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13

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:35:25
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De la lumière provenant de dehors me sort de mon état comateux. Je ne dormais pas encore, mais après de multiples essais infructueux auprès de mes perles disparues, je reste à délirer tout seul au fond de mon canapé, sous l’œil bienveillant d’une bouteille de whisky vidée de la moitié de son contenu. Les phares s’éteignent et je me redresse pour me presser d’aller éteindre la lumière. Je n’ai pas le temps de rejoindre mon canapé que des coups se font entendre contre la porte.

Je n’ose plus bouger, je ne sais pas quelle heure il est, ce n’est en tout cas pas une heure pour déranger les gens. On est lundi, ça ne peut pas être Maud, ce doit être Marjorie. Et je ne tiens pas à ce qu’elle me voit dans cet état.

— C’est Maud, s’annonce-t-elle derrière la porte. Je sais que vous êtes là, je vous ai vu éteindre la lumière.

J’hésite, tente d’analyser mon état d’ébriété… Je regarde ma montre, il n’est en fait que 18 h 30, la nuit tombe trop tôt en cette saison. Maud frappe de nouveau à la porte, et cette fois-ci j’ouvre.

Elle me dévisage, tandis que je m’écarte pour la faire entrer. Son regard se pose aussitôt sur la bouteille, puis elle se retourne vers moi, l’air sévère.

— Vous m’avez raccroché au nez.

Je dois réfléchir pour saisir de quoi elle me parle, avant de me souvenir de notre conversation téléphonique.

— Vous m’avez appelé « Célia », ajoute-t-elle.

— Non.

— Non ?

— Ce n’est pas à vous que je m’adressais.

Elle ne semble pas comprendre.

— Pourquoi est-ce que vous ne m’avez pas répondu lorsque j’ai essayé de vous rappeler ?

— Vous ne deviez pas être à Paris, aujourd’hui ?

— On est le 26 décembre, et il faut croire que tous sont pressés de retourner dans leur famille, car ce qui devait prendre deux jours n’en a pris qu’un.

— Et Sarah ? demandé-je.

— Elle est chez mes parents, j’irai la récupérer demain. J’arrive tout juste de Paris.

— Pourquoi ?

— Je m’inquiétais, Adam. On parlait et vous êtes devenu tout à coup très bizarre. Et là je vous trouve…

Elle m’indique la bouteille de whisky.

— Vous empestez l’alcool, qu’aviez-vous prévu de faire, ce soir ?

— Rien, répliqué-je.

— Ça va vous détruire.

— C’est mon outil de travail, j’en ai besoin pour mes séances de spiritisme.

Je rigole tout seul de ma bêtise.

— Du spiritisme ?

— Je plaisantais, dis-je.

— Je ne vous comprends pas.

Je l’abandonne pour tituber jusqu’au canapé, je ressens quelques difficultés à rester debout.

Je vois Maud passer devant moi, sa veste a disparu, elle attrape la bouteille et l’emmène. Je l’entends s’activer derrière moi. Je sens que je peux m’endormir d’une seconde à l’autre, malgré ses mouvements dans mon dos.

Puis je perçois qu’il faut que je rouvre les yeux, et lorsque je le fais, elle se tient face à moi.

— Allez prendre une douche, me dit-elle.

— Hein ?

— Je vais aérer et faire un peu de ménage.

— Je vous ai déjà dit que je ne voulais pas…

— Vous n’êtes pas en état de me dire quoi que ce soit.

Je ne sais pas pourquoi, j’obéis. Cette femme a un pouvoir sur moi que je n’explique pas. Elle a beau être toute fine et si fragile d’aspect, elle dégage une force qui me manipule. Et puis j’ai un peu honte de l’allure que je devine avoir, donc une douche n’est sûrement pas une mauvaise idée.

J’ai du mal à m’y rendre, mais une fois l’eau tiède me coulant sur le corps, je me sens beaucoup mieux. Lorsque j’arrête l’eau, j’ai l’impression d’avoir retrouvé ma sobriété, néanmoins la perte d’équilibre en sortant de la douche me convainc du contraire. J’attache une serviette autour de ma taille et sors de la salle de bains pour traverser le couloir en direction de ma chambre. Je croise Maud, qui me dévisage.

— Vous avez meilleure mine, s’exclame-t-elle.

Je ne réponds pas et la contourne pour rejoindre ma chambre et mon armoire. Je me sens vexé, si je ne craignais pas tant de la froisser et d’ainsi me couper des visions de Sarah, je la mettrais dehors. J’enfile un jean acheté en grande surface le matin même, et une chemise. Puis je regagne mon salon. Je sens un petit air frais, la fenêtre vient d’être refermée. Maud est debout à côté, elle me dévisage en souriant.

— Je n’aime pas que vous fassiez ça, dis-je.

— Moi non plus.

— Alors pourquoi le faites-vous ?

— Parce que là, vous faisiez pitié, et que je n’ai pas trouvé de meilleur moyen de vous secouer.

Je me dirige vers ma cuisine et attrape la bouteille de whisky posée sur le plan de travail.

— Ah non, intervient-elle.

— Arrêtez, la préviens-je.

— Vous imaginez si j’étais venue avec Sarah ?

— Mais je ne vous ai pas demandé de venir ! Vous faites souvent ça, débarquer chez les gens sans prévenir ?

— Tout le temps. J’ai une alerte chez moi dès qu’un homme en détresse atteint la moitié de sa bouteille.

— Très drôle, dis-je en repartant vers le canapé.

Maud me suit. Je m’assieds, retire le bouchon de la bouteille qu’elle me prend des mains. Je la regarde. Je pense cette fois l’inviter à s’en aller, mais ne dis rien. Sa façon de me dévisager me stoppe. Je me laisse tomber au fond de mon dossier.

— Qu’est-ce qui s’est passé au téléphone ? me demande-t-elle.

— Je l’ai vue.

— Célia ?

Je hoche la tête.

— Ça arrive souvent ?

— Que je la voie ?

— Oui.

— De moins en moins. Au début, elles étaient toujours avec moi, puis plus le temps passe, plus j’ai besoin d’alcool pour les voir.

— Quand vous parliez de spiritisme…

— Je plaisantais, la coupé-je, n’allez pas imaginer le truc avec les verres qui bougent.

Elle paraît soulagée, me prend-elle pour un fou ?

— Vous êtes venue me parler du message de Sarah ? demandé-je.

— Non, je crois que je suis venue parce que je m’inquiétais. Je ne sais pas exactement… Je suis sortie du travail, je devais retourner chez mes parents, et au lieu de ça, j’ai pris l’autoroute et suis venue directement ici.

J’attends qu’elle me parle du message de sa fille.

— Et je vois que j’ai bien fait, ajoute-t-elle, vous vous apprêtiez à boire cette bouteille en entier ?

Je souris.

— Quoi ? m’interroge-t-elle.

— Rien…

Puis je reprends :

— Sarah, que voulait-elle que vous me disiez ?

Elle paraît gênée, puis me répond :

— Depuis j’ai réfléchi et… je ne pense pas que ce soit une bonne idée de vous en parler.

— Pourquoi ?

— C’est le fruit de l’imagination d’une petite fille de sept ans… Ce n’est pas si important, et vous, ça risquerait de vous faire du mal.

Je commence à douter de la véracité de cette histoire.

— Pourquoi vous aurait-elle demandé de me passer un message alors qu’elle ne m’adresse pas la parole lorsqu’elle est là ?

— Sarah est très, très, timide… Et pour être honnête, je ne vous ai pas dit toute la vérité…

— Comment ça ?

Je m’attends à ce qu’elle m’avoue que le soi-disant message de Sarah est en réalité un prétexte pour me revoir.

— Lorsque je vous disais que j’avais cherché à vous rencontrer, notamment du fait que Sarah me parlait beaucoup de votre fille… C’est en fait un peu plus que ça.

— Allez droit au but, Maud.

— Elle me demandait de vous parler.

— Qui vous demandait ça ?

— Sarah.

— Vous êtes en train de me dire que c’est Sarah qui a insisté pour que vous m’abordiez ?

— Oui, car Sarah imagine très souvent Eléanore à ses côtés. Je l’entends jouer dans sa chambre, rire, et discuter avec votre fille. Et il arrive qu’elle vienne me retrouver pour me dire qu’Eléanore lui demande de vous dire des choses.

Je me lève, saisis un verre que je remplis d’eau. J’en bois quatre, avant de retourner m’asseoir.

— C’est n’importe quoi, dis-je.

— C’est sûrement son imagination…

— Est-ce que ça vous amuse de me raconter ça ?

Elle a un mouvement de recul, l’air choqué.

— Ce message, il existe ? insisté-je.

— Oui.

— Alors donnez-le-moi, qu’on en finisse !

— Non, je sais que c’est une mauvaise idée.

— Vous êtes venue vous foutre de moi ? m’énervé-je.

— Non.

— Alors dites-le-moi !

— Elle vous souhaite un joyeux Noël, murmure-t-elle au bord des larmes.

Je reste sans voix, comprends qu’elle s’est réellement jouée de moi. Je suis debout, et se tient face à moi, assise sur mon canapé, une petite femme se servant de mon désespoir pour je ne sais quelle raison…

— Puis elle a parlé de Tweeny.

J’ouvre de grands yeux.

— Je sais que c’est une mauvaise idée, continue-t-elle.

— Qu’est-ce que vous avez dit ?

— Que je n’aurais jamais dû vous parler de ce message, je suis désolée.

— Non, avant ça. Elle a parlé de…

— De Tweeny ?

— Qu’est-ce qu’elle vous a dit ? balbutié-je.

Je tremble, je suis toujours debout, mais pas certain que mes jambes me portent encore longtemps.

— Eléanore lui aurait demandé de le retrouver, parce qu’il lui manque. Sarah m’a dit qu’elle ne l’avait pas trouvé dans la chambre.

— C’est normal.

C’est son tour d’écarquiller les yeux.

— Tweeny est l’ours en peluche d’Eléanore, expliqué-je, son doudou depuis qu’elle a deux ans… Et si Sarah ne l’a pas trouvé l’autre jour, c’est parce qu’il est dans ma chambre.

Maud arbore une mine déconfite, elle déglutit et demande :

— Est-ce qu’il est gris, et qu’une de ses oreilles est coupée ?

— Elle l’a accrochée dans la portière de la voiture, ça lui a arraché un morceau, impossible à raccommoder. Depuis ça, elle ne le sortait plus de la maison. Donc Sarah n’a pas pu le voir, à moins d’être déjà venue jouer auparavant ici avec Eléanore.

— Non, jamais.

— Vous en êtes sûre ?

— Oui, évidemment, j’en suis certaine.

Je réfléchis. Nous fêtions tous les anniversaires d’Eléanore à la plage, nous n’avons jamais invité ses copines à cette occasion…

— Maud, il faut vraiment que je parle à Sarah.

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

Sans Elles   16

16Je fais ce qu’elle dit et me laisse aller. Maud ne fait que poser ses lèvres sur les miennes, rien que quelques secondes, puis se retire. Elle rouvre les yeux, je n’ai pas fermé les miens.— C’est déjà une sacrée étape, dit-elle.Et je ne suis pas certain qu’elle réalise à quel point.

Sans Elles   15

15Ce matin, ni Célia ni ma princesse ne partagent mon petit-déjeuner. Mais ça va. La veille, je suis rentré surexcité et enjoué par cette soirée passée. Maud me fait du bien, et Sarah aussi, c’est indéniable. Évidemment, j’ai aperçu la mélancolie se pointer à mon entrée, mais je l’ai ignorée. Je

Sans Elles   14

14Maud est retournée hier chez ses parents, afin d’y récupérer Sarah. Elle m’a appelé ce matin et donné rendez-vous pour le déjeuner, dans un petit restaurant de centre commercial. Que cela se passe là-bas ne m’enchante pas du tout, sauf qu’il va falloir que je m’y plie si je veux pouvoir échang

Sans Elles   12

12Marjorie arrive chez moi en milieu d’après-midi. Je suis sobre, ce qui représente un immense succès pour moi. Seulement cette première gorgée m’appelle, elle me fait de l’œil depuis que je ne vois plus Eléanore déballer ses cadeaux. Je me suis concentré et reconcentré, mais mon esprit n’en a r

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