Wird geladen
Startseite/ ALLE /Eden Island/Chapitre 12

Chapitre 12

15210689748
"Veröffentlichungsdatum: " 25.06.2021 20:03:26

Chapitre 12

« Dans un espace où chaque membre de la communauté doit être parfaitement protégé, une attention particulière sera portée aux anciens, afin de leur offrir les meilleures conditions de vie possible jusqu’au moment de leur extinction. »

Extrait du journal de Jonas Samson

Le vieillard se tourne et adresse un petit signe à Aylan.

— Viens donc un peu par ici, petit !

L’adolescent s’approche aussitôt de lui.

— C’est quoi exactement ta mission ?

— Je dois passer dans les différentes unités pour m’assurer que vous n’avez besoin de rien. Vous voulez quelque chose ?

— Ouais, j’ai besoin d’un peu de compagnie, c’est dans tes cordes ?

— Je pense que ça doit être possible ! répond Aylan en souriant.

Depuis qu’il effectue ses heures obligatoires au centre des anciens, il a croisé le vieil homme à quelques reprises. Il sait que c’est le grand-père d’Analia, mais jusqu’à ce jour ils n’ont guère eu l’occasion d’échanger. Le jeune homme est fasciné par son regard pétillant en total contraste avec les nombreuses rides qui sillonnent son visage. L’aspect fripé de ce dernier est d’autant plus surprenant qu’à Eden Island, tout le monde – y compris les personnes âgées – a une peau extrêmement lisse.

— Allons donc faire un tour dans le jardin ! propose Nilo.

— Je vous rappelle que vous devez prendre votre pilule dans vingt-cinq minutes, affirme une voix féminine qui semble sortir de la paroi.

— Bla, bla, bla, allez viens petit, allons prendre l’air, ça me fera certainement autant de bien que sa fichue pilule.

Aylan marche lentement pour régler son pas sur celui du vieil homme. L’îlot des anciens est organisé autour d’un parc qui offre une prodigieuse variété d’essences végétales. Il suffit de quelques pas pour voyager dans un univers de couleurs et de senteurs puis passer ensuite à un autre, tout différent. L’endroit respire la paix et la sérénité.

— Alors tu te plais au paradis ? demande Nilo.

Aylan sent que derrière l’apparente plaisanterie, il lui pose une vraie question, alors il prend le temps de réfléchir un peu avant de répondre.

— Hum, pour être honnête, je n’en sais rien. Je dois reconnaître que c’est fascinant, je découvre tout un tas de choses dont j’ignorais l’existence. Tout est simple, tout est beau, tout est sophistiqué, ajoute-t-il en regardant autour de lui. Pourtant je ne sais pas si j’aimerais passer toute ma vie ici. J’ai l’impression qu’il me manquerait quelque chose.

Le vieil homme s’arrête pour le regarder avec un air malicieux.

— Voilà qui est intéressant et il te manquerait quoi, d’après toi ? La liberté de choisir ce que tu veux ? de te sentir adulte et responsable ? le frisson du danger ?

— Je ne sais pas, c’est compliqué. Je ne connais pas assez votre communauté pour juger. Vous êtes tellement protégés que ça doit être un peu étouffant, à la longue, non ?

— Ah ça ! Tu sais qu’ils ont même supprimé les couteaux et tous les éléments tranchants pour ne pas que les gens se blessent ou se battent ? Il faut une autorisation spéciale, selon ta fonction, pour en avoir un ! Tu sais, nous les vieux, on doit porter une sorte de rembourrage à l’intérieur de notre uniforme pour amortir le choc en cas de chute ! Manque plus que le casque !

— Pas bête ! approuve Aylan en riant de bon cœur.

— Et s’il fait trop chaud, des micro-capteurs rafraîchissent immédiatement le corps, elle est pas belle la vie ? En fin de compte, tu sais ce qui me manque le plus ici ? Un bon os avec de la viande autour que j’arracherais avec les dents ! Ras-le-bol de leur nourriture molle, leurs carrés protéinés, leurs billes survitaminées… Ils connaissent rien à part les algues et le plancton ! dit-il en secouant la tête d’un air dégoûté.

Aylan regarde le vieil homme avec curiosité.

— Attendez, ça veut dire que vous étiez un sans bracelet, vous aussi ?

— Eh oui, petit ! Mais je suis enfermé derrière cette barrière depuis tellement longtemps que si je n’y prends pas garde, je finirais presque par oublier moi aussi qu’il existe autre chose !

— Pourquoi vous ont-ils recruté ? l’interroge Aylan de plus en plus intrigué par ce vieil homme.

— J’étais plongeur, figure-toi, et pas un petit plongeur, j’étais de ceux capables d’aller très profond et de rester longtemps sous l’eau. Sans me vanter, j’étais même de loin le meilleur. Alors ils sont venus me chercher et ils m’ont embauché pour contrôler la partie immergée de l’archipel. T’imagines pas tout ce qu’il y a sous tes pieds. Des bâtiments énormes reliés par des boyaux…

— La fameuse Centrale, c’est ça ?

— Oui, moi j’appelle ça le ventre : ça digère, ça régurgite, ça crée toujours de nouvelles choses… c’est là où tout commence et tout finit ! C’est immense là-dessous et plein de secrets. Mais moi, je me contentais de vérifier le bon état des matériaux.

— Pourquoi vous dites que c’est secret ? demande Aylan.

— Disons qu’il y a des endroits où toi et moi, on n’aura jamais le droit d’aller et quand on ne veut pas que les gens aillent partout c’est qu’on a des choses à cacher, non ?

— Peut-être, je ne sais pas. Mais vous vous êtes quand même plu ici, puisque vous êtes resté ?

— On peut pas dire que je me plais vraiment ici, non…, affirme Nilo en secouant la tête. Je n’aime pas la façon qu’ils ont de prendre les gens pour des gamins, ajoute-t-il en montrant son bracelet quasi dénué de voyants verts. La liberté, c’est quand même une belle chose !

— Pourquoi être resté, alors ?

— Ah ! Pourquoi ? L’éternel problème, mon p’tit gars : l’amour ! Eh oui, qu’une vieille carcasse comme moi parle d’amour, ça paraît déplacé, mais j’étais jeune à l’époque. Oh je voulais partir, ça oui… puis j’ai rencontré la grand-mère d’Analia et plus rien n’a eu d’importance hormis le fait d’être avec elle ! Elle s’appelait Rose-Aîmée, un nom prédestiné ! On en a eu des disputes, tu peux me croire, parce que mon comportement n’était pas conforme : à cause de moi on n’a jamais eu un nombre de famille en dessous de mille, mais on s’est aimés et ça, ça fait oublier tout le reste. Quand elle a disparu, il y a quelques années, j’étais trop vieux pour le dehors, je n’aurais même pas tenu une semaine, alors je suis resté ici.

Tout en parlant, ils s’installent sur un banc en face d’une sphère translucide sur laquelle glisse une cascade aux reflets irisés. Aylan écoute avec un intérêt croissant tout ce que lui dit le vieil homme, mais leur dialogue est soudain interrompu par l’apparition au milieu de la cascade d’un hologramme féminin au visage sévère :

— Vous avez quinze minutes de retard pour la prise de vos pilules, veuillez regagner sans délai le centre des anciens.

— Et il a vraiment fallu que je sois amoureux de Rosie pour supporter toutes leurs conneries ! Même maintenant, ils refusent de me laisser mourir en paix ! conclut le vieil homme en fixant la cascade d’un air mauvais.

Pendant qu’il aide Nilo à se lever, Aylan ne peut s’empêcher de lui demander :

— Vous êtes beaucoup plus âgé que les autres pensionnaires du centre ?

— Pas du tout. Pourquoi tu me demandes ça ?

En voyant l’air gêné de l’adolescent, il éclate d’un rire étonnamment juvénile.

— Ah, j’ai compris ! C’est parce que je suis très ridé ! Figure-toi que tout le monde ici, passé trente ans, a droit à sa petite injection annuelle d’algoplast. Lissage immédiat garanti. Et moi, non seulement je n’ai pas assez de crédit pour en obtenir, mais même si j’en avais, ça ne m’a jamais tenté qu’on me mette du plastique dans la peau pour la tirer ! Regarde-les, ils sont tous tellement lisses qu’ils ressemblent à des poissons ! Moi, je trouve que c’est pas si moche que ça, un vieux ! Les rides, c’est un peu la cartographie de ta vie, et la vie, crois-en mon expérience, ce n’est jamais lisse comme les eaux du lagon. Sauf ici, peut-être, ajoute-t-il en poussant un soupir désabusé.

Aylan approuve de la tête puis raccompagne le vieil homme. En le quittant, il lui promet de revenir rapidement pour une nouvelle promenade dans le parc afin de poursuivre leur conversation. Ensuite, il part vers l’îlot où doit avoir lieu son premier entraînement de solar-surf. En arrivant sur la berge, il constate qu’une sorte de piscine a été aménagée dans le lagon afin de reproduire artificiellement le mouvement des vagues. Plusieurs adolescents surfent déjà sur l’eau. Des adultes parmi lesquels il reconnaît Naom, observent les surfeurs en se déplaçant sur des disques volant à un mètre de l’eau. Plusieurs garçons et filles sont assis sur des estrades. De l’autre côté des gradins, il aperçoit le garçon qu’Analia est allée rejoindre le premier jour. Il est seul et semble regarder les adolescents qui s’entraînent sans vraiment les voir. Quand leurs regards se croisent, Aylan croit apercevoir dans ses yeux un éclair de colère. Cela le surprend, d’autant qu’ils ne se sont jamais adressé la parole. Naom regagne la rive et se dirige vers lui, une planche à la main.

Arrivé à sa hauteur, il le salue rapidement tout en lui tendant l’objet.

— C’est une planche intelligente de la cinquième génération. Elle va mémoriser tes mouvements et dans quelque temps, elle sera capable d’anticiper tes demandes. Dans une semaine ou deux, ce sera déjà une vieille amie, mais pour le moment, il faut que vous fassiez connaissance ! Allez, va l’essayer !

Aylan qui n’a jamais vu une telle planche s’exécute immédiatement. Au moment où il se lance sur l’eau, il est parfaitement conscient que tous les regards sont braqués sur lui. La planche, plus large et plus ergonomique que celle à laquelle il était habitué, lui procure des sensations nouvelles. Même s’il n’est pas encore familiarisé avec un appareil aussi sophistiqué, il en devine très vite toutes les possibilités. Il joue avec le poids de son corps pour juger de sa fiabilité et, très vite, oublie les spectateurs pour se laisser porter par les vagues. Comme elles sont beaucoup moins fortes que dans l’océan, il maîtrise chaque mouvement avec une déconcertante facilité, et retrouve l’enivrante sensation de jouer avec les éléments. Tandis qu’il expérimente différents mouvements, ses pensées le portent vers Joao. Comme il aurait aimé qu’il soit à ses côtés pour partager son émerveillement d’avoir accès à un tel jouet. S’il était là, il pourrait être lui-même et cesser d’afficher perpétuellement un air blasé ou indifférent face à tous ces regards condescendants. Il pourrait enfin sortir de la carapace qu’il a bâtie depuis son arrivée. Que fait Joao à cet instant précis ? Comment a évolué la situation sur l’île ? Son cerveau bouillonne de mille questions pendant que son corps danse avec les vagues.

— Je savais que je ne m’étais pas trompé en te recrutant !

Perdu dans ses pensées, il ne s’est pas rendu compte que Naom vole à ses côtés sur son disque noir.

— Ça suffit pour aujourd’hui ! Tu peux rentrer. Tu auras deux heures d’entraînement par jour, mais n’hésite pas à venir t’entraîner seul quand tu veux. Il suffira de badger ton bracelet, ainsi tu pourras entrer et récupérer ta planche. Je vais faire de toi un champion ! Crois-moi, je me trompe rarement !

Sans laisser le temps à Aylan de répondre, il s’éloigne vers d’autres surfeurs.

Quand l’adolescent regagne la berge, il constate que, pour la première fois, une lueur admirative a remplacé la condescendance dans les regards posés sur lui. Quelques spectateurs viennent même le féliciter. Alors qu’il s’éloigne, le cœur étonnamment léger, il entend qu’on l’interpelle :

— Je dois reconnaître que pour un barbare, tu surfes pas mal !

Quand il se retourne, il reconnaît le garçon qu’il avait aperçu sur les gradins quelques minutes auparavant.

— Tu essaies de me faire maladroitement un compliment ? répond Aylan avec un sourire ironique.

— Prends-le comme tu veux, mais n’espère surtout pas gagner quand ce sera une vraie course ! Tu ne seras jamais à la hauteur !

— Je vois, t’es le champion du coin et t’aimes pas la concurrence, c’est ça ? Pas de problème, on verra bien le jour de la course. Si t’es aussi bon que tu dis, t’as rien à craindre, pas vrai ? conclut Aylan en reprenant son chemin.

— Autre chose ! dit l’autre en le retenant par le bras.

— Quoi encore ? dit Aylan en se dégageant brusquement.

— Ne t’approche pas d’Analia !

— Tu n’aimes vraiment pas la concurrence, hein ? persifle-t-il en le regardant d’un air moqueur.

Il essaie de garder son calme, mais ce garçon avec ses grands airs et son ton menaçant commence vraiment à lui taper sur les nerfs.

— Difficile de pas l’approcher. J’habite chez elle, t’es au courant ? ajoute-t-il d’un ton provocant.

— C’est temporaire. Je répète, tu ne t’approches pas d’elle : elle mérite mieux qu’un barbare.

Cette fois, Aylan s’arrête et plonge son regard dans le sien.

— Elle mérite peut-être mieux, aussi, qu’un type qui la laisse perdre ses crédits à sa place, non ? demande-t-il en baissant les yeux vers le bracelet d’Idrian dont tous les voyants sont verts.

Ce dernier lève le bras comme s’il s’apprêtait à le frapper.

— Espèce de sale déchet !

— Eh, du calme ! Je ne suis peut-être qu’un barbare et un déchet, mais je sais que toute forme de violence est proscrite sur cette île. Pense à tes voyants avant de t’énerver !

L’autre baisse lentement le bras en lui lançant un regard de pure haine.

— Tu le paieras !

Aylan s’éloigne sans se donner la peine de répondre. Ce n’était peut-être pas très judicieux de se faire déjà un ennemi, mais il n’est pas mécontent de lui. Respecter les règles est une chose, se laisser humilier par le blanc-bec du coin en est une autre.

Il rejoint l’unité d’habitation en marchant lentement pour profiter des derniers rayons du soleil. Il a promis à Aîko de lui raconter dans le détail son premier entraînement, mais, quand il pénètre dans la maison, il est surpris par le silence anormal qui règne à l’intérieur. Jaine est pourtant là, ainsi qu’Aîko et Analia. Pourtant personne ne dit mot et tous trois ont les yeux rougis de larmes. Analia est la première à remarquer sa présence.

— Mon père n’est pas rentré de mission, annonce-t-elle d’une voix angoissée, son solavion est porté disparu.

Möchten Sie wissen, wie es weitergeht?
Weiterlesen
Vorheriges Kapitel
Nächstes Kapitel

Buch teilen mit

  • Facebook
  • Twitter
  • Whatsapp
  • Reddit
  • Copy Link

Aktuellstes Kapitel

Eden Island   Chapitre 30

Chapitre 30« Adam et Eve vivaient dans le jardin d’Eden, un lieu d’harmonie où la souffrance et la peur avaient été bannies. Mais un jour ils prirent la mauvaise décision et Dieu, à son grand regret, fut contraint de les chasser. Ainsi en va-t-il de chaque citoyen d’Eden Island qui ne respecte pas les règles édictées pour le bien commun. »Extrait du journal de Jonas SamsonUn silence écrasant règne à l’intérieur du solavion qui poursuit sa course linéaire dans le ciel azuré. Aylan et Analia sont debout contre des plaques métalliques les empêchant d’effectuer le moindre mouvement. Le même pansement à leur poignet droit témoigne de l’extraction du bracelet. De part et d’autre des deux prisonniers se tiennent les jumeaux Argoz et Gozrek. Shani et Joao sont tous deux assis face à eux. Ils sont montés quelques minutes avant le décollage et aucune parole n’a été échangée depuis. Analia qui pensait ne jamais les revoir ne comprend toujours pas ce qu’ils font là, mais elle s

Eden Island   Chapitre 29

Chapitre 29« Chaque décision humaine est lourde de conséquences : lorsque nous faisons des choix constructifs, nous bâtissons de solides fondations sur lesquelles les générations à venir pourront s’appuyer pour édifier sereinement le futur. Inversement, lorsque nous prenons des décisions déraisonnables, nous léguons à nos enfants et petits-enfants un fardeau dont ils auront du mal à se débarrasser. »Extrait du journal de Jonas SamsonAnalia observe les personnes assemblées devant elle. Jamais auparavant elle n’avait vu d’aussi près le comité des Dix. Eléa 2 se tient au centre, quatre femmes sont à sa droite, cinq hommes à sa gauche. Tous sont vêtus d’une sorte d’uniforme d’un noir si profond qu’il semble absorber la lumière. Quelques-uns semblent très âgés bien que leurs visages aient sans doute été plusieurs fois lissés grâce à des injections d’algoplast. Certains la dévisagent avec une sorte de curiosité un peu dédaigneuse alors que d’autres affectent la plus

Eden Island   Chapitre 28

Chapitre 28« Qu’est-ce qui définit le vivant si ce n’est sa capacité à s’adapter à son milieu en établissant sans cesse de nouvelles normes vitales ? Contrairement à une croyance largement répandue, la matière ne doit pas être conçue comme le contraire du vivant, mais comme son réceptacle. Elle est susceptible d’accueillir le vivant permettant ainsi de repousser les frontières entre la vie et la mort. »Extrait du journal de Jonas SamsonAu premier abord, la pièce dévoilée par la paroi semble totalement vide. Eléa 2 ainsi que les jumeaux ont pourtant l’air d’attendre quelque chose dans la plus parfaite immobilité. Les quatre adolescents, toujours prisonniers du champ de force, essaient d’accommoder leur vision à l’étrange pénombre bleutée qui les entoure sans pour autant parvenir à discerner quoi que ce soit.Au bout de quelques instants, cependant, il leur semble que la paroi qui leur fait face commence à se déformer. Elle se plisse de manière imperceptible, on

Eden Island   Chapitre 27

Chapitre 27« L’éthique et la morale varient en fonction de l’époque et du lieu où on se trouve. Ainsi les critères qui opposent le bien et le mal se modifient-ils en fonction des aspirations et des besoins d’une société. »Extrait du journal de Jonas Samson— Jeunes, sublimes et… stupides !Analia entend vaguement ces paroles prononcées d’un ton méprisant. Elle ouvre douloureusement les yeux pour découvrir le magnifique visage d’Elea 2 penché à quelques centimètres du sien. Son cerveau est tellement embrumé qu’elle se sent incapable d’avoir la moindre pensée cohérente. Une succession d’images confuses se bouscule dans sa tête : les corps flottant dans l’espace, la voûte étoilée, la fraîcheur de la nuit, la douceur du vent sur son visage et le bateau qui se métamorphose soudain en prison. L’effroi le plus total. Puis le noir complet. Elle fixe le visage aussi parfait qu’impassible qui se penche vers le sien en essayant de rassembler ses esprits malgré l

Eden Island   Chapitre 26

Chapitre 26« Qu’il soit végétal ou animal, le vivant est, par définition, dans un perpétuel devenir ; il se transforme, s’adapte, évolue. En abolissant les frontières entre ce qui est créé par la nature et ce qui est fabriqué par la main de l’homme, l’algoplast a révolutionné notre rapport à la matière. »Extrait du journal de Jonas Samson— « Merci à toi pour cette vie harmonieuse. Merci à toi de nous protéger. Merci à toi de nous éduquer… » C’est ce qu’on récitait chaque matin en arrivant au centre d’apprentissage quand j’étais en première année, précise Analia d’un ton sarcastique, j’ai répété ça des centaines de fois, et tu sais ce que c’est le pire ? C’est que je le pensais, je croyais vraiment que Jonas Samson était notre bienfaiteur ! Remarque, j’aurais dû me méfier, une autre phrase qu’on nous répétait tout le temps était : « rien ne se perd, tout se transforme » en même temps qui aurait pu imaginer que ça s’appliquait a

Eden Island   Chapitre 25

Chapitre 25« Rien ne périt jamais : les choses déjà existantes, une fois arrivées à leur terme, et ce, quelle que soit leur nature, se combinent à nouveau pour donner naissance à la matière. Ainsi le concept d’écologie intégrale vise-t-il à supprimer toute forme de gaspillage. Le recyclage total est la préoccupation première des dirigeants afin de pouvoir subvenir aux besoins de chacun sans plus jamais risquer de mettre en péril les ressources de la planète. »Extrait du journal de Jonas SamsonAylan s’approche d’Analia qui regarde toujours fixement quelque chose en contrebas. Quand l’adolescent, intrigué, se penche à son tour pour découvrir ce qu’elle peut bien observer ainsi, son sang se glace aussitôt, ses jambes se ramollissent et il est contraint de s’appuyer à la balustrade pour ne pas s’écrouler sur le sol.Les immenses parois en contrebas sont recouvertes de voyants lumineux, de manettes et d’étroits tuyaux bleutés. Mais ce n’est pas cela qui retient tou

Eden Island   Chapitre 11

Chapitre 11« Le fait de remplacer les noms de famille par des numéros permet une meilleure hiérarchisation des strates de la communauté, d’autant plus que ces numéros sont susceptibles d’évoluer à chaque session d’évaluation en fonction des données récoltées. »Extrait du journal de J

Eden Island   Chapitre 10

Chapitre 10« Ils avaient fait de la Terre une immense décharge. C’est en recyclant des déchets du passé que nous avons construit le paradis. »Extrait du journal de Jonas SamsonInstallé pour la toute première fois dans l’hydrobulle collectif, Aylan observe d’un œil intrigué les vo

Eden Island   Chapitre 9

Chapitre 9« Les règles de la communauté sont édictées par le comité des Dix, regroupement de sages qui n’ont d’autre motivation que le bien commun. Chaque membre, en les respectant strictement, trouvera son propre épanouissement dans la recherche de l’intérêt général. »Extrait du jou

Eden Island   Chapitre 8

Chapitre 8« La communauté est semblable à un organisme vivant. L’introduction de tout élément extérieur fera l’objet d’un processus spécifique afin de vérifier qu’il est pleinement assimilable et ne présente aucun danger. »Extrait du journal de Jonas Samson— C’est beau

Weitere Kapitel
Buch herunterladen
GoodNovel

Buch kostenlos herunterladen

Download
Suchen
Bibliothek
Stöbern
RomantikAlternativgeschichteUrbanWerwolfMafiaSystemFantasyLGBTQ+
Kurzgeschichten
LiebeskummerGeheimnisModerne StadtApokalypse-Überleb1enshort-Science-FictionLiebesroman0
ErstellenVorteile für Autor:innenWettbewerb
Beliebte Genres
RomantikAlternativgeschichteUrbanWerwolfMafiaSystem
Kontaktieren uns
Über unsHilfe & VorschlägeGeschäft
Ressourcen
Apps herunterladenVorteile für Autor:innenInhaltsrichtlinieTop-SuchanfragenFAQFAQ-IDFAQ-FILFAQ-THFAQ-JAFAQ-ARFAQ-ESFAQ-KOFAQ-DEFAQ-FRFAQ-PTGoodNovel vs Competitors
Community
Facebook Group
Folge uns
GoodNovel
Copyright ©‌ 2026 GoodNovel
Nutzungsbedingungen|Datenschutz