Chargement en cours
Accueil/ All /Eden Island/Chapitre 7

Chapitre 7

Auteur: 15210689748
"Date de publication: " 2021-06-25 20:03:24

Chapitre 7

« La passion et l’ambition des hommes ont conduit le monde au chaos. Il ne nous appartient pas de changer le passé, mais de construire l’avenir en formant des citoyens capables de maîtriser leurs pulsions destructrices. Toute notre entreprise doit tendre vers une même fin : la recherche de l’équilibre et de l’harmonie dans le respect de la planète qui nous héberge. »

Extrait du journal de Jonas Samson

Analia a toujours détesté être en retard. Contrairement à Shani, qui arrive généralement au centre de formation tout essoufflée après avoir couru pour être à l’heure, elle part à l’avance afin de savourer pleinement cette promenade matinale sur les ponts qui relaient les différents îlots. Elle ne prend l’hydrobulle collectif que quand les conditions météorologiques sont trop mauvaises, ce qui n’arrive quasiment jamais. Ce matin, le soleil brille dans un ciel sans nuages et une légère brise allège l’atmosphère. En se penchant un peu, elle aperçoit les poissons fluorescents qui peuplent le lagon, parfois ce sont même des dauphins qui s’approchent des îles. Certes, ce ne sont que des hologrammes, mais l’illusion est parfaite ! Sa belle humeur s’assombrit pourtant quand elle se remémore les informations de la veille : maintenant, on peut aussi apercevoir des corps d’enfants dans le lagon et ils sont, hélas, bien réels ! Elle tente d’imaginer la vie telle qu’elle est ailleurs, sur les multiples îles qui n’ont pas été pacifiées et protégées. Elle regarde parfois des reportages : le mode de vie des habitants est rudimentaire, beaucoup de terres sont entièrement desséchées, et si sur certaines îles la vie a l’air relativement paisible, sur d’autres, les conflits semblent éclater sans cesse. Il lui arrive parfois de se demander ce qu’aurait été sa vie si elle était née ailleurs.

Au terme de sa promenade, elle finit par atteindre l’île artificielle où se trouve le centre de formation. Ce dernier se compose d’un édifice principal entièrement vitré en forme de demi-lune et de toute une série de petits bâtiments disséminés au milieu des jardins suspendus. Après avoir inséré son avant-bras dans le lecteur, elle se dirige vers la troisième terrasse-jardin en empruntant un escalier zigzaguant au milieu de massifs fleuris aux couleurs orangées. Chaque journée commence systématiquement par un cours de bien-être qui a lieu à l’extérieur. Plusieurs élèves sont déjà en train de s’étirer sur la pelouse en attendant l’arrivée du professeur. Quand celui-ci apparaît, tous s’immobilisent. Il s’agit de Monsieur Chuan, un enseignant recruté dans les terres de l’Est.

— Que la communauté vous protège, s’exclament aussitôt les élèves d’une seule voix.

— Oui, oui, pareil pour vous, répond le professeur avec un vague signe de tête.

Les élèves se regardent en souriant. Les yeux bridés de Monsieur Chuan, son drôle d’accent et ses manières parfois déconcertantes attestent de sa récente arrivée au sein de la communauté. Analia, quant à elle, apprécie beaucoup son cours qui consiste à mouvoir son corps en accord avec sa respiration pour se sentir en symbiose avec l’univers.

— Laissez l’harmonie du monde se déverser en vous comme l’eau pure d’une fontaine régénérante, dit le professeur d’une voix douce.

Pourtant, ce matin-là, elle ne parvient pas à faire le vide dans son esprit. Elle ne cesse de voir le visage d’Idrian, de se rappeler ses baisers, il l’avait quittée sur un vague « à bientôt ». Cela signifiait-il qu’elle était devenue sa petite amie ? Qu’il y aurait d’autres rendez-vous ? Alors qu’elle lève machinalement les bras pour s’emplir de l’énergie de la terre, elle aperçoit Shani qui arrive en courant. Cette dernière tente bien de se glisser discrètement dans les rangs, mais Monsieur Chuan, qui l’a aperçue, l’apostrophe d’une voix qui a perdu toute douceur :

— Ne m’a-t-on pas dit que la ponctualité était une des règles fondamentales de cette communauté, une règle qui témoigne du respect que l’on porte à ceux qui nous entourent ? Vous venez peut-être d’arriver dans l’archipel ? ceci expliquerait votre méconnaissance des règles élémentaires…

— Veuillez m’excuser, Professeur, si je vous ai offensé. Je vous promets que c’est la dernière fois, s’excuse aussitôt Shani en affichant une mine exagérément désolée.

Il la fixe quelques instants, puis semble décider qu’une sanction nuirait à la sérénité du moment, car il lui fait signe de rejoindre les rangs.

— Tendez maintenant les bras vers le ciel pour vous emplir d’énergie céleste, remerciez le monde de sa splendeur…

Shani pousse un « ouf » de soulagement et se contente de remercier intérieurement le professeur de ne pas l’avoir renvoyée. Pour la splendeur du monde, elle verra un peu plus tard.

Différents cours s’enchaînent. En sciences, elles se retrouvent toutes les deux autour d’un microscope à l’aide duquel elles doivent observer la tige d’une fleur génétiquement améliorée pour stocker la lumière solaire afin de servir ensuite d’éclairage nocturne. Puis il y a le cours d’histoire de l’antiquité. Le professeur ayant été retenu sur l’île principale, les élèves doivent aujourd’hui se contenter de son hologramme. Il est question du monde englouti du second millénaire. L’hologramme disparaît et les élèves ont l’impression, grâce aux images virtuelles, de se retrouver au fond de l’océan. Pendant qu’ils contemplent d’immenses immeubles délabrés, la voix du professeur précise que les humains de l’antiquité les avaient baptisés « gratte-ciel », ce qui témoignait de leur infinie vanité. Puis une immense statue posée sur un socle apparaît. Elle représente une femme avec une couronne de pointes sur la tête, un de ses bras tient une sorte de livre, tandis que l’autre, tendu vers le haut, est brisé à hauteur du coude. Cette statue s’appelait « La statue de la Liberté » commente le professeur, c’était l’un des huit monuments les plus célèbres de l’époque des Grandes Terres. Une fois la visite virtuelle achevée, il demande quels élèves accepteraient de faire des exposés sur d’autres régions de l’antiquité. Analia se porte volontaire avec Shani pour en faire un sur une ville engloutie du nom de Paris, et dont il fallait retrouver le monument le plus célèbre.

— Le voici mon monument préféré, déclare Shani, quand elles pénètrent quelques minutes plus tard dans le centre de restauration situé au sein du bâtiment principal.

Les immenses baies vitrées leur donnent l’impression d’être encore à l’extérieur. Dès qu’elles sont installées à table, elles appuient leurs bracelets respectifs contre le lecteur, et quelques minutes plus tard une demi-sphère contenant leurs repas apparaît sur la table. Le contenu des sphères étant différent selon le métabolisme et les besoins de chaque adolescent. À peine le repas est apparu que Shani plonge avec enthousiasme sa cuillère dans un cube constitué d’une matière rose gélatineuse. De son côté, Analia porte distraitement à sa bouche un petit carré de pâte verte tout en regardant autour d’elle. À cette heure-ci, Idrian devait forcément être présent. Elle n’a qu’une envie : le revoir, lui parler, l’embrasser, revivre la magie de leur première étreinte. Au bout d’un certain temps, elle l’aperçoit enfin, assis au milieu d’autres garçons. Quand il lève la tête et la voit à son tour, il se contente de la gratifier d’un petit signe rapide avant de se tourner à nouveau vers le groupe qui l’entoure, sans plus se préoccuper d’elle. Vu la brièveté du regard qu’il lui a adressé, il doit être au milieu d’une conversation passionnante. C’est ce qu’elle se dit en émiettant machinalement le petit carré vert qu’elle tient dans sa main.

— Dis donc, si t’as pas faim, tu me passes en douce ce que tu ne veux pas ? l’interroge Shani qui a déjà terminé sa propre ration. Eh ! ça va ?

— Oui, juste un peu fatiguée c’est tout.

Même si son amie s’abstient de tout commentaire, Analia se doute qu’elle a parfaitement compris la situation. Elles déposent leurs demi-sphères dans les bacs de recyclage et quittent le centre de restauration sans qu’Idrian ait daigné lui adresser un autre regard. Analia ne peut s’empêcher de penser à cet instant que les contes de fées ne durent pas plus longtemps que les robes de soirée. Si elle avait perdu sa chaussure, il n’aurait certainement pas fait le tour de l’île pour la remettre à son pied. Sans doute vaut-il mieux qu’elle arrête de rêver et se concentre sur ses cours. C’était une belle parenthèse, mais elle est refermée. Elle se déteste d’être aussi naïve !

Malgré ses bonnes résolutions, l’après-midi lui semble interminable. En cours de technique artistique, les élèves doivent façonner une sculpture de leur choix à partir du bloc d’algoplast posé sur la table devant eux. Perdue dans ses pensées, Analia commence à modeler la pâte souple sans vraiment prendre garde à ce qu’elle fait. Et quand Shani se penche vers elle en déclarant :

— Il est incroyablement ressemblant !

Elle se rend compte qu’elle venait de modeler le visage d’Idrian et écrase la pâte d’un geste rageur.

— Ouh là, il y a comme un requin dans le lagon ! constate Shani à voix basse avant de revenir à sa propre sculpture – une silhouette féminine si légère et élancée qu’elle semble prête à prendre son envol.

Analia éprouve un immense soulagement en entendant la mélodie qui annonce la fin de la séance. Shani étant de corvée de rangement, c’est seule qu’elle emprunte le chemin du retour. Toute à ses pensées, elle avance sans accorder la moindre attention aux dauphins qui jouent un peu plus loin. Encore une illusion !

— Je persiste à dire que même en tenue réglementaire, tu restes très belle. Le turquoise te va à merveille.

Elle se tourne brusquement et manque de se cogner contre Idrian qui se tenait juste derrière elle, l’air espiègle.

— J’avais très envie de te voir, ajoute-t-il en approchant sa main de sa joue.

— Ce n’est pourtant pas l’impression que tu m’as donnée au centre de restauration, répond-elle d’un ton cassant. Tu m’as accordé autant d’attention qu’à…, voyons voir…, un vieil hologramme périmé bon pour l’effacement ?

Il rit franchement avant de caresser sa joue avec son pouce et de relever son menton.

— « Sache adapter ton attitude en fonction des circonstances », tu as déjà oublié les cours de civilité communautaire ?

— Pas toi à ce que je vois, répond Analia. Tu respectes le règlement à la lettre.

Il la prend par la main et l’entraîne un peu à l’écart du chemin près d’un saule dont les branches forment un rideau de feuilles qui les dissimule aux yeux des passants.

— « Ne convoite pas ce qui t’est interdit afin de ne pas t’infliger de frustrations inutiles ». Tu vois, je connais tous mes cours sur le bout des doigts, dit-il en lui enserrant doucement la taille. Tu connais aussi bien que moi le règlement du centre : aucun contact physique entre les élèves. Et comme ils ont des caméras partout, je n’ai aucune envie de perdre des voyants verts sur mon bracelet. En fait, je ne suis pas certain de résister si je t’approche de trop près. Par contre à l’extérieur…

Il cesse de parler pour poser doucement ses lèvres contre les siennes en caressant lentement sa nuque. Les frissons qui parcourent immédiatement son corps estompent instantanément toute sa colère et elle se glisse contre lui pour lui rendre son baiser. La magie ne s’est pas estompée : elle éprouve le même plaisir que la veille à se lover dans ses bras.

Ils font ensuite une partie du chemin ensemble en se dissimulant de temps en temps derrière les arbres ou les massifs. Elle se sent réellement bien avec lui, elle n’a pas besoin de se forcer, ils parlent naturellement comme s’ils s’étaient toujours connus, tout semble facile et joyeux. Au moment de se séparer, il l’embrasse légèrement sur la tempe en lui donnant rendez-vous le lendemain.

C’est avec la sensation d’être légère comme une bulle qu’elle pénètre dans son unité d’habitation. Fait inhabituel, son père est déjà rentré. Il est en effet extrêmement rare qu’il soit le premier à regagner le domicile familial. Il se tient devant l’ordinateur central chargé de la gestion de l’habitation.

— Bonsoir ma chérie, ta journée s’est-elle bien passée ? l’interroge-t-il en lui adressant un sourire.

— C’était une journée… parfaite ! Oui, je crois qu’on peut dire ça, répond-elle en riant.

— À la bonne heure. J’ai quand même du mal à croire que ce soit seulement les cours du centre de formation qui suscitent un tel enthousiasme !

Se sentant rougir, elle tourne le dos à son père pour fouiller dans le bac à provision à la recherche de biscuits.

— Sois tout de même prudente, ajoute-t-il, on s’emballe très facilement à ton âge et on a parfois le cœur brisé.

— Comment se fait-il que tu sois là si tôt ? demande-t-elle en enfournant une petite bille moelleuse dans sa bouche.

— Je programme l’ordinateur pour créer une pièce supplémentaire dans la maison, là, juste derrière la cuisine. Si tu restes quelques instants, tu vas voir les murs se remodeler pour créer un nouvel espace.

— Oh oui, j’aime bien quand la maison se transforme ! Mais pourquoi avons-nous besoin d’un nouvel espace ? Vous avez obtenu une dérogation pour avoir un troisième enfant ? demande Analia en fronçant les sourcils.

— Euh non, nous n’avons aucun projet de la sorte ! s’empresse de répondre son père en riant. C’est juste que nous allons héberger pendant quelque temps une recrue extérieure.

Analia qui s’apprêtait à enfourner une seconde bille suspend son geste. Son père s’occupe régulièrement de recrutements extérieurs, mais c’est la première fois qu’il héberge lui-même un nouvel arrivant.

— De qui s’agit-il ? demande-t-elle avec un intérêt soudain.

— Je ne suis pas autorisé à te donner tous les détails pour l’instant. Mais ne t’inquiète pas, je suis certain que ce sera pour nous tous une expérience enrichissante, assure son père tout en effectuant les derniers réglages.

Après avoir observé avec intérêt le mouvement des murs et du sol qui semblent fondre puis se remodeler pour créer une nouvelle pièce, Analia descend dans sa chambre. Elle est très perplexe : un étranger ou une étrangère va donc partager leur quotidien. Qui est-ce ? Pourquoi arrive-t-il sur l’île ? D’où vient-il ? Les questions se bousculent dans sa tête et malgré son insistance, son père ne lui fournit aucune réponse. Bon, elle verra cela plus tard. Pour le moment, elle va s’accorder une petite pause. Elle place son poignet devant le détecteur en demandant « revoir le bal de promotion : Analia 450 et Idrian 58 », « demande enregistrée ». La pièce s’assombrit et un couple apparaît en trois dimensions. Lui, porte un costume sombre et elle, une robe de soirée d’une élégante simplicité. Alors qu’ils tournoient lentement comme s’ils flottaient au milieu des étoiles, Analia, admirative, doit convenir qu’ils sont d’une extraordinaire beauté et qu’ils forment un couple excessivement parfait.

Vous voulez savoir la suite ?
Continuer la lecture
Chapitre précédent
Chapitre suivant

Share the book to

  • Facebook
  • Twitter
  • Whatsapp
  • Reddit
  • Copy Link

Latest chapter

Eden Island   Chapitre 30

Chapitre 30« Adam et Eve vivaient dans le jardin d’Eden, un lieu d’harmonie où la souffrance et la peur avaient été bannies. Mais un jour ils prirent la mauvaise décision et Dieu, à son grand regret, fut contraint de les chasser. Ainsi en va-t-il de chaque citoyen d’Eden Island qui ne respecte pas les règles édictées pour le bien commun. »Extrait du journal de Jonas SamsonUn silence écrasant règne à l’intérieur du solavion qui poursuit sa course linéaire dans le ciel azuré. Aylan et Analia sont debout contre des plaques métalliques les empêchant d’effectuer le moindre mouvement. Le même pansement à leur poignet droit témoigne de l’extraction du bracelet. De part et d’autre des deux prisonniers se tiennent les jumeaux Argoz et Gozrek. Shani et Joao sont tous deux assis face à eux. Ils sont montés quelques minutes avant le décollage et aucune parole n’a été échangée depuis. Analia qui pensait ne jamais les revoir ne comprend toujours pas ce qu’ils font là, mais elle s

Eden Island   Chapitre 29

Chapitre 29« Chaque décision humaine est lourde de conséquences : lorsque nous faisons des choix constructifs, nous bâtissons de solides fondations sur lesquelles les générations à venir pourront s’appuyer pour édifier sereinement le futur. Inversement, lorsque nous prenons des décisions déraisonnables, nous léguons à nos enfants et petits-enfants un fardeau dont ils auront du mal à se débarrasser. »Extrait du journal de Jonas SamsonAnalia observe les personnes assemblées devant elle. Jamais auparavant elle n’avait vu d’aussi près le comité des Dix. Eléa 2 se tient au centre, quatre femmes sont à sa droite, cinq hommes à sa gauche. Tous sont vêtus d’une sorte d’uniforme d’un noir si profond qu’il semble absorber la lumière. Quelques-uns semblent très âgés bien que leurs visages aient sans doute été plusieurs fois lissés grâce à des injections d’algoplast. Certains la dévisagent avec une sorte de curiosité un peu dédaigneuse alors que d’autres affectent la plus

Eden Island   Chapitre 28

Chapitre 28« Qu’est-ce qui définit le vivant si ce n’est sa capacité à s’adapter à son milieu en établissant sans cesse de nouvelles normes vitales ? Contrairement à une croyance largement répandue, la matière ne doit pas être conçue comme le contraire du vivant, mais comme son réceptacle. Elle est susceptible d’accueillir le vivant permettant ainsi de repousser les frontières entre la vie et la mort. »Extrait du journal de Jonas SamsonAu premier abord, la pièce dévoilée par la paroi semble totalement vide. Eléa 2 ainsi que les jumeaux ont pourtant l’air d’attendre quelque chose dans la plus parfaite immobilité. Les quatre adolescents, toujours prisonniers du champ de force, essaient d’accommoder leur vision à l’étrange pénombre bleutée qui les entoure sans pour autant parvenir à discerner quoi que ce soit.Au bout de quelques instants, cependant, il leur semble que la paroi qui leur fait face commence à se déformer. Elle se plisse de manière imperceptible, on

Eden Island   Chapitre 27

Chapitre 27« L’éthique et la morale varient en fonction de l’époque et du lieu où on se trouve. Ainsi les critères qui opposent le bien et le mal se modifient-ils en fonction des aspirations et des besoins d’une société. »Extrait du journal de Jonas Samson— Jeunes, sublimes et… stupides !Analia entend vaguement ces paroles prononcées d’un ton méprisant. Elle ouvre douloureusement les yeux pour découvrir le magnifique visage d’Elea 2 penché à quelques centimètres du sien. Son cerveau est tellement embrumé qu’elle se sent incapable d’avoir la moindre pensée cohérente. Une succession d’images confuses se bouscule dans sa tête : les corps flottant dans l’espace, la voûte étoilée, la fraîcheur de la nuit, la douceur du vent sur son visage et le bateau qui se métamorphose soudain en prison. L’effroi le plus total. Puis le noir complet. Elle fixe le visage aussi parfait qu’impassible qui se penche vers le sien en essayant de rassembler ses esprits malgré l

Eden Island   Chapitre 26

Chapitre 26« Qu’il soit végétal ou animal, le vivant est, par définition, dans un perpétuel devenir ; il se transforme, s’adapte, évolue. En abolissant les frontières entre ce qui est créé par la nature et ce qui est fabriqué par la main de l’homme, l’algoplast a révolutionné notre rapport à la matière. »Extrait du journal de Jonas Samson— « Merci à toi pour cette vie harmonieuse. Merci à toi de nous protéger. Merci à toi de nous éduquer… » C’est ce qu’on récitait chaque matin en arrivant au centre d’apprentissage quand j’étais en première année, précise Analia d’un ton sarcastique, j’ai répété ça des centaines de fois, et tu sais ce que c’est le pire ? C’est que je le pensais, je croyais vraiment que Jonas Samson était notre bienfaiteur ! Remarque, j’aurais dû me méfier, une autre phrase qu’on nous répétait tout le temps était : « rien ne se perd, tout se transforme » en même temps qui aurait pu imaginer que ça s’appliquait a

Eden Island   Chapitre 25

Chapitre 25« Rien ne périt jamais : les choses déjà existantes, une fois arrivées à leur terme, et ce, quelle que soit leur nature, se combinent à nouveau pour donner naissance à la matière. Ainsi le concept d’écologie intégrale vise-t-il à supprimer toute forme de gaspillage. Le recyclage total est la préoccupation première des dirigeants afin de pouvoir subvenir aux besoins de chacun sans plus jamais risquer de mettre en péril les ressources de la planète. »Extrait du journal de Jonas SamsonAylan s’approche d’Analia qui regarde toujours fixement quelque chose en contrebas. Quand l’adolescent, intrigué, se penche à son tour pour découvrir ce qu’elle peut bien observer ainsi, son sang se glace aussitôt, ses jambes se ramollissent et il est contraint de s’appuyer à la balustrade pour ne pas s’écrouler sur le sol.Les immenses parois en contrebas sont recouvertes de voyants lumineux, de manettes et d’étroits tuyaux bleutés. Mais ce n’est pas cela qui retient tou

Eden Island   Chapitre 16

Chapitre 16« Eden Island est un concept totalement novateur qui ne peut, dans un premier temps, être compris de tous. Il est préférable que certaines données ne soient dévoilées qu’à un nombre restreint d’initiés, car l’incompréhension engendre la peur et la peur engendre la haine. »

Eden Island   Chapitre 15

Chapitre 15« La Terre se résumait pour eux à un immense terrain de jeux : ils ont creusé le sol, asséché les cours d’eau, bâti des villes gigantesques, érigé des habitations qui perçaient les nuages. Leurs capacités créatrices n’avaient d’égale que leur propension à la destruction. Que

Eden Island   Chapitre 14

Chapitre 14« Aucun regroupement familial ne peut être toléré pour les nouveaux sujets. Une famille entière serait tentée de garder ses coutumes et son mode de vie. Or il est nécessaire que tout lien avec leur vie passée soit définitivement rompu afin de permettre une totale assimilation des

Eden Island   Chapitre 13

Chapitre 13« Grâce à la création de nouvelles techniques médicales, la plupart des maladies ont été éradiquées au sein de la communauté. Il en va différemment du monde extérieur où le niveau d’espérance de vie ne cesse de décroître en raison des conditions de vie de plus en plus difficiles.

Plus de chapitres
Télécharger le livre
GoodNovel

Téléchargez gratuitement le livre sur l'APP

Télécharger
Rechercher
Bibliothèque
Feuilleter
Romance法语HistoireUrbanLoup-garouMafiaSystèmeFantaisieLGBTQ+arnoldMM Romancegenre22- 法语genre26-FrançaisFrançaisgenre27-请勿使用FrançaisFrançaisgenre28-FrançaisFrançais
Histoire Courte
CielMystère et suspenseVille moderneSurvie à la fin du mondeFilm d'actionFilm de science-fictionFilm romantiqueViolence sanglanteRomanceCampusMystèreImaginationRenaissanceAmour réalisteLoup-garouespoirrêvebonheurPaixAmitiéIntelligentHeureuxViolentDouxPuissant红安Massacre sanglantMeurtreGuerre historiqueAventure fantastiqueScience-fictionGare
CréerAvantage écrivainConcours
Genres populaires
Romance法语HistoireUrbanLoup-garouMafiaSystème
Contactez-nous
à propos de nousHelp & SuggestionCoopération
Resources
Télécharger AppsAvantage écrivainPolitique de contenuKeywordsRecherches populairesLes critiques de livresFanFictionFAQFAQ-IDFAQ-FILFAQ-THFAQ-JAFAQ-ARFAQ-ESFAQ-KOFAQ-DEFAQ-FRFAQ-PTGoodNovel vs Competitors
Communauté
Facebook Group
Suivez-nous
GoodNovel
Copyright ©‌ 2026 GoodNovel
Mode d'emploi|Politique de confidentialité