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Chapitre 15Terrible message

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:56:48
Chapitre 15Terrible message

Tout est noir. L’obscurité enveloppe chaque recoin de la pièce. Je ne vois rien. Je suis perdue. Personne ne viendra me sauver. Il ne me reste plus qu’à attendre la mort imminente. Elle est là, tapie dans l’un des recoins sombres. Elle n’attend plus que moi. Seulement, je ne suis pas encore prête. Je ressens la faim, le froid, la fatigue, et ce vide abyssal qui ne me quitte plus. Je ne veux pas partir. J’ignore pourquoi… L’espoir ? Je n’ai pourtant plus rien à attendre de cette misérable vie qu’est la mienne. Il ne me reste plus rien. Plus rien auquel je puisse me raccrocher. Et soudain, un cri. Sortis de nulle part, mais bel et bien là. Un cri déchirant, reflétant une douleur si grande, si épouvantable. Le cri d’une jeune fille. Plus précisément, d’une jeune fille de treize ans que je ne connais que trop bien.

— Tessia ! crié-je, à m’en déchirer les poumons.

Rien. Rien que ce hurlement déchirant. J’aimerais tant me relever et courir jusqu’à la source du cri ! Mais je ne peux pas bouger. C’est au-dessus de mes forces. Je suis comme engourdie, incapable de faire autre chose que d’écouter. Et brutalement, le sol se met à pencher. Je ne peux rien faire, si ce n’est en suivre l’inclinaison et glisser. Je me sens tomber, sans doute vers la mort. Celle qui m’attendait dans l’un des recoins sombres de la pièce et qui, finalement, a décidé de sortir et de m’attendre à l’extrémité de ce toboggan sans fin. Elle absorbe tout avec elle, ma lueur d’espoir avec.

J’ouvre les yeux et me lève d’un bond. Un cauchemar. Ce n’était qu’un affreux cauchemar, rien de plus ! Je suis dans ma chambre. Il est 10 h 50. J’espère que je n’ai pas véritablement crié dans mon sommeil. À en voir l’état de mes draps tout froissés et de mes oreillers éparpillés par terre, cela ne m’étonnerait pas qu’un son se soit échappé de mes cordes vocales sans mon autorisation.

Je suis en sueur, les cheveux en pétard et toujours habillée. En effet, après être ressortie de la Chronosée, je suis montée directement dans ma chambre avec le journal. Et je crois que je me suis endormie avant d’avoir eu la force de réfléchir à tout ce que j’ai pu découvrir hier soir. J’aurais bien besoin d’une bonne douche. C’est ainsi que je me retrouve sous l’eau chaude, à penser à cet écriteau doré qui refuse de quitter mon esprit. Evalina, première Gémone... qu’est-ce que ça signifie ? Tout ce dont je suis au courant pour l’instant, c’est qu’Evalina est la sœur jumelle d’Eléana, et que cette fille porte le même prénom que moi. Ce n’est peut-être qu’un hasard, mais quand même ! Ce prénom n’est pas si courant que ça. Savoir que la jumelle d’Eléana le portait également ne peut pas être qu’une simple coïncidence. Et il y a aussi ce terme, « Gémone », qui m’intrigue. Qu’est-ce qu’il veut dire ?

Eléana est la première Démone, et même si je ne sais pas très bien ce que cela signifie, je peux tout de même deviner que cela à un rapport avec le démon. Cette femme paraît froide et pleine de mauvaises intentions, comme un démon sorti tout droit des Enfers. Mais le terme de gémon ? Je n’en ai jamais entendu parler. Peut-être est-ce un mélange d’ange et de démon ? Peu importe le temps que cela prendra, je découvrirai le fin mot de l’histoire. Il suffit de persévérer et, si possible, de se raccrocher au moindre détail. Comme le journal d’Eléana.

Lorsque je pose un pied à l’extérieur de la douche, d’autres questions viennent me titiller le cerveau. Par exemple, à qui faisait allusion Angie lorsqu’il m’a dit que je ressemblais beaucoup à une certaine personne ? Faisait-il allusion à la première Gémone ? Je porte peut-être le même prénom qu’elle, mais si les statues sont un parfait reflet de ce qu’elles étaient, alors je ne lui ressemble pas du tout.

Je soupire et sors de la salle de bains à la recherche de vêtements propres. Slim et débardeur noir feront l’affaire. Je les enfile et jette un regard sur le lit, une vague de panique commençant à poindre lorsque je constate que le journal ne s’y trouve plus. Mes yeux s’attardent alors au sol, et c’est avec un immense soulagement que je retrouve le petit carnet verni de noir. Il a sûrement dû tomber lorsque je me suis endormie avec. Je grimpe sur le lit et m’y installe confortablement, fixant avec attention la couverture du journal d’Eléana. Celle-ci ne comporte aucune touche de fantaisie. Pas même un titre, un mot, ou bien une unique lettre. Absolument rien. Eléana devait être une personne particulièrement simple, mais tordue. Je l’ouvre et me replonge dans ma lecture.

« Cher Journal. Aujourd’hui n’est pas un jour spécial. C’est un jour comme les autres. Ma chère sœur se lève de son grand lit à baldaquin, et c’est toute sa ribambelle de Surnaturels qu’elle a créés qui accourt vers elle pour s’assurer qu’elle n’a besoin de rien. Pathétique. »

Evalina, la première Gémone, a créé les Surnaturels ? Alors le journal que j’ai entre les mains me raconte bel et bien le commencement ! C’est si excitant que je réalise à peine ce que je suis en train de lire.

« Moi, dans tout ça ? Je me contente d’observer cette scène quotidienne. Ma sœur se faisant servir comme une reine dès le petit-déjeuner, ma sœur se faisant escorter de la salle à manger jusque dans sa chambre, ma sœur se faisant coiffer, habiller, maquiller. Ma sœur faisant ses beaux discours à son peuple, ma sœur recevant les meilleurs soins possible dès qu’une goutte de sueur perle sur son front, j’en passe et des meilleures. Oui, tout ça est vraiment pathétique. Elle se prend pour une reine, mais qui lui a dit que son rôle était d’en être une ? Elle a créé ce royaume. Elle a créé les monels, les gardes, le Majestueux, ainsi que les huit Surnaturels chargés de subvenir aux besoins du peuple lorsqu’elle part en voyage. Mais elle aurait dû s’arrêter là ! Comble de malheur, il a fallu que ma sœur soit capricieuse et s’attribue le rôle de reine. Mais pire encore, il a fallu qu’elle soit égoïste ! Elle se sentait tellement seule qu’elle a ressenti un besoin inexplicable de se créer une sœur. Une jumelle. Elle n’a pas pris soin de se mettre à ma place. Elle n’a pas pris une seconde pour s’imaginer ce que j’allais ressentir ! Je ne suis qu’une de ses créations parmi tant d’autres. Une création ne vivant que pour subvenir à ses besoins. Et rien de plus. »

Je referme le journal d’un coup sec. Eléana a été créée par Evalina ? J’ai du mal à suivre. Il semble que la première Gémone ait tout créé. Du royaume de Réturis jusqu’aux monels qui y vivent, en passant par les Surnaturels et le Majestueux. Quel genre de personne était-elle pour parvenir à de telles choses ? Elle pouvait faire absolument tout ce qu’elle voulait ! J’ai du mal à croire ce que je suis en train de lire. Je meurs d’envie d’apprendre ce qui a bien pu se passer. Eléana décrit les Surnaturels comme des personnes chargées de subvenir aux besoins des monels durant l’absence de sa sœur. Mais aujourd’hui, leur rôle est de défendre Réturis au péril de leur vie. Il y a une sacrée différence. Tout cela m’intrigue tellement que je ne peux finalement pas m’empêcher de rouvrir le journal et de poursuivre.

« Oui, je suis jalouse. Oui, je suis en colère. Jalouse de ce que ma sœur possède et que je n’aurai jamais. En colère de ne pas être née comme elle. Moi, je ne viens que de son pouvoir de création. Elle, elle provient du mélange entre une flamme antique de l’ange et une du démon. Pourquoi ne suis-je pas née comme ma sœur ? Je serais tellement plus heureuse avec le pouvoir de créer tout ce qui me passe par la tête ! Pour commencer, je la supprimerais de ma vie. Non ! Rectification, je la supprimerais du royaume entier ! Elle retournerait dans son néant de flammes et me laisserait tranquille ! J’aurais enfin la paix. Je pourrais avoir tout ce que je désire, par la seule force de mes pensées. Et contrairement à elle, je ne ferai pas preuve d’égoïsme. Se créer une sœur, simplement pour le besoin de compagnie ? Sans même penser à ce que la personne créée ressentira lorsqu’elle saura pourquoi elle est née ? Je suis là pour répondre aux stupides besoins d’une fille capricieuse ! Et cela me tue rien que d’y penser. »

Soudainement, je comprends un peu mieux le ressenti qu’avait Eléana envers sa sœur. Pourtant, si elle vit dans le Majestueux et qu’elle a de quoi se nourrir et s’habiller, c’est qu’elle ne doit pas être si malheureuse que ça. Si ? Après tout, elle aurait très bien pu être une esclave au service d’Evalina. Même si je doute que cette dernière ait eu envie de créer des esclaves. Ça n’a pas l’air d’être son genre. D’ailleurs, en parlant d’elle, j’en oublie presque le principal. Sa naissance. Elle provient de deux flammes antiques : celle de l’ange et celle du démon. Ces deux flammes se sont mélangées pour lui donner vie... Je n’avais jamais entendu parler de naissance aussi étrange que celle-ci ! En revanche, ça n’a pas l’air de choquer Eléana plus que cela. Elle aurait même voulu être née comme sa sœur ! Certes, avoir le pouvoir de tout créer doit être particulièrement agréable, et savoir que sa propre sœur jumelle le possède doit être terriblement frustrant. Mais je n’ai pas le droit de trouver des excuses au comportement malveillant d’Eléana. Cette fille veut quand même définitivement supprimer sa sœur jumelle ! Mais peut-être puis-je espérer qu’elle revienne sur sa décision… Je tourne la page.

« Demain sera un jour spécial. Ma sœur est peut-être égoïste, mais elle est aussi vraiment stupide. Elle culpabilise de m’avoir créé pour son simple intérêt. Elle ne cesse de me répéter que je suis bien plus qu’une création, que je suis sa véritable sœur jumelle et qu’elle tient à moi plus qu’à n’importe qui dans l’univers. Un jour, elle a fait la bêtise de me dire qu’elle était prête à tout pour se racheter. Cette phrase est restée encrée en lettres d’or dans mon esprit. Et une idée en a germé. Demain, je me rendrai à la Colombe. Je gravirai les marches qui mènent jusqu’en haut afin d’avoir une vue imprenable sur la grande statue. Et je me jetterai du haut de ces marches. Une soixantaine de mètres de haut, c’est assez pour mourir ? Si ma sœur tient réellement à moi, elle me rattrapera. Sinon, je mourrai. Je place ma vie entre ses mains. Si mon plan fonctionne et qu’elle me rattrape, je survivrai. Ma sœur s’effondrera en larmes, horrifiée de me savoir si désespérée au point de vouloir me suicider. Et je pourrais alors lui demander tout ce que je veux. Je vais pouvoir la supplier de me créer un pouvoir. N’importe lequel, mais un pouvoir qui fasse de moi quelqu’un de spécial. Comme elle ! Je ne serais plus invisible. Elle cédera à ma requête, j’en suis persuadée. Pour la simple et bonne raison que sa culpabilité est sa plus grande faiblesse. Elle pensera s’être rachetée. Et moi, j’aurais obtenu ce que je convoite. Ma vengeance pourra alors commencer. »

Tout compte fait, je retire ce que j’ai dit. Cette fille ne veut vraiment pas faire machine arrière. Elle est quand même prête à se suicider pour obtenir ce qu’elle veut ! Elle met sa vie entre les mains de sa sœur et n’a pas la moindre certitude sur le fait de continuer à vivre ou de mourir. Elle est très vicieuse. Qui mettrait en place un tel plan pour parvenir à ses fins ? Malgré ce que je viens de lire, j’ai tout de même l’espoir qu’elle n’ait pas vraiment tenté un truc pareil. Il ne me reste plus qu’à tourner la page pour le savoir...

— Evalina ?

Je sursaute et manque de tomber de mon lit. Je lève la tête et m’apprête à crier, lorsque je croise le regard apeuré d’un petit garçon.

— Ethan ? Je ne t’avais pas demandé de frapper, hier ? lui rappelé-je.

— Je sais, mais Sean il a dit que les pâtes du petit-déjeuner elles allaient pondre des œufs de serpent dans mon ventre quand je les aurais mangées ! Mais il m’a dit ça quand j’ai fini mon assiette. Tu crois que des bébés serpents ils mangent ce qu’il y a dans mon ventre, maintenant ? me demande-t-il, l’air véritablement bouleversé.

— Sean t’a dit ça ? rigolé-je. Tu sais bien qu’il ne faut surtout pas l’écouter, c’est l’Hilarant des Surnaturels. Et qui dit Hilarant, dit blague de ce genre-là !

— Mais t’es vraiment sûre qu’il n’y a pas des bébés serpents dans mon ventre ? répète-t-il, d’une voix si attendrissante que je ne cède pas à l’envie de l’inviter à s’asseoir sur mes genoux.

Il s’y précipite aussitôt. Comme à son habitude, il prend une mèche de mes cheveux et tente tant bien que mal d’en faire une tresse. Son regard furète à travers la pièce et finit par se poser sur le journal à mes côtés.

— C’est quoi ? me demande-t-il en voulant le prendre dans ses mains.

Je l’en empêche et le referme d’un coup sec. J’espère qu’il n’a rien vu. De toute façon, il ne sait pas encore lire.

— Ce n’est rien. C’est juste un livre.

— Un livre ? Mais il n’y avait rien de marqué du tout ! Comment tu fais pour lire des pages blanches ?

— Des pages blanches ?

Je reprends aussitôt le journal et l’ouvre à nouveau, lui montrant du doigt les mots d’Eléana gravés à l’encre noire.

— Dis-moi ce que tu vois, Ethan.

— Ben... je ne vois rien du tout ! Pourquoi, tu vois quelque chose, toi ?

— Absolument rien ! m’empressé-je de répondre. Je m’imagine simplement des histoires à partir de ce livre vide.

— Tu fais des choses bizarres, rigole-t-il. Pourquoi tu ne vas pas plutôt t’entraîner à la Colombe avec les autres ?

— Je n’ai pas trop la tête à m’entraîner en ce moment.

Je préfère rester toute seule dans ma chambre plutôt que d’apprendre à me battre pour un royaume que je ne connais pas. C’est bien beau d’avoir fait appel à moi pour être leur renfort, mais je ne suis pas sûre d’être celle dont tout le monde rêve. Angie s’est peut-être montré assez sympathique avec moi hier soir, mais je suis sûre qu’au fond, il souhaite me voir partir. Et il ne doit pas être le seul.

— Allez, s’il te plaît ! me supplie Ethan. Je t’ai jamais vu te battre !

— C’est parce que je n’ai jamais essayé.

— Je suis sûr que tu sais même pas donner des coups de poing ! Je suis sûr que tu te bats comme une fille !

— Ethan, je suis une fille.

— Bah je suis sûr que tu sais même pas où se trouve la Colombe ! réplique-t-il en m’offrant une grimace.

Ce gamin est intelligent. Il fait tout pour que je lui prouve qu’il a tort, et par conséquent, que je me rende à la Colombe afin de m’entraîner. Je suis persuadée qu’un peu plus grand, il deviendra très malin. Et manipulateur à ses heures perdues. Cependant, il n’a pas tort. J’ai besoin de me changer les idées et de voir du monde. « Il faut que tu arrêtes de te morfondre dans ton coin », m’avait dit Angie. C’est décidé. Un peu de changement me fera le plus grand bien ! Et puis, je ne vais pas rester dans ma chambre pour l’éternité.

— D’accord, accepté-je, je viens avec toi.

— Youpi !

Il descend de mes genoux et accourt jusqu’à la porte aussi vite que ses jambes le lui permettent. Il sort de la chambre en regardant derrière lui, au cas où je me serais soudainement ravisée. Et c’est seulement après quelques petites minutes de marche que je constate que j’ai toujours le journal dans les mains. Je ne peux pas rebrousser chemin pour aller le reposer, je suis presque arrivée à la Colombe. J’ai des poches, et le carnet est assez petit pour y rentrer. Autant qu’elles servent à quelque chose. Je le fourre dans l’une d’entre elles et recouvre la partie qui dépasse avec mon débardeur. Ni vu ni connu. Ethan s’apprête à faire coulisser la porte rouge de la Colombe, mais il n’en a pas le temps. Une alarme stridente retentit. Comme un bruit de klaxon, mais en beaucoup plus fort. C’est l’alarme indiquant l’arrivée des trénones, je la reconnaîtrais entre mille ! Ces monstrueuses créatures sont ici ! J’ignorais qu’ils pouvaient entrer dans le Majestueux, je le pensais sécurisé ! Ethan est pétrifié sur place. Il doit probablement assimiler ce bruit au jour de la mort de sa mère. Je ne sais pas combien de temps il nous reste avant qu’ils n’arrivent, mais il faut vite que je le mette en sécurité.

— Écoute-moi bien, Ethan. Tu vas entrer dans la Colombe et aller retrouver les autres. Tu ne sors sous aucun prétexte ! lui ordonné-je.

— Mais, mais tu vas faire quoi ? pleurniche-t-il lorsque je le pousse à l’intérieur de la salle.

— Récupérer quelque chose.

Je rebrousse chemin et cours à travers les couloirs du château. Ma montre. Il me faut ma montre. Si les trénones ont réussi à entrer dans le Majestueux, ils vont tout saccager sur leur passage. Et j’aimerais autant garder le dernier souvenir qu’il me reste de mes parents. Je m’en voudrais toute ma vie de ne pas être allée la récupérer alors que j’en avais l’occasion ! Je dévale les escaliers comme une furie et m’apprête à gravir celui qui mène aux dortoirs lorsqu’une voix m’arrête soudainement sur ma lancée.

— Evalina, où vas-tu ? me crie Apolline.

Cette dernière m’apostrophe depuis la porte d’entrée du Majestueux. Que fait-elle ici ? Ne devrait-elle pas être avec les autres à la Colombe ? Elle va vouloir m’empêcher d’aller récupérer ma montre ! Ce que je peux tout à fait concevoir, mais j’en ai besoin. Je refuse que le dernier souvenir qu’il me reste de ma famille soit perdu à jamais.

— Qu’est-ce que tu fiches à rester plantée là ? s’écrie-t-elle. Bouge-toi, les trénones nous attaquent !

— Je dois aller chercher quelque chose d’important, je n’en ai pas pour longtemps !

— Tu ne vas rien chercher du tout. Les trénones nous attaquent, Evalina ! Il faut fuir d’ici au plus vite ! dit-elle en m’empoignant par le bras.

Elle a raison, c’est vrai. C’est stupide de courir un tel risque simplement pour récupérer cette montre. Entre perdre la vie ou être rongée par les regrets de n’avoir pas pu récupérer mon bijou, je préfère tout de même la deuxième option.

— Où allons-nous, alors ?

— Je te l’ai dit, on fuit la menace ! Alors sortons du Majestueux, et plus vite que ça ! aboie-t-elle en me traînant vers la sortie du château.

Je m’arrête net. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Je ne connais pas très bien Apolline, mais je sais que jamais elle ne me crierait dessus de cette façon.

— Attends une seconde, dis-je. Depuis quand les Surnaturels fuient-ils la menace ? Nous ne sommes pas censés contre-attaquer, plutôt ?

— Ce n’est vraiment pas le moment de poser des questions ! Avance !

— Mais j...

Je n’ai pas le temps de continuer ma phrase qu’une dague fend l’air avec une extrême précision jusqu’au cœur de la Talentueuse. Je pousse un cri d’horreur en regardant son corps tomber au sol. Elle est morte ? Je me retourne d’une traite, la rage bouillonnant au fond de moi. Et cette dernière se mue en confusion la plus totale lorsque mes yeux se posent sur l’individu juste en face de moi. Angie.

— Mais qu’est-ce que t’as fait ? m’écrié-je.

— On se calme. Au lieu de t’énerver contre moi, tu devrais plutôt regarder en quoi se transforme notre chère Apolline.

Je baisse les yeux et constate que le corps de la Talentueuse a disparu. À la place se trouve un monstre entièrement fait de fils électriques. Ses yeux ressemblent à deux grosses loupes, et sa bouche, à une fermeture éclair. C’est quoi cette horreur ?

— C’est un nébor, me répond Angie.

Je crois qu’il sait très bien ce que j’allais dire, car il ne me laisse pas le temps de répliquer et continue :

— Ce n’est pas le moment pour piquer une de tes petites crises sur le fait que je m’autorise à lire dans tes pensées quand j’en ai l’occasion. Il faut que je t’emmène en lieu sûr. Viens, m’ordonne-t-il en m’attrapant de force par le bras.

Je me vois donc dans l’obligation de me taire et de le suivre. Mon esprit, en revanche, est en parfaite ébullition. Je suivais Apolline, puis Angie l’a tué, et un nébor s’est retrouvé à la place du corps de la Talentueuse. Et comme si je n’en avais pas assez eu pour la journée, voilà que le Leader me pousse dans une salle à proximité sans se donner la peine de me prévenir. Si bien que je me retrouve les fesses par terre, la rage brûlant jusqu’au plus profond de moi. Et que fait ce charmant Angie ? Il me regarde et me balance une phrase bien à lui :

— T’attends qu’il neige ou quoi ? Relève-toi, on n’est pas là pour bronzer !

Charmant. Je crois qu’il ne connaît ni le sens ni la signification du mot galanterie. Zéphyr, lui, m’aurait tendu la main.

— Et je ne suis pas Zéphyr.

— J’en ai plus que marre que tu lises dans mes pensées ! explosé-je, tout en me relevant. Tu ne peux pas arrêter ça ?

— Désolé, c’est plus fort que moi, dit-il d’un ton moqueur.

— C’est ça, rigole. Tu imagines, si moi, je pouvais lire dans les tiennes ?

— Justement, tu ne peux pas, réplique-t-il du même ton. Donc non. Je n’imagine pas.

Il m’exaspère… Du calme, Evalina. Je respire profondément et tente de penser à autre chose, avant de me souvenir in extremis que c’est justement ce que je dois à tout prix éviter de faire. Avec Angie dans les parages, mieux vaut ne pas penser.

— Où est-ce qu’on est ? lui demandé-je, tout en parcourant la pièce du regard.

— Dans la Galerie. C’est ici que tu as fait la connaissance de tous les Surnaturels.

Maintenant qu’il le dit, je m’en souviens. Certains jouaient même aux cartes. À y regarder de plus près, cette pièce pourrait s’apparenter à une médiathèque.

— Une médiathèque ?

Je serre les poings. Et comme si je n’étais déjà pas assez énervée comme ça, voilà que je me mets à ressentir de nouveau ces picotements étranges dans ma tête.

— Laisse tomber et dis-moi plutôt ce qu’on fiche ici ! Je suppose qu’on n’est pas là pour s’amuser, dis-je sur un ton ironique.

— D’autres trénones arrivaient, je devais te mettre en sécurité. La reine m’a chargé de veiller sur toi, alors je n’allais pas te laisser seule. J’ai chargé Edden de se rendre sur le lieu où j’ai vu les trénones. À cette heure-ci, ils doivent être morts.

— Après les désaltras et les cignons, voilà que les nébors apparaissent, soupiré-je. Qu’est-ce que c’est, au juste ?

— Des trénones qui peuvent prendre l’apparence de n’importe qui, m’explique-t-il. Ce sont les seuls qui sont capables de parler et de penser. Ils sont très intelligents.

— Je croyais que tous les trénones en étaient capables ?

Le Leader soupire tout en me jetant un regard de mépris.

— Seulement les nébors. Et c’est là que mon pouvoir est utile, rétorque-t-il en appuyant sur le dernier mot. J’ai capté les pensées de celui qui a pris l’apparence d’Apolline, c’est comme ça que j’ai su que ce n’était pas elle. Et de toute façon, elle était encore à la Colombe quand l’alarme a retenti.

Je fais abstraction de son mauvais ton et le questionne à nouveau :

— À quoi pensait-il ?

— Il voulait t’entraîner à l’extérieur du Majestueux afin de te retenir en captivité quelque part.

Il a prononcé cette phrase avec un sang-froid si remarquable qu’il donnerait presque l’impression de se moquer complètement de mon sort. Pourquoi les trénones voudraient-ils m’enlever ? En quoi puis-je leur être utile ?

— Si ces monstres veulent me kidnapper, c’est qu’ils doivent forcément attendre quelque chose de moi. L’autre jour, ils ne voulaient même pas me faire de mal !

— Qu’est-ce qui te fais dire ça ? me demande-t-il, attrapant au passage une chaise afin de s’y s’asseoir.

— Ils ne cessaient de se jeter sur Emilie et ne faisaient pas attention à moi ! Je me suis interposée dans la bataille pour en être sûre...

— Tu t’es interposée ? me coupe Angie, furibond. T’es folle ou quoi ? Tu aurais très bien pu y perdre la vie !

— Oui, mais comme tu peux le constater, je suis toujours là ! Les trénones ne pouvaient plus faire de mal à Emilie parce que je me tenais devant elle. Ils n’osaient pas me toucher, c’était comme s’ils refusaient de me blesser !

Les yeux du Leader cessent de me dévisager et viennent se poser brièvement sur le sol dallé de noir et de blanc. Il me cache quelque chose. Et quoi que cela puisse être, je n’ai pas intérêt à le lui demander, sinon je sens qu’il va encore s’énerver. J’ai quasiment réussi à ne pas entamer de disputes avec lui aujourd’hui, alors je ne tiens pas à gâcher cela.

Je me surprends à repenser à ce que m’avait dit Zéphyr, lorsque lui et moi avions parlé d’Angie dans le Jardin Abyssal. Il m’avait dit que ce dernier pouvait paraître froid aux premiers abords mais sympathique lorsqu’on le connaissait mieux. Et que s’il se montrait distant, c’était qu’il avait ses raisons.

— Qu’est-ce que tu faisais en plein milieu du hall, quand l’alarme a retenti ? me demande-t-il soudainement.

— J’étais partie chercher ma montre. C’est le seul souvenir qu’il me reste de mes parents, m’empressé-je de rajouter.

Je ne sais pas pourquoi je lui raconte ça. Il va sans doute me trouver ridicule d’attacher autant d’importance à un simple petit objet.

— Ça n’a rien de ridicule.

Alors que je m’attendais à une moquerie de sa part, il n’en est rien du tout. Il me donne raison. Et ça ne peut vouloir signifier qu’une seule chose... Je dois lui poser la question pour en avoir le cœur net. La curiosité est un de mes plus vilains défauts.

— Tu les as perdus, toi aussi ?

Il relève aussitôt sa tête et plante son regard dans le mien. Il me fait peur quand il fait ça. Peut-être que je n’aurais pas dû aborder le sujet qui fâche. Je me demande ce qu’il pense de moi. Il me regarde, me scrute de la tête aux pieds, et ça me met mal à l’aise. Après plusieurs secondes de silence, il cligne des yeux puis se décide à prononcer la phrase à laquelle je m’attendais :

— Il y a quatre ans. Et je n’ai pas envie d’en parler, ajoute-t-il sèchement.

J’ai au moins obtenu la réponse que je voulais. Même si malheureusement, ce n’est ni aujourd’hui, ni demain, ni dans les prochains jours qui suivront qu’il m’en dira davantage. Et j’ai de nouveau plein de questions qui viennent s’ajouter à la longue liste. Comment a-t-il perdu ses parents ? Pourquoi refuse-t-il à ce point d’en parler ? Comment s’est-il fait la cicatrice qui zèbre son œil gauche ? Je fronce les sourcils. Cette question n’a rien à voir avec les autres, mais je ne peux pas m’empêcher de me la poser à chaque fois que je croise son regard.

— Pourquoi les trénones nous attaquent-ils ? le questionné-je, afin de changer de sujet.

— Ils savent qu’ils n’ont aucune chance de se rendre dans la Crypte pour nous voler nos pouvoirs. Je pense que s’ils nous ont attaqués, c’était uniquement pour faire diversion pendant qu’ils t’emmenaient ailleurs, réfléchit-il. Heureusement, j’ai ruiné leur plan. Maintenant, ils sont sans doute à ta recherche. C’est pour ça que je dois te garder ici jusqu’à ce que les autres en viennent à bout.

— Ils risquent donc leur vie pour moi ? résumé-je. Je n’aime pas ça du tout…

— Peut-être, mais tu n’as pas ton mot à dire. Les autres ne font que leur...

Il n’a pas le temps de finir sa phrase qu’un bruit sourd retentit dans toute la pièce. Je tourne la tête pour me trouver nez à nez avec un nébor. Il vient de faire exploser la porte avec l’électricité circulant dans son corps. Je recule d’un bond. Ces monstres sont donc capables d’envoyer une importante décharge électrique n’importe où ? Est-ce que quelqu’un sait comment on tue ces choses-là ? Angie sort une dague de sous sa veste en cuir, et avec la rapidité d’un Surnaturel, tranche la tête du nébor. J’en conclus que pour les voir morts, il faut donc les sectionner en deux. C’est dégoûtant. Un nouveau mouvement attire mon attention. Il n’y a pas qu’un seul nébor dans cette pièce ! Le premier a dû se sacrifier pour permettre aux deux autres de rentrer et nous prendre par surprise !

— Derrière toi ! m’écrié-je.

Malheureusement, ma vivacité d’esprit n’a pas été assez rapide. Le premier nébor s’est déjà précipité pour prendre la dague que sort Angie, pendant que le second l’électrocute sauvagement. À ma grande surprise, le Leader se relève sans difficulté. Désarmé, il commence malgré tout à distribuer des coups de poing et des coups de pied çà et là. Moi, je me contente de regarder. Inutile de me lancer dans la bataille, je ne ferais que le gêner. Je suis si impressionnée par sa technique que je n’ai pas remarqué la présence d’un troisième nébor à mes côtés. Celui-ci m’envoie une si violente décharge électrique que je m’écroule au sol, sous le choc. J’entends Angie crier mon prénom, puis je le vois récupérer sa dague afin de la lancer avec une extrême précision sur le nébor à mes côtés. Ce dernier l’évite et m’envoie une nouvelle salve électrique, moins forte que la première, mais suffisante pour que je me retrouve à demi consciente.

— Avance encore d’un pas et je la tue, prononce le nébor d’une voix désagréablement robotique.

— Tu bluffes, rétorque Angie. Tu ne peux pas la tuer, Harmonie a besoin d’elle vivante.

— Vrai, affirme le monstre. Nous ne sommes ici que pour transmettre un message. Tu as pour obligation de le délivrer à Evalina lorsqu’elle se réveillera.

— Grouille-toi ou bien je te tranche la tête ! le menace Angie.

Un silence de quelques secondes s’installe, dans lequel je lutte de toutes mes forces pour ne pas perdre connaissance. Je ne veux pas que l’on me transmette le message. Je veux l’entendre de mes propres oreilles.

— Evalina devra nous rejoindre tôt ou tard, ou Tessia en paiera le prix, déclare le monstre.

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Surnaturels #1Mystères Partie1   Les plumes de l'imaginaire Découvrez encore plus d’ouvrages inceptionnels surwww.inceptioeditions.comet suivez-nous sur les réseaux sociaux!

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Surnaturels #1Mystères Partie1   Retrouvez Bientot surnaturels

Retrouvez Bientot Surnaturels#1Mysteres Partie2 www.inceptioeditions.com

Surnaturels #1Mystères Partie1   Remerciements

RemerciementsAutant l’écriture en elle-même ne m’a jamais posé de problèmes, autant les remerciements me donnent un aperçu du syndrome de la page blanche. Beaucoup de personnes à remercier, tellement de choix dans la manière de procéder, et pourtant si peu d’assurance quand il s’agit d’organiser le tout. Au risque de pondre un pavé, je vais m’en tenir au format de ce livre et séparer les remerciements en deux. Si je ne cite pas tout le monde ici, c’est donc normal. Après tout, ceci n’est que la moitié du tome 1.Je tiens pour commencer à remercier Guillaume et Ophélie, sans qui mon rêve n’aurait pas pu se réaliser. Vous avez su transformer une histoire écrite à mes 15 ans en un projet digne du papier, digne de vous, digne de cette maison d’édition inceptionnelle et de cette équipe véritablement incroyable. Merci d’avoir supporté le mauvais caractère d’Angie et la naïveté d’Evalina. Merci pour ce boulot de dingue que vous fournissez jour et nuit.Merci à Anne, mon synonyme contrai

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 43Etats d'ame

Chapitre 43Etats d'ameAngie est le premier à demander des explications. J’entends sa voix, mais je suis incapable de me concentrer sur ce qu’il dit. Les seuls mots qui résonnent dans ma tête sont ceux de Zéphyr. Il n’a pas dit que Cassie et Tessia étaient revenues. Il a seulement dit Cassie. Ma poitrine me fait mal. Mon corps se met à trembler de lui-même. Je ne me sens pas bien. Ma gorge est serrée. Je n’arrive plus à distinguer clairement mon entourage. Mon cœur bat trop vite. J’essaie de prendre une profonde inspiration et d’expirer calmement, mais j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer. Tessia n’est pas revenue. Je recule et heurte la paroi du tunnel. J’ai la sensation qu’on est en train de jouer avec mon cœur. Qu’il résiste tant bien que mal, mais qu’il suffirait qu’on le crève encore un peu plus pour le voir perdre la partie. Je ne me sens plus capable d’agir comme si ce n’était pas grave. Comme si je pouvais encore attendre, alors que ma sœur est la seule famille qu’i

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 42Perte de controle

Chapitre 42Perte de controle— Je savais que je te trouverais ici.— Je n’ai pas cherché à me défiler.Zéphyr esquisse un sourire et s’engouffre dans l’espace sombre et bleuté du Jardin Abyssal. Il jette un rapide coup d’œil à l’aquarium, puis il me rejoint sur le canapé. Il se laisse tomber contre la matière moelleuse et pose ses avant-bras sur ses genoux, les mains croisées. Il ne dit rien. Et je sais pertinemment pourquoi. Il attend que ce soit moi, comme à chaque fois qu’il veut entamer une discussion sérieuse. Et je n’aime pas ce genre de discussions. Il me pousse souvent à comprendre ce que je redoute le plus, à faire face aux démons qui me rongent de l’intérieur. Et je déteste ça.— Tu perds ton temps, finis-je par dire.— Nous savons tous les deux que c’est un mensonge. Depuis quand ne lis-tu plus dans les pensées des autres ? Parce que tu n’as pas l’air de savoir pourquoi je suis là.— Je suis fatigué.— Fatigué ? relève-t-il, les yeux bl

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 41Jalousie oppressante

Chapitre 41Jalousie oppressante— Angie, attrape !Je rattrape in extremis la dague qui filait droit sur mon front, ma main se refermant autour de la lame en métal froid. Je braque un regard incendié en direction d’Apolline. Celle-ci hausse les épaules, et ses pensées, manquant un brin de tact, ne tardent pas à résonner dans ma tête.« Tu n’avais qu’à être plus rapide ! »Je jette la dague à mes pieds. Celle-ci vient se figer dans le tatami. Si Ombelline voit ça, je suis mort. Je la retire et m’assieds sur l’entaille désormais présente, jetant un coup d’œil discret en direction de l’Immortelle. Elle est encore occupée à arbitrer le combat d’Edden et de Maximilien. Le Cerveau n’a d’ailleurs aucune chance, il n’est pas assez rapide et n’arrive pas à anticiper les coups de son adversaire. Et même si cela me coûte de le reconnaître, Edden est fort. Très fort.— OK, dis-moi ce qui ne va pas.Je fronce les sourcils. Apolline me rejoint sur le tatami et s’assied à mes c

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 36Espoir perdu

Chapitre 36Espoir perdu— Evalina !— Non, va-t’en ! lui hurlé-je, des larmes de colère perlant sur mes joues.Je ne veux plus le voir. Pas après ce qu’il a fait. A-t-il sincèrement pensé que je ne lui en voudrais pas ? Comment a-t-il pu me faire ça ? Comment a-t-il pu me regarder dan

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 35Rapprochement et detournement

Chapitre 35Rapprochement et detournementS’il te plaît, Angie, on a besoin de votre aide.— Qu’est-ce que tu fais ? me demande Sean, toujours occupé à rassurer Bastian.Je rouvre les yeux et attends quelques secondes avant de lui répondre, laissant mes pupilles s’habituer à l’obscurité. Ce

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 34Pieges

Chapitre 34Pieges— Evalina, tu viens ? m’appelle Zéphyr.Je m’empresse de le rejoindre à l’extérieur de l’Imposant, non sans un dernier regard vers Mélodie. Elle est étendue par terre, baignant dans son propre sang. Je détourne mes yeux de cette horrible scène et prends soin de refermer la

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 33Isaac

Chapitre 33Isaac— C’est bien moi, sourit-elle, ses yeux reprenant leur couleur initiale.— Quoi ? Tu la connais ? s’étonne Apolline.Je reste muette. Comment est-ce possible ? Mélodie est ma meilleure amie. Elle ne peut pas être cette jeune femme qui se tient devant moi, arborant un

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