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Beranda/ Semua /Surnaturels #1Mystères Partie1/Chapitre 39Folie meurtriere

Chapitre 39Folie meurtriere

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"Tanggal publikasi: " 2021-06-25 20:56:58
Chapitre 39Folie meurtriere

J’ouvre mes yeux sur un espace clos. Froid. Sans vie et abandonné. Ou presque. Un vieux berceau terni par les années se tient dans un coin. Je sais exactement où je suis. Je savais que cela se reproduirait, mais je n’imaginais pas aussi rapidement. Je baisse le regard sur mes jambes pour constater, à mon plus grand soulagement, qu’elles ne sont pas ligotées. Et aucune chaise à l’horizon. Je suis tout simplement assise sur le sol froid. Le berceau est le seul meuble de la pièce. Si Isaac dit vrai et que je suis bien victime d’une effraction de rêve, cela veut donc dire que Mélodie créée ce cauchemar de toutes pièces. Le berceau qui figure dans cet endroit n’est donc pas là pour rien.

Je me relève, à l’affût du moindre bruit susceptible d’annoncer la venue de la Démone. Pour le moment, il n’y a personne. Elle ne doit pas savoir que je suis réveillée. Il faut dire que contrairement à la dernière fois, je n’ai pas fait de bruit. Isaac m’a bien expliqué qu’ici, il ne pouvait rien m’arriver. Et je le crois. Tout ce que je dois faire, c’est garder mon calme. Je m’approche précautionneusement du berceau et fais glisser ma main sur la peinture écaillée du bois terni. Lorsque je la retire, elle est pleine de poussière. Ce berceau n’a décidément pas servi depuis longtemps. Pourquoi Mélodie a-t-elle choisi de le mettre dans son effraction de rêve ?

— C’était le mien, s’exclame une voix froide derrière mon dos.

Je me retourne brusquement. Elle porte une tenue bien différente de la dernière fois. Elle est vêtue d’une grande robe noire, qui traîne gracieusement derrière elle. Un mince filet de dentelle laisse apercevoir son nombril. Ses cheveux bruns sont lissés à la perfection, et ses yeux marron, presque noirs, sont encadrés par un épais trait d’eye-liner. Je ne lui connaissais pas un tel penchant pour les goûts sophistiqués.

— Rectification. C’était censé être le mien, corrige-t-elle, en insistant bien sur le mot « censé ».

Je suppose qu’il doit avoir une grande valeur symbolique à ses yeux. Après tout, si sa mère n’avait pas été obligée de l’abandonner sur Terre à cause de la menace des anciens Surnaturels, elle aurait dû y passer ces premières années. Mais pourquoi me raconter ça ? Je doute sérieusement qu’elle m’ait amené ici pour parler de son meuble d’enfance.

— Tu dois sûrement te poser beaucoup de questions, reprend-elle. Contrairement à ton prince charmant, moi, je suis tout à fait apte à y répondre !

— Excuse-moi... À mon quoi ?

— Ton prince charmant ! Ne fais pas l’ignorante, tu sais très bien de qui je parle.

Bien sûr que oui, je le sais. Ce que je me demande, c’est comment est-elle au courant ?

— Comment se fait-il que tu sois au courant de tout ? À chaque fois que nous préparons quelque chose, tu sembles avoir un pas d’avance sur nous ! m’emporté-je. Et visiblement, ma vie privée ne l’es pas pour toi !

Mélodie sourit à ma remarque. Elle joue avec ses cheveux, le regard perfide et calculateur.

— Dans un sens, je peux comprendre ton prince charmant. Certaines questions doivent rester sans réponse.

— À quoi cela sert-il d’en poser si tu n’y réponds même pas ? m’énervé-je.

Ma respiration commence à s’accélérer. Je dois me calmer, reprendre le contrôle. Si je veux garder une totale maîtrise de la situation, je ne dois pas me mettre en colère. Ce n’est qu’un rêve, ce n’est qu’un rêve…

— Je n’ai jamais dit que je répondrai à cette question, rétorque Mélodie. Nous étions parties sur le berceau.

— Je peux savoir ce que je fais ici ?

— Le berceau ne t’intéresse plus ?

— Je veux savoir ce que je fais ici ! répété-je, sentant la rage bouillonner à l’intérieur de mes organes.

Calme-toi. Dès que je suis proche de Mélodie, j’ai l’impression que mes pulsions de violences veulent se réveiller.

— Cet endroit est une véritable pièce du château, annonce-t-elle soudainement, n’ayant visiblement rien à faire de mes questions. Elle a été construite à la création de l’Imposant et n’a pas changé d’un pouce. Je me suis contenté de la retranscrire ici, dans ce rêve.

D’une démarche assurée, elle s’avance. Ses talons claquent sur le sol froid de la salle. Ses yeux balaient les recoins les plus sombres et finissent par se poser derrière moi. Sur son berceau.

— Toujours les mêmes murs, le même sol, les mêmes couleurs, la même température, la même atmosphère. À ceci près qu’elle s’est dégradée depuis que ma mère est morte. Ma vraie mère. Celle que ton espèce a éliminée, précise-t-elle.

Elle me fusille du regard.

— Je ne suis pas une Surnaturelle.

— Tu traînes avec les Surnaturels, ce qui revient au même, ajoute-t-elle avec dégoût.

— Ta mère est morte parce qu’elle faisait régner la mort sur Réturis.

— Ma mère est morte parce qu’elle est née Démone ! hurle Mélodie, ses yeux marron virant au rouge foncé. Toi, mieux que quiconque, devrais le comprendre ! On ne peut pas échapper à ce que l’on est ! On ne peut pas échapper à son destin ! Tu es née Gémone, tu n’as pas pu y échapper, et tu n’y échapperas jamais ! C’est exactement pareil pour ma mère ! Elle est simplement née dans la mauvaise peau ! Rappelle-moi quel est le destin des Démones ?

Mélodie marque une pause et franchit les quelques centimètres qui nous séparaient, les yeux fous de rage. Je recule et me heurte au vieux berceau. Elle se penche sur moi, menaçante. Et sans crier gare, elle m’attrape brutalement les poignets pour y enfoncer ses longs ongles vernis de rouges. Je me mords la lèvre inférieure, tentant de me persuader que ce n’est qu’une illusion. Elle ne peut pas me faire de mal. La douleur n’est qu’illusion, elle n’existe que dans ma tête.

— Mourir sous la main des Surnaturels ! Voilà leur destin ! reprend Mélodie, crachant ses dernières paroles sur mon visage.

J’ose à peine la regarder. Mais comment ai-je pu être amie durant des années avec une fille pareille ?

— As-tu la moindre idée de ce que cela fait, d’être condamnée à un tel destin ? continue-t-elle, serrant son emprise sur mes poignets. Sans possibilité d’en réchapper ? Ma mère comptait changer cela ! Elle a réussi à accumuler une immense quantité de pouvoirs, mais elle n’a malheureusement pas pu aller au bout de ce qu’elle avait prévu. Alors je compte bien finir ce qu’elle a commencé !

— Je ne comprends pas. Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Je vais inverser la tendance ! s’exclame Mélodie, un sourire de bonheur absolu étirant ses lèvres. Je vais changer le destin de toutes les futures Démones à venir !

— Qu’est-ce que tu comptes faire, exactement ?

Mélodie enfonce davantage ses ongles dans ma peau, mais cela ne me fait désormais ni chaud ni froid. Je ne ressens aucune douleur.

— Ce que toutes les Démones avant moi ont essayé d’accomplir, me répond-elle. Mais à leur différence, moi, je vais réussir ! Ils leur manquaient un élément pour aller au bout du projet, mais aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir cet élément juste en face de moi, sourit-elle. Grâce à toi, je vais pouvoir accomplir le rêve de toutes les Démones qui m’ont précédé. Et celles qui me succéderont pourront enfin vivre sans avoir à se soucier de la menace que pourraient représenter les Surnaturels sur elles !

Grâce à moi ? À quoi puis-je bien lui servir ? Elle veut manifestement que je l’aide à accomplir quelque chose qu’elle ne peut pas faire seule, mais je ne parviens pas à l’identifier. Le pire, c’est qu’elle semble sûre d’elle. Elle a l’air persuadée que je vais être de la partie. Que je vais l’aider.

— Si tu crois que je vais faire sans discuter ce que tu attends de moi, tu te trompes !

Mélodie se met à rire à gorge déployée. Elle me lâche les poignets et rigole, rigole, et rigole encore. Elle ne s’arrête que pour insinuer ce que je redoute au plus profond de mon cœur.

— Il me semble que Tessia n’est jamais rentrée au Majestueux... Et Cassie non plus, d’ailleurs.

— Elles ont disparu lorsque tu étais encore dans le coma, tu ne pouvais pas…

— C’est vrai, me coupe-t-elle, mais cela ne m’empêche pas de savoir où elles se trouvent.

Comment fait-elle, à chaque fois, pour réussir à retourner la situation à son avantage ? Elle m’exaspère. Mais qui me dit qu’il ne s’agit pas là d’une supercherie ? Après tout, elle a l’air d’exceller dans ce rôle.

— Oh, je sais ce que tu es en train de te dire, continue-t-elle d’un ton soudain plus froid, mais sans pour autant se dévêtir de son air victorieux. La Démone est une menteuse, un être sournois, on ne peut pas lui faire confiance ! ricane-t-elle amèrement. Si tu ne veux pas me croire, c’est ton choix.

Elle hausse les sourcils puis s’éloigne, la démarche cependant plus lente que tout à l’heure. Elle espère sûrement que je la rappelle. Et je sais que je ne devrais pas. Mais je ne peux pas passer à côté d’un moyen de sauver ma sœur et Cassie. Je ne peux pas courir ce risque par simple fierté.

— Très bien, admettons que je te crois. Qu’est-ce que tu attends de moi ?

Mélodie fait volte-face, un sourire satisfait au coin des lèvres.

— Ce n’est pas bien compliqué. Pour commencer, je veux que tu arrêtes de te planquer.

— Me planquer ?

— Derrière tes petits acolytes, les Surnaturels ! Je veux que tu te battes. J’aimerais, si ce n’est pas trop demandé, que tu élimines au moins un de mes adorables trénones qui se baladent au Majestueux en ce moment ! Au moins un, insiste-t-elle. Et je te dirai où trouver ta sœur.

— Et comment puis-je être sûre que... Attends, quoi ? Tes monstres sont actuellement dans le château ?

Mélodie hoche la tête, éclate de rire, et s’évapore dans une épaisse fumée rouge. Je n’ai pas le temps de la rappeler que la pièce se met à tourner autour de moi. Les murs, le sol, le vieux berceau, les particules de poussière, tout. Je ne distingue plus rien.

Et je me réveille en sursaut, le cœur battant à tout rompre. Contrairement à la fois dernière, je n’ai pas perdu la mémoire. Les souvenirs sont encore frais. Je m’extirpe brusquement des couvertures et enfile mes affaires de la journée, étalées en vrac sur le sol de ma chambre.

Je fais coulisser la porte, silencieusement, afin d’éviter de réveiller les autres. Inutile de les alarmer s’il ne se passe rien de grave, car techniquement, je ne suis pas encore sûre que Mélodie ait dit la vérité. Et c’est justement ce dont je vais m’assurer. Je jette un œil à ma montre, pour découvrir qu’il n’est que minuit passé. Je pensais qu’il était plus tard que ça. Je longe le dortoir d’un pas plus pressé. Je dois voir Isaac. Il est le seul au courant de mes effractions de rêve. Il n’y a que lui qui puisse m’aider.

Le problème, c’est que j’ignore où il se trouve. Il m’a dit que je pouvais aller le voir à toute heure du jour ou de la nuit, et c’est bien gentil, mais je ne sais pas où il dort ! Je m’arrête à la fin du couloir, juste au bord du grand escalier. Je viens de sentir quelque chose. Une vibration. Légère, mais présente. Je me retourne. J’esquisse quelques pas en direction du dortoir. Le signal devient plus fort. Je passe devant la chambre de Maximilien, puis celle d’Edden, avant de m’arrêter devant celle de Cassie. La vibration vient de là. Des milliers de fourmillements me traversent le corps, m’indiquant que je suis au bon endroit.

La dernière fois que j’avais ressenti quelque chose de semblable, c’était lorsque je cherchais la Chronosée. Après avoir hésité un moment, je décide de faire coulisser la porte. Les volets de la fenêtre de la chambre ne sont pas fermés. La lune reflète toute sa lumière dans la pièce. J’écarquille les yeux et m’avance prudemment vers le lit, pour être sûre de ce que je vois. Une forme masculine y dort profondément. Isaac. Je l’ai trouvé ! Les fourmillements de mon corps commencent alors à disparaître. Je me rapproche afin de poser une main sur son épaule. Il m’a l’air bien endormi. Le voir ainsi, étendu sur le côté, paisible, les cheveux décoiffés et la bouche à moitié ouverte, ne me donne aucunement envie de le réveiller. Malheureusement, je dois le faire.

Je le secoue donc légèrement une première fois, tout en chuchotant son prénom. Aucune réaction de sa part. Je renouvelle l’opération, deux, trois fois, avant de me rendre à l’évidence. Il est vraiment profondément endormi. Je prononce son prénom, cette fois-ci, à voix haute. J’obtiens un léger froncement de sourcil de sa part, puis un mouvement. Je m’écarte pour lui laisser la place de se redresser, mais je me rends vite compte qu’il ne fait que changer de côté. Bon. Il l’aura bien cherché. Je fais un petit mouvement du poignet pour l’échauffer et le préparer à l’impact, puis je l’envoie brutalement dans son épaule. Isaac se redresse d’un bond et ouvre des yeux déconcertés sur ma silhouette.

— Tu m’as frappé ! s’exclame-t-il, d’un ton plus accusateur qu’interrogateur.

— Tu ne voulais pas ouvrir les yeux, alors j’ai employé les grands moyens.

— Les grands moyens ? T’es sûre que tu ne pouvais pas te contenter d’un petit coup ? Mon épaule va avoir du mal à s’en remettre, se plaint-il, la voix plus grave que d’habitude. Qu’est-ce que tu fais ici en plein milieu de...

Isaac s’interrompt.

— Tu as fait un autre rêve, c’est ça ? comprend-il. Raconte-moi.

— Oui, j’en ai fait un autre. Mais... il faut que tu te lèves. Je te raconterai en chemin !

Isaac fronce les sourcils et me supplie du regard de lui donner plus de détails, mais je me contente de garder le silence. Il vaut mieux qu’il se lève et que je lui raconte tout en chemin, on gagnera du temps. Comprenant qu’il n’obtiendra rien de moi, Isaac finit par capituler. Il dégage les couvertures de son corps afin de sortir du lit. Moi, je file déjà vers le seuil de la porte.

— Je suis désolée de débarquer comme ça, en pleine nuit, mais je ne l’aurais jamais fait si ce n’était pas important ! dis-je. Mélodie est revenue me voir, mais elle n’a pas tenu le même discours que la dernière f...

— Excuse-moi de t’interrompre, mais tu permets que j’enfile quelque chose ? me demande Isaac, sur un ton légèrement amusé.

Je reviens sur mes pas et promène mon regard sur sa silhouette. Il n’est vêtu que d’un boxer. Oh. Je hoche la tête et m’efforce de ne pas trop le regarder, préférant poser mes yeux sur le mobilier de la chambre. Oui, regarder une armoire est beaucoup plus intéressant. Sauf qu’il se dirige maintenant vers ladite armoire. Il l’ouvre pour en dégoter un pantalon et un tee-shirt noir uni. Mes yeux virent sur le bureau qui se situe à côté, à l’angle de la pièce. Un bureau, c’est tout aussi intéressant à regarder qu’une armoire. Une fois Isaac habillé, nous quittons enfin la chambre.

— Je sais que ça va te paraître étrange, mais Mélodie est venue me prévenir qu’elle avait envoyé des trénones dans le château.

Isaac s’arrête net.

— Quoi ? Ce n’est pas logique, pourquoi te l’aurait-elle dit ?

Je hausse les épaules, lui signifiant que je n’en sais pas plus. Il se remet en marche, direction le grand escalier menant au hall. Quant à moi, je reste plantée là, à me demander s’il ne serait pas mieux de dire toute la vérité et aborder le marché que m’a proposé Mélodie. Si je lui dis que cette dernière sait où se trouvent Cassie et Tessia, il va sûrement se douter que je dois faire quelque chose en échange de l’information. De plus, s’il y a bel et bien des trénones dans le château, il ne voudra jamais que j’en élimine un. Il cherchera d’emblée à me protéger. Je le connais. Il ne vaut mieux donc rien dévoiler pour le moment…

— Evalina ? Tu viens ? m’appelle Isaac. Il faut qu’on aille vérifier en bas !

Je le rejoins aussitôt, l’esprit en ébullition.

— Si tu veux mon avis, je pense que la Démone ne cherchait qu’à te faire peur. Il n’y a pas de trénones dans le château, l’alarme se serait déclenchée.

Il n’a pas tout à fait tort. Mais peut-être ont-ils trouvé un moyen de ne pas la faire sonner ? Tout est possible, nous ne sommes à l’abri de rien.

— Mais tu as raison, c’est toujours mieux d’aller vérifier, continue Isaac, réprimant un léger bâillement. À ce propos, je t’avais dit où je dormais ? Je ne me souviens pas t’en avoir parlé.

— Un lien m’a conduit jusqu’à toi... une vibration, pour être plus précise. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive... Je pense que ça doit faire partie de mes dons.

— Oh... Et pourquoi tu n’es pas partie réveiller quelqu’un d’autre ? me demande-t-il subitement, descendant les marches de l’escalier une à une.

Je fronce les sourcils. La réponse me paraît évidente.

— Tu m’as dit que je pouvais venir te voir dès que ça recommençait. Il n’y a que toi à être au courant des effractions de rêve, je n’avais pas le temps d’aller voir quelqu’un d’autre et de lui expliquer ce que tu sais déjà. Mais si ça te pose un problème, la prochaine fois…

— Non ! s’écrie brusquement Isaac, avant de se radoucir. Non, je... ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. C’est juste que tu as l’air... d’être très proche des autres. Beaucoup d’entre eux ne me font pas encore confiance suite à ce qui s’est passé à l’Imposant. Donc je pensais que toi non plus…

Il descend la dernière marche et pose un pied sur le sol dallé du hall d’entrée, l’air hésitant.

— Isaac, mais qu’est-ce que tu racontes ? le coupé-je. Bien sûr que je te fais confiance ! La question ne se pose même pas !

— Ils voulaient tous me tuer, Evalina ! Même Angie, soupire-t-il. Ils étaient prêts à me tuer pour te protéger. Et je les comprends, j’ai vécu des années à l’Isolement ! Le fait d’être maintenant lié à la Démone n’arrange pas non plus mes affaires...

— Laisse-leur un peu de temps, ils finiront bien par se convaincre que tu n’es pas quelqu’un de méchant et que tu es de notre côté. Quant à Angie, ce n’est pas vrai ! Il n’a pas cessé de repousser le moment où il allait devoir te combattre ! Même quand il a dû y aller et qu’il te tenait contre ce mur... il n’a pas pu le faire.

Je m’interromps et pose une main sur son bras. Isaac a fermé les yeux, acculé par le flot de souvenirs qui doit refaire surface. Je n’aime pas le voir ainsi. Tout à coup, un bruit indescriptible se fait entendre à l’extérieur du château. Isaac me fait signe de me taire, puis il passe devant, en direction de la grande porte. Je le suis, les sens aux aguets. Le bruit venait peut-être d’un trénone ? Si l’alarme n’a pas été déclenchée, c’est qu’ils n’ont pas franchi le seuil de la porte, mais rien n’empêche qu’ils puissent patienter sagement à l’extérieur. J’espère que j’ai tort. Le responsable de ce bruit n’est peut-être qu’un chat égaré... si tant est qu’il y en ait à Réturis.

Isaac pose la main sur la poignée de la porte puis la tire sur le côté pour la faire coulisser. Il avance sa tête à l’extérieur. Visiblement, toujours aucun monstre en vue. Il se retourne et me jette un regard semblant vouloir dire « reste bien derrière moi ». Mais bien évidemment, je ne l’écoute pas. Je l’accompagne. Isaac franchi le seuil de la porte et effectue quelques pas sur les marches en pierre de l’entrée, les yeux furetant le paysage d’arbres et de buissons en spirale. Je m’aventure silencieusement après lui, tentant d’y voir quelque chose à travers l’obscurité de la nuit. Isaac hausse les épaules et finit par murmurer :

— Il devait sans doute y avoir du vent et quelque chose à dû...

Six petites boules cotonneuses lui tombent brusquement dessus, l’empêchant de terminer sa phrase. Je pousse un cri terrifié et me précipite pour aller l’aider, mais les trénones s’éloignent d’eux-mêmes en se tournant dans ma direction. Génial… Ces créatures me disent fortement quelque chose. Je ne sais plus comment elles s’appellent, mais ce dont je me souviens, c’est qu’elles sont capables de ronger la chair humaine jusqu’à l’os. Pourquoi faut-il toujours que mon cerveau se souvienne du pire ?

— Ne les regarde surtout pas dans les yeux ! me crie Isaac, se relevant tant bien que mal.

La mémoire me revient subitement. Ce sont des cignons. Capable d’hypnotiser leurs proies pour mieux les dévorer. Je recule de quelques pas, effrayée, avant que les paroles de Mélodie ne viennent se frayer un chemin pour me rappeler à l’ordre. « Pour commencer, je veux que tu arrêtes de te planquer ! Je veux que tu te battes. J’aimerais, si ce n’est pas trop demandé, que tu élimines au moins un de mes adorables trénones qui se baladent au Majestueux en ce moment ! Au moins un. » Elle a raison. Je dois arrêter de sans cesse me retrancher derrière mes amis, ou bien de fuir le combat. Je suis une Gémone ! Comment pourrais-je arriver à tuer la Démone si je ne suis même pas capable d’éliminer ses monstres ? Je vais me battre. Je peux le faire, je le sens au plus profond de moi.

— Isaac, rentre au château et va prévenir les autres ! lui ordonné-je. Je vais les retenir !

— Les retenir ? Et avec quoi, tu m’expliques ? Tu n’as pas d’armes ! Tout comme moi, d’ailleurs ! Je refuse de te laisser seule ici, c’est toi qui vas aller prévenir les autres ! Je me charge des cignons !

Mais si je veux honorer ma part du marché, il faut que ce soit moi !

— S’il te plaît, va prévenir les autres ! insisté-je. Je suis capable de me débrouiller toute seule !

— Tu t’es à peine entraînée ! réplique-t-il d’une voix sèche. Il est plus prudent que ce soit moi qui reste ! Souviens-toi du lien qui m’unit à la Démone ! Elle a dû leur ordonner de ne pas me faire de mal !

Mince. Il a entièrement raison. Si je proteste, il va trouver ça bizarre. Mais lorsque je m’apprête à faire demi-tour, les trénones se jettent sur moi. Je plonge à terre pour les éviter. Ils se plantent alors devant la porte d’entrée. Je serre les poings de colère et m’avance d’une démarche déterminée dans leur direction. J’ai la ferme intention d’en tuer un. De toute manière, ils sont là uniquement pour ça. Ils ne souhaitent pas pénétrer à l’intérieur du château, Mélodie les a envoyés en mission suicide ! Ils n’attendent qu’une seule chose : que je leur donne le coup de grâce. Mais ça, Isaac ne peut pas comprendre.

— Laisse-moi m’en occuper, Evalina, ne t’approche pas d’eux !

Il me tire en arrière pour passer devant moi et former un bouclier avec son corps. Malheureusement, d’autres masses informes l’envoient rouler au sol. Quatre nébors viennent d’arriver de nulle part. Comment sommes-nous censés nous défendre contre dix trénones, avec nos poings pour seule arme ? Isaac se relève, furieux, mais retourne bien vite au sol lorsqu’une décharge électrique lui traverse le corps. Je croyais que le lien qu’il partage avec la Démone le protégeait… Il faut croire que Mélodie n’a pas peur de souffrir. Isaac tente une nouvelle fois de se relever, mais les nébors se jettent sur lui et je dois me boucher les oreilles pour ne pas entendre l’horrible cri qu’il laisse échapper lorsque les décharges électriques lui traversent le corps.

— Va prévenir... les... les autres, articule difficilement Isaac, le souffle court et la mine douloureuse.

— Les cignons bloquent le passage ! Je sais ce que je dois faire, mais ça ne va pas te plaire !

La seule façon de repousser ces trénones, c’est de les tuer. Si la pire arme contre les léldriques lanceurs de feu se trouve être le feu lui-même, alors la pire arme contre les nébors doit être l’électricité. J’empoigne alors fermement le bras du nébor le plus proche de moi. Sa décharge commence à se répandre dans mon corps, mais mes pouvoirs se réveillent en même temps. Je les sens. Je serre les dents, fais abstraction de la douleur et retourne toute la pression électrique que j’ai accumulée contre le trénone lui-même. Ce dernier explose instantanément dans une fumée rouge. Et comme si je venais de lancer un signal, tous les trénones se ruent sur moi. Les cignons et les nébors. Ils n’attendaient que ça. Et désormais, ils se battent pour avoir le privilège d’être tués par mes mains. J’attrape un des fils d’un nébor et le dirige droit contre les cignons qui accourent pour me déchiqueter le visage. Un autre tente de m’envoyer à terre, mais je l’attrape en vol et l’envoie valser avec le reste des trénones. Les cignons se cognent les uns contre les autres, poussant de petits cris aigus à mesure que le courant électrique les traverse de part en part. Ils ont l’air d’être tout de même assez tenaces face aux décharges, mais je doute qu’ils soient capables d’y résister bien longtemps.

— Evalina, arrête ! me crie Isaac. Je ne crois pas que les tuer soit la meilleure solution pour toi ! Tu as oublié ce qu’il t’arrive quand tu te laisses aller à ce genre de choses ?

Non, je n’ai pas oublié. Mais je ne fais que me défendre ! Je ne prête même plus attention au courant qui traverse mon corps à chaque fois que j’empoigne une de ses créatures. Je ne sens que mon pouvoir qui grandit, qui cherche à sortir, à s’extérioriser. Lorsqu’un premier cignon disparaît dans une fumée rouge, c’est tout mon corps qui exulte. Mon pouvoir devient encore plus puissant. C’est comme s’il se nourrissait de la mort. Et j’ai bien envie de recommencer. Malheureusement, Isaac se relève et me pousse de toutes ses forces pour rompre mon lien avec le courant électrique. Je m’écroule sur le sol granuleux et le fusille du regard. J’allais tous les tuer ! Pourquoi a-t-il fait ça ? Sans aucune difficulté, je me relève et l’envoie valdinguer contre la grande porte, complètement indifférente à son sort. Tout ce que je veux, c’est qu’on me laisse tuer des trénones.

Lorsque la marée de cignons se jette sur moi, toutes dents dehors, je les envoie rejoindre Isaac à l’entrée du Majestueux. Malheureusement, je n’avais pas prévu que ce dernier allait ouvrir la porte. Les cignons franchissent le seuil, incapable de s’arrêter dans leur élan. Et l’alarme se déclenche. Un bruit infernal retentit à travers tout le château. Les Surnaturels vont se réveiller !

Je hurle de rage à l’intention d’Isaac et fracasse les nébors que je tenais entre mes mains. Je ne laisserai pas les Surnaturels me voler mes proies. J’attrape le dernier nébor et le balance sur les cignons restants. Les petites boules cotonneuses s’immobilisent et se remettent à pousser des cris affreusement perçants lorsque l’électricité les heurte de plein fouet. Malheureusement, ils ne disparaissent pas. Il leur en faut plus. Agacée, je franchis le seuil de la porte et écarte Isaac de mon chemin, ne prêtant strictement aucune attention à ses paroles. Pourquoi me bassine-t-il avec des phrases sans intérêt ? Je n’en ai rien à faire de savoir si ce que je fais est bien ou mal ! La seule chose qui m’intéresse, c’est cette soif de sang ! J’ai besoin de l’assouvir.

Et c’est à cet instant précis que je les aperçois. Sept silhouettes descendent les escaliers avec précipitation, toute une panoplie d’armes à la main. L’un d’eux ne perd pas un instant avant d’envoyer une dague dans l’un des cignons, qui explose dans une fumée rouge. Non ! Mes poings sont tellement serrés que je peux sentir mes ongles s’enfoncer dans la chair. C’était ma proie ! Furieuse, je ramasse la dague tombée à terre et crève les yeux du trénone le plus proche. Ce dernier pousse un cri adorablement perçant. Voilà. Le cignon disparaît à son tour. Je souris. Je m’apprête à m’attaquer au suivant exactement de la même façon, lorsque des bras robustes me tirent en arrière. Je hurle de rage et ordonne qu’on me lâche, mais l’individu ne semble pas vouloir accéder à ma requête.

— Fais attention ! lui crie Isaac, soutenu par Apolline lorsque ses jambes sont sur le point de céder. Elle... elle n’est...

— ...plus elle-même, termine l’individu qui me retient.

Sa voix grave et son odeur mentholée ne me laissent aucun doute sur son identité. Il est revenu. Il est revenu de sa mission. Pendant un instant, l’envie me prend de tout abandonner, d’oublier ce que je suis venue faire ici. Mais lorsque Edden élimine les derniers cignons à l’aide d’un étrange instrument, c’est comme s’il m’avait ouvert le cœur en deux. Je crie. Je recommence à me débattre. À hurler.

— Pourquoi vous ne m’avez pas laissé les tuer ? Vous ne m’en croyez pas capable, c’est ça ? C’est votre faute ! hurlé-je, tentant vainement de me dégager des bras d’Angie. Tout est votre faute ! C’était à moi de le faire !

Je sens le regard des Surnaturels peser lourdement sur moi, ne comprenant rien à ce que je leur dis. Personne ne peut comprendre ce que je ressens.

— Qu’est-ce que vous avez tous, à me regarder comme ça ? Ce n’est pas moi la fautive, ici ! J’étais tout à fait capable de m’en charger seule, mais vous ne m’en avez pas laissé l’occasion ! Vous allez le regretter ! m’époumoné-je. Vous croyez quoi ? Que parce que je ne suis qu’une pauvre terrienne, je ne sais pas me défendre, c’est ça ? Et vous, alors ? Vous vous êtes regardés ? Une bande d’imbéciles qui croit bien faire, alors que vous ne faites qu’empirer les choses ! À quoi vous servez, au juste ? Vous avez même perdu l’un des vôtres ! Franchement, compter sur des incapables pour faire régner la paix à Réturis ? Tu m’étonnes que ça n’ait jamais marché !

— Evalina, calme-toi ! m’ordonne Angie. Tu ne penses pas ce que tu dis, reprends-toi ! Tu nous as déjà prouvé que tu en étais capable.

— Mais je suis parfaitement calme ! m’écrié-je, bousculant le Leader de toutes mes forces.

Ce dernier manque de tomber et parvient à reprendre son équilibre in extremis. Il me fusille du regard. Je ne lui prête pas la moindre attention. Qu’est-ce qu’il croit ? Il n’est pas le centre du monde !

— Bien sûr que je pense ce que je dis ! craché-je, tournant ma tête en direction des autres Surnaturels. Et je n’ai pas fini ! Parlons un peu de votre incapacité à aider les autres ! Si je n’avais pas été là, ma sœur serait toujours prisonnière à l’Imposant ! Mais... suis-je bête ! Elle n’est pas encore parmi nous ! Et que faites-vous pour la retrouver, elle et Cassie ? Apolline, que fais-tu pour ta sœur ? Rien ! Et toi, Sean ? Rien du tout ! Vous laissez défiler les jours sans tenter quoi que ce soit ! Laissons-les mourir, tant qu’on y est !

Je resserre la dague entre mes doigts et esquisse un pas en direction d’Apolline et de son frère, mais une fois de plus, Angie m’empêche d’atteindre mon but. Il m’attrape le bras d’une poigne si ferme que je pourrais presque entendre mes os craquer sous la pression.

— Maintenant, ça suffit ! Reprends-toi !

— Je n’ai pas d’ordres à recevoir de toi ! hurlé-je, lui tordant le poignet pour me dégager de son emprise.

Le Leader réprime un juron. J’ai envie de hurler au monde entier ce que je ressens, jusqu’à m’en déchirer les poumons. Je veux faire un massacre. Je veux que l’univers sache à quel point Tessia me manque. Je veux la revoir. Je veux la serrer dans mes bras. Et soudain, comme si son prénom avait déclenché quelque chose en moi, ma colère commence à s’atténuer. Je ne dois pas perdre de vue mon objectif, mais je sens que je recouvre peu à peu mes esprits. Je veux les faire payer pour...

... rien du tout. Lorsqu’un contact chaud se pose sur mon bras, un frisson glacé me parcourt le corps. Ce n’est pas Angie. C’est Isaac. Sa main me frôle la peau. Ses yeux plongent dans les miens, effaçant toute ma douleur, ma colère, mes hurlements de rage et toute ma peine.

— Tout va bien, Evalina, murmure-t-il. Tout va bien. Les trénones sont partis. Il ne peut plus rien nous arriver, c’est fini. Tu peux revenir parmi nous, il te suffit simplement de faire le bon choix. Ne reproduis pas la même erreur que moi... Compris ?

J’assimile ses paroles. Je les comprends. Et je les crois. Ils sont partis. Je peux laisser cette soif derrière moi. Et c’est avec soulagement que je murmure :

— Compris.

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