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Autor: 15210689748
"Fecha de publicación: " 2021-06-25 20:35:27

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Il se passe trois jours. Je ne suis pas retourné chez moi car je sens que je perds l’esprit lorsque j’y suis, il me faut alors prendre mes distances. Est-ce une étape normale dans le processus du deuil ? Je n’en sais rien. Ce dont je suis certain, c’est que me morfondre chez moi est pour moi bien plus néfaste que dans cette chambre d’hôtel. Seulement mes finances ne me permettent pas d’y envisager les deux mois d’été, alors j’use d’excuses afin de convaincre Maud d’accepter un dîner.

Elle et Sarah sont revenues depuis la veille, Maud me l’a confié tout en me priant de ne pas débarquer. J’ai respecté son souhait. Et c’est peut-être pour cette raison – ou parce que Sarah plaide en ma faveur – que Maud accepte ma requête.

Depuis trois jours, je n’ai cessé de penser à Eléanore. Ses mots me hantent. Je me remets de plus belle à lui parler, mais sans Sarah, je ne peux rien espérer. Alors je me prépare à faire le maximum d’efforts pour renouer le contact avec Sarah et Maud. Pour ma fille, et pour elles deux. Car cet éloignement m’a permis de réaliser à quel point elles ont pris de l’importance pour moi.

C’est l’heure, j’ai vingt minutes pour aller choisir un bouquet de fleurs et me présenter à la porte de la maison où j’ai emménagé quelques semaines plus tôt.

Maud m’ouvre, elle a apparemment, comme moi, fait un effort de présentation. Pas qu’elle présente mal habituellement, mais elle est adepte d’un look à la « cool » néanmoins tendance, le genre que l’on voit dans les magazines de mode bobo. Mais ce soir, elle est vêtue de manière distinguée. Je ne l’embrasse pas, ne sachant ce qui est d’usage dans la situation que nous traversons, et elle se contente de s’écarter en souriant pour m’inviter à entrer. Sarah arrive et me saute dans les bras. Ces retrouvailles me font chaud au cœur, les questions de sa mère ne l’ont a priori pas troublée.

— On a été chez papi et mamie, s’exclame-t-elle.

— Ah, c’est bien ça.

Elle veut m’attirer dans sa chambre.

— Attends, je viendrai tout à l’heure, je voudrais d’abord parler un peu à maman.

La petite fille acquiesce et patiente en nous scrutant.

— Tu peux attendre Adam à l’étage, ma chérie ? On doit discuter entre adultes.

Sarah souffle et s’en va, je me tourne vers Maud.

— Je suis content de vous revoir, dis-je.

— Moi aussi, je suis contente.

Je m’approche et elle pose sa main sur mon torse.

— Pas trop vite, murmure-t-elle.

J’ai envie de lui demander ce qu’elle attend exactement et me retiens. Nous nous installons dans le salon.

— Tu ne m’as pas dit ce que tu en pensais, me dit-elle.

— À quel sujet ?

— Le fait que nous avons peut-être été trop vite.

— Attends, la tempéré-je, nous avons été à ton allure.

— Oui j’en suis bien consciente, et je ne te le reproche pas. Je sais que c’est moi qui t’ai invité à venir vivre avec nous.

— Mais maintenant tu regrettes ?

— Je ne dirais pas que je regrette, juste que… comme je te l’ai dit, j’ai eu peur en te découvrant penché sur Sarah et ça m’a fait m’interroger.

— Et qu’est-ce que tu en as conclu ?

— Toi, me demande-t-elle, qu’est-ce que tu en penses ?

— Tu m’as brusqué au départ et personnellement, je n’aurais pas été aussi vite. D’ailleurs, je n’aurais probablement rien fait par moi-même, je n’étais pas dans cet état d’esprit. Sauf qu’aujourd’hui, je ne regrette rien, j’ai l’impression d’avoir retrouvé un équilibre et je me sens bien avec vous. Alors oui, en effet, je m’attache à Sarah, seulement comment pourrais-je faire autrement ?

— Je ne t’en veux pas pour ça…

— OK on a été trop vite, dis-je, et je conçois que tu te sois inquiétée en m’apercevant au-dessus de Sarah. Néanmoins tu peux comprendre que je sois aujourd’hui réticent à faire marche arrière.

— Je le comprends, moi aussi j’aime bien t’avoir près de moi, mais je pense qu’il faut qu’on se laisse un peu de temps.

— C’est ton choix définitif ?

— Je crois, oui.

— Donc en fait, je n’ai pas vraiment mon mot à dire.

— Je veux connaître ton ressenti.

— Sarah m’attend, je monte la rejoindre.

Elle acquiesce. Il vaut mieux que je m’éloigne car je me sens en colère contre Maud, et elle n’est pas le genre de fille avec qui s’énerver arrangerait les choses. J’arrive dans la chambre de Sarah qui me gratifie d’un sourire et je m’accroupis près d’elle.

— C’est à cause de moi que tu es parti ? me demande-t-elle.

— Non, pourquoi dis-tu ça ?

— J’ai l’impression…

Elle fait la moue, je ne suis pas certain de l’avoir entièrement convaincue.

— Alors les nouvelles depuis quatre jours ?

— Ça.

Elle m’indique une maison de fées, avec une dizaine de petits personnages en caoutchouc. Elle m’en pose deux dans la main et m’explique le scénario à respecter. Il est question d’une histoire d’amour entre la princesse des fées et un bonhomme provenant d’un autre jeu. Ce dernier fait au moins cinq fois la taille de sa fiancée, mais ça ne semble pas déranger la jeune fille. Je tente de m’éloigner du scénario qu’elle a imaginé, elle me corrige aussitôt et me remet dans le droit chemin.

Nous jouons une vingtaine de minutes avant que Maud ne passe la tête dans l’encadrement de la porte pour nous convier à venir manger. J’avais senti sa présence plusieurs fois dans le couloir durant mon moment passé avec Sarah, mais ai fait mine de ne rien remarquer. Je ne veux pas risquer d’envenimer la situation. Nous descendons, je me sens moins énervé et la petite tension entre Maud et moi finit de se dissiper durant le dîner, si bien que lorsque nous arrivons au dessert, j’ai l’impression que tout est redevenu comme avant.

Je sais que reparler des cauchemars de Sarah risquerait de tout gâcher, néanmoins je n’en peux plus d’attendre alors je me lance :

— Sarah ?

— Hmm, articule-t-elle entre deux bouchées de gâteau à la framboise.

— Je me demande, est-ce que tu te rappelles le cauchemar que tu as fait la semaine dernière, quand je suis venu dans ta chambre ?

Maud me foudroie du regard, mais son silence me convainc de continuer :

— Alors ?

— Non.

— Tu ne te souviens de rien ? insisté-je.

— Euh… je crois qu’il y avait un accident…

— Oui, l’encouragé-je.

Elle réfléchit, puis :

— Il y a une dame qui conduisait… elle discutait et à un moment, elle s’est retournée.

— Elle s’est tournée vers toi ? l’interrogé-je.

Sarah répond d’un air angoissé :

— Je me souviens que j’ai crié, il y avait une voiture qui arrivait en face.

— Qui t’a parlé de ça ? s’exclame Maud apparemment choquée.

Elle lui saisit les mains et se penche vers elle.

— C’est Adam qui t’a parlé de ça ? ajoute-t-elle.

La petite fille fait non de la tête, elle semble paniquée.

— C’était juste dans mon rêve, balbutie-t-elle.

Maud la prend dans ses bras puis se tourne vers moi. Je ne sais ce que veut dire son regard, à la fois interrogatif et anxieux.

— Je crois qu’il faut qu’on parle, dis-je.

Elle reste un moment songeuse, puis propose à Sarah de lui mettre un dessin animé. Cette dernière retrouve aussitôt le sourire et se précipite sur le canapé. La faculté des enfants à passer aussi rapidement d’un état à son extrême m’étonnera toujours…

Maud lui demande de s’installer dans la chambre d’amis pour le visionner, et pendant qu’elle s’occupe avec sa fille du choix du film d’animation, je repense à ce que Sarah vient de nous décrire. Elle a vu la conductrice se retourner, mais n’a pas précisé s’il s’agissait de Célia. Est-ce le fait de l’effet « flou » des rêves qu’elle ne l’a pas reconnue ?

Maud revient s’installer près de moi et me sort de mes pensées.

— Alors ?

Son intonation ne signifie rien de bon, mais j’explique :

— Je ne t’ai pas tout dit concernant ces fameuses nuits, j’avais peur que tu me croies fou. Sauf que maintenant que Sarah me confirme qu’elle a bel et bien fait ce rêve…

— Abrège, Adam, qu’est-ce que tu as été lui mettre dans la tête ?

— Rien. Le premier soir, j’ai entendu Sarah appeler. Je te l’ai déjà dit, c’est arrivé alors que j’allais me servir un verre d’eau. Je suis entré dans sa chambre, elle a dit « papa ». J’ai pensé qu’elle faisait un cauchemar dans lequel il arrivait quelque chose à son père et j’allais la réveiller quand elle a prononcé « maman », cette fois-ci. Puis elle a évoqué ce qu’elles allaient faire. J’ai tout de suite fait le rapprochement avec Eléanore et Célia, ce dont elle parlait correspondait exactement à ce qu’elles avaient prévu le jour de l’accident. Puis elle a crié. D’ailleurs je ne comprends toujours pas que tu n’aies rien entendu...

— Qu’est-ce qu’elle a crié ? me coupe Maud.

— Elle a crié « maman », puis l’a suppliée de se réveiller.

— Elle m’appelait ?

— Non, je ne crois pas qu’il s’agissait de toi… Mais pour en revenir où j’en étais, concernant le lendemain, je n’ai pas été tout à fait honnête avec toi…

Maud me regarde d’un air effrayé, qui me laisse penser que je suis peut-être en train de tout gâcher et de mettre fin à tout espoir de retrouver notre relation d’avant, pourtant je continue :

— Sarah n’a pas fait de cauchemar. Je doutais de ce que j’ai réellement entendu, alors j’ai voulu en avoir le cœur net. Je suis entré dans sa chambre, elle était endormie. Je me suis approché d’elle et j’ai prononcé le prénom de ma fille. Et elle m’a répondu.

— Il lui arrive de parler en dormant.

— Attends, elle a répondu « papa », et avec l’intonation de la voix d’Eléanore.

— Hein  ?

— Je sais que ça peut paraître fou…

— C’est surtout que ce que tu me dis est impossible, me coupe-t-elle.

— C’est aussi ce que je pensais. J’étais choqué sur le moment, je suis resté muet, et elle a recommencé. Elle a dit « papa, tu es là ? », et je t’assure que j’avais vraiment l’impression que c’était Eléanore qui parlait à travers Sarah.

— Je suis désolée, me dit-elle.

— Elle m’a demandé de venir la chercher, ajouté-je les larmes aux coins des yeux, parce qu’elle était seule.

Maud se lève et pose ses mains sur mes épaules.

— Et c’est là que tu es arrivée, conclus-je.

Elle approche sa chaise de la mienne, s’y assied et me fixe quelques secondes. Ce que je vois dans son regard ne me plaît pas du tout.

— Tu ne me crois pas ? demandé-je.

— Je te l’ai dit, je n’ai rien entendu.

— Elle parlait doucement, sa voix a dû être couverte par le bruit de tes pas…

— C’est silencieux dans la maison, j’aurais quand même perçu quelque chose.

— Ne me dis pas que tu crois toujours que…

— Je crois que c’est difficile pour toi, me coupe-t-elle une nouvelle fois, et qu’il serait bien que tu te fasses aider.

— Pardon ?

— Ce qui t’arrive est peut-être naturel, et en parler à un professionnel pourrait te permettre de mieux gérer tout ça.

— Tu ne peux pas dire ça, ça fait deux ans qu’Eléanore et Célia sont mortes, jamais je ne les ai entendues s’adresser à moi à travers quelqu’un d’autre.

— Ce n’est pas parce que ce n’est jamais arrivé avant…

Je souffle et me lève.

— Elle a parlé de ce qu’elles allaient faire, seuls moi et la police étions au courant de cela.

— Je pense que ça vient justement de ton imagination, Adam…

— Non.

Elle ne dit plus rien et moi non plus. Nous restons silencieux de longues secondes. Je repense à ses doutes, Maud peut très bien avoir raison, sauf que Sarah se souvient de son cauchemar.

— Je reviens tout de suite, me dit-elle enfin.

Je l’entends s’enfermer dans les toilettes, alors je n’hésite pas et me rends dans la chambre d’amis. Comme je le pressentais, Sarah s’est endormie. Elle ne tient jamais très longtemps devant un dessin animé lorsqu’il est aussi tard. Elle bouge, ne semble pas dormir profondément, alors j’attends un peu. Maud sort des toilettes et ne me trouvant pas dans la salle à manger, elle ne tarde pas à arriver.

Lorsqu’elle me voit près de Sarah, elle me lance un regard assassin. Je lui fais signe de se taire et prie pour qu’elle respecte ma demande. Je me penche au-dessus de la petite fille, son visage est recouvert par ses cheveux frisés.

— Eléanore, murmuré-je d’une voix tremblotante.

Maud s’approche de moi, je redoute qu’elle la réveille.

« Je suis là », articule cette dernière.

Encore une fois, j’en ai le souffle coupé. Je me tourne vers Maud qui me scrute d’un regard inquiet. Sarah se met à gémir, Maud veut la prendre et je la retiens.

« Papa… », reprend la petite fille. « Papa, aide-moi. »

Maud me repousse et attrape Sarah. La fillette se réveille doucement dans les bras de sa maman, qui est en pleurs.

— Je dois lui parler, dis-je.

— Non !

— Attends, tu as entendu comme moi, tu ne peux plus dire le contraire.

— Tu n’approches plus Sarah !

— Mais…

— Non, tu laisses Sarah en dehors de ça !

Cette dernière nous dévisage, incrédule.

— Tu te souviens de ce que tu as dit en dormant ? lui demandé-je.

— Adam, arrête ! s’énerve Maud pour de bon.

Elle me tourne le dos et quitte la chambre. Je sors à mon tour et l’aperçois gravir les escaliers, Sarah toujours dans ses bras. Je patiente dans le salon, la devine en train de coucher sa fille, puis de la rassurer. Je m’en veux de ce que je lui impose, seulement ai-je le choix ? J’en suis maintenant certain, la réaction de Maud l’a confirmé, Eléanore se sert de Sarah pour communiquer avec moi.

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

Sans Elles   32

32Caroline arrive comme elle l’avait annoncé. Nous n’avons rien prévu de spécial, mais le réfrigérateur est plein de petites choses pouvant agrémenter un apéritif dînatoire. Après nous avoir salués, la reporter se dirige aussitôt vers la chambre d’amis et enchaîne par un passage par la salle de

Sans Elles   31

31Durant le déjeuner, nous discutons avec Maud de Frédéric Fabre, de sa femme et de sa fille. Nous prononçons volontairement leurs prénoms afin de discerner chez Sarah la moindre réaction ou souvenir remonté à la surface. Mais rien. La fillette ne réagit pas et reste concentrée sur son assiette

Sans Elles   30

30— De quoi te souviens-tu, Sarah ? demandé-je.La fillette se réveille difficilement. Maud est à côté et comme moi, attend la réponse de sa fille.— Sarah, est-ce que ça va ? insisté-je.Elle acquiesce avant de s’inquiéter :— J’ai parlé pendant que je dormais&

Sans Elles   29

29Je n’étais au départ pas enthousiasmé par le fait que les filles fouillent dans cette histoire qui est la mienne, et je doute que cela nous éclaire réellement sur les cauchemars de Sarah. Mais je ne suis finalement plus contre en apprendre davantage. Alors j’attends avec Maud d’autres nouvelle

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