah et bien qu’elle ne soit couchée que depuis cinq minutes, elle dort déjà à poings fermés.

À peine allongés, les draps ne nous recouvrant pas encore, nous entendons les premiers gémissements. Maud me regarde. Je devine qu’elle a entendu la même chose que moi et qu’elle sait exactement ce que cela signifie. Nous nous levons simultanément et rejoignons la chambre voisine.

« Papa, papa, papa… », répète Sarah en murmures.

Je me tourne vers Maud et chuchote :

— C’est Eléanore.

Je sens que c’est elle, comme s’il n’y avait aucun doute possible.

— Princesse ?

« Papa, c’est peut-être la dernière fois que je te parle, c'est maman qui m'a dit de te le dire. »

— La dernière fois ? Qu'est-ce que tu veux dire ?

« Il a découvert qu'on ne prend plus les médicaments. Maintenant, soit il va nous forcer, soit on va aller dans un hôpital. »

— Quoi ? Qui ça ? Je ne comprends pas Eléanore.

« Papa… fais vite. Avant que je t'oublie. »

Sarah ouvre les yeux.

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

Sans Elles   23

23— Tu ne dois pas dire des choses comme ça ! s’emporte Maud.Je reste bouche bée, le souffle coupé.— Mais c’est bien, se défend la petite fille, Eléanore est encore vivante.— Non, car ce n’est pas vrai et ça fait souffrir Adam.— C’est bon, la coupé-je, ça va.Sa

Sans Elles   22

22J’arrive en début d’après-midi. Sarah est en train de jouer derrière la maison alors je m’apprête à la contourner pour rejoindre le jardin lorsque Maud ouvre la porte d’entrée.— Il faut qu’on parle, me dit-elle.Son air est grave, a-t-elle hâte que je lui fasse un retour de mon rendez-

Sans Elles   21

21Maud me demande de garder mes distances avec Sarah et j’obéis pour ne pas envenimer la situation. Elle m’en veut, je peux néanmoins me satisfaire du fait qu’elle n’ait pas encore officiellement rompu. Et puis au moins, maintenant, elle me croit. Elle a assisté à la même chose que moi, et rien

Sans Elles   20

20Il se passe trois jours. Je ne suis pas retourné chez moi car je sens que je perds l’esprit lorsque j’y suis, il me faut alors prendre mes distances. Est-ce une étape normale dans le processus du deuil ? Je n’en sais rien. Ce dont je suis certain, c’est que me morfondre chez moi est pour moi b

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