Wird geladen
Startseite/ ALLE /Eden Island/Chapitre 16

Chapitre 16

15210689748
"Veröffentlichungsdatum: " 25.06.2021 20:03:27

Chapitre 16

« Eden Island est un concept totalement novateur qui ne peut, dans un premier temps, être compris de tous. Il est préférable que certaines données ne soient dévoilées qu’à un nombre restreint d’initiés, car l’incompréhension engendre la peur et la peur engendre la haine. »

Extrait du journal de Jonas Samson

La cérémonie est en train de s’achever devant le bâtiment central auquel on a donné une forme pyramidale dont chaque face est occupée par le visage surdimensionné d’un des trois disparus. Les membres du comité des Dix se tiennent alignés au pied du bâtiment dans la plus parfaite immobilité. Debout sur le parvis, les jumeaux Argoz et Gozrek, évoquent les qualités de chaque disparu tout en saluant le courage de leurs familles. Aylan regarde Jaine et Analia qui offrent au public un visage impassible. Il sent la petite main d’Aîko qui presse la sienne de façon sporadique. Bien qu’il s’efforce de calquer son attitude sur celle des adultes, le petit garçon peine à refouler ses larmes. Nilo, posté derrière sa fille, se contente d’observer la cérémonie d’un œil désabusé. Aylan doit absolument trouver un moment pour lui parler en tête à tête. Lui seul est susceptible de l’aider à entrer en contact avec Joao. Ne lui a-t-il pas dit à plusieurs reprises que l’archipel n’avait aucun secret pour lui ? Et il pense connaître suffisamment le vieil homme pour ne pas douter un seul instant qu’il se rangera de son côté afin de l’aider à franchir la barrière.

Il a passé une nuit sans sommeil à se demander pourquoi Joao se trouvait là. Il fallait forcément qu’il se soit passé quelque chose de grave sur l’île de Pedrosa pour qu’il se soit aventuré jusqu’à la barrière. Et il lui avait fait comprendre qu’il devait lui parler. Si l’île avait été attaquée, cela signifiait que sa mère et sa sœur avaient été ramenées dans un lieu dangereux. Quand il avait tenté de voir Naom, on lui avait répondu que ce dernier n’était pas encore rentré. Jaine avait essayé de le rassurer en lui expliquant qu’une mission à l’extérieur pouvait s’étaler sur plusieurs semaines, pour peu qu’ils aillent sur différentes îles. Elle connaissait bien Naom : jamais il ne les aurait abandonnées dans un lieu non sécurisé. Mais s’il n’avait pas eu le choix ? Même s’il bout d’une immense frustration mêlée de désespoir, il n’en reste pas moins parfaitement immobile en attendant que cette interminable cérémonie prenne fin. Alors qu’il balaie la foule d’un œil absent, il aperçoit Idrian encadré de deux adultes au regard méprisant qu’il devine être ses parents. L’adolescent le regarde fixement comme s’il lui déniait le droit de se trouver là. Choisissant délibérément de l’ignorer, il reporte son attention sur Aîko qu’il félicite pour son courage.

Alors qu’Argoz s’apprête à clôturer son discours, les visages affichés sur les murs du bâtiment disparaissent tout à coup. Les gens se regardent d’abord avec perplexité et, aux premiers murmures étonnés, succède bientôt une sorte de grondement stupéfait.

— Ce n’est pas possible, murmure Analia en regardant son poignet.

Aylan l’interroge du regard. Elle agite en retour son poignet devant lui.

— Les bracelets… les bracelets sont éteints ! Ce n’est jamais arrivé, explique-t-elle.

Une rumeur de plus en plus confuse bourdonne autour d’eux. Chacun, à l’image d’Analia, regarde son poignet puis celui de son voisin pour constater qu’en effet plus aucun voyant n’est allumé. Face à ce phénomène inexpliqué, l’anxiété gagne peu à peu la foule massée devant le bâtiment. Tous les membres du comité ont immédiatement quitté l’esplanade pour rentrer à l’intérieur du bâtiment. Seuls les deux jumeaux sont restés là, tentant de rassurer les habitants, mais leur discours, que les bracelets ont cessé d’amplifier, est devenu totalement inaudible.

— C’est forcément une panne du système central, explique Nilo en fronçant les sourcils. Ce n’est pas normal du tout, ça ! Ça ne peut être qu’un sabotage et ça veut dire que la barrière… est désactivée.

Aylan réagit instantanément à cette information. Peu lui importent les causes de la panne, la seule chose qu’il comprend est qu’elle peut lui permettre, de façon totalement inespérée, d’entrer enfin en contact avec Joao. S’il va chercher sa planche, il peut surfer jusqu’à la barrière, mais il faut qu’il agisse très vite avant que le courant ne soit rétabli. Il n’a pas la moindre idée du temps dont il dispose. Il doit prévenir Analia, mais avant qu’il n’ait eu le temps d’esquisser le moindre mouvement, deux solavions, tranchant le ciel comme des lames acérées, apparaissent au-dessus d’eux. Ils s’immobilisent pendant quelques secondes à une quinzaine de mètres au-dessus du sol. Le ciel semble alors se recouvrir d’une sorte de drap noir sur lequel apparaissent les contours flous d’une gigantesque figure s’apparentant davantage à une tête de mort qu’au visage d’un être vivant. Les gens, pétrifiés sur place, lèvent tous leurs yeux vers le ciel pour contempler la face monstrueuse qui flotte au-dessus d’eux. Soudain, une voix semblant jaillir de tous les haut-parleurs de l’île résonne sur la place :

« Jonas Samson, tu t’es pris pour Dieu, mais tu as oublié le Diable. »

Semblable à un masque grotesque, le visage se déforme dans le ciel, s’allonge, rapetisse comme s’il ne parvenait pas à prendre une forme définitive.

« L’heure de la vengeance a sonné ! Sache que nous sommes désormais capables de prendre le contrôle de l’île ! Les vagues d’attaque vont se succéder jusqu’à ce que ton troupeau bêlant soit décimé. »

Le visage semble soudain se déchirer en milliers de lambeaux sombres avant de disparaître aussi soudainement qu’il est apparu, et, dès que le ciel a retrouvé sa clarté, les deux solavions descendent brutalement sur la foule, obligeant les gens à se disperser dans le plus grand désordre. Quand ils se posent non loin du parvis, les forces de l’ordre hurlent en vain aux habitants de s’éloigner : la plupart sont tétanisés devant cette apparition aussi soudaine qu’inattendue. En s’ouvrant, les rampes du solavion déversent une vingtaine d’hommes vêtus de noir, le visage entièrement masqué, qui braquent aussitôt leurs armes sur le public. La panique est alors indescriptible. Des hurlements entrecoupés de détonations multiples s’élèvent de la foule. La foule, terrifiée, fuit de tous les côtés pendant que les inconnus tirent en rafale avec l’intention évidente de tuer le plus de monde possible.

— Ne restons pas là, suis-moi, hurle Aylan à Analia tout en prenant Aîko dans ses bras.

Sans plus réfléchir, il se met à courir en cherchant des yeux un endroit protégé où déposer le petit garçon. Des corps sans vie jonchent déjà le sol autour de lui. Le bruit des tirs semble s’intensifier encore, et, à tout instant, il s’attend à ressentir la brûlure caractéristique d’une balle dans son dos. Son cœur bat dans sa poitrine avec une intensité douloureuse. Il sent les bras d’Aîko accrochés autour de son cou : s’ils viennent à être touchés, il espère que son corps servira au moins de bouclier à celui de l’enfant. Il n’est pas certain qu’Analia l’ait suivi. Il n’a pas le temps de se tourner pour vérifier. Tout en poursuivant sa course, il scanne du regard son environnement immédiat essayant de déterminer où mettre l’enfant à l’abri et décide d’obliquer vers un bâtiment situé sur sa gauche. La foule est moins dense, car peu de gens semblent avoir choisi de se réfugier à cet endroit-là, préférant fuir vers le lagon. Sans cesser de courir, il pénètre à l’intérieur et cherche frénétiquement un renfoncement où cacher Aîko. Parvenu à l’étage, il examine les lieux et voit enfin ce qu’il cherche : une petite niche quasi invisible qui doit servir de lieu de rangement. Quand il peut enfin s’autoriser à regarder autour de lui, c’est pour constater qu’Analia n’est pas là.

— Tu vas devoir être un petit garçon très courageux, dit-il en regardant l’enfant dans les yeux. Tu vas rester caché là jusqu’à ce que je ramène ta famille. Ne bouge surtout pas.

— Sinon les méchants vont me tuer ? demande-t-il d’une voix chevrotante.

— Ils risquent de te faire du mal, oui. Mais si tu me promets de rester ici sans bouger, je peux aller chercher ta maman, ta sœur et ton grand-père.

L’enfant opine de la tête. La dernière image qu’emporte Aylan en repartant est son regard terrorisé alors qu’il tasse son corps minuscule au fond de la niche. Il aurait voulu le rassurer, le serrer encore un instant contre lui, mais il n’en a pas le temps. En priant intérieurement pour qu’il ne quitte pas sa cachette, il redescend au rez-de-chaussée. Quand il sort du bâtiment, les détonations lui vrillent à nouveau les tympans. Les forces de sécurité répliquent avec vigueur et plusieurs des assaillants gisent maintenant sur le sol. Aylan se penche sur un des hommes en noir pour s’emparer de son arme. La foule s’est dispersée. Plusieurs personnes, blessées, gémissent sans bouger, d’autres se penchent pour leur porter secours, une femme hurle debout sur la place, un homme est accroupi la tête dans ses bras, plusieurs corps désarticulés gisent à même le sol. Son cerveau enregistre inconsciemment tous ces détails pendant qu’il cherche vainement à repérer Analia, Jaine et Nilo. Son cœur bat la chamade et une sourde angoisse commence à lui serrer le ventre. Le lieu est différent, les conditions sont autres, mais cette scène lui rappelle douloureusement l’attaque de Pedrosa. Il espère de toutes ses forces qu’ils ont réussi à se cacher quelque part. Il continue à progresser sur l’esplanade, l’œil aux aguets. Au bout d’un moment, il les aperçoit enfin, blottis contre un mur, et il se précipite vers eux constatant avec soulagement qu’ils ne semblent pas blessés.

— Pourquoi ne m’as-tu pas suivi ? demande-t-il à Analia.

— Je ne pouvais pas les abandonner. Nilo ne va pas vite, c’était trop dangereux de traverser la place avec lui, alors on s’est caché là.

— Où est Aîko ? hurle Jaine. Dis-moi qu’il va bien.

— Il est à l’abri ne vous inquiétez pas, la rassure-t-il aussitôt, mais j’ai été obligé de le laisser seul, il doit être terrorisé. Je vais vous emmener près de lui. Suivez-moi !

— Allez-y vite, dit Nilo, laissez-moi ici, je ne risque rien, je suis un vieux fardeau sans intérêt.

— Fermez-la Nilo, elles ne vous laisseront jamais là, je n’ai pas d’autre choix que de vous emmener, affirme Aylan avec un demi-sourire qui fait grimacer le vieil homme.

Il passe fermement son bras sous l’épaule de Nilo et sans plus tenir compte de ses protestations, l’éloigne de la place en prenant soin de rester contre la paroi afin de se protéger d’une éventuelle attaque. Alors qu’il avance, il voit les deux solavions s’élever vers le ciel et disparaître à l’horizon. Cela signifie-t-il que les assaillants ont quitté les lieux ou les pilotes sont-ils simplement partis en abandonnant les hommes ?

— Ne te mets pas en danger pour moi, petit, dit le vieil homme. Protège Jaine et mes petits-enfants, c’est tout ce que je demande. Ma vieille carcasse ne vaut pas la peine que tu prennes des risques.

— La ferme Nilo, dit Aylan avec plus de tendresse que de colère. J’ai promis à Aîko de ramener la famille au complet et c’est bien ce que j’ai l’intention de faire. Restez bien près de moi, ajoute-t-il à l’adresse des deux femmes.

La fusillade s’est tue, mais il redoute qu’un ou plusieurs assaillants aient réussi à échapper aux forces de l’ordre. Aussi, pendant qu’ils progressent lentement vers le bâtiment, ne cesse-t-il de scruter les alentours comme un animal aux aguets. Les détonations ont cessé et les forces de l’ordre sont en train de sécuriser les lieux pendant que des soignants accourent auprès de blessés. Ils atteignent enfin le bâtiment et Jaine se précipite à l’intérieur en hurlant le nom de son fils.

— Il est à l’étage, venez, dit Aylan en s’élançant dans l’escalier.

Aussitôt arrivé, il se rue vers la petite niche, l’enfant est là, les yeux démesurément agrandis par la terreur.

— Viens mon grand, c’est fini, dit-il en ramenant son petit corps contre le sien avant de le confier aux bras de sa mère qui le serre convulsivement contre elle en sanglotant.

Puis ils retrouvent Analia et Nilo au rez-de-chaussée.

— Vous allez rester là pendant que je vais voir où ça en est à l’extérieur, ordonne Aylan.

— Non, tu restes ici avec nous, tu as assez pris de risque, proteste Analia.

— Elle a raison, renchérit sa mère, attends un peu ici, on est à l’abri.

— Je jette seulement un coup d’œil et je reviens dans quelques minutes, dit-il en pressant brièvement le bras de l’adolescente.

Il se retrouve à l’extérieur et constate que les secours ont évacué les blessés. Quelques personnes, le regard égaré sont encore sur la place. Parmi elles, il reconnaît Idrian qui, l’ayant vu à son tour, oblique vers lui. Mais instantanément, il aperçoit un homme en noir qui braque son arme sur ce dernier. Tout en hurlant à Idrian de se coucher, il tire en même temps que l’agresseur. L’homme s’écroule sur le sol et Aylan se précipite vers l’autre adolescent.

— Je crois que je suis blessé à la jambe, gémit ce dernier. Mais t’as dévié son tir, ç’aurait pu être bien pire.

Aylan aperçoit une grosse tache de sang qui commence à imprégner son uniforme à hauteur du genou.

— Il faut que je trouve quelqu’un pour soigner ça.

— Je t’en supplie, ne me laisse pas là, l’implore Idrian.

L’adolescent hoche la tête.

— Bon, je vais te mettre à l’abri à l’intérieur du bâtiment et ensuite je préviendrai les soignants. Tu crois que tu peux marcher si je te soutiens ? Sinon, j’essaie de trouver un soignant pour qu’il vienne ici.

— Non, je t’en conjure, ne m’abandonne pas. Aide-moi à entrer dans le bâtiment, implore Idrian en s’accrochant à son bras.

Quand il l’aide à se mettre debout, il voit son visage se contracter sous la douleur.

— C’est tout près. Je vais te soutenir, l’encourage-t-il.

Ils ont à peine fait quelques mètres quand il entend Idrian hurler :

— Attention !

Il se tourne aussitôt pour voir un homme masqué qui brandit une sorte de matraque sur lui. Il a juste le temps de tirer avant de ressentir une douleur fulgurante quand l’objet s’abat violemment sur sa tête. Il a d’abord l’impression que son crâne va exploser puis tout s’obscurcit et il s’écroule sur le sol.

Möchten Sie wissen, wie es weitergeht?
Weiterlesen
Vorheriges Kapitel
Nächstes Kapitel

Buch teilen mit

  • Facebook
  • Twitter
  • Whatsapp
  • Reddit
  • Copy Link

Aktuellstes Kapitel

Eden Island   Chapitre 30

Chapitre 30« Adam et Eve vivaient dans le jardin d’Eden, un lieu d’harmonie où la souffrance et la peur avaient été bannies. Mais un jour ils prirent la mauvaise décision et Dieu, à son grand regret, fut contraint de les chasser. Ainsi en va-t-il de chaque citoyen d’Eden Island qui ne respecte pas les règles édictées pour le bien commun. »Extrait du journal de Jonas SamsonUn silence écrasant règne à l’intérieur du solavion qui poursuit sa course linéaire dans le ciel azuré. Aylan et Analia sont debout contre des plaques métalliques les empêchant d’effectuer le moindre mouvement. Le même pansement à leur poignet droit témoigne de l’extraction du bracelet. De part et d’autre des deux prisonniers se tiennent les jumeaux Argoz et Gozrek. Shani et Joao sont tous deux assis face à eux. Ils sont montés quelques minutes avant le décollage et aucune parole n’a été échangée depuis. Analia qui pensait ne jamais les revoir ne comprend toujours pas ce qu’ils font là, mais elle s

Eden Island   Chapitre 29

Chapitre 29« Chaque décision humaine est lourde de conséquences : lorsque nous faisons des choix constructifs, nous bâtissons de solides fondations sur lesquelles les générations à venir pourront s’appuyer pour édifier sereinement le futur. Inversement, lorsque nous prenons des décisions déraisonnables, nous léguons à nos enfants et petits-enfants un fardeau dont ils auront du mal à se débarrasser. »Extrait du journal de Jonas SamsonAnalia observe les personnes assemblées devant elle. Jamais auparavant elle n’avait vu d’aussi près le comité des Dix. Eléa 2 se tient au centre, quatre femmes sont à sa droite, cinq hommes à sa gauche. Tous sont vêtus d’une sorte d’uniforme d’un noir si profond qu’il semble absorber la lumière. Quelques-uns semblent très âgés bien que leurs visages aient sans doute été plusieurs fois lissés grâce à des injections d’algoplast. Certains la dévisagent avec une sorte de curiosité un peu dédaigneuse alors que d’autres affectent la plus

Eden Island   Chapitre 28

Chapitre 28« Qu’est-ce qui définit le vivant si ce n’est sa capacité à s’adapter à son milieu en établissant sans cesse de nouvelles normes vitales ? Contrairement à une croyance largement répandue, la matière ne doit pas être conçue comme le contraire du vivant, mais comme son réceptacle. Elle est susceptible d’accueillir le vivant permettant ainsi de repousser les frontières entre la vie et la mort. »Extrait du journal de Jonas SamsonAu premier abord, la pièce dévoilée par la paroi semble totalement vide. Eléa 2 ainsi que les jumeaux ont pourtant l’air d’attendre quelque chose dans la plus parfaite immobilité. Les quatre adolescents, toujours prisonniers du champ de force, essaient d’accommoder leur vision à l’étrange pénombre bleutée qui les entoure sans pour autant parvenir à discerner quoi que ce soit.Au bout de quelques instants, cependant, il leur semble que la paroi qui leur fait face commence à se déformer. Elle se plisse de manière imperceptible, on

Eden Island   Chapitre 27

Chapitre 27« L’éthique et la morale varient en fonction de l’époque et du lieu où on se trouve. Ainsi les critères qui opposent le bien et le mal se modifient-ils en fonction des aspirations et des besoins d’une société. »Extrait du journal de Jonas Samson— Jeunes, sublimes et… stupides !Analia entend vaguement ces paroles prononcées d’un ton méprisant. Elle ouvre douloureusement les yeux pour découvrir le magnifique visage d’Elea 2 penché à quelques centimètres du sien. Son cerveau est tellement embrumé qu’elle se sent incapable d’avoir la moindre pensée cohérente. Une succession d’images confuses se bouscule dans sa tête : les corps flottant dans l’espace, la voûte étoilée, la fraîcheur de la nuit, la douceur du vent sur son visage et le bateau qui se métamorphose soudain en prison. L’effroi le plus total. Puis le noir complet. Elle fixe le visage aussi parfait qu’impassible qui se penche vers le sien en essayant de rassembler ses esprits malgré l

Eden Island   Chapitre 26

Chapitre 26« Qu’il soit végétal ou animal, le vivant est, par définition, dans un perpétuel devenir ; il se transforme, s’adapte, évolue. En abolissant les frontières entre ce qui est créé par la nature et ce qui est fabriqué par la main de l’homme, l’algoplast a révolutionné notre rapport à la matière. »Extrait du journal de Jonas Samson— « Merci à toi pour cette vie harmonieuse. Merci à toi de nous protéger. Merci à toi de nous éduquer… » C’est ce qu’on récitait chaque matin en arrivant au centre d’apprentissage quand j’étais en première année, précise Analia d’un ton sarcastique, j’ai répété ça des centaines de fois, et tu sais ce que c’est le pire ? C’est que je le pensais, je croyais vraiment que Jonas Samson était notre bienfaiteur ! Remarque, j’aurais dû me méfier, une autre phrase qu’on nous répétait tout le temps était : « rien ne se perd, tout se transforme » en même temps qui aurait pu imaginer que ça s’appliquait a

Eden Island   Chapitre 25

Chapitre 25« Rien ne périt jamais : les choses déjà existantes, une fois arrivées à leur terme, et ce, quelle que soit leur nature, se combinent à nouveau pour donner naissance à la matière. Ainsi le concept d’écologie intégrale vise-t-il à supprimer toute forme de gaspillage. Le recyclage total est la préoccupation première des dirigeants afin de pouvoir subvenir aux besoins de chacun sans plus jamais risquer de mettre en péril les ressources de la planète. »Extrait du journal de Jonas SamsonAylan s’approche d’Analia qui regarde toujours fixement quelque chose en contrebas. Quand l’adolescent, intrigué, se penche à son tour pour découvrir ce qu’elle peut bien observer ainsi, son sang se glace aussitôt, ses jambes se ramollissent et il est contraint de s’appuyer à la balustrade pour ne pas s’écrouler sur le sol.Les immenses parois en contrebas sont recouvertes de voyants lumineux, de manettes et d’étroits tuyaux bleutés. Mais ce n’est pas cela qui retient tou

Eden Island   Chapitre 24

Chapitre 24« L’algoplast constitue à lui seul 90 % des matériaux utilisés sur l’archipel. Son extrême flexibilité a permis de réaliser des structures mouvantes totalement innovantes. Les possibilités d’utilisation sont immenses et ouvrent la voie à des concepts inédits à ce jour. »Ex

Eden Island   Chapitre 23

Chapitre 23« Recyclage : toute opération de valorisation par laquelle les déchets, y compris les déchets organiques, sont retraités en substances, matières ou produits aux fins de leur fonction initiale ou à d’autres fins. »Extrait du journal de Jonas Samson— Mille mill

Eden Island   Chapitre 22

Chapitre 22« Le chaos mondial ne nous a laissé d’autre choix que d’envisager Eden Island comme un monde entièrement clos. Aucun résident ne peut entrer ou sortir sans accord préalable d’un membre du comité des Dix. »Extrait du journal de Jonas SamsonDepuis des heures, cette phras

Eden Island   Chapitre 21

Chapitre 21« L’archipel est un environnement hautement sécurisé. La violence du monde doit être tenue à l’extérieur, d’où l’absolue nécessité d’ériger une barrière infranchissable. »Extrait du journal de Jonas Samson— Je vais t’aider, mais avant tu vas me promettre une chose

Weitere Kapitel
Buch herunterladen
GoodNovel

Buch kostenlos herunterladen

Download
Suchen
Bibliothek
Stöbern
RomantikAlternativgeschichteUrbanWerwolfMafiaSystemFantasyLGBTQ+
Kurzgeschichten
LiebeskummerGeheimnisModerne StadtApokalypse-Überleb1enshort-Science-FictionLiebesroman0
ErstellenVorteile für Autor:innenWettbewerb
Beliebte Genres
RomantikAlternativgeschichteUrbanWerwolfMafiaSystem
Kontaktieren uns
Über unsHilfe & VorschlägeGeschäft
Ressourcen
Apps herunterladenVorteile für Autor:innenInhaltsrichtlinieTop-SuchanfragenFAQFAQ-IDFAQ-FILFAQ-THFAQ-JAFAQ-ARFAQ-ESFAQ-KOFAQ-DEFAQ-FRFAQ-PTGoodNovel vs Competitors
Community
Facebook Group
Folge uns
GoodNovel
Copyright ©‌ 2026 GoodNovel
Nutzungsbedingungen|Datenschutz