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Chapitre 24Souvenirs persistants

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:56:53
Chapitre 24Souvenirs persistants

La mort peut être douce. Elle peut être brutale. Ou encore attendue. Elle peut décimer une personne en l’espace de quelques secondes. Elle atteint son entourage en faisant des ravages, bien pires que le cœur de la victime qui s’arrête. Elle peut amener à la dépression. Elle peut amener à la folie. Elle peut survenir après une maladie. La mort peut soulager. Elle peut horrifier. Elle peut être lente. Elle peut être rapide. Comme le corps, qui se tient juste sous mes yeux. Sans vie, et atrocement froid. Même l’odeur caractéristique de la mort semble avoir pris possession des lieux. Je continue à croire que ce n’est pas possible. Une vie ne peut pas s’arrêter comme ça. Zéphyr a été étranglé sous mes yeux. Mais Angie ? Il ne peut pas mourir ainsi. Il est plus fort que ça. Mes mains tiennent toujours sa tête froide, mon front collé au sien. Je ferme les yeux, essayant vainement de lui faire parvenir ma force. Je ne sais pas comment, mais j’essaie… Je sais que tu peux le faire, il te suffit d’ouvrir les yeux ! Juste d’ouvrir les yeux. C’est tout ce que je te demande, le supplié-je. Mais ses pouvoirs ne fonctionnent plus. Il ne m’entend pas. Quelques larmes tombent dans ses cheveux blonds emmêlés, tandis que la rage s’installe en moi. Espèce d’ordure ! Tu as décidé de me faire vivre les pires horreurs simplement parce que je n’obéis pas à tes ordres ? Eh bien tu as réussi ! Tu as gagné ! Maintenant, réveille-toi ! J’ai bien envie de prononcer ses mots à voix haute pour m’en libérer. Mais ma gorge est scellée.

— Evalina ?

Je sursaute, pleine d’espoir, mais ce n’est pas la voix d’Angie. C’est celle d’Apolline. Je repose la tête du Leader sur le sol et me relève. Ils sont tous là. Ils ont vaincu les trénones, car je n’en vois plus aucun à l’horizon. Cassie et Sean s’accroupissent autour du corps de Zéphyr. Edden prend Isaac sur ses épaules, et Bastian, Maximilien et Apolline s’approchent d’Angie. Je me pousse pour leur faire de la place. Que peuvent-ils bien faire à part constater ce que j’ai déjà eu du mal à admettre ? Ils sont morts. Et encore une fois, par ma faute. Ils sont venus ici pour me sortir de l’Imposant, et au lieu de ça, ce sont eux qui y laissent leur vie. Le monde est tellement injuste. Je serre les poings de colère et tente de calmer ma respiration irrégulière. La personne responsable de tout ça se trouve ici même. Dans ce château. Comment me calmer, alors que la Démone est quelque part entre ses murs ?

— N’y pense même pas, murmure Edden.

— Comment sais-tu à quoi je pense ?

— Tu serres les poings de colère. La dernière fois que je t’ai vu faire ça, tu as failli tuer Isaac. Je me doute bien que cette fois-ci, la Démone en est la cause.

— Eh bien, si tu n’y vois pas d’inconvénients, allons lui régler son compte ! reniflé-je, essuyant les larmes sur mes joues.

— Ça ne servirait à rien, Evalina.

— Quoi ? Zéphyr et Angie sont morts, mais cela n’a pas l’air de vous attrister plus que ça ! crié-je à l’ensemble des Surnaturels.

Avec sa grâce habituelle, Apolline se relève et remet en place ses longs cheveux noirs derrière ses oreilles. Elle s’approche de moi et fait un signe de tête à Edden. Ce dernier fait demi-tour, ouvre la grande porte d’entrée, et emporte Isaac avec lui pour le mettre en sécurité.

— Il faut qu’on s’en aille d’ici le plus vite possible, Evalina ! Ce n’est pas le moment de piquer une crise. Maximilien a réussi à immobiliser la Démone, m’explique-t-elle, mais les trénones nous ont ensuite repoussés. À l’heure qu’il est, Harmonie doit se remettre de ses esprits.

— Ce n’est pas le moment de piquer une crise ? m’exclamé-je. Comment peux-tu te montrer aussi indifférente face à leur mort ?

— Ils ne sont pas morts.

Elle s’interrompt, le temps de faire signe aux autres de suivre Edden. Cassie et Sean emportent Zéphyr avec eux, suivi par Bastian et Maximilien portant Angie. Je les regarde disparaître derrière la porte d’entrée. Apolline s’attend sans doute à ce que je la suive, mais je reste fermement ancrée sur mes positions. Ils ne sont pas morts. Cette phrase résonne dans ma tête et tourne en boucle comme un vieux vinyle rouillé par le temps. Mais alors, comment explique-t-elle l’arrêt de leur cœur ? Leur peau si froide ? Leur silence à glacer le sang ?

— Mais… ils étaient si froids…

— Parce que c’est une cause surnaturelle qui les a mis dans cet état. La Démone aspire toute forme de vie à l’intérieur d’un corps humain, aussi bien à l’aide de sa fourche qu’à l’aide de ses trénones. Le corps se glace automatiquement. Tes parents ont vécu la même chose, la fourche les a privés de toute chaleur humaine. La différence ici, c’est qu’Angie et Zéphyr ont pratiqué la cérémonie du Deuxième Souffle.

Le Deuxième Souffle… Je ne suis pas sûre de bien saisir. Du moins, je doute que mon esprit soit assez ouvert pour croire à ce qu’Apolline est en train de me raconter.

— Dépêche-toi ! me presse-t-elle. Edden t’expliquera ça plus en détail quand nous serons partis d’ici !

— Mais ma sœur ?

Le regard de la Talentueuse se ternit.

— Je suis désolée. J’aurais aimé pouvoir la sauver, mais les choses ont mal tourné. On ne peut pas y retourner, Evalina, nous ne sommes pas de taille contre la Démone et ses trénones ! Ça ne servirait à rien, à part nous faire capturer nous aussi ! Nous ne sommes pas venus ici pour aggraver la situation. Mais je te promets que nous y retournerons ! Dès qu’Angie et Zéphyr seront sur pied, nous repartirons immédiatement avec un meilleur plan d’attaque !

C’est le cœur lourd comme la pierre que je suis contrainte de suivre Apolline hors de l’Imposant. Laisser Tessia derrière moi est tout aussi horrible que d’avoir vu Roxana se faire tuer. Mais je dois donner raison à la Talentueuse. Nous ne faisons pas le poids face à Harmonie. Le plus intelligent à faire est de revenir avec les Surnaturels au complet. En pleine forme. Et avec un bon plan. Maintenant que nous savons à quoi nous attendre, j’espère que notre prochaine stratégie sera concluante.

Une fois sorti de l’Imposant, j’avance en direction d’Edden. Ce dernier m’attend déjà sur le cracheur de glace. Je jette un coup d’œil aux alentours, une question me brûlant les lèvres. Comment vont-ils s’y prendre pour qu’Isaac, Zéphyr et Angie ne tombent pas lors du vol ? Les Surnaturels ont l’air d’avoir prévu ce genre de désagréments. Bastian a littéralement ligoté Zéphyr sur son cracheur de feu. Aucune chance qu’il ne tombe, les cordes semblent bien liées. Maximilien a fait de même avec Angie, tandis qu’Apolline s’occupe d’Isaac. Une fois ce dernier solidement attaché au cracheur d’acide, la Talentueuse lance le signal de départ. Je m’empresse de monter sur mon Légendaire, n’ayant presque plus besoin de l’aide du Fidèle. Une fois correctement installée, ils s’envolent tous à coups de puissants battements d’ailes. Je pousse un petit cri et m’agrippe de toutes mes forces à Edden.

— Si tu pouvais serrer un peu moins fort, ça m’arrangerait, rigole-t-il.

— Désolée, dis-je, tout en desserrant mon emprise.

Pendant quelques minutes, j’observe le paysage en contrebas défiler à toute allure. Puis je prends une profonde inspiration et me lance une fois pour toutes sur le sujet qui m’obsède tant depuis que nous sommes partis.

— Pourquoi Apolline affirme-t-elle que les garçons ne sont pas morts ? Je les ai vus rendre leur dernier souffle sous mes yeux !

— Et bientôt, ils respireront à nouveau, me rassure Edden, d’une voix concentrée par la conduite du draf Légendaire.

— Mais comment expliques-tu cela ?

Mon cerveau a beau faire des dizaines et des dizaines d’hypothèses, aucune d’entre elles ne m’a l’air concluante. Et je commence à perdre patience.

— C’est compliqué à expliquer, soupire-t-il. Je ne sais pas si quelqu’un t’a déjà parlé du Deuxième Souffle ?

— Angie l’a mentionné quelques instants avant de mourir. Il a expliqué que cela le protégerait, Zéphyr et lui. Mais il n’a rien dit de plus ! Et Apolline non plus.

— C’est un ancien rituel qu’effectuent les Surnaturels lorsque toute l’équipe est au complet. Il a lieu dans la Crypte. Ombelline le préside et nous assigne à tous ce qu’on appelle un complémentaire.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Simplement un binôme, qui n’est pas fait par hasard. Elle le choisit en fonction de notre qualité, précise-t-il. Ainsi, le Fidèle est le complémentaire du Séducteur, L’Hilarant celui du Cerveau, l’Optimiste celui du Talentueux, et l’Aimant celui du Leader. Une fois notre complémentaire attribué, Ombelline accomplit l’ancien rituel, qui nous lie à notre binôme.

L’information commence à se créer tout doucement une place dans mon cerveau.

— Tu veux dire que... vos vies sont liées ? Vous avez deux vies ?

— Entre autres, oui. Par exemple, Zéphyr a vraiment été tué d’asphyxie. Mais pas Angie. Seulement, puisque leurs vies sont liées, le Leader a vécu la mort de l’Aimant de la même façon que ce dernier. Le cœur d’Angie s’est arrêté pour rapatrier toutes les forces de son corps dans celui de Zéphyr. Celui-ci a pu récupérer l’essence même d’une vie entière, grâce au Leader. Une fois que Zéphyr s’en sera remis, le cœur d’Angie recommencera à battre.

— Mais c’est de la folie ! m’écrié-je. J’ai tellement de mal à m’imaginer que tout ça puisse être vrai !

— Tu es bien assise sur le dos d’un Légendaire, plaisante-t-il. Pourquoi ceci serait-il différent ?

Il n’a pas tort. Mais pour le moment, je ne suis pas encore convaincue. J’attends de voir les deux garçons debout, en pleine forme, devant mes yeux. Pourtant, cela peut expliquer certaines choses... Comme lorsque Angie était persuadé que Zéphyr allait venir nous porter secours. Si leurs vies sont liées, alors il est donc normal que l’un puisse ressentir la détresse de l’autre…

— Tu es le complémentaire du Séducteur, ce qui veut dire que ta vie est liée à celle de Bastian… Ça ne te dérange pas ? le questionné-je.

— De quoi ? D’être lié à Bastian ?

Je hoche la tête, avant de me souvenir qu’il ne peut pas me voir. Je lui réponds donc par l’affirmative.

— Bastian n’est pas forcément la personne avec qui je m’entends le mieux dans le groupe, mais je l’apprécie un minimum. Avoir ma vie liée à lui en particulier ne me dérange pas, c’est plutôt le fait de voir ma vie liée à quelqu’un qui me gêne, soupire-t-il.

Pauvre Edden. Lui qui n’a jamais rêvé de devenir un Surnaturel, on peut dire qu’il n’est vraiment pas gâté par le destin. C’est un solitaire, qui déteste dépendre de qui que ce soit. Je comprends très bien que ce rituel de Deuxième Souffle lui pose problème. Malheureusement, il n’a pas eu le choix.

— Ça me dérangerait également, le rassuré-je.

— Heureusement pour toi, la Gémone ne dépend de personne.

Je souris, puis retiens un bâillement de fatigue.

— Enfin un côté positif dans le fait d’être une Gémone !

Je n’aurai donc jamais à dépendre de personne. Je ne serai pas contrainte de mourir sans y être préparée. Bien que je doute que la plupart des gens y soient. Subir une expérience de mort et être capable de renaître une seconde fois en se souvenant de chaque sensation éprouvée avant de rendre son dernier souffle, je ne suis pas sûre que cela soit très enviable.

— Que va-t-il se passer quand Zéphyr et Angie se réveilleront ? Leurs vies ne seront plus liées ?

— Exactement. Ils ne dépendront plus l’un de l’autre. Ils seront comme toi, avec une seule vie.

— Ils seront donc plus vulnérables.

— À un moment donné, on le sera tous. Ce ne sont que les premiers du groupe à avoir perdu leur Deuxième Souffle, déclare-t-il.

Je frissonne à cette idée. Imaginer Edden perdre son Deuxième Souffle me noue l’estomac. J’ai bien compris qu’il ne perdra pas vraiment la vie, mais je ne peux m’empêcher d’avoir peur pour lui, pour chacun d’entre eux. Je suis bien contente de ne pas être en possession de ce pouvoir. Ce rituel est sûrement vu comme un cadeau, une seconde chance, mais je préfère largement ne pas en avoir.

J’ai toujours du mal à me faire à l’idée que de telles choses puissent exister. Pourquoi ici, et pas sur Terre ? D’ailleurs, existe-t-il d’autres planètes ? D’autres royaumes ? L’univers paraît si vaste ! À force de me poser trop de questions, mon esprit commence à s’engourdir. Je n’ai pas beaucoup dormi à l’Isolement. Je ressens la fatigue accumulée de ces derniers jours, et ce vol à dos de Légendaire ne m’aide vraiment pas. Le rythme du battement des ailes me donne envie de fermer les yeux et de m’abandonner dans le monde des limbes. Mes paupières se font lourdes, et je crois bien que je m’endors, la tête posée contre Edden.

***

— Non ! Arrête, je ne veux pas y aller !

Je tente de m’accrocher à une cabine d’essayage, mais rien à faire. Elle a tellement de force qu’elle réussit à me faire lâcher prise en un rien de temps. Quelques passants nous regardent d’un œil curieux, puis détournent la tête lorsqu’ils comprennent qu’il n’y a rien d’intéressant à voir, à part une pauvre fille qui se fait traîner de force par sa meilleure amie.

— Mélodie, arrête ! répété-je désespérément.

Ça ne sert à rien. Lorsque ma meilleure amie a quelque chose en tête, inutile de résister. Elle parvient toujours à ses fins. Mais quelle idée j’ai eu d’accepter cette sortie shopping ! Je n’aurais jamais dû ! Je m’en veux terriblement de ne pas avoir écouté mes parents. J’aurais mieux fait de rester chez moi, à continuer de faire ces satanées fiches pour le brevet ! Au lieu de ça, j’ai fait la sourde oreille. Et me voilà dans de beaux draps.

— Je t’en supplie, Mélodie ! Ne me force pas, je ne veux pas y aller !

S’il n’y avait pas eu tous ces passants autour de nous, je me serais sûrement débattue comme une folle. Mais là... je n’ose pas. Je ne veux pas être le centre de l’attention. Mélodie continue à ignorer mes suppliques et à me traîner hors du magasin. Je me demande d’où lui vient toute cette force. Quand elle est déterminée, elle est déterminée. Rien ne l’arrête. Comment peut-elle se montrer aussi insensible face à mes supplications ?

— Tout, mais pas ça ! Je veux pas, je veux pas, je veux pas, je veux pas, je veux...

— Mais tu vas la fermer, oui ? me coupe Mélodie. Ce n’est pas la mort !

— C’est pire que la mort ! Tu n’as pas le droit de me forcer !

— Tu veux rester vieille fille toute ta vie ? C’est ça, que tu veux ?

— Non ! m’écrié-je. Mais je...

— Pas de mais ! me coupe-t-elle à nouveau.

— Si, il y en a un ! Peut-être que je ne suis pas assez bien pour lui ? Peut-être qu’il va me trouver trop gourde ? Oh mon Dieu, et si je faisais une gaffe ? Je vais en faire une, c’est sûr ! Oh non ! Mélodie, ne me force pas à y aller ! Je t’en prie, ne me force pas !

— Non, mais tu as vu l’état dans lequel tu te mets ? Evalina, tu vas simplement lui dire bonjour ! Ce n’est pas si compliqué ! Tu le salues, et tu t’en vas.

— Si, c’est très compliqué ! Pourquoi a-t-il fallu qu’il se retrouve au centre commercial, le même jour que nous ? soupiré-je, cessant toute résistance.

— C’est peut-être un signe !

Je soupire à nouveau, mais Mélodie semble être partie sur sa lancée.

— Après tout, tu venais de sortir de la cabine d’essayage, toute contente après tes achats. Et là, qui est-ce que tu vois à la sortie ? Celui dont tu es amoureuse depuis plusieurs mois ! Ça ne peut pas être qu’une simple coïncidence ! s’écrie-t-elle, bien plus excitée que moi à l’idée d’aller lui parler.

— Et d’après toi, ça veut dire quoi, ce signe ? Que nous sommes destinés à être ensemble ? Je te jure que si tu me sors un truc pareil, tu peux dire adieu à l’éventualité d’autres journées shopping !

— Ça signifie que tu dois aller le voir et lui dire bonjour ! Allez !

Sans crier gare, elle me pousse vers la source de mon affolement. Je n’ai pas le réflexe de m’arrêter là où je l’aurais voulu. Je le percute de plein fouet et le contenu de mes achats se renverse au sol. Et voilà. On naît avec de la chance, ou bien poisseuse. Dans un profond soupir, je m’accroupis et entreprends de ramasser le fouillis sur le sol. Je crois que je ne pourrais pas avoir plus honte qu’en ce moment. J’imagine d’ailleurs Mélodie, un peu plus loin derrière, se frappant le front tout en contemplant la scène d’un air désespéré. Soudain, je le vois s’accroupir et m’aider à ramasser mes achats. Il les replace un à un dans mon sac, sans un mot. Je peux sentir ses yeux sur moi, cherchant à croiser les miens. Mais je n’ose pas lever le regard. J’ai trop honte. Je finis de ramasser machinalement une boîte de cookies échouée un peu plus loin, puis je me redresse.

— Attends, il te manque encore ceci ! dit-il.

Il me tend une boîte de serviettes hygiéniques. Aussitôt, le rouge me monte aux joues. Moi qui croyais qu’il était impossible d’avoir encore plus honte, eh bien, je me trompais. Ne jamais penser trop vite. Complètement paniquée, je sors la première chose qui me vient à l’esprit.

— Euh... ce n’est pas à moi !

— Tu es sûre ? Je ne me souviens pourtant pas avoir vu ça par terre avant que tu ne renverses tes achats.

Il me parle. À moi. Moi ! Sa voix grave s’adresse à moi ! Mon cœur s’affole à cette pensée et mes jambes se mettent à trembler. Bon sang, Evalina, un peu de courage ! J’ose enfin croiser son beau regard vert, et mes genoux semblent jouer les castagnettes. J’esquisse un faible sourire et lui prends la boîte de serviettes hygiéniques.

— Merci. Pour les serviettes. Euh, enfin, merci pour les serviettes à manger ! Enfin, c’est pour manger. Ce ne sont pas des... enfin, ils se sont trompés. Ou je me suis trompée quand j’ai pris la boîte... euh... voilà.

Merde. Maintenant, je pense que je ne peux pas avoir plus honte. J’ai atteint le summum. Je n’aurais pas pu me taire ? Qu’est-ce qui cloche, chez moi ? Honteuse, je baisse le regard vers mes chaussures. Elles sont intéressantes à regarder. Tiens, je n’avais pas remarqué que j’avais marché dans de la crotte de chien. Je comprends, maintenant, d’où venait cette odeur incommodante qui m’a suivie toute la journée. Je soupire et m’apprête à repartir, quand il m’attrape le bras pour me retenir. Je lève des yeux timides sur son visage. Il sourit. Je ne suis pas repoussante, c’est déjà une bonne nouvelle. Il m’offre un vrai et franc sourire. Je crois que je vais succomber sur place !

— Content de t’avoir croisé, Evalina. On se voit en cours !

Oh mon Dieu. Il se souvient de mon prénom. Il se souvient de mon prénom ! Je suis pourtant assez discrète, je ne pensais pas qu’il m’avait remarqué. Animée d’une joie nouvelle, je lui retourne son sourire et lui réponds :

— D’accord. Bonjour ! Euh... je veux dire... au revoir !

Son sourire s’élargit de plus belle, puis il me lâche le bras, me regarde une dernière fois, et s’en va. Je l’observe disparaître au loin et ne devenir qu’une petite ombre parmi tant d’autres. Complètement sous le choc, c’est à peine si j’ose respirer. Je ne remarque même pas la présence de ma meilleure amie qui m’a rejointe. C’est seulement lorsque je l’entends soupirer à mes côtés que je sursaute et me tourne vers elle.

— Bravo, ma belle !

Je la regarde, sans très bien la comprendre. Je ne mérite aucune félicitation. J’ai totalement foiré !

— Bon, OK. Tu n’as peut-être pas complètement assuré, mais au moins, tu lui as dit bonjour !

Elle se fiche de moi, là ? Je l’observe qui se pince les lèvres pour ne pas rire. Oui, elle se fiche de moi. Elle éclate de rire d’un seul coup et je ne peux m’empêcher de la suivre dans le mouvement. Oui, je n’ai vraiment pas assuré. Ce jour restera sans doute inscrit dans ma mémoire à tout jamais. Mais elle n’a pas tort. Je lui ai tout de même dit bonjour ! Et même au revoir !

— Je crois que c’est le plus gros fou rire de toute ma vie ! s’exclame-t-elle, en essuyant les larmes de joie présentes au coin de ses yeux.

— Tu vois, il ne faut pas me traîner de force si je n’en ai pas envie ! Je savais que j’allais faire une gaffe ! Je le sentais !

— Tu as raison, mais enfin, quelle meilleure amie je serais si je ne te poussais pas un petit peu ?

— Tu serais la meilleure des meilleures amies !

— La meilleure des meilleures amies ? Ça existe, ce truc-là ? rigole-t-elle à nouveau. Plus sérieusement, Evalina, je n’ai pas besoin d’être attitrée d’un truc pareil ! Notre serment me suffit.

Elle sourit, lève son bras gauche vers moi, et tend le petit doigt. C’est devenu une sorte de routine. Notre routine, à nous. Cela remonte à la cinquième. Déjà deux ans. Je soupire en réalisant la vitesse à laquelle passe le temps. Je lève mon bras droit, puis tends le petit doigt. Et je serre le sien tout en prononçant avec elle :

— Meilleures amies pour toujours et à jamais !

***

Je me réveille d’un coup, la respiration rapide et saccadée, manquant presque de tomber du lit où je suis allongée. Du lit ? J’observe la pièce qui m’entoure. C’est ma chambre. Je suis de retour au Majestueux. Pourquoi Edden ne m’a-t-il pas réveillé ? Ça aurait été plus simple que de me porter jusqu’ici. J’ignore l’heure qu’il est. Je regarde donc sur ma table de chevet, là où ma montre devrait se trouver. Mais elle n’y est pas. Paniquée, je saute du lit et me mets à fouiner partout dans la chambre. J’ouvre tous les tiroirs, je soulève les draps, le matelas, et je rampe même sous le lit. On ne sait jamais. Mais toujours pas de montre à l’horizon. Je me laisse tomber sur ma couette. Ma montre. La dernière chose qu’il me restait de mes parents. Je l’ai perdu. C’est stupide, mais le chagrin me reprend. J’inspire un grand coup et tente de penser à autre chose. Ce nouveau souvenir, par exemple. Comment se fait-il que j’en aie rêvé ? Je ne suis plus à l’Isolement, ce n’est pas normal. Je ne peux pas ranger ce rêve dans la catégorie des songes et le laisser y pourrir... ça semblait tellement vrai ! Si vivant !

Je soupire et me frappe le front d’une main pour tenter de faire partir toutes ces pensées envahissantes. Je pense vraiment trop. Pas étonnant que je me sois assoupie. Je m’auto-ennuie tellement que je me suis endormie ! Abandonnant la recherche de ma montre, je me relève et file dans la salle de bains. Après une bonne douche rafraîchissante, je farfouille dans l’armoire et prends de quoi m’habiller. Puis je sors de la chambre. Finalement, je me suis habituée à n’être habillée que de noir, ce n’est pas si mal. Même si cette couleur me rappellera désormais l’intérieur de l’Imposant. Je longe les couloirs d’un pas rapide, non sans être contente de retrouver ce tapis de velours rouge sous mes pieds. Il m’avait manqué. Je m’arrête devant une porte, le symbole d’une colombe incrusté en son centre. J’hésite à la faire coulisser. Je ne sais pas si je suis la bienvenue. La dernière fois que j’y suis entrée, j’en étais ressortie en colère à cause d’Angie. Bien évidemment, j’y étais retournée pour manger, mais j’étais alors dans ma phase zombie. Cet endroit n’est pas vraiment celui où j’ai passé mes meilleurs moments. Peut-être que les Surnaturels ne s’y trouvent pas ? Peut-être qu’ils sont tous au Siège, en discussion avec la reine ? Ou alors, peut-être sont-ils dans la Crypte ? Cette fameuse pièce magique si importante dans laquelle je n’ai jamais mis les pieds. Je ne sais même pas où elle se trouve. J’espère qu’un jour, on me la montrera.

J’inspire un grand coup, chasse toute pensée malveillante de mon esprit, et coulisse la grande porte. Je suis aveuglée quelques instants par la lumière que dégage la pièce blanche. L’immense statue de la colombe est toujours aussi imposante et magnifique à contempler. Je pose un regard circulaire vers les tables en pierres blanches. Personne. Cependant, du bruit et des éclats de voix me parviennent de la salle à côté. Je franchis le trou dans le mur et aperçois quelques Surnaturels en train de s’entraîner. Les autres doivent probablement se trouver dans la salle des pouvoirs. Edden est présent sur l’un des tatamis. Il brandit une sorte de dague qu’il pointe en direction de son adversaire, Zéphyr. Tandis que sur l’autre tatami, Angie menace Apolline au lancer de couteau. Mon cœur se bloque dans ma poitrine. Zéphyr et Angie. Ils sont vivants. Ils se tiennent debout, devant moi, en pleine forme. Le soulagement de les savoir en vie me comble de joie. Ce sentiment menace d’exploser tant j’ai du mal à le contenir.

Comme s’il avait capté ma présence, Angie se retourne. Il n’a plus aucune éraflure. Il est en parfaite santé. Il me scrute de la tête aux pieds, n’osant pas faire le moindre mouvement. Sans y réfléchir, je parcours la distance qui nous sépare et me jette à son cou. Je le serre de toutes mes forces contre moi. Comme si j’avais besoin de m’assurer qu’il est bien réel. Son odeur mentholée me devient maintenant familière. C’est son odeur à lui. Angie semble être pris au dépourvu. Pendant une fraction de seconde, il reste là, à ne rien faire. Et la seconde d’après, il me rend mon étreinte. Il me serre fort contre lui et passe sa main dans mes cheveux, comme si lui aussi avait besoin de s’assurer que je ne suis pas morte. Je ferme les yeux pour savourer cet instant. Angie laisse glisser sa main dans mon dos puis la remonte. Des picotements me parcourent le corps tout entier à chaque mouvement qu’il fait. Je sens son souffle chaud contre ma nuque. Sa peau n’est plus glacée par le passage de la mort. Elle est chaude. Il me serre un peu plus fort contre lui. Jamais je n’aurais pensé faire ça un jour. Même à ma sœur, je n’arrivais pas à lui faire de câlins.

Reprise par ma conscience, je desserre mon étreinte et m’éloigne de quelques pas. Angie s’éclaircit la gorge puis se redresse de toute sa hauteur. Son visage reprend sa neutralité habituelle. Quant à moi, je me contente de regarder ailleurs, assez gênée par la situation. Mauvaise idée. Je croise le regard d’Apolline. Cette dernière est bouche bée. Elle ne cesse de faire passer ses yeux du Leader à moi. Eh bien quoi ? Elle n’a jamais vu des personnes heureuses de se revoir ? Edden, jusque-là immobile, se secoue subitement et entraîne la Talentueuse un peu plus loin. Un silence pesant s’installe. Je déteste ce genre de silence. Tout le monde regarde ailleurs. Heureusement, Zéphyr est là pour rattraper le coup.

— Et moi, alors ? Je n’ai pas le droit à un câlin ? s’exclame-t-il en ouvrant ses bras.

Je laisse échapper un éclat de rire et cours m’y blottir. Qu’est-ce que ça fait du bien de le voir en vie ! Je n’aurais pas supporté sa mort. L’étreinte ne dure pas bien longtemps, et heureusement. Tous ces câlins vont finir par me rendre folle ! Si je n’y prends pas garde, je vais finir par devenir une parfaite inconnue pour moi-même.

— Il faut qu’on parle, me dit Angie.

Je tourne mon visage vers le sien, des points d’interrogation dans les yeux. Je n’aime pas quand il prend cet air sérieux. C’est souvent signe de mauvaises nouvelles. Il veut sûrement que l’on parle de ce qui s’est passé à l’Imposant. De ce que j’ai fait. J’ai bien failli mettre fin aux jours d’Isaac. D’ailleurs, où est-il ? Je fronce les sourcils et parcours la pièce du regard. Pas d’Isaac à l’horizon.

— Où est Isaac ? les questionné-je.

Zéphyr détourne les yeux et se passe une main nerveuse dans les cheveux. Angie baisse le regard. Très mauvais signe. D’habitude, il le soutient sans broncher.

— Où est Isaac ? répété-je.

Zéphyr regarde Angie et semble lui faire parvenir quelque chose par la pensée. Le Leader secoue la tête et se rapproche de moi dans sa démarche habituelle. Lente, et assurée. J’essaie de ne pas prêter attention à ses muscles qui se contractent lorsqu’il réduit la distance qui nous sépare et me concentre plutôt sur ce qu’il s’apprête à dire.

— Il est à l’infirmerie.

— Je vais le voir ! dis-je, leur tournant le dos pour revenir sur mes pas.

Mais Angie ne m’en laisse pas le temps. Il m’agrippe le bras. Une décharge électrique me parcourt le corps tout entier lorsque sa peau rencontre la mienne. Pourquoi mon corps réagit-il ainsi ? Qu’il se calme, bon sang ! Je me concentre attentivement sur mon cœur, essayant vainement de ralentir ses battements affolés.

— Tu ne peux pas aller le voir, dit-il, plongeant son regard aigue-marine dans le mien.

Pas ça. Il sait à quel point cela me déstabilise. Je tente de détourner les yeux, mais j’en suis incapable. Son regard me captive. À tel point que je manque de passer à côté de ce qu’il vient d’annoncer. Tu ne peux pas aller le voir. Comment ça ? Je connais le chemin.

— Et pourquoi pas ? répliqué-je.

— Il est... Tu ne peux pas.

Angie qui cherche ses mots, c’est une première. Et ce n’est sûrement pas normal. Il me cache quelque chose, c’est évident.

— Il est quoi ? insisté-je.

— Ces blessures sont trop importantes, Evalina, lâche-t-il d’une voix beaucoup trop sérieuse à mon goût. Zéphyr a essayé de le guérir, mais sans succès. Il est en train de mourir.

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Surnaturels #1Mystères Partie1   Remerciements

RemerciementsAutant l’écriture en elle-même ne m’a jamais posé de problèmes, autant les remerciements me donnent un aperçu du syndrome de la page blanche. Beaucoup de personnes à remercier, tellement de choix dans la manière de procéder, et pourtant si peu d’assurance quand il s’agit d’organiser le tout. Au risque de pondre un pavé, je vais m’en tenir au format de ce livre et séparer les remerciements en deux. Si je ne cite pas tout le monde ici, c’est donc normal. Après tout, ceci n’est que la moitié du tome 1.Je tiens pour commencer à remercier Guillaume et Ophélie, sans qui mon rêve n’aurait pas pu se réaliser. Vous avez su transformer une histoire écrite à mes 15 ans en un projet digne du papier, digne de vous, digne de cette maison d’édition inceptionnelle et de cette équipe véritablement incroyable. Merci d’avoir supporté le mauvais caractère d’Angie et la naïveté d’Evalina. Merci pour ce boulot de dingue que vous fournissez jour et nuit.Merci à Anne, mon synonyme contrai

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 43Etats d'ame

Chapitre 43Etats d'ameAngie est le premier à demander des explications. J’entends sa voix, mais je suis incapable de me concentrer sur ce qu’il dit. Les seuls mots qui résonnent dans ma tête sont ceux de Zéphyr. Il n’a pas dit que Cassie et Tessia étaient revenues. Il a seulement dit Cassie. Ma poitrine me fait mal. Mon corps se met à trembler de lui-même. Je ne me sens pas bien. Ma gorge est serrée. Je n’arrive plus à distinguer clairement mon entourage. Mon cœur bat trop vite. J’essaie de prendre une profonde inspiration et d’expirer calmement, mais j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer. Tessia n’est pas revenue. Je recule et heurte la paroi du tunnel. J’ai la sensation qu’on est en train de jouer avec mon cœur. Qu’il résiste tant bien que mal, mais qu’il suffirait qu’on le crève encore un peu plus pour le voir perdre la partie. Je ne me sens plus capable d’agir comme si ce n’était pas grave. Comme si je pouvais encore attendre, alors que ma sœur est la seule famille qu’i

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 42Perte de controle

Chapitre 42Perte de controle— Je savais que je te trouverais ici.— Je n’ai pas cherché à me défiler.Zéphyr esquisse un sourire et s’engouffre dans l’espace sombre et bleuté du Jardin Abyssal. Il jette un rapide coup d’œil à l’aquarium, puis il me rejoint sur le canapé. Il se laisse tomber contre la matière moelleuse et pose ses avant-bras sur ses genoux, les mains croisées. Il ne dit rien. Et je sais pertinemment pourquoi. Il attend que ce soit moi, comme à chaque fois qu’il veut entamer une discussion sérieuse. Et je n’aime pas ce genre de discussions. Il me pousse souvent à comprendre ce que je redoute le plus, à faire face aux démons qui me rongent de l’intérieur. Et je déteste ça.— Tu perds ton temps, finis-je par dire.— Nous savons tous les deux que c’est un mensonge. Depuis quand ne lis-tu plus dans les pensées des autres ? Parce que tu n’as pas l’air de savoir pourquoi je suis là.— Je suis fatigué.— Fatigué ? relève-t-il, les yeux bl

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 41Jalousie oppressante

Chapitre 41Jalousie oppressante— Angie, attrape !Je rattrape in extremis la dague qui filait droit sur mon front, ma main se refermant autour de la lame en métal froid. Je braque un regard incendié en direction d’Apolline. Celle-ci hausse les épaules, et ses pensées, manquant un brin de tact, ne tardent pas à résonner dans ma tête.« Tu n’avais qu’à être plus rapide ! »Je jette la dague à mes pieds. Celle-ci vient se figer dans le tatami. Si Ombelline voit ça, je suis mort. Je la retire et m’assieds sur l’entaille désormais présente, jetant un coup d’œil discret en direction de l’Immortelle. Elle est encore occupée à arbitrer le combat d’Edden et de Maximilien. Le Cerveau n’a d’ailleurs aucune chance, il n’est pas assez rapide et n’arrive pas à anticiper les coups de son adversaire. Et même si cela me coûte de le reconnaître, Edden est fort. Très fort.— OK, dis-moi ce qui ne va pas.Je fronce les sourcils. Apolline me rejoint sur le tatami et s’assied à mes c

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 19L'isolement

Chapitre 19L'IsolementJe hurle de terreur. Je ne suis retenue que par les bras. Mes jambes se balancent dans le vide. Ces léldriques de malheur et leurs pinces me font un mal de chien ! Je devrais m’estimer heureuse qu’ils ne se décident pas à me lâcher en plein vol, mais ma destination me pétri

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 18Les Legendaires

Chapitre 18Les LegendairesNous quittons enfin le Majestueux. Rester des mois enfermés dans ce château, il y a de quoi devenir fou. Si Evalina n’était pas arrivée ici pour chambouler nos habitudes, il n’y aurait jamais eu de sortie aujourd’hui. Mais je préférerais mourir plutôt que de l’avouer à

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 17Un nouveau pouvoir

Chapitre 17Un nouveau pouvoirJe fixe la reine, abasourdie. Moi, une Gémone ? Mais ce royaume est encore plus dingue que je l’imaginais ! Candélaria est en train de me faire comprendre que tous leurs espoirs reposent sur moi, la fille qui est née sur Terre, qui ne connaît absolument aucune techni

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 16Revelations

Chapitre 16Revelations— Elle se réveille !J’ouvre lentement mes paupières, aveuglée par la lumière blanche de la pièce où je me trouve. Je mets un certain temps avant de comprendre que je suis de retour à l’infirmerie. Je distingue de longs cheveux lisses et noir de jais penchés sur moi,

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