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Chapitre 19

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"Veröffentlichungsdatum: " 25.06.2021 20:03:28

Chapitre 19

« Quelles que soient les circonstances, les élans dictés par l’émotion ne doivent en aucun cas prévaloir sur les règles fixées par la société sous peine de déséquilibrer l’ordre établi et de sombrer dans le chaos. »

Extrait du journal de Jonas Samson

Lorsqu’elles débarquent avec les autres volontaires sur l’îlot réservé aux réfugiés, Shani et Analia savent qu’il faudra jouer serré si elles veulent entrer en contact avec Joao. En s’inscrivant au programme d’aide aux « résidents temporaires » – selon la formule officielle –, Shani n’avait tout d’abord pensé qu’à regagner les quelques voyants verts qui faisaient cruellement défaut à son bracelet. Elle devait également s’avouer qu’elle était curieuse de rencontrer dans la réalité ces gens dont elle voyait les visages décharnés lors des flashes spéciaux. Il se disait tellement de choses à leur sujet ! Puis elle avait naturellement inscrit sa meilleure amie, pensant qu’un tel projet serait susceptible de les rapprocher. Et quand elle était venue lui en parler, elle avait entendu qu’Aylan voulait entrer en contact avec l’un des migrants, et là, elle s’était dit que le hasard avait quand même sacrément bien organisé les choses. Si les deux adolescentes se trouvent sur l’îlot, c’est non seulement pour apporter leur aide, mais aussi pour trouver des réponses. Aylan compte sur elles, et elles ont bien l’intention de ne pas le décevoir, cependant, elles savent qu’il faut agir vite car les « résidents temporaires » vont très rapidement être expulsés.

Après avoir vérifié l’accréditation sur leur bracelet, un gardien leur indique leur mission qui est, a priori, d’une extrême simplicité : il s’agit de distribuer des pastilles hydratantes aux sans bracelet. C’est parfait en ce sens qu’elles vont pouvoir circuler librement. Chacune va couvrir une partie du camp avant de revenir exactement au même endroit pour reprendre la navette, l’îlot étant temporairement entouré d’un champ de force. « Il s’agirait pas que tous ces barbares s’éparpillent dans l’archipel », précise l’homme en jetant un regard méprisant vers les réfugiés. « D’ailleurs, ceux qui ont essayé de faire un petit plongeon pour aller visiter l’archipel sont vite revenus, un peu plus raides qu’au départ », ajoute-t-il avec un ricanement mauvais. Essayant tant bien que mal de masquer la répulsion que leur inspire le gardien, les deux adolescentes prennent les boîtes qu’il leur tend tout en écoutant ses dernières recommandations : aucun contact physique, rester neutre, parler peu, mais laisser traîner leurs oreilles au cas où elles glaneraient des informations. Elles se dirigent ensuite vers le camp en se demandant toutes deux quel genre d’information il espérait qu’elles lui rapportent. Qui, sur l’archipel, pouvait raisonnablement croire que ces pauvres misérables avaient quoi que ce soit à voir avec l’attentat ? Shani adresse un petit signe à son amie avant de s’éloigner de son côté.

Des abris gonflables bleus en forme de demi-sphères sont installés de part et d’autre du chemin et la plupart des gens restent assis, en groupe, à même le sol dans l’attitude résignée de ceux qui ne sont plus maîtres de leur destin. Bloqués entre deux mondes : rejetant celui qu’ils ont fui et rejetés par celui auquel ils aspirent. Enfermés dans le présent sans aucune maîtrise de leur avenir ! Par souci d’hygiène, on leur a fourni des combinaisons grises informes qui semblent contribuer à leur ôter toute identité. Ils ne sont pas maltraités, on les a nourris, on leur a permis de se laver, mais tout concourt à leur faire comprendre qu’ils ne sont aucunement à leur place dans cet archipel qui ne les tolèrera que très temporairement. Analia avance lentement, se penchant pour proposer les pastilles hydratantes que les gens regardent de prime abord avec méfiance. Elle prend alors le temps de leur en expliquer l’utilité, en particulier pour les enfants et les personnes âgées. Rassurés par son regard franc et son sourire encourageant, les réfugiés acceptent – pour la plupart – les pastilles qu’elle leur tend. Même si elle s’est préparée mentalement, le choc n’en est pas moins violent : elle sait qu’elle n’oubliera pas de sitôt les grands yeux des enfants qui la contemplent naïvement ou essaient de la toucher comme si elle était un être étrange et fascinant. C’est une chose de les voir sur un écran, c’en est une autre d’être confrontée aux mêmes êtres en chair et en os. La peau parcheminée d’une vieille femme dont le sourire révèle des dents noircies et clairsemées, le regard ouvertement hostile d’une adolescente aux yeux noirs, le rire insouciant de deux jeunes enfants aux boucles blondes qui ont improvisé un jeu avec quelques feuilles d’arbres. Un petit garçon pointant un doigt sur sa sœur en s’écriant « pan, t’es morte », sa mère le giflant plus fort que nécessaire puis serrant ses deux enfants en gémissant.

— Ils vont nous renvoyer, pas vrai ?

Analia baisse les yeux vers la jeune femme qui vient de s’adresser à elle. La peau hâlée, des yeux clairs, une épaisse chevelure rousse qui s’échappe d’un chignon qu’elle a maladroitement confectionné. Belle et fragile, elle tient un bébé endormi qu’elle a enveloppé dans une sorte d’écharpe. Ne sachant que répondre, l’adolescente se contente de hocher la tête.

— En nous chassant, ils condamnent mon bébé à mort, vous le savez ça ?

Elle dit cela d’une voix lasse tout en fixant Analia sans ciller.

— On est partis parce qu’il n’y a plus rien. On nous a pris le peu qu’on avait.

Elle s’interrompt pour regarder la pastille qu’elle tient dans la main.

— Avec ça, vous nous donnez quelques jours de vie de plus, c’est tout. Pourquoi ne pas nous laisser mourir là tout de suite ? Vous vous croyez plus humains juste parce que vous nous envoyez mourir loin de chez vous ?

Elle a prononcé ces paroles sans énervement, sur le ton du simple constat. Analia la fixe à son tour, incapable de trouver les mots justes. Tous les discours raisonnables des membres de la communauté sur la gestion des ressources, la nécessité de préserver leur mode de fonctionnement, s’effondrent soudainement dans les yeux clairs de cette jeune femme qui demande juste à préserver la vie du bébé qu’elle tient dans ses bras. Aussi se contente-t-elle de presser sa main en murmurant :

— Je suis désolée, je voudrais tellement faire plus pour vous aider, mais je n’ai aucun pouvoir.

— Vous m’avez écoutée, dit la femme d’une voix douce, vous êtes la première. Dites-leur qu’on n’a nulle part où aller. Peut-être que vous, ils vous écouteront.

Analia, désolée que la femme lui prête une importance qu’elle n’a pas, hoche la tête puis s’éloigne, les larmes aux yeux, honteuse d’une situation dont elle n’est aucunement responsable. « Rester neutre », avait dit le responsable. Mais comment s’y prenait-on pour rester neutre quand on était pour la première fois confrontée à la misère du monde ? Elle continue à distribuer des pastilles, s’efforçant d’agir comme un hologramme sans épaisseur ni état d’âme, simplement programmé pour accomplir sa mission. Elle regarde les gens qu’elle croise, fixant particulièrement les adolescents dans l’espoir de reconnaître Joao. Mais jusqu’à présent, aucun d’entre eux ne ressemble au jeune homme qu’Aylan lui a montré sur l’écran.

Shani a elle aussi quasiment terminé sa distribution et, dans quelques minutes, elle n’aura plus aucune excuse pour se trouver encore là. Elle a vainement cherché à reconnaître les traits de Joao dans le visage de chaque adolescent croisé dans le camp. S’apprêtant à faire demi-tour, elle jette un dernier regard circulaire, et là, contre toute attente, elle aperçoit le visage brun d’un jeune homme qui parle à une vieille femme et elle a immédiatement la certitude que c’est lui. Sachant qu’elle n’a pas une minute à perdre, elle s’approche rapidement de lui et pose la main sur son bras en demandant doucement :

— Joao ?

Il se tourne aussitôt vers elle pour la dévisager d’un air stupéfait.

— Je connais Aylan, enchaîne-t-elle aussitôt sans lui laisser le temps de réagir. Viens par-là, il faut que je te parle, je dois faire vite.

Toujours aussi abasourdi, il la suit derrière le bâtiment qui abrite les sanitaires.

— Aylan sait que je suis ici ? l’interroge-t-il aussitôt qu’il a repris ses esprits.

— Oui, il t’a vu dans un reportage, il a reconnu ton signe. On a très peu de temps, enchaîne-t-elle, je devrais déjà être revenue au bureau d’accueil. Pourquoi es-tu là ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

Il la scrute quelques secondes de ses yeux noirs en se demandant s’il peut lui faire confiance, mais il semble très vite comprendre qu’il n’a pas pas d’autre choix.

— Bon, si vraiment tu connais Aylan, dis-lui que Pedrosa a été attaquée par des hommes armés. Rien à voir avec les misérables qui étaient venus avant. Ceux-là étaient habillés comme vous, ils avaient une technologie avancée. Tu lui diras qu’Oren est leur prisonnier, ainsi que des hommes de votre île, ils ont pris leurs solavions.

— As-tu vu la mère et la sœur d’Aylan ? s’empresse de demander Shani. Elles auraient dû revenir avec ce solavion !

— Non, d’après le guetteur, il n’y avait que des hommes. Une fois que les attaques ont commencé dans les villages, une partie de la population s’est réfugiée sur l’autre côté de l’île, certains habitants avaient commencé il y a plusieurs mois à construire des radeaux en agglomérant les déchets, c’est comme ça qu’on est partis. Avant qu’ils nous repèrent…

— Vous avez dit tout ça aux représentants de l’archipel ?

— Oui, bien sûr, et ils ont demandé des tas de détails. On leur a dit tout ce qu’on savait et en échange on espérait qu’ils allaient nous aider… au lieu de quoi…

Joao s’interrompt, car plusieurs solavions viennent d’apparaître dans le ciel. Au même moment, debout sur des disques aériens, des représentants de la sécurité, armés d’objets semblables à des matraques, intiment aux réfugiés l’ordre de se mettre en rang.

— Ils vont nous chasser, crie une voix féminine.

— Vous ne pouvez pas faire ça, hurle une autre voix en écho. On n’a nulle part où aller !

Très vite, le brouhaha s’amplifie et les réfugiés, loin d’obéir aux ordres, se dispersent dans la plus grande confusion. Aussitôt apparaissent d’autres représentants de la sécurité, qui, après s’être positionnés en cercle autour de l’îlot, commencent à ramener les réfugiés vers le centre à l’aide des matraques qui envoient des décharges suffisamment puissantes pour les obliger à battre en retraite. Les solavions se sont posés à l’extrémité de l’îlot, leurs rampes d’accès ouvertes comme des gueules béantes, prêtes à ingérer tous ces corps humains dont l’archipel ne veut pas. Mais les réfugiés offrent une résistance inattendue. Certains se munissent de tout ce qu’ils trouvent sur le sol et l’utilisent comme projectile pour déstabiliser les hommes sur leurs disques volants. Même si cela n’a pas grand effet, cela contribue à semer un désordre suffisamment important pour ralentir l’évacuation.

Certains réfugiés sont déjà montés à bord des solavions sans offrir de résistance, alors que d’autres courent dans tous les sens ou tentent de se cacher sous les abris. Un homme se jette à l’eau, semble heurter quelque chose d’invisible et son corps sans vie est immédiatement rejeté sur l’île. Des cris retentissent, la confusion s’intensifie encore. Shani et Joao n’ont pas bougé d’un pouce. Dissimulés derrière le bâtiment, ils n’ont pas encore été repérés par les autorités. Soudain ils voient un adolescent s’élancer et, dans un bond formidable, parvenir à s’accrocher à un des disques volants. Celui-ci se met à tournoyer, déstabilisant ainsi son occupant qui tombe au sol à quelques centimètres d’eux. L’agresseur lâche aussitôt le disque qui vient à son tour s’écraser à leurs pieds. Il n’en faut pas plus pour que surgisse dans l’esprit de Shani une idée totalement insensée. Elle se penche et, sans plus réfléchir, entreprend de dévêtir l’homme inconscient qui vient de s’écrouler sur le sol.

— Mais qu’est-ce que tu fabriques ? demande Joao qui l’observe sans savoir comment réagir.

— Tu veux voir Aylan ou tu veux te faire embarquer dans un de ces engins ? l’interroge-t-elle en le regardant brièvement. Bon, je connais la réponse alors tu vas faire ce que je te dis. D’abord, mets le casque et enfile ça, ordonne-t-elle en lui tendant la combinaison qu’elle vient d’enlever à l’homme.

Joao s’exécute sans plus poser de questions.

— Mets vite les chaussures, c’est ça qui va te permettre de tenir sur le disque. Et prends la matraque aussi, ça pourra toujours servir.

Il continue à faire tout ce que lui ordonne cette fille dont il ne connaît pas même le prénom, comme s’il pressentait qu’elle était l’unique porte de sortie pour échapper à cette indescriptible pagaille. Une fois Joao habillé de pied en cap, le visage protégé par un casque et la matraque accrochée à sa ceinture, Shani s’approche de lui et enroule ses bras autour de son cou. Mais plus rien n’étonne l’adolescent qui se contente maintenant d’attendre la suite dans un mélange d’effroi, d’excitation et de totale incompréhension.

— Bon maintenant, tu vas me prendre dans tes bras, monter sur le disque et hurler aux autres que tu m’évacues, car je suis blessée.

— Mais, je ne sais même pas comment ça marche ! objecte-t-il.

— Prends-moi dans tes bras et monte sur le disque, je vais t’expliquer, dit-elle d’un ton qui n’admet pas de réplique.

Joao regarde autour de lui. L’agitation s’est encore amplifiée, les réfugiés qui étaient montés dans les avions redescendent et entrent à leur tour en résistance, attirant toute l’attention des représentants de la sécurité. Joao se dit qu’après tout, cette fille n’est peut-être pas aussi folle qu’elle en a l’air. Il la soulève comme il l’aurait fait d’une plume et monte sur le disque.

— Et maintenant ?

— C’est tes pieds qui donnent l’impulsion. Tu appuies avec le pied droit pour t’élever et tu penches ton corps pour imprimer la direction, c’est aussi simple que ça ! Tu n’as qu’à imaginer que c’est un solar-surf, à mon avis ça marche à peu près pareil.

Il donne une impulsion, beaucoup trop forte sans doute, car ils s’élèvent si brusquement qu’ils manquent de chavirer.

— Eh ! Fais attention !

— Désolé de ne pas être un champion de la conduite dans les airs, réplique Joao d’un ton agacé tout en s’efforçant de mieux maîtriser cet engin au demeurant assez sommaire.

— Eh, toi, qu’est-ce que tu fabriques ? lui demande un homme qui s’était approché sur son disque.

— Elle a reçu un projectile sur la tête, je l’évacue en urgence, dit Joao en montrant le corps de Shani semblable, dans ses bras, à une poupée désarticulée.

L’homme hésite l’espace d’une seconde, mais il ne semble pas avoir vraiment le temps d’approfondir la question.

— Ok, vas-y, dépêche-toi, mais arrête-toi sur l’îlot le plus proche et appelle les secours, vous n’irez pas loin à deux sur cet engin. Et reviens vite ici, on n’est pas assez nombreux.

Puis il oblique aussitôt pour poursuivre deux hommes qui courent vers le rivage.

— Il faut que tu montes au moins à quatre mètres, sinon on va se cogner dans le champ de force, murmure Shani sans quitter sa posture de pantin démantibulé.

Joao s’élève le plus possible et s’éloigne de l’îlot en espérant que personne ne remarque sa conduite chaloupée. La dernière chose qu’il entend est la voix métallique qui ordonne aux réfugiés de se réunir au centre de l’îlot faute de quoi les représentants de l’ordre se verront contraints de les neutraliser définitivement.

— Oblique vers la gauche, ordonne Shani qui s’est redressée, il a raison, on ne va pas pouvoir aller loin. Là-bas, vers l’îlot des anciens.

Joao, qui depuis quelques minutes, a l’impression de ne plus rien contrôler, fait machinalement tout ce qu’ordonne cette étrange fille. Il a compris d’instinct comment fonctionnait le disque volant et parvient à atteindre sans encombre l’îlot qu’elle lui a indiqué. Dès qu’ils sont posés, elle regarde autour d’elle avant d’ordonner :

— Par-là, suis-moi avant qu’on nous repère !

Elle le conduit à travers un jardin tropical et pendant qu’il zigzague au milieu de bassins remplis de nénuphars aux couleurs nacrées, Joao ne peut s’empêcher d’être frappé par la beauté du lieu. Même s’il n’y est pas le bienvenu, il se trouve bel et bien dans ce paradis dont il a tant rêvé. Quand ils arrivent près d’une étrange fontaine semblable à un rocher blanc et lisse autour duquel l’eau semble se jouer des lois de la pesanteur, elle s’approche de la cascade qui s’arrête miraculeusement à son contact et s’engouffre dans une cavité invisible de l’extérieur.

— Bon, pour le moment tu vas rester ici. Je ne sais pas s’ils nous ont repérés, mais de toute façon ça m’étonnerait qu’ils pensent à venir ici dans l’immédiat. L’îlot des anciens n’est pas très surveillé.

— D’accord, accepte Joao calmement, comme si la situation était on ne peut plus normale. Et après, c’est quoi la suite des évènements ?

Elle s’immobilise et le fixe quelques instants d’un air pensif. Puis elle lève les yeux au ciel en secouant sa chevelure brune avant de déclarer :

— Ça, je n’en ai pas la moindre idée pour l’instant !

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