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Chapitre 13

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"Veröffentlichungsdatum: " 25.06.2021 20:03:26

Chapitre 13

« Grâce à la création de nouvelles techniques médicales, la plupart des maladies ont été éradiquées au sein de la communauté. Il en va différemment du monde extérieur où le niveau d’espérance de vie ne cesse de décroître en raison des conditions de vie de plus en plus difficiles. »

Extrait du journal de Jonas Samson

Depuis trois semaines, Analia a l’impression d’être plongée en plein cauchemar. Malgré les solavions dépêchés en reconnaissance à l’extérieur, son père ainsi que ses compagnons de voyage demeurent introuvables. Malgré tous ses efforts, sa mère ne parvient pas à obtenir d’informations précises auprès des autorités, si ce n’est que tout est mis en œuvre pour tenter de les localiser. Chaque matin, elle demande les informations du jour : le visage de Jaron apparaît sur le mur avec deux autres hommes, le commentateur répète que la communauté est plongée dans la plus grande inquiétude, mais qu’elle met toute sa confiance dans les dirigeants pour retrouver les disparus. Puis on passe à un autre sujet récurrent. Les images qui suivent montrent les migrants agglutinés derrière la barrière : ils se serrent sur de grands radeaux faits de matériaux composites aux couleurs bigarrées. Cela fait plusieurs jours maintenant qu’ils vivent là, sous des tentes improvisées faites à partir des grandes voiles en plastique et de tissus rapiécés qui les ont amenées jusqu’ici. La caméra volante fait des zooms sur les gros bidons qui leur permettent d’avoir de l’eau douce, mais ils seront sans doute bientôt à court de provisions. Chaque jour, ils semblent plus nombreux, le visage tendu vers les caméras volantes, brandissant de jeunes enfants à bout de bras pour alerter la communauté. Pauvreté. Faim. Désespoir. Mais la barrière tient fermement en respect toute la misère venue s’échouer là. Yaol 6, le responsable de la sécurité, a pris la parole pour rappeler que l’archipel ne dispose pas des ressources nécessaires pour les accueillir et que leur introduction en trop grand nombre mettrait en péril le fragile équilibre de la société.

Ordre leur a été donné de repartir, pourtant ils restent là, squelettiques et épuisés, dans l’attente d’une hypothétique ouverture de la barrière. Le comité des Dix a pourtant décidé de ne pas leur livrer de vivres afin de ne pas risquer d’attirer un nouveau flux d’arrivants. Analia sent son estomac se rétracter quand elle aperçoit leurs visages désespérés et leurs corps décharnés. Elle n’est certainement pas la seule dans ce cas, car pour la première fois, elle a entendu quelques commentaires critiques de la part de plusieurs habitants alors qu’en temps normal, les décisions du comité sont tellement respectées qu’elles ne sont l’objet d’aucune discussion.

Elle se rend au centre de formation et assiste aux cours telle une automate, Shani tente de la distraire pour la détourner de ses sombres pensées, mais même sa meilleure amie ne parvient plus à fendre sa carapace. Idrian s’est approché d’elle au réfectoire. Avec un regard navré, il lui a dit à quel point il était désolé, mais elle a accueilli ses paroles de réconfort avec une totale indifférence. Il était sincère, elle l’a bien senti, mais ils s’étaient trop éloignés l’un de l’autre pour qu’il puisse lui être d’un quelconque réconfort. Dire que quelques semaines auparavant, ce garçon était le centre de toute sa vie. Aylan, quant à lui, n’habite plus avec eux depuis la disparition de son père. On lui a fourni une petite unité d’habitation dans un autre îlot. Il vient cependant régulièrement aux nouvelles et prend du temps pour s’occuper d’Aîko à qui il donne régulièrement des leçons de solar-surf.

Ce matin, elle est seule dans l’unité d’habitation. Elle ne saurait dire depuis combien de temps elle est assise sur la terrasse en face du lagon qu’elle fixe sans le voir. Quand elle aperçoit Aylan qui se dirige vers elle, elle tente un pauvre sourire.

— Aucune nouvelle ? demande-t-il.

— Rien. Toujours rien.

— Je suis sûr qu’on va le retrouver.

Elle lève la tête pour le regarder :

— J’apprécie que tu veuilles me rassurer, mais tu n’es sûr de rien, répond-elle d’une voix bien plus sèche qu’elle ne voudrait. Tout le monde me dit ça alors que personne ne sait quoi que ce soit, ou alors ceux qui savent ne nous disent rien. Ça me rend folle de ne pas savoir où est mon père. Je ne sais même pas s’il est vivant !

— Je comprends, tu as raison, c’était idiot de dire ça, mais j’espère sincèrement que tout va s’arranger.

— Merci Aylan, dit-elle en tentant à nouveau de lui sourire. Je suis désolée d’être aussi agressive alors que tu essaies de te montrer gentil. J’apprécie vraiment tes efforts, tu sais, et maman aussi. Et heureusement que tu es là pour Aîko.

— C’est justement lui que je venais voir. Il est par là ?

— Non, ma mère l’a déposé à la maison des anciens pour qu’il passe la journée avec Nilo. Ensuite elle essaiera d’aller aux nouvelles, mais elle n’a pas beaucoup d’espoir.

— Et toi ?

— Quoi, moi ? répond-elle, soudain sur la défensive.

— Oui, toi ! Tu vas faire quoi de ta journée ? demande Aylan d’un ton compatissant.

— Je n’en ai pas la moindre idée. Je sais que mon père voudrait que je réagisse, que je me montre plus confiante, seulement j’ai l’impression d’être complètement vidée. C’est comme si tout s’effondrait autour de moi.

— Écoute, je vais voir ma petite sœur, elle doit sortir aujourd’hui de la bulle de confinement où elle a été maintenue pendant le traitement. Viens avec moi, je lui ai beaucoup parlé de toi, elle sera ravie de faire ta connaissance.

— Je ne sais pas…, hésite-t-elle, ça va être pour vous un moment intime et intense, j’ai peur d’être de trop. Il vaudrait peut-être mieux que je fasse leur connaissance dans des circonstances plus neutres. Déjà toi, je te connais si peu.

— Eh bien justement, c’est le moment de faire un effort pour y remédier. Je gagne à être connu, tu sais, ajoute-t-il en lui faisant un clin d’œil taquin, et ma famille aussi. Viens, je te dis, et arrête de te poser des questions inutiles.

Analia finit par se laisser convaincre, essentiellement parce qu’elle redoute plus que tout de passer la journée seule sans autre occupation que de ressasser ses inquiétudes. Tous deux prennent l’hydrobulle collectif pour se rendre à l’extrémité du lagon. Elle ne se souvient pas d’être déjà allée aussi loin dans l’archipel. Elle ne peut s’empêcher de remarquer que les forces de sécurité sont beaucoup plus présentes qu’à l’accoutumée. On ne sait toujours pas pourquoi il y a eu une attaque pendant la course de solar-surf. Les responsables de l’information se contentent de dire qu’une enquête approfondie est en cours et que la priorité absolue des dirigeants est de veiller à la sécurité de la population. Mais tout cela reste très vague. Les derniers évènements ont mis en lumière les failles du système. Analia se réveille souvent en sursaut avec le sentiment qu’une lourde menace pèse sur eux. Et la même question lancinante revient sans cesse : qu’est-il arrivé à son père ? Comment croire que les dirigeants, avec tous les moyens techniques dont ils disposent, ignorent où il se trouve ?

Après avoir été contrôlés en arrivant sur l’île, ils se rendent immédiatement au centre de soins. Aylan lui présente Anna, sa mère, une magnifique femme blonde à qui Analia tend spontanément la main pour la saluer.

— Je vois que mon fils t’a appris nos coutumes, dit cette dernière en prenant sa main. Je suis ravie de faire ta connaissance, Aylan m’a dit que tu traversais des moments difficiles et je compatis de tout cœur avec toi, ajoute-t-elle avec un sourire bienveillant.

— Merci, répond Analia, momentanément réconfortée par la chaleur de son accueil.

— C’est aujourd’hui qu’ils libèrent ta sœur, ne la faisons pas attendre ! ajoute Anna en se tournant vers son fils.

Le centre de la pièce dans laquelle ils viennent de pénétrer est occupé par une immense bulle transparente à l’intérieur de laquelle se tient la plus jolie petite fille qu’Analia ait jamais vue. Une petite tête ronde entourée de boucles blondes, des yeux clairs comme un ciel d’été, un nez mutin et un sourire propre à faire chavirer tous les cœurs. Le médecin est en train de lui parler, mais quand il les aperçoit, il vient aussitôt les accueillir.

— Nous allons ouvrir la bulle, explique-t-il. Tous les indicateurs nous montrent que la guérison est complète, les anticorps se sont reformés, donc Louna n’a plus besoin d’être sous atmosphère protectrice.

Il se tourne vers la petite fille.

— Prête à sortir, jeune demoiselle ?

Elle acquiesce vigoureusement de la tête tout en souriant de toutes ses dents. L’homme fait ouvrir la bulle et Louna bondit à l’extérieur pour aller se jeter dans les bras de son frère qui la soulève dans les airs pour la serrer contre lui. Analia, qui se tient un peu en retrait, sent les larmes lui monter aux yeux en contemplant leurs retrouvailles. Au bout de quelques instants, il repose la petite fille en désignant l’adolescente :

— J’ai une surprise pour toi. Regarde qui je t’ai emmenée.

L’enfant, soudain intimidée, la dévisage longuement avant de demander :

— Tu es tellement belle que tu as l’air d’une princesse. Tu es la princesse d’Aylan ?

Analia ne peut s’empêcher de rougir alors que l’adolescent éclate de rire.

— À peine sortie, tu dis des bêtises ! Attention à toi, sinon je vais te remettre illico presto dans ta bulle.

— Oh non ! C’était vraiment pas drôle d’être toute seule, même s’il y avait Monsieur Jacquot ! Lui aussi, il pense que tu es très belle, mais il est trop timide pour te le dire, ajoute-t-elle à l’adresse d’Analia.

Anna qui peine encore à croire en la complète guérison de sa fille n’en finit plus de remercier les médecins.

— Elle devra prendre pendant un an le traitement que l’on va vous donner pour stabiliser son sang et éviter toute rechute, l’informe le docteur, mais je peux vous affirmer qu’elle est guérie. Tous les indicateurs sont au vert, vous allez pouvoir rentrer chez vous.

Analia voit Aylan et sa mère se figer un court instant, mais ils se reprennent aussitôt pour ne pas gâcher ce moment. Ils pique-niquent ensuite au bord du lagon, Analia répond patiemment aux milliers de questions que lui pose Louna sous l’œil amusé des deux autres, puis elles s’approchent de l’eau pour mieux observer les poissons. Elles organisent le concours du plus beau d’entre eux et c’est finalement un petit spécimen bleu nuit parsemé de minuscules points jaunes et blancs qui remporte leurs suffrages. Louna, après avoir longuement réfléchi, décide de l’appeler Numéro 1.

Au moment de quitter l’île, elle doit jurer à la petite fille de revenir la voir très vite. Elle promet également d’emmener Aîko, pensant qu’ils s’entendront très bien et que ça permettra peut-être au petit garçon de retrouver un peu de sa joie de vivre. Au moment de reprendre l’hydrobulle collectif, elle a l’impression que les quelques heures qu’elle vient de passer en compagnie d’Aylan et de sa famille ont un peu soulevé le voile noir qui recouvre son existence depuis trois semaines, et elle le remercie pour cela.

— On va faire une dernière chose avant de rentrer, annonce-t-il quand l’hydrobulle s’arrête. Viens.

Il l’emmène jusqu’à la piscine d’entraînement aménagée dans le lagon.

— En ce qui me concerne, chaque fois que ça ne va pas, je monte sur une planche et, même si ça paraît idiot, tout de suite après, je me sens mieux. On va voir si ça marche avec toi.

— Mais je ne suis jamais montée sur une planche de ma vie ! proteste Analia.

— C’est peut-être le moment d’essayer, affirme-t-il tout en présentant son bracelet au détecteur.

Ils pénètrent dans l’espace réservé, totalement désert à cette heure tardive de l’après-midi. Aylan prend la planche tout en expliquant à Analia comment se tenir dessus.

— J’ai réglé le mouvement des vagues au degré le plus faible, tu ne risques absolument rien.

Pourtant elle hésite. Quitter le sol stable pour se retrouver ballottée sur l’eau ne la tente pas plus que ça et elle n’imagine pas un seul instant que cela puisse contribuer à la détendre.

— Tu as peur ? demande Aylan.

— Un peu, je crois, avoue-t-elle. Je ne pense pas du tout que ça m’aidera à me sentir mieux. Franchement, ce n’est pas une bonne idée. Je préférerais qu’on rentre.

— Non, pas tout de suite, ce serait dommage que tu n’essaies même pas. On va s’y prendre autrement.

Il saute sur la planche puis lui tend la main :

— Allez, viens !

— Avec toi ?

— Oui avec moi, n’aie pas peur, je suis devenu très civilisé depuis que j’habite ici, déclare-t-il avec un air moqueur.

— Ce n’est pas ce que je voulais dire, tu le sais très bien, proteste-t-elle.

— Bien sûr, je te taquine. Allez, assez perdu de temps, après il va faire nuit.

Sans plus réfléchir, elle saisit sa main et se retrouve sur la planche avec lui. Paniquée par son instabilité, elle s’accroche à Aylan et manque de les faire chavirer tous les deux.

— Eh, du calme, lui dit-il. Ne bouge pas.

Il se positionne derrière elle et elle sent qu’il enserre sa taille de son bras droit.

— La planche est un peu étroite pour deux personnes. Il faut qu’on se rapproche, ça te gêne ? demande-t-il.

Elle sent son souffle sur sa nuque, contente qu’il ne puisse pas la voir rougir.

— Euh, non, ça va aller, c’est juste que je n’ai pas l’habitude.

— Ok, c’est parti. Garde bien cette position.

Après qu’il ait insufflé une légère pression avec son pied, ils s’élancent sur l’eau. Aylan manœuvre la planche avec une extrême souplesse afin de donner le plus de fluidité possible à leurs mouvements. Au début, Analia se sent tendue comme un arc, apeurée par les mouvements de balancier de la planche, mais gênée aussi de sentir le corps musclé de l’adolescent si près du sien. Puis, peu à peu, elle parvient à se détendre et à savourer pleinement ce moment. Alors qu’ils glissent souplement sur l’eau, elle sent que son corps commence à se débarrasser des tensions qui l’habitent. Elle comprend enfin ce que voulait dire Aylan quand il parlait de l’effet apaisant de l’océan. Elle se laisse aller contre lui en soupirant d’aise. La sentant en confiance, il la serre un peu plus fort et fait accélérer la planche. Loin d’avoir peur, elle ressent une excitation inconnue jusque-là. Ils foncent sur l’eau teintée de mille nuances mordorées par le soleil couchant. La brise caresse son visage pendant que son corps ondule avec les vagues, et la main d’Aylan plaquée fermement contre son ventre lui donne le sentiment qu’elle est à l’abri du danger. Intensément consciente du moment présent, elle éprouve la sensation vertigineuse d’être connectée avec tout ce qui l’entoure. Elle voudrait que l’ivresse de ce moment se prolonge à l’infini, mais à son grand regret, elle sent qu’il décélère déjà pour rejoindre le rivage.

— La nuit va tomber, chuchote-t-il à son oreille.

Effectivement, la végétation de l’île commence lentement à s’illuminer et les derniers rayons du soleil viennent déjà mourir sur l’océan en larges touches rouge sombre. Quand Aylan desserre son étreinte, elle se sent comme dépossédée, ramenée de force sur la terre ferme et sa triste réalité.

— Tu es très douée, lui dit-il sur le chemin du retour. La prochaine fois, tu pourras te lancer toute seule, je suis certain que tu ne tomberas pas.

Elle est flattée par son commentaire, mais une petite voix intérieure qu’elle fait taire aussitôt lui murmure qu’elle regrettera de ne plus sentir sa présence rassurante tout près d’elle. Quand ils arrivent devant chez elle, elle lui dit simplement :

— Merci pour cette journée. Vraiment, merci, grâce à toi j’ai pu oublier momentanément…

Elle s’interrompt car elle sent qu’elle va pleurer.

— Pour moi aussi, c’était une bonne journée. Tu sais pourquoi ? Parce que tu n’as pas arrêté de me dire merci et j’aime beaucoup ça, précise-t-il en lui faisant un clin d’œil.

— Alors merci encore.

— Sois courageuse, tu es beaucoup plus forte que tu ne le crois, ajoute-t-il d’une voix beaucoup plus sérieuse avant de s’éloigner.

Ballottée par des émotions contradictoires, Analia s’attarde quelques instants sur la terrasse avant de rentrer. Elle le regarde s’éloigner puis disparaître de son champ de vision. Depuis quelques semaines, sa vie a pris une étrange tournure : jamais elle n’a été aussi malheureuse et jamais, paradoxalement, elle n’a eu l’impression de vivre avec autant d’intensité.

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