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19

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:35:27
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J’arrive à peu près à me sortir la dispute de l’esprit, mais pas les mots de Sarah durant son sommeil. Mon sac est dans mon coffre, ma voiture le long du trottoir, et moi dans ce café où j’ai invité Maud lors de notre premier rendez-vous. Je n’imaginais pas notre relation se terminer ainsi, pas sur ce genre de malentendu. Je l’ai laissée me mettre dehors et le regrette, dorénavant, car j’ai besoin de Sarah pour y voir plus clair. Je ne peux pas laisser Maud faire barrage à mes espoirs d’expliquer ce phénomène.

Mes réflexions sont coupées par l’intervention d’un serveur à qui je commande un whisky et un café, mais elles reprennent aussitôt le jeune homme reparti.

Que vais-je faire de ma journée ? C’est l’été, et mon planning qui s’articulait jusqu’à maintenant autour de Sarah et de Maud va désormais se retrouver vierge. Je ne veux pas rentrer chez moi, peur de retomber. Seulement ai-je vraiment le choix ?

Le serveur me sert, je le remercie et attaque aussitôt avec le whisky. La sensation de chaleur amère à travers la gorge me fait du bien. Je reprends une gorgée, puis une dernière. Les doses de bar sont vraiment ridicules, pour autant, je n’en commande pas un second. Je bois mon café et m’en vais. Je me décide à retourner chez Maud, elle ne m’a pas laissé l’occasion de m’expliquer et je dois le faire.

Lorsque j’arrive, elle est dehors, Sarah vient de monter en voiture et Maud s’apprête à en faire autant.

— Qu’est-ce que tu fais là ? m’accueille-t-elle.

— J’ai oublié quelque chose.

— Quoi ?

— M’expliquer.

— Ce n’est pas le moment, Adam.

— Pourquoi serait-ce à toi de décider lorsque c’est le moment ?

— Parce que j’ai une fille à protéger.

— Arrête de me faire passer pour ce que je ne suis pas !

— On s’en va, Adam.

— Quoi ? Vous allez où ?

— Ça ne te regarde pas. J’ai besoin de réfléchir, on a été beaucoup trop vite tous les deux.

Je n’en reviens pas de ce qu’elle me dit. C’est elle qui a fait en sorte que ce soit si rapide entre nous, et elle me le reproche dorénavant.

Elle monte dans sa voiture, je m’approche de la portière et tente de l’ouvrir, mais elle l’a verrouillée. Je recule, puis me contente de la regarder faire marche arrière. Sarah est là, et il n’est pas question de lui faire peur en faisant une scène, alors j’observe la berline noire quitter la cour. Maud a fermé les volets, c’est le signe qu’elle part pour plusieurs jours. J’ai une nouvelle fois raté l’opportunité de m’expliquer.

En entrant chez moi, une odeur de renfermé m’envahit les narines. Je me dirige vers les fenêtres et les ouvre en grand afin de faire courant d’air avec la porte laissée ouverte, puis je vais m’installer sur le lit de ma princesse. Ses jouets jonchent toujours le sol, ils n’ont pas bougé. « Papa, s’il te plaît, viens me chercher », ces mots ne quittent plus mon esprit. Ils me mettent en colère. J’en veux à Maud. Elle m’impose son choix. Pour autant, je veux lui parler de ce que je pense avoir entendu. Je tente de l’appeler et son téléphone sonne jusqu’au déclenchement de son répondeur. Alors je lui envoie un SMS en prenant soin de paraître le plus calme possible :

Maud, j’aimerais au moins avoir l’opportunité de m’expliquer. Ce que tu imagines est effroyable, je ne pourrais pas faire le moindre mal à Sarah, j’espère que tu le sais.

Je pose mon portable à côté de moi et me prends la tête dans les mains.

— Eléanore ? appelé-je.

Je me concentre en espérant la voir apparaître.

— C’est Papa, tu es là ? Eléanore ?

Rien.

Si je l’ai réellement imaginé la nuit dernière, pourquoi ce phénomène ne se répète-t-il pas ? Je réitère mon essai durant près d’une demi-heure, en vain. Sarah est la pièce maîtresse dont je ne peux pas me passer. Jamais je n’ai entendu Eléanore s’adresser directement à moi comme elle l’a fait à travers elle. Pourtant, plus j’y repense, plus je me sens fou. Mais je veux réitérer l’expérience, et pour cela j’ai besoin de Sarah.

Maud n’a pas répondu à mon message, alors je tente une nouvelle fois de l’appeler. Et encore une fois, aucune réponse. Je m’apprête à lui envoyer un nouveau SMS lorsque mon téléphone vibre. C’est elle.

— Maud ?

— Oui, Adam.

— Merci de me rappeler et s’il te plaît, laisse-moi te parler.

— Nous sommes partis pour quelques jours, j’ai besoin de faire le point.

— OK, tout ce que tu veux, seulement, ne m’empêche pas de te donner ma version des faits.

— C’est pour ça que je te rappelle.

— Ce n’est pas du tout ce que tu crois, Maud.

— Écoute, je suis en colère. Contre toi pour ce que tu as fait, et contre moi pour t’avoir fait confiance trop tôt.

— Non, pour ça tu as eu raison…

— Non, j’ai eu tort, je n’aurais jamais dû faire emménager sous le même toit que ma fille un homme que je ne connais que trop peu.

— Tu ne peux pas dire ça, Maud…

— Si, me coupe-t-elle une nouvelle fois, j’ai eu très peur lorsque je t’ai vu penché sur Sarah.

— Elle a fait un cauchemar.

— Arrête avec ça ! s’énerve-t-elle avant de reprendre un timbre de voix plus doux. Je te l’ai dit, je n’ai rien entendu.

— La veille non plus, rétorqué-je.

— Quoi ?

— La nuit précédente, Sarah a fait un cauchemar, tu peux lui demander. Et pourtant, tu n’as rien entendu.

— Adam, tu es en train de me dire que tu as aussi été dans sa chambre la nuit d’avant ?

— Elle a appelé au moment où je descendais pour boire un verre d’eau, je n’ai fait que la rassurer, demande-lui. Et ce que je veux dire, c’est que tu ne l’as pas non plus entendu.

— Seulement là je me suis levée, et je n’ai perçu aucun bruit de sa part.

— Tu vas lui demander ? l’interrogé-je.

— Bien sûr que je vais lui demander, et pas juste si elle a fait un cauchemar !

— Comment ça ?

— Non mais Adam, tu es en train d’empirer ton cas là.

— Je te dis qu’elle a fait un cauchemar.

— Et alors ? Tu n’es pas son père, Adam.

— Je me comporte avec Sarah comme si elle était ma propre fille.

— Eh bien tu vois, je trouvais au début que c’était une bonne chose, seulement je comprends que je me suis trompée. Tu n’es pas son père, et tu n’as pas à le devenir. Alors si Sarah fait un cauchemar, tu dois me le dire, et c’est à moi d’aller la consoler.

— OK…

Elle ne dit plus rien.

— Quand revenez-vous ? demandé-je.

— Ça n’a pas d’importance.

— Si ça en a. Tu ne peux pas m’habituer à vous comme ça, pour ensuite m’empêcher de vous voir.

— Bien sûr que si, je le peux ! C’est dans l’intérêt de Sarah.

— Non, si ça l’était vraiment, je m’y ferais. Mais là, c’est le fait d’une erreur de jugement.

— Je l’espère.

— J’ai besoin de vous voir, toutes les deux.

— Je ne veux pas.

Je cherche les mots pour la convaincre.

— Je dois y aller maintenant, reprend-elle, on a encore de la route.

— Attends, réponds au moins à mes SMS, je ne veux pas rompre le contact.

— Je vais y réfléchir.

— Juste les messages, je ne t’appellerai pas.

— OK Adam, j’y répondrai. Je te laisse. Au revoir.

Le « au revoir » est glacial. Et cette intonation me fait comprendre qu’elle croit réellement ce dont elle me soupçonne. J’en ai froid dans le dos. Je ressens à la fois l’envie irrépressible de lui prouver qu’elle se trompe totalement, mais aussi le doute quant à ses réels sentiments pour moi. J’ai l’impression de lui accorder une confiance sans faille, alors que ce n’est pas réciproque.

Je me place au milieu de mon salon et m’accroupis au sol. J’appelle Célia, pour lui demander de l’aide, car si ma fille a besoin de moi, il faut qu’elle me guide.

— En souvenir de nous, dis-je, s’il te plaît…

Je pleure, comme un gosse. Je me sens exténué et perds la tête. Me retrouver seul dans cette maison va me rendre fou. Je n’ai pas envie de dormir ici, et en même temps, je ne veux plus bouger. Je me laisse tomber en arrière et reste là, allongé, les yeux rivés vers le plafond.

— Célia, dis-moi qu’Eléanore est avec toi…

J’espère la voir apparaître au-dessus de moi. Et toujours ces sanglots que je n’arrive plus à arrêter.

Je hurle. « Célia », « Eléanore ». L’une après l’autre, je les appelle.

Lorsque la nuit tombe, je n’ai jamais autant pleuré depuis les jours ayant suivi l’accident. Je me mets à douter sérieusement de ma bonne santé mentale. Maud a entièrement raison, je deviens un danger pour Sarah. Pas celui dont elle pense, mais un danger malgré tout. Je suis instable. J’avais depuis quelque temps l’impression d’aller mieux, alors que ce n’est peut-être que le début de ma folie.

J’installe une couverture au milieu des jouets de ma fille, et m’allonge là, jusqu’à m’endormir.

Je me réveille au beau milieu de la nuit, je sens l’air frais pénétrer par les fenêtres laissées ouvertes. La lune doit être pleine et le ciel sans nuage, car je vois distinctement chaque jouet au sol.

— Eléanore ? Ma chérie, est-ce que tu es là ?

Le hululement d’une chouette pour seule réponse, je recommence :

— C’est papa, dis-moi ce que je dois faire.

Et de nouveau cette chouette. Je me concentre afin de bien l’entendre, mais ne perçois aucune ressemblance avec la langue humaine, le contraire m’aurait au moins confirmé ma folie.

J’ai envie d’appeler Maud, je ne lui ai finalement envoyé aucun message depuis notre conversation à l’heure du déjeuner. Je me retiens, je dois regagner sa confiance, et donc agir de la manière la plus censée possible. Même si je doute de plus en plus de ma perception de ce qui peut l’être ou non.

J’attends comme cela jusqu’au lever du jour. Je ne réentends ni la chouette, ni aucun autre bruit. Pas le moindre son de voix, ma femme m’a définitivement abandonné.

J’attends 8 heures pour envoyer un message à Maud :

Bonjour Maud, est-ce que je peux t’appeler ?

Elle me répond quasiment aussitôt par la négative. Je suis soudain épris par la crainte qu’elle soit avec un autre homme, puis mets immédiatement cette hypothèse idiote de côté.

Je ne supporte pas l’idée que tu me crois capable de poser les mains sur Sarah.

Je ne crois pas ça, j’ai seulement eu peur sur le coup. Et ça m’a fait prendre conscience que nous avions été trop vite.

Tu peux me faire confiance.

Je continue de le penser, mais laisse-moi un peu de temps.

Tu as parlé à Sarah de son cauchemar de la veille ?

Je lui en ai parlé. De ça et de toi.

De moi ?

Je dois l’interroger, essayer de savoir si tu as déjà fait quoi que ce soit…

Tu dois me comprendre, j’ai eu très peur.

Je remarque un changement de ton dans ses messages, cela dénote de la veille. Pour autant, le fait qu’elle aborde ce sujet avec Sarah me glace le sang. J’ai réussi à gagner la confiance de la petite fille et je ressens pour elle des sentiments sincères, alors qu’elle mette le doute sur mes intentions dans son esprit m’enrage au plus haut point.

Je reçois de nouveau un SMS :

Elle m’a confirmé pour le cauchemar de la veille. Ça ne change en rien les reproches que je t’ai faits.

Écoute Maud, tu ne pourras pas m’empêcher de tenir à Sarah. Je me suis accroché à ta fille en même temps qu’à toi. Alors le fait que tu aies des soupçons, ça a été un choc, néanmoins je l’ai accepté. Mais que tu parles de cela avec Sarah, je ne le comprends pas, que va-t-elle penser de moi maintenant ?

Je tente de rester calme, seulement il faut qu’elle sache le fond de ma pensée.

Ne va pas t’imaginer que j’ai parlé clairement d’attouchements avec elle. Je n’ai fait que poser des questions évasives sur certains sujets. Mais tu peux me le reprocher autant que tu veux Adam, je passerai toujours l’intérêt de ma fille avant le tien.

Je ne te demande pas de faire autrement. Seulement mets-toi à ma place, te rends-tu compte de la gravité du message ?

Elle ne l’a pas perçu comme cela et maintenant arrête avec ça. J’ai besoin d’être rassurée, et c’est le seul moyen. Sinon je serais restée avec mes doutes et j’aime autant te dire qu’il n’y aurait plus rien eu de possible. Point.

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

Sans Elles   15

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