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Chapitre 16Attirante curiosité

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"publish date: " 2021-06-25 17:27:54
Chapitre 16Attirante curiosité

— Evalina… Evalina ! Tu m’entends ? Evalina ! S’il te plaît, dis quelque chose !

Mes paupières sont closes. Je me sens lourde. Affreusement lourde. Je parviens finalement à bouger les mains.

— Evalina, parle-moi ! Fais-moi un signe, n’importe quoi signifiant que tu vas bien !

Angie. Sa voix regorge d’inquiétude. Ses mains pressent les miennes en attente d’un signe, mais je n’y arrive pas. L’image d’Apolline et de Lucie hante mon esprit. C’est comme si je les entendais hurler leur souffrance. Tout est ma faute. Je n’aurais pas dû les envoyer aider les métamorphes. Qu’est-ce qui m’a pris de donner des directives ? Je suis tétanisée. Mes convictions n’étaient pas assez puissantes. J’ai lamentablement échoué. Et je dois maintenant vivre avec la mort de deux nouvelles Surnaturelles sur la conscience.

— Ouvre les yeux, me supplie Angie. Je sais que tu es éveillée. Et je sais que tu dois sûrement t’en vouloir, mais putain, tous les malheurs qui nous tombent dessus ne découlent que d’une seule et unique personne !

Le Leader emmêle ses doigts aux miens.

— Je t’interdis de culpabiliser pour des meurtres que la Démone a commis.

— Angie, s’il te plaît…, murmure une voix éteinte.

Un silence. Puis le Leader s’excuse :

— Je ne voulais pas dire ça, Sean.

Autre silence. Je peux entendre les battements affolés de mon cœur. J’ouvre les paupières. Hors de question de redevenir la fille qui s’apitoie sur son sort. Je me dois d’être responsable et d’assumer mes actes.

— Je le savais.

Angie m’attire entre ses bras robustes. Je plonge le nez dans son cou et m’agrippe à son tee-shirt comme si c’était la dernière chose susceptible de me maintenir en vie. Sa bouche se pose contre mon front, et c’est une détresse sans nom que je ressens. Mais ce n’est pas la mienne. C’est celle d’Angie.

— Où est-ce qu’on est ?

Je ne reconnais pas du tout cet endroit. Je suis assise sur une sorte de table ovale en pierre, au milieu de ce qui s’apparenterait à une grotte. Il fait très sombre, si bien que je ne distingue personne d’autre qu’Angie et Sean.

— Dans l’un des nombreux repaires de Kierân, me répond le Leader.

— Qu’est-ce qu’on fait ici ? Et c’est quoi ce… ce cri ?

Sean blêmit.

— C’est Apolline, finit-il par lâcher, le regard assombri.

— Elle est vivante ? ! m’écrié-je.

Je saute de la table, mais une main s’enroule autour de mon poignet. Je tourne la tête pour faire face à Sean, dont les yeux sont d’un gris si pâle qu’ils paraissent presque éteints. Un air douloureux se dessine sur son visage. Je n’ai pas l’habitude de le voir ainsi. Ça me crève le cœur.

— Elle… elle n’est pas morte. Mais elle n’est pas vivante non plus.

Il me lâche le poignet et se passe la main dans ses boucles rousses.

— Elle est dans… dans un… dans un sale état, renifle-t-il. Je n’ai pas pu rester auprès d’elle. C’était trop… dur. Elle voulait que je la tue quand je l’ai portée jusqu’ici. Et je n’ai pas pu le faire, sanglote-t-il.

— C’était trop risqué de déplacer les filles jusqu’au Majestueux, reprend Angie. Kierân nous a proposé l’une de ses planques. Actuellement, nous ne sommes pas très loin de l’Imposant.

— Pourquoi Kierân aurait-il proposé de nous aider ?

— Je n’en sais rien. Si les filles n’avaient pas été aussi gravement touchées, j’aurais refusé. Mais là, c’était une question de vie ou de mort.

Sean hoche la tête pour confirmer les dires du Leader, puis grimace d’horreur lorsque de nouveaux hurlements résonnent à travers les couloirs terreux.

— Donc… elles sont en vie ? Toutes les deux ?

Sean me fait signe que oui. Mais Angie n’a pas l’air d’être du même avis.

— Angie est pessimiste. Je suis sûr qu’elles vont s’en sortir.

Le Leader et moi échangeons un regard lourd de sens. Sean semble tenter de se convaincre lui-même.

— Comment peuvent-elles encore être en vie après ça…, murmuré-je.

— Elles sont fortes, déglutit l’Hilarant. Leurs cellules de guérison font tout ce qu’elles peuvent pour… pour réparer les… dégâts.

La rage que j’éprouve à cet instant envers moi-même et envers Mélodie est sans égale. Je ne la laisserais plus causer d’autres morts. Il faudrait bien plus qu’un miracle pour qu’elles guérissent. Et puis soudain, son nom me revient.

— Matt ! Il peut faire quelque chose ! Matt peut les sauver ! m’exclamé-je.

— Je l’ai fait venir, ma puce.

Je me tourne vers l’entrée du tunnel la plus proche de moi. Kierân s’approche de nous, et je regrette aussitôt d’avoir parlé à voix haute. Le véritable pouvoir de Matt est un secret pour Kierân. Du moins, il me semble.

— Comment ça, tu l’as fait venir ?

— Comment vont-elles ? s’enquit Sean, la mine rongée par l’inquiétude.

Lorsque Kierân se trouve à quelques mètres de nous, à la faible clarté de la grotte, je suis frappée par son apparence. La cicatrice habituelle qui barre son front est nettement plus voyante que les autres jours. On ne voit presque plus qu’elle. Ses yeux sont creusés. Il tente tant bien que mal d’afficher une expression neutre, mais la douleur se lit sur son visage fatigué.

— Mal.

Sean a un mouvement de recul. Sa lèvre inférieure tremble tandis qu’il se contient pour ne pas exposer son chagrin au grand jour. Quant à Angie, c’est un vrai mur.

— Mais plus pour longtemps, reprend-il. J’ai fait venir Matt. Il va s’occuper d’elles.

Je fronce les sourcils, pas sûre de comprendre s’il est oui ou non dans la confidence.

— Qu’est-ce que t’es en train de dire ?

— Ne lui en tenez pas rigueur, mais je lui ai demandé de mentir, annonce-t-il d’un ton coupable.

Ne pas lui en tenir rigueur ? Elle est bien bonne, cette blague. Angie avait raison. On ne peut pas faire confiance aux métamorphes !

— Tu veux dire que tout ce qu’il nous a raconté est faux ?

— Pas entièrement.

— Tu pourrais peut-être nous apporter davantage de détails ? s’incruste Angie, la colère se mêlant à sa détresse persistante.

— Je n’ai pas toujours su que mon frère était un caméléon. Il a préféré se cacher, non pas par peur d’être tué de mes propres mains, mais par peur d’être banni du groupe.

Le chef des métamorphes s’approche avec précaution de moi. Sans me lâcher du regard, il continue ses explications :

— Je ne tue pas les miens. Et en aucun cas le meurtre n’accroît ma puissance.

Il s’arrête à une distance respectable de moi. Mais peut-être un peu trop proche pour Angie, qui se plante à mes côtés.

— Excepté Matthias, mon armée ne compte aucun autre caméléon. La plupart de ces êtres sont bien trop égoïstes pour appartenir à un groupe et jurer loyauté à leur maître. Je ne recueille que les métamorphes dotés de pouvoir ou aux capacités combatives qui me conviennent.

— Alors pourquoi ne pas avoir banni Matt ? le questionné-je.

— Parce que c’est mon frère. Bannir un membre de ma famille reviendrait presque à m’arracher un bras. J’ai des principes et des valeurs que je m’efforce de respecter. Matthias a dû exceller dans son rôle pour que tu aies une aussi mauvaise image de moi.

Je déglutis.

— Le fait que tu fasses souffrir tous ceux qui te désobéissent ? Que tu tortures ceux qui sont trop faibles pour se métamorphoser ? Ce n’était qu’un mensonge ?

Un sourire amusé se dessine sur le visage douloureux de Kierân.

— C’est ce qu’il a dit ?

Cette fois-ci, il laisse échapper un petit rire.

— Bien sûr que je ne fais pas souffrir ceux qui me désobéissent, pas plus que je ne torture les plus faibles. Je les bannis.

C’est tout ? Je n’arrive pas à comprendre pourquoi je suis déçue. Je veux le détester, lui reprocher des choses. Je ne veux pas commencer à le voir comme un être soudainement normal.

— Il me semble pourtant que Cassie détient encore des séquelles de ta torture. Tu t’es également permis de mener des expériences sur Eva et de séquestrer ma propre sœur. Quelles sont tes excuses, cette fois-ci ?

Kierân accentue son sourire. J’aimerais pouvoir rentrer dans sa tête afin de le comprendre.

— À t’entendre, j’aurais presque l’impression que tu me cherches des défauts uniquement pour repousser le fait que tu commences à t’attacher à moi.

Mon cœur rate un battement. Angie passe un bras autour de mes épaules et fusille le métamorphe du regard.

— Oublie.

Un simple petit mot, que Kierân a bien entendu. Ce dernier observe le Leader d’une lueur de défi.

— Les hurlements se sont arrêtés, intervient Sean.

Les garçons se taisent aussitôt. Plus aucun bruit ne vient perturber l’air frais de la grotte. Sean a raison, les cris ont cessé. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Kierân nous tourne le dos et s’enfonce sans plus tarder dans les tunnels. Je m’élance à sa suite. Angie et Sean m’emboîtent le pas. L’endroit étant très mal éclairé, je dois redoubler de vigilance pour ne pas perdre de vue le chef des métamorphes. Je manque de tomber à deux reprises, si bien que pour être sûr que je m’en sorte sans encombre, le Leader glisse sa main dans la mienne. Kierân n’a même pas répondu à ma question. Quelles excuses aura-t-il pour justifier tout le mal qu’il a fait subir à Tessia, Eva, ou encore Cassie ? Le fait qu’il ait habilement contourné le sujet me pousse à penser qu’il n’en a justement pas.

— Apolline, ne fais pas la conne ! Allez, réveille-toi !

Cette phrase, on l’a tous entendue distinctement. Sean accélère le pas. Nous nous extirpons enfin du tunnel pour débarquer dans une pièce tout aussi lugubre et terreuse que celle où nous étions. Il accourt au chevet de sa sœur, qui est étendue sur une imposante table en pierre, aux côtés de Lucie. Je ne les distingue que par leur taille. Car pour le reste, elles sont méconnaissables. Je réprime tant bien que mal un haut-le-cœur.

— Qu’est-ce qu’elle a ? Qu’est-ce qui se passe ? ! hurle Sean, dégageant les mains de Matt pour soulever le visage cadavérique d’Apolline.

Le métamorphe est penché au-dessus d’elle. Ses jambes sont placées de part et d’autre de son corps frêle. Il tire une mine plus que soucieuse. D’un geste brusque, il repousse Sean et articule, sans prêter attention à l’Hilarant :

— J’ai besoin que tu sois pleinement avec moi, Apolline. Tu voulais me tuer de tes propres mains, tu te souviens ? sourit-il tristement. Alors réveille-toi ! Ce n’est pas en faisant la sieste que tu vas pouvoir atteindre ton but !

— Pourquoi elle ne se réveille pas ? panique le rouquin.

— Je n’en sais rien ! explose Matt. Elle est totalement aveugle, elle n’a presque plus de peau pour la protéger, la plupart de ses os sont déboîtés, et elle ressent une douleur que je n’avais encore jamais expérimentée de toute ma vie !

Sean bascule en arrière et se rattrape au rebord d’une autre table. Angie me lâche la main et rejoint le rouquin afin de poser une poigne solidaire sur son épaule. Les mains de Matt tremblent. Il les laisse glisser le long du corps d’Apolline, à la recherche d’un point précis. Lorsqu’il semble enfin avoir mis le doigt dessus, il ferme les yeux et murmure :

— Allez, Nénette. C’est le moment ou jamais de me prouver que t’es une dure à cuire.

Il plisse les paupières, puis la Talentueuse se réveille brusquement. Son corps est parcouru d’une violente quinte de toux. Elle se penche sur le côté pour vomir, et c’est une immonde flaque de sang qui vient joncher le sol. Je suis complètement tétanisée. Et je ne suis pas la seule. Angie se détourne et se passe une main sur le front, la respiration saccadée. Lorsque Apolline se rallonge sur la table en hurlant, il abat brutalement ses poings sur le mur de pierre qui lui fait face en jurant, la colère pulsant dans ses veines.

La Talentueuse se tord de douleur, avant d’être prise de violents spasmes. Matt la maintient le plus possible, tentant de trouver le point le plus efficace où décharger son pouvoir. Sean a plongé la tête entre ses mains, ne supportant plus ce supplice. Apolline essaie de se débattre, mais la plupart de ses membres ne lui obéissent plus. Finalement, sa respiration se calme. Matt palpe plusieurs endroits à la fois, comme s’il propageait un peu de son pouvoir dans chacune des zones les plus endommagées. Apolline entrouvre les lèvres. Un étrange gargouillement à peine audible en ressort.

— … ue… oi…

— Pas si j’ai une chance de te sauver, articule-t-il, secouant la tête.

La Talentueuse se remet à hurler, et je tourne définitivement le dos à cette scène d’horreur. Mes yeux se posent sur une présence féminine que je n’avais pas remarquée en débarquant ici. Il s’agit de Cassie. Cette dernière est recroquevillée par terre, dans un coin, ses yeux fixant le vide.

— Matthias fait tout ce qu’il peut, tente de me rassurer Kierân.

Je relève des yeux accusateurs sur lui.

— Vraiment ? Et comment puis-je en être sûre ? Avec tous ces mensonges, qui me dit que tout ceci n’est pas qu’une mascarade de plus !

D’un geste gracieux, mais ferme, Kierân prend mon menton entre ses mains et fait pivoter ma tête vers la scène que je tente à tout prix de chasser de mon esprit. Apolline hurle et tente de s’arracher le peu de peau qu’il lui reste tout autour de la poitrine.

— Ça, c’est la preuve qu’il te faut, articule Kierân. Je ne cautionne pas la torture, Evalina. Et encore moins cette horreur. Cette pauvre fille a envie qu’on l’achève. À part la Démone, je ne vois personne d’autre capable d’infliger une souffrance pareille. C’est inhumain.

— La fille qui est juste derrière toi, tu l’as torturée !

— C’est différent, lâche-t-il.

J’écarquille les yeux et laisse échapper un rire nerveux.

— Différent ? C’est ça, ton excuse ? Tu ne vaux pas mieux que la Démone !

— Tu es têtue, ma puce. Terriblement têtue.

— Tu ne m’apprends rien !

Kierân esquisse un sourire alors que je pensais pourtant avoir enfin réussi à l’énerver.

— Pourquoi Lucie ne crie-t-elle pas ? demandé-je, posant enfin la question qui me démange depuis tout à l’heure.

— Matthias l’a déjà guérie.

— Quoi ?

— C’est l’Aimante de votre groupe. Elle n’a peut-être plus ses pouvoirs, mais quelque part au fond d’elle, sa capacité à guérir plus vite est toujours présente. Matthias n’a fait qu’amplifier davantage le pouvoir de ses cellules.

— Pourquoi ne pas nous l’avoir dit plus tôt ?

— Matthias m’a déconseillé de vous en parler. Il veut d’abord s’assurer que son pouvoir fonctionne. Il ne veut pas vous donner de faux espoirs, ce qui est tout à fait compréhensible.

— Après les mensonges qu’il a proférés, j’ai encore du mal à croire qu’il tient à nous.

— À ma demande, me rappelle-t-il. J’ai découvert ses pouvoirs et sa nature de caméléon il n’y a pas si longtemps que ça. Je n’ai jamais rien dit. Je l’ai laissé faire, et le moment venu, je lui ai posé un ultimatum. S’il acceptait d’être celui qui transmettrait le parchemin de la Crypte à la Démone, son secret resterait bien gardé au sein du clan. En revanche, en cas de refus, je le bannissais. Je me doute qu’il ne doit pas avoir une bonne opinion de moi puisqu’il m’a cru sans l’ombre d’une hésitation.

— Pourquoi lui avoir fait croire une chose pareille ? Tu ne pouvais pas choisir quelqu’un d’autre que ton frère pour remettre ce foutu parchemin ? Ce n’est pas comme si les métamorphes manquaient !

— J’avais besoin d’une personne de confiance, avoue-t-il. Et qui d’autre que mon propre frère pour remplir ce rôle ? Je savais qu’il serait fait prisonnier, et je savais qu’il me tiendrait au courant de tes avancées sans rien demander en retour.

De mes avancées ? Alors tout était fait d’avance ? Matt, prisonnier, gardait un œil sur moi.

— Je peux savoir comment te tenait-il au courant ? déclare brusquement Angie.

— Par l’intermédiaire de mon métamorphe aux capacités de téléportation.

— Un quoi ?

Angie et moi nous sommes exprimés en même temps. Le Leader serre les mâchoires et grommelle entre ses dents :

— Tu as un putain de métamorphe capable de se téléporter ?

— Je ne prends que les meilleurs, sourit Kierân.

— Il aurait dû faire sonner l’alarme du Majestueux !

— Ils ne font jamais sonner l’alarme, me répond Angie. Grâce au sang de ta sœur.

— Tu as compris ? s’étonne Kierân. Tu es peut-être moins bête que tu n’en as l’air, jeune Leader.

— Maximilien a compris, le corrige-t-il. Il m’a expliqué que tu avais séquestré Tessia dans le seul but de lui voler le plus de sang possible. En l’injectant à ton armée, le sang d’une demie Gémone leur donne un accès libre au Majestueux. Voilà pourquoi j’ai tenu à vérifier les lieux, l’autre soir, me dit Angie.

— Dommage qu’il ne soit pas ici. Je l’aurais félicité et lui aurais témoigné tout mon soutien pour supporter des lents du cerveau comme vous ! Bien sûr, cela ne te concerne pas, ma puce, ajoute-t-il à mon attention.

Mieux vaut ne pas prêter attention à ce surnom qu’il s’évertue à me donner. Même si je le trouve malsain.

— Ton métamorphe peut partager sa force afin de téléporter d’autres personnes ? le questionne le Leader. Parce que ça expliquerait comment Matt s’est débrouillé pour nous rejoindre aussi rapidement.

Kierân hoche la tête. Angie le fixe d’un œil mauvais. La tension est extrêmement palpable. Et dans ce silence des plus pesants, je constate qu’il n’y a plus le moindre bruit. Plus de cris. Je m’avance jusqu’à la table. Matt est toujours accroupi au-dessus de la Talentueuse. Cette dernière est étrangement calme.

— Elle n’est pas…

— Non, me coupe Matt. J’ai réussi à atténuer la plupart de ses douleurs. Elle s’est seulement endormie.

Je m’apprête à lui demander comment il s’y est pris, mais finalement, je me ravise. Je ne sais plus comment me comporter avec lui. Matt descend de la table pour me rejoindre.

— Evalina… je t’en prie, ne me déteste pas.

Sa voix est atrocement brisée. Ses yeux noirs me renvoient l’image d’un garçon blessé.

— Je n’ai pas eu le choix, insiste-t-il.

— Je sais.

Matt hausse un sourcil. Regarde par-dessus mon épaule. Angie et Kierân viennent compléter le groupe. Ce dernier hoche la tête en direction de son métamorphe.

— Je leur ai tout expliqué.

— T’en es sûr ? Parce que j’ai l’impression d’être redevenu l’ennemi !

La colère de Matt envers Kierân est palpable. Mais les traits du caméléon sont fatigués, si bien qu’il doit prendre appui sur la table pour se tenir debout. Et cela n’échappe pas à Kierân.

— Repose-toi, lui ordonne-t-il. Tu pourras déverser ta colère sur moi plus tard.

— Pour une fois, je suis d’accord avec Kierân, intervient Angie. Pour le moment, je veux savoir si les filles vont bien.

— Bien est un grand mot, grimace-t-il. Je vais devoir les soigner quotidiennement. Ce genre de blessures ne s’arrange pas en seulement quelques heures.

— Elles vont s’en sortir ? le questionné-je.

Matt serre les lèvres et plisse le front.

— Je ne peux pas vous le garantir. Leur convalescence va être longue et périlleuse. Lucie a été la moins touchée. Et grâce à ses cellules de guérison nettement plus fortes que celles des autres Surnaturels, je dirais qu’elle a des chances.

Angie déglutit. Il entrouvre les lèvres pour poser la question que je ne suis pas en mesure d’articuler :

— Quelles sont les chances d’Apolline ?

Le sérieux du regard qu’il renvoie au Leader ne me dit rien qui vaille.

— Elle a été la plus atteinte par ce qui les a frappées. C’est à elle que je pense en parlant de convalescence longue et périlleuse.

— Tu n’as pas répondu à la question, insiste Angie.

— Ses chances sont minces, mais je pense que si elle s’accroche, elle pourra y survivre. Elle est forte. Autant sur le plan psychologique que sur le plan physique.

— Elle a essayé de se tuer, fait remarquer Kierân.

Je lui jette un regard noir. Le chef des métamorphes hausse les épaules et affiche un air non coupable.

— N’importe qui aurait fait pareil. Pour tous ceux qui ne l’ont pas expérimentée, cette douleur est littéralement inimaginable ! Qu’elle ait tenté d’y mettre fin est plus que compréhensible. Mais qu’elle ait arrêté lorsque je le lui ai demandé, c’est la preuve d’un mental hors-norme. Tu n’aurais pas fait mieux qu’elle, dit-il à l’intention de son frère.

— Je n’ai pas la prétention de le penser.

Matt lève les yeux au ciel. Il chancelle de nouveau et tente de réguler sa respiration.

— Aucune des deux n’était dotée d’un Deuxième Souffle ? nous questionne-t-il.

— Je n’ai toujours pas accepté de partager le mien avec Lucie, avoue Angie d’un air affreusement coupable. Quant à Apolline, elle l’a déjà perdu.

— Comment l’a-t-elle perdu ?

— Par ma faute, déclare soudainement une voix féminine.

Je me retourne pour observer Cassie, ses yeux fixés sur notre petit groupe, toujours accroupie dans son coin.

— Elle s’est donné la mort une première fois pour me permettre de retrouver la mémoire. Sans savoir si ça allait marcher, murmure-t-elle.

Matt ouvre la bouche, mais aucun son n’en sort. Il se contente d’observer la Talentueuse, endormie, comme s’il la redécouvrait. Et je prends conscience qu’il n’a jamais menti à propos de ses émotions. Il a toujours été vrai. C’est lorsque nous évoquions Kierân qu’il se braquait.

— Dommage qu’elle ne descende pas de parents métamorphes, articule Kierân tout bas, comme pour lui-même. Elle aurait fait des merveilles.

Matt hoche la tête pour approuver les dires de son frère.

— J’en connais un qui pourrait lui aussi faire des merveilles, déclare-t-il, les yeux rivés sur le Leader.

— N’essaie même pas de me rallier à votre cause.

— Tu pourrais juste nous prêter main-forte de temps à autre, suggère Kierân.

— Tu as l’air d’oublier que je ne suis pas comme vous.

— Pour l’instant.

Un bref éclair de colère traverse le regard d’Angie.

— Qu’est-ce que tu insinues ?

— Que tu ne pourras pas contenir ta vraie nature encore bien longtemps, déclare Kierân, un sourire aux lèvres. Je ne connais que très peu de demi-métamorphes qui sont parvenus à vivre ainsi toute leur existence.

— Considère-moi comme l’un d’entre eux.

Kierân pose un index sur son menton.

— Toi, tu es tempétueux. Agressif. Impulsif. Constamment en colère… et passionné. Autrement dit, tu n’as pas le profil pour échapper à ce qui t’attend.

Angie refuse de devenir ce qu’il déteste le plus au monde, et Kierân est en train de lui faire peur. Je glisse ma main dans celle du Leader et rétorque :

— Tu ne connais pas Angie.

Kierân hausse les sourcils.

— Non, en effet. Mais je connais les deux façons de faire d’un demi-métamorphe un métamorphe à part entière. Et crois-moi, je pense très fortement qu’il ne résistera pas à l’une d’entre elles.

— Deux façons ? soulève Angie.

Kierân hoche la tête. Moi, je suis tout ouïe.

— L’une d’entre elles n’est pas connue du grand public, mais c’est pourtant la plus utilisée. Seulement, la plupart des métamorphes y ayant recours se sentent honteux d’avoir opté pour ce choix.

— Et quelles sont-elles ? m’exclamé-je. Les deux façons ?

Angie me lance un regard outré.

— Quoi ? Quand je te pose la question, tu ne me réponds pas ! rétorqué-je.

— Vraiment ? Tu ne lui as pas dit ? rigole Kierân. Voilà qui renforce mes soupçons. Tu sais aussi bien que moi que tu pourrais avoir recours à la première option, et ça, c’est ce qui te terrifie.

— Tu ne sais pas de quoi tu parles ! s’énerve le Leader.

— Est-ce que quelqu’un pourrait répondre à mes questions ? soupiré-je.

Kierân porte son regard sur moi.

— Je suis là pour ça, ma puce.

Je grimace.

— Puisque tu viens de la Terre, tu connais sans doute le mythe du loup-garou ? reprend-il.

J’opine de la tête.

— Ce mythe est fascinant, murmure-t-il. Il correspond en tout point à notre transformation. Il suffit de se faire mordre par un métamorphe loup, puis de laisser le venin contenu dans ses crocs se mélanger à celui des cellules transmutantes du demi-métamorphe afin de déclencher l’animal qui sommeille en lui.

— Ces métamorphes sont rares, non ?

— Excepté Matthias, qui peut se transformer en n’importe quel animal, je n’en possède qu’un parmi toute mon armée, me confirme-t-il. Il m’est très utile. C’est d’ailleurs également celui-ci qui sait se téléporter.

Je suis fascinée par ce monde. Je me demande à quoi pourrait bien ressembler l’animal d’Angie s’il devait un jour basculer de l’autre côté.

— Pourquoi avoir honte de choisir cette option ? demandé-je.

— Parce qu’elle n’est rien comparée à la première, déclare Kierân, le regard braqué sur Angie.

— Elle n’est pas obligée de savoir, grogne ce dernier.

— Elle a envie de savoir, rétorque le chef des métamorphes.

Je serre un peu plus fort la main du Leader. Quelle que soit cette première option, je suis prête à l’entendre. Si Kierân pense qu’Angie n’y résistera pas, il est même plus que nécessaire qu’on me tienne au courant.

— On ne t’a sans doute jamais raconté cette histoire, mais sache que la Gémone originelle avait horreur des métamorphes. Elle les considérait comme une erreur parmi ses créations, des bêtes qui n’avaient rien à faire sur ses terres, lâche Kierân d’un ton amer. Elle les a donc châtiés. Au commencement, nous étions tous caméléons. Capables de nous transformer en n’importe quel animal qui nous venait à l’esprit. Mais la Gémone nous a retiré ce droit, limitant nos transformations à un choix ridicule. Certains ont réussi à échapper au sort, et c’est d’eux que descendent les caméléons d’aujourd’hui. Malheureusement, elle ne s’est pas arrêtée là. En plus de limiter nos transformations, elle les a aussi bloquées. Les métamorphes sont des êtres sombres, calculateurs et sournois, alors quoi de pire qu’un sacrifice pour déclencher leur pouvoir ?

Je fronce les sourcils.

— Il faut… sacrifier quelqu’un ?

— Non, il faut se sacrifier pour quelqu’un. Donner sa vie pour autrui, si tu préfères.

Un sacrifice ? Et c’est mon ancêtre qui en est à l’origine… Cela requiert énormément de courage, de détermination, mais également d’amour à l’égard d’autrui. Ce ne sont clairement pas les valeurs premières des métamorphes, et c’est sûrement ce qui doit leur poser problème. La deuxième option doit leur apparaître comme une facilité.

— Pourquoi la Gémone a-t-elle laissé la morsure de loup comme autre option ?

— Ce n’est pas elle qui en est à l’initiative. Elle est morte avant de savoir que les métamorphes avaient trouvé une autre solution d’eux-mêmes. La Gémone n’a jamais pris le temps de nous connaître, soupire Kierân.

Toujours connaître son ennemi avant de l’attaquer. C’est une notion qu’a parfaitement enregistrée Kierân. Par exemple, pour nous, il a vite compris que la faille des Surnaturels était leur mésentente. Il s’en est servi plus d’une fois. Il a aussi profité des moments passés avec la Démone pour l’observer. Il sait par exemple qu’elle se débrouille toujours pour ne pas rassembler ses ennemis au même endroit.

— Nous sommes en pleine période de guerre, reprend Kierân à l’intention d’Angie. Tu as des personnes auxquelles tu tiens énormément. Qui sont en danger. Et tu penses toujours pouvoir échapper au sacrifice ?

Je sens la main du Leader trembler contre la mienne. Le besoin de prendre sa défense me pousse à rétorquer :

— Angie est l’une des personnes les plus fortes que je connaisse. Alors s’il dit qu’il arrivera à réprimer ce qui l’attend, je le crois. Et tu devrais en faire autant.

Mais Kierân secoue la tête de droite à gauche, une expression indéchiffrable placardée sur le visage.

— J’étais comme lui, avant. Je n’appréciais pas ce que j’étais et je me pensais suffisamment fort pour échapper à la transformation. Pourtant, me voilà chef d’un clan de métamorphes.

Ma curiosité est piquée au vif.

— Bon, je pense qu’il est temps de rentrer chez vous ! annonce soudainement Matt. On prendra soin des filles, ne vous en faites pas.

Son changement de sujet afin de protéger son frère est tellement grossier qu’il ne fait qu’augmenter ma curiosité à l’égard de Kierân.

— Hors de question de les laisser seules avec vous.

Je suis d’accord avec Angie. Je ne leur fais pas confiance.

— Dans ce cas, vous allez devoir rester ici, déclare Kierân. Ce n’est pas ma résidence principale, c’est donc assez petit. Mais j’ai quelques chambres de libres à l’étage.

Des chambres de libres ? Je croyais que cet endroit n’était qu’une vulgaire grotte et rien d’autre. La possibilité que Kierân y ait aménagé de véritables pièces me paraît loufoque.

— C’est d’accord, déclare Angie. Juste le temps de leur convalescence.

Vivre avec eux doit sans doute s’apparenter à un véritable cauchemar pour lui, mais il est prêt à tout lorsque des vies sont en danger.

— Tu es sûr de toi ? Je ne voudrais pas qu’il y ait un malentendu et que vous m’accusiez à tort de séquestration.

— Je préfère encore rester ici plutôt que de laisser les filles sans surveillance, affirme-t-il.

— Matthias, dis-moi, quand seront-elles pleinement rétablies ? demande Kierân.

— Je dirais… deux à trois semaines de convalescence.

— Quoi ? m’écrié-je, en lâchant la main d’Angie.

— On dirait que vous allez rester ici un petit bout de temps, sourit Kierân.

Ses yeux verts pétillent lorsqu’il ajoute :

— Ne faites pas cette tête. On va bien s’amuser.

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Surnaturels #2Transformation Partie1   Bientôt chez Inceptio

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Surnaturels #2Transformation Partie1   Remerciements

RemerciementsNous voici arrivés au milieu de l’aventure. Déjà trois tomes qui ont eu la chance de voir le jour… et j’ai toujours autant de mal à réaliser ! Je suis incroyablement contente d’en être arrivée là. Ça n’aurait jamais été possible sans les deux meilleurs éditeurs au monde (je suis très objective). Guillaume et Ophélie, merci tellement de me permettre de vivre tout ça. Je ne le dirai jamais assez, mais je suis vraiment admirative de tout le travail que vous fournissez au quotidien, de votre patience avec les pavés que sont les tomes de Surnaturels avant les corrections, de votre efficacité, de votre minutie, de votre gentillesse, de votre considération, de votre énergie, de votre talent… et j’allais conclure en parlant de l’humour, mais je crois que pour l’un des deux, ça ne s’applique pas… (Je suis en train de culpabiliser d’avoir dit ça dans mes remerciements.) Vous méritez tellement d’aller loin. Cette maison d’édition inceptionnelle est une véritable pépite.Et

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