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Chapitre 6

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"Veröffentlichungsdatum: " 25.06.2021 20:03:23

Chapitre 6

« Si un élément particulièrement remarquable est détecté, une internalisation peut être envisagée, à condition que le sujet vienne seul et qu’il accepte sans aucune réserve toutes les règles de la communauté. »

Extrait du journal de Jonas Samson

— Tu devrais quand même prendre le temps d’y réfléchir, conseille Oren d’une voix calme.

— C’est tout réfléchi, pas un seul instant je ne pourrais imaginer partir sans Anna et Louna, répond fermement Aylan.

— Je pourrai veiller sur elles, tu sais… et elles seraient à l’abri du besoin.

L’homme et l’adolescent marchent sur la plage de sable noir. Ils aperçoivent au loin des pêcheurs en train de ravauder leurs filets qui les saluent de la main. Les derniers rayons du soleil couchant embrasent l’horizon, de telle sorte que l’océan tout entier semble ensanglanté. Depuis que le bruit de la proposition faite à Aylan s’est répandu dans le village, tout le monde semble avoir un avis sur le sujet. La plupart, bien sûr, pensent qu’il devrait accepter. Sa propre mère le pousse à le faire malgré le chagrin que ne manquerait pas de lui causer cette séparation. Joao n’imagine pas un instant qu’il pourrait refuser et même Oren semble partager cet avis. Aylan semble être le seul habitant du village à n’avoir pas la moindre envie d’aller là-bas.

— La vie est dure ici, mais je suis avec ma famille, mes amis, personne ne me dit ce que je dois faire et j’ai le sentiment d’être libre. Là-bas…

— Là-bas, tu pourras t’entraîner dans des conditions optimales, tu pourras t’instruire et comme il te l’a dit, tu auras accès à des choses dont on ne connaît même pas l’existence…

— Pourquoi me pousses-tu à y aller ?

— Je vais être franc avec toi : ils se sont engagés à nous fournir des denrées alimentaires et des médicaments, peut-être même des armes pour nous défendre…, répond Oren sans détourner le regard.

— Mais c’est du chantage ! s’insurge Aylan en lançant une pierre dans l’océan.

— Non, c’est le marché qu’ils ont proposé. Je te dis les choses telles qu’elles sont. Ce sont eux qui ont les cartes en main. Pas moi ! constate Oren d’un ton philosophique.

— Ils m’achètent, en quelque sorte ?

— Je pense qu’on peut le dire comme ça. Il y a des tas de garçons, ici, qui se précipiteraient à ta place.

— Pas de chance, le monde est vraiment mal fait. Il fallait que ce soit à moi qu’ils fassent cette proposition. Tout le monde a l’air d’avoir envie d’aller là-bas sauf moi !

Oren lui met la main sur l’épaule.

— Tu sais, je comprends ce que tu éprouves. Bien sûr, en tant que responsable du village, ça m’arrangerait que tu y ailles. De la nourriture, des médicaments et des armes en plus ne seraient pas du luxe, mais si j’étais à ta place…

Un sifflement violent interrompt brutalement leur discussion.

— C’est l’alerte, crie Oren soudain sur le qui-vive, il se passe quelque chose.

Plusieurs coups de feu se font entendre et, sans plus réfléchir, ils s’élancent en direction du poste de garde le plus proche. Quand ils arrivent, ils découvrent les deux hommes étendus sur le sol, face contre terre. Oren se penche et tourne l’un d’entre eux :

— Morts tous les deux, on les a attaqués au couteau et on a pris leurs armes.

Ils reprennent leur course vers le village au milieu du paysage aride écrasé de soleil. En s’approchant, ils entendent des cris et voient de la fumée qui s’élève vers le ciel. Alors qu’Aylan continue de courir à perdre haleine, il sent soudain la main d’Oren sur son bras. Ce dernier le tire sans ménagement derrière un rocher.

— Attends, il faut s’arrêter, ça ne servira à rien d’arriver au village comme ça. Il faut comprendre ce qui se passe, voir combien ils sont…

— Il faut que j’aille chez moi ! dit Aylan en tentant vainement de se dégager de son emprise.

— Attends, j’ai dit. Suis-moi et ne discute pas.

L’ordre est presque chuchoté, mais l’autorité qui se dégage de sa voix est telle qu’Aylan lui obéit sans broncher. Ils se glissent derrière les rochers et escaladent une butte qui leur permet d’avoir un point de vue sur le village. Plusieurs maisons sont en feu, des silhouettes fantomatiques avancent sur la place avec des mouvements désordonnés. Des hommes pour la plupart, quelques femmes aussi. Des étrangers. Tous d’une maigreur extrême. Certains sont armés de fusils, d’autres tiennent à la main des sortes de lances en bois qu’ils agitent frénétiquement. Tous se déplacent étrangement, comme des animaux aux aguets. Les habitants du village, terrorisés, ont dû pour la plupart se terrer chez eux, mais ils aperçoivent plusieurs corps gisant sur la terre orangée. Certains ont dû être pris par surprise sans avoir le temps de se défendre ou de fuir. Aylan a l’impression qu’il va vomir, mais il s’efforce de rester parfaitement immobile tant qu’Oren ne lui donne pas l’ordre de bouger. Il constate que sa propre maison, un peu à l’extérieur du village, semble encore intacte. Mais comment être sûr que Louna et sa mère sont en sécurité ? Il sent son ventre se contracter et l’envie de vomir s’intensifie, mais il s’oblige à observer l’étrange ballet fantomatique qui continue à se déployer sur la place.

— Viens, ordonne soudain Oren, ne fais aucun bruit.

Ils se déplacent en silence pour ne pas être vus des étrangers. Oren se glisse entre deux rochers dans un renfoncement qu’Aylan n’avait jamais remarqué auparavant. Il déplace plusieurs pierres et dévoile une cachette contenant des armes. Il prend deux fusils et en tend un autre à Aylan. Il fixe quelques instants l’adolescent dans les yeux :

— Cette fois-ci, ce n’est pas pour jouer ! Fais attention à toi et tire sans te poser de questions. Pas de place pour les états d’âme. C’est eux ou nous !

Quand ils pénètrent dans le village, les hommes sont en train d’enfoncer les portes des maisons. Ils ont entassé sur la place plusieurs jerricans d’eau et des sacs de nourriture. De nouveaux coups de feu retentissent. Plusieurs villageois sont en train d’investir la place en tirant à bout portant sur les étrangers qui ripostent aussitôt. Oren et Aylan surgissent et tirent à leur tour. L’adolescent regarde dans le viseur sans cesser d’avancer puis appuie mécaniquement sur la gâchette en s’efforçant de ne penser à rien. Oren avance sur la place en tirant sans arrêt. Chacun de ses tirs semble faire mouche. Plusieurs silhouettes se sont effondrées sur le sol tels des pantins désarticulés. Aylan ne peut s’empêcher d’espérer que ce soient les balles des autres et non les siennes qui ont fait mouche avec autant d’efficacité. Mais il sait aussi que les multiples séances d’entraînement dispensées par le chef du village ont fait de lui un excellent tireur. Il entend encore quelques coups de feu puis tout redevient étrangement silencieux. Oren, encore sur ses gardes, scrute les environs à la recherche d’un nouvel ennemi susceptible de surgir à tout moment. Peu à peu, les autres villageois baissent leurs armes et forment un attroupement au centre de la place.

— On les a tous eus, je crois, s’exclame un homme trapu en essuyant la sueur sur son visage.

Tous se regardent, hébétés, pour l’instant incapables de se rendre compte de ce qui vient de se passer. Le bruit. L’odeur de poudre. Les morts dont le sang vient se mêler à la terre rouge. Tout semble irréel. Peu à peu, les portes des habitations s’ouvrent, des hommes et des femmes arrivent à leur tour sur la place. Aylan s’élance vers sa maison.

Courir. Arriver sur la terrasse. Voir la porte. Penser que peut-être derrière, il y a l’enfer. Le malheur. La désolation. La pousser d’un geste violent pour endiguer la peur qui l’étreint comme un étau, et voir sa mère et sa sœur terrées dans un coin de la pièce. Apeurées, mais saines et sauves. Les étrangers ne sont pas venus jusque-là.

Quand il les prend dans ses bras, il s’aperçoit qu’ils tremblent tous les trois à l’unisson. Il aurait tant voulu, à ce moment précis, être encore un enfant qu’un adulte aurait serré contre lui en lui assurant que ce n’était rien de grave, que tout allait s’arranger et redevenir comme avant ! Mais aujourd’hui, c’est lui l’adulte qui doit protéger sa mère et sa sœur. Il aurait voulu pouvoir rassurer Louna qui presse Monsieur Jacquot contre elle d’un geste convulsif, seulement il ne trouve pas les mots. Il se contente de la serrer contre lui en caressant ses boucles blondes.

Ce qui vient d’arriver, ils le redoutaient confusément depuis des semaines. Leur pire cauchemar est devenu réalité. La faim a transformé les hommes en tueurs. Ils ne sont plus venus quémander de l’aide comme les fois précédentes : privés de tout, ils sont venus tuer pour prendre le peu qu’ont les autres. Les hommes et les femmes qu’il a aperçus n’avaient rien de mercenaires ou de tueurs professionnels, ils ressemblaient à des animaux affamés que le désespoir aurait dépouillés de toute humanité.

Maintenant qu’elles sont en sécurité, il laisse les deux femmes dans la maison après une dernière étreinte et revient sur la place pour aider les autres. Il se joint à la chaîne humaine qui s’est organisée pour éteindre le feu. Mais il ne peut s’empêcher de balayer l’endroit du regard à la recherche de Joao. Il connaît bien son ami, il aurait dû être ici en train de se rendre utile, mais il a beau regarder autour de lui, il ne l’aperçoit nulle part. Il interroge les hommes autour de lui, mais personne ne semble l’avoir vu. Au bout de quelques minutes, n’y tenant plus, il abandonne son poste. Il doit trouver Joao. Se débarrasser de l’horrible pressentiment qui lui comprime la poitrine.

Il fait d’abord le tour de la place. Quelqu’un a apporté une charrette sur laquelle les hommes chargent les cadavres des étrangers. Aylan n’a aperçu que leurs maigres silhouettes squelettiques et maintenant ces hommes et ces femmes sont morts. Tout lui semble irréel. Un cauchemar dont il va forcément se réveiller. On lui dit que les morts du village, neuf hommes, des guetteurs pour la plupart, et trois femmes, ont été ramenés dans leurs demeures. Joao n’est pas parmi eux. Aylan sent les griffes qui lacèrent sa poitrine se desserrer un peu, mais il n’en demeure pas moins très inquiet. S’il est vivant, il devrait être là sur la place !

Il s’engage dans les rues adjacentes et croise quelques villageois au regard hébété qui se dirigent vers le centre. Une poule noire s’enfuit en caquetant furieusement. Une femme appuyée contre un mur serre contre elle un enfant qui pleure convulsivement. Quand Aylan passe à sa hauteur, elle lui fait un pauvre sourire qu’il essaie tant bien que mal de lui rendre. Et soudain au bout de la rue, il le voit. Ou plutôt, il le devine. Ce n’est qu’une vague silhouette accroupie, mais il se met à courir sachant instinctivement que c’est Joao. Quand il arrive près de lui, il comprend avant même que son ami d’enfance ne lève vers lui son visage baigné de larmes :

— Ils ont tué mon chien.

Il serre contre lui la tête de Jasper dont la fourrure est ensanglantée. Aylan se penche et prend délicatement Joao par l’épaule. Ils restent accroupis ainsi de longues minutes puis il dit :

— Viens, on va l’enterrer.

— Je sais qu’on devrait être là-bas à aider les autres. Je sais qu’il y a des morts. Je sais que ce n’est qu’un chien, en plus c’était un bon à rien, mais c’était un bon chien. Où que je sois dans le village, il arrivait toujours à me trouver ! Tu te souviens quand je l’ai recueilli ? C’était un chiot affamé, personne n’aurait parié sur sa survie. Et pourtant c’est devenu un grand chien. Le meilleur des chiens ! Et c’était ma seule famille.

Il caresse délicatement le corps sans vie de Jasper. Aylan comprend qu’il a besoin d’un peu de temps et reste à côté de lui sans rien dire, puis au bout d’un moment, quand il le sent enfin prêt, il l’aide doucement à se relever. Joao porte son chien dans ses bras comme s’il berçait un enfant malade. Ensemble, ils se dirigent vers leur poste de garde près des jardins potagers et commencent à creuser silencieusement un trou dans la terre asséchée.

La nuit est tombée depuis longtemps pourtant, hormis les enfants, personne ne dort. On veille les morts dans les familles endeuillées. Demain, les villageois se réuniront pour les enterrer et leur rendre un dernier hommage, mais pour l’heure, Oren les a réunis dans la maison commune. Il dresse d’abord la liste des personnes décédées, tous laissent derrière eux une femme, un mari, un enfant. Il énumère les noms dans un silence recueilli. Aylan les connaît tous, pour avoir partagé des tours de garde avec certains d’entre eux, pour avoir travaillé dans les champs avec d’autres. Il se souvient que Martha, dont Oren vient de citer le nom, lui donnait des tourtes à la pomme quand il était petit, les meilleures qu’il ait jamais mangées… Et maintenant, elle est morte ! Marcus, le fabricant de planches, fait aussi partie des victimes. Aylan l’entend encore plaisanter avec Joao, puis il revoit sa femme, si jeune, si frêle, penchée sur leur bébé. Ce n’était pas des proches, certes, mais ils avaient tous, à des degrés divers, fait partie de sa vie. Maintenant que la tension est retombée, il sent ses paupières picoter dangereusement et, quand il regarde Joao, il voit bien que ce dernier lutte férocement pour ne pas s’effondrer.

— Nous devons renforcer la sécurité autour du village, dit Oren.

— Ils venaient d’où ces types ? demande quelqu’un. Vous les avez vus ? Déjà, avant de mourir, ils ressemblaient à des cadavres ! Ils ont fait comment pour arriver jusqu’ici ?

— Ils ne sont pas venus par la plage, répond Oren. Avec Aylan, on les aurait vus. Je pense qu’ils viennent du Nord, et vu leur état, ça devait faire un moment qu’ils erraient.

— Mais qu’est-ce qui leur a pris de s’attaquer à nous comme ça ? S’ils avaient demandé, on aurait essayé de les aider. C’est toujours ce qu’on a fait jusqu’à présent, non ? dit une forte femme rousse aux cheveux frisés.

— Je pense qu’ils ont dû se faire chasser ailleurs. Alors ici, ils ont choisi d’attaquer.

— Tu crois qu’il va y en avoir d’autres ? interroge un autre homme.

— J’en ai peur, oui. On manque d’informations sur ce qui se passe ailleurs. Mais je crains que la famine sévisse dans de nombreuses régions et qu’il y ait des guérillas, que les gens partent sans savoir où aller…

— Alors, on fait quoi maintenant ? demande d’un ton bourru un homme aux cheveux blancs qui tient encore son fusil à la main.

— On multiplie les postes de garde et on attend d’avoir des nouvelles des autres villages. Si on ne fait pas face ensemble, on n’arrivera pas à s’en sortir. La prochaine fois, ils risquent d’être plus nombreux.

La réunion se prolonge. Certains posent des questions pratiques, d’autres expriment leur crainte ou leur révolte. D’autres encore se contentent de pleurer. Mais tous ont ce même besoin d’être ensemble et de parler. Oren le comprend et laisse chacun participer à sa façon, même si ce sont toujours les mêmes mots, les mêmes interrogations qui reviennent. Le lendemain, à l’aube, les hommes devront creuser la terre rouge pour enterrer non seulement les leurs, mais aussi leurs agresseurs. Il faudra aider les familles endeuillées. Protéger les récoltes à venir. Réparer les maisons brûlées. Mettre en commun le peu d’argent qu’ils possèdent pour se procurer de nouvelles armes. Il ne s’agira plus de vivre, mais de survivre.

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