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Chapitre 23Deuxieme Souffle

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:56:52
Chapitre 23Deuxieme Souffle

— Evalina !

Cette voix... elle m’est étrangement familière. Si familière qu’elle me contraint à desserrer mon emprise. Ma victime peut à nouveau respirer. Ce n’est pas normal. Je ne devrais pas la laisser vivre. Je fronce les sourcils de frustration et reprends où j’en étais pour en finir, quand une seconde voix, plus grave, se fait entendre à travers le hall.

— Ne fais pas ça !

Ne fais pas quoi ? Je veux juste achever ma proie, mais quelque chose au fond de moi me pousse à abandonner. Je la repose au sol et elle s’écroule dans un bruit sourd. J’entends d’ici son sifflement irrégulier, signe qu’elle est toujours en vie. Pourquoi l’ai-je relâchée, alors que mon instinct m’intime de la tuer ? Mes yeux recommencent à me brûler. C’est alors que des bras m’enserrent la taille et me tirent en arrière. Je bute contre quelque chose de dur, mais de doux à la fois. Un corps. Quelqu’un me maintient dans ses bras pour m’empêcher d’atteindre mon but ultime. L’extase finale. Je me débats comme une folle, ignorant cette voix qui murmure à mon oreille de me calmer. Mes sentiments sont contradictoires. Je veux écouter mon instinct. Je me débats de toutes mes forces. Je hurle, j’écrase les pieds de celui qui me retient, je tente de me dégager de ses bras musclés. Peine perdue. Il me tient bien fermement et ne semble pas décider à me laisser partir. Il continue à prononcer des mots à mon oreille, mais je suis bien trop aveuglée par la colère et la frustration pour y prêter attention.

Je continue à me débattre avec le peu de forces qu’il me reste, mais mon corps me fait défaut. Il ne semble plus décider à me suivre. Et cette partie de moi, qui veut entendre ce que mon interlocuteur me dit, prend de plus en plus d’importance. Elle éteint ma rage. Elle calme mes ardeurs. Elle reprend le dessus sur la partie la plus sombre. Celle qui voulait tuer à tout prix. Celle qui prenait Isaac pour sa proie.

Oh mon Dieu. Mais qu’ai-je fait ? Je l’observe étendu sur le sol, les membres brisés et la respiration saccadée. Il n’ose même plus me regarder. Je suis un monstre. Un horrible monstre. J’ai voulu tuer Isaac. Des larmes viennent flouter la vision atroce que j’ai de lui, en train de se tordre de douleur. Je laisse la honte et le soulagement d’être redevenue moi-même m’envahir. Je veux disparaître. Qu’est-ce qui m’a pris ? J’ai réussi à nous sortir de l’Isolement. Je devais aller chercher ma sœur et je me suis finalement retrouvée à vouloir tuer Isaac. Mais le pire, c’est que j’ai aimé ça. J’ai apprécié le voir souffrir. L’entendre gémir de douleur. J’ai adoré ce sentiment de puissance qui s’est emparé de moi, me poussant à torturer Isaac comme bon me semblait. Je suis dégoûtée de moi-même. Je n’ai jamais eu aussi honte de toute ma vie.

— Chut, Evalina. Tout va bien, me murmure cette douce voix grave à l’oreille.

Et cette fois-ci, je la reconnais. Elle n’est pas aussi autoritaire que d’habitude. Plutôt d’une gentillesse surprenante... Je pose mes mains sur les bras qui m’entourent et les retire de ma taille. Je veux lui faire face. M’assurer que c’est bien lui et pas un autre. Que je ne suis plus seule. Je plante timidement mon regard dans le sien. Jamais je n’aurais pensé qu’un jour, ses yeux aigue-marine me manqueraient autant. Ni qu’ils seraient teintés d’une profonde inquiétude. Ses cheveux blonds sont en pagaille, et de multiples éraflures qui n’étaient pas là plus tôt ornent désormais son visage.

— Tu es venu, articulé-je avec peine, la gorge serrée.

— Tu pensais sincèrement que j’allais te laisser toute seule ici ? s’offusque Angie.

Il attrape mon visage de ses mains fermes, comme s’il avait subitement ressenti le besoin de me toucher pour s’assurer de ma réelle présence en face de lui. Je reste figée sur place par son geste. Ses mains sont chaudes. Cela me fait du bien. À l’Isolement, il faisait très froid. Le contact d’Angie réussit à me réchauffer et à me détendre. Il me regarde dans les yeux pendant si longtemps que je me demande ce qu’il peut bien se passer dans sa tête. Je crois qu’il n’arrive juste pas à se faire à l’idée que je sois toujours en vie.

— J’ai cru qu’elle t’avait tué.

Il fait bien sûr allusion à la Démone. D’ailleurs, je me demande où elle se trouve. Avec tout le vacarme que j’ai fait en fuyant l’Isolement, elle aurait déjà dû rappliquer.

— Seulement enfermée, le rassuré-je.

Il soupire, puis commence enfin à se détendre. Il abaisse ses épaules qui s’étaient raidies sous la tension et continue de m’observer des pieds jusqu’à la tête.

— Je vais bien ! Je te l’ai dit, elle m’a juste enfermé. Je viens de réussir à m’enfuir. Et quant à ce qu’il vient de se passer...

— Nous en discuterons plus tard, me coupe-t-il. Ce n’est pas le moment. Nous devons partir, les autres s’occupent de la Démone.

J’écarquille les yeux d’épouvante.

— Ils n’y arriveront jamais, elle a bien trop de pouvoirs ! Je veux vous aider ! m’écrié-je.

— Non, lâche-t-il aussitôt. Tu n’y vas pas.

— Mais...

— J’ai dit non, Evalina !

Angie a retrouvé son ton habituel, mieux vaut donc ne pas le contredire. Et puis, il faut voir la réalité des choses : je n’ai plus de forces, je leur serai complètement inutile. Le Leader ne cherche qu’à me protéger, et je lui en suis reconnaissante. Il repousse une mèche de mes cheveux et poursuit :

— Je suis désolé si je te parais brusque. Mais je refuse que tu te mettes encore en danger.

Il marque une pause, puis crispe la mâchoire, comme pour empêcher les mots de sortir. Mais contre toute attente, il articule, son visage à seulement quelques centimètres du mien :

— Ne me refais plus jamais une peur pareille.

Je peux sentir son souffle chaud sur mon visage. Nos fronts sont presque collés. Je suis abasourdie par ses paroles. Je découvre un nouvel Angie. Attentionné et vulnérable. Je veux que cette nouvelle facette de lui qu’il me fait découvrir ne s’efface jamais. Je veux sentir ses mains sur mon visage aussi longtemps que possible. Je veux rester dans cette atmosphère planante encore quelques instants de plus.

— Excusez-moi, mais... on en fait quoi de lui ? tonne une autre voix, quelques mètres plus loin.

Je sursaute, sortant peu à peu de la magnifique torpeur dans laquelle je me trouvais. Angie secoue la tête et fronce les sourcils de mécontentement. À mon plus grand regret, il enlève ses mains de mon visage et tourne la tête vers la personne responsable de la question. Il ne semble pas content. Pas content du tout, même. La vitesse à laquelle il peut passer de la gentillesse à la colère m’étonne une nouvelle fois.

— On l’emmène, déclare-t-il d’un ton sec.

— Et pourquoi ferait-on ça ? On ne le connaît même pas.

— Parce que je suis le Leader et que toi, tu n’es que le Fidèle. Tu fais ce que je te dis de faire.

Le Fidèle ? Je me tourne vers ce dernier, un sourire naissant sur mes lèvres lorsque je croise son regard vert. Lui aussi, il m’a manqué. Il est couvert de bleus et d’ecchymoses. Mais malgré une profonde cicatrice qui lui barre la lèvre supérieure, il n’a aucune difficulté à me rendre mon sourire. Je ne sais pas ce qu’Angie et Edden ont dû traverser pour arriver jusqu’ici, mais cela n’a pas dû être une partie de plaisir. Le Fidèle réduit la distance entre nous et finit par se poster juste à côté du Leader.

— Content de te revoir saine et sauve, murmure-t-il.

Edden à l’air heureux de me voir et me couve de son regard protecteur. Le Leader, lui, semble retenir difficilement une crise de colère.

— On doit y aller, intervient-il d’un ton étonnamment hostile.

Il fusille le Fidèle du regard. Et ce dernier le soutient sans broncher. Tous deux s’observent en chiens de faïence, une haine viscérale inscrite au fond de leurs prunelles. Depuis que les léldriques m’ont enlevé, j’ai l’impression que leur différend a encore empiré. Je ne veux surtout pas qu’ils recommencent à se battre, alors je décide d’attirer leur attention sur Isaac. Le pauvre s’est évanoui.

— Angie a raison. Isaac ne doit pas rester ici, il n’a rien fait qui justifie ce que je lui ai fait subir. Au contraire, il m’a été d’une grande aide ! Il n’a rien de méchant, je ne sais pas pourquoi je l’ai...

— Je te crois, me coupe le Leader.

Aussi facilement ? Je suis convaincu qu’il n’a pas lu dans mes pensées, il ne peut donc pas savoir si je suis sincère ou pas. Mais il me croit. J’ai l’impression qu’il me cache un truc… Contrairement à d’habitude, son regard ne cherche pas le mien. Il s’apprête à récupérer Isaac pour le tirer hors du hall, quand un fracas assourdissant résonne dans la pièce tout entière. Cela venait du haut d’un escalier. Et pas n’importe lequel : celui que j’ai emprunté, guidé par les trénones, pour aller voir la Démone. Angie, Edden et moi avons tout juste le temps de nous écarter au bon moment. Une forme féminine s’écroule à nos pieds. Cassie ! Je lève la tête vers les escaliers. Mes yeux rencontrent ceux d’un nébor. Je baisse aussitôt le regard et tente de repérer la porte par laquelle je suis entrée dans l’Imposant, refoulant la panique qui s’empare de moi. Elle n’est pas très loin, seulement quelques mètres à franchir. J’évalue la distance qu’il va me falloir parcourir, puis je prends Isaac par les bras afin de le traîner sur le sol. Mais aussitôt, deux léldriques se postent au niveau de la sortie. Je jette un coup d’œil à Angie.

— Cours, m’ordonne-t-il, plongeant la main dans sa veste noire pour en ressortir deux dagues.

Il lance la première sur le nébor le plus proche. Celui-ci l’évite, puis émet un affreux grésillement. D’autres trénones de la même espèce le rejoignent. Il en sort de tous les côtés. Je détourne la tête pour ne plus voir ses monstres hideux et traîne Isaac sous un escalier en arabesques noires. J’espère qu’il sera à l’abri, ici. Je suis tentée de rester à ses côtés pour ne pas me mêler à la bataille qui fait rage, mais il est hors de question que je reste à les regarder se battre sans rien faire. J’ai dit que je voulais agir, et c’est exactement ce que je vais faire ! Peut-être pas en participant aux combats – car je n’ai pas les capacités requises –, mais soigner quelqu’un, c’est dans mes cordes. Je rejoins Cassie tout en me baissant pour ne pas risquer de me prendre une quelconque arme fusant à travers la pièce. L’Optimiste est toujours étendue sur le sol froid du hall, inconsciente. Si je veux me rendre utile, je n’ai maintenant plus qu’à la guérir. Je ne sais pas du tout si une Gémone en a le pouvoir. Mais si je peux lire dans les pensées d’Angie, alors pourquoi ne pourrais-je pas soigner Cassie ?

— Evalina ! s’écrit subitement une voix masculine que je reconnais aussitôt.

Zéphyr. Sa carrure, dénuée d’ecchymoses, s’avance dans ma direction. C’est bien le seul à ne pas être couvert de blessures. Je me demande d’abord comment il a pu faire pour échapper aux coups, avant de me rappeler que son pouvoir est le bouclier. Il peut donc se protéger contre toute attaque ennemie. Il s’abaisse à mon niveau et me gratifie d’un franc sourire faisant ressortir ses fossettes.

— Réturis soit loué, tu es toujours en vie ! constate-t-il, un profond soulagement perceptible dans la voix.

Il marque une pause, le temps d’observer l’état dans lequel se trouve Cassie. Puis il fait craquer ses doigts et articule :

— Laisse-moi faire.

Je me pousse pour lui faire de la place. Il pose une main sur le front de Cassie, puis l’autre en dessous de son menton. Il fronce les sourcils de concentration, exactement comme Isaac lorsqu’il absorbait ma peine. Sauf que, contrairement à ce dernier, Zéphyr ne ferme pas les yeux. Je les vois même passer du bleu clair au rouge. La même couleur qu’arborait le regard des Surnaturels lors de mon premier jour à Réturis. Cassie se relève brusquement, puis se met à tousser. Surprise par la rapidité avec laquelle Zéphyr l’a remise sur pied, je ne peux m’empêcher de la fixer, les yeux grands ouverts. Il va me falloir encore un petit temps d’adaptation pour m’habituer à ce genre de choses.

— Quoi ? J’ai quelque chose sur le visage ? me demande la jeune femme, paniquée davantage à l’idée d’être défigurée que d’être allongée sur le sol au milieu d’une bataille.

Puis elle percute :

— Evalina ? Réturis soit louée, tu es en vie ! s’écrie-t-elle en se jetant à mon cou.

Je la laisse faire, sans toutefois lui rendre son étreinte. Tout le monde me pensait morte ? Sympathique. Je sais que ce n’est pas méchant. Ils se sont fait du souci pour moi, j’en ai même foutu une frayeur bleue au Leader. Seulement, je ne peux m’empêcher de le voir de cette manière : ils m’ont pensé trop faible pour pouvoir survivre.

— Les filles, ce n’est pas vraiment le moment pour les câlins ! nous presse Zéphyr, d’une voix tendue.

— Tu as raison ! s’exclame Cassie, un éclair de vengeance au fond de ses yeux bleus. Où est ce satané nébor ? Celui qui a cru me mettre hors circuit avec sa foutue décharge électrique ! Hein ? Il est où ?

Si la situation n’était pas aussi critique, j’aurais sûrement éclaté de rire face à la réaction de Cassie. Elle réagit au quart de tour. Elle est énergique et prête à exploser à tout moment. Je suis encore loin de la connaître, mais de ce que j’en vois, elle a l’air de correspondre plutôt bien à sa qualité.

— Il faut qu’on te fasse sortir d’ici, me dit Zéphyr.

— J’aimerais bien, mais deux léldriques bloquent la sortie !

— Je m’en occupe ! s’écrie Cassie, en sortant deux armes étranges de sa veste.

Ce sont deux petites étoiles en fer, aux bouts tranchants. Je me demande comment de si petites choses vont pouvoir nous être utiles. L’Optimiste se relève, puis avance d’une démarche déterminée jusqu’aux léldriques en question. Je l’observe se positionner face aux trénones et les héler. L’un des deux s’avance à l’aide de ses quatre pattes d’araignées immondes, puis frappe l’air de ses pinces de scorpion juchées sur son affreuse tête. Ses huit petits yeux brillent d’une lueur rouge sang, et ses trois ailes battent l’air au rythme de ses pas. Qui donc a eu l’idée de créer pareils monstres ? Loin de se laisser démonter par leur apparence, Cassie lance ses deux petites étoiles en fer sur le plus proche. Ce dernier les reçoit de plein fouet et explose dans une gerbe d’étincelles rouge. Ce sont des bombes ! J’aurais dû m’en douter. L’Optimiste fait maintenant face au second léldrique. Elle l’empoigne par ses deux pinces et le force à la regarder dans les yeux. Les pupilles de Cassie brillent d’une lueur rouge. La même que celle qu’avait Zéphyr lorsqu’il a usé de son pouvoir pour la soigner. D’ailleurs, je ne vois plus ce dernier. Il a dû repartir dans les combats. Le léldrique est entouré d’une multitude d’éclairs dorés et parcouru d’une violente secousse. Cassie fronce les sourcils de concentration et accentue l’intensité de son pouvoir. Le trénone s’écroule sous la décharge électrique que lui fait subir l’Optimiste. Quelques secondes plus tard, il explose de la même façon que le premier. Cassie se tourne vers moi et brandit ses pouces en l’air, en signe de victoire. Un léger mouvement de tête de sa part m’indique que la voie est libre et que j’ai plutôt intérêt à y aller. Elle a raison, il n’y a pas un instant à perdre !

Tandis que Cassie court rejoindre Edden pour l’aider à se débarrasser d’une armée de nébors, je me précipite sous l’escalier en arabesques noires où j’ai laissé Isaac. Mon cœur fait un bond dans ma poitrine quand je constate qu’il n’est plus là. Peut-être me suis-je trompée d’escalier ? Je jette un coup d’œil furtif aux alentours. J’ai beau scanner minutieusement le paysage, je n’aperçois aucun autre escalier identique à celui-ci. Isaac n’est plus là. Quelqu’un a dû le traîner ailleurs. J’observe la bataille qui fait rage autour de moi. Zéphyr fait partager son bouclier à Cassie pour l’aider à combattre plus facilement l’armée de nébors. Cette dernière ne pouvant pas utiliser ses décharges contre ces monstres qui se nourrissent de l’électricité, elle se contente donc de les attaquer sans relâche à l’aide d’une grande dague. Non loin, son frère et sa sœur combattent courageusement une armée de léldriques. Sean fronce les sourcils de concentration, puis le trénone lui faisant face se met aussitôt à se tenir la tête. L’onde qu’il peut envoyer dans le crâne de ses adversaires doit être terriblement aiguë, car le monstre explose dans un cri perçant.

À peine le temps de reprendre son souffle qu’il effectue déjà un salto arrière pour retomber derrière un trio de léldriques. Il dégaine un étrange instrument et effectue une ligne droite avec, mais sans les toucher. Pourtant, le trio disparaît dans une gerbe d’étincelles flamboyantes. Comment a-t-il fait ça ? Il sourit à sa sœur, sans se douter un seul instant du danger qui accourt derrière lui. Un nébor fonce droit dans le dos de l’Hilarant. Je m’apprête à hurler pour le prévenir, mais avant que je ne puisse user de ma voix, le nébor rate sa cible et s’écroule de tout son long. Sean pivote sur lui-même et l’achève avec son mystérieux instrument, tout en gratifiant sa sœur d’un regard reconnaissant. Apolline possède le pouvoir de la maladresse. Si elle n’avait pas été là, le coup aurait pu être mortel. Frémissant à ce mot, je continue d’observer les combats autour de moi afin de trouver la personne responsable de l’absence d’Isaac.

Bastian et Edden combattent côte à côte, leurs mouvements parfaitement synchronisés. Le Fidèle ayant utilisé avec brio son pouvoir sur les léldriques, ces derniers ne se battent plus contre eux, mais avec eux. Ils repoussent leurs propres congénères.

Quant au Séducteur, il les hypnotise afin qu’ils aient une folle envie de se retrouver sous la dague qu’il brandit. Je soupire, désespérée à l’idée de retrouver Isaac. Où peut-il bien être ? Les Surnaturels n’ont pas pu le déplacer, ils sont trop occupés à se battre. Quoique... Maximilien ! Je ne l’ai pas vu. Il est peut-être parti mettre Isaac dans un endroit plus sûr ? Mais pourquoi s’en serait-il préoccupé ? Il ne le connaît pas. Au même moment, j’aperçois justement le Cerveau des Surnaturels se faire projeter par un nébor et dégringoler les escaliers. Le trénone saute du haut des marches pour aller percuter Maximilien. Ce dernier fronce les sourcils, et l’instant d’après, le nébor se retrouve immobilisé dans les airs, à quelques centimètres de lui. Il sort un petit instrument tout fin, qui ne m’est pas inconnu, puis l’enfonce dans un des fils électriques du trénone. Le monstre se met à émettre des grésillements insupportables pour l’oreille humaine, avant de se désagréger dans une fumée rougeâtre. Son arme... c’est un aiguillepe ! C’est le truc dont s’était servi Angie pour tester mes réflexes le jour où j’ai découvert la salle de la Colombe. J’étais censée m’entraîner, mais tout ne s’était pas passé comme prévu. Notamment à cause du sale caractère du Leader... Ce qui me fait prendre conscience que je n’ai pas revu Angie une seule fois depuis qu’il m’a ordonné de courir. Où peut-il être, lui aussi ?

Je ferme alors les yeux et me coupe du monde extérieur. Je ne sais pas du tout pourquoi j’agis ainsi. Il y a tellement de choses que je fais en ce moment, que je ressens, sans savoir pourquoi… Mais j’ai l’intime conviction que je dois le faire. Toutes mes pensées sont tournées vers Angie. Je ne pense plus qu’à lui. Il faut que je le retrouve. J’ai le sentiment qu’il me mènera à Isaac. Je suis tellement concentrée que je peux entendre mon cœur battre au rythme de ma peur. La peur qu’à tout moment, un trénone ne surgisse devant moi sans que je ne sache comment réagir ni quoi faire pour le repousser. Heureusement, aucun monstre affreux ne vient perturber ma concentration. Je rouvre enfin les yeux, avec un seul but en tête. Retrouver Angie.

Les Surnaturels autour de moi ne sont plus que des formes floues. Le sol en marbre sous mes pieds n’est plus que matière indistincte. Les escaliers, des ombres noires. Excepté un. Un seul escalier se démarque des autres. Le plus à droite, tout près de la sortie. Je m’avance donc vers celui-ci et le gravis précautionneusement. Il est dépourvu de rambardes. Il est aussi relativement court, j’arrive donc en haut très rapidement et me retrouve face à une porte en bois noir. Aussitôt que je la franchis et que je pose le pied dans cette nouvelle pièce, des bruits de lutte me parviennent. Un objet tranchant fend l’air – juste sous mon nez – et vient se planter violemment dans le mur. Juste à côté de mon épaule. Je ne peux retenir un cri.

— Evalina ? s’exclame Angie, d’une voix rauque et quelque peu essoufflée. Mais qu’est-ce que tu fous ici ?

Son bras est marqué d’une profonde entaille sanglante. Malgré tout, cela n’a pas l’air de beaucoup le déranger.

— Euh... Je... je te cherchais, balbutié-je, toujours choquée à l’idée que j’aurai pu recevoir cet objet tranchant en pleine tête.

— J’aurais pu te tuer ! s’énerve-t-il. Je t’ai pris pour un autre de ces trénones ! ajoute-t-il avec dégoût, reprenant son arme pour la planter dans la tête d’un nébor au sol.

Celui-ci disparaît en laissant cette fameuse fumée rougeâtre derrière lui. Je m’autorise alors à regarder autour de moi. Je ne suis pas dans n’importe quelle pièce. Tous les instruments de torture possibles et imaginables y ont leur place : cordes, lames tranchantes, torches... Il y a même une vaste collection de fouets. Du plafond pendent de solides chaînes ayant visiblement déjà servi de nombreuses fois, car les pierres sous celles-ci ont pris la couleur du sang séché. Cet endroit est susceptible de donner la nausée à toute personne un peu trop sensible. Moi, par exemple. Je dois me faire violence pour ne pas vomir. Même l’odeur est répugnante. Un mélange de moisi, de vieux relents âcres et d’une odeur métallique nauséabonde.

— Bienvenue dans la salle de torture, murmure Angie.

Elle porte bien son nom. Mais pourquoi est-il ici, alors que les autres se battent en bas ? Certes, il y avait des trénones dans cette pièce, mais il n’a pas besoin de farfouiller dans chaque recoin de l’Imposant pour en trouver. J’estime que tous ceux qui se présentent à nous sont amplement suffisants. Le Leader se dirige jusqu’à un recoin sombre où est amassé tout un tas de cordes. Qu’est-ce qu’il fait, au juste ? Il veut choisir la plus belle corde pour pendre des trénones ?

— Ce ne serait pas une mauvaise idée, ricane-t-il. Mais je ne suis pas venu pour ça.

Avant que je n’aie le temps de le réprimander de nouveau pour s’être permis de lire dans mes pensées, il sort un corps qui se trouvait derrière les cordes en question. Je le reconnais aussitôt. Mon cœur se met à battre plus vite à la simple idée qu’il soit mort, et je me précipite pour m’assurer que ce n’est pas le cas.

— Il ne l’est pas. J’ai réalisé qu’il avait disparu, alors j’ai activé ma localisation psychique et je l’ai trouvé là. Les trénones ont dû le traîner jusqu’ici. Ils montaient la garde. Ils veulent qu’Isaac reste parmi eux, mais j’ignore pourquoi.

— Ta localisation psychique ? répété-je.

Je me penche en même temps sur Isaac et suis soulagée de voir sa poitrine se mouvoir au rythme de sa respiration.

— Je pense très fort à une personne en particulier, et le reste devient flou. La seule chose que je perçois nettement est le chemin que je dois emprunter pour retrouver cette personne, explique-t-il. Ça fait partie de mes pouvoirs.

Je manque de m’étrangler de surprise. Je vois exactement ce qu’il veut dire, puisque c’est le moyen que j’ai employé pour le trouver, lui. Je savais qu’il me mènerait à Isaac. Aurais-je utilisé la localisation psychique ? Je ne peux pas posséder exactement les mêmes pouvoirs qu’Angie. Je ne vois pas comment j’en serais capable. Non, j’ai forcément dû employer un autre moyen très ressemblant.

— Tu vas bien ? s’inquiète Angie.

Mince, il ne faut pas qu’il le sache. Du moins, pas pour le moment. Je ne veux pas avoir affaire à des tonnes de questions.

— Oui ! Je suis simplement soulagée qu’Isaac soit toujours en vie !

Angie ne semble pas vraiment gober ce que je viens de dire, mais il ne me pose aucune autre question. Tant mieux. C’est à moi de lui en poser :

— Pourquoi te soucies-tu d’Isaac ?

— Je ne me soucie pas de lui, se renfrogne-t-il. Je veille juste à ce qu’il ne lui arrive rien, comme je veille à ce qu’il ne t’arrive rien. Alors sortons d’ici, d’autres trénones pourraient arriver.

Il se baisse pour attraper Isaac par les jambes. Je fais de même en saisissant ses bras. Je pensais qu’il serait plus lourd que ça, mais j’avais manifestement oublié à quel point avoir une force plus développée que la normale pouvait se montrer utile. Tout en marchant vers la sortie de cette affreuse salle de torture, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’Angie ne me dit pas tout.

J’ai encore plein de questions en tête, mais le bombarder avec mes interrogations ne servirait à rien d’autre qu’à le faire fuir. Et pour une fois, ça n’est pas mon intention. Je me contente donc de maintenir le corps d’Isaac jusqu’en bas de l’escalier. Les Surnaturels ont pratiquement réussi à se débarrasser de tous les trénones. Je me demande bien où est la Démone. Que fait-elle ? Pourquoi ne vient-elle pas combattre ? Avec tout le boucan que la bagarre a produit, Harmonie aurait dû se montrer. Si elle n’est pas ici, c’est qu’elle prépare autre chose.

— On va le conduire à l’extérieur du château. Tu resteras avec lui, m’ordonne soudain Angie, m’obligeant à mettre un frein à toutes les questions sans réponses qui se bousculent dans ma tête.

Je lui fais signe que je suis d’accord, puis le suis en direction de la grande porte. Tout ça me semble trop facile. Je vais pouvoir m’enfuir, sans plus de résistance ? Et qui plus est, avec Isaac ? Ça ne peut pas être aussi simple. Le poids d’Isaac me paraît soudain beaucoup plus léger. Je croise le regard d’Angie et comprends d’emblée que ce n’est pas qu’une impression. On se retourne d’une traite. Une affreuse créature est en train de tirer le corps d’Isaac vers le haut pour le retenir.

Je n’avais encore jamais vu ce trénone. Il est bien plus gros que les autres races ! Une grande tête, deux longues oreilles pointues comme le diable, une orbite béante en guise d’œil, pas de bouche ni de nez, et un corps de serpent muni de quatre tentacules. Tous ces organes forment un corps rouge et hideux. Mon Dieu, mais quelle est cette créature ? Moi qui pensais avoir fait le tour de tous les trénones !

— Un régèple, m’informe Angie d’un ton très discret. Fais attention, ils sont capables de te briser la nuque d’un simple coup de tentacules. Ce sont les plus dangereux.

Il me fait signe de déposer Isaac au sol. On ne va pas donner à ce... régèple, le soin de rapporter Isaac à sa maîtresse la Démone ! Si ? Je serre les poings de colère et observe avec attention les dagues d’Angie miroiter sous sa veste en cuir noir. Elles semblent m’appeler.

— N’y pense même pas. Tu ne sais pas t’en servir.

Je ne sais pas m’en servir ? Bon, d’accord, effectivement. Mais il n’est jamais trop tard pour apprendre !

— Pourquoi tu ne fais rien contre ce monstre ? Tu n’as qu’à prendre une de tes dagues et te battre !

— Ce n’est pas aussi simple, me contredit-il. Les régèples peuvent se régénérer une bonne dizaine de fois. Pour ce faire, ils absorbent l’énergie que nous utilisons pour les tuer. Par contre, si deux âmes différentes l’attaquent et le tuent dans un même élan, il meurt une bonne fois pour toutes. L’énergie étant doublée, elle lui est fatale.

— Eh bien, je ne suis pas toi. Pas vrai ? Je suis une âme différente ! Tu n’as qu’à me donner une dague, qu’on puisse l’attaquer tous les deux !

— Tu n’es pas assez entraînée pour ça. Il faut pouvoir frapper exactement en même temps.

— Isaac va se retrouver prisonnier des gros tentacules si nous n’intervenons pas !

— J’attends Zéphyr.

— Il combat les derniers monstres restants avec les autres, ça m’étonnerait qu’il sache que tu es en danger !

— Il le sait, me corrige-t-il.

Je soupire de mécontentement.

— Pourquoi n’appelles-tu pas Cassie ? Elle est juste à côté, je suis sûre qu’elle peut nous entendre !

— Cassie ne me sera d’aucune utilité.

Je rêve. À chaque fois que je sors une phrase, il trouve toujours quelque chose à répliquer ! Que ce soit Zéphyr ou bien Cassie, qu’est-ce que cela peut faire ? À moins qu’il n’attende l’Aimant des Surnaturels uniquement pour son bouclier qu’il peut partager.

— Qu’est-ce que tu peux être insupportable, quand tu t’y mets ! soupire-t-il, en se passant une main sur son front. Je n’ai pas besoin de Zéphyr pour son bouclier. Il n’est pas infaillible, surtout face à un régèple. Ce genre de trénone tue sa proie en l’étouffant. Le bouclier de Zéphyr ne peut rien contre ça.

— Alors pourquoi as-tu besoin de lui ? Et comment peut-il savoir que tu es en danger ? Explique-moi !

— Il le sait, s’impatiente Angie. C’est tout.

— Il a raison, Evalina, intervient une voix familière.

Je constate avec surprise que Zéphyr se tient derrière le régèple. Comment a-t-il su qu’Angie avait besoin de lui ? Personne ne l’a prévenu. J’ai l’impression de manquer quelque chose. Quelque chose d’important. Zéphyr lance un coup d’œil au Leader. Ce dernier lui rend son regard avec un geste approbateur de la tête. Dans un même mouvement, ils dégainent une dague et se jettent sur le régèple. Malheureusement, le monstre semble avoir parfaitement compris leur petit jeu. Il disparaît dans un nuage de fumée rougeâtre et réapparaît derrière eux, attrapant les deux garçons par le cou. Ce trénone est capable de se téléporter ? Horrifiée, je suis contrainte d’observer Zéphyr et Angie se faire malmener dans tous les sens par les immondes tentacules du monstre. Il faut que je fasse quelque chose. Mais quoi ? Pourquoi n’ai-je jamais d’idées quand il en faut ? La dague que tenait Zéphyr chute tout à coup au sol. La voilà, la solution ! J’accours vers l’objet en question, mais Angie me crie de ne pas intervenir.

— Ne tente rien ! Tu m’entends ? Ne tente r... rien !

Comment ne rien faire alors qu’il peine déjà à parler ? Le régèple est en train de resserrer son emprise autour de leur cou, et moi, je suis censée attendre ? Tant pis. Ce n’est pas la première fois que je vais désobéir à un ordre. Je franchis la distance qui me séparait de la dague et l’empoigne, sans aucune once d’hésitation. Le contact de l’arme est froid contre ma paume. Je frissonne à l’idée de devoir m’en servir, seulement, je n’ai pas le choix.

— Non ! s’écrient Zéphyr et Angie d’une même voix.

Mais pourquoi sont-ils aussi réticents à ce que je leur sauve la vie ?

— Vous voulez que je reste les bras croisés, à vous regarder souffrir ? Je suis désolée, mais je refuse que quelqu’un d’autre meure à cause de moi !

— Pour une fois, je te demande de me faire confiance, articule Angie d’une voix rauque. S’il te plaît !

Hésitante, je fais passer la dague d’une main à l’autre. C’est la première fois qu’il me demande de lui faire confiance. Peut-être que tout ça était prémédité ? Peut-être qu’il sait exactement ce qu’il fait ? Je suis partagée entre le devoir et la raison.

— Le Deuxième Souffle nous protège. Ne tente rien, insiste-t-il, tirant sur le tentacule qui l’étouffe pour pouvoir reprendre un peu d’air. Promets-le-moi !

Mais avant que je n’aie pu faire ou dire quoi que ce soit, le Leader sort subitement la deuxième dague qu’il gardait sous sa veste et coupe le tentacule qui l’étouffait. Le régèple pousse un cri déchirant. Angie retombe habilement sur ses pieds, les voies respiratoires enfin libérées. Mais Zéphyr n’a pas cette chance. Le monstre resserre son emprise autour de son cou, et je constate avec effroi que son visage passe au rouge vermillon. Angie se précipite vers moi et arrache la dague que je gardais entre mes mains. Il la jette à Zéphyr, qui l’attrape au vol. Alors les deux garçons balancent leur dague dans une parfaite synchronisation. Le régèple hurle d’un cri strident, puis commence à se rapetisser. Mais il ne desserre pas son emprise. Il la maintient jusqu’au bout.

Après d’interminables secondes, ses tentacules disparaissent enfin. Zéphyr s’écroule sur le sol en marbre noir. Affolée, je me précipite vers lui pour l’aider à se relever, mais il ne bouge plus. Prise d’une angoisse sans nom, je me penche pour coller mon oreille contre son torse. Je n’entends et ne sens rien. Je reste ainsi durant plusieurs secondes, la tête collée sur sa poitrine. Pas un seul battement de cœur. Rien. Je secoue la tête. Ça ne peut pas être possible, je refuse d’y croire. Pourquoi Angie ne dit-il rien ? Je me relève, angoissée, le cherchant du regard. Il a l’air de tenir énormément à Zéphyr, comme un meilleur ami. Ce n’est pas normal qu’il ne soit pas déjà présent pour s’enquérir de son état ! Et puis des toussotements rauques se font entendre. Seulement, ils ne proviennent pas de l’Aimant des Surnaturels. Je baisse mon regard sur le sol. Isaac est toujours dans le coma. Mais plus loin... Angie ! Il est allongé, une main à la gorge. Ce dernier ne cesse de tousser pour tenter de libérer ses voies respiratoires. Je ne comprends pas. Il a pourtant réussi à s’en sortir avant que le monstre n’aille trop loin... Non ? Pourquoi se met-il à tousser maintenant ? Ni une ni deux, je me précipite jusqu’à lui et m’agenouille à ses côtés. Sa respiration est affolée, irrégulière.

— Angie ? Qu’est-ce que je peux faire ? m’écrié-je, totalement paniquée.

— Rien, me répond-il entre deux raclements de gorge.

Comment ça, rien ? Il tente de me dire quelque chose d’autre, mais échoue. Sa respiration ne devient plus qu’un faible murmure. Sa tête retombe sur le sol et ses yeux se ferment. Ses forces l’abandonnent petit à petit. Je l’observe, avec horreur, rendre son dernier souffle. Puis plus rien. Rien que le silence atroce et pesant. Seul le bruit des autres Surnaturels combattant le reste des trénones me parvient. Je pose une main sur le torse d’Angie en espérant ressentir les battements de son cœur. Mais il reste immobile. Il semble si paisible, allongé comme ça. Je lui écarte quelques mèches blondes qui lui couvrent les yeux. Ouvre-les, ouvre-les, ouvre-les ! le supplié-je intérieurement. Je veux revoir ses yeux aigue-marine. Je veux entendre le son de sa voix, aussi autoritaire soit-elle. Je veux qu’il se réveille ! Les larmes commencent à me piquer les yeux. Je les laisse couler. Qu’est-ce que j’aimerais qu’il se réveille et qu’il me crie dessus pour avoir taché son tee-shirt de mes larmes ! Ouvre les yeux ! Je prends sa tête entre mes mains et pose mon front contre le sien, continuant à l’implorer silencieusement. Peut-être m’entendra-t-il par la pensée ? Mais rien ne vient perturber cet affreux silence. Je suis frappée par la fraîcheur soudaine de sa peau. Il est si froid... De nouveaux sanglots me secouent. Je suis en plein cauchemar… Zéphyr et Angie ne peuvent pas mourir comme ça !

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