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Chapitre 25Lunatique

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:56:53
Chapitre 25Lunatique

Je me précipite jusqu’à l’infirmerie. J’ignore les appels de Zéphyr et d’Angie qui tentent de m’en empêcher. Ils ont vraiment cru que je resterais là, les bras croisés, à assimiler la nouvelle sans rien faire ? Ce n’est pas mon genre. Je longe les couloirs du château et ne tarde pas à pousser la porte du dispensaire. Je jette un regard circulaire dans la salle et le trouve allongé dans un lit blanc, des machines reliées à son corps. Un corps qui m’a l’air amaigri. Il est visiblement toujours dans le coma. Je l’entends à peine respirer. Il est en train de mourir à petit feu... par ma faute. Mais qu’est-ce que j’ai fait ? Dès l’instant où je me suis retrouvée dans cet Isolement de malheur, Isaac a été là pour moi. Il m’a pris ma peine. Il m’a rassurée. Il s’est confié à moi. Du moins... un peu. Je ne connais pas toute son histoire, mais ce dont je suis certaine, c’est qu’il a traversé des moments affreux et qu’il ne s’attendait sûrement pas à mourir ainsi. Que s’est-il passé dans ma tête pour que je lui fasse subir une chose aussi épouvantable ? Pourquoi ai-je fait ça ? Pourquoi ? Je m’en veux tellement ! Et je m’en veux encore plus quand je me souviens avoir aimé ça. J’ai adoré le voir souffrir. Je voulais réellement le tuer. Je ne me contrôlais absolument plus. J’ignorais qu’une part de moi pouvait faire ça. Et si je faisais subir la même chose à l’un des Surnaturels ? À Zéphyr ? À Edden ? Ou pire, à Angie ?

Je fronce les sourcils. Angie est comme les autres, je ne sais pas pourquoi j’ai pensé que ce serait pire si c’était lui. J’ai peur de ne plus jamais être tranquille. Je ne pourrai plus parler à l’un des Surnaturels sans avoir cette crainte de lui faire du mal. De me transformer soudainement en quelque chose que je ne suis pas. Une machine à tuer, par exemple. Je m’approche encore un peu plus du lit où est allongé Isaac, de façon à pouvoir le toucher. J’observe son visage, si paisible. Son torse se soulève à peine. Le bip-bip des machines me noue l’estomac. Je prends sa main entre les miennes et me concentre de toutes mes forces pour lui transmettre mon énergie. Malheureusement, il est trop faible pour pouvoir absorber ma capacité de guérison. Zéphyr avait raison. On ne peut pas le sauver… À cette pensée, ma gorge se serre et une larme roule sur ma joue. Je l’essuie d’une main tremblante. Je ne veux pas qu’il meure. Je ne veux pas qu’il meure à cause de moi. Cela hantera ma conscience jusqu’à la fin de mes jours. Je ne réussirai jamais à me le pardonner.

— Tu te trompes, annonce une voix grave derrière mon dos.

Je relève la tête, surprise de ne pas l’avoir entendu plus tôt. Il a vraiment le don d’arriver sans qu’on ne le remarque. Et cette fichue manie de lire dans mes pensées.

— Sur quoi ? demandé-je.

— Tu réussiras à te pardonner. Ça prend du temps, mais tu réussiras.

Il s’approche de moi et plante son regard aigue-marine dans le mien. Je suis impressionnée par la force qu’il dégage. Il se tient parfaitement droit, les épaules relevées et les muscles saillants sous son tee-shirt noir. Lorsque je croise son petit sourire en coin, je comprends ce que je suis en train de faire. Reprends-toi, Evalina ! Je me concentre alors sur la couleur de ses yeux. Très mauvaise idée. Son regard me déstabilise toujours autant. Je finis par détourner la tête vers Isaac, tout en réfléchissant à la phrase d’Angie. Comment pourrais-je réussir à me pardonner d’avoir tué quelqu’un ? Il plaisante !

— Tu ne sais vraiment pas de quoi tu parles. Je ne pourrai jamais me pardonner une chose aussi horrible !

— Je sais très bien de quoi je parle, répond-il sèchement.

Ses yeux sont désormais rivés au loin, comme s’il se remémorait quelque chose. Un souvenir. A-t-il tué des gens ? Quelle question, bien sûr qu’il en a tué ! Mais j’ignore si le fait de tuer des trénones est similaire au fait de tuer des gens. Je ne pense pas. J’entends la porte de l’infirmerie claquer, signe qu’une nouvelle personne est entrée dans la pièce. C’est Zéphyr. Il s’avance vers nous d’un air soucieux, ce qui ne présage rien de bon. J’ai un mauvais pressentiment. Il s’arrête juste à côté de nous, passant nerveusement une main dans ses cheveux bruns. Il regarde Angie, puis un long silence s’ensuit. Je comprends alors qu’il est en train de penser afin qu’Angie soit le seul à entendre ce qu’il a à dire.

— Dis-lui, annonce soudainement Angie.

Zéphyr hoche la tête et se tourne vers moi, les yeux bleus teintés d’une émotion que je ne connais que trop bien. La tristesse. Il est triste pour moi. Cela ne présage vraiment rien de bon.

— Je viens d’aller voir la reine, commence-t-il. Je lui ai demandé s’il y avait un moyen de sauver ton ami. Elle m’a répondu qu’au stade où en est Isaac, je ne pouvais rien faire pour lui.

— Non, non, non ! Il y a forcément quelque chose que tu puisses faire ! Il doit y avoir un autre moyen ! Pas vrai ? Il y a toujours d’autres moyens !

Zéphyr secoue la tête négativement, non sans une once d’hésitation. Et cela ne m’a pas échappé.

— Il y a un autre moyen, tu as hésité ! deviné-je. Dis-le-moi !

— C’est inutile, soupire-t-il en secouant la tête. C’est trop tard… Effectivement, le sang d’un unisus a des vertus thérapeutiques très puissantes dans notre royaume, mais ces créatures se trouvent en forêt. La seule forêt de Réturis est à une soixantaine de kilomètres d’ici. Le temps qu’on s’y rende et qu’on revienne, ton ami aura déjà rendu son dernier souffle.

— Je ne sais pas ce qu’est un unisus, mais si son sang peut le sauver, alors il n’y a pas de temps à perdre ! m’exclamé-je. À dos de drafs, on les fera rapidement, ces soixante kilomètres !

— Les drafs ne viennent pas à nous en quelques secondes. Il faut les appeler. Et le temps qu’ils rappliquent, que l’on parte vers la forêt, que l’on capture un unisus et que l’on revienne avec son sang, il sera à mon avis trop tard. De plus, l’unisus, qui est l’union d’un pégase et d’une licorne, a un fort caractère. Il ne se laissera pas attraper facilement.

— Je ne veux pas regarder mourir Isaac sans rien tenter !

— Zéphyr t’a dit tout ce qu’il savait, s’incruste Angie. Quoi que l’on puisse faire, ce sera trop tard pour Isaac.

— Mais...

Je m’interromps. J’ai envie de protester aussi fort que mon cœur bat dans ma poitrine, mais je ne sais pas quoi dire d’autre. Pourtant, je refuse de songer à la simple et horrible hypothèse qu’Isaac puisse mourir. Il faut que je fasse quelque chose. N’importe quoi.

— Est-ce que tu as essayé de prendre sa main ? me demande soudain Angie, une lueur d’espoir au fond des yeux.

— Oui. Pourquoi ?

— Est-ce que tu t’es senti faiblir ?

Je vois aussitôt où il veut en venir. Zéphyr fronce les sourcils d’incompréhension, ne parvenant pas à voir où veut en venir Angie. Mais j’ai pour ma part parfaitement compris. Il essaie de me demander si Isaac a absorbé mon pouvoir. Il aurait pu guérir si cela avait été le cas, malheureusement, il est trop faible. Trop proche de la mort.

— Non, je ne me suis pas senti faiblir. Comment sais-tu qu’Isaac a un pouvoir d’absorption ? demandé-je de but en blanc, intriguée.

— Isaac a quoi ? s’écrie Zéphyr.

Angie écarquille les yeux de surprise, mais il se reprend bien vite et retrouve son visage impassible.

— Et toi, comment le sais-tu ? me demande-t-il de sa voix grave.

— Moi, j’étais à l’Isolement avec lui ! Dans la cellule voisine ! Il était malade et m’a demandé de l’aider en posant mes mains sur les siennes. J’ai accepté, et au moment où le contact s’est fait, je me suis sentie vidée de toute énergie ! Il m’a expliqué qu’il avait absorbé mon pouvoir de guérison.

Je marque une pause, avant de reprendre :

— Et toi, quelle est ton explication ?

— Attendez... Isaac est capable d’absorber nos pouvoirs ? s’exclame Zéphyr.

— La façon dont je l’ai su n’a pas d’importance, me répond Angie, le regard étrangement fuyant.

Je fronce les sourcils.

— Tu l’as déjà rencontré, n’est-ce pas ? Tu fais comme si sa santé ne t’importait pas, mais je vois bien que c’est faux !

— Euh... les amis ! s’écrie Zéphyr. Quelqu’un voudrait bien m’expliquer ce qui...

— Tu te fais des idées ! me répond Angie d’une voix cinglante. Je ne le connais pas, c’est clair ? Il peut très bien mourir, ça ne me fera ni chaud ni froid.

— Comment peux-tu dire une chose pareille ? fulminé-je. Je sais que tu mens, sinon tu ne réagirais pas de la sorte ! Tu es en position de défense, ça prouve que j’ai raison !

— Non, tu as tort.

— Excusez-moi, dit Zéphyr, je ne comprends rien à...

— Si, j’ai raison ! insisté-je. Tu te comportes bizarrement depuis qu’Isaac est ici ! D’où est-ce que tu le connais ?

— Pour la dernière fois, je te dis que je ne le connais pas, dit-il, les poings serrés.

Ses yeux ont viré au bleu sombre et sont braqués sur moi. Pourquoi ne veut-il pas tout simplement avouer que j’ai raison ? Ce n’est pas si compliqué ! Mais non, monsieur préfère s’obstiner. Il ne serait pas aussi en colère contre moi si j’avais tort.

— Tu auras beau dire tout ce que tu veux, je sais que j’ai raison ! Vas-y, nie-le si ça te fait plaisir ! Tu ne réussiras pas à me faire changer d’avis.

Il contracte sa mâchoire et serre encore davantage les poings. Il s’apprête à dire quelque chose, mais Zéphyr prend la parole en premier :

— Je sais que personne ne m’écoute, mais si quelqu’un ici avait l’amabilité de m’expliquer ce délire de pouvoir d’absorption, je lui en serais très reco...

— La ferme ! le coupe Angie.

Zéphyr écarquille les yeux. Il semble tout aussi choqué que moi par son attitude. Un silence de mort s’est installé dans la pièce. Mis à part les bips-bips incessants des machines reliées à Isaac, il n’y a aucun bruit. Personne ne parle. Je jette un regard vers Zéphyr, attendant qu’il dise quelque chose, n’importe quoi, mais je comprends bien vite qu’il ne le fera pas. Apparemment, il ne doit pas souvent voir Angie s’emporter ainsi. En y réfléchissant bien, je ne l’ai moi-même jamais vu comme ça. Zéphyr n’a rien fait d’autre que de tenter de comprendre la situation !

Étrangement, le silence dans la pièce se fait nettement ressentir. Bien plus que tout à l’heure. Les bips-bips ne sont plus si incessants que ça. Ils semblent même avoir... ralenti. Ce n’est pas normal. Je me retourne d’une traite vers le lit où est allongé Isaac. Je regarde une des machines reliées à lui, comprenant avec effroi que son cœur est en train de lâcher. Je me précipite vers lui et oublie ce qui vient de se passer. Je dois faire quelque chose. Quoi que dise Angie, je sais que je ne me le pardonnerai jamais.

— S’il te plaît, Isaac, tiens bon ! le supplié-je.

Il est toujours immobile, les yeux clos. Son torse se soulève à peine, et lorsque j’approche ma main de son visage, je ne sens presque plus son souffle chaud. Je me retourne vers Zéphyr, l’implorant du regard. Ce dernier se rapproche de moi et pose une main sur mon épaule, comme pour me soutenir. Il veut que je sache qu’il est là si j’ai besoin de quelqu’un pour pleurer. Mais je ne veux pas de ça. Je ne veux pas le pleurer. Je lève les yeux vers Angie, espérant de tout cœur qu’une idée lumineuse lui traverse l’esprit. Une idée à laquelle il n’aurait pas pensé jusqu’à maintenant, et qui pourrait sauver la vie d’Isaac. Mais ce n’est pas le cas. Il ne bouge pas d’un pouce, le regard fixé sur le corps inerte du jeune homme. Il n’a pas desserré les poings. Ses épaules sont affaissées par le poids de la tristesse qui le ronge. Il a beau nier et prétendre que la mort d’Isaac ne lui ferait ni chaud ni froid, je sais qu’il ment.

Après un gros soupir, je me concentre sur le bruit des machines. Elles s’amenuisent petit à petit. Je m’imagine son cœur ralentir lentement. Par ma faute. J’imagine combien sa vie a dû être dure. Vivre sept ans à l’Isolement et y revenir à l’âge de quatorze ans pour ne plus en ressortir. Cette pensée me noue l’estomac. Et maintenant, la mort vient le chercher. Lentement, mais sûrement. Je déglutis et ravale les larmes qui me montent aux yeux. Je ne dois pas craquer. Je prends la main d’Isaac et la serre de toutes mes forces, le suppliant de revenir. Zéphyr me frictionne l’épaule. Toutes mes pensées sont tournées vers le garçon inconscient. Vers mon besoin de le sauver. Il doit vivre. Je ferme les yeux et me concentre. C’est peut-être inutile. Après tout, j’ai déjà tenté le coup et ça n’a pas marché. Mais pour une raison que je n’explique pas, je me dois de réessayer. Je me sens plus forte. Comme si un autre pouvoir venait de faire apparition dans mes veines. Une douce chaleur s’empare alors de moi. Je la sens traverser mon corps et venir se rassembler en un même point. Mes mains. Sans réfléchir à ce que je fais, je rouvre les yeux pour venir en poser une sur son front et l’autre sous son menton. Ce geste est similaire à celui que Zéphyr avait fait pour guérir Cassie.

Quelque chose quitte mon corps pour habiter celui d’Isaac. Mes yeux me brûlent, je serre les dents pour ne pas rompre le contact. Sa santé est plus importante que ma douleur. Je crois entendre la voix de Zéphyr qui s’adresse à moi, mais je n’en suis pas tout à fait sûre. Mes sens sont focalisés sur Isaac. Plus je me concentre sur sa guérison, et plus mes yeux me brûlent. Zéphyr resserre son emprise sur mes épaules et tente de me parler, mais je ne l’écoute pas. Une autre vague de chaleur me traverse le corps, que je m’empresse de faire parvenir à Isaac. La voix de l’Aimant me paraît lointaine et remplie d’inquiétude. Celle d’Angie me parvient aussi. Je le sens s’approcher et tendre ses mains vers les miennes, comme pour rompre le contact. Je ne comprends pas pourquoi il cherche à faire ça. J’envoie de nouveau une douce chaleur à Isaac, juste avant que le Leader ne rompe définitivement le lien. Mes jambes se dérobent, et Zéphyr me retient in extremis avant que je ne m’écroule au sol. J’ai un horrible mal de crâne. Zéphyr m’assied de force sur un tabouret à proximité. Je me passe une main sur le front et plisse les yeux de douleur. Ces derniers me piquent atrocement. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je me sentais pourtant bien. Même très bien.

— Comment te sens-tu ? me demande Zéphyr, l’air soucieux.

Je lève les yeux vers lui pour le rassurer, mais je m’abstiens finalement de tout commentaire. Dire que je vais bien serait un mensonge. Parce que non, je ne vais pas bien. Le mal de tête le plus douloureux que je n’ai jamais eu est en train de me marteler le crâne, et je vois flou. Je n’arrive pas à discerner les formes et les couleurs. C’est très bizarre.

— Ma tête..., murmuré-je.

— Tu vas avoir mal pendant un certain temps… Est-ce que tu vois flou ?

Je lui fais signe que oui.

— Ta vue redeviendra normale dans quelques minutes, continue-t-il. Qu’est-ce qui t’a pris de faire une chose pareille ?

— Je ne sais pas. Je... à vrai dire, je ne sais même pas ce que j’ai fait.

— Tu l’as guéri. Tu as guéri Isaac, Evalina !

J’ai guéri Isaac ? Je me lève d’un bond et fonce vers le lit où il repose. Ma tête tourne. Il n’est pas réveillé, mais je constate que son torse se soulève désormais de façon régulière. Les machines ont repris leurs bips-bips continuels. Une explosion de joie s’empare de moi. Comment est-ce possible ? Je l’ai vraiment guéri ? À en juger par les regards surpris de Zéphyr et Angie, je suppose que oui. Mais ce dernier a l’air davantage en colère que surpris. Aurait-il préféré qu’Isaac meure ?

— Tu n’aurais jamais dû faire ça, lâche-t-il.

Pardon ? Il insinue que je n’aurais jamais dû sauver Isaac ?

— Tu n’es peut-être pas aussi intelligente que je le pensais, dit-il d’un ton sarcastique, en me fusillant du regard.

— Tu as lu dans mes pensées ?

— À ton avis.

— Combien de fois t’ai-je demandé d’arrêter de faire ça ? fulminé-je.

— Et toi, alors ? Combien de fois t’ai-je demandé d’arrêter de faire les choses sur un coup de tête ?

Quel est le rapport ? Ce type n’est vraiment pas bien ! Je lui parle de sa manie à lire dans mes pensées, et il me parle de mon impulsivité. Aucun rapport.

— Ça en a.

Mais que quelqu’un me retienne de lui mettre une gifle ! C’est dingue à quel point ce type peut se montrer lunatique ! Il y a de cela quelques instants, il était gentil et me réconfortait. Ensuite, il a pété un câble et a ordonné à Zéphyr de se taire. Puis il s’est radouci. Désormais, il est de nouveau exécrable. Il ne va pas tarder à me faire perdre mon sang-froid.

— Euh... je vais aller prévenir la reine qu’Isaac va mieux, nous informe Zéphyr, sentant qu’une dispute ne va pas tarder à éclater.

Il fait demi-tour et s’éloigne, claquant la porte de l’infirmerie derrière lui. Je ne perds pas un instant et me tourne vers Angie, le fusillant du regard. Ce dernier fait exactement pareil. Sauf que, contrairement à moi, il sait être convaincant. J’ai l’impression que des éclairs me transpercent le corps. J’en suis déstabilisée. Je ne comprends pas sa colère.

— Je peux savoir ce que j’ai fait de mal ? demandé-je sèchement.

— Je n’arrive pas à croire que tu puisses penser ça de moi, dit-il d’un ton cassant, les poings serrés.

Quoi ? Ce type me rend folle, je vais vraiment péter un câble. Et qui sait ce que je suis capable de faire ? Peut-être subira-t-il le même sort qu’Isaac ? Je ne veux pas prendre le risque de le découvrir.

— Dégage, dis-je.

— Pardon ?

— Tu m’as très bien entendu ! À moins que tu ne comprennes pas le sens de ce mot. Auquel cas, je peux te donner une définition claire et nette du verbe dégager !

— Ne te fous pas de moi.

De sa démarche lente et assurée, il s’approche et s’arrête à quelques centimètres de mon visage. Je déteste quand il fait ça. Je n’ai pas d’autre choix que de le regarder dans les yeux. Et je constate avec soulagement que je ne vois plus flou, comme Zéphyr me l’avait dit. Angie est sérieusement en colère.

— Tu ne réalises pas ce que tu as fait, me dit-il, la mâchoire serrée.

Il est tellement près que je sens son souffle chaud sur mon visage. J’aimerais qu’il recule. Pour son bien. Car la sensation familière de cette énergie qui me traverse le corps est en train de refaire surface. Et lorsqu’elle sera là, présente et prête à frapper, je ne répondrai plus de mes actes.

J’aimerais tant savoir me contrôler, ne pas avoir peur de faire du mal aux autres lorsque je sens la colère monter... « Je l’ai vécu, ça aussi. Cette perte de contrôle lorsque tes émotions deviennent trop puissantes. Mais au fil des jours, j’ai appris à les gérer. Je pourrais t’apprendre si tu te joignais à moi », m’avait dit la Démone. À ce moment précis, je me surprends à être tentée par sa proposition. Elle pourrait m’apprendre. Je n’aurais plus peur, mais cela voudrait dire rejoindre l’ennemi, et ça, je ne le peux pas. Je détourne mes yeux de ceux du Leader.

— Va-t’en. S’il te plaît.

— Pas avant que je ne t’explique à quoi tu viens de te risquer, réplique-t-il.

Je recule pour instaurer une distance avec lui mais heurte le mur blanc de l’infirmerie. Il se rapproche de quelques pas, et plus il avance, plus je sens cette énergie monter en moi. Elle est alimentée par ma colère. Ma colère de le savoir si mécontent de la survie d’Isaac et de le voir si insistant alors que je lui demande de partir. C’est pour son bien, mais ça, il n’a pas l’air de s’en rendre compte.

— Au risque de subir la même chose qu’Isaac, tu ferais mieux de t’en aller.

Je baisse le regard, honteuse de ne pouvoir me contrôler. Angie hausse les sourcils. Il n’a pas vraiment l’air de me prendre au sérieux. Il est évident qu’en tant que Leader des Surnaturels, il ne doit pas tellement avoir peur de ce qu’une Gémone inexpérimentée pourrait faire. Mais il a tort. À l’Imposant, il a pourtant eu un petit aperçu de ce dont je suis capable.

— Je n’ai pas peur de toi, Evalina. Ce n’est pas le plus important, je t’ai dit qu’on en discuterait plus tard.

— Pas le plus important ? répété-je. Comment peux-tu dire ça ? Je me suis retrouvée complètement possédée par des envies de meurtres, et toi, tu me dis que ce n’est pas important ?

— Je n’ai pas dit que ça ne l’était pas. Je dis juste qu’à l’heure qu’il est, il y a plus urgent.

— C’est vrai que pour toi, la priorité est Isaac ! Qu’est-ce que tu vas faire maintenant que je l’ai sauvé ? Le tuer ?

— Tu penses vraiment que j’en suis capable ? fulmine-t-il, les poings tellement serrés que je peux remarquer ses jointures devenir blanches.

— D’après tes propos de tout à l’heure, tu as l’air de t’y connaître, en meurtre ! Et puis, tu n’as pas franchement sauté de joie quand je l’ai sauvé !

— Et quelles sont tes hypothèses ? cingle-t-il tout en se rapprochant encore un peu plus de moi.

Je me tasse le plus possible contre le mur de l’infirmerie. Angie est beaucoup trop proche, je n’aime pas ça. Il est trop en colère pour s’en rendre compte. Ses yeux cherchent vainement les miens, mais je n’ose pas l’affronter. Il a l’air d’avoir très mal pris le fait que je le considère comme un meurtrier. Il est vrai que je tire souvent des conclusions hâtives. Je n’aurais peut-être pas dû réagir aussi rapidement, en ne me basant que sur une simple hypothèse. Je l’ai sûrement mal jugé. Dans le cas contraire, il ne réagirait pas ainsi. L’envie de fuir me titille les jambes.

— Tu ne vas nulle part, m’arrête-t-il en posant ses deux bras sur le mur, de part et d’autre de ma tête.

Il était déjà assez flippant tout à l’heure, mais là, c’est encore pire. Je suis de nouveau clouée au mur. Aucun moyen de partir. Sauf en passant sous ses bras.

— N’y pense même pas, dit-il.

Super.

— Je crois que nous avons plus important à faire que de nous disputer sur le fait que je lise dans tes pensées. Je te l’ai déjà dit, je n’arrêterai pas. Le sujet est clos.

— Quant à moi, je t’ai demandé et répété que j’aimerais que tu respectes mon espace vital ! protesté-je.

— Tes pensées sont intéressantes, articule-t-il d’un air sérieux. Grâce à elles, je sais désormais que je ne suis qu’un meurtrier à tes yeux.

Son regard est rivé au mien et ne me lâche pas une seule seconde. Il a sincèrement l’air blessé que je puisse penser ça de lui. J’ignorais que la manière dont je le voyais le toucherait autant.

— Ce n’est pas ce que j’ai voulu di... euh, penser, balbutié-je, les mains moites.

— Pourtant, tu l’as pensé très fort.

— En même temps, tu semblais bien connaître ce qu’on peut avoir sur la conscience en commettant un meurtre ! Je ne sais rien de toi, rien du tout ! Tu ne m’as jamais confié une seule chose de ton passé !

— Toi non plus, dit-il, un sourire moqueur en coin.

— On s’en fiche ! Je ne parle pas de moi, mais de toi ! Réalises-tu que j’en suis à me demander si tu n’es pas un meurtrier ? Si je peux te faire confiance ?

— Mon passé n’appartient qu’à moi, réplique-t-il sèchement.

— Et qu’est-ce que ça veut dire ? Que tu as bel et bien tué quelqu’un ?

Il serre la mâchoire et, à en voir l’expression sur son visage, se retient sûrement de me hurler dessus. Il prend le temps d’inspirer profondément, avant de me répondre :

— Je ne voulais pas réagir aussi méchamment lorsque tu as sauvé Isaac, je ne me suis pas contrôlé… Ce n’est pas vis-à-vis de lui que j’ai réagi ainsi, mais vis-à-vis de toi. Tu n’aurais jamais dû faire ça.

— Pourquoi ? Parce que je ne suis qu’une fille incompétente qui ne comprend absolument rien à ses nouveaux pouvoirs et qui risque d’empirer la situation ? m’emporté-je. C’est ça, que tu es en train de me faire comprendre ?

— Parce que tu n’es pas entraînée, me répond-il calmement. Je ne sais pas d’où ce pouvoir te vient, mais tu dois apprendre à ne pas réagir sur un coup de tête et à réfléchir avant de faire les choses. Zéphyr s’est entraîné longtemps avant d’être capable d’utiliser son pouvoir de guérison. Cela demande une extrême concentration. Quand tu guéris quelqu’un, tu t’emploies à lui passer toute ta force. Et si tu ne t’entraînes pas suffisamment, tu risques de ne plus pouvoir t’arrêter et...

— En gros, tu es en train de me dire que je ne suis qu’une incapable ? le coupé-je, énervée. Merci, tu ne m’apprends rien !

— Putain, Evalina...

— Non, c’est bon.

— Écoute-m...

— Je te dis que c’est bon ! Tais-toi ! Je sais bien que tu n’as pas pour habitude d’obéir aux ordres, mais si pour une fois tu pouvais le faire, je t’en serais vraiment reconnaissante ! J’ai compris.

Je marque une pause, avant de reprendre d’une voix plus assurée :

— Mais tu sais quoi ? J’ai sauvé Isaac ! Ce mal de crâne en valait largement la peine !

— Si je ne t’avais pas arrêté à temps, tu ne t’en serais pas sortie avec une simple migraine, crois-moi !

— Tu n’avais pas besoin de m’arrêter, je m’en serais sorti toute s...

— Tu aurais pu en mourir ! explose-t-il, donnant un violent coup de poing dans le mur.

Je sursaute de surprise et retiens un cri de frayeur. J’ai cru qu’il allait me frapper. Son poing a atterri juste à côté de ma tête. Des bouts de plâtre se détachent et tombent au sol. J’en suis tétanisée sur place. Autant par ce qu’il vient de me dire que par la façon dont il a réagi. J’aurais pu en mourir.

Si j’ai bien compris, je n’arrivais plus à arrêter mon pouvoir de guérison parce que toute ma force passait dans le corps d’Isaac. S’il ne m’avait pas arrêtée à temps, j’en serais morte. J’affronte alors le regard d’Angie. Ce dernier a recouvré son calme. Depuis le début, il ne cherchait qu’à me prévenir des risques que j’avais pris.

Un lourd silence s’est installé entre nous deux. Angie regarde avec stupeur le trou dans le mur que son poing vient de faire, tout en fronçant les sourcils. Il doit sûrement se demander ce qui a bien pu lui passer par la tête pour perdre le contrôle de ses émotions aussi brusquement. Il n’en a pas l’habitude. À bien y réfléchir, je ne suis vraiment qu’une incapable. Où que j’aille, j’amène les malheurs. Entre les Surnaturels qui prennent des risques importants pour moi – entraînant des disputes entre eux –, mes parents et Roxana qui sont morts, et enfin Tessia qui est toujours prisonnière de la Démone, je dois me rendre à l’évidence. Il faut que j’apprenne à me débrouiller seule, sans l’aide de personne. Et je sais exactement par où commencer. Je dégage les bras d’Angie et me dirige vers la porte de l’infirmerie, déterminée, priant pour qu’il ne lise pas dans mes pensées. Il ne faut pas qu’il sache ce que je prépare, ou il irait immédiatement en avertir la reine.

La Démone veut que je vienne seule ? Très bien. Je vais récupérer Tessia, et personne ne m’en empêchera.

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RemerciementsAutant l’écriture en elle-même ne m’a jamais posé de problèmes, autant les remerciements me donnent un aperçu du syndrome de la page blanche. Beaucoup de personnes à remercier, tellement de choix dans la manière de procéder, et pourtant si peu d’assurance quand il s’agit d’organiser le tout. Au risque de pondre un pavé, je vais m’en tenir au format de ce livre et séparer les remerciements en deux. Si je ne cite pas tout le monde ici, c’est donc normal. Après tout, ceci n’est que la moitié du tome 1.Je tiens pour commencer à remercier Guillaume et Ophélie, sans qui mon rêve n’aurait pas pu se réaliser. Vous avez su transformer une histoire écrite à mes 15 ans en un projet digne du papier, digne de vous, digne de cette maison d’édition inceptionnelle et de cette équipe véritablement incroyable. Merci d’avoir supporté le mauvais caractère d’Angie et la naïveté d’Evalina. Merci pour ce boulot de dingue que vous fournissez jour et nuit.Merci à Anne, mon synonyme contrai

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 43Etats d'ame

Chapitre 43Etats d'ameAngie est le premier à demander des explications. J’entends sa voix, mais je suis incapable de me concentrer sur ce qu’il dit. Les seuls mots qui résonnent dans ma tête sont ceux de Zéphyr. Il n’a pas dit que Cassie et Tessia étaient revenues. Il a seulement dit Cassie. Ma poitrine me fait mal. Mon corps se met à trembler de lui-même. Je ne me sens pas bien. Ma gorge est serrée. Je n’arrive plus à distinguer clairement mon entourage. Mon cœur bat trop vite. J’essaie de prendre une profonde inspiration et d’expirer calmement, mais j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer. Tessia n’est pas revenue. Je recule et heurte la paroi du tunnel. J’ai la sensation qu’on est en train de jouer avec mon cœur. Qu’il résiste tant bien que mal, mais qu’il suffirait qu’on le crève encore un peu plus pour le voir perdre la partie. Je ne me sens plus capable d’agir comme si ce n’était pas grave. Comme si je pouvais encore attendre, alors que ma sœur est la seule famille qu’i

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 42Perte de controle

Chapitre 42Perte de controle— Je savais que je te trouverais ici.— Je n’ai pas cherché à me défiler.Zéphyr esquisse un sourire et s’engouffre dans l’espace sombre et bleuté du Jardin Abyssal. Il jette un rapide coup d’œil à l’aquarium, puis il me rejoint sur le canapé. Il se laisse tomber contre la matière moelleuse et pose ses avant-bras sur ses genoux, les mains croisées. Il ne dit rien. Et je sais pertinemment pourquoi. Il attend que ce soit moi, comme à chaque fois qu’il veut entamer une discussion sérieuse. Et je n’aime pas ce genre de discussions. Il me pousse souvent à comprendre ce que je redoute le plus, à faire face aux démons qui me rongent de l’intérieur. Et je déteste ça.— Tu perds ton temps, finis-je par dire.— Nous savons tous les deux que c’est un mensonge. Depuis quand ne lis-tu plus dans les pensées des autres ? Parce que tu n’as pas l’air de savoir pourquoi je suis là.— Je suis fatigué.— Fatigué ? relève-t-il, les yeux bl

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 41Jalousie oppressante

Chapitre 41Jalousie oppressante— Angie, attrape !Je rattrape in extremis la dague qui filait droit sur mon front, ma main se refermant autour de la lame en métal froid. Je braque un regard incendié en direction d’Apolline. Celle-ci hausse les épaules, et ses pensées, manquant un brin de tact, ne tardent pas à résonner dans ma tête.« Tu n’avais qu’à être plus rapide ! »Je jette la dague à mes pieds. Celle-ci vient se figer dans le tatami. Si Ombelline voit ça, je suis mort. Je la retire et m’assieds sur l’entaille désormais présente, jetant un coup d’œil discret en direction de l’Immortelle. Elle est encore occupée à arbitrer le combat d’Edden et de Maximilien. Le Cerveau n’a d’ailleurs aucune chance, il n’est pas assez rapide et n’arrive pas à anticiper les coups de son adversaire. Et même si cela me coûte de le reconnaître, Edden est fort. Très fort.— OK, dis-moi ce qui ne va pas.Je fronce les sourcils. Apolline me rejoint sur le tatami et s’assied à mes c

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 36Espoir perdu

Chapitre 36Espoir perdu— Evalina !— Non, va-t’en ! lui hurlé-je, des larmes de colère perlant sur mes joues.Je ne veux plus le voir. Pas après ce qu’il a fait. A-t-il sincèrement pensé que je ne lui en voudrais pas ? Comment a-t-il pu me faire ça ? Comment a-t-il pu me regarder dan

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 35Rapprochement et detournement

Chapitre 35Rapprochement et detournementS’il te plaît, Angie, on a besoin de votre aide.— Qu’est-ce que tu fais ? me demande Sean, toujours occupé à rassurer Bastian.Je rouvre les yeux et attends quelques secondes avant de lui répondre, laissant mes pupilles s’habituer à l’obscurité. Ce

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 34Pieges

Chapitre 34Pieges— Evalina, tu viens ? m’appelle Zéphyr.Je m’empresse de le rejoindre à l’extérieur de l’Imposant, non sans un dernier regard vers Mélodie. Elle est étendue par terre, baignant dans son propre sang. Je détourne mes yeux de cette horrible scène et prends soin de refermer la

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 33Isaac

Chapitre 33Isaac— C’est bien moi, sourit-elle, ses yeux reprenant leur couleur initiale.— Quoi ? Tu la connais ? s’étonne Apolline.Je reste muette. Comment est-ce possible ? Mélodie est ma meilleure amie. Elle ne peut pas être cette jeune femme qui se tient devant moi, arborant un

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