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Chapitre 40Le mur

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"Veröffentlichungsdatum: " 25.06.2021 20:56:58
Chapitre 40Le Mur

— Puis-je connaître l’origine de ce vacarme ? tonne une voix féminine derrière notre petit groupe.

Je me retourne pour faire face à une silhouette bien particulière.

— Ombelline ! s’exclame Zéphyr, d’un ton moins assuré qu’il a l’habitude d’employer. Comme tu peux le voir, nous avons géré la situation ! Tu peux donc retourner te...

— Vous avez géré la situation ? le coupe-t-elle sèchement. Il me semble pourtant que ce n’est pas officiellement terminé.

L’Immortelle baisse ses yeux gris sur ma silhouette. J’affronte son regard, ne comprenant pas très bien en quoi sa phrase me concerne. Suis-je la situation non terminée ? Isaac a réussi à me faire reprendre mes esprits et à me calmer. Si elle était arrivée quelques minutes plus tôt, sa remarque aurait été très pertinente, mais maintenant, elle tombe dans le vide. Je me contrôle parfaitement. Les Surnaturels dévient leur regard dans ma direction. Lorsque je vois le visage d’Apolline afficher une expression mi-choquée mi-embarrassée, je commence à me dire que quelque chose cloche. Je baisse les yeux et aperçois de petites gouttes de sang qui tachent la dalle blanche sous mes pieds. Le sang provient de mes mains. Mes ongles sont enfoncés dans mes paumes comme s’il fallait à tout prix que je me contrôle. Je m’empresse de les détendre. Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ?

Les autres affichent exactement la même expression qu’Apolline. Même Angie a bien du mal à retrouver un visage neutre. Ils ont peur de moi. Et je ne peux pas les en blâmer. Je pensais m’être calmée, mais au fond de moi, je sens toujours cette rage qui crépite. J’ai l’impression que si je n’ai pas un point d’ancrage sur lequel m’accrocher, je risque de péter les plombs à nouveau. Et cela me fait froid dans le dos, parce que je ne me connaissais pas un côté aussi sombre. Je suis comme la Démone… Lorsque je perds le contrôle, je suis exactement comme elle. Complètement folle, et il est presque impossible de m’arrêter. D’habitude, Angie était celui qui y parvenait. Mais aujourd’hui, il en a été incapable. Tout mon corps se relâche.

— Maintenant, il me semble que c’est officiellement terminé, intervient Ombelline.

— Elle ne l’a pas fait exprès ! s’empresse d’expliquer Isaac, se postant devant moi. Elle...

— Je sais ce que j’ai vu ! le coupe-t-elle, le foudroyant de son regard glacial. Vous nous aviez déjà fait un rapport sur son état, mais je n’imaginais pas que c’était à ce point-là. Personne d’entre vous n’a jugé bon de nous préciser la dangerosité de ses accès de violence ?

Aucun des Surnaturels ne répond. Par contre, j’entrevois le regard incendiaire d’Apolline et de Bastian à l’égard d’Angie. Et cela ne semble pas non plus échapper à Ombelline. Cette dernière s’avance de sa démarche sûre, bannissant toute hésitation de sa gestuelle. Elle vient se planter directement en face du Leader. Elle est un peu plus grande que lui. Je n’ai jamais vu quelqu’un regarder Angie de cette façon sans se dégonfler. Ombelline n’a pas froid aux yeux.

— C’est bien à toi qu’Evalina a été confiée ? l’interroge-t-elle d’une voix menaçante. C’est donc à toi que revient la responsabilité de nous prévenir lorsque tu remarques quelque chose d’inhabituel chez elle. Ai-je raison de penser que tu nous as délibérément caché ses accès de violence et de colère ?

Le Leader serre la mâchoire et ne tarde pas à en faire de même avec ses poings. Il regarde Ombelline, de multiples éclairs dans le regard, mais ne répond rien. Si elle avait eu tort, il aurait immédiatement réagi. Mais puisqu’il ne dit rien, c’est qu’elle dit vrai. Angie ne leur a pas tout avoué à mon sujet. Et à en juger par les regards accusateurs de la Talentueuse et du Séducteur, il a dû demander à tout le groupe de se taire. Mais pourquoi ?

— Je prends ton silence pour un oui. Candélaria sera très déçue par ton comportement, Angie. Je savais que tu n’étais pas celui qu’il fallait pour t’occuper d’Evalina, mais elle a refusé de m’écouter. Elle a pris le risque de placer toute sa confiance en toi, et tu fais la bêtise de tout gâcher.

À ma plus grande surprise, Angie encaisse le tout sans broncher. Il se contente de regarder Ombelline dans les yeux, sans laisser paraître la moindre trace d’émotions. C’est un mur. Je n’aime pas quand il est comme ça. Mais cela ne semble pas déstabiliser Ombelline. Elle s’écarte de lui et tourne sa tête dans ma direction. Son regard vire au gris sombre. Elle me fait légèrement peur. Légèrement.

— Je te conseille d’aller dormir. Demain matin à la première heure, tu seras priée de te rendre au Siège ! Candélaria aura des choses à te dire lorsque je lui aurai rapporté les faits de cette nuit, et je te déconseille d’être en retard !

Après cette dernière phrase vraiment très charmante, l’Immortelle tourne les talons et s’éloigne en direction de l’escalier de droite, à l’opposé de nos chambres. Ses paroles résonnent en moi. Je n’ai aucune envie d’être à demain matin. Ombelline n’est décidément pas quelqu’un de rassurant.

— Bon... Je propose que chacun suive le conseil d’Ombelline ! déclare Zéphyr, tentant de mettre fin à ce calme quelque peu angoissant. On devrait y aller si on veut être en forme pour demain.

— Zéphyr a raison, montez tous vous coucher ! ordonne soudainement Angie.

Les Surnaturels se regardent brièvement, puis finissent par capituler. Lorsqu’ils gravissent les marches, j’aperçois Zéphyr se retourner et jeter un regard lourd de sens à Angie. J’aimerais beaucoup en comprendre la signification. Ce n’est pas la première fois qu’il fait ça… L’Aimant me souhaite une bonne nuit, puis s’éloigne. Il ne reste plus qu’Isaac, Angie, et moi.

— L’ordre est également valable pour toi, Isaac.

Pendant un instant, j’ai l’impression que ce dernier va faire la bêtise de protester. Mais à la dernière seconde, il se ravise. Excellent choix. Je doute qu’énerver Angie à l’heure qu’il est soit une très bonne idée. Il n’a peut-être pas réagi face aux propos d’Ombelline, mais je suis sûre qu’il n’y est pas resté indifférent, cela a forcément dû l’atteindre d’une manière ou d’une autre. Isaac commence à partir, mais soudain, il s’arrête et revient sur ses pas. Il approche son visage du mien pour venir me glisser quelques mots à l’oreille :

— Demain, quand tu auras le temps, passe me voir.

Je hoche la tête pour lui faire comprendre que c’est d’accord. Ma curiosité est bien trop grande pour me permettre de refuser, et j’avoue qu’en matière de mystère, il est presque aussi doué que le Leader. Je jette un coup d’œil à ce dernier, posté à quelques centimètres de nous. Ses yeux ont une étrange couleur. Ils sont vert foncé, et cela me déstabilise. Parce que j’ignore totalement à quoi m’attendre. Isaac me jette un dernier regard, puis s’éloigne à la suite des autres, la démarche lourde de fatigue. Je soupire et m’apprête à emprunter le même chemin que mes camarades, lorsqu’une voix grave me rattrape :

— Je n’ai pas dit que l’ordre était valable pour toi.

Je m’arrête net. Mon cœur commence déjà à battre plus vite qu’il ne le devrait. Mais pas à cause de sa présence… Cette fois-ci, je suis angoissée. Je ne l’ai pas revu depuis qu’il a quitté ma chambre après m’avoir embrassée. Et les mêmes questions commencent à me triturer le cerveau. Comment suis-je censée me comporter ? Je n’en sais absolument rien. Mais puisqu’il veut me parler, autant le laisser faire, je verrai bien où cela nous mènera.

Je l’observe attentivement, tentant de deviner la discussion qui nous attend en vue de sa posture. Il est parfaitement stoïque, les bras croisés sur son torse, le visage impassible. Impossible de deviner quoi que ce soit.

— Qu’est-ce que tu faisais avec Isaac en pleine nuit ?

Sa question me prend au dépourvu. C’est ce sujet qu’il veut aborder ? Je ne peux pas avouer que nous étions partis vérifier s’il y avait des trénones, il me demandera comment nous étions au courant. Et je n’ai pas envie de lui expliquer toute cette histoire concernant les effractions de rêve. Mais je ne peux pas non plus mentir en prétextant avoir entendu un bruit, il ne gobera jamais ça. Je garde donc le silence.

— N’oublie pas que si tu ne réponds pas très vite quelque chose, j’emploierai d’autres moyens ! me prévient-il.

— Ce que je faisais avec lui ne te regarde pas !

Je crois que je n’aurai pas dû répondre ça. Parce que les yeux du Leader deviennent noirs.

— Avec tes réponses pour le moins très énigmatiques, ne viens pas te plaindre de mon habitude à lire dans tes pensées ! J’estime que je suis parfaitement en droit de le faire !

— Eh bien, tu estimes mal ! répliqué-je méchamment.

Je crois que ma colère de tout à l’heure n’est pas encore parfaitement retombée, ce qui me rend plus irritable que la normale. Ce n’est vraiment pas le moment de m’énerver.

— Je vais te donner une dernière chance de répondre à ma question. Pour une fois que je te le demande, t’as plutôt intérêt à en profiter.

Angie est on ne peut plus sérieux. Il s’est presque exprimé d’une façon menaçante. Ses yeux noirs doivent être synonymes d’une colère très forte... Tout son être semble exprimer une fureur sur le point d’exploser. Mais je ne réponds toujours rien. Je ne sais pas quoi lui dire, je ne sais même pas par où commencer.

— Tu ne me laisses pas le choix.

Avant que je n’aie eu le temps de protester, je ressens les petits picotements si familiers frémir dans ma tête. J’ai beau tout faire pour tenter de ne pas penser aux événements de ces derniers jours, c’est plus fort que moi. Et pratiquement impossible. Plus je tente de ne pas y penser, et plus j’y pense. La première effraction de rêve avec la menace de la Démone, les trois bleus dans mon dos, la deuxième effraction, la promesse d’aller voir Isaac à chaque fois que ces rêves recommenceront, tout y passe. Absolument tout. Même le fameux marché. J’avais réussi à le cacher à Isaac. Mais Angie, il lui a suffi d’une seconde, une seule seconde pour être au courant de tout ce qu’il s’est passé dernièrement dans ma vie. Une seule petite seconde.

Les petits picotements s’estompent peu à peu. Je risque un regard timide vers le Leader, avant de le détourner aussitôt. Il est en colère. Très en colère. Sa mâchoire est si crispée que les veines de ses tempes ressortent comme jamais. L’atmosphère est extrêmement tendue. Il est clair qu’il m’en veut.

— Pourquoi ? me demande-t-il soudainement, une rage parfaitement descriptible dans le ton de sa voix.

— Je... je ne t’ai rien dit parce que...

— Ce n’est pas ce que je te demande, me coupe-t-il d’un ton glacial. Pourquoi es-tu partie le voir, lui ?

Lui ? Je mets un certain temps avant de comprendre qu’il me parle d’Isaac. Qu’est-ce que cela peut lui faire !? À mon sens, le plus important, ce sont quand même les effractions de rêve et le marché que m’a offert Mélodie ! Son comportement est illogique.

— Encore une question qui va rester sans réponse, c’est ça ? Dans ce cas, préviens-moi tout de suite, que j’aille lire dans tes pensées afin de gagner du temps !

Je cligne des yeux plusieurs fois de suite, complètement effarée par sa réaction. Son ton n’a jamais été aussi hostile que maintenant. Et je ne me suis jamais retrouvée aussi démunie devant lui. Je pensais qu’il m’en voudrait de ne pas l’avoir mis au courant concernant les visites de la Démone, mais visiblement, il a complètement zappé cette partie-là. Lorsque les petits picotements s’incrustent une nouvelle fois dans ma tête, je retrouve enfin la faculté de parler et m’écris :

— Non, attends !

Les picotements cessent.

— Tu n’as pas besoin de lire dans mes pensées, je peux te répondre. Seulement, j’ai du mal à comprendre ce que tu attends de moi. Qu’est-ce que tu me reproches, au juste ?

Ma remarque n’a pas l’air de lui avoir plu. Il s’avance, la démarche lente.

— Tu te fiches de moi ? fulmine-t-il.

Je secoue la tête négativement.

— Tu trouves donc tout à fait normal d’aller trouver Isaac en pleine nuit pour lui faire part de tes rêves ? De le mettre au courant, lui, et pas les autres ? Qu’il réussisse à te calmer sans avoir besoin de te parler ? Par un simple contact ? Tu trouves ça normal, dis-moi ?

Angie s’arrête à quelques centimètres seulement de mon visage. Je recule d’un pas, mais il m’attrape le bras.

— Je ne comprends vraiment pas ce que tu me reproches ! répliqué-je, d’une voix plus colérique que je ne le voulais. Oui, je trouve ça tout à fait normal d’aller voir Isaac en pleine nuit ! C’est lui qui me l’a proposé ! Il a promis de m’offrir son aide au cas où les effractions recommenceraient, et visiblement, j’ai eu raison d’aller le voir puisque toi, ça n’a pas l’air de te préoccuper ! Tu te fiches complètement de ce que Mélodie a bien pu me faire dans ces foutus rêves ! Si je n’ai prévenu personne d’autre, c’est uniquement parce qu’Isaac m’a promis de trouver...

— Isaac te promet beaucoup de choses, on dirait ! me coupe-t-il sèchement. T’as l’air d’avoir une confiance aveugle en lui !

— Et alors ? C’est un problème ? Tu ne lui fais pas confiance, toi ? Tu t’es rangé du côté de la reine, tu penses que c’est un espion de la Démone ?

Cette fois-ci, c’est à moi de serrer les poings de colère. Pourquoi s’acharne-t-il autant sur Isaac ? Je croyais qu’il l’aimait bien ! Leur amitié remonte quand même à plusieurs années !

— Je n’ai jamais rien dit de tel ! conteste Angie. Je n’ai jamais pensé qu’il pouvait être un espion, et jamais je ne le penserai !

— Alors, qu’est-ce que tu lui reproches ? Et qu’est-ce que tu me reproches ?

Angie refuse d’en dire davantage. Mais comment veut-il que je comprenne ce qui le tracasse, s’il refuse de me répondre ? Il m’énerve.

— On dirait bien que je ne suis pas la seule à ne pas répondre aux questions ! Comment veux-tu que je te comprenne si tu ne m’expliques rien ? Tu me parles d’Isaac... mais qu’est-ce qu’il vient faire ici ? Si tu as un problème avec lui, ce n’est pas avec moi qu’il faut le régler ! Je ne suis pas là pour...

— Mon problème, c’est de voir à quel point vous êtes devenus proches en l’espace d’une journée ! explose Angie, me coupant dans mon élan. Il a suffi d’une seule, une seule putain de journée, pour que vous vous rapprochiez encore plus que vous ne l’étiez déjà !

— Quoi ?

— Ne fais pas celle qui ne comprend pas ! m’interrompt-il, resserrant sa poigne autour de mon bras. Tu es toujours fourrée avec lui ! Hier, je constate qu’il dort avec toi, et cette nuit, vous étiez encore ensemble ! Et il te ramène à la réalité d’un simple contact ? J’ai bien vu le regard que vous avez échangé, Evalina ! Me mentir ne te servira à rien !

J’en reste bouche bée. Je ne l’ai jamais vu aussi furieux. En temps normal, il parvient toujours à garder le contrôle de ses émotions. Mais pas ce soir.

— Est-ce que tu es en train de me faire une crise de jalousie ? lui demandé-je.

Angie retire automatiquement sa main. Il fronce les sourcils et croise les bras sur son torse.

— Ne te donne pas autant d’importance, réplique-t-il d’un ton froid.

J’ouvre la bouche et la referme aussitôt, quelque peu choquée par ses propos. Il n’a pas hésité une seule seconde avant de rétorquer cela. L’espace d’un court instant, je suis tentée de lui tourner le dos et de partir. Puis je comprends que c’est exactement ce qu’il attend de moi. Sa remarque est peut-être très blessante, mais je sais qu’au fond, il ne l’a pas vraiment pensé. Il est jaloux. J’ai touché dans le mille, et cela ne lui plaît pas du tout. Il attaque pour mieux se défendre.

— Il n’y a pas de honte à être jaloux, tu sais.

— Je ne suis pas ici pour parler de jalousie ou quoi que ce...

— Arrête ! le coupé-je. Je vois très bien ce que tu essaies de faire. Tu contournes le sujet qui fâche et tu te retranches derrière... derrière l’espèce de mur que tu t’es construit ! Je ne sais pas pourquoi tu te dissimules avec cette façade, mais je...

— Justement, si tu ne sais pas pourquoi, alors je n’ai pas de conseils à recevoir de toi ! me crache-t-il au visage, avant de me laisser planter là.

Il s’en va ? Comme ça ? Je ne sais pas où il va, mais ce dont je suis sûre, c’est qu’il ne se dirige pas vers sa chambre. Il est parti à l’opposé de l’escalier. Je m’empresse de lui emboîter le pas.

— Angie, attends ! m’écrié-je.

Ce dernier continue d’avancer, bifurquant dans un couloir qui m’est familier. C’est celui qui mène à la véranda du château.

— Attends ! répété-je.

Je presse le pas pour le rattraper, avant de m’arrêter net lorsqu’il se retourne face à moi. Ses yeux en disent long sur la colère qui l’habite.

— Tu ne me connais pas ! Tu ne sais pas de quoi tu parles, je n’ai aucun conseil à recevoir de ta part ! fulmine-t-il.

— Je ne sais pas de quoi je parle ? Alors, explique-moi ! Qu’est-ce qu’il t’est arrivé pour que tu te renfermes à ce point au monde extérieur ?

Angie serre les poings et me fusille littéralement du regard. Il n’apprécie pas du tout que je m’acharne autant sur lui. Mais si c’est la seule solution pour qu’il s’ouvre à moi, alors je continuerai. Seulement, il reste impassible et silencieux, me tournant le dos. Délibérément. Il pénètre dans la véranda et se dirige droit vers la porte en verre. Il tend le bras vers la poignée, mais je ne lui en laisse pas le temps. Je m’approche de lui et pose ma main sur la sienne. Il se crispe.

— S’il te plaît, dit quelque chose ! le supplié-je. Comment veux-tu que je te comprenne si tu ne me dis rien ?

— Pars.

C’est le seul mot qu’il se décide à prononcer. Je secoue la tête.

— Je t’ai demandé de partir ! s’écrie-t-il, repoussant ma main d’un geste brusque.

Mais je ne baisse pas les bras pour autant. Je reste fermement campé sur mes positions, espérant de tout cœur qu’en vue de ma persévérance, il abandonnera et se calmera. Mais, il faut bien le reconnaître, il est tout aussi têtu que moi.

— Angie, je veux juste...

— Va-t’en ! hurle-t-il, envoyant violemment son poing dans la porte en verre.

Celle-ci explose en centaines de petits éclats, ricochant contre les cailloux du jardin et le sol dallé de la véranda. Je lève instinctivement mes bras vers mon visage pour me protéger des particules de verre. Par chance, je n’en reçois que très peu. Mais Angie, lui, à la main en sang. Littéralement. Mes lèvres s’entrouvrent, mais je n’arrive pas à formuler le moindre son. Je me contente de le regarder, les yeux écarquillés. Je suis tétanisée sur place, mes oreilles encore bourdonnantes du vacarme assourdissant qui vient d’avoir lieu. J’observe les débris de verre sur le sol, n’osant plus faire le moindre pas. Le Leader ne me regarde pas. Ses mains tremblent de rage. Puis il s’éloigne dans la nuit. Et cette fois-ci, je ne m’élance pas à sa poursuite. Nous partons tous les deux dans une direction opposée.

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