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Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:35:25
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Maud est retournée hier chez ses parents, afin d’y récupérer Sarah. Elle m’a appelé ce matin et donné rendez-vous pour le déjeuner, dans un petit restaurant de centre commercial. Que cela se passe là-bas ne m’enchante pas du tout, sauf qu’il va falloir que je m’y plie si je veux pouvoir échanger avec la petite fille. Maud paraît inquiète à l’idée que j’interroge Sarah – et je peux le comprendre –, seulement ce que cette dernière a dit à sa mère est bien trop troublant pour que j’en fasse abstraction.

Je me gare, et rejoins le pôle où se trouvent tous les restaurants. Je n’y ai pas mis les pieds depuis l’accident. Maud est assise sur un banc, elle ne m’a pas vu arriver, et observe Sarah jouer avec d’autres enfants sur une grosse structure en forme de bateau. La jeune femme porte un chapeau, ou ce qui ressemble à un mixte entre un bonnet et un chapeau. Ce genre a sûrement un nom, mais je ne le connais pas. J’arrive à sa hauteur, elle me gratifie de son habituel sourire et se lève pour venir me déposer une bise sur la joue.

— Vous avez coupé vos cheveux, remarqué-je.

— Un peu, oui.

Je le devine à sa chevelure entièrement recouverte par le bonnet, cela n’aurait pas été possible avec son ancienne coiffure. J’ai envie de lui dire que ça lui va bien, puis cela me paraît inutile.

Maud appelle Sarah, qui descend après une bonne minute et l’insistance de sa mère. La petite vient me saluer et nous jetons notre dévolu sur un restaurant.

Je ne sais pas comment aborder les choses avec Sarah, est-ce que Maud amènera la discussion ou faut-il que je le fasse ? L’atmosphère est un peu troublante. Je ne me sens pas à l’aise et reste silencieux, tandis que la jeune fille raconte à sa mère ce qu’elle a fait chez ses grands-parents.

Je me perds dans l’observation des mimiques de Sarah qui me rappellent tant les moments passés avec Eléanore. Mais ces souvenirs à la fois douloureux et heureux sont coupés par l’arrivée du serveur qui nous apporte ce que nous avions commandé et qui fait taire par son intervention la fillette. Lorsqu’il repart, je profite de ce silence retrouvé pour l’aborder :

— Tu as demandé à ta maman de me passer un message ?

Sarah regarde Maud.

— Tu voulais que je lui souhaite un joyeux Noël, s’exclame cette dernière.

La petite acquiesce.

— Mais de ta part ? demandé-je.

Sarah paraît gênée.

— Oui, murmure-t-elle.

— Ta maman m’a parlé de Tweeny, continué-je, tu vois de quoi je parle ?

— Le nounours d’El.

— El ?

— Eléanore.

— Tu l’appelles El ?

— Oui, des fois.

— Et elle, comment est-ce qu’elle t’appelait ?

— Sarah, ou Sasa, des fois.

Maud assiste à la scène avec une méfiance non dissimulée, il me paraît évident qu’elle craint que je brusque sa fille.

— Tu l’as vu ce nounours ? demandé-je.

Elle fait non de la tête.

— Jamais ?

— Non.

— Mais tu en as parlé à ta maman ?

Sarah se retourne vers sa mère, qui paraît hésitante, puis m’interroge :

— Tu aimes bien Eléanore ?

Je suis surpris par cette question.

— Bien sûr, dis-je. Je suis son père, je l’aime plus que tout.

— C’est son doudou.

Je suis habitué par l’école à ces changements soudains de sujet chez les enfants, et même si nous n’en distinguons pas toujours le lien, il y en a un pour eux.

— Oui, elle t’en a parlé ?

— Je ne sais plus…

— Tu sais comment il est ?

— Oui.

— Comment ?

— Gris, me répond-elle, et il a des poils abîmés parce qu’Eléanore le mâchouillait quand elle était petite.

Je repense à ce souvenir, l’ours était toujours fourré dans sa bouche et en effet, elle le mâchouillait avant de s’endormir.

— Comment est-ce que tu sais ça ?

Elle hausse les épaules.

— Tu l’as déjà vu ? insisté-je.

— Non.

— Alors comment sais-tu qu’il est gris ?

Je devine que Maud s’impatiente, elle ne va pas tarder à mettre fin à l’échange.

— C’est Eléanore qui me l’a dit, s’exclame Sarah.

— Quand ?

— Je ne m’en souviens plus, pourquoi ?

J’allais continuer, mais c’est le moment que Maud choisit pour me couper d’un geste avant de se tourner vers sa fille :

— Ma chérie, lorsque tu joues et que tu dis qu’Eléanore est avec toi, elle te parle ?

— Oui, je fais comme si elle était avec moi.

Elle fait comme si…

— Tu fais semblant ? lui demande sa mère.

— Oui, je n’aime pas jouer toute seule.

Je ne sais pas ce que je ressens… Qu’avais-je imaginé ? Sarah est comme moi, Eléanore lui manque, alors elle se la représente auprès d’elle.

— Ce que tu m’as dit sur Tweeny, insiste Maud.

— Qu’Eléanore voulait le retrouver ?

— Oui.

— Elle me l’a dit dans mon jeu.

— Mais tu m’as parlé de son oreille.

— C’est pour t’aider à le reconnaître si tu retournes chez elle, répond Sarah.

J’aimerais intervenir, mais je comprends que laisser Maud gérer sera plus efficace.

— Et comment sais-tu qu’il a l’oreille abîmée ?

Elle hausse de nouveau les épaules, avant de répondre :

— Je le sais, c’est tout.

— Eléanore te l’a dit dans votre jeu ?

— Je ne me souviens plus…

— D’accord ma chérie, s’exclame Maud en serrant la tête de sa fille contre elle.

Nous croisons nos regards, elle paraît désolée. Je ne lui en veux pas, Sarah n’a que sept ans, c’est normal qu’elle ait du mal à mettre des mots sur tout ça. Et je ne désespère pas qu’elle me parle encore d’Eléanore, qu’elle m’apprenne des choses sur ma fille.

En sortant du restaurant, Sarah se précipite de nouveau vers les jeux, quant à Maud et moi, nous nous installons sur l’un des bancs.

— Vous êtes déçu ? me demande-t-elle.

— Non. Je ne sais pas vraiment ce que j’espérais… Je crois qu’en réalité, Sarah imagine juste Eléanore avec elle, et je suis bien placé pour la comprendre.

— D’accord, seulement je n’arrive toujours pas à expliquer les précisions concernant l’ours, dit-elle.

— Eléanore lui en a peut-être parlé à l’école.

— Et elle s’en souviendrait autant, après deux ans ? Lorsqu’elle me l’a décrit, c’était comme si elle l’avait vu…

— Je ne sais pas, dis-je.

Elle pose sa main sur la mienne, me regarde d’un air désolé, mais c’est inutile, je me sens bien. Les quelques mots de Sarah sur Eléanore m’ont redonné espoir. Ma fille a un surnom, « El », je viens de l’apprendre, et je sais que Sarah aura bien d’autres choses à me dévoiler.

Nous continuons l’après-midi dans un parc et je m’étonne à en redouter la fin. Je passe un réel bon moment et ne me sens ni oppressé ni lassé par cette promiscuité avec Sarah et Maud. Si bien que lorsque cette dernière me propose de dîner chez elle, j’accepte sans la moindre hésitation.

Je les suis donc jusqu’à leur domicile et me gare près de la berline noire. C’est ma première soirée hors de chez moi depuis longtemps. La nuit tombe, j’ai une brève pensée pour la mélancolie qui attend mon retour et l’appel de Maud fait disparaître mes angoisses.

Je la suis jusqu’à son salon, elle vit dans une jolie maison moderne, le mobilier est chic et en adéquation avec la décoration. Alors que Sarah nous abandonne pour se précipiter vers un escalier, j’avance doucement, pas encore très à l’aise de me retrouver ici. Maud me débarrasse de ma veste et m’invite à m’installer sur le canapé. Je m’en approche, mais me contente de me tenir sur le rebord, tandis qu’elle disparaît dans une autre pièce. Lorsqu’elle revient, elle me sourit et tout en s’avançant vers moi :

— Vous ne voulez pas vous asseoir ?

— Je vous attendais, expliqué-je.

— Je ne pensais vraiment pas que vous accepteriez de venir.

Elle me saisit l’avant-bras et m’attire jusqu’au canapé. J’ai l’impression d’être un enfant, je n’aime pas ça et en même temps je sais que c’est nécessaire pour que je retrouve un semblant de vie sociale. Mais aussi, j’apprécie l’effet que Maud me fait. Pourtant je m’interdis d’y penser, je ne souhaite pas chercher à expliquer ce qui m’arrive, car des remords en découleront et je tiens à les faire attendre.

— Adam ? entends-je de derrière mon épaule.

Nous nous retournons tous les deux, Sarah me regarde avec un large sourire dévoilant l’inégalité de tailles entre ses dents juvéniles.

— Tu viens voir ma chambre ?

Je me tourne vers Maud, qui d’un sourire m’invite à suivre sa fille. Je monte alors les escaliers et arrive quelques secondes plus tard dans une chambre de fillette. Je ressens d’abord un vertige, j’ai l’impression que cette chambre me rappelle plus de souvenirs que celle d’Eléanore aujourd’hui. La vision de celle-ci me fait prendre conscience à quel point celle de ma princesse a perdu son âme, alors que celle de Sarah respire la vie. Cette chambre ressemble à ce que serait celle d’Eléanore si elle était toujours là…

— Tu veux que je te montre mes jouets ? me propose-t-elle.

J’acquiesce, puis la jeune fille me fait la présentation de ses différentes poupées. L’une se prénomme « El », et est blonde comme la vraie.

Je m’assieds sur le lit, elle s’arrête et me dévisage.

— Elle te manque ?

Je reprends une mine plus joyeuse, mais je devine à son regard qu’elle attend ma réponse.

— Oui.

— Alors pourquoi ne vas-tu pas la chercher ?

— Parce que ce n’est pas possible.

Sarah baisse les yeux, puis range ses poupées. Je reste à l’observer, avant d’entendre des pas s’approcher. Je me retourne et Maud apparaît dans l’encadrement de la porte.

— La visite est finie ?

Je regarde Sarah, elle acquiesce. Je me lève pour rejoindre la jeune femme et la suis jusqu’au rez-de-chaussée.

Le repas est agréable, Maud ne propose aucun alcool et bien que l’envie d’un verre se fait ressentir, je réussis à la contenir. La conversation tourne autour de Sarah, les enfants peuvent parfois servir à cela, à effacer la gêne ambiante entre deux adultes. Car je vois bien que Maud se retient, elle semble faire attention à tout ce qu’elle dit, de peur de me froisser ou de raviver chez moi des souvenirs douloureux. C’est du moins ce que je ressens en l’observant. Sarah parle de l’école, je cherche à l’interroger sur Célia, mais à ma grande déception, elle n’a pas beaucoup de souvenirs à me relater à son sujet. Et lorsque je tente avec Eléanore, la petite se referme comme une huître. Je comprends que je ne pourrais plus la faire parler et qu’on l’a suffisamment sollicitée pour aujourd’hui. Elle paraît épuisée, Maud lui conseille d’aller se brosser les dents et j’en conclus qu’il est l’heure de les remercier et de m’en aller.

— Vous ne voulez pas rester un peu ?

Je crois ressentir une réelle déception dans sa question, et n’étant pas tout à fait certain qu’il ne s’agisse de politesse, j’hésite.

— Le temps d’un café, ajoute-t-elle.

Alors j’accepte.

Maud m’invite à m’installer sur le canapé, avant de m’abandonner pour aller coucher sa fille. Elle revient après quelques longues minutes, je la regarde allumer la cafetière, puis préparer des tasses et il ne faut qu’une minute avant qu’elle ne les apporte, pleines.

— Ça a été ? me demande-t-elle.

Je l’interroge du regard.

— Vous avez passé une bonne soirée ?

— Oui, merci.

Elle me tend la tasse.

— Je suis contente que vous ayez accepté.

Je reste un moment à la regarder, ce qui finit par l’inquiéter :

— Ça va ?

Je dois la fixer trop intensément.

— Vous êtes vraiment très belle, dis-je.

Qu’est-ce qui me prend ?

Elle me sourit. Sa peau métissée ne me permet pas de voir si elle rougit, mais la bouffée de chaleur que je ressens me fait deviner que c’est mon cas.

Je me trouve trop proche d’elle, alors je m’écarte. Elle le remarque, cela se voit, néanmoins elle ne fait rien. Je termine mon café aussi vite que je le peux, je me brûle la gorge et ne laisse rien paraître. Puis lorsque ma tasse est enfin vide, je me lève. Maud ne paraît pas étonnée.

— Merci encore, dis-je.

— Je vous ai déjà retenu plus de temps que je n’aurais pu l’espérer, me répond-elle.

— Vous aviez pris ma veste…

— Ah oui, pardon.

Elle se rend dans la pièce voisine et en revient avec mon habit. Je l’enfile et la remercie encore, avant de sortir. Au volant, je ne comprends toujours pas pourquoi j’ai prononcé ces mots.

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

Sans Elles   20

20Il se passe trois jours. Je ne suis pas retourné chez moi car je sens que je perds l’esprit lorsque j’y suis, il me faut alors prendre mes distances. Est-ce une étape normale dans le processus du deuil ? Je n’en sais rien. Ce dont je suis certain, c’est que me morfondre chez moi est pour moi b

Sans Elles   19

19J’arrive à peu près à me sortir la dispute de l’esprit, mais pas les mots de Sarah durant son sommeil. Mon sac est dans mon coffre, ma voiture le long du trottoir, et moi dans ce café où j’ai invité Maud lors de notre premier rendez-vous. Je n’imaginais pas notre relation se terminer ainsi, pa

Sans Elles   18

18Je ne parviens pas à retrouver le sommeil, et lorsque le réveil sonne, ma décision est prise. Je ne parlerai pas de ce qui s’est passé à Maud, pas avant d’être certain de ne pas avoir tout imaginé. Je crains qu’elle me prenne pour fou, ou simplement que cela entache notre relation. Alors je fa

Sans Elles   17

17Ma vie prend une direction que je n’avais pas anticipée et est gratifiée d’une saveur que je n’aurais même pas osé espérer. Maud et Sarah deviennent toutes les deux mon quotidien, je les retrouve après mes journées passées à l’école, je dîne avec elles avant de rentrer dormir chez moi. Puis no

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