Carregando
Início/ TODOS /Sans Elles/12

12

Autor: 15210689748
"Data de publicação: " 2021-06-25 20:35:24
12

Marjorie arrive chez moi en milieu d’après-midi. Je suis sobre, ce qui représente un immense succès pour moi. Seulement cette première gorgée m’appelle, elle me fait de l’œil depuis que je ne vois plus Eléanore déballer ses cadeaux. Je me suis concentré et reconcentré, mais mon esprit n’en a rien à faire. Malgré tout, mes espoirs sont reboostés par ma vision de ce matin, car elle signifie que tout n’est pas perdu, et reparler de Célia va peut-être raviver tout ça.

Marjorie arbore sa tête des mauvais jours. Je la fais entrer, et elle s’installe aussitôt sur le canapé.

— Tu as l’air bien, me dit-elle.

Je sais cette description largement exagérée.

— Ça va, toi ?

— C’est Noël, je suis chez les parents là, donc tu te doutes que l’ambiance est un peu triste.

— Comment vont-ils ?

— Ils pleurent toujours leur fille.

— Et leur petite fille, ajouté-je.

— Oui, évidemment, se reprend-elle. Eléanore nous manque à tous. Mais c’est plutôt à moi de te demander comment ça va.

— Ça va.

— Vraiment ?

— Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Ça va autant que peut aller un homme qui passe son deuxième Noël depuis la mort de sa femme et de sa fille unique.

— En tout cas, je trouve que tu as meilleure mine.

Elle me paraît bizarre, distante, comme si elle se retenait de me dire quelque chose.

— Tu voudrais passer ? me demande-t-elle.

— Quoi ?

— Chez mes parents, tu viendrais dîner avec nous ?

— Ce sont eux qui t’ont demandé ?

— J’en ai parlé avec maman, elle aimerait.

— Et ton père ?

— Il n’a pas dit non, et je suis sûr qu’au fond ça lui ferait plaisir.

— Ce ne serait pas une bonne idée, dis-je.

— Pourquoi ?

— Parce que je ne suis pas « sortable », le soir. Je n’ai jamais passé une soirée ailleurs que dans cette maison depuis l’accident, et je t’assure qu’il ne vaut mieux pas que cela arrive.

— Je ne comprends pas… Tu te transformes en loup-garou ? me demande-t-elle avec un petit sourire forcé.

Néanmoins, j’apprécie la plaisanterie, que je considère être une jolie métaphore à mes états d’ébriété récurrents.

— Je te sers un café ?

— D’accord.

Je me rends dans la cuisine et m’étonne de me sentir mieux depuis l’arrivée de Marjorie. Sa présence me fait du bien. Elle apporte un peu de Célia, peut-être, ou autre chose… Tant pis si je ne l’explique pas, n’a d’importance que le résultat.

Je reviens avec les tasses encore vides, que je pose sur la table basse, pendant que la cafetière fait le travail.

— J’ai rencontré quelqu’un, m’annonce-t-elle.

— Ah, c’est bien, dis-je.

— Oui, je l’ai laissé chez les parents. Ce n’est que la troisième fois qu’il les voit, mais je me suis dit que tu préférais sûrement que je vienne seule.

Je ne réponds pas.

— Tu veux me parler ? reprend-elle.

— De Célia.

— Oui…

— J’ai l’impression que peu à peu, expliqué-je, mes souvenirs deviennent flous.

Elle me regarde d’un air concentré, alors je continue :

— J’aimerais que tu me parles d’elle, de ce dont tu te souviens… Si tu as des photos aussi, je voudrais rassembler le plus de choses possible afin de raviver mes souvenirs et me créer de nouvelles images de Célia. Pareil pour Eléanore, si tu as des photos, des anecdotes des quelques fois où tu l’as gardée…

— Adam…, m’interrompt-elle. Je comprends ce que tu cherches. J’ai pour ma part l’impression de ne plus me souvenir de la voix de Célia et ça me met hors de moi, alors j’imagine à quel point cette sensation doit être difficile pour toi. Mais demande-toi si ce n’est pas justement nécessaire.

— Quoi ?

— Tu ne les oublieras pas, jamais totalement, c’est impossible. Seulement si les souvenirs deviennent plus flous, c’est peut-être pour te rendre la vie moins difficile et la tristesse moins pesante.

— Non, tu ne comprends pas, Marjorie. La tristesse, je la garde. Je n’imagine pas un seul instant qu’elle puisse disparaître ni même s’estomper. Alors je me suis fait à l’idée de vivre avec, néanmoins, s’il y a bien une chose que je ne souhaite pas perdre, ce sont mes souvenirs. J’ai besoin de continuer de les voir, de continuer de les imaginer avec moi.

Malgré l’émotion je garde le contrôle, ma voix ne déraille pas.

— Je n’attends pas de toi une analyse psychologique, ajouté-je, je me sens soulagé lorsque je les vois, alors tout ce que je demande, c’est que ça ne s’arrête pas.

Elle pose sa main sur la mienne, puis se lève. Je l’observe, elle va récupérer la cafetière et revient nous servir.

— Je vais te faire des copies de mes photos, s’exclame-t-elle en se rasseyant. Maintenant, parle-moi de toi.

— Non, Marjorie. Si je t’ai demandé de venir, c’est pour que toi, tu me parles de ta sœur, de ce que je ne sais pas. J’ai besoin d’apprendre de nouvelles choses…

— Non, me coupe-t-elle, ce n’est pas de ça que tu as besoin, Adam.

— Marjorie…

— Non…

— Arrête ! m’énervé-je.

C’est le côté de sa personnalité que Célia ne supportait pas, sa façon de croire qu’elle sait mieux que les autres ce qui est bien pour eux.

Elle se lève et s’en va vers le couloir avant de se retourner.

— J’en ai marre ! crie-t-elle. Depuis deux jours, mes parents ne cessent de me parler de Célia, et quand je dis deux jours, je minimise les choses, parce qu’en réalité ça fait bientôt deux ans ! Alors je vais te dire les choses, Adam, moi aussi je suis triste, j’ai perdu ma grande sœur, seulement j’essaie de vivre. Mon petit ami est chez mes parents, et quasiment transparent à leurs yeux. Ma vie ne les intéresse plus, ils ne pensent qu’à leur première fille. Que je tente d’être heureuse, ils s’en foutent, ou pire, ils ne comprennent pas que je puisse vouloir l’être. Alors non, Adam, je ne te parlerai pas de Célia, car moi je désire désormais vivre mon présent et préparer mon futur. J’ai déprimé pendant un an et demi, sauf que je vais bientôt avoir trente ans et je compte bien me reprendre en main, maintenant.

— Je ne te reproche pas…

— Je ne dis pas que tu me reproches quoi que ce soit, me coupe-t-elle en baissant la voix, c’est juste que…

Elle n’arrive pas à terminer sa phrase, se rassied sur le canapé, et s’effondre en larmes.

— Je suis désolée, balbutie-t-elle, je suis en train de te hurler des choses qui ne te sont pas destinées, c’est à mes parents que je devrais dire tout ça.

Je lui pose la main sur l’épaule, ça fait un bail que je ne m’étais pas senti plus solide qu’un autre.

— Je ne supporte pas de penser comme ça, reprend-elle, c’est égoïste de ma part.

— Ne t’inquiète pas.

— Elle me manque à moi aussi…

— Je sais.

Puis elle me regarde, les yeux rougis.

— Je suis enceinte.

— Quoi ?

Je ne suis pas certain d’avoir bien entendu.

— J’ai fait un test, il y a trois jours.

— OK.

— Je ne l’ai dit à personne, je n’ai pas encore pris ma décision…

— Ton ami, qu’est-ce qu’il en pense ?

— Il n’est pas au courant.

Je commence à regretter de l’avoir fait venir, j’aurais dû lui demander par SMS ses photos de Célia et d’Eléanore, ça m’aurait évité cette situation bizarre. Je n’ai jamais été proche de Marjorie, en tout cas pas au point de devenir son confident.

— Ça ne fait que six mois que je suis avec lui, continue-t-elle, mais… disons qu’il a prouvé qu’il était sérieux. Je n’étais vraiment pas bien au début de notre relation, difficile à supporter, pourtant il a tenu le coup et m’a aidée à aller mieux.

Je lui ai demandé de venir pour me parler de Célia, et résultat, c’est moi qui l’écoute me parler de sa relation amoureuse…

— Je commence à me dire que si on décidait de le garder, ce n’est pas certain que les parents seraient heureux pour nous. Je crois qu’ils s’en ficheraient.

— Bien sûr que non, dis-je, ils adorent les enfants.

Ils adoraient Eléanore.

— Tu les verrais, ils ont perdu goût à tout.

Je me sens bien placé pour les comprendre.

— C’est n’importe quoi, reprend-elle, je viens te parler de ça, alors que je sais bien que tu t’en fous. C’est que… Célia et toi, vous étiez un exemple pour moi…

J’ai envie de lui souhaiter une meilleure fin, mais je m’abstiens.

— Dis-moi, reprend-elle, que veux-tu que je te raconte sur ma sœur ?

— Tu m’as dit que tu ne voulais pas en parler, alors on va commencer par les photos, peut-être que cela suffira. Tu en as beaucoup ?

— Pas beaucoup de récentes. Celles que j’aie, ce sont les moments de fêtes chez les parents, avec toi et Eléanore. Mais normalement tu les as aussi. Donc celles où tu n’étais pas là, elles datent d’avant votre rencontre, pour la plupart.

Donc pas susceptibles de me raviver des souvenirs… Je sens ma soif s’intensifier au fur et à mesure que ma désillusion grandit.

— Je vais regarder, ajoute-t-elle, et je vais en parler à maman.

— Merci.

— C’est normal.

Elle termine sa tasse de café.

— Et je suis désolée de tout ce que j’ai dit, tu me demandes de venir parce que tu as besoin de parler et c’est moi qui me plains… Célia disait toujours que j’étais égoïste.

— C’est vrai qu’elle disait ça, avoué-je en souriant.

— Oui, et elle avait raison. Je m’en rends compte qu’après coup, comme à chaque fois. Et le pire, c’est que j’arrive encore à trouver le moyen d’être jalouse de ma sœur, je suis vraiment irrécupérable.

Je rassemble les tasses, comme pour l’inviter à s’en aller, car j’ai de plus en plus envie de me retrouver seul.

— Ça va ton travail ? me demande-t-elle.

— Oui.

— C’est bien.

— Ton petit ami va s’impatienter.

— Ça permettra peut-être aux parents de comprendre qu’il est bien réel, répond-elle en souriant. En tout cas, je suis contente que l’on se soit revus.

— Moi aussi.

— J’aimerais recommencer à passer te voir plus souvent.

— Quand est-ce que tu penses pouvoir m’envoyer tes photos ?

— Eh bien tu vois, si tu le souhaites, je pourrai toutes te les apporter la prochaine fois que je viendrai, comme ça tu me diras celles que tu veux que je copie. Et puis ça t’obligera à m’ouvrir la porte.

Je souris par politesse. Marjorie s’approche et se serre contre moi.

— Ça va bientôt faire deux ans, murmure-t-elle, force-toi à reprendre goût à la vie.

Elle me fait une bise sur la joue, puis je la regarde enfiler sa veste et s’en aller. Lorsque sa voiture disparaît, je rejoins mon buffet pour y subtiliser la dernière bouteille.

Je ne bois pas beaucoup, ce qui m’étonne, car une fois lancé, j’ai habituellement du mal à m’arrêter. Je me contente cette fois d’un quart de bouteille, pas de quoi me rendre complètement ivre.

Je sors, j’ai besoin de prendre l’air, de réfléchir. Je fais d’abord le tour de la maison, ça ne me suffit pas, alors je m’engage sur le chemin. Je marche jusqu’au bois, que je parcours de long en large. Je pense à Célia, à ma fille, puis à Maud et Sarah, et au message que cette dernière voulait que sa mère me transmette. Cela réveille ma curiosité et je commence à me demander si Maud ne l’a pas fait exprès. Tester mon intérêt, j’imagine que cela peut tout à fait être son genre. Et de l’intérêt, cette fois j’en ai, c’est pour cela que je lui ai répondu. Je lui ai dit qu’elle pouvait me passer le message par SMS, mais elle a insisté sur le fait qu’elle ne le ferait que de vive voix. Alors ça devient en l’espace d’un instant une obsession, que peut-elle vouloir me dire ? Sarah parle à peine en ma présence, je semble l’intimider, et maintenant elle souhaite me dire quelque chose… Un rapport avec Eléanore ? Je l’espère, car mon intérêt est lié à cette hypothèse.

Puis je repense à Marjorie, à sa réaction que j’ai trouvée excessive… Elle a au moins eu l’effet de me faire me sentir mieux. Pour une fois que je ne suis pas celui sur lequel on s’apitoie.

Je reprends la direction de chez moi et y arrive en une quarantaine de minutes. Lorsque j’entre, et après avoir posé ma veste sur le dossier du canapé, je remarque que le voyant de mon téléphone clignote. Je le saisis sur la table basse et le consulte. Il s’agit d’un appel en absence, de Maud. Elle n’a apparemment pas laissé de message.

Je me décide à l’appeler et elle décroche quasiment aussitôt.

— Adam ?

— Oui.

— C’est gentil de me rappeler.

Je ne réponds pas.

— Je voulais savoir comment vous alliez, reprend-elle.

— Ça va. Et Sarah et vous ? Vous passez de bonnes fêtes ?

— Oui, très bien, je vous remercie.

Je me retourne et vois Célia. Elle est face à moi, elle prépare à manger. Était-elle là lorsque je suis entré ? Non, je l’aurais remarquée.

— Adam ?

Je n’ai pas eu besoin de me concentrer pour la voir. Je me tourne vers l’endroit où aurait dû à cette époque se trouver le sapin, Eléanore n’y est pas.

— Adam, vous êtes là ?

— Célia ?

— Comment ? s’exclame Maud dans le combiné.

Je me rends compte à ce moment que je suis toujours au téléphone, alors je raccroche.

Je réussis à faire quelques pas en direction de la table de la cuisine où Célia s’affaire à trancher des légumes. Elle lève la tête et me regarde, puis me sourit. J’en ai le souffle coupé.

Mon téléphone se met à sonner derrière moi, je me concentre pour ne pas y prêter attention. Je continue de m’approcher, je suis maintenant à moins d’un mètre de la table qui me sépare de ma femme. Elle cesse de trancher les légumes et me regarde.

— Chérie…

Ses lèvres remuent, elle semble parler, seulement je ne perçois aucun son.

— Chérie, répété-je.

Son sourire s’éteint, j’ai un mauvais pressentiment alors je fais les quelques pas qui me séparent d’elle, et à la manière d’un arc-en-ciel, elle disparaît à mon approche. Je me tourne sur moi-même, à sa recherche. Je veux qu’elle réapparaisse. Mon téléphone s’est arrêté de sonner, je me précipite vers notre chambre, puis dans celle d’Eléanore. Je suis de nouveau seul.

Want to know what happens next?
Continuar Lendo
Capítulo Anterior
Próximo Capítulo

Compartilhar o livro para

  • Facebook
  • Twitter
  • Whatsapp
  • Reddit
  • Copy Link

Último capítulo

Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

Sans Elles   7

7Plus le vendredi approche, plus je redoute mon rendez-vous avec Maud. J’annulerais notre rencontre si je le pouvais, seulement je ne connais pas son nom. Je peux probablement retrouver celui de Sarah si j’arrive de nouveau à fouiller dans les affaires de Célia, seulement je ne m’en sens pas cap

Sans Elles   6

6Ma maison ressemble à un grand capharnaüm, les affaires de Célia et d’Eléanore jonchent le sol de toutes les pièces. J’ai les yeux humides, mais je tiens le coup. Je m’allonge au milieu des vêtements de ma femme et reste là un bon moment, peut-être des heures. Je me rends ensuite dans la chambr

Sans Elles   5

5Aussitôt la rentrée effectuée, je comprends qu’il me faudra changer d’école. Je me dois de tourner la page, car mes collègues, comme les parents d’élèves, me regardent toujours telle une victime, comme l’homme qui se retrouve seul. Seulement j’aurais dû y penser plus tôt, je viens de me réengag

Sans Elles   4

4À peine une semaine avant la rentrée, alors que j’ai repris le chemin de l’école afin de la préparer, je croise une femme à l’entrée d’un centre commercial. Elle me regarde avec insistance, puis me sourit. Un sourire forcé, qui ne me semble pas naturel, pas de ceux que vous lancez aux gens que

Mais capítulos
Baixar o Livro
GoodNovel

Baixe o livro gratuitamente

Baixar
Busque o que quiser
Biblioteca
Navegar
RomancepuyuHistóriaUrbanLobisomemMáfiaSistemaFantasiaLGBTQ+arnoLdMM Romancegenre22- Portuguêsgenre26-Portuguêsgenre27-请勿使用Portuguêsgenre28-Português
Histórias Curtas
CéuMistério e suspenseCidade modernaSobrevivência apocalípticaFilme de açãoFilme de ficção científicaFilme românticoViolência sangrentaesperançasonhofelicidadePazAmizadeInteligenteFelizViolentoGentilPoderoso红安Massacre sangrentoAssassinatoGuerra históricaAventura fantásticaFicção científicaEstação de trem
Gêneros Populares
RomancepuyuHistóriaUrbanLobisomemMáfiaSistema
Entre em contato
Sobre NósAjuda e SugestõesNegócios
Recursos
Baixar AppsBenefício para EscritoresPolítica de conteúdoPalavras-chaveBuscas PopularesAvaliação de livroFanficFAQFAQ-IDFAQ-FILFAQ-THFAQ-JAFAQ-ARFAQ-ESFAQ-KOFAQ-DEFAQ-FRFAQ-PTGoodNovel vs Competitors
Comunidade
Facebook Group
Siga-nos
GoodNovel
Copyright ©‌ 2026 GoodNovel
Termos de uso|Privacidade