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"Data de publicação: " 2021-06-25 20:35:27
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Maud me demande de garder mes distances avec Sarah et j’obéis pour ne pas envenimer la situation. Elle m’en veut, je peux néanmoins me satisfaire du fait qu’elle n’ait pas encore officiellement rompu. Et puis au moins, maintenant, elle me croit. Elle a assisté à la même chose que moi, et rien que ça, c’est déjà un sacré soulagement quant à mes inquiétudes sur ma santé mentale.

Je suis donc de retour chez moi, toujours hanté pas mes vieux démons. Si Maud est bouleversée par la vision de sa fille s’exprimant avec l’intonation de la mienne, moi je me sens en colère. En colère, car je ne peux rien faire ni rien expliquer. Oui, c’est mon Eléanore qui parlait à travers Sarah, mais qu’essayait-elle de me dire ? Elle m’appelait à l’aide ? Que pouvais-je faire ? Je n’en peux plus d’attendre, mais je comprends la réaction de Maud, c’est évident que voir Sarah parler en semi-inconscience était effrayant…

Alors je ne peux plus que patienter. Il n’est plus envisageable de solliciter Sarah sans l’accord de sa mère, seulement je ne veux pas rester à ne rien faire, alors le lendemain, je cherche à me renseigner sur le phénomène. Il me faut dans un premier temps connaître le métier en adéquation avec ma recherche. Eh bien il n’en existe pas, du moins pas de sérieux. Je trouve alors un neuropsychologue, spécialiste des rêves. Il exerce à moins de deux heures de chez moi, j’essaie donc de l’appeler. J’expose mon problème à la standardiste, qui me propose un rendez-vous pour la semaine suivante. Je demande à le voir plus tôt, mais il n’y a aucune possibilité d’après elle. Je dis « d’après elle », car le spécialiste en personne me rappelle moins d’une dizaine de minutes plus tard. Il a été interloqué par le motif de ma demande de consultation et me propose de me recevoir dès le lendemain. J’accepte immédiatement.

J’envoie un message à Maud pour l’avertir de ce rendez-vous, afin qu’elle soit au courant que je recherche une explication à ce phénomène. Ce n’est que le soir qu’elle me répond, par un appel.

— J’attendais d’avoir couché Sarah pour te rappeler, m’explique-t-elle.

Moi qui craignais une nouvelle période de mutisme de sa part, je suis soulagé qu’elle me donne de ses nouvelles.

— Comment va-t-elle ? demandé-je.

— Elle me réclame des explications. Mais pas sur son rêve, apparemment elle ne s’en souvient pas.

— À quel sujet, alors ?

— Sur le fait que tu sois reparti et sur le fait que j’avais l’air en colère contre toi. Ma fille me reproche que tu ne sois pas resté avec nous…

— Je pourrais lui parler.

— Non, Adam.

— Attends, Maud. Je comprends que tu m’en veuilles, je n’aurais pas dû le faire, pas sans ton accord. Seulement si je t’avais demandé, tu ne m’aurais pas laissé faire. Et il était important que tu y assistes afin de me croire. Et je pense que je devais aussi me convaincre moi-même.

— Écoute, Adam, je ne suis même plus certaine que ce dont on parle s’est réellement déroulé. Ça paraît tellement fou…

— Je comprends…

— J’ai envie de te voir, sincèrement. Je me sens mal, cette histoire me rend folle, mais ce que tu as fait à Sarah me fait peur.

— Ce n’est pas ce que j’ai fait.

— Tu comprends très bien ce que je veux dire, Adam.

— Oui, je comprends. Mais concernant ce que tu me disais, lorsque tu l’entendais discuter avec elle, que tu pensais que ma fille était devenue son amie imaginaire après l’accident… Je crois qu’elles communiquaient réellement.

— Est-ce que tu t’entends parler ?

— Oui et ça me paraît fou à moi aussi. C’est pour ça que comme je te l’ai dit par message, je vais voir un spécialiste, demain. J’espère qu’il pourra m’en apprendre plus sur ce genre de phénomène.

Maud reste muette.

— Est-ce que tu veux venir avec moi ? proposé-je.

J’aimerais qu’elle vienne avec Sarah afin qu’elle puisse dire au psychologue ce dont elle se souvient.

— Non, Adam, je tiens à rester en dehors de ça.

— Mais Sarah est concernée.

— Justement, Adam, j’aimerais l’en sortir. Tu ne peux pas savoir à quel point j’ai eu peur lorsque je l’ai vu parler avec cette intonation qui n’est pas la sienne…

— Celle d’Eléanore…

— Peut-être. Seulement te rends-tu bien compte de ce qui s’est passé ? me demande-t-elle en se mettant à pleurer. C’est… Viens, Adam.

— Quoi ?

— Viens, j’ai besoin de te voir. Si ça me met dans cet état, je n’ose pas imaginer dans lequel tu es, toi. Alors reviens.

*

J’arrive devant sa porte et frappe doucement pour ne pas réveiller Sarah. Maud m’ouvre aussitôt, comme si elle m’avait attendu derrière.

— Je suis désolée, me dit-elle.

— De quoi ?

— De t’avoir demandé de partir. Je me rends compte que depuis que nous sommes ensemble, je fais la girouette. Alors oui, ce que j’ai vu me fait peur, mais…

— Ne t’inquiète pas, la coupé-je.

Je m’approche, lui pose la main sur la joue et l’attire à moi. Maud met sa tête contre mon épaule.

— Il faut que tu me dises ce que tu ressens, me susurre-t-elle.

Je m’écarte et elle m’embrasse.

Je ne suis pas certain de bien comprendre ce qu’elle attend, mais la sentir contre moi réveille d’autres envies. Peut-être les discerne-t-elle, ou les éprouve-t-elle au même instant, car elle me prend la main et m’attire jusqu’à la chambre.

Je n’en reviens pas d’avoir envie à cet instant, avec ce qui arrive. Seulement je crois qu’elle comme moi, nous avons besoin de nous rassurer.

Je la laisse mener le début de nos ébats et lorsque je n’en peux plus, je l’attrape et l’allonge sur le dos. Je la déshabille et admire un instant son corps dénudé avant de la laisser m’attirer en elle.

Un peu plus tard, mes pensées reviennent aux rêves de Sarah. Et je devine qu’à côté de moi, il en est de même pour Maud. Elle balade ses doigts sur mon torse, je me tourne vers elle. Elle me regarde, sa main vient se poser dans mes cheveux, qu’elle caresse. Puis elle m’embrasse avant de murmurer :

— On va trouver une réponse à tout ça.

Je ne dis rien, je ne veux pas gâcher ce moment, car je sais nos avis divergents. Je ne vois pas comment obtenir de réponses sans de nouveau faire parler Sarah, et je suis conscient que Maud refusera catégoriquement de retenter l’expérience.

Et comme si elle lisait dans mes pensées, elle ajoute :

— Ton spécialiste aura sûrement une explication.

— Il faudrait que j’emmène Sarah.

— Non, Adam, s’il te plaît…

— OK.

Sa main se pose sur ma joue, elle est fraîche malgré ce que nous venons de faire. Elle caresse les poils courts de ma barbe et son doigt passe sur ma bouche. Je l’attire à moi. Sentir son corps chaud contre le mien m’apaise. Maud me souffle sur le visage pour me refroidir. Je la fixe au-dessus de moi, son sourire me rend fou. Je suis réellement amoureux d’elle, je le sens. J’éprouve tout à coup de la crainte, la peur de trop m’attacher, puis je balaie cette pensée de ma tête. C’est de nouveau Eléanore qui s’immisce. Sarah est en train de dormir et je pourrais aller lui parler. Évidemment, je n’en fais rien.

Je suis pris dans un étau, vouloir réentendre ma fille risquerait de m’éloigner de Maud. Il faut donc que je la convainque. Je le ferai, je n’ai pas le choix.

— Tu n’es pas fou, murmure Maud.

Pour une fois, elle se trompe sur mes pensées.

— Tu as entendu comme moi, rétorqué-je pour aller dans son sens.

Elle acquiesce.

— Qu’est-ce que tu en penses ? ajouté-je.

Elle reste sur moi.

— C’est bizarre, flippant… Mais je te l’ai dit, il y a forcément une explication. Et je ne crois pas aux fantômes.

— Moi non plus, dis-je.

— Je pense que ça vient de Sarah.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Qu’elle rêve d’Eléanore, seulement il ne faut pas que tu te mettes en tête que c’est ta fille qui te parle. Ça n’en sera que plus douloureux lorsqu’on aura déterminé la cause.

— Tu oublies l’intonation qu’elle a empruntée.

— Peut-être qu’elle la reproduit inconsciemment…

— Et les souvenirs de l’accident qu’elle ne peut pas connaître, insisté-je.

— Je sais, Adam, c’est bizarre et je n’ai pas d’explication. Mais je le répète, je ne crois pas aux fantômes.

— Et si Eléanore n’était pas morte ?

Je ne pense pas réellement ce que je dis, et le regard qu’elle me lance fait que je me hâte de corriger :

— Ce que je veux dire, c’est qu’il y a un truc. Je ne crois pas non plus aux fantômes et je suis bien conscient que ma fille est décédée...

C’est la première fois que je le dis aussi clairement sans que ma voix tremble.

— Seulement lorsque Sarah me parle durant ses rêves, ajouté-je, ce n’est pas Sarah que j’entends, c’est Eléanore.

— C’est elle que tu désires entendre.

— Non, c’est elle qui me parle, je le sais.

Elle me sonde du regard, sans rien dire, puis se relève pour disparaître dans la salle de bains.

Elle revient deux minutes plus tard, entièrement nue. Je la regarde. Célia ne se montrait jamais comme cela. Elle avait toujours le réflexe de se couvrir, mais pas Maud. Alors je profite de la vision qu’elle m’offre. Et je crois que cela l’amuse, ou la flatte. Elle soutient mon regard en souriant.

— Ne me dis pas que tu veux recommencer, me dit-elle.

— Non, j’ai seulement plaisir à t’observer.

Elle me tourne le dos pour se saisir d’une nuisette dans son armoire. Dans d’autres circonstances, sa chute de reins aurait pu me faire craquer de nouveau, mais à cet instant, je suis assailli entre les différentes pensées qui se bousculent dans mon esprit.

Je me penche pour attraper mon caleçon, et Maud me rejoint sous les draps. Elle me donne un baiser puis pose sa tête contre mon torse.

Je pense alors à mon rendez-vous du lendemain, aux explications que je lui donnerai…

*

C’est Sarah qui vient nous réveiller, elle me saute dessus et j’en ai le souffle coupé.

— Doucement, ma chérie, la prévient Maud, Adam n’est plus tout jeune.

— Merci…

— Tu restes avec nous toute la journée ? me demande la petite fille.

— Presque, j’ai juste un rendez-vous ce matin, mais je reviendrai après.

Nous prenons notre petit-déjeuner ensemble, cela me fait le plus grand bien de partager de nouveau cela avec elles. Maud a retrouvé son sourire, Sarah, elle, ne l’a jamais quitté.

*

Il me faut près d’une heure et demie pour me rendre au cabinet du neuropsychologue. Il officie au sein d’un pôle hospitalier où je suis seul dans la salle d’attente. « Les consultations durent généralement une petite heure », m’a prévenu la femme à l’accueil. Je me répète l’explication à donner au médecin, et elle me paraît de plus en plus folle. Néanmoins il n’est plus question de faire marche arrière, passer pour un fou est le cadet de mes soucis.

La porte s’ouvre, aucun patient ne sort, seul un homme en blouse blanche se présente à moi.

— Monsieur Weiss ?

— Oui, m’exclamé-je en me levant.

L’homme, âgé d’une bonne quarantaine d’années et aux cheveux grisonnants, me tend sa main que je serre. Il referme la porte derrière moi et me fait signe de m’installer sur l’un des deux fauteuils faisant face à son bureau.

— Je ne vous cache pas que la raison de votre venue m’a interpellé, débute-t-il.

— Vous avez déjà eu affaire à ce genre de choses ?

— Il va d’abord falloir que vous m’expliquiez tout, que je sois certain de bien comprendre.

J’inspire, c’est le moment de passer pour un fou.

— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident, cela fait deux ans.

— Je suis désolé.

J’esquisse un demi-sourire puis reprends :

— Mais si je viens, ce n’est pas vraiment pour moi… J’ai rencontré quelqu’un, récemment. Cette personne a une fille et il se trouve qu’elle était la meilleure amie de la mienne.

— La fille de votre nouvelle compagne était la meilleure amie de votre fille ? répète-t-il.

— Oui. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai rencontré cette femme. Elle venait me présenter ses condoléances et elle s’inquiétait car sa fille parlait beaucoup avec Eléanore.

— Votre fille ?

— Oui.

— Après sa mort, vous voulez dire ?

— Oui, mais encore une fois, ce n’est pas pour cela que je viens aujourd’hui. J’ai emménagé il y a peu chez cette femme, et une nuit, Sarah, la fille de mon amie, a fait un cauchemar.

Le médecin acquiesce, comme pour m’encourager à continuer.

— Elle appelait son père, du moins c’est ce que j’ai cru au départ. Seulement lorsque je me suis approché, je l’ai entendue dire des choses en rapport avec l’accident de ma femme et de ma fille. Et ce qu’elle disait ne pouvait être connu que d’Eléanore.

Maintenant il m’observe avec de grands yeux.

— Puis elle a crié, comme si elle revivait la tragédie, je l’ai donc réveillée. Je sais que ça paraît fou, c’est ce que je me suis dit au départ. Je ne croyais pas vraiment en ce à quoi je venais d’assister, alors le lendemain, j’ai retenté l’expérience.

— Comment ça ? s’intéresse-t-il.

— Je suis retourné dans la chambre, pendant que Sarah dormait, et je lui ai parlé.

— Vous avez parlé à Sarah ?

— Oui, enfin j’ai prononcé le prénom de ma fille.

— Vous l’avez appelée par le prénom de votre fille.

— Oui, et elle a répondu « papa ». Puis elle s’est mise à me parler, seulement ce n’était plus Sarah, mais bien Eléanore.

Voilà, comme je le redoutais, il me gratifie du regard de celui qui vous croit fou.

— Je sais ce que vous pensez, dis-je.

— Ah, dites-moi.

— Vous vous dîtes que je suis demeuré, ou que le deuil me fait espérer entendre ma fille... Sauf que je l’ai déjà entendue me parler, ma femme aussi, mais là c’est différent. C’est à travers une autre petite fille, et ce qu’elle a dit était très bizarre. Et surtout, je ne suis pas seul à y avoir assisté, mon amie également.

— Elle a vu sa fille parler à la place de la vôtre ?

— Oui.

— Et comment a-t-elle réagi ?

— Elle a pris peur, c’était effrayant comme situation.

— Elle sait que vous êtes là, aujourd’hui ?

— Oui, dis-je.

— Pourquoi n’est-elle pas venue ?

— Elle veut que cela s’arrête, elle admet que c’est arrivé, sauf que ça la terrorise. J’aurais aimé que Sarah soit là pour vous donner son ressenti, vous raconter ce dont elle se souvient.

— Elle s’est souvenue de choses ?

— La première fois, elle s’est rappelé avoir rêvé de l’accident.

Il semble réfléchir, et je profite de son silence pour demander :

— Vous avez déjà entendu parler de ce genre de phénomène ?

— Non, me répond-il aussitôt.

— Et votre avis ?

— Alors ce n’est pas dans mes spécialités, mais je sais qu’entendre un être perdu est fréquent après des situations telles que celle que vous avez vécue.

— Non, s’il vous plaît, le coupé-je, ne me dites pas ça. Je vous l’ai pourtant précisé, Maud était présente, elle l’a également vu.

— Oui, j’allais y venir, je vous donnais la première hypothèse, qui pour moi serait la plus plausible. Mais donc, autre hypothèse, la fille de votre amie a fait un cauchemar dans lequel était présente votre fille, et elle l’a vécu comme un transfert d’identité.

Je le regarde, circonspect.

— Elle s’est mise à la place de votre fille. C’était sa meilleure amie, vous disiez ?

J’acquiesce.

— Donc ce ne serait pas vous qui subiriez un choc psychologique dû au deuil, mais la fille de votre amie. Et cela expliquerait que vous ayez été tous les deux témoins du phénomène.

Je réfléchis un moment.

— Vous savez, reprend-il, il est possible de traiter un cauchemar.

— De traiter un cauchemar ? répété-je.

— Oui, en plusieurs séances, Sarah pourrait en être débarrassée.

— Encore faudrait-il qu’il s’agisse bien de cela, dis-je.

— Vous n’avez pas l’air de le croire.

— Elle a parlé de choses qu’elle ne peut pas connaître, insisté-je.

— Le mieux serait qu’elle soit présente.

— Sarah ?

— Oui.

— Sa maman le refuse, elle souhaite que cela cesse. Et elle ne veut plus que je lui parle durant son sommeil.

— Écoutez, je peux me renseigner auprès de confrères. Comme je vous l’ai dit, je n’ai pas souvenir de tels cas et vous ai donné les premières hypothèses qui me viennent à l’esprit. Mais je ne pourrais être sûr de quoi que ce soit sans avoir fait au préalable des tests neurologiques sur le cerveau de Sarah durant son sommeil.

— Sinon, Docteur, connaissez-vous des méthodes pour rentrer en contact avec des personnes disparues ?

Il me regarde une nouvelle fois comme un demeuré, avant de répondre :

— C’est tout simplement impossible, et quiconque vous dirait le contraire serait un charlatan. Alors ne vous laissez surtout pas embobiner, nombreux sont les escrocs sans scrupule qui cherchent à profiter de personnes endeuillées.

Je comprends qu’il ne m’apportera aucune réponse, alors je me lève.

— En attendant, reprend-il, je vous conseille malgré tout d’aller consulter un psychologue. Le traumatisme que vous avez vécu est loin d’être anodin.

J’en conclus surtout qu’il ne croit pas un seul mot de ce que je lui ai raconté et que je viens de perdre une demi-journée.

Je le remercie et il m’invite à emprunter une porte dérobée derrière son bureau, voilà pourquoi je n’avais vu aucun patient sortir avant mon rendez-vous.

*

Attablé pour le déjeuner dans un restaurant d’autoroute, je fais le point. Je rentre sans avoir obtenu de réponses, mais avec par contre de nouvelles questions. A-t-il raison, le problème vient-il de Sarah ? Car en y repensant, l’avis du médecin se rapproche de celui de Maud. Sarah reproduirait l’intonation de voix d’Eléanore d’après ses souvenirs, et ce, inconsciemment durant son sommeil. Plus j’y pense et plus je me dis que cette hypothèse doit être la bonne. Je me sens d’ailleurs soulagé d’enfin y croire. J’ai voulu imaginer ma fille qui me parle, seulement c’est impossible. Elle est morte et je dois enfin l’accepter.

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

Sans Elles   15

15Ce matin, ni Célia ni ma princesse ne partagent mon petit-déjeuner. Mais ça va. La veille, je suis rentré surexcité et enjoué par cette soirée passée. Maud me fait du bien, et Sarah aussi, c’est indéniable. Évidemment, j’ai aperçu la mélancolie se pointer à mon entrée, mais je l’ai ignorée. Je

Sans Elles   14

14Maud est retournée hier chez ses parents, afin d’y récupérer Sarah. Elle m’a appelé ce matin et donné rendez-vous pour le déjeuner, dans un petit restaurant de centre commercial. Que cela se passe là-bas ne m’enchante pas du tout, sauf qu’il va falloir que je m’y plie si je veux pouvoir échang

Sans Elles   13

13De la lumière provenant de dehors me sort de mon état comateux. Je ne dormais pas encore, mais après de multiples essais infructueux auprès de mes perles disparues, je reste à délirer tout seul au fond de mon canapé, sous l’œil bienveillant d’une bouteille de whisky vidée de la moitié de son c

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12Marjorie arrive chez moi en milieu d’après-midi. Je suis sobre, ce qui représente un immense succès pour moi. Seulement cette première gorgée m’appelle, elle me fait de l’œil depuis que je ne vois plus Eléanore déballer ses cadeaux. Je me suis concentré et reconcentré, mais mon esprit n’en a r

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