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Chapitre 25

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:03:30
Chapitre 25

« Rien ne périt jamais : les choses déjà existantes, une fois arrivées à leur terme, et ce, quelle que soit leur nature, se combinent à nouveau pour donner naissance à la matière. Ainsi le concept d’écologie intégrale vise-t-il à supprimer toute forme de gaspillage. Le recyclage total est la préoccupation première des dirigeants afin de pouvoir subvenir aux besoins de chacun sans plus jamais risquer de mettre en péril les ressources de la planète. »

Extrait du journal de Jonas Samson

Aylan s’approche d’Analia qui regarde toujours fixement quelque chose en contrebas. Quand l’adolescent, intrigué, se penche à son tour pour découvrir ce qu’elle peut bien observer ainsi, son sang se glace aussitôt, ses jambes se ramollissent et il est contraint de s’appuyer à la balustrade pour ne pas s’écrouler sur le sol.

Les immenses parois en contrebas sont recouvertes de voyants lumineux, de manettes et d’étroits tuyaux bleutés. Mais ce n’est pas cela qui retient toute son attention : à l’intérieur de ces parois sont creusées des cavités en forme d’alvéoles légèrement phosphorescentes, occupées par de gigantesques bulles gélatineuses. Aylan sent ses mains trembler malgré lui quand il comprend la nature de leur contenu : chacune d’entre elles abrite le cadavre nu d’un homme ou d’une femme disposé en position fœtale. Vu la profondeur de la salle, il estime qu’il doit bien y en avoir plusieurs centaines. Avant qu’il ait le temps de totalement assimiler ce qu’il est en train de voir, une bulle se détache silencieusement de son alvéole pour se mettre à flotter souplement dans l’espace comme une sorte de méduse géante aux formes mouvantes. Elle contient le corps replié d’une jeune femme mince au crâne rasé qui semble emprisonnée dans cette matière informe et visqueuse. Comme mue par une main invisible, la bulle commence à onduler dans l’espace en subissant de légères distorsions pour venir se placer devant une machine semblable à un coquillage géant de forme spiralaire. Arrivée à ce stade, elle s’immobilise quelques instants puis commence à effectuer plusieurs tours sur elle-même à une vitesse de plus en plus rapide avant de se déformer pour être aspirée par la machine.

Les deux adolescents, complètement tétanisés, suivent du regard les tuyaux transparents qui sortent du côté opposé du mécanisme pour voir apparaître, quelques instants plus tard, une sorte de pâte grisâtre se déversant dans une immense sphère remplie d’algues brunes. Le tout est malaxé quelques instants à une vitesse inouïe avant qu’une nouvelle matière de couleur brunâtre en ressorte par un autre tuyau translucide. Ce dernier aboutit dans une sphère remplie de ce qui semble être des déchets agglomérés. La même opération recommence. Une pâte qui semble plus compacte sort de la machine puis passe dans plusieurs alvéoles sans doute destinées à la traiter. Devenue totalement blanche et parfaitement homogène, elle est recueillie dans de grands tubes transparents emportés hors de la pièce par un système de rails automatiques. Une fois l’opération parvenue à son terme, une autre bulle se détache à son tour de la paroi pour venir se placer face à la machine. Il n’y a aucune trace de présence humaine. Les appareils réglant ce ballet macabre et silencieux semblent en effet fonctionner en totale autonomie.

Aylan fait un effort surhumain pour réprimer la nausée qu’il sent monter du tréfonds de ses entrailles. Analia le fixe maintenant de ses pupilles dilatées par l’effroi sans paraître réellement le voir. Elle semble anesthésiée, comme si son esprit engourdi par l’horreur refusait de traiter les images que ses yeux lui envoient. Elle pressent cependant qu’ils viennent de découvrir fortuitement quelque chose d’énorme, d’atroce, d’épouvantable. Un monstrueux secret soigneusement caché à la population. Avant même d’analyser la scène qu’elle vient de voir, elle sait intuitivement que plus rien ne sera jamais comme avant.

Aylan pose une main glacée sur la sienne, elle retrouve dans son regard l’incompréhension effarée qu’elle éprouve elle-même, mais la boule d’effroi qui obstrue sa gorge l’empêche d’articuler la moindre parole. Dans la salle en contrebas, les bulles continuent à se détacher de la paroi à intervalle régulier et elle les suit du regard, comme hypnotisée par leur incessant mouvement. Elle entend qu’Aylan est en train de lui parler sans pour autant parvenir à comprendre le sens de ses paroles.

— On ne doit pas rester là, insiste-t-il en prenant ses mains pour tenter de les détacher de la balustrade.

Mais elle est figée. Complètement paralysée. Plus aucun muscle de son corps ne semble opérationnel. Ses doigts sont incapables de se séparer de la barre qu’elle serre avec une force telle, que les jointures de ses mains sont devenues blanches. Comprenant qu’elle est complètement tétanisée, il se positionne derrière elle et tente de détacher lentement ses doigts tout en lui parlant à voix basse.

— Je ne sais pas ce qu’ils fabriquent là-dessous, mais je suis certain qu’on n’aurait jamais dû voir ça, on est vraiment en danger maintenant. Il faut qu’on se tire d’ici vite fait. S’il te plaît Analia, lâche la balustrade, fais-moi confiance…

Quand il sent que ses mains se détendent et lâchent prise, il la force doucement à reculer tout en la tenant fermement dans ses bras, car il pressent qu’elle va s’écrouler sur le sol s’il s’éloigne d’elle.

— Analia, regarde-moi, je t’en supplie, il faut qu’on parte ! Tu es capable de courir ?

Elle hoche affirmativement la tête tout en lui lançant un regard égaré. Après avoir embrassé furtivement son front, il prend sa main et l’entraîne en sens inverse.

— Mille milliards d’hologrammes, mais qu’est-ce que vous fichez dans la Centrale ?

Le ton bourru de Nilo ! Jamais il n’a été aussi heureux de l’entendre !

— Nilo ! Je vous entends ! s’exclame Aylan qui se sent comme un naufragé à qui on vient enfin de lancer une bouée de sauvetage.

— Ne dis rien, la communication va très vite être coupée. Idriss a fait en sorte que je sois le seul à vous localiser, vous êtes invisibles pour les autres, mais ça va pas durer, crois-moi. Sors de là en vitesse ! Repars sur ta droite, ensuite deux fois à gauche et à partir de là il faut descendre tout le temps. T’as compris ? Dépêche-toi ! Laisse Analia, ils viendront la chercher…

— Nilo, il faut que je vous dise… là-dessous…

Mais Aylan comprend aux grésillements qui lui répondent que la communication est à nouveau rompue. Il suit à la lettre les instructions du vieil homme et parvient jusqu’à un escalier spiralaire qui descend à pic vers les tréfonds de l’océan.

— Passe devant, dit-il à Analia, s’assurant ainsi de la garder dans son champ de vision.

Il craint à chaque instant de la voir s’écrouler, mais elle s’exécute sans commentaire tel un robot programmé pour obtempérer. Elle essaie de concentrer tout son esprit sur chaque mouvement afin d’oublier momentanément l’effroyable spectacle auquel elle vient d’assister dans la Centrale. Descendre l’escalier. Marche par marche. Sentir la présence rassurante d’Aylan à ses côtés. Alors que tous ses repères viennent de s’écrouler, il est désormais sa seule boussole. Avancer avec lui sans penser à rien d’autre. Pourtant ces corps sans vie qui flottent dans l’espace semblent s’être imprimés sur sa rétine. Les éloigner de son esprit. Fixer l’escalier. Continuer à descendre. Marche par marche. Des gestes mécaniques et précis alors que tout son corps ne demande qu’à trembler. Respirer. Ne pas penser. Ne pas s’écrouler. Ne pas pleurer. Être efficace et rapide. Précise dans ses mouvements. Avec une seule obsession : atteindre le port, prendre le large et fuir le plus loin possible !

Au bout d’un temps qui leur semble infini, l’escalier s’arrête enfin et ils se retrouvent dans une sorte de tube transparent descendant en pente douce dans l’océan. Ils doivent avoir atteint une grande profondeur, car, hormis la lumière bleutée qui éclaire faiblement le couloir, l’environnement est plongé dans une obscurité absolue. Un monde glauque et inhospitalier en total contraste avec l’univers paradisiaque de la surface. Le boyau qu’ils ont emprunté finit par déboucher sur une pièce circulaire ressemblant à une immense pieuvre. En guise de tentacules, elle est dotée de huit couloirs pourvus de ventouses auxquelles sont collés des véhicules semblables à de grands œufs transparents.

— C’est le port, dit Analia d’une voix étouffée. Là, ce sont des hydrobulles, précise-t-elle en désignant les formes transparentes accrochées aux immenses tentacules s’enfonçant sous l’eau. Mon grand-père m’a déjà décrit cet endroit.

— Il n’y a personne ici ? s’inquiète Aylan. Ça doit forcément être gardé, un endroit pareil !

— Normalement, personne à part le personnel autorisé ne vient jusque-là ! Tout doit être automatisé. Comme dans la Centrale.

— Et c’est truffé de caméras bien sûr, constate Aylan en observant les parois. Je n’ai aucune idée de ce qu’on est censé faire maintenant. Nilo ? On a besoin de vous, murmure-t-il à voix basse comme une sorte de prière. Mais seul un silence abyssal lui répond. Pas le moindre grésillement pour lui donner un peu d’espoir !

Ils se tiennent au bout du couloir, plaqués contre la paroi, indécis. S’aventurer dans l’immense pièce sans avoir la moindre idée de la stratégie à adopter ? Ils restent ainsi, quelques minutes, le cœur battant, l’œil aux aguets.

— Il faut avoir une accréditation sur le bracelet pour ouvrir un des sas, remarque Analia d’une voix qu’elle s’efforce de rendre le plus calme possible. Peut-être qu’Idriss est parvenue à modifier le tien pour que ce soit possible.

— Si c’est le cas, je suis censé faire quoi ? Plaquer mon bracelet contre le premier sas venu et ça va s’ouvrir ?

— Il doit y avoir des détecteurs quelque part, mais je ne les vois pas, murmure l’adolescente en scrutant attentivement les branches qui partent de la salle. Il faut qu’on avance, je ne discerne pas les détails d’ici.

— C’est trop risqué, hésite Aylan. Dans le couloir, je ne vois pas de caméra, mais dès qu’on va avancer ils vont nous repérer immédiatement. Il ne faut pas bouger tant qu’on n’a pas de plan !

— Un plan ! ?

Analia hésite entre fondre en larmes ou partir d’un fou rire hystérique. Leur fuite s’apparente davantage à une série de soubresauts dus au hasard qu’à une évasion organisée et voilà qu’Aylan se met à parler de plan comme si tout cela avait été soigneusement planifié en amont. Elle pressent que d’un instant à l’autre, les forces de l’ordre vont apparaître dans le couloir, les hommes seront certainement plus nombreux et mieux armés que la dernière fois, leur seule option sera donc de se précipiter dans la salle en priant pour qu’un miracle leur permette d’ouvrir le premier sas venu. Elle se tourne vers son ami pour le convaincre d’agir immédiatement, mais il lui intime l’ordre de ne pas bouger.

— Attends.

La voix de Nilo résonne à nouveau dans sa tête de façon chaotique. Des interférences brouillent la communication.

— Premier couloir, sas numéro trois, bracelet, bouton bleu… libère Analia, tu as juré. Vite.

— Il veut que je te libère.

Elle le fixe quelques instants tout en s’emparant de son bras avec une force inouïe.

— Nilo ignore ce qui s’est passé. Il est hors de question que je reste ici, pas après ce que j’ai vu, énonce-t-elle d’une voix étrangement calme. Inutile de discuter ! Je viens avec toi ! On n’a pas de temps à perdre !

Elle le voit hésiter une fraction de seconde, puis il hoche la tête comme si elle venait d’énoncer une évidence. Il prend fermement sa main dans la sienne avant de s’engouffrer en toute hâte dans la pièce. Il bifurque dans la première branche en hurlant « sas numéro 3 ».

— Là, dit Analia, en montrant le chiffre gravé en bas de la porte.

Aylan s’arrête, hésitant devant le montant. Elle lui indique le détecteur, quasi invisible, incrusté au centre. Il plaque son bracelet dessus et la paroi coulisse aussitôt pour leur permettre de pénétrer à l’intérieur de l’œuf transparent avant de se refermer derrière eux. Il y a deux sièges sur lesquels ils prennent place. Ces derniers s’adaptent immédiatement aux contours de leurs corps afin de leur offrir une assise optimale. Aylan observe le tableau de bord en essayant de réfléchir aussi vite qu’il le peut. « Bouton bleu » a dit Nilo. Dès qu’il le repère, il le presse et sent que l’hydrobulle se détache silencieusement de la branche. L’appareil prend ensuite la direction du large. Le tableau de bord sous leurs yeux leur permet de suivre sa trajectoire.

— Idriss et Nilo ont dû prendre la main, ce sont eux qui nous dirigent vers le large, dit Aylan encore sous le coup de la surprise. Idriss est un véritable génie ! ajoute-t-il d’un ton admiratif.

Ils avancent maintenant dans les eaux sombres de l’océan sans avoir le moindre repère visuel.

— Ils vont nous laisser sous l’eau jusqu’à ce qu’on dépasse la barrière, suppose Analia.

Aylan hoche la tête en signe d’assentiment.

— Je ne sais pas où on va, mais ce qui est certain, c’est qu’il faut qu’on s’éloigne d’ici le plus rapidement possible !

— Et après ? Qu’est-ce qu’on va faire ? interroge Analia presque pour elle-même.

En quelques jours à peine, tout ce qui constituait son univers a disparu ! Sa vie ressemble soudain à une gigantesque explosion qui semble ne pas vouloir s’arrêter ! Mais elle n’est pas seule. Elle imagine qu’Aylan est aussi déstabilisé qu’elle par ce qu’ils viennent de vivre ces dernières heures.

— C’est déjà un miracle qu’on soit là ! répond-il en ébauchant un sourire. Pour le moment, on va vers le large, on dépasse la barrière, on remonte à la surface et après on avisera.

Il se tourne vers elle pour caresser sa joue.

— Je suis terriblement désolé… rien n’aurait dû se passer ainsi. C’était stupide et irresponsable de ma part de te laisser m’accompagner. J’aurais dû te laisser en dehors de tout ça. Je t’ai arrachée à ton monde, je t’ai mise en danger. Je ne pourrai jamais te dire à quel point je suis navré, répète-t-il.

— Tu es désolé de quoi exactement ? De m’avoir ouvert les yeux ? De m’avoir montré la face cachée d’Eden Island, l’envers de mon petit paradis ? demande-t-elle tout en tentant tant bien que mal de maîtriser ses larmes.

Elle presse sa main dans la sienne avant d’ajouter :

— C’est sûr, ce n’est pas beau à voir. Le moins qu’on puisse dire est que tout mon univers vient de s’écrouler… mes parents d’abord… mais finalement c’est rien à côté de… ça ! Je ne sais pas ce qu’ils vont faire quand ils vont découvrir qu’on sait…

— Qu’on sait quoi exactement ? Qu’est-ce qu’ils fabriquent là-dessous, nom d’un chien ? interroge Aylan.

Avant de lui répondre, elle s’efforce de surmonter son dégoût pour se remémorer la scène aussi précisément que possible. Les corps aspirés par la machine. Les algues, les déchets. Le liquide gélatineux qui sortait à l’arrière et devenait de plus en plus blanc et compact au fur et à mesure qu’il passait dans les tubes.

— La matière qui sort des tubes à la fin, c’est de l’algoplast. On nous a souvent montré des reportages sur sa fabrication au centre d’apprentissage. À ceci près que, dans les images qu’ils montrent au public, ils ont volontairement sauté une étape du processus.

Elle s’arrête, écrasée par l’ampleur de ce qu’elle s’apprête à formuler.

— Ce qu’ils ont omis de vous dire, c’est que la chair humaine est une des composantes de l’algoplast, termine Aylan à sa place. Ce qu’on vient de voir, c’est… le ventre de l’ogre !

— Oui, Eden Island est une sorte d’ogre… un ogre qui dévore la chair de ses propres enfants, ajoute Analia d’une voix blanche comme si elle ne pouvait croire elle-même aux mots qu’elle est en train de prononcer.

— Et les cadavres sont un véritable réservoir de matière première, conclut Aylan d’un ton lugubre.

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