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16

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:35:26
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Je fais ce qu’elle dit et me laisse aller. Maud ne fait que poser ses lèvres sur les miennes, rien que quelques secondes, puis se retire. Elle rouvre les yeux, je n’ai pas fermé les miens.

— C’est déjà une sacrée étape, dit-elle.

Et je ne suis pas certain qu’elle réalise à quel point.

— Vous acceptez de rester déjeuner ?

J’acquiesce. Elle saisit sa tasse de café, qu’elle serre entre les mains, et se laisse tomber au fond du canapé. Je prends la mienne et la porte à ma bouche, il a tiédi.

Je suis tout à coup envahi de remords. Non, nous n’avons rien fait, Maud n’a fait que poser ses lèvres. Il y a eu le mouvement, mais ni elle ni moi n’avons entrouvert la bouche au moment du baiser.

Maud reste à côté de moi sans rien dire, elle doit également réfléchir à ce qui vient de se passer, probablement le sentiment de culpabilité en moins.

Nous sommes coupés dans nos pensées par Sarah descendant les escaliers.

— Maman ? appelle-t-elle.

Puis elle paraît surprise de me voir.

— Salut Sarah.

— Bonjour…

— Tu veux me parler ? l’interroge sa mère.

— Eh bien… je voulais savoir à quelle heure on allait voir le papa d’Eléanore.

— Ah oui, s’exclame Maud à mon attention, j’ai demandé à Sarah au petit-déjeuner si elle était d’accord pour que je vous invite à passer l’après-midi avec nous.

Puis elle se retourne vers Sarah :

— Adam était en ville, alors je lui ai proposé de venir dès ce matin.

— OK.

— Vous souhaitez déjeuner ici ou bien au restaurant ? me demande la jeune femme.

— Je préfère ici.

— Alors vous m’aiderez à cuisiner !

— Et moi ? se propose Sarah.

— Plus on est de fous ! s’exclame la maman en se relevant.

Je les suis jusqu’à la cuisine et me laisse guider dans la préparation.

Je passe un excellent moment. Le déjeuner est agréable et convivial. Puis un jeu de société avec Sarah après le repas m’achève. Je me sens exténué, c’est en fait trop d’émotions pour moi et je ne m’y étais pas préparé. Alors je les remercie et les quitte juste avant 16 heures.

Une fois rentré, je m’affale sur mon canapé, attrape une bouteille et me sers un verre. Je me sens rapidement mieux. Car les heures partagées avec Maud et Sarah, aussi agréables fussent-elles, ont provoqué chez moi un sentiment d’oppression. Je me relève, saisis un « Sullivan » dans ma bibliothèque et commence à lire. Je le referme cinq heures plus tard. J’ai avalé les 140 pages d’une traite, en seulement trois verres. Je n’ai pas choisi son meilleur, celui que je préfère, je l’aurais récité de tête tellement je l’ai lu. Je me rends compte que c’est le premier livre que je lis depuis l’accident. J’en dévorais pourtant des tas, avant. Célia aussi. Nous nous installions tous les deux sur le canapé ou sur la terrasse selon la saison et nous passions des heures silencieuses, coupés de temps à autre par les allées et venues de notre princesse. Je me souviens la position de Célia, les jambes repliées, sa mèche de cheveux venant la gêner devant les yeux, qu’elle repoussait inlassablement et sans s’en rendre compte. Je me souviens que je la désirais. Je n’osais rien entreprendre tant que notre fille était dans les parages, mais aussitôt était-elle couchée, je me rapprochais de Célia et la caressais tandis qu’elle continuait de lire. Très souvent, elle venait alors poser sa tête sur mon épaule. Je lui embrassais le front, lui massais le cuir chevelu, la nuque, puis lorsque mes mains descendaient jusqu’à sa poitrine, elle m’embrassait à son tour et m’invitait à continuer dans notre chambre.

La vue de son corps nu me revient, également son odeur, je suis pris d’un puissant désir et d’une profonde tristesse à la fois. Je ferme les yeux et me mords la main jusqu’au sang. Je désire ma femme disparue, j’ai tellement envie d’elle…

*

Je me réveille dans mon lit, différent. Quelque chose a changé en moi, je le ressens. Je crois que je comprends en cet instant que je ne reverrai plus Célia et Eléanore. Des souvenirs pourront me revenir, néanmoins elles ne sont plus avec moi, plus présentes dans notre maison. Je ne prépare que mon bol, que je remplis de café. Je me sens triste et soulagé à la fois. Le soulagement est le fait que je me trouve moins fou, moins dépendant d’elles. J’ai bien conscience qu’elles ne viennent pas réellement de s’en aller, et que je ne faisais que les imaginer depuis 18 mois, mais j’ai l’impression d’être libéré d’un poids. Et en même temps je me trouve horrible de penser cela. Et le pire ne vient qu’après, lorsque sous ma douche je pense à Maud. C’est pire que tout, mon corps est excité et je m’en veux pour cela. Je ne fais rien, je me le refuse.

J’ai la veille désiré ma femme et aujourd’hui, j’en désire une autre. Je prends la décision de ne pas revoir Maud, pas jusqu’à la rentrée. Elle m’a conseillé de ne pas trop réfléchir, de me laisser aller, il faut pourtant que je fasse un point. Je suis conscient que je me pose trop de questions, ce n’est d’ailleurs habituellement pas mon genre, seulement j’ai des remords. Célia n’est partie que depuis 18 mois, et je trouve ce délai trop court pour m’attacher à quelqu’un d’autre.

Maud ne cherche pas à me joindre de la journée, et j’en suis soulagé. Ce n’est que le samedi matin qu’elle m’envoie un SMS pour me demander comment je vais. Je lui réponds et lui retourne la question. Elle me propose ensuite une sortie que je refuse. Je prétexte trois jours de travail pour préparer la rentrée de mardi, elle n’insiste pas.

Ces trois jours me paraissent très longs, je m’interroge sur ce qu’elle fait et sur la façon avec laquelle elle a interprété mon refus. Car elle ne me donne aucune nouvelle. Je veux plusieurs fois lui envoyer des messages, mais m’abstiens. Je dois faire le vide, je m’impose une cure de la jeune femme. Malgré cela, je ne parviens pas à la sortir de mes pensées.

Je continue de parler à Célia, mais de manière plus relâchée. Elle ne me répond pas, elle a définitivement quitté mon esprit. Le lundi matin je me rends à l’école, les autres professeures n’arrivent que l’après-midi. Elles sont ravies de leurs fêtes de fin d’année et je partage avec elles un café. Je ne parle pas, mais le simple fait de ma présence est déjà une grande avancée.

Passé 18 heures, tout est prêt pour le lendemain et le retour des enfants. Je rentre chez moi, heureux de cette reprise à venir. C’est arrivé à la moitié de mon chemin, que j’aperçois dans la cour la berline noire de Maud. Je me gare à côté et elle descend.

— Bonjour.

— Bonjour.

Je regarde l’arrière de la voiture d’un air interrogatif.

— Sarah est avec sa grand-mère, m’annonce-t-elle.

— Votre mère ?

— Oui.

— Elle est chez vous ?

— Elle est arrivée hier, elle reste jusqu’à demain.

Je ne sais pas pourquoi je l’interroge à ce sujet, peut-être seulement pour faire la conversation. Je tourne la clé dans la serrure et invite Maud à entrer.

— Je suis désolée de venir à l’improviste, s’exclame-t-elle.

— Il n’y a pas de souci.

Je l’invite à faire comme chez elle tandis que je range mes affaires. Lorsque je reviens dans le salon, Maud est assise sur le canapé.

— Vous attendiez depuis longtemps ? lui demandé-je.

— Je venais d’arriver. Enfin… non, pas exactement. Ça doit faire une trentaine de minutes pour être honnête. Au début j’ai frappé, sans trop y croire vu que je ne voyais pas votre voiture. Alors je suis retournée dans la mienne en me disant que j’allais attendre cinq minutes et m’en aller si vous n’arriviez pas. Puis j’ai repoussé de cinq minutes, et ainsi de suite.

Je souris.

— Je suis sûre que vous me pensez folle, continue-t-elle.

— Non.

Elle ne dit rien, alors je propose :

— Est-ce que je peux vous servir quelque chose à boire ?

— Oui, je veux bien.

Je sors deux grands verres à pied que je nettoie rapidement, car ils n’ont pas servi depuis un bout de temps et la couche de poussière est présente pour l’attester. Puis j’abandonne la jeune femme pour me rendre dans la cave, d’où je rapporte une bouteille de vin. Je pose les deux verres de bourgogne sur la table basse et Maud me gratifie d’un sourire.

— Est-ce que vous voulez que je vous prépare quelque chose à manger ? proposé-je en espérant qu’elle refuse, car je sais mes placards quasiment vides.

— Non, je ne vais pas rester longtemps, Sarah a école demain et je voudrais rentrer avant qu’elle aille se coucher.

Elle croise les jambes et je m’avance pour attraper les deux verres. Je lui donne le sien et nous trinquons. Je suis heureux qu’elle soit là et le fait qu’elle n’ait pas prévenu m’a épargné de stresser avant son arrivée.

— Sarah vous apprécie, s’exclame-t-elle après avoir reposé son verre.

— Ah oui ?

— Elle a bien aimé jouer avec vous.

— Moi aussi, votre fille est adorable.

— Oui. Vous êtes le premier homme qu’elle rencontre, autre que son père, j’entends.

— Comment ça ?

— Ce que je veux dire, c’est que depuis ma séparation, il m’est arrivé d’avoir des relations avec d’autres hommes, mais je n’en ai jamais présenté aucun à Sarah.

— Pourquoi me dites-vous cela ?

— Je ne voudrais pas que vous imaginiez qu’elle ait vu des hommes défiler depuis son père.

— Je n’ai pas pensé ça.

— D’accord.

Elle s’avance et ressaisit son verre, je l’observe.

— Je vous ai conseillé de ne pas vous poser trop de questions, reprend-elle, de laisser faire les choses. Seulement le comble, c’est que je n’arrête pas de m’en poser moi-même.

— Vous vous interrogez à propos de nous ?

— Oui, à commencer par la nature de notre relation. Je crois que c’est pour ça que je suis venue aujourd’hui, j’ai besoin d’avoir des réponses, ou de les sentir.

— Je pense que vous aviez raison, qu’il faut laisser les choses se faire d’elles-mêmes.

— Sûrement, sauf que j’ai peur.

— Peur de quoi ?

— Depuis jeudi, depuis que je vous ai embrassé, je n’arrête pas de penser à vous. Et je me dis que je vais tomber de haut si je me rends compte qu’il n’y a rien de votre côté…

Je ne réponds pas.

— Vous voyez, ajoute-t-elle, je me pose trop de questions.

Elle reprend une gorgée et s’enfonce au fond du dossier. Nous restons comme cela quelques minutes, silencieux. Puis Maud pose sa main sur la mienne.

Je ne bouge pas, je la laisse faire. Ses doigts caressent le dessus de ma main, puis mon poignet, et encore, je la laisse faire.

Je tourne finalement la tête, et vois qu’elle me fixe. Nos regards se croisent, mais son visage ne dévoile aucune expression. Alors je saisis sa main et l’attire vers moi. Elle se laisse porter par mon mouvement, ses yeux se retrouvent à quelques centimètres des miens, si bien que je sens son souffle contre mes lèvres. Sa respiration s’intensifie, ma main libre va se poser sous ses fesses et je l’attire encore davantage. Nous nous embrassons.

C’est différent de la dernière fois, le désir est là et il prend le pas sur notre retenue habituelle. Maud se repositionne, les cuisses de part et d’autre des miennes. Elle pose ses mains sur mes joues et m’embrasse plus intensément. Je n’en peux plus, ma tête me tourne, je la sens contre moi et j’ai l’impression que mon sexe va exploser. Je décide de ne plus penser, de laisser nos envies animales prendre le dessus sur les remords. Notre désir mutuel me guide rapidement en elle. Maud pousse un long soupir, puis sa respiration reprend un rythme normal. Elle me sourit, m’embrasse de nouveau, et pose ses mains sur mes hanches afin d’ accompagner mes mouvements. Mais déjà je ne ressens plus autant, j’ai un doute, et son regard confirme ma crainte.

— J’imagine que c’est normal, murmure-t-elle.

Je souffle, puis me retire doucement. J’ai joui après seulement quelques va-et-vient.

Maud se redresse et m’embrasse, elle a encore son pull, je me sens ridicule.

— J’ai aimé, me dit-elle.

— Ce n’est pas la peine de me dire ça.

— C’est vrai, insiste-t-elle. J’ai eu envie de ce moment et c’est arrivé.

C’est ma première fois depuis dix-huit mois, et j’espère que la longue période d’abstinence est la seule raison de cette précocité. J’attrape mon pantalon et me rassieds pour l’enfiler. Maud vient se coller à moi, dans d’autres circonstances j’aurais apprécié, mais là je sens qu’elle le fait pour me réconforter.

— Attends, dis-je en me relevant.

Je reboutonne mon jean et me tourne vers elle.

— Ça y est, me demande-t-elle, on se tutoie ?

Je ne comprends pas immédiatement, jusqu’à ce que je me répète mes derniers mots.

Je l’abandonne pour me rendre aux toilettes, et lorsque j’en sors, j’ai seulement le temps de la voir disparaître dans la salle de bains. Je retourne sur le canapé et attends son retour. Je me sens gêné de ce qui vient de se passer.

J’entends la porte de la salle de bains se rouvrir, et Maud réapparaît dans le salon. Elle vient se rasseoir près de moi, elle est encore en petite culotte. Ma gêne disparaît à cette vision. Elle saisit son pantalon et me regarde.

Je mets à exécution son conseil et me laisse aller. Je l’embrasse, ses lèvres, ses joues, son cou. Ma main se glisse sous son pull et elle m’aide à le lui retirer. Son débardeur part avec, elle est maintenant en soutien-gorge face à moi. Ma bouche s’attarde sur sa poitrine, elle se laisse retomber en arrière. Je descends jusqu’à son ventre. Sa peau a un goût sucré, addictif. Je lui retire sa culotte et elle me laisse faire.

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Sans Elles   Remerciements

RemerciementsNous y voilà, le fameux moment des remerciements.Alors je vais commencer par Eva, mon épouse, tu as lu Sans Elles, l’as relu, puis relu... Je sais qu’il s’agit pour le moment de ton préféré et j’espère réussir à t’en écrire un prochain que tu préfèreras encore.À Julia, tu me lis et me corriges depuis maintenant des années. Il est toujours difficile de se corriger soi-même et tu m’as encore une fois été d’une grande aide avec Sans Elles. Ton avis m’est toujours extrêmement précieux.À ma petite sœur Melody, pour ta participation dans la dernière lecture et à tes messages qui font chaud au cœur.À Ophé, sans toi ce roman ne serait probablement pas édité chez Inceptio. Tu as encore une fois su me convaincre.À Lysiah, encore une très jolie couverture à ton actif !À toute la family Inceptio, pour les superbes moments que nous passons ensemble.Puis à vous, lectrices et lecteurs. Merci de me suivre ou de me découvrir dans mes aventures littéraires. J’espère q

Sans Elles   41

41Plusieurs jours passèrent avant que toute l’affaire ne soit rendue publique. Ils ne furent pas si simples que je l’espérais. Eléanore pleurant celle qui avait été sa mère de substitution durant deux longues années, ainsi que Célia, sa maman, comme si elle ne découvrait qu’aujourd’hui qu’elle était réellement morte dans l’accident.C’est difficile de la voir souffrir. J’aimerais qu’elle soit toujours heureuse, au moins autant que je le suis de la retrouver. Seulement elle pleure sa mère comme je l’ai fait ces dernières années. Alors que c’est ensemble que nous aurions dû surmonter cette épreuve, je ne peux maintenant que compatir et la soutenir.Nous avons attendu quelques jours avant de faire revenir Sarah, et même après cela, il nous faut la tempérer afin qu’elle laisse Eléanore respirer et retrouver peu à peu une vie normale. Mais les voir jouer ensemble me fait fondre sur place. Maud suit cela avec distance, elle sait disparaître pour me laisser seul avec ma fille et apparaî

Sans Elles   40

40Nous arrivons devant le grand portail en fer forgé.— Et maintenant ? demande Maud.— On fonce, répond Caroline.C’est aussi l’idée que j’ai en tête. Les filles s’agrippent tandis que j’enfonce de toutes mes forces la pédale d’accélérateur. La voiture s’immobilise après avoir repoussé de seulement quelques centimètres les lourdes portes de métal et Maud se cogne violemment la tête contre le tableau de bord.— Continue ! crie-t-elle alors que du sang lui coule déjà d’une narine.Je l’écoute et enclenche la marche arrière. C’est à la troisième tentative que les articulations du portail cèdent enfin.Je stoppe la voiture devant la grande entrée et descends sans prendre le temps d’arrêter le moteur. Je cours jusqu’à la porte et la pousse, elle n’est pas verrouillée. Un homme se trouve là, dans le hall. Ce n’est pas Monsieur Fabre, j’en conclus qu’il doit s’agir de Christophe Mercier. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il déclare en m’indiquant l

Sans Elles   39

39Je laisse un message sur le répondeur de Maud pendant le trajet où je lui explique mes sérieux doutes suite à la déclaration de la femme de ménage. C’est quelques minutes plus tard que je vois qu’elle essaie de me rappeler, seulement j’arrive à la gendarmerie. Je la rappellerai.À mon entrée, je réclame aussitôt le commandant Vail. On me demande la raison et je réponds que j’ai une question urgente à lui poser. C’est le jeune homme de la dernière fois et il me reconnaît, aussi il n’insiste pas et s’en va prévenir son supérieur. Cette fois-ci, le commandant vient en personne à l’accueil.— En quoi puis-je vous aider ? me demande-t-il après les salutations d’usage.— Je voudrais faire appel à vos souvenirs concernant l’accident.Le gendarme paraît gêné, puis hésite quelques secondes, avant de m’inviter à le suivre.La porte de son bureau refermée derrière moi, il s’exclame :— Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé consulter le dossier.—&nb

Sans Elles   38

38C’est assez bizarre de me rendre chez quelqu’un que je ne connais pas afin de lui poser des questions. Caroline me déconseille d’avertir la personne de mon passage et de tout miser sur la compassion. Ce qui lui semble naturel par son métier est loin de l’être pour moi, mais je suis motivé et je m’interdis de repartir sans rien avoir appris.Il est 9 heures lorsque je frappe à la porte. Une dame âgée d’une cinquantaine d’années m’ouvre et me sonde de bas en haut.— Bonjour Madame.— Bonjour…Elle me regarde d’un air méfiant, craignant probablement un représentant.— Vous êtes Myriam Lafarge ?— Oui, je peux vous aider ?— Je pense que oui, je m’appelle Adam Weiss.Me présenter ne déclenche aucune réaction particulière de sa part, sinon celle de l’interrogation.— J’ai perdu ma femme et ma fille dans un accident de voiture il y a deux ans, peut-être vous souvenez-vous ?— Qu’est-ce que vous voulez ? me demande-t-elle.

Sans Elles   37

37Caroline part pour se rendre au manoir. Malgré mon insistance, elle refuse que je l’accompagne et je finis par me ranger à son avis. Elle a l’air de savoir ce qu’elle fait et semble avoir une idée derrière la tête qu’elle garde pour elle. « Restez ici jusqu’à mes nouvelles, vous avez besoin de parler un peu », nous dit-elle juste avant son départ. Tandis que je repense aux rêves de Sarah et à ce que pourrait être leur explication, Maud vient près de moi et m’embrasse.— Je ne t’en veux pas, me dit-elle, je comprends ce que tu as fait.— Non, j’ai agi trop vite. Je me suis laissé porté par mes angoisses et j’aurais dû répondre à tes appels, seulement je ne l’ai pas fait parce que j’étais tourmenté et que j’avais peur de m’emporter contre toi sans raison valable.Elle prend ma main et m’attire jusqu’au canapé.— Tu veux reparler des éléments du dossier, de ce que cela t’a fait de te replonger dans l’accident ?— Ça n’a pas été simple, expliqu

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