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15

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:35:25
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Ce matin, ni Célia ni ma princesse ne partagent mon petit-déjeuner. Mais ça va. La veille, je suis rentré surexcité et enjoué par cette soirée passée. Maud me fait du bien, et Sarah aussi, c’est indéniable. Évidemment, j’ai aperçu la mélancolie se pointer à mon entrée, mais je l’ai ignorée. Je me suis rendu directement dans ma chambre et me suis couché. J’ai tenu le coup et les appels de ma bouteille sont restés sans réponse.

J’ai pris beaucoup de temps à m’endormir, sans doute plusieurs heures. Je repensais à Maud, à ce que je lui avais dit. Ce matin, je ne regrette plus autant. Car après tout, lui dire qu’elle est jolie n’est que mettre en lumière une vérité, et ça n’a rien d’une quelconque déclaration de sentiments. Ma seule inquiétude va maintenant à l’interprétation qu’elle a pu en faire.

C’est jeudi, et la rentrée aura lieu mardi, j’ai hâte. Je n’ai rien de prévu pour les cinq prochains jours et il va falloir que je m’occupe si je ne veux pas retomber dans mes affres habituelles. Je consulte mon téléphone une énième fois depuis mon réveil, j’espère que Maud me proposera quelque chose, mais elle ne me donne pas de nouvelles.

Je deviens ridicule et je sais ce qui se passe : je m’accroche à la sensation de bien-être qu’elle me procure. Je dois me reprendre, si sa présence me permet de m’évader, il doit y avoir d’autres manières de le faire. Je laisse le bol d’Eléanore et ma tasse dans l’évier, je n’ai pas touché celle de Célia, je boirai son café en sortant de la douche.

*

Je choisis ce troquet car il se trouve sur le boulevard, je me suis dit que m’installer près de la fenêtre allait m’occuper, mais en réalité je m’ennuie. J’ai terminé mon café depuis une bonne vingtaine de minutes, et il n’est que 11 heures. Que vais-je faire ? Marcher, faire le tour du lac ? À quoi bon lorsque vous êtes seul ? Je m’interroge sur le mutisme de Maud. Elle m’a habituée ces dernières semaines à être plus avenante, et voilà que c’est maintenant moi qui attends de ses nouvelles. Je n’aime pas être comme ça, et c’est la raison pour laquelle je ne l’appelle pas. Mais je n’arrive pas à m’empêcher de me questionner sur sa réaction par rapport à la veille.

Aussi, lorsque mon téléphone sonne alors que je m’apprête à quitter le café, je réponds avec méfiance.

— Bonjour Adam.

— Bonjour Maud, vous allez bien ?

— Oui, et vous ?

— Bien.

Je pousse la porte et regagne le trottoir.

— Vous êtes dehors ? demande-t-elle.

— Je suis en ville.

— Ah.

Elle paraît surprise.

— Vous êtes peut-être occupé, reprend-elle.

— Non.

— Alors si vous êtes en ville, peut-être pourriez-vous passer prendre un café ?

— D’accord.

S’ensuit un silence, puis :

— Vous vous souvenez où j’habite ?

— Oui, bien sûr.

— Alors à tout de suite.

— À tout de suite.

Je la laisse raccrocher et fixe l’écran de mon téléphone. Nos voix trahissaient une gêne commune. Pour ma part, c’est à cause de ce que je lui ai dit avant de partir, mais pour elle ? Probablement la même chose.

Je retourne à ma voiture, et les deux minutes de marche pour me rendre jusqu’au parking me permettent de conclure que la retenue dans la voix de Maud et son invitation pour le café est due au fait qu’elle souhaite remettre les choses au clair. Elle doit craindre que je m’attache trop à elle, et va tenter de me le faire comprendre de manière appropriée…

Il va falloir que j’anticipe cela si je ne veux pas que ce moment soit humiliant pour moi, et échafauder plusieurs approches possibles.

Je retrouve le chemin de sa maison sans difficulté et me présente à sa porte.

— Bonjour.

— Bonjour, Maud.

Je n’attends pas et vais droit au but :

— Écoutez, par rapport à hier soir…

Elle s’approche de moi, pose son visage contre mon torse et ses mains sur mes épaules. Je reste comme pétrifié, au début je ne fais rien, puis je passe mes mains dans son dos. J’essaie de m’expliquer la raison de son geste, mais je ne connais pas encore suffisamment Maud pour être bien certain de la comprendre.

Je pense que ce moment dure une bonne minute, et lorsqu’elle relâche son étreinte, elle sourit.

— Vous allez bien ? demandé-je.

— Parce que je vous parais folle ?

— Non.

— Entrez.

Je ne remarque qu’à cet instant que nous avons dû refroidir son salon en laissant autant de temps la porte ouverte.

— Installez-vous, m’invite-t-elle.

Je la regarde s’échapper vers sa cuisine séparée du salon par un muret. J’entends des bruits provenant de l’étage et devine Sarah en train de jouer. Je pourrais peut-être me permettre d’aller l’observer, mais je ressens d’abord l’envie d’éclaircir le geste d’accueil de Maud. Je m’installe sur le canapé, plus à l’aise que la veille. La jeune femme revient, elle est habillée d’un jean foncé qui lui moule les jambes, et d’un chemisier à manches longues, légèrement échancré sur le haut. Elle s’assied près de moi et me fixe. Elle a l’air moins à l’aise que moi, cela change et c’est appréciable.

— Je voudrais vous dire, débuté-je, pour hier soir…

— Le fait que vous me trouviez jolie ?

Elle me lance un sourire moqueur.

— Oui…

— Ce n’était pas vrai ?

— Si.

— Ça m’a fait plaisir, me dit-elle, alors ne revenez pas sur ces mots, s’il vous plaît.

Je ne sais plus quoi dire, elle vient de faire s’écrouler mon échafaudage. Je la croyais mal à l’aise, apparemment je me trompais.

— J’espère ne pas vous avoir brusqué tout à l’heure, reprend-elle.

— Non.

— C’est que j’aime bien être avec vous, et je suis vraiment contente de vous revoir aujourd’hui. Alors même si ça n’en a pas l'air, je me suis retenue…, murmure-t-elle en portant sa tasse à sa bouche et levant les yeux vers moi.

La tasse reposée, elle reprend :

— Et si je vous avais embrassé ?

Je reste sans voix et mon manque de réaction lui provoque un éclat de rire. Elle paraît toujours vouloir gérer nos échanges et je la soupçonne de me troubler volontairement pour cela.

— Vous m’aviez dit ne pas chercher ce genre de choses avec moi, dis-je finalement.

— Vous avez raison, je vous taquine.

Elle joue de sous-entendus, elle voit que ça me déstabilise et s’en amuse. Je ne me sens plus du tout à l’aise, il faut croire que c’est comme ça qu’elle me préfère. Je saisis ma tasse et bois ma première gorgée.

— Est-ce que vous voulez déjeuner avec nous ? me propose-t-elle.

— Non.

Je réponds du tac au tac, perdant ma politesse au passage.

— Je vous ai froissé ? s’inquiète-t-elle.

Oui je suis vexé, pas par elle, mais par l’effet qu’elle me fait.

— J’ai juste besoin de réfléchir, expliqué-je.

— Je suis désolée, j’ai voulu user d’un peu d’humour, mais j’ai sûrement exagéré.

— Non, ne vous inquiétez pas.

Elle se rapproche de moi et je me relève. Elle en fait autant.

— Vous ne partez pas, hein ?

— Je…

— Non, s’il vous plaît, me coupe-t-elle, j’ai été idiote, je vous prie de m’excuser.

— Ce n’est pas vous, dis-je.

— Vous allez me dire « ce n’est pas vous, c’est moi », arrêtez, ça sent la rupture avant même que l’on ait débuté quoi que ce soit.

— Ce que je veux dire…

Elle s’approche encore et pose une nouvelle fois sa tête contre mon torse. Que cherche-t-elle exactement ? Je me laisse faire. J’aime la sentir contre moi. Seulement son parfum m’enivre et je sens une réaction incontrôlée, alors je m’écarte avant qu’elle ne la remarque.

— Asseyez-vous, me dit-elle d’un ton faussement autoritaire.

— Quoi ?

— Asseyez-vous, je veux discuter. Après vous partirez si vous le désirez, mais je tiens d’abord à ce que l’on parle un peu.

Je la regarde s’asseoir. Je suis libre de m’en aller, mais la rejoins.

— Je suis consciente que je vais trop vite, s’exclame-t-elle.

— Trop vite à quoi ?

— J’aimerais que vous vous dévoiliez davantage, car je me sens un peu perdue.

Ce n’est pas l’impression qu’elle me donne.

— Que voulez-vous que je vous dise ? lui demandé-je.

— Il y a un truc, non ?

— Un truc ?

— Entre nous. Je sens qu’il y a une attirance, même de votre côté. Seulement des fois j’ai l’impression qu’il faut vous forcer pour vous sortir de votre coquille, et d’autres fois je me dis qu’il faut au contraire y aller avec des pincettes. Alors j’ai besoin que vous me guidiez, là, parce que j’ai peur de tout gâcher.

Voilà, elle me met face à mes contradictions.

— Je suis marié, dis-je.

C’est la première chose qui m’est venue. Et son visage se referme. Elle reste muette, et paraît attristée par ma réponse. Pour autant, j’attends qu’elle parle, car je ne sais pas quoi ajouter.

— J’ai conscience que vous le serez pour toujours, murmure-t-elle enfin. J’imagine que lorsqu’un mariage est rompu aussi brutalement, vous restez marié à tout jamais.

Oui, je suis condamné à cela.

— Mais c’est en âme et conscience que j’insiste, reprend-elle.

— Comment ça ?

— Vous aimez votre femme et l’aimerez toujours, d’accord. D’ailleurs, je n’attends pas autre chose de votre part.

— Qu’est-ce que vous me demandez, alors ?

— Une place, ne serait-ce que pour un essai. Car j’en ressens l’envie et j’ai le sentiment que vous aussi.

— Je ne suis pas sûr de savoir ce que je veux, dis-je.

— Alors ne réfléchissez plus et laissez-vous aller. Seulement, dites-le-moi, si je fais quelque chose qui ne vous plaît pas.

Je ne réponds pas. Alors elle s’approche, jusqu’à poser ses lèvres sur les miennes.

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

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Sans Elles   39

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Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

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