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Chapitre 42Perte de controle

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:56:59
Chapitre 42Perte de controle

— Je savais que je te trouverais ici.

— Je n’ai pas cherché à me défiler.

Zéphyr esquisse un sourire et s’engouffre dans l’espace sombre et bleuté du Jardin Abyssal. Il jette un rapide coup d’œil à l’aquarium, puis il me rejoint sur le canapé. Il se laisse tomber contre la matière moelleuse et pose ses avant-bras sur ses genoux, les mains croisées. Il ne dit rien. Et je sais pertinemment pourquoi. Il attend que ce soit moi, comme à chaque fois qu’il veut entamer une discussion sérieuse. Et je n’aime pas ce genre de discussions. Il me pousse souvent à comprendre ce que je redoute le plus, à faire face aux démons qui me rongent de l’intérieur. Et je déteste ça.

— Tu perds ton temps, finis-je par dire.

— Nous savons tous les deux que c’est un mensonge. Depuis quand ne lis-tu plus dans les pensées des autres ? Parce que tu n’as pas l’air de savoir pourquoi je suis là.

— Je suis fatigué.

— Fatigué ? relève-t-il, les yeux bleus écarquillés par l’étonnement. Venant de toi, c’est la chose la plus improbable que j’ai entendue de toute ma vie !

Je lui lance un regard sévère, auquel il répond par un sourire arrogant. Le genre de sourire que moi-même j’aime sortir lorsque je suis de bonne humeur. Mais aujourd’hui, ce n’est pas mon cas. Je suis sans cesse sur les nerfs, et ça, Zéphyr l’a bien remarqué. Ses yeux me scrutent de haut en bas, si intensément que je pourrais presque croire qu’il est en train de lire dans mes pensées. Heureusement qu’il en est incapable. Evalina a raison. Si quelqu’un pouvait le faire, je ne le supporterais pas.

— Angie... tes yeux n’ont toujours pas changé, ils restent de la même couleur. Vert foncé, me précise Zéphyr.

— Ils vont revenir à leur couleur d’origine.

— Oui, mais quand ? Tu n’arrives même plus à te contrôler ! Épargne-moi un interrogatoire sans fin et viens-en directement au fait ! C’est à cause d’elle, je le sais très bien, tu le sais très bien, tout le monde le sait !

— Tout le monde le sait ? répété-je, sans réussir à masquer l’inquiétude de ma voix.

— Pas tout le monde, j’ai peut-être un peu exagéré, se reprend Zéphyr. Certains sont tout simplement aveugles pour ne pas comprendre pourquoi notre Leader est autant sur les nerfs.

— Si tu es venu pour me parler d’elle, tu peux repartir. Apolline est déjà passée par là, sans résultat.

Zéphyr secoue la tête et lâche un soupir, les lèvres serrées comme s’il se retenait de rire. S’il a trouvé quelque chose d’amusant dans cette situation, tant mieux pour lui.

— Dois-je te rappeler que je suis meilleur qu’Apolline ? se vante-t-il, haussant les sourcils. Ça fait trois ans que je te connais. Elle, ça fait à peine un an. Conclusion, je te connais mieux qu’elle et je sais exactement où frapper !

Zéphyr est l’un des rares à foncer tête baissée, et je respecte son courage. Je préfère ce genre de personnes à celles qui n’osent rien. Ne pas tenter est synonyme de lâcheté. C’est ce que me répétait toujours ma mère. Mais aujourd’hui, j’ai déshonoré son enseignement. J’ai fui face à Evalina, au lieu de faire face à ma peur.

Et je m’en veux. Les regrets. Encore quelque chose que je n’avais pas ressenti depuis bien longtemps. J’ai l’impression que tout mon monde est en train de s’écrouler. Que tout ce que j’ai cherché à refouler durant ces dernières années a décidé de refaire surface maintenant, sans m’en demander la permission.

— Bon, je vais être gentil pour cette fois, reprend Zéphyr, les yeux désormais rivés sur l’aquarium floral. Je vais juste te donner un conseil...

— Non, pas de conseil.

— ...dans une dispute, tout le monde est responsable, continue-t-il, sans prêter attention à ma remarque. Je ne sais pas pourquoi tu as rejeté Evalina, mais laisse-lui une chance de s’excuser.

— Qui te dit qu’elle voulait s’excuser ?

— Ses yeux frôlent constamment le gris, ce n’est pas compliqué à deviner. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé entre vous, mais elle, elle t’a toujours pardonné.

Je soupire, mais m’abstiens de tout commentaire. Il a entièrement raison. Lorsque je lui sortais des phrases absurdes qui dépassaient largement mes pensées, elle a toujours trouvé le moyen de me pardonner. Si elle a pu le faire, je peux le faire aussi. Bien qu’ici, ce soit moi qui ai encore merdé.

— Tu sais ce que je pense ? poursuit Zéphyr, un éclair de malice dans les yeux. Si tu ne veux pas l’écouter, c’est parce que tu as peur.

— Elle a voulu connaître des choses qui ne la concernent pas.

— Attends, c’est pour ça que vous vous êtes disputés ? Je retire ce que j’ai dit ! Là, il n’y a que toi qui es en faute ! Je comprends que tu ne veuilles pas lui en parler, mais ce qui est fait est fait ! Tu n’es pas obligé de lui dire comment nous nous sommes rencontrés, tu peux commencer par lui expliquer ce qui est arrivé à tes parents ? Elle pourra s’identifier à ton histoire puisqu’elle a perdu les siens il y a quelques mois. Elle te comprendra, insiste Zéphyr.

— Elle sait déjà qu’ils sont morts.

— Tu lui as dit ? s’étonne-t-il en me pointant du doigt. Toi, Angie, tu lui as dit ?

Malgré le fait qu’il insiste énormément sur un sujet dont je ne veux pas parler, je ne peux pas m’empêcher d’esquisser un sourire en coin. Il est vraiment con, quand il s’y met.

— Je lui ai simplement parlé du choix que j’ai eu à faire entre Isaac et ma famille.

La mine surprise de Zéphyr retombe aussitôt. Il fronce les sourcils, soupire et secoue la tête de droite à gauche, comme s’il cherchait à me faire comprendre que je ne suis qu’un cas désespéré, totalement irrattrapable.

— Autrement dit, tu as zappé la partie la plus importante de l’histoire, conclut-il.

Il lâche un nouveau soupir. Et je me sens soudainement coupable. Pourtant, ce n’est pas comme si je ne lui avais rien dit. Alors, pourquoi ce foutu sentiment de culpabilité est-il encore présent ? Quand l’Aimant ouvre de nouveau la bouche pour me sortir une énième remarque, je m’empresse de le devancer afin de changer une bonne fois pour toutes de sujet :

— C’est elle qui a voulu connaître des choses qui ne la concernent pas, tu ne peux pas m’en vouloir d’avoir pété un câble.

L’information met quelque temps à arriver jusqu’au cerveau de Zéphyr. Il fronce les sourcils, avant d’écarquiller les yeux.

— C’est toi qui as défoncé la porte de la véranda ?

Je hoche la tête et m’enfonce un peu plus dans le canapé bleu sombre, les bras derrière la tête.

— Ombelline va te tuer.

Ça, je m’y attendais, ce n’est pas une grande nouvelle. De toute façon, quoi que je fasse, Ombelline n’est jamais contente. Je n’ai jamais su pourquoi elle ne m’appréciait pas. Quoi qu’il en soit, avoir cassé cette foutue porte en verre n’aggravera pas notre relation. Elle ne m’aime pas, je ne l’aime pas. La seule chose qu’elle semble apprécier chez moi, ce sont mes capacités au combat. Et la seule chose que j’apprécie chez elle, c’est sa philosophie. Le lâche ne commence jamais, le faible ne termine jamais, le gagnant n’abandonne jamais. Elle ne cesse de nous faire rentrer cette phrase dans la tête, et je la trouve particulièrement vraie. Elle se rapproche beaucoup des enseignements de ma mère. Ombelline a beau manquer de tact et se montrer très agressive, je dois reconnaître que sans ses entraînements, nous ne serions rien. C’est un très bon mentor. Elle nous a également sauvés plus d’une fois lorsque Bastian et moi avons été appelés en mission pour retrouver Cassie et la sœur d’Evalina. Sans elle, nous aurions pu finir entre les griffes de ces foutus désaltras.

— Tu comptes le lui signaler un jour que la porte de la véranda est en mille morceaux ? Ou tu préfères laisser ça comme ça et te faire doublement trucider quand elle l’apprendra d’elle-même ? me demande Zéphyr.

— Ça dépend. Je ne compte pas lui dire aujourd’hui. Donc, si elle découvre ça avant demain, va pour le « doublement trucider ».

— Je croyais que vous vous entendiez un peu mieux, elle et toi ? Quand tu es revenu de ta mission, vous aviez l’air en bons termes. D’ailleurs, je n’ai pas encore eu le temps de te demander ce que vous aviez trouvé, tous les trois ? m’interroge-t-il, une pointe de curiosité dans la voix.

Je souris, plutôt fier de mon détournement de sujet. Ça marche toujours. La seule personne avec qui cette méthode rencontre des difficultés, c’est Evalina.

— Angie ?

Je regarde mon meilleur ami, toujours en attente d’une réponse. Si je n’énonce pas très vite quelque chose, il va commencer à se demander ce qui me tracasse.

— Rien à part une attaque de désaltras. Aucune trace ni de Cassie, ni de Tessia. C’est comme si elles s’étaient volatilisées, je n’ai capté aucune particule d’elles.

— Tu penses que la Démone est derrière tout ça ?

Bonne question. Je n’arrive pas à déterminer si ce monstre est réellement derrière ce mystère, ou bien si nous avons affaire à autre chose. Elle était dans le coma quand cela s’est produit. Mais quelques-uns de ses trénones traînent toujours en liberté dehors, comme cette armée de désaltras contre lesquels nous sommes tombés. Ils ont très bien pu les faire chuter de leur pégase et les enlever afin de les ramener à leur maîtresse. Mais dans ce cas, j’aurais dû sentir leurs traces. J’aurais dû sentir les effluves du pouvoir de Cassie... Malheureusement, les particules ne sont pas éternelles. Plus les jours passent, moins nous avons de chance de les retrouver. Je n’ai jamais été confronté à une telle situation.

Deux personnes ne peuvent pas se volatiliser comme ça, du jour au lendemain, sans laisser de traces. C’est impossible. Il y a quelque chose qui nous échappe. Si la Démone est derrière tout ça, elle n’aurait pas attendu autant de jours avant de marchander quelque chose en échange de leur emplacement, elle l’aurait fait immédiatement. Ce qui me laisse penser que quelqu’un d’autre a orchestré tout ça. Une autre menace contre laquelle nous ne sommes pas préparés. Mais ce n’est qu’une hypothèse. J’opte donc pour un simple haussement d’épaules à l’égard de Zéphyr.

— Tu comptes rester ici encore longtemps ? m’interroge-t-il. Parce qu’Ombelline ne s’est pas vraiment réjouie de ton départ soudain... Elle veut te parler.

— Elle me parlera demain.

— Je lui ferai parvenir l’information. Je dois y retourner, je suis en section de rattrapage.

Zéphyr marque une pause et s’empresse de me couper la parole au moment où j’allais la prendre.

— Non ! Ne dis rien, je sais que j’ai foiré ! Oui, tu m’avais prévenu pour le crochet du droit de Bastian, mais je ne l’ai pas vu venir !

Je n’aime pas quand il se fait battre, et encore moins par quelqu’un d’aussi prétentieux que Bastian. Je lui avais pourtant mis la pression... Zéphyr n’avait qu’à penser à ce qui l’attendait s’il échouait, et la motivation revenait à la charge. Mais cette fois-ci, je décide de le laisser tranquille. L’Aimant lâche un soupir de soulagement et se dirige vers la sortie, avant de s’arrêter net. Tout doucement, sa tête se tourne dans ma direction. Et le sourire qu’il arbore n’augure rien de bon.

— Au fait, je pense très fortement que d’ici quelques minutes, tu auras de la visite. Evalina s’est lancée à ta poursuite lorsque tu es sorti de la Colombe. Elle t’a perdu de vue et m’a donc demandé si je savais où tu étais parti. Je lui ai dit de jeter un coup d’œil dans le dortoir ou la Galerie, tandis que j’irais voir au Jardin Abyssal... Bien sûr, je savais que tu étais ici, mais j’avais besoin de te parler avant ! Donc... elle ne devrait plus tarder, conclut-il.

À la simple pensée qu’elle puisse arriver ici très prochainement, je me fige. Zéphyr rigole et s’en va pour de bon, sans se soucier le moins du monde de ma personne. Ça le fait rire ? Si j’ai décidé de fuir Evalina, c’est pour une bonne raison. Je ne suis pas encore prêt à lui faire face… Il faut que je sorte d’ici avant qu’il ne soit trop tard. Avant qu’elle n’arrive. Je me lève du canapé et fonce vers la sortie. Je m’engouffre dans le passage et avance le plus rapidement possible dans le couloir de terre bleutée, priant intérieurement pour ne pas la croiser. Mais lorsque je sens les effluves de son pouvoir se propager petit à petit dans l’espace, je m’immobilise.

Je l’aperçois descendre les marches dorées, puis atterrir en douceur sur le sol terreux. Ses mains quittent la rambarde. Et je sais que je n’ai plus le choix. Elle est là, devant moi. Elle ne semble pas encore avoir remarqué ma présence. Ce n’est qu’une question de secondes. Dès qu’elle lève la tête, je l’entends pousser un petit soupir de soulagement. Puis elle s’avance, avec une détermination que je ne lui connaissais pas. Il faut qu’elle arrête. Car malgré moi, chaque pas qu’elle exécute me donne envie d’en faire un. Heureusement, elle ralentit. L’once de détermination qu’elle possédait s’envole à la seconde même où elle commence à entortiller une mèche de ses cheveux autour de son index. Elle fait toujours ça quand elle est nerveuse. Je la rends nerveuse.

— Zéphyr m’a dit que je te trouverai ici, articule-t-elle, ses grands yeux verts peinant à rester immobile sur ma silhouette. Je... je sais que tu ne veux pas me parler, mais moi j’en ai envie.

Ses mains relâchent ses cheveux et viennent s’emmêler l’une contre l’autre, ne cessant de se croiser et de se décroiser au fil des secondes qui s’écoulent dans le silence. Elle attend une approbation de ma part pour continuer. Mais je ne la lui donne pas. Je n’y arrive pas. Je suis obnubilé par ses lèvres qu’elle n’arrête pas de mordre sous l’effet de la nervosité. Et je sais pertinemment que ce n’est pas bon du tout. Je dois me reprendre. Je secoue la tête pour me remettre les idées en place et prends le risque de la contourner pour sortir de ce tunnel. Mauvaise idée, elle est décidément très déterminée à me parler. Sa main intercepte mon bras.

— Angie, s’il te plaît ! Je t’ai cherché partout, dans tout le Majestueux ! Alors ne pars pas maintenant que je t’ai trouvé...

Ses grands yeux verts s’agrandissent, me suppliant de rester et d’écouter ce qu’elle a à me dire. Je finis par capituler et ancre mon regard dans le sien, lui faisant ainsi comprendre qu’elle a toute mon attention. Cependant, j’avais oublié à quel point ce geste de ma part la déstabilisait. Ses yeux se mettent à briller de petites touches de rouges. Légères pour le moment, mais bien présentes. Je mets toute la volonté du monde à ne pas baisser mon regard. Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir tenir ainsi. Si elle ne retire pas sa main dans les secondes qui suivent, je crois que je ne vais pas résister bien longtemps.

J’ai envie de l’embrasser. Tout mon corps la réclame. Si je devais écouter mon cœur à cet instant précis, je la plaquerais contre le mur juste derrière et laisserai mes lèvres s’emparer des siennes. Mais je ne peux pas me le permettre. Plus je l’embrasse et plus j’ai l’impression de devenir accro. Accro à ses baisers, à son parfum, à son contact, à tout ce qui fait d’elle ce qu’elle est. Ce genre de sensations n’engendre rien de bon. Je ne peux pas commencer à m’inquiéter pour elle à chaque fois qu’un danger éclatera autour de nous. Avec regret, je dégage sa main de mon bras. Peut-être un peu trop brusquement. Ses yeux perdent leur éclat rougeoyant et virent au gris pâle. Elle pense que je suis en train de la rejeter…

— Je sais que tu ne veux pas m’écouter. Et je sais que tu ne veux même plus me voir ! Mais s’il te plaît, si tu ne le fais pas pour moi, fais-le au moins pour ma conscience ! me supplie-t-elle.

Ce clin d’œil à ma remarque d’il y a quelques jours, lorsque j’étais venu m’excuser auprès d’elle très tard dans la nuit, me convainc définitivement de rester et de l’écouter. Parce que c’est exactement ce qu’elle avait fait pour moi. Elle avait accepté, pour mon sommeil. Alors je peux bien le faire pour sa conscience.

— Je tiens vraiment à m’excuser pour la manière dont je me suis comportée. Je sais très bien que je n’aurais pas dû insister autant ! Je ne sais pas ce qui m’a pris, avoue-t-elle, la gorge serrée. C’était vraiment stupide de ma part. Tu as le droit d’avoir un jardin secret, tout le monde a le droit d’en avoir un ! Et je ne suis personne pour tenter d’y pénétrer. Je comprendrai que tu ne veuilles pas me pardonner... Mais je t’en supplie, arrête de me fuir, de faire comme si je n’existais pas !

Elle s’interrompt, jouant de nouveau avec ses cheveux. Elle attend une réponse de ma part. Elle est stressée à cause de moi. Mon intention n’était pas de la mettre dans un tel état. Je voulais prendre mes distances, prendre mon temps pour réfléchir à tout ça. Mais Apolline et Zéphyr ont raison. Plus je la repousse et plus elle semble vouloir revenir. Je lui fais mal. L’espace d’un instant, je m’imagine à sa place. Elle, me repoussant pour une raison qui m’est inconnue. Ça me rendrait malade. Je réagirais de la même façon qu’elle. Peut-être même pire. Si je ne dis pas très vite quelque chose, elle va partir. Pour toujours. Et même si je ne suis pas encore prêt, l’idée de la perdre est bien pire que le reste.

— Pourquoi t’excuses-tu ? finis-je par articuler.

Elle fronce les sourcils, déroutée par ma question.

— Je... parce que je devais le faire. Je n’aurais jamais dû faire ça, je ne sais vraiment pas ce qui m’a...

— Ce n’est pas toi qui es en faute, la coupé-je.

Cette fois-ci, je peux clairement lire de l’incompréhension dans son regard. Elle ne s’attendait décidément pas à cette réaction-là de ma part. Dans un sens, je peux la comprendre. M’excuser n’est pas dans mes habitudes. Mais j’ai tellement peur que mon comportement la fasse fuir définitivement…

— Un jour, une personne m’a donné un très bon conseil, continué-je, me remémorant notre toute première dispute lors de son arrivée dans notre royaume. Cette personne m’a recommandé de me mettre à la place des autres si je voulais les comprendre.

À ce souvenir, les joues d’Evalina s’empourprent légèrement. Et pour mon plus grand désarroi, elle recommence à se mordre la lèvre. Bordel. Je décroche mes yeux de sa bouche et m’empresse de continuer :

— J’ai mis du temps avant de saisir... Mais j’ai fini par le faire et à le mettre en pratique. Ça m’a permis de réaliser que si tu me repoussais comme je le fais avec toi, je ne le supporterais pas.

— Alors, pourquoi est-ce que tu le fais ?

La vraie réponse à cette question serait de lui avouer à quel point elle me fait peur, à quel point je crains d’être accro, à quel point j’hésite quant à la manière de me comporter avec elle. Je suis toujours angoissé à l’idée de laisser échapper quelque chose que je risquerais de regretter juste après. Ou bien de faire les mauvais choix. Je finis toujours par perdre les gens qui m’entourent. Ou les décevoir d’une manière ou d’une autre. Ce n’est qu’une question de temps avant que je ne reproduise la même erreur avec elle. J’ai l’impression que quoi que je fasse, les choses ne tiennent qu’à un fil avant que tout ne s’effondre. Il est tellement plus facile de perdre les choses auxquelles nous tenons que de les conserver.

— Tu sais quoi ? Oublie cette question, je n’ai pas envie de connaître la réponse, reprend-elle.

— Toi, ne pas vouloir d’une réponse ? Ça m’étonne beaucoup.

— J’ai bien vu que tu hésitais... et je préfère ne rien savoir plutôt que de créer d’autres problèmes. Et puis, tu me connais, ce n’est pas comme si c’était la seule interrogation qui me passait par la tête ! Je m’en remettrai.

Elle n’a pas tort. Je n’ai pas encore lu dans ses pensées aujourd’hui, mais je mettrais ma main à couper qu’une multitude de questions s’y bousculent. Je n’ai jamais vu quelqu’un réfléchir et douter autant. Et même si ce côté d’elle me met parfois hors de moi, je suis presque sûr qu’il me manquerait si elle décidait de l’abandonner. Tout comme son côté à pester lorsque je m’aventure dans ses pensées. Je tente de me connecter sur ce fil conducteur que j’ai usé tant de fois, mais dès que la connexion s’établit, elle me fusille aussitôt du regard.

— Arrête de lire dans mes pensées ! Ce que j’ai dit n’était pas une invitation à y entrer ! râle-t-elle.

Je ne peux pas m’empêcher de sourire.

— Simple curiosité. Je voulais simplement connaître les autres questions qui te passaient par la tête.

Oui, c’est un mensonge. Mais je n’allais pas lui dire que je l’ai fait uniquement dans le but de la voir s’énerver... Je ne suis pas sûr qu’elle le comprendrait.

— Si tu penses être capable d’y répondre, alors aucun problème ! Première question, pourquoi n’as-tu rien dit à la reine sur, je cite, « la dangerosité de mes accès de violence » ?

Elle sourit, pensant probablement que sa question restera sans réponse. Habituellement, j’aurais gardé le silence. Mais aujourd’hui, je ne veux pas lui laisser le plaisir de gagner. Tout doucement, j’esquisse un pas dans sa direction. Puis un autre, sachant pertinemment qu’elle ne va pas tarder à perdre tous ses moyens. Dès qu’elle me voit avancer, elle se fige. Je peux voir d’ici sa poitrine se soulever et s’abaisser bien plus vite que la normale. J’ai tellement envie de la toucher. De sentir sa peau réagir au contact de la mienne.

Elle commence à reculer. Puis elle s’arrête net. Je n’ai pas besoin de lire dans ses pensées pour deviner ce qui la tracasse. Plus je m’avance et moins elle me sent rentrer dans sa tête. Malgré tout, elle tente de se donner une contenance. Elle refuse de reculer à nouveau. Et ses yeux virent au rouge. La couleur disparaît et réapparaît. Elle semble livrer un véritable combat intérieur contre ses sentiments... Tout comme moi. Mon corps me crie d’embrasser ses lèvres qui ne sont qu’à quelques centimètres des miennes. Je résiste. Je me focalise sur la réponse qu’elle attend toujours. Je ne suis même pas sûr qu’elle se souvienne de sa question.

— Je n’ai rien dit à la reine parce que je savais qu’en apprenant ça, elle te confierait à quelqu’un d’autre.

— Pourtant, je croyais que tu cherchais à te débarrasser de moi ? me rappelle-t-elle, son souffle chaud caressant mon visage. Que me prendre sous ta responsabilité était la pire nouvelle qu’on ne t’avait jamais annoncée ?

Mon sourire s’élargit à ce souvenir. Elle n’a pas tort. Ce jour-là, c’était vraiment l’une des pires nouvelles qu’on m’avait annoncées. Mais depuis, les choses ont changé. Je ne la vois plus comme une étrangère indésirable, mais bien comme la pire des tentations.

— Ça, c’était avant.

— Et... et maintenant ? déglutit-elle.

Mon regard se perd dans le sien.

— L’idée même que la reine t’a confiée à Edden me rend malade, lui avoué-je dans un murmure.

Sa respiration se bloque. Tout comme la mienne. Je n’ai pas la moindre idée de la façon dont elle interprète ma réplique. J’avance une main hésitante jusqu’à son visage. Elle ne dit rien. Je pose mes doigts sous son menton et le relève en douceur. Si je veux faire demi-tour, c’est maintenant ou jamais. Si je cède à la tentation, je ne vais plus pouvoir faire comme si de rien n’était. Je ne vais plus pouvoir me défiler. D’une part, parce que je serai vraiment le pire des connards, et d’autre part, parce qu’elle me manquerait trop. Je n’aime pas me l’avouer, mais je ne peux pas non plus me voiler la face.

Cette fille occupe constamment mes pensées. Dès que je me retrouve à quelques centimètres de son corps, j’en arrive au même point qu’elle. La respiration coupée, mélangée à une irrésistible attirance qui me tiraille de l’intérieur. Je pourrais jurer qu’à cet instant précis, mes yeux sont de la même couleur que les siens. Un rouge brillant, reflétant la passion qui m’habite et qu’elle fait naître en moi. J’ai peur de devenir accro, mais je crois que c’est déjà foutu. Et son manque de parole n’arrange rien. Elle ne cherche pas à dégager ma main de son menton. Au contraire, elle semble attendre le prochain geste de ma part. Sa bouche s’entrouvre légèrement. Je ne résiste pas à la tentation plus longtemps. J’approche mon visage du sien et retrouve la douceur de ses lèvres. Ce contact me frappe comme s’il n’existait rien de plus intense que ce moment. Mais elle se dégage brusquement de mon emprise, le souffle irrégulier par mon geste soudain. Elle papillonne des yeux, et pendant un instant, j’ai peur qu’elle y mette fin. Qu’elle me rejette. Je crois qu’elle s’apprête à me dire quelque chose. Je ne lui en laisse pas le temps et presse une fois de plus mes lèvres contre les siennes.

Elle vacille, mais je passe aussitôt une main sur son dos pour la maintenir contre moi. Elle enroule ses bras derrière mon cou et se décide enfin à répondre à cette passion. Ses mains s’agrippent à mes cheveux et ses lèvres s’emparent si avidement des miennes que je n’ai plus aucun doute. Elle en avait envie autant que moi. Je la pousse délicatement contre le mur, tentant de faire taire cette pulsion qui me pousserait très certainement à emprunter un chemin un peu plus brutal. Je dois garder le contrôle. Je tente de me raisonner en reprenant mon souffle, mais lorsque sa bouche rejoint à nouveau la mienne et qu’elle laisse glisser ses doigts sur toute la longueur de mes bras, je perds définitivement tout contrôle. Sans aucune once d’hésitation, mes mains s’aventurent sous son débardeur et trouvent leurs empreintes sur sa peau nue. Elle frissonne. Son corps commence à onduler contre le mien. Il faut que je retire mes mains de son dos. Maintenant. Au risque d’aller trop loin.

Je m’exécute et les pose à plat contre le mur, de part et d’autre de sa tête. Mais malgré mes efforts pour les garder à une distance respectable de son corps, il semblerait qu’elle se soit décidée à me compliquer la tâche. Ses doigts, pas plus timides que les miens, glissent le long de mon tee-shirt et viennent en agripper le tissu. Je lâche un son que je ne me savais même pas capable de lâcher et agrippe brusquement l’arrière de ses cuisses pour la soulever. Je laisse ses jambes s’enrouler autour de ma taille et ses lèvres me posséder entièrement. Je veux la sentir contre moi, au plus près possible. Lorsque ses mains soulèvent légèrement mon tee-shirt pour venir frôler ma peau, les miennes se crispent un peu plus autour de ses cuisses. Une vague de désir me parcourt le corps tout entier quand elle retrace habilement les contours de mes abdominaux. J’oublie tout. J’oublie cette peur qui me tenait à distance de son corps, j’oublie cette peur ridicule qui me poussait à la fuir, à ne pas céder à la tentation. Je ne souhaite rien de plus que de profiter de toutes ces sensations qu’elle me procure. Je mourais tellement d’envie de l’embrasser. Et maintenant que j’y suis, j’ai l’impression que ce n’est pas suffisant. Que je ne serai jamais rassasié de ses lèvres contre les miennes.

Cette fille me rend dingue. Je laisse mon corps se plaquer encore plus contre le sien, incapable de contrôler mes pulsions. Nos cœurs battent à l’unisson, comme si nous ne formions qu’un. Elle soupire de plaisir, et l’espace d’un instant, elle décolle ses lèvres des miennes afin de reprendre son souffle. J’en profite pour embrasser la courbe légère de sa nuque. Sa tête chavire sur le côté. Ses mains viennent se poser aux extrémités de ma mâchoire. Je mordille sa lèvre inférieure et agrippe ses cuisses un peu plus fort, comme si la simple idée de la lâcher était inconcevable.

Ses pouces caressent les contours de mon visage. Ses doigts descendent progressivement jusqu’à mes épaules. Ses ongles s’y agrippent et m’éraflent légèrement la peau lorsque j’accentue la pression de mes lèvres contre les siennes. Mon esprit me crie de m’arrêter là, de reprendre le contrôle, mais je n’écoute plus rien. La passion est beaucoup trop forte. Elle ne réalise pas l’emprise qu’elle a sur moi. Avec douceur, mais fermeté, ses mains remontent vers ma mâchoire et me stoppent en pleine action. Ses lèvres, plus rosées et gonflées que d’habitude, s’entrouvrent pour tenter de formuler une phrase à peu près correcte.

— Si... si tu ne me laisses pas le temps... de reprendre mon souffle, je crois... Je crois que je vais mourir d’asphyxie, articule-t-elle difficilement, en manque d’air.

J’esquisse un sourire et repose doucement ses jambes sur le sol. J’attrape ses mains et laisse mes doigts s’emmêler aux siens pour pouvoir la sentir encore quelques instants contre moi. La couleur de ses yeux est débordante de vie. Je jette un rapide coup d’œil vers l’escalier doré.

— Pas d’Ethan à l’horizon, remarqué-je. Personne pour nous interrompre. Je trouve ça plutôt étrange.

Evalina esquisse un sourire amusé et hoche la tête pour me donner raison. Elle s’apprête à parler, mais je la devance d’un index sur ses lèvres. J’ai parlé trop vite. Je viens de sentir la présence d’un Surnaturel. Je ne sais pas encore lequel, mais je ne vais pas tarder à le découvrir. Evalina fronce les sourcils. Même si ma concentration n’est pas vraiment au point, il me semble avoir reconnu le pouvoir de Zéphyr. Ce dernier termine sa descente des marches et avance vers nous d’une démarche bien trop rapide à mon goût. Il y a quelque chose qui ne va pas. Dès qu’il nous aperçoit, il s’empresse de s’excuser :

— Pardon si j’interromps quelque chose, mais il y a urgence ! annonce-t-il, visiblement essoufflé.

— De quel type ? l’interrogé-je, lâchant les mains d’Evalina.

Zéphyr grimace, souffle bruyamment en portant une main à ses côtes pour soulager un point de côté, puis se racle la gorge et déclare :

— Cassie est revenue.

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Surnaturels #1Mystères Partie1   Remerciements

RemerciementsAutant l’écriture en elle-même ne m’a jamais posé de problèmes, autant les remerciements me donnent un aperçu du syndrome de la page blanche. Beaucoup de personnes à remercier, tellement de choix dans la manière de procéder, et pourtant si peu d’assurance quand il s’agit d’organiser le tout. Au risque de pondre un pavé, je vais m’en tenir au format de ce livre et séparer les remerciements en deux. Si je ne cite pas tout le monde ici, c’est donc normal. Après tout, ceci n’est que la moitié du tome 1.Je tiens pour commencer à remercier Guillaume et Ophélie, sans qui mon rêve n’aurait pas pu se réaliser. Vous avez su transformer une histoire écrite à mes 15 ans en un projet digne du papier, digne de vous, digne de cette maison d’édition inceptionnelle et de cette équipe véritablement incroyable. Merci d’avoir supporté le mauvais caractère d’Angie et la naïveté d’Evalina. Merci pour ce boulot de dingue que vous fournissez jour et nuit.Merci à Anne, mon synonyme contrai

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 43Etats d'ame

Chapitre 43Etats d'ameAngie est le premier à demander des explications. J’entends sa voix, mais je suis incapable de me concentrer sur ce qu’il dit. Les seuls mots qui résonnent dans ma tête sont ceux de Zéphyr. Il n’a pas dit que Cassie et Tessia étaient revenues. Il a seulement dit Cassie. Ma poitrine me fait mal. Mon corps se met à trembler de lui-même. Je ne me sens pas bien. Ma gorge est serrée. Je n’arrive plus à distinguer clairement mon entourage. Mon cœur bat trop vite. J’essaie de prendre une profonde inspiration et d’expirer calmement, mais j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer. Tessia n’est pas revenue. Je recule et heurte la paroi du tunnel. J’ai la sensation qu’on est en train de jouer avec mon cœur. Qu’il résiste tant bien que mal, mais qu’il suffirait qu’on le crève encore un peu plus pour le voir perdre la partie. Je ne me sens plus capable d’agir comme si ce n’était pas grave. Comme si je pouvais encore attendre, alors que ma sœur est la seule famille qu’i

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 42Perte de controle

Chapitre 42Perte de controle— Je savais que je te trouverais ici.— Je n’ai pas cherché à me défiler.Zéphyr esquisse un sourire et s’engouffre dans l’espace sombre et bleuté du Jardin Abyssal. Il jette un rapide coup d’œil à l’aquarium, puis il me rejoint sur le canapé. Il se laisse tomber contre la matière moelleuse et pose ses avant-bras sur ses genoux, les mains croisées. Il ne dit rien. Et je sais pertinemment pourquoi. Il attend que ce soit moi, comme à chaque fois qu’il veut entamer une discussion sérieuse. Et je n’aime pas ce genre de discussions. Il me pousse souvent à comprendre ce que je redoute le plus, à faire face aux démons qui me rongent de l’intérieur. Et je déteste ça.— Tu perds ton temps, finis-je par dire.— Nous savons tous les deux que c’est un mensonge. Depuis quand ne lis-tu plus dans les pensées des autres ? Parce que tu n’as pas l’air de savoir pourquoi je suis là.— Je suis fatigué.— Fatigué ? relève-t-il, les yeux bl

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 41Jalousie oppressante

Chapitre 41Jalousie oppressante— Angie, attrape !Je rattrape in extremis la dague qui filait droit sur mon front, ma main se refermant autour de la lame en métal froid. Je braque un regard incendié en direction d’Apolline. Celle-ci hausse les épaules, et ses pensées, manquant un brin de tact, ne tardent pas à résonner dans ma tête.« Tu n’avais qu’à être plus rapide ! »Je jette la dague à mes pieds. Celle-ci vient se figer dans le tatami. Si Ombelline voit ça, je suis mort. Je la retire et m’assieds sur l’entaille désormais présente, jetant un coup d’œil discret en direction de l’Immortelle. Elle est encore occupée à arbitrer le combat d’Edden et de Maximilien. Le Cerveau n’a d’ailleurs aucune chance, il n’est pas assez rapide et n’arrive pas à anticiper les coups de son adversaire. Et même si cela me coûte de le reconnaître, Edden est fort. Très fort.— OK, dis-moi ce qui ne va pas.Je fronce les sourcils. Apolline me rejoint sur le tatami et s’assied à mes c

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 36Espoir perdu

Chapitre 36Espoir perdu— Evalina !— Non, va-t’en ! lui hurlé-je, des larmes de colère perlant sur mes joues.Je ne veux plus le voir. Pas après ce qu’il a fait. A-t-il sincèrement pensé que je ne lui en voudrais pas ? Comment a-t-il pu me faire ça ? Comment a-t-il pu me regarder dan

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 35Rapprochement et detournement

Chapitre 35Rapprochement et detournementS’il te plaît, Angie, on a besoin de votre aide.— Qu’est-ce que tu fais ? me demande Sean, toujours occupé à rassurer Bastian.Je rouvre les yeux et attends quelques secondes avant de lui répondre, laissant mes pupilles s’habituer à l’obscurité. Ce

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 34Pieges

Chapitre 34Pieges— Evalina, tu viens ? m’appelle Zéphyr.Je m’empresse de le rejoindre à l’extérieur de l’Imposant, non sans un dernier regard vers Mélodie. Elle est étendue par terre, baignant dans son propre sang. Je détourne mes yeux de cette horrible scène et prends soin de refermer la

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 33Isaac

Chapitre 33Isaac— C’est bien moi, sourit-elle, ses yeux reprenant leur couleur initiale.— Quoi ? Tu la connais ? s’étonne Apolline.Je reste muette. Comment est-ce possible ? Mélodie est ma meilleure amie. Elle ne peut pas être cette jeune femme qui se tient devant moi, arborant un

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