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23

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:35:28
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— Tu ne dois pas dire des choses comme ça ! s’emporte Maud.

Je reste bouche bée, le souffle coupé.

— Mais c’est bien, se défend la petite fille, Eléanore est encore vivante.

— Non, car ce n’est pas vrai et ça fait souffrir Adam.

— C’est bon, la coupé-je, ça va.

Sarah se met à sangloter, elle ne comprend pas ce que Maud lui reproche.

— Ce n’est pas grave, chuchoté-je, tandis que la fillette vient s’installer sur mes genoux, Maud la regardant d’un air désolé.

— Écoute…, tente-t-elle.

— Non, c’est vous qui m’avez demandé de répéter ce qu’Eléanore m’avait dit ! Ce n’est pas de ma faute !

— Bien sûr que non, ce n’est pas de ta faute, s’exclame sa maman en venant se mettre contre nous.

Sarah fait un transfert de bras et c’est au tour de sa mère de la tenir serrée contre elle.

J’attends un instant que les larmes de Sarah cessent avant de lui demander :

— Pourquoi dis-tu qu’Eléanore n’est pas morte ?

— Parce que je le sais.

— Alors où serait-elle ?

La fillette hausse les épaules.

— Elle t’a parlé d’autre chose ? insisté-je.

— Non.

— Juste qu’elle était vivante, c’est ce qu’elle a prononcé ?

¬— Je ne sais plus, pleurniche-t-elle.

— Comment ça ? Tu ne te souviens plus si c’est bien ce qu’elle a dit ?

— Je ne me rappelle plus si elle a parlé.

— Alors qu’est-ce qui te dit qu’elle serait encore en vie ? intervient Maud d’une voix la plus douce possible.

— Je ne sais pas, Eléanore me l’a fait ressentir pendant que je dormais.... Quand je me suis réveillée, je savais que je devais le dire à Adam, s’exclame Sarah avant de s’effondrer en larmes.

J’allais demander autre chose, avant que Maud me stoppe d’un geste.

— Merci Sarah, murmuré-je.

Puis j’embrasse le front de la petite et laisse Maud regagner la chambre de sa fille pour la coucher.

Je m’installe dans le salon en attendant le retour de Maud. Assis sur le canapé, je me sers un whisky. Que peuvent bien signifier les dires de Sarah ? Est-il possible qu’une fillette de seulement sept ans se joue des sentiments d’un adulte ? Non, elle est sincère, elle croit en ce qu’elle affirme.

Maud revient et s’installe près de moi. Elle me scrute du regard tandis que je suis perdu dans mes pensées. Lorsque je le remarque enfin, je lui demande :

— Comment va-t-elle ?

— Contrairement à ce que je craignais, elle ne paraît pas effrayée.

— J’ai l’impression que je deviens fou…

— Non, me contredit Maud, car si tu l’es, je le suis également. Comme toi, j’ai entendu ce que Sarah a dit durant son sommeil, et également son affirmation de ce soir.

— Eléanore, vivante…

— Non, Adam. Sarah subit un traumatisme, il ne faut pas que tu croies ce qu’elle dit. C’est clair qu’elle divague, et je suis déterminée à mettre la lumière sur tout ça pour qu’elle aille mieux et ainsi mettre fin à tes interrogations.

Je l’observe, puis lui demande :

— Tu es d’accord pour que je l’emmène voir le neuropsychologue ?

Elle acquiesce.

— Mais avant ça, murmure-t-elle, je pense qu’il faut lui reparler pendant qu’elle dort.

— C’est ce que tu veux ? m’étonné-je.

— Je viens d’en discuter avec elle.

— Qu’est-ce que vous vous êtes dit ?

— Je l’ai interrogée sur ce qu’elle t’avait affirmé. Elle est persuadée que c’est la vérité. C’est pourquoi je pense maintenant qu’il faut l’emmener voir un spécialiste, j’ai sous-estimé le problème.

— Mais tu lui as dit qu’on allait recommencer à lui parler.

— C’est elle qui m’a demandé de le faire. Elle a bien vu que je ne croyais pas ce qu’elle me disait.

— Le fait qu’Eléanore serait vivante ?

— Oui. Du coup, elle m’a dit : « Vous n’avez qu’à revenir lui parler pendant que je dors, vu que c’est aussi ce qu’elle veut ! ».

Maud attrape mon verre et avale une gorgée, c’est bien la première fois que je la vois boire du whisky.

— Elle m’a dit que ça ne lui faisait pas peur, reprend-elle, donc tu vas le faire.

Je reste sans voix, réfléchissant. J’ai bien évidemment envie de le faire. Je désire plus que tout réentendre l’intonation de ma fille, sentir sa présence à travers Sarah… Je sonde néanmoins Maud du regard, car je ne suis pas persuadé qu’elle le veuille vraiment. Je vois que ça l’inquiète, et elle paraît bien plus bouleversée que ne l’est Sarah.

— On attend qu’elle dorme profondément, précise-t-elle.

Je ne la contredis pas et reste muet. Je me sens fébrile et stressé. J’ai hâte de le faire et en même temps, je redoute ce qui va se passer. Je suis maintenant incapable de dire ce que j’attends de l’expérience. Je vois que le but pour Maud est que je découvre que tout cela est faux et qu’il ne s’agit que de cauchemars de la part de sa fille. Mais Eléanore vivante ? Évidemment, j’en viens à espérer que tout soit vrai. Même si je suis bien conscient que c’est impossible. Et qu’en serait-il de Célia ? J’ai vu les sacs contenant leurs corps, un grand, un petit.

Tout est irréel dans cette histoire, ma fille revenant d’entre les morts et Sarah communiquant avec elle à travers ses rêves.

*

— On y va ? intervient Maud.

Je la regarde et me lève. Je suis terrorisé.

— Est-ce que ça va, Adam ? s’inquiète-t-elle.

Elle me prend dans ses bras et me donne un baiser. Je la serre contre moi. Elle accepte dans le seul but de me soulager.

— Tu es sûre ? lui demandé-je.

— De vouloir le faire ?

— Oui.

— Sarah le veut, et tu as besoin de savoir. Je suis consciente que je ne vais pas aimer, seulement il faut le faire.

Je passe devant elle et monte les escaliers. Je repousse doucement la porte de la chambre et découvre la fillette profondément endormie. Je ne me retourne pas vers Maud qui me suit, et me positionne au chevet de Sarah. Elle respire fort et son faciès change comme si elle était au beau milieu d’un rêve. Je me décide :

— Ma princesse ? appelé-je.

Sarah se fige, sa respiration se ralentit et son visage ne change plus d’expression. Je me demande à cet instant si tout cela est vrai ou si la petite m’entend et joue la comédie.

« Papa… », susurre-t-elle.

Je me tourne vers Maud, elle m’invite du regard à continuer, mais je ne sais plus... Contrairement aux autres fois, cela me paraît faux. Finalement je réponds malgré tout :

— Je suis là, ma princesse.

« Papa, j’ai besoin de toi, je veux te revoir. »

Je suis parcouru d’un frisson, c’est elle.

— Eléanore ? C’est toi ? Où es-tu, ma princesse ? Où est maman ?

« Maman n’a pas voulu se réveiller… viens me chercher papa. »

— Où es-tu ma chérie ? Tu es vivante ?

« Je veux rentrer à la mai… »

Sarah ouvre brusquement les yeux. Je me tourne vers Maud, qui malgré la pénombre semble l’avoir également vue. La fillette se redresse, je m’écarte. Ses mouvements paraissent manquer de fluidité, tels ceux d’un zombie. Maud reste pétrifiée derrière moi. Puis la petite se tourne vers nous, elle se frotte les yeux et regarde sa mère.

— Vous l’avez entendue ?

— Qui ça, ma chérie ? demande Maud d’une voix tremblotante.

— Eléanore, j’ai eu l’impression de vivre ce qu’elle disait, de l’entendre et de le voir.

— Qu’est-ce que tu as vu ? la questionné-je.

— La maîtresse, elle dormait. Eléanore l’appelait, mais elle ne se réveillait pas.

— La maîtresse ? répète Maud.

— Oui, la maman d’Eléanore… elle est restée dans la voiture.

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

Sans Elles   3

3J’avais prévu de sortir davantage durant les jours précédant ma reprise et au lieu de cela, je suis resté chez moi. C’est donc encore désorienté et angoissé que je me rends au travail. Ce n’est pas simple, le regard des collègues sur moi me pèse et je le fuis autant que je le peux. Je sens la p

Sans Elles   2

2J’arrive chez le médecin, l’air frais du mois de janvier me fait un peu de bien. À cet instant je me dis que cette sortie forcée en appellera peut-être d’autres. Puis je change d’avis en entrant. Le simple fait de devoir m’adresser à la secrétaire d’accueil me fait paniquer. Durant un instant,

Sans Elles   1

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