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Chapitre 9

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"Veröffentlichungsdatum: " 25.06.2021 20:03:25

Chapitre 9

« Les règles de la communauté sont édictées par le comité des Dix, regroupement de sages qui n’ont d’autre motivation que le bien commun. Chaque membre, en les respectant strictement, trouvera son propre épanouissement dans la recherche de l’intérêt général. »

Extrait du journal de Jonas Samson

Une grande effervescence règne sur l’île principale. Perdues au milieu de la foule, Analia et Shani attendent leur tour pour entrer dans le bâtiment central. Celui-ci a pour l’occasion la forme d’une immense soucoupe renversée et ses dimensions ont été recalculées afin de pouvoir accueillir tous les spectateurs. Les hôtesses virtuelles ne cessent de flotter dans tous les sens afin d’installer les participants en un minimum de temps. L’une d’elles s’approche enfin des deux adolescentes et les fait pénétrer à l’intérieur. Des rangées de gradins entourent une scène géante de forme cylindrique qui occupe le centre du bâtiment : Analia scanne son bracelet et l’hôtesse annonce « rang C, siège 30 » puis c’est au tour de Shani « rang J, siège 45 ».

— Ho non, j’aurais dû y penser, on est séparées, s’exclame Shani. Évidemment avec tous tes crédits, t’es au premier rang. Et moi, bien sûr, aux confins du lagon !

— Attendez, dit Analia à l’hôtesse, je cède ma place à quelqu’un d’autre. Laissez-moi m’asseoir avec mon amie.

L’hôtesse semble se figer quelques instants avant d’annoncer :

— Je peux accéder à votre requête puisqu’elle est inférieure à vos crédits. Veuillez énoncer à haute voix que c’est de plein gré que vous renoncez à user de votre privilège.

— Je renonce de mon plein gré à user de mon privilège.

— Veuillez me suivre, s’il vous plaît.

Elles montent en haut des gradins.

— Tu es vraiment ma meilleure amie, miss sacrifice. Je suis contente qu’on reste ensemble, mais à cause de moi tu verras moins bien le bel Idrian ! s’excuse Shani d’un ton moqueur.

— Ne t’inquiète pas, d’ici aussi je suis sûre qu’on va très bien voir.

— Tu sais pourquoi j’adore cette journée ?

— Laisse-moi deviner : parce qu’on n’a ni cours ni aucune sorte d’obligation ? propose Analia en avançant dans la rangée.

— Tu as tout compris ! avoue Shani avec un clin d’œil. S’il ne tenait qu’à moi, ce n’est pas une fois par an qu’on fêterait la création d’Eden Island, ce serait au moins… une fois par semaine ! Je trouve qu’on ne rend pas suffisamment hommage à notre très cher père fondateur ! Il mériterait plus de déférence, ce brave homme, c’est vrai, c’est quand même lui qui nous a offert cette vie de rêve ! T’es pas d’accord ?

— Si on t’entend parler de lui avec aussi peu de respect, tu vas encore perdre des crédits ! remarque Analia en soupirant.

Une fois le public installé, un podium sur lequel se tiennent plusieurs personnes apparaît au centre de la scène circulaire. Les plus hauts dignitaires de la communauté, ceux qui appartiennent au comité restreint des Dix, sont là en chair et en os. Les visages de certains sont familiers aux habitants, d’autres moins, cela dépend essentiellement des fonctions qu’ils occupent. Analia reconnaît notamment Yola 4 – une grande femme à la peau sombre et au crâne entièrement rasé –, qui est en charge du bien-être, et Yaol 6, un homme trapu et musclé, aux yeux très écartés, qui gère la sécurité de l’archipel. Eléa 2 s’avance vers le public et Analia cesse d’observer les autres membres pour se concentrer sur elle. Elle est vêtue d’une combinaison dorée qui semble épouser chaque courbe de son corps et ses cheveux blonds sont rassemblés en une couronne tressée de fils d’or qui entoure son visage sans défauts.

— Mes chers amis, merci d’être là, que la communauté vous protège, dit-elle d’une voix vibrante en levant les bras vers la foule.

— Et que nous protégions la communauté, répondent avec enthousiasme les spectateurs.

— En ce jour de célébration et avant le grand évènement que vous attendez tous, recueillons-nous quelques instants en hommage à notre père fondateur, Jonas Samson, dit Jonas Premier !

Un hologramme gigantesque apparaît alors au centre de la scène et la foule peut contempler pendant quelques minutes le visage d’un homme aux yeux très clairs qui semble fixer individuellement chaque spectateur assis dans la salle.

— Chers descendants d’Eden Island, seule mon image est encore parmi vous aujourd’hui. J’espère que le monde que j’ai créé à votre intention vous rend aussi heureux que possible. Mon ambition était grande : recréer le paradis d’où le premier homme et la première femme avaient été chassés. Recréer un monde où les hommes puissent vivre en harmonie dans un lieu paradisiaque épargné des misères du monde et de la folie de leurs semblables. Ce lieu, j’ai la fierté d’être parvenu à vous l’offrir. Vous êtes les élus ! Ayez à cœur, chers citoyens d’Eden Island, de préserver et d’entretenir toujours notre cher archipel pour vos enfants, les enfants de vos enfants et leurs lointains descendants. Que la communauté vous protège.

Son immense silhouette tourne encore quelques instants au son de l’hymne communautaire rejointe par des milliers de visages qui flottent à leur tour dans la salle.

— Rendons hommage aux premiers sélectionnés qui ont bâti avec lui notre communauté ! ajoute Eléa 2 en levant les bras vers les visages souriants qui lévitent au-dessus du public.

Les spectateurs communient longuement avec les figures issues d’un lointain passé, puis le corps gigantesque et les images de leurs ancêtres se distordent pour se métamorphoser en milliers d’oiseaux virtuels qui s’envolent majestueusement vers le dôme avant de disparaître. Au silence recueilli qui s’était établi dans la salle au moment de leur apparition, succède un tonnerre d’applaudissements. Eléa 2 reprend la parole :

— Je vous laisse maintenant profiter du moment que vous attendez tous et déclare ouvert le vingtième championnat de solar-surf d’Eden Island ! Je vous souhaite à tous de passer un excellent moment ! Que le spectacle commence et que le meilleur gagne.

Une onde d’excitation semble balayer la foule et les deux adolescentes vibrent à l’unisson. La salle est momentanément plongée dans l’obscurité puis l’océan se matérialise sur la scène centrale. C’est le bleu foncé de la pleine mer. Ils ne voient d’abord que la forte houle qui agite la surface de l’eau puis, peu à peu, de minuscules silhouettes apparaissent sur leurs planches. Les compétitions ont toujours lieu à l’extérieur du champ de force, c’est pourquoi les spectateurs ne peuvent être sur place. Seuls les surfeurs et les organisateurs sont transportés au-delà de la barrière.

Tous les coureurs, vêtus de combinaisons de couleurs différentes afin d’être plus facilement identifiés, sont maintenant alignés, épousant avec leurs planches la houle de l’océan. Le présentateur, engoncé dans une combinaison argentée qui le fait ressembler à un gros poisson frétillant, se tient sur un disque noir flottant à un mètre au-dessus de l’eau.

— Bonjour à tous, habitants d’Eden Island ! Notre compétition va commencer dans quelques instants et elle nous promet de beaux moments d’émotion, c’est moi qui vous le garantis ! C’est si excitant de se retrouver de l’autre côté de la barrière !

L’homme frétille tellement que le disque aérien sur lequel il se tient menace de chavirer.

— Ouh là, c’est plus facile de tenir sur une planche de surf que sur cet engin, croyez-moi ! Mais trêve de plaisanterie, je suis sûr que vous bouillez d’impatience de retrouver nos champions…

La caméra volante balaie tour à tour le visage de chaque coureur pendant qu’il donne leur nom et leur classement dans les compétitions antérieures. Un grand garçon blond vêtu d’une combinaison jaune apparaît sur l’écran.

— Vous apercevez maintenant Rem 736 qui s’est classé troisième l’année dernière, on l’applaudit bien fort, car même si on ne vous voit pas derrière la barrière, on vous entend !

Soudain, Analia voit apparaître Idrian vêtu d’une combinaison verte.

— Et maintenant, faites du bruit pour Idrian 58, notre champion de l’année passée !

Bien qu’il soit déjà concentré sur la course à venir, il prend le temps d’adresser un petit sourire et un signe de la main aux spectateurs. Analia a l’impression que c’est à elle seule que ce sourire est destiné. Elle repense à leurs rendez-vous secrets chaque après-midi après les cours. Ils se retrouvent près du centre de formation sous un saule pleureur dont les branches s’éclairent en fin de soirée comme des milliers de filaments lumineux. Quand il la croise par hasard au centre de formation, il se contente de lui adresser un petit sourire distant, mais elle sait que quelques heures plus tard, à l’abri des regards, elle sera nichée dans ses bras en train de lui parler ou de l’embrasser. Quelques instants volés qu’elle attend toute la journée. Pour le moment, même si elle espère que leur relation va s’approfondir et devenir en quelque sorte plus officielle, cela suffit à la rendre parfaitement heureuse ! Lorsque la caméra fait un gros plan sur lui, elle voit des gouttelettes dégouliner sur son visage et Shani n’aurait pu mieux formuler sa pensée en déclarant :

— Il est vraiment irrésistible ce gars, miss chanceuse !

Elle sent son pouls s’accélérer de façon désordonnée et éprouve une irrépressible envie de tendre la main vers son visage, même si elle sait pertinemment que ce n’est qu’une image.

— Pfff ! ça doit être encore à cause de tous tes voyants verts que tu as aussi droit au plus beau garçon de l’île ! Je veux le même, exige Shani.

— Applique-toi pour gagner des voyants verts alors ! répond-elle en faisant un clin d’œil à son amie. Tu vois, ça peut valoir le coup. Y a de sacrées récompenses à la clé !

— Ah quoi bon me fatiguer maintenant ? tu as raflé le plus beau ! Bon, je vais quand même regarder les autres de près, on ne sait jamais… Tu le trouves comment le grand brun en combinaison rouge ?

Mais la caméra est déjà revenue sur le journaliste qui, tout en s’efforçant à davantage d’immobilité, interviewe maintenant un des organisateurs. Ce dernier rappelle les règles de la course pendant que des arbitres vérifient que chaque planche est bien chargée d’une quantité égale d’énergie solaire.

— Il est impératif pour chaque joueur de savoir gérer son énergie à bon escient, déclare l’organisateur. Il faut savoir évaluer l’énergie solaire et la force des vagues.

— Alors on ne peut pas se contenter d’être un sportif, il faut donc aussi être un bon tacticien ? Un cerveau bien fait dans un beau corps musclé ? commente le présentateur en se tortillant, visiblement très satisfait de son trait d’esprit.

— Oui, c’est ce qui fera la différence. La stratégie ! La position sur la planche est également déterminante.

— Mais je vois que tout le monde est prêt, l’interrompt le présentateur peu désireux de le voir se lancer dans un discours technique trop détaillé, au risque de faire retomber l’intérêt des spectateurs. On n’attend plus que le top départ ! Je sens que ça va être une course magnifique !

Les coureurs, le corps cambré, se tiennent en ligne non loin de la barrière, prêts à foncer vers le large. Un grand bruit retentit et tous s’élancent. La houle particulièrement forte rend la course extrêmement difficile. Les vagues se succèdent avec des creux vertigineux. On voit les surfeurs se hisser un instant au sommet de la crête en un équilibre miraculeux avant de disparaître aussitôt derrière un mur d’eau. Un premier coureur chavire à l’approche d’une vague et est aussitôt éliminé. Les autres continuent en épousant tant bien que mal les brusques mouvements de l’océan. Même si quelques spectateurs souffrent d’une légère nausée, c’est un véritable plaisir de les observer surfer sur l’océan déchaîné. On les voit disparaître dans un rouleau puis ressurgir sur la crête de la vague.

La voix surexcitée du présentateur commente chaque mouvement. Des ovations s’élèvent dès qu’un concurrent parvient à dompter une vague particulièrement dangereuse, et chacun retient son souffle lorsqu’ils sont en difficultés. Peu à peu, trois coureurs commencent à se détacher des autres et la caméra zoome sur eux. Analia reconnaît immédiatement Idrian grâce à sa combinaison verte. Elle ne doute pas un seul instant qu’il va gagner. Un des trois coureurs du groupe de tête chute dans une vague. Il ne reste plus qu’Idrian et Rem, l’adolescent vêtu de jaune.

La ligne d’arrivée se profile à l’horizon et les cris d’encouragements redoublent dans la salle. Ils sont au coude à coude et aucun des deux ne parvient à prendre d’avantage décisif sur l’autre. Tous deux semblent littéralement voler au-dessus de l’eau. Les disques marquant la ligne d’arrivée ne sont plus qu’à une centaine de mètres quand tout bascule en quelques instants.

Les spectateurs aperçoivent plusieurs petites embarcations fonçant vers les surfeurs. Des cris retentissent, le présentateur lance un regard affolé à la caméra avant de sauter de son disque pour disparaître dans l’eau. Des hommes vêtus de noir au visage masqué se tiennent à l’avant des embarcations pointant leurs armes vers les coureurs et les organisateurs. Plusieurs détonations retentissent. Les forces de sécurité tirent à leur tour en poursuivant les bateaux qui se précipitent droit vers la barrière. Et soudain, alors que l’un d’eux fonce dans le champ de force, une impressionnante explosion embrase l’océan et la communication est instantanément coupée.

Il y a d’abord un silence stupéfié auquel succède un indescriptible brouhaha. Shani et Analia sont tétanisées, elles se tiennent l’une contre l’autre sans parler, aucune des deux ne se sentant capable dans un premier temps de formuler la moindre pensée cohérente, comme si leurs cerveaux refusaient d’assimiler ce que leurs yeux viennent de voir. Au bout de quelques minutes de confusion, le podium réapparaît. En son centre se tient Eléa 2 dont le visage ressemble à un masque dénué de toute émotion. Sa seule apparition semble momentanément calmer les esprits.

— Veuillez garder votre calme. Comme vous l’avez tous vu, malgré les mesures de sécurité prises autour de la course, l’impensable est arrivé : nous venons d’être attaqués. Par qui ? Pourquoi ? Nous n’en avons aucune idée pour le moment. Nous ne connaissons pas non plus le nombre de blessés ou de… morts. Nous vous prions de quitter la salle dans le calme et de rejoindre au plus vite vos unités d’habitation, nous vous tiendrons au courant dès que nous aurons de nouvelles informations. Les équipes de soin et de sécurité arriveront sur place dans quelques minutes. Bien entendu, compte tenu des récents évènements, la suite des festivités est annulée. Plus que jamais nous devons rester unis, vigilants et déterminés. Que la communauté vous protège.

— Et que nous protégions la communauté, ânonne la foule sans réelle conviction.

Le brouhaha apaisé, les gens commencent à se diriger en files disciplinées vers les sorties indiquées par les hologrammes. Ces derniers s’agitent dans tous les sens afin d’évacuer la salle au plus vite. Les deux adolescentes n’ont toujours pas bougé. Analia se dit que c’est un cauchemar dont elle va se réveiller, qu’un tel évènement ne peut s’être réellement produit, que leur communauté est à l’abri de toute violence. Une bulle protectrice où chacun se sent à l’abri de la sauvagerie du monde. Mais non, la violence brute, barbare, primitive vient de surgir inopinément au centre de la scène. Et ce ne sont pas de simples images. Il y a forcément plusieurs morts, pas loin, juste derrière la barrière.

— Idrian, murmure-t-elle en regardant Shani dans les yeux comme si celle-ci pouvait apporter une réponse à sa question muette.

— Je sais. Écoute, on ne va pas s’affoler tout de suite. Je suis sûre qu’il va bien, il était loin de la barrière au moment de l’explosion et je suis certaine qu’il a eu le réflexe de se jeter à l’eau en les voyant arriver. Tu sais ce qu’on va faire ? On ne va pas rentrer gentiment chez nous comme l’a demandé la dame, on va aller au centre de soins, c’est là qu’ils vont forcément les emmener. Et arrivées là-bas, on essaiera de se renseigner. Vu les évènements, ça m’étonnerait qu’ils prennent le temps de s’occuper de nous si on ne rentre pas directement.

Analia, après avoir hésité un bref instant à enfreindre les consignes, hoche la tête en signe d’assentiment. Elles se dirigent à leur tour vers la sortie, soudain pressées de se retrouver à l’extérieur, et traversent sans y prendre garde l’hologramme d’une des hôtesses d’accueil qui pousse un petit cri courroucé.

Il leur faut beaucoup de temps pour arriver au centre de soins : en raison du nombre important de personnes sur l’île ce jour-là, aucun véhicule de transport n’est disponible, ce qui les contraint à effectuer tout le trajet à pied. Elles croisent des passants qui rentrent chez eux, l’air préoccupé. L’hologramme d’Eléa 2 semble se répéter à l’infini pour exhorter les gens à regagner leurs cellules d’habitation. Les représentants des forces de sécurité surveillent les allées et venues, mais personne ne leur demande où elles vont. Quand elles parviennent enfin à pénétrer dans le hall du centre de soins, elles courent jusqu’au bureau d’accueil. Un hologramme féminin aux cheveux blancs à qui son concepteur a dessiné un visage particulièrement doux et avenant leur demande :

— Que puis-je faire pour vous aider ?

— Quelqu’un du nom d’Idrian 58 a certainement été emmené ici, on vient prendre de ses nouvelles, dit Analia.

L’hologramme l’invite à scanner son bracelet :

— Je suis désolée, vous n’êtes pas un visiteur autorisé. Je ne peux pas vous donner d’informations. Vous devez regagner votre unité d’habitation.

— Je ne veux pas le voir, je veux juste savoir s’il va bien, insiste Analia.

— Foutue machine, aucun circuit sensible ! intervient Shani. On veut juste que tu nous dises s’il est en vie ! Tu peux comprendre ça ?

— Je suis désolée, vous n’êtes pas un visiteur autorisé !

— Je vous en prie, implore Analia.

Les traits de l’hologramme se modifient sensiblement pour afficher une mine plus sévère :

— Vous ne devriez pas être ici. Je vais devoir signaler votre présence. Veuillez immédiatement regagner votre unité d’habitation.

— Que se passe-t-il ici ? Que voulez-vous ?

Les deux adolescentes se retournent d’un seul bloc vers la personne qui vient de les interpeller : une femme d’une extrême beauté qui les dévisage avec des yeux de glace. Tout dans son attitude respire l’autorité et le plus grand mépris.

— Nous voulons des nouvelles d’Idrian 58, je suis son… amie, dit Analia après un instant d’hésitation.

— Son amie ? Je suis Lorna 58, la mère d’Idrian, répond-elle froidement, et vous, vous devriez rentrer chez vous avant d’avoir des ennuis.

Analia la dévisage sans parvenir à déceler la moindre émotion dans les traits parfaits de son visage.

— Dites-moi seulement s’il va bien, je vous en prie, je n’en demande pas plus.

Le regard de la femme semble s’adoucir brièvement avant de se durcir à nouveau :

— Il va aussi bien que possible, mais je répète que vous n’avez rien à faire ici, vous avez enfreint les consignes. Partez avant que j’appelle la sécurité.

Sans un mot de plus, elle leur tourne le dos pour se diriger vers un couloir.

— Quelle horrible bonne femme, commente Shani ! Comment peut-elle se comporter ainsi après ce qui vient d’arriver à son fils ? On dirait un robot, elle n’a rien d’humain ! Pauvre Idrian, ça ne doit pas être marrant tous les jours avec une mère pareille ! Bon, on ne va pas se laisser impressionner, on va trouver sa chambre par nos propres moyens.

— Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée, réplique Analia encore déconcertée par l’attitude ouvertement hostile de la femme à son égard.

Shani se plante devant elle.

— Écoute-moi, miss « je suis le règlement à la lettre » ! Qu’est-ce qui est le plus important pour toi, là, tout de suite ? voir Idrian ou respecter ces fichues consignes ? Réfléchis vite !

— Je voudrais juste l’apercevoir pour être certaine qu’elle ne m’a pas menti et qu’il va bien. Après nous partirons.

— Ben voilà, ce n’est pas si compliqué ! Au moins, on ne sera pas venues pour rien. Viens, on va la suivre, elle finira par revenir dans la chambre de son fils.

Elles se faufilent dans les étages en la filant à une distance respectable. Par chance, alors qu’elle s’apprête à pénétrer dans une chambre, la femme est interceptée par un jeune médecin qui la prie de le suivre.

— Profites-en, je suis sûre qu’il est là, chuchote Shani, je t’attends en bas.

Analia hoche la tête avant de pénétrer sans bruit dans la pièce. Idrian est effectivement assis sur une couchette : il a le visage tuméfié et son bras gauche est entouré d’une attelle blanche qui le maintient plié. Le jeune homme, habituellement si sûr de lui, a l’air d’un petit garçon complètement perdu et désemparé. Quand il lève la tête et aperçoit Analia, il marque un instant de surprise avant de lui adresser une mimique en guise de sourire.

— Comment es-tu venue jusqu’ici ? Tu ne devrais pas être là, lui dit-il. Je ne veux pas que tu aies des problèmes à cause de moi. Pars avant qu’on ne te remarque.

Il venait de vivre un cauchemar, pourtant son premier réflexe semble être de la protéger. Soudain peu soucieuse des consignes, elle s’approche et s’assied à côté de lui sur la couchette. Devinant qu’il s’apprête à protester, elle met un doigt sur ses lèvres. Il la regarde avant d’entourer son épaule de sa main valide, puis ils restent l’un contre l’autre quelques instants sans parler.

— J’ai eu si peur, dit Analia en lui caressant les cheveux. Je voulais être sûre qu’il ne t’était rien arrivé de grave.

— J’ai eu de la chance. C’était affreux. Ils ont surgi de nulle part, les forces de sécurité qui se trouvaient là ne les ont repérés qu’au dernier moment. Les bateaux allaient si vite qu’ils n’ont pas réussi à les neutraliser à temps. C’est la première fois qu’ils voyaient un truc pareil, ils ont foncé droit dans la barrière, mais ils n’ont pas réussi à l’endommager. Elle a résisté à l’explosion, mais tout le monde ne s’en est pas tiré aussi bien que moi. Il y a des morts : Rem, Bernie, Jarom, Roban.

Analia reconnaît les noms que le présentateur a cités quand il a présenté les surfeurs. Il poursuit :

— D’après ce que je sais, plusieurs organisateurs sont morts aussi. Et des représentants de la sécurité. On ne connaît pas encore le nombre exact. Il y a beaucoup de blessés, aussi. Mon père m’a dit que tous les assaillants avaient été tués : ils devaient être une dizaine.

Pendant qu’il parle, il serre sa main en regardant au loin comme s’il revivait la scène.

— Mais c’était qui ? Qu’est-ce qu’ils voulaient ? Vous tuer ? l’interroge-t-elle.

— Ils pensaient peut-être que, comme il y avait des gens à l’extérieur, une partie de la barrière était désactivée… ou alors ils voulaient juste faire un attentat. Ils avaient une bombe. Ils savaient qu’il y avait des caméras et que tout le monde verrait ça. Une sorte de mise en garde. Je dis ça, mais en réalité, je n’en ai pas la moindre idée. En tout cas, ce dont je suis certain, c’est qu’ils voulaient nous tuer. Ils n’ont pas tiré en l’air, ils nous ont visés.

— C’est horrible ! Il y a de plus en plus de choses effrayantes, ces derniers temps…

Idrian hoche la tête. Elle noue ses bras autour de son cou et l’attire contre elle.

— Je n’avais jamais vu de morts, poursuit-il d’une voix hachée. Le corps de Rem était là à côté de moi, sur l’eau. Quand j’ai nagé vers lui, j’ai vu ses yeux grands ouverts. Quelques secondes auparavant, on était au coude à coude pour franchir la ligne et je ne souhaitais qu’une chose, c’est qu’il tombe à l’eau. Et l’instant d’après, il flottait sur l’océan, mort. Je n’arrive toujours pas à le croire.

Il marque une pause. Elle sent sa joue humide contre la sienne et l’enlace plus étroitement.

— Avant, on savait qu’il y avait de la barbarie, que des gens s’entretuaient, mais c’était…

— Loin, conclut Analia.

Il se tourne et la regarde :

— Tu ne devrais pas être là, mais je suis content que tu sois venue. Tout paraît si irréel… Pourtant, je sais que je n’ai pas rêvé, ajouta-t-il en montrant son bras emprisonné dans l’attelle.

— Quand j’ai vu les images, j’ai cru que mon cœur s’arrêtait, j’étais morte d’inquiétude, avoue-t-elle en caressant doucement sa joue tuméfiée.

— Et tu as enfreint le règlement juste pour me voir, ça veut dire que tu…

— Ça veut dire qu’elle est inconsciente ou qu’elle pense, pour une raison connue d’elle seule, être au-dessus du règlement, déclare péremptoirement la mère d’Idrian, revenue sans qu’ils se rendent compte de sa présence. Je suis désolée d’interrompre ce charmant tête-à-tête, mais cette jeune personne n’a absolument rien à faire dans cette chambre. Tu as suffisamment enfreint les consignes en venant ici au lieu de rentrer comme on te l’avait demandé, ajoute-t-elle à l’adresse d’Analia.

— Mais, maman, ce n’est pas sa faute. Elle était inquiète et voulait juste…

— Il n’y a pas de mais ! le coupe-t-elle d’une voix qui n’admet aucune discussion.

Puis elle reprend en poignardant Analia d’un regard bleu glacé :

— Elle est entièrement responsable de ses actes. Si chacun suit ses impulsions au lieu d’obéir aux ordres, c’est la fin de la communauté. Et ceci est d’autant plus valable en temps de crise !

Alors qu’Idrian semble réduit au silence, Analia se dit qu’il est grand temps de calmer le jeu.

— Je m’incline pour vous présenter mes excuses si mon comportement vous a offensée, déclare-t-elle en baissant la tête.

— Ce n’est pas moi que tu offenses, mais la communauté tout entière par ton comportement infantile et indiscipliné. Et c’est à la communauté que tu présenteras tes excuses.

Après avoir lancé un dernier regard à Idrian qui lui adresse un sourire désolé, Analia se lève et sort de la chambre. La mère de l’adolescent, qui l’a suivie, l’arrête quelques mètres plus loin dans le couloir.

— Il me semble nécessaire de faire une mise au point, même si elle est désagréable, déclare-t-elle froidement. Idrian fait partie d’une des plus anciennes familles de l’île, c’est un moins de cent donc, un jour, il en sera certainement un des dirigeants. Quand il a fait le choix de t’inviter pour le bal, je ne suis pas intervenue, car je me suis dit que c’était une lubie passagère, un caprice bien compréhensible à son âge, mais j’aimerais que tu évites de te faire des illusions. Ta précipitation à venir ici sans y avoir été conviée me fait craindre que tu aies mal interprété la situation. Même si ta famille et toi êtes irréprochables, vous n’êtes ni du même îlot ni de la même centaine que nous. La femme qui partagera sa vie sera forcément issue de la classe dirigeante et il peut certainement prétendre, vu ses qualités, à une moins de 20. Vous n’avez donc tout simplement pas d’avenir ensemble. Je préfère que les choses soient dites clairement dans l’immédiat, plutôt que de vous laisser vous engager dans une histoire qui ne peut que mal se terminer. Pour toi en particulier !

Elle prend un peu de recul et examine attentivement Analia comme un serpent prêt à engloutir définitivement sa proie :

— Tu sais pourquoi on vous enseigne encore des histoires de l’époque des Grandes Terres comme Roméo et Juliette ? Ce n’est pas pour vous faire rêver ou aiguiser vos importunes émotions d’adolescents, c’est juste pour vous rappeler que les agissements de deux écervelés peuvent mener à la catastrophe. Il me semble que tout est dit, conclut-elle avec un petit sourire satisfait, maintenant rentre chez toi et ne remets pas les pieds ici.

Sur ce, elle tourne les talons et retourne dans la chambre de son fils. Analia est tellement interloquée par l’agressivité de ce discours prononcé d’une voix basse et sifflante, qu’elle s’éloigne sans un mot dans l’interminable couloir blanc du centre de soins. Finalement, la vie ressemblait bel et bien à un conte de fées : il y avait des princes charmants, mais aussi de méchantes reines qui ne demandaient qu’à se transformer en sorcières. Si les pommes existaient encore, sûr que la mère d’Idrian lui aurait proposé d’en croquer une.

Malgré les paroles venimeuses qu’elle vient d’entendre, elle n’a plus qu’à espérer que tout se termine bien pour la gentille héroïne. Elle rejoint Shani dans le hall et elles parviennent, quelques minutes plus tard, à prendre un hydrobulle collectif. Alors que l’engin glisse doucement dans la nuit, Analia repense à tout ce qui s’est passé depuis ces dernières heures. Elle s’en veut de ne pas avoir pensé davantage aux autres personnes victimes de l’attaque. Mais comment pouvait-on lui reprocher de s’être précipitée auprès d’Idrian ? Certaines personnes comptent plus que d’autres. Elle connaissait peu les autres adolescents. Jamais elle n’avait imaginé non plus que la famille d’Idrian puisse constituer un obstacle entre eux. « Vous n’êtes pas du même îlot », avait dit sa mère. Cette phrase ne cesse de cogner dans sa tête. Il y avait les bracelets, bien sûr, qui donnaient plus ou moins de privilèges. Ça, tout le monde le savait et l’admettait. Il y avait aussi une immense barrière qui les séparait du reste du monde. Mais depuis quand y avait-il aussi des barrières invisibles entre les habitants des différents îlots ? Est-ce pour cela qu’Idrian ne s’approchait jamais d’elle en public ? Depuis qu’elle était toute petite, obéir aux consignes, faire ce qu’on attendait d’elle lui avait toujours semblé une évidence. Les règles étaient édictées par des sages qui n’avaient d’autre motivation que le bien commun. C’est pourquoi elles étaient rigoureusement respectées.

Pour la première fois, ce soir, Analia ne comprend pas. Pour la première fois, elle a l’impression que ce qui se passe n’est pas juste. En proie à des émotions contradictoires, elle pose sa nuque contre le siège en soupirant.

— Quelle affreuse soirée !

— C’est ma faute, c’est moi qui t’ai mise dans ce pétrin. Tu regrettes d’être allée là-bas ? l’interroge Shani d’un ton contrit.

Analia réfléchit quelques instants avant de répondre :

— C’est étrange. Depuis que je suis née, c’est la première fois que je ne respecte pas les consignes, du moins pour quelque chose d’important, et pourtant bizarrement… je n’ai aucun regret. Je devais aller là-bas.

Elle s’attend à une plaisanterie ou un sarcasme de la part de son amie, mais cette dernière demeure silencieuse, perdue dans ses propres pensées. En quelques instants, la vie semble avoir perdu beaucoup de sa légèreté.

— Regarde. On peut dire qu’ils n’ont pas perdu de temps, dit Shani en désignant le poignet d’Analia.

Celle-ci suit son regard et constate que, pour la première fois depuis qu’il est incrusté dans son poignet, six voyants sont devenus rouges.

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Eden Island   Chapitre 30

Chapitre 30« Adam et Eve vivaient dans le jardin d’Eden, un lieu d’harmonie où la souffrance et la peur avaient été bannies. Mais un jour ils prirent la mauvaise décision et Dieu, à son grand regret, fut contraint de les chasser. Ainsi en va-t-il de chaque citoyen d’Eden Island qui ne respecte pas les règles édictées pour le bien commun. »Extrait du journal de Jonas SamsonUn silence écrasant règne à l’intérieur du solavion qui poursuit sa course linéaire dans le ciel azuré. Aylan et Analia sont debout contre des plaques métalliques les empêchant d’effectuer le moindre mouvement. Le même pansement à leur poignet droit témoigne de l’extraction du bracelet. De part et d’autre des deux prisonniers se tiennent les jumeaux Argoz et Gozrek. Shani et Joao sont tous deux assis face à eux. Ils sont montés quelques minutes avant le décollage et aucune parole n’a été échangée depuis. Analia qui pensait ne jamais les revoir ne comprend toujours pas ce qu’ils font là, mais elle s

Eden Island   Chapitre 29

Chapitre 29« Chaque décision humaine est lourde de conséquences : lorsque nous faisons des choix constructifs, nous bâtissons de solides fondations sur lesquelles les générations à venir pourront s’appuyer pour édifier sereinement le futur. Inversement, lorsque nous prenons des décisions déraisonnables, nous léguons à nos enfants et petits-enfants un fardeau dont ils auront du mal à se débarrasser. »Extrait du journal de Jonas SamsonAnalia observe les personnes assemblées devant elle. Jamais auparavant elle n’avait vu d’aussi près le comité des Dix. Eléa 2 se tient au centre, quatre femmes sont à sa droite, cinq hommes à sa gauche. Tous sont vêtus d’une sorte d’uniforme d’un noir si profond qu’il semble absorber la lumière. Quelques-uns semblent très âgés bien que leurs visages aient sans doute été plusieurs fois lissés grâce à des injections d’algoplast. Certains la dévisagent avec une sorte de curiosité un peu dédaigneuse alors que d’autres affectent la plus

Eden Island   Chapitre 28

Chapitre 28« Qu’est-ce qui définit le vivant si ce n’est sa capacité à s’adapter à son milieu en établissant sans cesse de nouvelles normes vitales ? Contrairement à une croyance largement répandue, la matière ne doit pas être conçue comme le contraire du vivant, mais comme son réceptacle. Elle est susceptible d’accueillir le vivant permettant ainsi de repousser les frontières entre la vie et la mort. »Extrait du journal de Jonas SamsonAu premier abord, la pièce dévoilée par la paroi semble totalement vide. Eléa 2 ainsi que les jumeaux ont pourtant l’air d’attendre quelque chose dans la plus parfaite immobilité. Les quatre adolescents, toujours prisonniers du champ de force, essaient d’accommoder leur vision à l’étrange pénombre bleutée qui les entoure sans pour autant parvenir à discerner quoi que ce soit.Au bout de quelques instants, cependant, il leur semble que la paroi qui leur fait face commence à se déformer. Elle se plisse de manière imperceptible, on

Eden Island   Chapitre 27

Chapitre 27« L’éthique et la morale varient en fonction de l’époque et du lieu où on se trouve. Ainsi les critères qui opposent le bien et le mal se modifient-ils en fonction des aspirations et des besoins d’une société. »Extrait du journal de Jonas Samson— Jeunes, sublimes et… stupides !Analia entend vaguement ces paroles prononcées d’un ton méprisant. Elle ouvre douloureusement les yeux pour découvrir le magnifique visage d’Elea 2 penché à quelques centimètres du sien. Son cerveau est tellement embrumé qu’elle se sent incapable d’avoir la moindre pensée cohérente. Une succession d’images confuses se bouscule dans sa tête : les corps flottant dans l’espace, la voûte étoilée, la fraîcheur de la nuit, la douceur du vent sur son visage et le bateau qui se métamorphose soudain en prison. L’effroi le plus total. Puis le noir complet. Elle fixe le visage aussi parfait qu’impassible qui se penche vers le sien en essayant de rassembler ses esprits malgré l

Eden Island   Chapitre 26

Chapitre 26« Qu’il soit végétal ou animal, le vivant est, par définition, dans un perpétuel devenir ; il se transforme, s’adapte, évolue. En abolissant les frontières entre ce qui est créé par la nature et ce qui est fabriqué par la main de l’homme, l’algoplast a révolutionné notre rapport à la matière. »Extrait du journal de Jonas Samson— « Merci à toi pour cette vie harmonieuse. Merci à toi de nous protéger. Merci à toi de nous éduquer… » C’est ce qu’on récitait chaque matin en arrivant au centre d’apprentissage quand j’étais en première année, précise Analia d’un ton sarcastique, j’ai répété ça des centaines de fois, et tu sais ce que c’est le pire ? C’est que je le pensais, je croyais vraiment que Jonas Samson était notre bienfaiteur ! Remarque, j’aurais dû me méfier, une autre phrase qu’on nous répétait tout le temps était : « rien ne se perd, tout se transforme » en même temps qui aurait pu imaginer que ça s’appliquait a

Eden Island   Chapitre 25

Chapitre 25« Rien ne périt jamais : les choses déjà existantes, une fois arrivées à leur terme, et ce, quelle que soit leur nature, se combinent à nouveau pour donner naissance à la matière. Ainsi le concept d’écologie intégrale vise-t-il à supprimer toute forme de gaspillage. Le recyclage total est la préoccupation première des dirigeants afin de pouvoir subvenir aux besoins de chacun sans plus jamais risquer de mettre en péril les ressources de la planète. »Extrait du journal de Jonas SamsonAylan s’approche d’Analia qui regarde toujours fixement quelque chose en contrebas. Quand l’adolescent, intrigué, se penche à son tour pour découvrir ce qu’elle peut bien observer ainsi, son sang se glace aussitôt, ses jambes se ramollissent et il est contraint de s’appuyer à la balustrade pour ne pas s’écrouler sur le sol.Les immenses parois en contrebas sont recouvertes de voyants lumineux, de manettes et d’étroits tuyaux bleutés. Mais ce n’est pas cela qui retient tou

Eden Island   Chapitre 20

Chapitre 20« La sécurité à l’intérieur de l’archipel est en partie assurée par la conviction, profondément ancrée en chacun de ses membres, que le strict respect des règles établies est le socle fondateur de la communauté. »Extrait du journal de Jonas SamsonTous deux fixent Shani

Eden Island   Chapitre 19

Chapitre 19« Quelles que soient les circonstances, les élans dictés par l’émotion ne doivent en aucun cas prévaloir sur les règles fixées par la société sous peine de déséquilibrer l’ordre établi et de sombrer dans le chaos. »Extrait du journal de Jonas SamsonLorsqu’elles débarqu

Eden Island   Chapitre 18

Chapitre 18« Il suffit de partir du commandement de base : « Tu ne tueras point ». Aucune circonstance ne légitime une société civilisée à donner la mort par jugement. Les éléments devenus indésirables doivent toutefois être extraits rapidement du corps social afin de ne pas

Eden Island   Chapitre 17

Chapitre 17« Toute société a besoin de héros, car les héros sont les modèles qui insufflent à chacun le désir de se dépasser au profit du bien commun. »Extrait du journal de Jonas SamsonComme chaque jour, Analia emprunte le long couloir blanc qui mène à l’unité des soins intensif

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