loading
Home/ All /Surnaturels #1Mystères Partie1/Chapitre 29Les pegases

Chapitre 29Les pegases

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:56:55
Chapitre 29Les Pegases

Ce dernier tressaille à l’entente de son nom prononcé par la voix grave et hésitante d’Isaac. Il n’y a pas un bruit, mis à part les respirations de chacun d’entre nous. Et encore... Pour ma part, j’ai le souffle coupé. J’attends la réponse du Leader. Les autres ne doivent sûrement rien comprendre à la situation, tout comme moi. Même si intérieurement, j’avais cette impression que les deux garçons s’étaient déjà rencontrés. Reste à savoir si Angie va assumer, ou tout simplement nier.

Mais il reste muet. Immobile. Aucune émotion ne traverse son visage. Isaac s’avance, jusqu’à s’arrêter face à lui. Ils font quasiment la même taille. Isaac ne dépasse Angie que de quatre ou cinq centimètres. Les secondes s’écoulent, interminables. Les deux hommes se dévisagent.

— Oui, c’est bien toi, finit par dire Isaac. Tu as beau garder le silence, je ne connais personne d’autre possédant les mêmes yeux que les tiens.

Angie reste muet. Pourquoi ne répond-il pas ? Mais lorsque je le vois froncer légèrement les sourcils, je comprends soudain la raison de son mutisme. Il déchiffre les pensées d’Isaac. J’aurais dû m’en douter. Je jette un œil interrogateur aux autres Surnaturels, mais ils ont l’air tout aussi paumés que moi. Même Zéphyr. Quoi qu’il se soit passé entre Isaac et Angie, ce dernier n’en a apparemment parlé à personne. Pas même à son meilleur ami.

— Je sais que tu m’as reconnu, insiste Isaac. Ou tu veux vraiment que je te rappelle mon prénom ? Je vais te rafraîchir la mémoire. Je...

— Je sais comment tu t’appelles, Isaac, lâche soudainement Angie d’une voix neutre.

Le Leader contient tout. Même les émotions dans sa voix qui pourraient le trahir.

— Est-ce que d’autres s’en sont sortis ? le questionne Isaac, les yeux subitement éclairés par une lueur d’espoir. Est-ce qu’Eva...

— Elle n’est pas ici, l’interrompt brusquement Angie.

Le regard d’Isaac se voile instantanément de tristesse. Il s’apprête à poser une nouvelle question, mais le Leader le coupe avant qu’il ne puisse articuler quoi que ce soit :

— Allons dehors.

Isaac hésite, mais finit par hocher la tête. Bientôt, sa silhouette et celle d’Angie disparaissent derrière la porte de la Galerie. Je me tourne vers les Surnaturels et hausse un sourcil, les bras sur la taille, attendant que quelqu’un veuille bien m’éclaircir la situation. Mais personne n’a l’air d’en savoir plus que moi. Zéphyr est complètement largué.

— Quelqu’un a compris ce qu’il vient de se passer ? demande Cassie.

Tout le monde secoue la tête négativement.

— Angie ne m’a jamais parlé d’un certain Isaac, déclare Zéphyr. Je ne vois pas d’où il peut le connaître.

Un silence pesant s’installe dans la Galerie. Chacun se triture les méninges pour tenter de trouver une réponse logique à tout ça. Et moi, je me demande de qui Isaac allait parler… Il a demandé des nouvelles d’une certaine Eva, mais il n’a pas pu terminer sa phrase. Qu’y a-t-il donc de si secret pour qu’il aille jusqu’à demander à Isaac d’en parler dehors ?

— Bon, les amis ! Ce qu’il s’est passé entre Angie et Isaac, on s’en moque, intervient Apolline. Pour l’instant, nous devons mettre au point les derniers détails de notre plan d’attaque. Evalina, si on t’a fait venir ici, ce n’est pas pour rien !

Je relève la tête et pose mes yeux sur la silhouette longiligne de la Talentueuse. Elle me fait un signe de tête, m’invitant à prendre place à ses côtés. J’obtempère, curieuse d’en savoir davantage. Un plan d’attaque ? Ont-ils enfin pris la décision de repartir sauver ma sœur ?

— Pendant que tu étais au Jardin Abyssal, la reine m’a convoquée pour me faire part de ses projets, commence-t-elle. Elle souhaite que nous repartions dès aujourd’hui à l’Imposant. Elle estime que même si la Démone n’a apparemment pas l’intention de faire du mal à ta sœur, il serait préférable d’aller la chercher.

— Elle estime ? m’insurgé-je. Moi, je trouve ça plutôt normal ! Que la Démone veuille faire du mal à ma sœur ou non, il faut qu’on aille la sauver ! Rien que d’être prisonnier de l’Imposant est une souffrance !

— Et Candélaria le conçoit parfaitement. C’est pourquoi nous repartons aujourd’hui. Nous allons infiltrer l’Imposant le plus discrètement possible. Lorsque la Démone viendra à ta rencontre, tu lui feras croire que tu es venue seule et que tu acceptes l’échange. Elle libérera alors ta sœur, et c’est à ce moment que nous entrerons. Si tout se passe bien, nous devrions profiter de l’effet de surprise afin de lui retirer sa fourche. C’est de là qu’elle tire tous ses pouvoirs ! Si elle ne l’a plus, elle ne pourra pas faire appel aux trénones.

— Ça me semble un peu trop facile. La Démone se doutera forcément que je ne viens pas seule. Elle ordonnera à tous ses monstres de fouiller les alentours et ils vous trouveront !

— C’est pour ça qu’avant, nous allons faire un petit détour par le village d’à côté, m’informe Maximilien.

Ce dernier prend une chaise et s’installe entre nous deux, ses lunettes glissant sur le bout de son nez. Il les replace d’un geste agacé et plante son regard dans le mien, avant de continuer :

— En fait, ce que t’explique Apolline, c’est mon plan. Elle est juste trop jalouse pour avouer qu’il vient de moi.

— Quoi ? N’importe quoi ! proteste la Talentueuse. J’ai simplement oublié ce petit détail !

— Mais oui, on va dire ça.

À se chamailler ainsi, ils me font penser à la relation que j’entretenais avec Raphaël. J’espère que ce dernier est sain et sauf. Car depuis que Roxana est morte sous mes yeux, je suis constamment prise de doutes. Est-ce que Raphaël et Mélodie vont bien ? La Démone les garde-t-elle prisonniers, eux aussi ? Peut-être qu’elle n’attend qu’un faux pas de ma part pour les tuer sous mes yeux ? Rien que d’y penser, ça me glace le sang.

— Je t’explique le plan, reprend Maximilien. Avant d’aller à l’Imposant, nous allons faire une petite escale dans le village où tu as fait la rencontre d’Ethan. Là-bas, il y a de nombreux marchands. Parmi eux, il y en a un qui vend des objets rares venant d’autres contrées de Réturis.

Je fronce les sourcils.

— Mais... lorsque Isaac était aux portes de la mort, Zéphyr m’a dit que pour se procurer le sang d’unisus, le trajet serait trop long. Il ne m’a pas dit qu’il existait un marchand qui en vendait à proximité !

— Zéphyr ne t’a pas menti, Evalina, me rassure Apolline. Il existe plusieurs sortes d’unisus. Ceux ayant la vertu de guérir rapidement sont extrêmement rares. Le vendeur que nous allons voir ne possède pas celui-ci.

— En revanche, il possède l’hémoglobine de ceux qui ont la capacité d’être invisibles, reprend Maximilien, les yeux pétillants d’excitation. Lorsque nous aurons bu le sang de ces unisus, nous serons donc invisibles aux yeux de la Démone, mais également de tous ses trénones !

— Vous allez boire du sang ? répété-je, l’estomac noué.

Maximilien et Apolline hochent la tête. Comme s’il n’y avait rien de plus normal. Heureusement que je ne vais pas avoir à faire ça. J’ai déjà beaucoup de mal à supporter la vue du sang, alors en boire...

— Ce n’est pas aussi mauvais qu’il y paraît, m’apprend Apolline. Et puis, lorsque tu sais que ça te permet de te rendre invisible, franchement, ça vaut le coup !

Certes. Mais s’il faut boire le sang de ces créatures pour y arriver... ça se discute. Et j’ai d’ailleurs toujours autant de mal à croire que ce plan fonctionnera. La Démone n’a vraiment pas l’air bête. Elle doit probablement connaître, elle aussi, l’existence de ces animaux capables de se rendre invisibles. Cependant, je ne veux pas gâcher l’espoir que je vois dans les yeux de Maximilien et d’Apolline. Ils se donnent tellement de mal pour aller sauver ma sœur, je ne veux pas mettre en l’air tout leur plan en proclamant qu’il ne tient peut-être pas la route... Et je ne tiens pas à me fâcher avec eux.

— La mission n’est pas de tuer ou bien de ramener la Démone avec nous si l’occasion se présente, me prévient Apolline. Nous ne sommes pas préparés pour cela. De plus, le Majestueux ne dispose pas de prisons telles que l’Isolement. La mission que la reine nous a confiée est de ramener ta sœur, et nous allons nous en tenir à ça ! Nous partirons dès qu’Angie et Isaac auront terminé de... discuter de je ne sais quoi, termine-t-elle.

Et c’est à ce moment précis que la porte de la Galerie s’ouvre sur ces deux derniers. J’essaie de déchiffrer du mieux possible l’expression de leur visage. Aucune trace de colère. Ni même d’un quelconque sourire. Aucun moyen de savoir si la discussion s’est bien passée… C’est frustrant.

— C’est bon, on peut y aller ! s’écrie Maximilien en se levant de sa chaise.

Tous les autres Surnaturels l’imitent, sous le regard consterné d’Angie et d’Isaac. Je me souviens alors qu’ils ne sont au courant de rien. Je ne sais même pas si ce dernier nous accompagne. Il a passé pratiquement toute sa vie à l’Imposant, alors maintenant qu’il en est enfin sorti, je doute qu’il veuille y retourner de son plein gré.

— Aller où ? nous interroge le Leader.

Zéphyr s’empresse de lui donner les quelques informations qu’il lui manque. Lorsque l’Aimant termine son explication, Angie hoche la tête et prend aussitôt les devants du groupe, sans prononcer un mot. Les Surnaturels ont déjà presque tous quitté la Galerie quand je me précipite pour les rattraper, manquant de percuter Isaac en queue de cortège.

— Isaac ? m’étonné-je. Tu ne devrais pas... être ailleurs ? Je veux dire... Tu nous accompagnes ?

Il hoche la tête positivement, m’adressant un sourire de soutien qui s’évanouit aussitôt que la voix autoritaire d’Angie se fait entendre.

— Non, tu ne viens pas avec nous.

— Et pourquoi pas ? réplique-t-il.

— Parce que c’est trop dangereux. Si jamais les choses tournent mal, tu... Tu ne peux pas nous accompagner, c’est tout. Ne discute pas.

La voix d’Angie est très sèche, comme d’habitude, mais je devine sans mal l’émotion qu’il s’évertue à cacher derrière ce ton autoritaire. Ses yeux le trahissent. Je me demande si je suis la seule à le remarquer. Je suis presque sûre qu’il allait prononcer « Si jamais les choses tournent mal, tu risques de mourir ». Mais il s’est vite rattrapé. Quoi qu’il puisse dire, quoi qu’il puisse montrer, j’ai l’impression qu’il tient beaucoup à Isaac. Bien plus qu’il ne l’avouera jamais.

— Je vous accompagne. Tu oublies que j’ai moi aussi un pouvoir ! Je sais comment l’utiliser, je le maîtrise, maintenant.

— Un peu d’aide serait la bienvenue, Angie, remarque Apolline.

Je constate avec horreur que le Leader est sur le point de céder. Je l’interromps avant qu’il n’ait le temps de reprendre la parole :

— Angie a raison. Tu ne dois pas nous accompagner, Isaac ! C’est bien trop dangereux ! Je ne veux pas qu’une autre personne risque sa vie pour sauver ma sœur ! Huit, c’est déjà amplement suffisant !

Le Leader a l’air surpris, ainsi que le reste des Surnaturels. Je ne comprends pas... c’est quoi, leur problème ? Qu’est-ce que j’ai dit ?

— Tu es d’accord avec moi ? s’étonne Angie, un petit sourire se dessinant au coin de son visage.

Mince. Cela me vaut un stupide sourire satisfait du Leader, heureux de m’avoir rallié à sa cause. Tu peux sourire autant que tu veux, c’est la première et la dernière fois que tu m’entends te donner raison ! J’espère que tu en as bien profité ! Je me retiens in extremis de rajouter « imbécile ». Comme je l’espérais, Angie a capté mes pensées. Son petit sourire en coin disparaît.

— Je vous accompagne, insiste une nouvelle fois Isaac, brisant le silence qui s’était installé. Vous avez besoin de moi. Je connais l’Imposant mieux que quiconque !

— Je ne veux pas que tu y retournes à cause de moi !

— Tu m’as sauvé la vie. C’est le moins que je puisse faire.

— Je t’ai sauvé la vie parce que c’était la moindre des choses ! J’ai failli te tuer !

Isaac soupire puis pose ses deux mains jointes sur le haut de son crâne, comme si cela allait l’aider à trouver une nouvelle réplique qui m’encouragerait à le laisser venir avec nous. Soudain, ses yeux s’illuminent d’un éclair malicieux. Il se rapproche et me sourit, manifestement fier de ce qu’il s’apprête à dire.

— Très bien. C’est peut-être toi qui m’as envoyé sur ce lit d’infirmerie, mais c’est également toi qui as permis de mettre fin à mes quatre années d’isolement. Dans tous les cas, je te suis encore redevable !

Suite aux paroles d’Isaac, les Surnaturels ouvrent de grands yeux. Cassie pousse même un hoquet de surprise. Ils viennent d’apprendre qu’Isaac a passé bien plus de temps dans l’Imposant qu’ils ne le pensaient... Il a gagné. Je lâche un soupir de frustration.

— Ne perdons pas de temps, alors. On y va, ordonne Angie.

Ce dernier me lance un regard dont je ne saurais déchiffrer l’émotion, puis il nous fait signe de le suivre. Je m’élance à la suite du groupe. Le Leader nous guide à travers les couloirs du château, puis il coulisse la grande porte d’entrée, et nous déboulons sous le ciel bleu de Réturis. Toujours aucun signe d’un quelconque nuage. Le soleil dardant ses rayons chauds sur le royaume me fait déjà transpirer sous mes vêtements noirs.

Voilà toute l’équipe prête pour la mission, et moi, la Gémone, en compagnie des Surnaturels ! Bien que je ne sache toujours pas vraiment ce que signifie être une Gémone... Suis-je une sauveuse de monels ? Une tueuse de Démone ? Je n’en ai aucune idée.

— Il faut qu’on parle.

Je sursaute en entendant la voix d’Apolline. Je n’avais pas remarqué que cette dernière avait reculé pour pouvoir marcher avec moi. Tout comme je n’avais pas remarqué l’absence d’Isaac, parti devant aux côtés d’Angie.

— Qu’on parle de quoi ? la questionné-je, évitant de justesse la souche d’un arbre sur le chemin caillouteux.

— De toi et d’Angie.

— De moi et... d’Angie ?

Je m’étrangle presque. Que veut-elle dire par là ? Je ne veux pas en parler. De toute manière, il n’y a rien à en dire.

— Ne fais pas comme si tu avais oublié, Evalina ! Je te l’ai bien fait comprendre tout à l’heure. Tu dois tout m’expliquer, que tu le veuilles ou non !

— T’expliquer quoi ?

— Ne joue pas à ça avec moi, minaude-t-elle, ses petits yeux bleu clair pétillant de malice. Il se passe un truc entre vous deux, ça crève les yeux !

Je continue à marcher dans un silence pesant, shootant dans les cailloux qui entravent ma route. Que puis-je répondre à ça ? Je ne suis pas prête à y faire face. Mais je ne peux pas non plus continuer à me mentir. J’ai de stupides papillons qui se nichent au creux de mon ventre chaque fois que je le vois, j’ai les jambes qui se métamorphosent en coton, j’ai le souffle court chaque fois qu’il s’approche d’un peu trop près, j’ai le cœur qui s’accélère, et j’en passe et des meilleurs. Toutes ses réactions incontrôlables de mon corps m’indiquent clairement que le Leader ne me laisse pas indifférente.

— Alors ? Tu ne réponds rien ? Allez, crache le morceau ! Je veux tout savoir !

— Puisque je te dis qu’il n’y a rien à en dire !

— Allez, Evalina ! Ça ne t’amène à rien de mentir ! Tes joues te trahissent, rigole-t-elle.

Mes joues ? Ce qu’elle vient de dire n’a pour cause que de me faire rougir un peu plus.

— Je te promets de ne rien répéter à personne, insiste-t-elle. Fais-moi confiance !

— Mais...

— Non, pas de mais ! Qu’est-ce que vous faisiez, Angie et toi, quand je suis sortie du Siège ? Vous aviez l’air... très proches, minaude-t-elle, avec un clin d’œil en prime.

— Nous ne faisions que discuter !

— Vraiment ? Et... vous discutiez de quoi ? Ça m’avait l’air assez sérieux, si tu veux mon avis.

Je me passerais bien de ton avis. Mais après tout, je n’ai rien à cacher. Une fois dit, elle me laissera tranquille…

— Il y a eu une dispute entre Edden et Angie au Jardin Abyssal. J’ai voulu m’interposer pour les arrêter, mais j’ai reçu un coup d’Angie à la main.

Apolline fronce aussitôt les sourcils de colère. Je devine sans mal ce qu’elle peut bien penser. Sa tête doit regorger d’insultes envers le Leader. J’espère que ce dernier n’est pas branché sur les pensées de la Talentueuse.

— Tu vas mieux, au moins ? s’inquiète-t-elle.

— Oui, ne t’en fais pas. Après ça, Angie et moi avons attendu devant le Siège. Nous avons discuté de ce qu’il s’était passé au Jardin Abyssal, et... il s’est simplement excusé pour… quelque chose qu’il a dit.

Apolline s’arrête subitement de marcher. Elle reste plantée au milieu du chemin caillouteux, les yeux bleus écarquillés. Je hausse un sourcil afin de lui demander ce qui ne va pas. La Talentueuse ouvre la bouche et me crie presque au visage :

— Il s’est excusé ? Angie ? Je n’y crois pas ! Pour l’amour de Réturis ! Ce n’est pas possible ! Angie s’est excusé ? Réturis soit loué !

Elle porte une main à son cœur dans un geste théâtral et se concentre pour calmer sa respiration. Je me mords la lèvre pour ne pas rire. Moi aussi, le fait qu’Angie s’excuse m’avait étonné. Mais il n’a pas un fond méchant. Il se cache juste derrière son autoritarisme et sa façade implacable. Il faut tout simplement savoir comment lui parler pour le découvrir un peu mieux.

Je fais signe à Apolline qu’il faut se remettre en route, car le reste du groupe nous a maintenant largement distancées. Elle me suit sans un mot. Je reconnais bien vite l’entrée du village devant moi. Trois monstres s’étaient même posés sur le toit de l’une des premières maisons. Je crois que jamais je n’oublierai cette journée. C’était la première fois que je rencontrais des trénones, et je n’avais jamais eu aussi peur de toute ma vie. Lorsque Apolline et moi parvenons enfin à rejoindre le reste du groupe, celui-ci disparaît juste sous nos yeux. J’en reste sans voix.

— Tu ne te souviens plus de la couche protectrice qui entoure ce village ? me rappelle-t-elle. Tu l’avais pourtant brisée lors de ta première visite.

Si, maintenant je m’en souviens. Je m’étais même demandé pourquoi les rues étaient aussi vides alors que des voix me parvenaient. J’avais eu la folle idée qu’il y avait peut-être quelque chose qui protégeait les monels de ce bourg. Une sorte de voile, m’empêchant d’accéder à la véritable réalité. Et ma folle hypothèse s’était révélée exacte. J’avance donc mes mains, doigts écartés, afin de renouveler l’expérience que j’avais faite la dernière fois, mais Apolline m’arrête d’un geste brusque.

— Non ! Pas comme ça ! Tu peux passer à travers la couche protectrice en visualisant l’édifice qui caractérise ce village. Tiens !

Elle me tend une feuille de papier sur lequel ses coups de crayon ont dessiné un magnifique clocher. Seulement, je n’en comprends pas l’utilité. La dernière fois, je n’avais pas eu besoin de ce dessin pour pénétrer dans le village ! Je m’apprête à lui poser la question, mais elle disparaît juste sous mes yeux. Je soupire et ferme mes paupières pour visualiser le clocher. Aussitôt, un brouhaha me parvient distinctement aux oreilles. Je les rouvre et observe avec émerveillement les rues, bondées de passants faisant leurs courses sur le marché. Pour quelqu’un qui n’y aurait pas assisté, impossible de deviner qu’une attaque de trénones a dévasté le village il y a plusieurs semaines. La population reste optimiste, et c’est tant mieux. Ils n’ont pas à s’empêcher de vivre à cause de la Démone.

— Tu viens ? m’appelle Apolline.

Je hoche la tête et la rejoins, lui redonnant sa feuille de papier au passage.

— Pourquoi m’as-tu donné ça ? lui demandé-je. Je pouvais le faire sans !

— Tu ne pouvais pas, dit-elle, d’un ton étrangement sec.

Je suis surprise qu’elle me réponde ainsi. Il y a quelque chose qu’elle ne me dit pas.

— J’ai pourtant réussi à passer à travers la couche protectrice la dernière fois ! insisté-je.

— Non, justement. Tu n’étais pas passée à travers, tu l’avais brisée !

— Brisée ? Quelle est la différence ?

Apolline se contente de baisser les yeux vers le sol et de se mordiller la lèvre supérieure, comme si elle peinait à contenir ses mots. La Talentueuse est l’une des rares personnes avec qui je me sens bien, mais si elle aussi se met à me cacher des choses, je ne vais plus pouvoir compter sur elle. J’accélère la cadence, ravalant des mots que je risque fortement de regretter. Tout à coup, j’ai l’impression d’être observée. La plupart des passants ont arrêté leurs emplettes et ont les yeux tournés vers moi, mais je me rends compte que je ne suis pas la seule à être dévisagée. Tous les Surnaturels le sont aussi. Même Isaac. Je déglutis. Nous continuons à marcher comme si de rien n’était.

— Pourquoi tout le monde nous regarde ? demandé-je, en baissant la voix.

— Parce que nous sommes les Surnaturels, pardi ! me répond Cassie, un sourire pétillant de joie sur son visage.

Je fronce les sourcils.

— Nous défendons Réturis et ses monels. Nous nous battons contre la Démone pour essayer de restaurer la paix, m’explique Maximilien. Par conséquent, les monels nous voient un peu comme... des héros.

— On y est, nous interrompt Angie, s’arrêtant devant un stand un peu plus à l’écart des autres. Un groupe va rester ici, tandis que l’autre partira chercher les pégases.

— Les pégases ? m’exclamé-je, m’attirant le regard amusé de presque tous les Surnaturels.

— Comment crois-tu que nous irons à l’Imposant ? m’interroge Edden. Il nous faut un moyen de transport.

J’étouffe un cri de joie et me contente d’un petit sourire. Je n’arrive pas à croire que je vais en voir pour de vrai ! Des chevaux ailés ! Petite, ils étaient mes animaux mythologiques préférés. Et aujourd’hui, je vais pouvoir les approcher et voler sur leur dos !

— Alors miss, tu te joins à quel groupe ? me demande Angie, se frayant un passage parmi les Surnaturels afin de se rapprocher de moi.

J’avale ma salive, non sans difficulté, essayant tant bien que mal de ne pas faire attention à sa proximité. Hésitant, je jette un œil vers le marchand de sang d’unisus, occupé à trier ses nombreuses fioles remplies d’hémoglobine. Rouge clair, rouge foncé, rouge presque noir, translucide… Un frisson glacé me parcourt le dos. Ma décision n’est pas très compliquée à prendre.

— Le groupe des pégases !

— Alors suis-moi, m’ordonne-t-il. Maximilien, Apolline et Isaac, vous nous accompagnez.

Ces trois derniers se détachent du groupe et s’élancent derrière Angie. J’aperçois déjà Zéphyr, Bastian, Sean, Cassie et Edden s’approcher du marchand. D’ailleurs, celui-ci n’a pas l’air commode... Un bandeau recouvre l’un de ses yeux, et son visage est parsemé de piercings. Mais ce qui me déplaît le plus, c’est de me retrouver dans le même groupe que le Leader. Moi qui espérais pouvoir mettre un peu de distances entre nous...

— Je ne lis peut-être pas dans tes pensées, mais je commence à te connaître, Evalina. Je vois bien à ta tête que tu n’apprécies pas l’ordre d’Angie, articule Isaac. Tu sais, il m’a expliqué que lui et toi... enfin, que vous n’êtes pas toujours en bons termes.

— Il t’a parlé de moi ? m’étonné-je. Euh... je veux dire... Il t’a dit ça ? Et qu’est-ce qu’il a dit d’autre ?

— Ça t’intéresse ? sourit-il, en haussant les sourcils.

— Non ! Bien sûr que non ! Je m’en fiche ! En revanche, ce que j’aimerais savoir, c’est comment vous vous connaissiez ?

Le sourire d’Isaac s’évanouit tandis que nous bifurquons dans une ruelle où les passants se font plus rares et où des cris d’animaux se font entendre. J’attends toujours qu’il me réponde, mais il n’a pas l’air bien décidé à le faire. Je soupire d’agacement. Angie qui garde ses nombreux petits secrets pour lui, très bien. Mais si Isaac s’y met aussi…

— J’ai promis à Angie de ne rien dire, lâche-t-il d’une voix sérieuse. Seulement...

Il s’interrompt, se passe une main dans ses cheveux bruns, puis reprend :

— Il faut juste que tu réfléchisses.

Il faut juste que je réfléchisse ? S’il croit que je n’ai pas déjà essayé de savoir ce qui les lie tous les deux ! Le problème, c’est que je ne sais rien d’eux. L’un comme l’autre, ils sont atrocement mystérieux. Ça leur fait un point commun.

— C’est ici, annonce Angie.

Je m’extirpe de mon tourbillon de pensées infernales et relève mes yeux sur de magnifiques créatures ailées. Elles sont retenues par une corde, enroulée à des poteaux en acier fermement plantés dans le sol. Des pégases. En chair et en os ! Dans mes livres sur les créatures de la mythologie, il était conté que leur pelage était blanc, voire gris très pâle. Mais jamais d’une couleur plus sombre. Or, il y en a des noirs devant moi ! Ces derniers m’intriguent au plus haut point. Ils sont immenses ! La beauté de ces animaux – qui tiennent pour beaucoup du cheval et un peu de l’oiseau – me coupe le souffle. Ils portent des plumes sur la crinière, la queue et les jambes, et leurs grandes ailes en sont garnies à souhait ! Ils inspirent force et élégance. Ils sont magnifiques.

— Approchez, approchez ! s’écrie le marchand, un vieil homme aux cheveux grisonnants et aux cernes creusés. Venez admirer la beauté de ces pégases venus d’une contrée lointaine ! Ils sont adultes, et en bonne santé ! Ils mesurent environ un mètre quatre-vingt au garrot pour cinq à sept mètres cinquante d’envergure ! Ils pèsent de cinq cent quatre-vingt-dix à huit cent quinze kilos, selon la bête ! Alors, intéressés ?

Angie avance de quelques pas vers les pégases pour les observer de plus près, puis il sort de sa veste en cuir noir plusieurs bourses, sûrement remplies de pièces d’or. Je n’ai jamais vu la monnaie de Réturis et ne connais même pas son nom… Ont-ils un logo particulier inscrit sur leurs pièces ? Des billets ?

— Je vous en prends six, dit Angie.

— Ça fera vingt et un mille rétzors !

Le marchand s’empare des bourses et commence à vérifier le contenu, les yeux brillants de plaisir. Après avoir fini de compter, il nous fait signe que les pégases sont à nous, puis il nous ordonne gentiment, mais fermement, de nous en aller. Apparemment, nous gênons la vue des futurs passants sur ses pégases restants. Angie détache les créatures de leurs poteaux, prenant la responsabilité d’en prendre deux. Maximilien, Apolline et Isaac prennent chacun une corde, et je me saisis de la mienne à mon tour, guidant le puissant pégase qui m’est destiné. Il est vraiment très grand, et il est noir, pour mon plus grand bonheur ! Le bruit de ses sabots résonne sur le pavé du village. Il est absolument magnifique. En revanche, je ne vois pas comment nous allons réussir à monter sur ces créatures ailées... Je m’empresse donc de rattraper Maximilien, le Cerveau des Surnaturels, pour lui poser la question.

— Comment allons-nous monter sur les pégases ?

— C’est simple ! Pour les commander, il suffit de leur enlever la corde avec laquelle nous les guidons, m’explique le Cerveau, visiblement heureux que je m’y intéresse. Elle est ici pour les guider sur la terre ferme, mais lorsqu’il s’agit du vol, tu peux le faire par la simple volonté de ta pensée !

— On peut les commander par la pensée ?

— Exactement ! Par exemple, pour les monter, tu enlèves la corde et tu leur ordonnes de se coucher. Ils vont le faire automatiquement. Ainsi, tu n’auras plus qu’à grimper sur son dos et à bien te caler pour ne pas tomber.

— Et ensuite ? Pour qu’ils s’envolent, on le leur demande de la même manière ?

— Oui, tout à fait, me confirme-t-il.

Je lui adresse un sourire, reconnaissante qu’il ait répondu à mes questions. C’est tout ce que j’avais besoin de savoir. Je repose mes yeux sur le magnifique pégase à mes côtés, mais cette désagréable sensation d’être observée refait surface. C’est presque la même que lorsque les passants nous regardaient, sauf que maintenant, j’ai clairement l’impression de prendre feu. Et il n’y a qu’une seule personne capable de me faire cet effet : Angie.

Je pose mon regard sur lui, situé un peu plus loin devant moi. Ses yeux aigue-marine me fusillent sur place. Il semble essayer de me faire comprendre quelque chose, mais comme je ne peux pas lire dans ses pensées, ça risque d’être difficile. Je hausse un sourcil. Le Leader soupire, puis s’arrête et fait signe aux autres de continuer sans lui. Lorsque j’arrive à sa hauteur, il reste silencieux et se remet en marche. Très bien. S’il ne veut pas parler, alors c’est moi qui vais m’y coller.

— T’as quelque chose à me dire ?

Angie stoppe net et braque son regard dans le mien. S’il croit m’intimider, c’est raté.

— Ne tente rien de stupide, finit-il par lâcher.

Je pourrais presque croire qu’il s’inquiète. Mais c’est idiot. Angie ne s’inquiète pour personne. Je lève les yeux au ciel et le laisse reprendre ses distances, tandis que je reste toute seule, derrière, à ruminer intérieurement après lui. J’ignore comment il a fait. Il n’a pourtant pas lu dans mes pensées, je l’aurais senti. Alors, suis-je si prévisible que ça ? Comment sait-il que j’ai quelque chose derrière la tête ? Sait-il que je prévois mon propre plan pour aller chercher ma sœur, au cas où les choses tourneraient mal ?

— Attendez ! s’écrie soudain Apolline, s’arrêtant aussitôt.

Le reste du groupe l’imite. Les pégases hennissent de mécontentement. Je pose ma main sur le mien afin de le calmer, et j’écarquille les yeux de surprise face à la douceur incomparable de sa robe noire. Je n’ai jamais rien touché de plus doux que ce pelage...

— C’est Cassie ! Elle est en danger, notre lien vient de s’affaiblir !

— Tu as raison, confirme Maximilien, les sourcils froncés d’inquiétude. Mon lien avec Sean vient de diminuer également.

Leur lien ? J’attends que le Leader se prononce lui aussi sur cette étrange connexion, mais il garde le silence. Et je comprends soudain pourquoi. Le Deuxième Souffle. Apolline est reliée à sa sœur Cassie et Maximilien à Sean. Tous deux peuvent donc ressentir leur lien faiblir lorsque l’autre est en danger, mais Angie a perdu le Deuxième Souffle qu’il partageait avec Zéphyr. Il n’est plus capable de sentir le danger qui entoure son meilleur ami.

— C’est sûrement qu’ils souhaitent que vous les aidiez, s’exclame Angie. Allez-y ! On s’occupe des pégases.

Apolline et Maximilien ne perdent pas une seule seconde. Ils enroulent la corde de leurs pégases autour de l’arbre le plus proche, puis disparaissent au coin de la rue. Le Leader lâche un énième soupire et se pose juste à côté des créatures. Leur souffle chaud sur son visage n’a pas l’air de le déranger plus que ça. Il semble bien trop occupé à cogiter en silence, sans nous prêter la moindre attention. Comme si nous n’existions pas. Je déteste quand il fait ça. Isaac semble avoir remarqué mon agacement. Il se rapproche de moi, posant une main sur le pégase noir que je caresse depuis maintenant quelque temps.

— Ne fais pas attention à lui. Il est juste...

— En train de penser à je ne sais quoi et de nous ignorer complètement, terminé-je.

Isaac rigole.

— Je ne sais pas ce qu’il se passe entre vous deux, et je ne veux pas le savoir. En revanche, ce que je souhaite, c’est que tu arrêtes de te mettre dans des états pareils à cause de lui.

— Je suis tout à fait normale.

— Tu ne l’es pas, réplique-t-il. Tu n’as même pas conscience que ton comportement est lié au sien. Quand tout va bien entre vous, tu es heureuse ! Quand ça va mal, tu ne vas pas bien ! Quand il est préoccupé, comme en ce moment, tu l’es aussi ! Et tu ne t’en rends pas compte.

— Je ne suis pas...

Je m’interromps. Il a complètement raison. À l’entendre, je suis facile à cerner. Je ne pensais pas être aussi transparente ! Je dévisage Isaac, constatant avec surprise qu’il est tout aussi observateur qu’Angie. Encore un point commun. D’ailleurs, il n’y a personne aux alentours, c’est le moment de lui redemander quel lien les unit l’un à l’autre...

— Comment vous...

— Angie ! crie une voix féminine, complètement paniquée.

Apolline déboule en face de nous, les cheveux décoiffés, les yeux exorbités et le souffle court. Le Leader abandonne sa réflexion et se précipite vers la Talentueuse.

— Où sont les autres ? Ils vont bien ?

— Non, tu... tu avais raison, ils sont... ils sont en danger ! articule-t-elle difficilement, manquant de souffle. Lorsque Maximilien et moi sommes arrivés, la rue était envahie par une multitude de désaltras ! J’ignore comment ils ont fait pour percer la couche protectrice ! Les autres sont en train de les repousser, mais ils sont trop nombreux ! Nous avons besoin de toi !

Le Leader ne perd pas un instant avant de hocher la tête et d’extirper deux dagues de sous sa veste noire. Il s’apprête à partir, mais Apolline l’arrête d’une poigne ferme.

— Attends ! Cassie a reçu un coup de griffe d’un désaltra, lâche-t-elle, la gorge serrée. La blessure n’est pas très profonde, mais le poison commence déjà à faire son effet. Nous n’avons pas le temps de la ramener ici et de lui administrer le remède. Il faut que quelqu’un d’autre s’en charge ! Isaac ou Evalina, peu importe ! Mais vite !

— Isaac, ordonne Angie.

Isaac ? Et pourquoi pas moi ? J’ouvre la bouche pour protester, mais le Leader semble avoir anticipé ma remarque.

— Ce n’est pas le moment de discuter, Evalina. Isaac est venu, alors autant qu’il serve à quelque chose. Ce que veulent les trénones, c’est toi. Et il est hors de question qu’on t’amène jusqu’à eux, tranche-t-il, d’un ton sans appel.

Je pousse un long et gros soupir de frustration. Isaac me jette un regard désolé, puis tous les trois s’élancent vers le lieu du combat. Et j’ai beau tendre l’oreille, je n’entends rien. Nous devons être assez loin de la rue en question. Ce que je redoutais s’est finalement produit... nous avons un contretemps ! Si Cassie est blessée et les Surnaturels trop faibles, nous allons probablement devoir reporter notre visite surprise à l’Imposant. Mais ça, c’est inenvisageable. Le temps est compté. Alors j’irai seule. Je me tourne avec détermination vers le pégase noir à mes côtés. D’un geste sûr, je lui enlève la corde qui me permet de le guider sur la terre ferme et je regarde ses yeux. Ils ressemblent à deux puits noirs sans fond. Baisse-toi ! Le pégase se couche sur le sol à la seconde même où ma pensée lui parvient. Ses pattes sont repliées sous lui. Il attend que je lui donne un ordre. Avec précaution, je m’agrippe à son encolure afin de monter sur son dos. Les plumes de sa crinière sont, comme je m’y attendais, très douces. J’inspire un grand coup, serre du plus fort que je peux la créature, puis je me lance. Vole !

Le pégase se remet brusquement sur ses jambes, déploie ses grandes ailes noires, s’élance au trot, puis au galop. Je ferme les yeux et me cramponne de toutes mes forces. Il hennit, puis d’un coup, saute. Je pousse un cri de terreur, et lorsque je constate qu’il n’a pas remis sabot à terre, j’ouvre les yeux. Je vole ! Je vole sur un pégase noir !

Je suis fascinée par le village vu de haut. Je souris, pas peu fière de ce que je viens d’accomplir. Je vais probablement me faire engueuler comme jamais et je vais peut-être le regretter, mais lorsqu’il s’agit de ma sœur, je suis prête à tout. Je suis prête à accepter le marché de la Démone. Je ferme les paupières pour me concentrer sur ma destination, puis je me décide à lâcher l’ordre final – et peut-être fatal. Direction l’Imposant !

Want to know what happens next?
Continue Reading
Previous Chapter
Next Chapter

Share the book to

  • Facebook
  • Twitter
  • Whatsapp
  • Reddit
  • Copy Link

Latest chapter

Surnaturels #1Mystères Partie1   Les plumes de l'imaginaire Découvrez encore plus d’ouvrages inceptionnels surwww.inceptioeditions.comet suivez-nous sur les réseaux sociaux!

Les plumes de l'imaginaire Découvrez encore plus d’ouvrages inceptionnels surwww.inceptioeditions.comet suivez-nous sur les réseaux sociaux!

Surnaturels #1Mystères Partie1   Retrouvez Bientot surnaturels

Retrouvez Bientot Surnaturels#1Mysteres Partie2 www.inceptioeditions.com

Surnaturels #1Mystères Partie1   Remerciements

RemerciementsAutant l’écriture en elle-même ne m’a jamais posé de problèmes, autant les remerciements me donnent un aperçu du syndrome de la page blanche. Beaucoup de personnes à remercier, tellement de choix dans la manière de procéder, et pourtant si peu d’assurance quand il s’agit d’organiser le tout. Au risque de pondre un pavé, je vais m’en tenir au format de ce livre et séparer les remerciements en deux. Si je ne cite pas tout le monde ici, c’est donc normal. Après tout, ceci n’est que la moitié du tome 1.Je tiens pour commencer à remercier Guillaume et Ophélie, sans qui mon rêve n’aurait pas pu se réaliser. Vous avez su transformer une histoire écrite à mes 15 ans en un projet digne du papier, digne de vous, digne de cette maison d’édition inceptionnelle et de cette équipe véritablement incroyable. Merci d’avoir supporté le mauvais caractère d’Angie et la naïveté d’Evalina. Merci pour ce boulot de dingue que vous fournissez jour et nuit.Merci à Anne, mon synonyme contrai

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 43Etats d'ame

Chapitre 43Etats d'ameAngie est le premier à demander des explications. J’entends sa voix, mais je suis incapable de me concentrer sur ce qu’il dit. Les seuls mots qui résonnent dans ma tête sont ceux de Zéphyr. Il n’a pas dit que Cassie et Tessia étaient revenues. Il a seulement dit Cassie. Ma poitrine me fait mal. Mon corps se met à trembler de lui-même. Je ne me sens pas bien. Ma gorge est serrée. Je n’arrive plus à distinguer clairement mon entourage. Mon cœur bat trop vite. J’essaie de prendre une profonde inspiration et d’expirer calmement, mais j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer. Tessia n’est pas revenue. Je recule et heurte la paroi du tunnel. J’ai la sensation qu’on est en train de jouer avec mon cœur. Qu’il résiste tant bien que mal, mais qu’il suffirait qu’on le crève encore un peu plus pour le voir perdre la partie. Je ne me sens plus capable d’agir comme si ce n’était pas grave. Comme si je pouvais encore attendre, alors que ma sœur est la seule famille qu’i

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 42Perte de controle

Chapitre 42Perte de controle— Je savais que je te trouverais ici.— Je n’ai pas cherché à me défiler.Zéphyr esquisse un sourire et s’engouffre dans l’espace sombre et bleuté du Jardin Abyssal. Il jette un rapide coup d’œil à l’aquarium, puis il me rejoint sur le canapé. Il se laisse tomber contre la matière moelleuse et pose ses avant-bras sur ses genoux, les mains croisées. Il ne dit rien. Et je sais pertinemment pourquoi. Il attend que ce soit moi, comme à chaque fois qu’il veut entamer une discussion sérieuse. Et je n’aime pas ce genre de discussions. Il me pousse souvent à comprendre ce que je redoute le plus, à faire face aux démons qui me rongent de l’intérieur. Et je déteste ça.— Tu perds ton temps, finis-je par dire.— Nous savons tous les deux que c’est un mensonge. Depuis quand ne lis-tu plus dans les pensées des autres ? Parce que tu n’as pas l’air de savoir pourquoi je suis là.— Je suis fatigué.— Fatigué ? relève-t-il, les yeux bl

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 41Jalousie oppressante

Chapitre 41Jalousie oppressante— Angie, attrape !Je rattrape in extremis la dague qui filait droit sur mon front, ma main se refermant autour de la lame en métal froid. Je braque un regard incendié en direction d’Apolline. Celle-ci hausse les épaules, et ses pensées, manquant un brin de tact, ne tardent pas à résonner dans ma tête.« Tu n’avais qu’à être plus rapide ! »Je jette la dague à mes pieds. Celle-ci vient se figer dans le tatami. Si Ombelline voit ça, je suis mort. Je la retire et m’assieds sur l’entaille désormais présente, jetant un coup d’œil discret en direction de l’Immortelle. Elle est encore occupée à arbitrer le combat d’Edden et de Maximilien. Le Cerveau n’a d’ailleurs aucune chance, il n’est pas assez rapide et n’arrive pas à anticiper les coups de son adversaire. Et même si cela me coûte de le reconnaître, Edden est fort. Très fort.— OK, dis-moi ce qui ne va pas.Je fronce les sourcils. Apolline me rejoint sur le tatami et s’assied à mes c

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 11Tatouages

Chapitre 11TatouagesJe n’arrive pas à détacher mes yeux de cette silhouette longiligne qui s’avance vers nous. À première vue, on pourrait la prendre pour une humaine tout à fait normale. Mais lorsqu’elle se rapproche, les différences se font visibles. Elle possède une peau si blanche que je pou

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 10Premieres lecons

Chapitre 10Premieres leconsDe petits picotements à peine perceptibles s’immiscent sous ma peau, d’abord très légers, puis de plus en plus intense, jusqu’à ce qu’une décharge électrique me réveille en sursaut. Je bondis hors de mon lit, tous les sens aux aguets, parcourant la pièce du regard pour

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 9Les Surnaturels

Chapitre 9Les Surnaturels— C’est elle ? demande un garçon aux cheveux roux bouclés.Bizarrement, il me rappelle quelqu’un, mais je n’arrive pas à savoir qui. À ses côtés, je remarque une fille avec la même couleur de cheveux. Ils lui arrivent jusqu’aux épaules. Les deux Surnaturels ont les

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 8Le Siege

Chapitre 8Le SiegeApolline me fait traverser un long couloir dallé de noir et de blanc, recouvert d’un épais tapis de velours rouge. Elle fait coulisser une porte de la même couleur, et nous voilà arrivées dans une pièce en coupole. Quelques pans de murs blancs sont présents, mais le reste n’est

More Chapters
Download the Book
GoodNovel

Download the book for free

Download
Search what you want
Library
Browse
RomanceHistoryUrbanWerwolfMafiaSystemFantasyLGBTQ+ArnoldMM Romancegenre22- Englishgenre26- EnglishEnglishgenre27-Englishgenre28-英语
Short Stories
SkyMystery and suspenseModern urbanDoomsday survivalAction movieScience fiction movieRomantic movieGory violenceRomanceCampusMystery/ThrillerImaginationRebirthEmotional RealismWerewolfhopedreamhappinessPeaceFriendshipSmartHappyViolentGentlePowerfulGory massacreMurderHistorical warFantasy adventureScience fictionTrain station
CreateWriter BenefitContest
Hot Genres
RomanceHistoryUrbanWerwolfMafiaSystem
Contact Us
About UsHelp & SuggestionBussiness
Resources
Download AppsWriter BenefitContent policyKeywordsHot SearchesBook ReviewFanFictionFAQFAQ-IDFAQ-FILFAQ-THFAQ-JAFAQ-ARFAQ-ESFAQ-KOFAQ-DEFAQ-FRFAQ-PTGoodNovel vs Competitors
Community
Facebook Group
Follow Us
GoodNovel
Copyright ©‌ 2026 GoodNovel
Term of use|Privacy