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Chapitre 38effraction de reve

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:56:58
Chapitre 38Effraction de reve

Une voix. Je l’entends. Elle me parle, elle murmure mon prénom. Se glisse dans les limbes de mon sommeil. Caresse mes paupières, m’intimant l’ordre de les ouvrir. J’ai envie de dormir, mais j’obéis. J’ouvre les paupières, lentement, pour ne pas être éblouie par les rayons du soleil matinal. Cependant, ce n’est pas sur ma chambre que mes yeux s’ouvrent, mais sur un espace sombre. Froid. Sans vie. Mes pupilles peinent à se dilater pour tenter d’apercevoir quelque chose. Après plusieurs secondes, je parviens à distinguer une forme au loin. Je plisse les yeux. À première vue, on dirait un lit. Mais il me semble bien trop petit pour accueillir un adulte, ou même un enfant.

En revanche, il est idéal pour un bébé. C’est un berceau. Un vieux berceau qui semble avoir subi les conséquences du temps. La peinture du bois est écaillée, et quelques planches sur le côté manquent à l’appel. Mais il est là. Toujours debout, tout au fond, dans un coin. Ce berceau abandonné donne un aspect lugubre à la pièce. Un frisson glacé me parcourt alors le dos. Je ne sais pas où je suis, ni comment j’ai atterri là, mais je veux partir. Je tente de me lever, mais je n’y parviens pas. Quelque chose me retient. Je baisse les yeux sur mes jambes. Elles sont attachées. Ficelées à une chaise par de solides cordages. Mes bras ont subi le même sort.

— C’est quoi ce délire..., murmuré-je, tirant sur les cordages, sans résultat concluant.

Je suis coincée, sans possibilité de m’échapper. Et je ne comprends toujours pas comment je suis arrivée ici. Le dernier souvenir qu’il me reste, c’est lorsque je me suis endormie avec Ethan dans mes bras. Je tire d’un coup sec sur les cordes. Rien à faire. J’essaie de faire appel à mes pouvoirs, mais ça ne semble pas fonctionner. J’ai l’impression d’être pleine d’énergie mais d’en être vidée à la seconde même où je tente de l’utiliser. Comme si quelque chose m’en empêchait…

— Enfin ! Ce n’est pas trop tôt, je commençais à m’ennuyer ! s’exclame une voix reconnaissable entre mille.

Je la regarde sortir de l’ombre, l’air menaçant, vêtue cette fois-ci d’une robe rouge lui arrivant à mi-cuisse. Une longue ceinture noire marque sa taille, la boucle descendant jusqu’à ses pieds. Elle est juchée sur de grandes bottes noires, les talons claquant sur le sol froid de la pièce. Ses cheveux bruns tombent en cascade de boucles sur sa poitrine, et ses yeux luisent d’une couleur rouge. Comme par magie, l’obscurité de la pièce se lève petit à petit. Je peux distinguer son teint pâle, si blanc qu’il semble presque cadavérique. Et tandis que je la regarde marcher jusqu’à moi, je ne peux pas m’empêcher de la comparer à celle qu’elle était avant. Et sincèrement, je peine à trouver des points communs.

— Qu’est-ce que je fais ici ? lui demandé-je. Où est-ce que je suis ? Qu’est-ce que tu me veux ?

Mélodie me sourit de toutes ses dents et caresse sa fourche du bout de ses doigts vernis de rouge, un sourire satisfait plaqué sur son visage.

— Pourquoi suis-je attachée à une chaise ?

Ses doigts continuent leur ascension sur l’arme. Lorsqu’ils accentuent leur pression sur les bouts tranchants, quelques gouttes de sang apparaissent. Mélodie ne grimace pas. Elle regarde sa main et sourit, satisfaite du résultat. Le rouge de ses yeux disparaît petit à petit pour laisser place à une couleur brune, presque noire. La même qu’à l’Imposant, quand je l’avais aperçu sans son masque. Leur véritable couleur. J’ai toujours pensé qu’elle les avait bleus, mais il faut croire que je me suis trompée. Je ne sais plus rien d’elle. Rien du tout.

— Comment suis-je arrivée ici ?

Cette fois-ci, elle relève la tête et me dévisage. Comme si l’espace d’un instant, elle avait oublié ma présence.

— Evalina, soupire-t-elle. Toujours en train de poser des questions. C’est fatigant.

— Et que veux-tu que je fasse d’autre ?

— Tu vois, encore une question, soupire-t-elle de plus belle.

Je serre les poings, mais pour une fois, je décide de me taire. Si je suis ici, c’est qu’elle attend quelque chose de moi. Elle finira bien par m’expliquer tôt ou tard la raison de ma présence.

— Es-tu contente de me revoir ? me questionne-t-elle subitement.

Je fronce les sourcils. Est-ce que je suis contente de la revoir ? Bien sûr que non.

— Je croyais qu’on ne devait pas poser de questions.

Mélodie sourit, amusée par ma remarque.

— Tu as raison, oublies ce que j’ai dit.

Elle poursuit son observation minutieuse de ma silhouette. Je ne sais pas ce qu’elle cherche à trouver, mais cela me rend un chouïa mal à l’aise. Je me tortille sur la chaise et tente par la même occasion de défaire mes liens, sans grand résultat.

— Je vais être gentille, je vais t’épargner des efforts inutiles. Laisse tomber les cordages, tu ne pourras pas t’en défaire.

— Et pourquoi pas ? Je suis une Gémone, lui rappelé-je. J’ai la force nécessaire pour me sortir d’ici !

Mélodie sourit et ne peut s’empêcher d’éclater de rire à ma remarque. Manifestement, je suis drôle sans le vouloir.

— Tu es peut-être une Gémone, mais ici, tes pouvoirs ne servent strictement à rien. Tes liens se déferont lorsque j’aurai fini de parler, et pas avant. Vois-tu, ici, c’est moi qui fixe les règles !

Je serre les poings pour tenter d’apaiser ma colère grandissante. Je me concentre sur les battements réguliers de mon cœur.

— Tu ne me demandes pas comment je vais ?

Je secoue la tête négativement. Mais qu’est-ce qu’elle me veut à la fin, avec ses questions bizarres ?

— Ne me dis pas que tu as déjà oublié ! reprend-elle, d’une mine faussement choquée. Nos derniers adieux n’étaient pas des plus réjouissants... Ma blessure a mis quelque temps avant de cicatriser complètement ! J’avoue avoir été surprise par ton initiative, je ne te pensais pas capable d’aller jusqu’au bout. Mais tu n’as pas hésité un seul instant ! Je te félicite !

J’ai dû mal entendre. Elle me félicite de lui avoir broyé les intestins à l’aide d’une marche d’escalier ? J’étudie son regard, tentant d’apercevoir une once de moquerie, mais je ne rencontre qu’un vide inquiétant. Aucune trace de quoi que ce soit. C’est comme si elle ne ressentait rien, qu’elle se contentait de parler. Est-elle encore capable de ressentir une quelconque émotion ?

— Ne t’inquiète pas, je ne t’en tiens pas rigueur ! continue-t-elle. En réalité, tu as fait exactement ce que j’attendais de toi.

Je suis perdue. Prévoit-elle vraiment chacun de mes faits et gestes, ou bien n’est-ce que du bluff ? Mélodie avance encore, satisfaite de me voir me tordre les méninges pour essayer de comprendre quelque chose à toute cette histoire.

— Comment va ce très cher Isaac ? Il doit être content de profiter de mes talents de guérison.

Cette fois-ci, je ne peux m’empêcher d’intervenir :

— Isaac, content ? Comme s’il pouvait se réjouir d’une telle chose, tu l’as lié à toi ! Il ne t’a rien fait de mal ! Pourquoi t’acharnes-tu autant sur lui ?

Pour la première fois depuis le début de notre échange, le sourire de Mélodie s’évanouit. Elle resserre ses mains autour de sa fourche électrisée. Son regard vire au rouge. Je ne suis pas sûre que chez elle, cette couleur signifie la passion…

— Il ne m’a rien fait ? Il ne m’a rien fait !? hurle-t-elle soudainement. On voit bien que tu ne sais pas de quoi tu parles !

— Alors, explique-moi !

— Je n’ai pas besoin de me confier, merci bien ! J’ai eu ma dose de psychologues lorsque j’étais petite, au cas où tu l’aurais oublié... Je ne suis pas là pour ça, non. Je suis ici pour t’offrir une dernière chance.

— Une dernière chance ?

— De te joindre à moi.

Un frisson d’horreur me parcourt le corps. Elle n’a donc toujours pas renoncé.

— J’espère pour toi que la réponse est oui, reprend-elle.

Je déglutis et secoue la tête.

— Tu peux me torturer si tu le souhaites, jamais je ne te rejoindrai !

— Alors tu ne me laisses pas le choix.

Mélodie attrape le dossier de ma chaise et le renverse à terre d’un coup sec. Je bascule en arrière et pousse un cri effrayé lorsque le dossier se brise sur le sol froid. Le point positif, c’est que je ne suis plus ficelée à la chaise. Les cordages se sont défaits. Je m’en débarrasse aussitôt, mais malheureusement, je ne suis pas assez rapide. Mélodie m’empoigne par les cheveux et me tire vers elle avec une force qui manquerait presque de me les arracher. Je lui hurle de me lâcher, mais elle ne m’écoute plus. Elle semble habitée par quelque chose qui la dépasse.

Elle me lâche finalement les cheveux et me pousse brutalement contre le mur de la pièce. Le choc est si violent que j’en ai le souffle coupé. Je retombe lourdement par terre. J’ai à peine le temps de me relever que Mélodie me plaque la tête contre le sol. Heureusement, mes bras amortissent le choc. Elle m’immobilise contre le marbre froid, un genou appuyé sur le centre de ma colonne vertébrale.

— Mélodie, qu’est-ce que tu...

— Chut, chut, chut, ne t’inquiète pas ! Ici, je ne peux pas te faire de mal. Du moins, la souffrance intérieure m’est impossible. Je veux juste que tu te souviennes de ce moment... et que tu comprennes.

Elle se tortille pour venir chercher quelque chose d’attaché à sa ceinture. Lorsque je sens trois petits bouts froids et aiguisés contre ma peau, je retiens mon souffle. Sa fourche électrisée.

— Tu n’as pas à avoir peur, me rassure-t-elle en me caressant les cheveux. Je ne te veux aucun mal. Ce que je veux, dit-elle en approchant ses lèvres de mon oreille, c’est que tu saches ce qui attend tes amis si tu ne te joins pas très vite à moi !

Et sans que je n’aie le temps de protester, elle enfonce sa fourche électrisée dans mon dos. Brusquement. Sans prévenir. Une puissante décharge électrique me traverse tout le corps, et je ne tarde pas à convulser de douleur sous l’emprise du courant. J’ai l’impression que chacun de mes muscles et chacun de mes organes sont en train de griller un à un. Ma bouche s’ouvre sur un cri silencieux. Ma gorge est en feu. Je voudrais lui supplier d’arrêter, mais aucun son ne sort. Je ne sens même plus ma langue. Ma vision se brouille. Le poids de Mélodie se fait plus léger. Mes yeux se ferment sur ce vieux berceau au fond de la pièce. Et tout devient noir.

Une voix. Je l’entends. Elle me parle, elle murmure mon prénom. Se glisse dans les limbes de mon sommeil. Caresse mes paupières, m’intimant l’ordre de les ouvrir. J’ai envie de dormir, mais j’obéis. J’ouvre les paupières, lentement, pour ne pas être éblouie par les rayons du soleil matinal. Et en effet, ces derniers ne tardent pas à m’aveugler. Je cligne des yeux plusieurs fois de suite. Une lourde masse saute sur le lit et s’écrase sur mes genoux, les cheveux bruns en pétard et le regard noisette inquiet.

— T’as fait un cauchemar ? me demande Ethan de sa petite voix.

Je fronce les sourcils. Pourquoi me demande-t-il ça ?

— Tu criais dans ton sommeil, précise-t-il.

— Je ne m’en souviens plus, ça ne devait pas être très grave. Tu es debout depuis longtemps ? lui demandé-je, tout en me levant du lit pour aller prendre de nouvelles affaires.

Je farfouille dans l’armoire et en ressors mes vêtements habituels, puis je la referme en réprimant un bâillement.

— Depuis huit heures, je crois.

Je jette un coup d’œil à ma montre, constatant qu’il est maintenant dix heures treize. J’espère qu’il n’est pas resté ici, attendant que je me réveille, parce que dans ce cas, cela fait un bon moment qu’il patiente !

— Je suis allé à la Colombe avec les autres Surnaturels ! Zéphyr m’a montré comment bloquer un adversaire qui veut te mettre un coup de poing ou un coup de pied ! Je suis le prochain Leader ! s’exclame-t-il, surexcité.

J’éclate de rire face à la réplique d’Ethan. Petit, mais déjà plein d’ambition. Il veut prendre la relève d’Angie. Angie. L’évocation de son prénom suffit à me faire ressurgir les souvenirs d’hier soir. Si Ethan n’était pas intervenu, je ne sais pas jusqu’où cela aurait pu aller. Je n’ai pas songé une seule seconde à m’arrêter. Je me suis laissée aller au moment présent, ainsi qu’à toutes ces nouvelles sensations qu’il m’a fait découvrir. Un sourire idiot s’affiche sur mon visage. Si Ethan n’était pas à côté de moi, je pourrais presque sauter de joie.

— Tu veux bien sortir un instant, s’il te plaît ? Je dois m’habiller. Si tu veux, je te retrouve à la Colombe.

— T’es sûre que je peux pas rester ? me demande-t-il, un petit sourire accroché au visage.

Je prends un oreiller et le lui balance en pleine tête. Ethan rigole et le ramasse, avant de me le renvoyer d’une force plutôt impressionnante pour son âge. Je l’évite de justesse et me lance à la poursuite de ce gosse infernal. Je finis par le coincer contre un mur, m’octroyant le droit de lui faire des chatouilles. Ce n’est que lorsqu’il commence à crier de sa voix stridente que je décide d’y mettre un terme et de le lâcher. À bout de souffle, Ethan se précipite vers la porte et la fait coulisser.

J’enfile mes affaires et m’aventure dans le dortoir à sa suite. Lorsque mon regard défile le long des chambres présentes, je me surprends à me demander où peut bien dormir Isaac. Peut-être un Surnaturel a-t-il accepté de partager son lieu de vie ? Je descends le grand escalier qui débouche dans le hall principal, mes yeux s’attardant sur le lustre en cristal rouge au-dessus de ma tête. Son reflet s’étale sur une dalle en particulier. Celle qui masque l’entrée à la Chronosée. Cela fait un bon bout de temps que je n’y suis pas allée, et j’ai bien envie d’y retourner. Malheureusement, ce ne sera pas pour aujourd’hui.

Je dois me rendre à la Colombe. Et pourquoi pas débuter mon entraînement dans un même temps ? Parce qu’il faut bien le reconnaître, je ne sais pas du tout me battre. Apprendre quelques techniques pourrait vraiment m’être utile. D’ailleurs, celui qui est censé superviser mes entraînements, c’est Angie. Au départ, je me souviens l’avoir très mal pris. Je ne voulais rien avoir à faire avec lui. Aujourd’hui, c’est une autre histoire. Que vais-je faire, lorsque mon regard croisera le sien ? Comment dois-je me comporter avec lui ?

Je m’arrête devant la porte, hésitante. Je doute qu’il veuille montrer la nature de notre relation à tout le monde. D’ailleurs, que sommes-nous ? Sommes-nous en couple ? L’évocation de ce terme me glace le sang. Cela peut paraître stupide, mais j’en ai peur. Les choses se passeront comme elles se passeront, Evalina ! Dans la première salle, je ne croise strictement personne. Je traverse donc le passage mural et débouche dans la deuxième. Je cherche nerveusement le Leader, avant de réaliser qu’il n’est pas ici. Dès qu’Ethan m’aperçoit, il se lève du tatami où il était assis et accourt jusqu’à moi.

— Vous voyez, je vous avais dit qu’elle viendrait ! s’écrit-il.

Les Surnaturels tournent leur regard dans ma direction, surpris de me voir ici. Dans un sens, je les comprends. Ils me saluent d’un signe de la main, avant de reporter leur attention sur leurs activités. Maximilien est occupé à chronométrer Edden sur une course d’obstacles. Ce dernier doit sûrement tenter de battre un record. Sean, Zéphyr et Apolline sont assis en cercle sur l’un des tatamis. Ne sommes-nous pas plutôt censés nous battre, ici ? Curieuse, je décide de suivre Ethan et de les rejoindre. Lorsque je prends place à leurs côtés, Zéphyr sourit et articule :

— Ethan a gagné.

L’intéressé lève les bras en l’air et pousse un cri de victoire. De quoi parle-t-il ?

— Il était le seul à penser que tu viendrais, m’éclaire l’Aimant. Nous tous avions parié le contraire !

— Quoi ? Attendez, vous pariez sur moi ?

— Et la plupart du temps, on s’en sortait victorieux ! rigole Apolline. Alors que nous vaut ta présence parmi nous, aujourd’hui ?

— Je me suis dit que ce serait pas mal si je commençais à m’entraîner une bonne fois pour toutes, déclaré-je.

— Je savais qu’un jour, tu redeviendrais raisonnable ! s’exclame Sean, s’approchant et brisant le silence qui s’était installé.

J’esquisse un sourire amusé et me relève à la suite des autres. Zéphyr s’éloigne vers le mur d’armes et en revient avec deux étranges bâtons fins, à l’extrémité pointue. Cette arme me dit vaguement quelque chose. Sean ne tarde pas à s’écrier :

— Les choses sérieuses vont commencer, j’ai hâte de voir ça ! Je mise sur Zéphyr !

Il recule et s’assied à l’extrémité du tatami, bientôt suivi par sa sœur et Ethan.

— Eh bien moi, je mise sur Evalina ! le contredit Apolline. Je suis sûre qu’elle peut y arriver.

— Moi aussi ! Moi aussi ! s’écrie Ethan en sautillant comme un fou.

Zéphyr me tend l’un de ces étranges bâtons. Lorsque j’ai dit vouloir apprendre à me battre, je ne pensais pas que l’Aimant le prendrait au pied de la lettre et que l’on commencerait aussitôt. Mais je ne compte pas me défiler. J’empoigne l’arme qu’il me tend et lui demande :

— Ce n’est pas Angie qui devrait s’occuper de mon initiation au combat ?

— Si, mais il n’est pas là. Lui et Bastian sont partis en mission avec Ombelline pour la journée, ils ne reviendront pas avant la nuit.

En mission ? Je baisse l’étrange bâton que je pointais sur lui et m’empresse de lui demander quelques précisions :

— Où sont-ils partis ? Et pour faire quoi ?

— Ils sont partis faire le tour des villages pour tenter de retrouver ta sœur et Cassie. Angie peut sentir la présence de quelqu’un s’il est passé dans une zone précise, et s’il s’avère qu’elles ont été enlevées par quelqu’un muni de pouvoirs, il se peut que cette personne ait effacé la mémoire des monels qui les ont croisés. Bastian est là pour raviver celle-ci. Avec son hypnose, il peut inciter une personne à chercher dans son subconscient. Ombelline les accompagne en cas de danger, termine-t-il.

Enlevées. C’est le seul mot que j’ai retenu de toute son explication. Qui pourrait bien leur vouloir du mal ? Ça ne peut pas être Mélodie. Lorsque les filles ont disparu, la Démone avait perdu connaissance. Se pourrait-il alors que quelqu’un d’autre nous en veuille ? Non, c’est impossible. À part Mélodie, nous n’avons causé de torts à personne. Je refuse de croire qu’une autre menace rôde à l’extérieur. Je brandis le bâton bizarre, pas très sûre de savoir comment m’en servir.

— Tu ne sais pas ce que c’est, n’est-ce pas ? me questionne Zéphyr avec un sourire malicieux.

— Hummm bien sûr que si, c’est un aiguillepe ! Angie m’en avait montré lors de mes débuts. Seulement, j’ignore quelle est son utilité.

— Il sert à court-circuiter le courant qui circule dans le corps électrique des nébors. Ainsi, on peut les faire exploser plus facilement ! Tu enfonces l’extrémité pointue dans n’importe quel fil de leur constitution, et boum, plus de trénone ! Mais aujourd’hui, ce qui m’intéresse, c’est la façon dont tu vas t’en servir pour me désarmer. Je veux que tu me prennes mon aiguillepe !

Très bien. Je n’ai aucune idée de la façon dont je vais m’y prendre, mais je vais le faire. Ça ne doit pas être bien compliqué ! Zéphyr arque un sourcil. Ses yeux bleus me défient ouvertement.

Pas très sûre de moi, j’effectue quelques pas dans sa direction. Mais avant que je n’aie pu trouver une parade pour lui prendre son arme, la mienne tombe au sol dans un faible bruit métallique. Je me baisse pour la ramasser, étonnée par la vitesse avec laquelle Zéphyr a agi. Je ne l’ai quasiment pas vu me désarmer.

— Tu mises toujours sur Evalina ? demande Sean à sa sœur, entre deux fous rires.

Apolline ne répond rien et se contente de lui donner un violent coup de coude en levant les yeux au ciel.

— Je n’étais pas prête ! dis-je, pour ma défense.

Les fossettes de Zéphyr se creusent. Il se retient de rire, comme Sean. D’ailleurs, ce dernier ne met pas longtemps avant de repartir de plus belle dans un fou rire. Je serre les poings. Zéphyr a utilisé sa vitesse de Surnaturels. Maintenant que je sais à quoi m’attendre, je vais faire plus attention.

— Dis plutôt que tu n’étais pas très confiante ! me rectifie Zéphyr. Tu ne dois pas hésiter, tu dois foncer ! Un adversaire profite aisément de cette faiblesse. Dans un combat, il n’y a pas de place pour le doute.

Il a raison. Je me remets en position et commence cette fois-ci par réfléchir à la manière dont je vais m’y prendre. Peut-être que si je le déséquilibrais, il serait trop occupé à retrouver un point d’appui, et je pourrais ainsi en profiter pour lui reprendre son arme ? Ça vaut le coup d’essayer. Il a l’air de prendre davantage appui sur sa jambe droite que sur la gauche. Un bon coup de pied sur cette zone et il sera déséquilibré. Je fais appel à ma rapidité de Gémone, mais lorsque j’envoie ma jambe contre la sienne, sa main vient l’attraper et la tirer vers le sol. Je retombe contre le tatami, un peu énervée qu’il ait anticipé mon geste. Ethan lève les poings en l’air et s’écrie :

— Allez, Evalina ! Allez ! Mets-lui un bon coup de pied, comme ça !

Il mime le geste à la parole et lève sa petite jambe en l’air, peut-être un peu trop haut pour lui, puisqu’il perd l’équilibre et se retrouve les fesses par terre. Sean s’esclaffe de plus belle, tandis qu’Apolline soupire tout en aidant Ethan à se relever. Ce dernier n’a pas l’air le moins du monde ébranlé par sa chute. Il continue à m’acclamer, comme si de rien n’était. Il n’y a pas photo, c’est mon meilleur supporter.

— Un petit conseil. Avant de t’élancer, évite de regarder la zone où vont porter tes coups, m’explique Zéphyr, m’offrant un petit clin d’œil en prime.

Génial. Je me sens vraiment nulle. Je ne pensais pas que le simple fait de désarmer quelqu’un me poserait autant de problèmes. Qu’est-ce que ce sera, lorsque nous passerons au combat ? Je ne veux même pas y penser. Pour le moment, ce n’est pas le sujet. Je dois réfléchir à un autre moyen de le désarmer. Je pourrai peut-être carrément empoigner son arme et la diriger droit sur lui ? Il sera déstabilisé durant quelques secondes, et j’en profiterai pour la lui arracher des mains. Ça peut marcher. Je fais bien attention à ne pas laisser traîner mes yeux sur la zone que je m’apprête à frapper, puis je m’élance. Et au même moment, une silhouette attire mon attention. Quelqu’un sort de la salle des pouvoirs. Je reconnais immédiatement Isaac.

Son tee-shirt est négligemment posé sur ses épaules, il a l’air de s’être bien entraîné. Lorsque mon regard s’attarde quelques secondes de trop sur son torse, j’oublie que je suis en plein entraînement. Et la seule chose que je sais, c’est que la seconde d’après, je me retrouve les fesses par terre, mon arme dans la main de Zéphyr. Mince. Je me suis laissé déconcentrer. Je soupire de mécontentement et m’apprête à me relever, lorsqu’une subite douleur dans le dos me fait rejoindre le sol illico. J’attends qu’elle passe, mais elle continue de taper, lancinante, sans que je comprenne pourquoi. Je ne suis pourtant pas tombée sur le dos.

— Ça va ? s’inquiète l’Aimant.

Je hoche la tête et prends mon courage à deux mains pour me relever. Aïe. J’ai l’impression qu’un poids énorme m’écrase la colonne vertébrale. Je grimace, mais continue à faire comme si de rien n’était, désireuse de reprendre l’entraînement.

— Encore un dernier conseil. Ne te laisse jamais distraire, me dit-il, en jetant un regard amusé vers Isaac.

Je rougis de honte. Visiblement, on ne peut rien cacher à Zéphyr… Je ferme les yeux, tentant de repousser cette maudite douleur au dos, mais rien à faire. Je m’apprête à mettre à exécution ce que j’avais prévu avant qu’Isaac n’entre dans la salle, lorsque ce dernier s’écrie :

— Evalina !

Il traverse la salle, contournant Sean, Ethan et Apolline pour venir me rejoindre.

— Je dois te parler, annonce-t-il, s’arrêtant à ma hauteur.

Mais lorsque j’ouvre la bouche pour lui demander pourquoi, Zéphyr me devance :

— On était en train de s’entraîner. Ça ne peut pas attendre ?

— Non, c’est important, insiste-t-il.

Je regarde Zéphyr pour lui demander son approbation. Après quelques secondes de réflexion, il finit par hocher la tête, compréhensif. Je le remercie du regard et m’élance à la suite d’Isaac, qui d’ailleurs, s’est déjà volatilisé. Il a probablement dû quitter la salle. Je traverse le passage mural pour accéder à la pièce blanche. Le plafond transparent laisse les rayons du soleil l’éclairer de part en part, donnant un aspect très lumineux et beaucoup plus chaleureux que la salle des combats. Je jette un regard circulaire pour tenter d’apercevoir Isaac. Il est assis sur l’une des tables en pierres qui servent au petit-déjeuner, les pieds posés sur le banc. Je me plante devant lui et lève un sourcil, impatiente qu’il s’explique. Pour une fois que j’avais pris l’initiative de m’entraîner, j’aimerais y retourner rapidement. Isaac me scrute attentivement. Il se passe une main dans ses cheveux bruns emmêlés, avant de me demander :

— Comment t’es-tu fait mal au dos ?

Comment sait-il que j’ai mal au dos ?

— Je n’ai pas mal...

— Si, tu as mal. Tu as grimacé, et pas qu’une fois. Je le sais, je le sens.

Je déglutis.

Je plante mon regard dans le sien. Ses yeux chocolat affichent une expression des plus sérieuses. Il ne rigole pas, il le sent vraiment.

— Ne me demande pas comment, ajoute-t-il. Parce que je n’en ai aucune idée. Je le sais, c’est tout.

Je hoche la tête, compréhensive, mais légèrement effrayée.

— Je ne sais pas comment je me suis fait mal, avoué-je. C’est arrivé d’un coup.

Isaac fronce les sourcils.

— Je peux regarder ? me demande-t-il soudainement.

Il veut voir mon dos ? Isaac se rend compte de mon hésitation, mais loin de se démonter, il insiste :

— Je n’en ai pas pour longtemps, je veux juste vérifier quelque chose. S’il te plaît…

Je soupire et finis par hocher la tête. Je me retourne lentement pour pouvoir me mettre dos à lui. Je remonte tout doucement mon débardeur, jusqu’à sentir la fraîcheur de la salle effleurer ma peau nue. Une nouvelle douleur lancinante me parcourt alors la colonne vertébrale.

— Tu vois quelque chose ? lui demandé-je.

— Oui.

Oui ? C’est tout ? Ne pourrait-il pas me donner plus de détails ? Il reste silencieux, observant ma peau sans me donner plus de précisions.

— Qu’est-ce que tu vois ? insisté-je.

— Trois bleus, finit-il par dire. Alignés à la même hauteur, au centre de ton dos.

Il s’interrompt quelques secondes, avant de reprendre de sa voix grave :

— Ça va sûrement te paraître bizarre, mais on dirait que cela représente les piques de la fourche de la Démone…

Sa main se pose au creux de mon dos. Elle est froide. Il appuie à trois endroits précis, ce qui me vaut une énième grimace de douleur. Lorsqu’il pose sa paume à plat contre ma peau, je me redresse brusquement. D’agréables vagues de chaleur me parcourent le corps. Il absorbe ma douleur. Et quelques secondes plus tard, elle a entièrement disparu. Sa main s’écarte enfin. Je baisse mon débardeur et pivote doucement mon corps vers le sien. Les traits d’Isaac sont crispés.

— Tu n’étais pas obligé de faire ça.

— Je ne pouvais pas te laisser souffrir alors que j’avais un moyen d’arrêter la douleur, réplique-t-il.

— Mais je n’arrive pas à m’y faire !

— Evalina, murmure-t-il en me relevant le menton. Arrête d’être aussi gentille. Chez toi, la douleur serait restée. Tandis que chez moi, elle n’est que passagère. Si j’ai pris la décision de te l’enlever, c’est parce que je le voulais. Compris ?

Ses yeux chocolat me scrutent attentivement. Je hoche la tête et lui réponds :

— Compris.

Il me lâche délicatement le menton. Et moi, je suis terrifiée. J’ai trois bleus alignés au centre de mon dos, et je n’ai aucune idée de la façon dont ils sont apparus. Isaac pense que la Démone y est pour quelque chose, mais c’est impossible. Je ne l’ai pas revu depuis la dernière fois. D’ailleurs, il reste étrangement silencieux à propos de cette histoire. Lorsque je plante mon regard dans le sien d’une façon plutôt insistante, il me tourne le dos pour enfiler son tee-shirt. Il me cache quelque chose.

— N’essaie pas de me mentir et dis-moi précisément ce que tu as en tête.

Il se raidit, puis finit par me demander :

— As-tu rêvé de la Démone, récemment ?

Pourquoi aurais-je rêvé de Mélodie ? Je m’apprête à secouer la tête, mais lorsque les paroles d’Ethan me reviennent subitement en mémoire, je me ravise. « T’as fait un cauchemar ? Tu criais dans ton sommeil. » Des souvenirs remontent alors à la surface. D’abord flous, puis de plus en plus nets. Effectivement, j’ai crié. Ethan avait raison. J’ai fait un cauchemar. De la Démone, dans cette terrible pièce au vieux berceau. Oui, ça y est, je me souviens. Je me souviens de tout. Chaque geste. Chaque parole de Mélodie. La fourche. La douleur. Cette horrible douleur persistante. Elle ne s’arrêtait plus. Je secoue la tête. Je crois bien que je suis en train de trembler. J’aurais préféré ne jamais me souvenir de ce moment ! Comment ai-je pu oublier une chose pareille ? Une telle douleur ? Ça semblait si réel !

— Evalina ? s’inquiète Isaac, passant son pouce sur ma joue pour essuyer une larme.

Une larme ? Je ne me rends même pas compte de mon état émotif actuel. Il faut qu’Isaac sache, je ne peux pas garder ça pour moi.

— Oui, j’ai rêvé d’elle. Je... je ne m’en souvenais plus, mais maintenant... Elle m’a immobilisée, raconté-je, une boule dans la gorge. Elle a enfoncé sa fourche dans mon dos. Et la douleur... c’était atroce ! Mais si ce n’était qu’un cauchemar, comment expliquer le fait que j’en garde des séquelles sur mon dos ? Elle ne peut pas me rendre visite pendant mon sommeil, rassure-moi ? Si ? Non, ce n’est pas possible ! m’affolé-je. Comment...

— Hé, calme-toi, me coupe gentiment Isaac. Tu es en sécurité, elle ne peut pas te faire de mal, ici ! Je ne la laisserai pas s’en prendre à toi, tu m’entends ?

Il se relève et son visage s’éclaire d’un sourire rassurant.

— On appelle cela l’effraction de rêve, m’explique-t-il. La Démone aime voler les pouvoirs de toutes les créatures qui croisent sa route, y compris les unisus. C’est une grande famille d’étalon, possédant des pouvoirs différents en fonction de la race de chacun. Certains ont le pouvoir de guérir, d’autres de se rendre invisible, d’autres de respirer sous l’eau, et j’en passe. Parmi elles, il existe une race capable de façonner des rêves à sa façon. Lorsqu’un membre de leur famille est sur le point de mourir, ils se servent de ce pouvoir pour lui envoyer un rêve. Généralement, cela permet au mourant de partir en paix.

Il marque une pause, le temps de réfléchir à la suite de son explication, puis il reprend :

— C’est grâce aux unisus que la Démone peut fabriquer des rêves et t’y invoquer à sa guise. Heureusement, dans ce genre d’endroits, la souffrance est strictement interdite. Elle peut sûrement décider de t’enfermer quelque part, mais jamais elle ne pourra te faire de mal. Du moins, pas physiquement. Si tu as gardé des bleus sur ton dos, c’est parce qu’elle n’a fait que presser fortement sa fourche contre toi, explique-t-il, attrapant mon visage de ses mains. Elle ne pouvait pas l’enfoncer. Seulement, tu ne le savais pas, alors tu t’es mise à imaginer la douleur. Ces rêves sont réels, mais il y a des limites qu’elle-même ne peut contrer. Il existe même une fleur dont le pouvoir repousse ce genre de magie noire, on l’appelle l’alkana. Si elle recommence, je t’en ramènerai une. Je sais où en trouver.

Je ferme les yeux et acquiesce. Je devrais être effrayée, mais son contact a le don de me rassurer. Je sais que quoi qu’il arrive, je pourrais toujours compter sur lui. Je n’ai pas de raison d’avoir peur.

— Promets-moi de venir m’en parler si cela se reproduit. Peu importe l’heure qu’il est, que ce soit le jour ou bien la nuit, je veux que tu viennes m’en parler immédiatement. Compris ? murmure-t-il.

— Compris.

Isaac m’attire entre ses bras et me caresse délicatement le dos. Je souris, parce que je n’ai plus mal. Grâce à lui. Quand je me mets à penser aux jours qui vont suivre, l’angoisse est présente au fond de moi. J’espère que la Démone ne recommencera pas. Que je ne serai pas victime d’une seconde effraction de rêve. Auquel cas, je doute de pouvoir garder mon sang-froid... La sensation du réel était bien trop forte.

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