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28

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:35:29
28

La plage la plus proche ne se trouve qu’à une bonne heure de la maison. Cela nous permet de prendre notre temps au réveil, et d’arriver là-bas avant l’heure du déjeuner. Sarah est ravie, car bien que pas trop éloignés de la mer, nous ne nous y rendons jamais. J’y allais pourtant régulièrement autrefois, Eléanore et Célia adoraient ça.

C’est pourquoi je ressens un pincement en descendant de la voiture et en foulant le sable, mais cela se dissipe avec les rires de Sarah. Cette petite me fait beaucoup de bien. Et j’ai l’impression que sa joie de vivre est plus forte lorsque mon moral est au beau fixe, alors cela m’encourage à faire des efforts.

Maud et moi nous installons sur deux draps de bain, tandis que Sarah a déjà les pieds dans l’eau. Je regarde Maud du coin de l’œil, elle porte un maillot deux-pièces orange qui est à son avantage sur sa peau métissée, elle est magnifique. Je m’allonge sur le ventre et repense à sa déclaration de la veille. Imaginer l’avenir avec elle sereinement, cela me tente autant qu’elle. Et je me sens déjà reconnaissant de ce qu’elle a su m’apporter jusque-là.

— Tu me mets de la crème ? me demande-t-elle.

— Tu en as vraiment besoin ?

— Demain ta copine métisse sera devenue noire, si tu ne le fais pas.

— À ce point-là ?

— Tu veux faire le test ?

— Pourquoi pas ?

— Parce que moi je n’y tiens pas. Allez, s’il te plaît, Adam…

Je me relève et elle s’allonge sur le ventre. Installé sur ses fesses, je me dépêche de la recouvrir de crème pour rapidement me rallonger. Elle comprend ma gêne et rigole.

— Tu devrais plonger dans l’eau, ça refroidira tes ardeurs.

— Et je traverse la plage avec le caleçon en mode Obélisque ?

L’image la fait éclater de rire, car bien que l’on ne soit que le matin, il y a déjà foule sur le sable.

— Donc si je comprends bien, je ne peux pas compter sur toi pour m’en mettre sur le ventre et la poitrine ?

J’aime son assurance, elle sait l’effet qu’elle me fait et en joue.

La faim nous rattrape et nous ne restons qu’une heure à bronzer, avant de rejoindre la terrasse d’une brasserie. Voir les filles ici avec leurs lunettes de soleil me fait me rendre compte que Maud n’a pas parlé de partir en vacances. Je sais qu’elle est pourtant habituée aux voyages l’été, mais elle n’en a jusque-là même pas évoqué l’idée. Il est prévu que Sarah passe deux semaines chez ses grands-parents au mois d’août et c’est à cet instant que je comprends que Maud a dû prévoir cela pour sa fille faute de mieux.

— C’est à cause de moi si tu n’as rien prévu cet été ?

— Comment ça ? me demande-t-elle.

— Tu m’as dit que tu aimais bien voyager l’été.

— Oui.

— Mais là tu n’as rien prévu.

— Tu voudrais qu’on parte ?

— Non, pas moi.

— Pourquoi est-ce que tu me parles de ça, alors ?

— Je ne veux pas que tu t’empêches de profiter à cause de moi.

Elle sourit, comme si je faisais fausse route.

— Sarah va passer deux semaines chez mes parents.

— Oui, je sais bien.

— Eh bien, on ne sera plus que tous les deux.

— Oui…

— Alors j’ai hâte de voir ce que ça donnera.

— Pour le moment, je suis encore là, intervient Sarah, qui provoque aussitôt le rire de sa mère.

— Vous ne viendrez pas avec moi chez papi et mamie ? ajoute-t-elle.

Maud me fixe.

— Quoi ? demandé-je.

— Peut-être que tu pourrais m’accompagner pour déposer Sarah ?

C’est une étape à laquelle je ne me suis pas encore préparé, c’est pourquoi je suis aussi étonné qu’elle lorsque je réponds :

— D’accord.

Elle en reste sans voix.

— On pourrait aller à Disneyland ! propose Sarah.

Mais sa mère ne répond pas, elle me fixe du regard, sourire aux lèvres.

Je vais mieux, et elle le ressent.

Maud n’a pas lâché son téléphone durant tout le trajet du retour. Je la vois pianoter pendant que je conduis. Je ne lui demande pas avec qui elle échange, je me doute qu’il s’agit de Caroline. À moins que ce ne soit avec sa mère, pour lui parler de notre discussion du déjeuner. Sarah, quant à elle, dort à l’arrière. Sauter au-dessus des vagues semble l’avoir épuisée.

Lorsque nous arrivons, cette dernière a retrouvé toute son énergie et décide de continuer à jouer dans le jardin. Elle repousse l’invitation de sa mère à se doucher et disparaît dans des éclats de rire pour rejoindre la balançoire.

— C’est les vacances, dis-je, il n’y a pas le feu.

— Je sais, seulement c’est moi qui suis fatiguée, là.

Maud s’installe sur le canapé et je décapsule deux bières dans la cuisine. Je reviens dans le salon pour les lui présenter.

— Terrasse ? proposé-je.

Elle mime un effort surhumain pour relever ses cinquante kilos et me suit jusqu’à dehors. Nous trinquons en regardant Sarah jouer, et Maud pose sa main sur ma cuisse.

— C’est à Caroline que tu écrivais dans la voiture ? demandé-je.

— Oui, je dois l’appeler tout à l’heure. J’ai l’impression qu’elle a pris notre petite enquête très au sérieux.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Il semblerait qu’elle la passe en priorité, avant même son travail. Enfin c’est sûrement le fait qu’un prétendant à la présidence soit impliqué dans l’histoire.

Frédéric Fabre était Premier ministre lors de l’accident, mais il a démissionné depuis et s’est déclaré candidat aux prochaines présidentielles prévues dans neuf mois.

— Elle a trouvé quelque chose ?

— Je pense, même si elle n’a pas voulu me le dire par texto. Elle était occupée tout à l’heure et je ne voulais de toute manière pas l’appeler devant Sarah. Donc je le ferai ce soir.

Et c’est ce qu’elle fait, en ma présence cette fois-ci. Nous nous installons tous les deux sur le canapé et Maud pose le téléphone sur la table basse, après avoir mis le haut-parleur.

— Salut Adam, s’exclame Caroline.

— Salut.

— Donc je me suis renseignée sur l’existence ou non d’une autopsie, il semblerait qu’il n’y en ait pas eu de faite.

— Je peux demander à ma belle-sœur pour être sûr, mais c’est aussi le souvenir que j’ai.

— Non, ce n’est pas la peine. Quand je dis « il me semble », j’en suis en fait certaine.

Je regarde Maud, qui ne réagit pas.

— Maud m’a dit que Fabre était le premier arrivé sur les lieux, continue-t-elle.

— Oui.

— Cette info, je ne l’avais pas. Par contre, j’ai obtenu l’enregistrement de l’appel aux secours. C’est le chauffeur de Madame Fabre qui les a appelés, et ne me demandez pas comment je l’ai eu.

— Et qu’est-ce que ça donne ? demande Maud. Et comment tu l’as eu ?

— Ça ne donne rien de spécial, si ce n’est l’heure.

— Quoi ? l’interrogé-je.

— Il a appelé les secours à 10 h 17.

— Et ? demande Maud.

— Ça faisait dix-sept minutes que l’accident avait eu lieu, lui dis-je.

— Un peu moins d’après les infos que j’ai obtenues, intervient Caroline, le chauffeur a déclaré que l’accident avait eu lieu à 10 h 05.

— Il aurait donc attendu douze minutes pour appeler les secours ? s’étonne Maud.

— Je pense qu’il a appelé Frédéric Fabre en premier.

— Et comment est-ce qu’il a expliqué ce délai aux secours ? demandé-je.

— Ça, je n’en sais rien. Et pour dire vrai, je ne suis même pas certaine qu’il ait eu à s’expliquer. La présence du ministre sur place a dû leur faciliter le départ, car je sais qu’ils ont vite quitté les lieux.

Oui, ça je m’en souviens, ils n’étaient déjà plus là lorsque je suis arrivé.

— Donc tout ça pourquoi ? l’interrogé-je.

— Tout ça pour dire que ce sont eux que je dois questionner.

— Qui ? Le chauffeur ou le ministre ?

— Ou sa femme, ajoute Maud.

— Non, pas sa femme, réplique aussitôt Caroline, elle est sortie de la vie publique après l’accident. Aucun journaliste n’a jamais plus réussi à l’approcher. Par contre, son mari est plus facilement accessible depuis sa démission, donc je peux essayer d’obtenir une entrevue en tête à tête.

— Tu peux faire ça ?

— Ce n’est pas du tout sûr que j’y arrive, d’autant qu’il est plutôt conservateur et ne porte pas mon journal dans son cœur. Mais je vais tenter.

Caroline travaille pour un journal qui affiche clairement des idées de gauche, tandis que Frédéric Fabre est un homme politique bien ancré à droite, flirtant même souvent avec les extrêmes.

— Ce ne serait pas plus simple de parler au chauffeur ? demandé-je.

— Pardon pour le choix de l’expression, mais les chauffeurs, comme les gardes du corps, sont des tombes dans le milieu politique. Leurs postes dépendent de leur loyauté et de leur discrétion, donc je sais que je ne pourrai rien attendre du chauffeur de Madame Fabre ni de celui de son mari.

— Ni des gardes du corps s’il y en avait de présents, conclut Maud.

— Oui. Donc vous savez maintenant qui je vais essayer d’interroger.

— Et qu’espères-tu trouver exactement ? demandé-je.

Son silence me laisse penser qu’elle hésite à répondre.

— OK, dis-je, tu vas lui demander si lui et sa femme ont entendu ma fille hurler lorsque la voiture brûlait ?

Caroline reste muette et c’est Maud qui répond pour elle :

— Oui, c’est ce que nous voulons savoir.

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

Sans Elles   27

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Sans Elles   26

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Sans Elles   25

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Sans Elles   24

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