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Chapitre 23Détruite

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"publish date: " 2021-06-25 17:27:56

Chapitre 23Détruite

— Tu avais promis que tu veillerais sur elle !

— Je n’y ai pas failli !

— Tu plaisantes ? !

Ses yeux noirs sont furieux. Je fixe Angie, mais celui-ci secoue la tête, ne comprenant pas plus que moi ce qu’il se passe. Kierân nous observe et se mord la lèvre, embarrassé par toutes ces paires d’yeux scrutant sa discussion houleuse avec June. Presque tous sont là, devant les douches. Il ne manque que Matt et Tarek.

— Elle est saine et sauve, ton hystérie n’a pas lieu d’être.

— Je ne sais pas ce qui me retient de t’éclater la gueule contre un mur ! hurle-t-elle, agrippant brusquement l’imperméable de Kierân.

Raphaël se précipite pour la repousser. Le regard de June est fou. Fou de rage et de haine. Lacnas se plante devant nous, écarte les bras et nous ordonne d’aller voir ailleurs, mais aucun des Surnaturels ne veut louper une miette de ce qui se joue en face d’eux. Moi la première.

— Ça fait deux fois, Kierân ! Deux fois que tu la laisses sans surveillance ! Tu es bien chanceux qu’elle soit revenue, parce que si ça n’avait pas été le cas, je te jure que ton petit secret aurait été dévoilé !

Les yeux de Kierân s’agrandissent.

— Nous avons un accord, June.

Cette dernière ricane amèrement et tente de provoquer de nouveau le chef des métamorphes. Raphaël s’apprête à répliquer, mais Kierân lève une main pour l’en dissuader.

— Un accord que tu as manqué de briser, et pas qu’une fois ! crache-t-elle.

— Si tu veux en parler, tu ne le feras pas ici, déclare-t-il, reculant pour l’inviter à le suivre.

Mais June refuse de bouger. Elle croise les bras sur sa poitrine.

— Je veux la voir.

— Pas maintenant, tranche sèchement Kierân.

— Oh, tu as peur qu’ils te voient comme celui que tu es vraiment ? sourit perfidement June en nous pointant du doigt.

À cet instant, je ressens très clairement la peur de Kierân. C’est exactement la même que celle de tout à l’heure, lorsqu’il a refusé de me dire ce qui se cachait derrière cette fameuse porte.

— Laisse-moi-la voir, répète June.

— Tu n’as pas pris ton médicament.

La métamorphe enfonce violemment son poing dans le mur puis tourne son visage vers le mien.

— Evalina, j’ai quelque chose à te dire.

— June, panique Kierân, non.

— Tu savais q…

— Ça suffit ! hurle-t-il.

La métamorphe esquisse un sourire satisfait. Pas un bruit ne vient perturber la scène surréaliste qui se joue devant nous. Je n’avais encore jamais entendu Kierân hurler ainsi.

— C’est bon, articule-t-il plus calmement.

Il se racle la gorge, et prenant soin d’éviter nos regards, il poursuit :

— Elle sera de retour dans quelques minutes. D’ici là, fais-moi plaisir, prends ton médicament.

June crache par terre en guise de réponse et Kierân quitte le couloir sans un mot, Raphaël lui emboîtant le pas. Je suis à deux doigts de les rattraper. Parce qu’il y a clairement quelque chose que je dois savoir. Quelque chose qui me concerne et dont June est au courant. Ces deux-là m’avaient l’air très complices, notamment la première fois où je les avais aperçus ensemble, dans le hall du Majestueux. Mais aujourd’hui, c’est comme si ce temps était révolu.

— Bougez, il n’y a plus rien à voir ! nous hurle June à la figure, avant de nous tourner le dos et de rejoindre les douches.

Je peux apercevoir au loin les vêtements que j’avais demandés, proprement posés sur l’un des lavabos blancs. Je sens qu’une très mauvaise idée est en train de germer dans mon esprit.

— Vous avez entendu June, le spectacle est terminé. Soyez aimables et rejoignez vos appartements privés, déclare Lacnas.

Le métamorphe est assez grand. Il a de longs cheveux noirs soigneusement rassemblés en un chignon lâche et des piercings aux oreilles, ainsi qu’un autre à la langue. Je distingue à travers son tee-shirt une multitude de colliers et pendentifs. Ses ongles sont vernis de noir. Son allure générale renvoie un charisme différent des autres. Plus rebelle, plus sauvage. Les bras croisés, il attend visiblement que nous déguerpissions.

— Soyez aimables et rejoignez vos appartements privés, marmonne Sean d’un ton moqueur.

Cassie pouffe de rire. Le métamorphe se tourne aussitôt vers l’Hilarant.

— Qu’est-ce que tu viens de dire ?

Sean hausse innocemment les épaules.

— T’as un problème avec moi, le rouquin ? continue Lacnas, se rapprochant dangereusement de Sean.

Ce dernier, à la surprise générale, acquiesce.

— Et quel est-il ?

— Depuis que l’on vous côtoie, l’un des nôtres est mort. Et maintenant, ce sont Lucie et ma sœur qui vont mal ! Votre arrivée a déclenché une vague de malheurs dont je ne parviens toujours pas à voir le bout ! Je me fais peut-être discret, mais je n’en pense pas moins.

— Je peux comprendre vos réticences. Mais sachez que je vous suis reconnaissant pour ce que vous avez fait, déclare-t-il à l’ensemble du groupe. La Démone était prête à me tuer et vous m’avez sauvé la vie. C’est pourquoi je me montre clément avec vous. Maintenant, si vous avez un probl…

— Clément ? ricane Angie.

Tien, je me demandais combien de temps ça lui prendrait avant de l’ouvrir.

— Oui, clément. Dois-je te rappeler que mon pouvoir me permet de torturer tous ceux que je souhaite ? J’aurais pu en user pour vous faire décamper, mais je me suis abstenu. Si tu n’appelles pas ça de la clémence, alors qu’est-ce que c’est ?

— De la manipulation mentale, répond-il. Nous faire croire que vous êtes de notre côté pour ensuite mieux nous poignarder dans le dos.

— Tu es libre de penser ce que tu veux. Je ne veux pas me fatiguer à raisonner un gars qui s’est déjà fait sa propre opinion, et ce, avant même de nous connaître.

Lacnas reporte son attention sur Sean.

— Je peux comprendre ta colère envers les miens. C’est vrai, nous avons tendance à n’apporter que des problèmes autour de nous, reconnaît-il. Mais Kierân travaille énormément dessus. Je ne tiens pas à être celui qui réduira ses efforts à néant, alors s’il vous plaît, retournez à vos occupations. Ne cherchez pas à comprendre des choses qui ne vous concernent pas.

Après quelques secondes de réflexion, Sean prend la sage décision de retourner auprès de sa sœur, l’entraînant avec lui. Lacnas se tourne ensuite vers le Cerveau et le Fidèle. Ce dernier pousse un long soupir puis finit par emboîter le pas de Maximilien. Angie me tire par la main, mais je ne bouge pas. Si je veux me rapprocher de la vérité, je sais ce qu’il me reste à faire.

— Ev’ ?

— Je vais prendre ma douche, déclaré-je.

— Je crois que tu oublies un détail, m’indique-t-il en pointant du doigt Lacnas.

— Non, justement.

Le Leader me tire jusqu’à lui.

— Il y a d’autres moyens d’accéder à la vérité, me chuchote-t-il.

— On me ferme toutes les portes. Mais June a l’air de savoir quelque chose d’important, et visiblement, elle ne tient plus vraiment à garder le secret. Peut-être vais-je pouvoir obtenir quelque chose d’elle ?

Angie hésite.

— Tu n’as pas à t’inquiéter. Si ça tourne mal, je saurai m’occuper d’elle.

Je lui embrasse tendrement la joue et l’invite à regagner la chambre. Il a beau faire le gros dur, je sais qu’il a du sommeil à rattraper.

— Si elle te touche, je lui refais le portrait.

Je lâche un petit rire. Le regard du Leader s’attarde quelques instants de trop sur mes lèvres, puis il me tourne le dos et s’éloigne dans le couloir. Je rejoins Lacnas, qui n’a toujours pas bougé d’un pouce.

— Qu’est-ce que tu veux ? me questionne-t-il.

— Prendre ma douche.

— Qu’est-ce que tu veux vraiment ?

— Je te l’ai dit, prend…

— Si tu me répètes que t’es là pour prendre ta douche, je vais chercher Kierân.

Je ferme brusquement la bouche.

— Ouais, c’est bien ce que je pensais.

Je me mords la lèvre. Je pourrais me débarrasser de lui d’un coup de poing bien envoyé, mais je doute que ce soit une très bonne idée.

— Si tu te retournes, tu peux voir mes vêtements posés sur le lavabo. J’ai demandé à Kierân qu’on me les apporte, pas plus tard que tout à l’heure.

Le métamorphe se retourne, constate mes dires, et reporte son regard sur moi.

— Pourquoi ne pas attendre que June ait terminé ?

— De quoi je me mêle ? répliqué-je d’un ton sec.

— June n’est pas dans son état normal. C’est juste un conseil que je te donne, avoue-t-il d’une voix moins autoritaire. Attends qu’elle ait fini.

— Laisse-moi passer, Lacnas. Tu me dois bien ça.

Il doit se souvenir aussi bien que moi de ce jour où il m’a torturé. Jamais je n’oublierai cette douleur qu’il m’a infligée. Lacnas déglutit.

— Je suis désolé pour ce que je t’ai fait subir. Mais ce n’est pas comme si j’avais eu le choix, ajoute-t-il.

— Si tu me laisses passer, j’accepte tes excuses.

— T’es vraiment gonflée, ricane-t-il.

— Kierân n’en saura rien.

— June le lui rapportera.

— Elle ne t’a pas vu. Si elle doit lui faire un rapport, elle ne te mentionnera pas. Si tu me laisses passer, je te promets de faire table rase, insisté-je.

— Qui te dit que j’en ai besoin ?

— Ton regard, déclaré-je. Il me dit que tu n’es pas foncièrement méchant et que malgré tes menaces, en réalité, tu n’as pas envie de faire de mal aux gens.

Lacnas ancre ses yeux noirs dans les miens, observe les alentours pour s’assurer que personne n’est témoin de ce qu’il s’apprête à faire, puis se décale enfin pour me laisser passer. Mais au dernier moment, il m’intercepte fermement par le bras.

— Attends au moins qu’elle ait pris son médicament avant de lui parler, me murmure-t-il. En général, elle le prend après sa douche. Et au besoin, n’hésite pas à crier. Je ne serai pas loin.

Je fronce les sourcils, mais acquiesce malgré tout. Je prends une grande inspiration et pénètre dans la pièce commune sans un bruit. Je n’ai pas besoin que June sache qui est ici. Du moins, pas tout de suite. Je file récupérer mes affaires et m’enferme dans la cabine de douche la plus éloignée de la sienne. Je retire mes vêtements et actionne le robinet, ma peau accueillant l’eau chaude avec joie. Plusieurs produits sont disponibles, j’en prends un au hasard. Je frotte le savon sur ma peau tout en réfléchissant au meilleur moyen d’obtenir les informations que je convoite. Ça ne va pas être une partie de plaisir, j’en ai conscience. Mais qui ne tente rien n’a rien. Si Kierân est parvenu à trouver un terrain d’entente avec la métamorphe, pourquoi pas moi ?

Je dresse l’oreille. Le bruit de l’eau qui s’écoule ne me parvient plus. June a dû sortir de la douche. J’enclenche la vitesse supérieure et m’empare du shampoing le plus proche. Son odeur est particulièrement entêtante, mais je n’ai plus le temps d’en changer. Je me dépêche comme je peux, maudissant intérieurement la longueur de mes cheveux. Je les rince à l’eau froide et coupe le robinet. Je crois que je n’ai jamais pris de douche aussi rapidement. J’attrape la serviette et me sèche aussi vite que possible, avant d’enfiler mes vêtements et de m’extirper enfin de la cabine, mes cheveux gouttant encore au sol.

June est penchée au-dessus des lavabos, occupée à décapsuler un tube rempli d’un liquide rouge reconnaissable. Elle l’avale d’une traite. Le sang d’unisus serait son médicament ? June croise mon regard dans le miroir. Un grognement s’échappe de sa gorge. Elle décide de m’ignorer, réajustant sa serviette autour d’elle et démêlant ses cheveux du bout des doigts. Je m’avance. June secoue la tête.

— Tu cherches vraiment les emmerdes, toi.

— Les douches sont ouvertes à tout le monde, June.

— Et en plus de ça, tu me prends pour une conne, rigole-t-elle.

Je ne retiens pas le soupir d’exaspération qui s’échappe de mes lèvres. June frappe alors le lavabo de ses poings.

— Oh non, Evalina. Tu n’as pas le droit de soupirer. Depuis que t’as débarqué dans notre vie, t’as foutu la mienne en l’air ! Si quelqu’un a le droit de soupirer ici, c’est moi ! crache-t-elle en se retournant pour me faire face.

— J’ai foutu ta vie en l’air ? répété-je.

Sans aucune once de gêne, June retire la serviette qui la couvrait. J’écarquille les yeux et lui tourne brusquement le dos. Je l’entends s’habiller. Lentement. Si elle pense que cela va suffire à m’arrêter, elle se trompe lourdement.

— Tu peux me répondre ?

Compte tenu du bruit, je suppose que June vient de nouveau de taper dans quelque chose. Je me retourne, soulagée de constater qu’elle est habillée, mais son regard ne me dit rien qui vaille.

— Le fait que tu l’ignores me donne envie de t’éclater la tête ! Tu n’as aucune empathie !

— Comment ça, pas d’empathie ? De quoi parles-tu ?

La métamorphe s’avance. Elle est un peu plus grande que moi, mais pas de quoi me déstabiliser.

— Je t’ai fait comprendre, à plusieurs reprises, ce que je ressentais vis-à-vis d’Angie. Tu m’as tout simplement ignoré. Tu te fiches royalement de mes sentiments.

Même si ce n’est pas le sujet dont je voulais discuter, je ne peux m’empêcher de réagir à ses propos.

— Tu t’attendais à quoi ? Que je rompe avec lui, juste pour te faire plaisir ?

— Non. Mais tu pourrais au moins avoir la décence de ne pas afficher vos… marques d’affection en public !

Aussi surprenant que cela puisse paraître, je discerne de la peine dans la voix de la métamorphe.

— Ton petit numéro avec Angie, ce n’est pas juste pour m’énerver ?

— Je ne t’aime pas, Evalina. Mais mon comportement a d’autres raisons.

Elle me tourne le dos et se baisse pour ramasser la serviette de douche. Mes yeux sont happés par les cicatrices au bas de son dos. On dirait… d’innombrables marques de fouets.

— Que t’est-il arrivé ?

June n’a pas besoin que je rajoute une précision. Elle sait tout de suite de quoi je parle. Dans la précipitation, elle rentre son débardeur dans son pantalon et fuit mon regard comme la peste. Elle retourne vers les lavabos et ébouriffe ses cheveux avec ses mains pour les faire sécher plus vite.

— Angie est le seul homme que j’ai aimé, avoue-t-elle.

Son changement de sujet n’est pas anodin.

— Je sais qu’il ne partageait pas mes sentiments, mais je m’en fichais. J’étais avec lui. C’est tout ce qui m’importait. Le Majestueux me l’a enlevé, et lorsque enfin je le retrouve, je le vois aux bras d’une autre fille ! Alors oui, j’ai voulu te le faire payer ! Mais tout ce que j’ai réussi à faire, c’est l’éloigner un peu plus de moi, murmure-t-elle.

— Je ne savais pas…

— Oui, tu ne sais rien ! me coupe-t-elle brusquement. Tu ne sais jamais rien ! Et pourtant, c’est toujours toi la responsable !

Je ne comprends rien à son comportement. Un coup la voilà presque sérieuse, un coup la voilà en train de me hurler dessus. Son humeur va d’un extrême à l’autre en l’espace de quelques secondes seulement.

— Tu m’as volé Angie, continue-t-elle, et maintenant Kierân ?

— Kierân ? Mais de quoi tu parles ? J’ignore ce qu’il se passe entre vous deux, mais sache que je ne lui réclame pas cette attention qu’il me porte. Tu peux te le garder, je n’en ai rien à faire.

— Le problème, c’est que lui ne s’en fiche pas ! Il parle constamment de toi, c’est insupportable ! hurle-t-elle, balançant au sol un verre rempli de brosses à dents.

Sa respiration est chaotique. Elle s’appuie contre le mur, chancelante, puis finalement, elle se laisse glisser contre celui-ci. Elle ramène ses genoux jusqu’à sa poitrine et ferme les yeux.

— June. Il faut que je sache ce que Kierân nous cache, articulé-je.

— Crois-moi, je rêve de te le dire… rien que pour te voir t’enfuir d’ici à toutes jambes, ricane-t-elle. Mais je ne peux pas.

— Pourquoi ?

— Parce que j’ai conclu un marché avec Kierân. Et si je le romps, je mets quelqu’un en danger.

— Anne ? me risqué-je à lui demander.

Ses yeux noirs s’écarquillent de surprise.

— Tu la connais ?

— Elle… euh… c’est elle qui est venue me trouver tout à l’heure. J’ai vite compris que Kierân et toi parliez d’elle.

June se relève d’un bond.

— Tu l’as vue tout à l’heure ? Après qu’elle ait téléporté le reste du clan ?

J’acquiesce. Elle réduit la distance entre nous, les yeux fous d’inquiétude.

— Comment allait-elle ? Tu lui as parlé ?

— Je n’ai pas vraiment eu de conversation avec elle, elle avait l’air assez timide. Mais oui, j’ai pu lui parler.

— Pauvre cruche ! grogne June, son visage reprenant ses traits de colère. Anne n’est pas timide, elle est muette. Kierân a promis de veiller sur elle. En échange, j’ai promis de le servir.

Elle tourne la tête et plante son regard dans le mien.

— Le servir implique d’obéir à chacun de ses ordres. Je ne peux donc pas t’apporter la réponse que tu cherches. Si je le trahis, c’est Anne qui en pâtira.

— Ça m’étonnerait que Kierân veuille se débarrasser de son métamorphe au pouvoir de téléportation.

— Il ne veut pas la garder parce qu’il a peur de s’attacher à elle. Crois-moi, c’est une raison suffisante à ses yeux pour la bannir. Il l’a déjà fait avec d’autres. Je ne vois pas pourquoi Anne serait une exception à ses yeux.

June rassemble ses cheveux en un chignon serré. J’ai tout le loisir de l’observer. Ce qu’elle ne semble pas savoir, c’est que Kierân s’est attaché à la fillette. L’inquiétude que j’ai sentie dans la voix du chef lorsqu’il l’a rappelé à l’ordre tout à l’heure prouve qu’il tient à elle. « Il l’a déjà fait avec d’autres… » Et j’ai du mal à croire qu’il bannisse les personnes auxquelles il a peur de s’attacher. Dans ce cas, Raphaël serait parti depuis longtemps.

— Qu’est-ce qu’elle te voulait ?

Je me mords la lèvre. Et la métamorphe se met à rire.

— Elle t’a montré la fameuse porte ?

J’opine doucement de la tête. June ne cesse de murmurer le mot « incroyable » entre ses lèvres. Elle rejoint le mur et s’y laisse de nouveau glisser. Ses ongles tapotent le sol dans une mélodie disharmonieuse.

— Cette gosse est incroyable, ricane-t-elle. Te montrer cette porte était mon idée. Malheureusement, Kierân me lâche rarement du regard. Les seuls moments de paix dont je dispose sont ici, dit-elle, pointant du menton la pièce où nous sommes.

— Tu as la clé ?

— Non, Kierân la garde toujours sur lui. J’ai bien tenté de la lui prendre, mais j’ai toujours échoué. C’était mon plan. J’ai dissuadé Anne de le mettre en œuvre. Du moins, je croyais l’en avoir dissuadé.

Je me rapproche de la métamorphe. Elle semble plus calme et encline à la discussion. Je crois que son médicament fait vraiment des miracles.

— Anne a vite compris que je me porterais bien mieux sans toi, reprend-elle, rouvrant des yeux dégoûtés sur moi. C’est sans doute pour ça qu’elle t’a montré la porte.

Quoi qu’il s’y trouve derrière, June a l’air persuadée qu’après l’avoir vu, je m’enfuirai loin d’ici. Je savais qu’obtenir des réponses ne serait pas une partie de plaisir, mais je n’imaginais pas que ce serait aussi difficile.

— Pourquoi est-elle muette ? Est-ce qu’elle a eu… un accident ?

— Un accident ? répète-t-elle amèrement. Oh non, ça n’avait rien à voir.

D’un coup de pied, elle envoie contre le mur opposé l’une des brosses à dents tombées au sol. Je l’évite de justesse.

— Ses parents étaient fatigués de l’entendre parler. Alors ils lui ont coupé la langue.

— Comment… comment des parents peuvent-ils…

— … faire ça ? termine-t-elle à ma place. Tu serais surprise de savoir qu’il existe bien pire. Anne a été adoptée, mais ils n’ont pas été mis au courant de sa véritable nature. Les responsables des foyers d’accueil préfèrent ne pas l’ébruiter. Ils pensent que s’ils laissent les parents adoptifs le découvrir par eux-mêmes, avec de la chance, ils se seront déjà attachés à l’enfant et ne l’abandonneront pas. Dans certains cas, cette méthode fonctionne. Mais dans le cas d’Anne, ils n’ont pas hésité à la dénigrer et à la traiter comme un pauvre animal dès qu’ils ont su ce qu’elle était.

J’en ai les larmes aux yeux. La majorité des métamorphes se voit persécutée sans aucune raison. Juste parce qu’ils sont nés ainsi. Ça me tue de l’avouer, mais je comprends désormais très bien pourquoi Kierân tient à changer cette situation. C’est du racisme d’une extrême violence. Ils sont accusés de vouloir mener une guerre, mais la vérité, c’est qu’ils ne font que se défendre contre ce système injuste.

— Les parents sont tous des cons, grogne June.

— Ils ne sont pas tous comme ça.

— Tu as raison, dit-elle, le regard vide. Il y en a qui sont pires.

Elle me ferait presque de la peine. J’ai bien dit « presque ». Je me souviens très bien de ses paroles lors de notre rencontre, lorsqu’elle avait avoué le meurtre de ses parents.

— Tu as tué les tiens, lui rappelé-je d’une voix dure.

— Possible.

— Possible ? Tu t’en es toi-même vanté en face de ton frère !

— Il vaut mieux que Bastian s’accommode de cette version des faits.

Je fronce les sourcils et m’accroupis en face de June, mais elle fuit mon regard.

— Tu lui as menti ?

— La vérité fait parfois plus de mal que le mensonge, Evalina.

Je passe une main dans mes cheveux encore trempés – qui d’ailleurs me semblent étrangement plus lisses que d’ordinaire –, mais je n’ai pas le temps de m’en préoccuper. Toute mon attention est accaparée par June.

— Tu ne les as pas tués, alors ?

— Oh, si !

— Alors quoi ? Quelle est la version des faits que tu as changée ?

— En quoi est-ce que ça peut bien t’intéresser ? marmonne-t-elle, croisant ses bras sur sa poitrine.

— J’ai juste… je suppose que c’est simplement de la curiosité.

Je m’apprête à me relever, lorsque la métamorphe pose une main sur mon bras. Je me fige. Je m’attends à tout moment à ce qu’elle me plante ses ongles dans la peau, qu’elle me repousse brutalement, qu’elle me casse les os ou bien qu’elle me torde le poignet, mais rien de tout ça ne se produit. Lorsque je lève des yeux prudents sur son visage, je suis surprise de la voir aussi calme. Peut-être a-t-elle oublié de remettre son masque en place ? Elle me répond d’un ton amer :

— Bastian a toujours vu nos parents comme des saints. Mais pas moi. Je savais bien qui ils étaient. Je m’opposais très souvent à eux, et mon propre frère s’est mis à avoir peur de moi. Il était petit, il ne pouvait pas comprendre ce qui se passait au sein même de la maison, rigole-t-elle tristement. Je le gardais enfermé dans la cave quand l’heure arrivait, mais il me suppliait de le laisser sortir. Alors je lui faisais peur. Je me transformais, et parfois même, je le blessais. À l’époque, je n’avais aucun contrôle sur mon animal… Mais c’était toujours mieux que de le laisser face à cette horreur.

June lâche mon poignet. Sa main glisse sur le sol. Elle a relevé le visage. Son regard est vide. Atrocement vide. Ici, au beau milieu de cette pièce froide, sous le son des gouttes d’eau qui perlent des robinets, l’image que June me renvoie est celle d’une fille détruite. Elle n’est pas blessée. Elle n’est ni perdue ni brisée. Elle est détruite.

— Cette horreur ? murmuré-je.

Sa peau se couvre de chair de poule. Elle ramène ses genoux contre sa poitrine et je comprends qu’elle n’ira pas plus loin. Mais c’est déjà bien plus que je n’aurais pu imaginer.

— June, pourquoi est-ce que tu me racontes tout ça ?

— J’en ai assez de jouer la méchante. Mais puisque tu me détestes, j’imagine que tu n’iras raconter ça à personne. Et c’est tant mieux. J’ai dû également abuser de mon médicament, je dois probablement être shootée, ricane-t-elle.

Je pousse un soupir.

— J’espère que tu te souviendras que c’est toi qui m’as parlé de tout ça, que je ne t’y ai forcé en rien.

June tapote ses lèvres du bout des doigts.

— Ça dépendra de mon humeur.

— Et… est-ce qu’il t’arrive d’être de bonne humeur ?

— Seulement lorsque je ne vois pas ta tronche. Et tu me dois un shampoing.

— Quoi ?

June attrape quelques mèches de mes cheveux entre ses doigts, puis les laisse retomber contre mon corps.

— Le shampoing lisse. Il est à moi. Tout le monde sait qu’il ne faut pas y toucher.

— Merde.

June se met à rire.

— Nos shampoings sont faits à base de sang d’unisus. Personne ne t’a prévenu ? Certains peuvent t’apporter un brushing particulièrement tenace que même les meilleurs coiffeurs ne sauraient reproduire. Ils sont particulièrement onéreux.

— Il y a du sang d’unisus dans vos shampoings ? répété-je avec une grimace de dégoût.

C’est apparemment la seule chose que mon cerveau a retenue. Je crois que plus jamais je n’irais me laver les cheveux sans vérifier d’abord l’étiquette.

— Tu n’es vraiment qu’une petite nature, ricane June.

Sa tête repose contre le mur. Ses yeux se ferment à moitié. On dirait que la fatigue l’emporte. Lorsque je pose mes mains sur elle pour l’aider à se relever, je suis surprise par la température de sa peau. Elle est brûlante. Elle semble atrocement faible. Elle n’a même pas cherché à repousser mon contact. Ce n’est définitivement pas normal.

— June ?

Elle rouvre les yeux.

— Je vais t’aider, articule-t-elle.

— M’aider ?

— Je perds mon sang-froid très facilement. Si je me mets à frapper un mur pour évacuer ma colère, Kierân ne trouvera pas ça bizarre.

Je fronce les sourcils, ne comprenant rien à ce qu’elle me raconte.

— Où veux-tu en venir ?

— On ne pourra pas le faire aujourd’hui, mais dans les jours à venir, il faudra trouver un prétexte pour rassembler le clan en bas. Je me débrouillerai pour m’éclipser. Je te ferai signe de monter, dit-elle faiblement, ses paupières luttant contre le sommeil. Je frapperai une fois. Au deuxième coup, tu démonteras le loquet de la porte, ça devrait suffire. Kierân pensera que le bruit vient de moi. Il ne se doutera pas que sa pièce secrète a été vandalisée, sourit-elle. Mais tu devras faire vite.

— Pourquoi est-ce que tu tiens tant que ça à m’aider ?

— Je te l’ai dit, murmure-t-elle. Parce que je veux que tu t’en ailles.

Ses paupières se ferment et sa tête tombe lourdement contre le pied du lavabo. Je presse ses mains pour obtenir une réaction. Sa peau est encore plus brûlante que tout à l’heure. Je l’appelle une première fois. Puis une seconde, cette fois-ci, un peu plus fort. Cela ne suffit pas à la faire réagir. En revanche, ça a suffi pour alarmer Kierân. Ce dernier passe la tête dans l’entrée de la pièce. Son regard se pose d’abord sur moi, puis sur la métamorphe. Ses yeux s’écarquillent. Il se précipite jusqu’à nous. Il s’accroupit en face de June et prend son visage entre ses mains. Je me pousse pour lui faire de la place.

— June ! l’appelle-t-il. June, réveille-toi !

La métamorphe reste inconsciente.

— Il ne faut surtout pas que tu t’endormes ! insiste-t-il. Quelle dose as-tu prise ?

Elle entrouvre les yeux l’espace d’une seconde, avant de les refermer aussitôt.

— Elle a vidé la fiole, dis-je.

— Elle n’est pas censée en prendre plus de la moitié, dit-il d’une voix emplie de colère.

Il lâche le visage de la métamorphe et plonge la main dans son grand manteau noir. Il en ressort une aiguille avec un étrange liquide à l’intérieur, puis il déchire brutalement le haut de June.

— Tiens-la bien fermement, m’ordonne-t-il.

J’obtempère et pose mes mains sur les épaules de June. Kierân respire un grand coup.

— Je suis désolé, June. Mais ça va faire mal.

Il plante l’aiguille au niveau de sa poitrine et injecte le liquide à l’intérieur de son corps. La métamorphe rouvre brusquement les yeux, tente de se relever, mais je la maintiens fermement. Elle serre les mâchoires et agrippe mes bras à l’aide de ses mains. Elle a beau être crispée de la tête aux pieds, aucun cri ne s’échappe de sa bouche. Lorsque Kierân retire l’aiguille, June est à deux doigts de s’évanouir. Elle lâche mes bras et le chef des métamorphes me fait signe de l’aider à la relever. Je m’exécute aussitôt. June arrive à peine à se tenir debout, alors Kierân la soulève pour la prendre dans ses bras. Je regarde la scène sans dire un mot. Il se ment à lui-même. Il prétend être un homme sans sentiment, mais dès que l’un de ses métamorphes est en danger, il accourt et donne son maximum pour lui venir en aide. Il est bien plus « humain » qu’il ne le laisse croire.

— Qu’est-ce que tu lui voulais ? me questionne-t-il.

Je me racle la gorge et adopte sa technique favorite : répondre à la question par une autre question.

— Comment as-tu su qu’elle n’allait pas bien ?

— Elle ne passe jamais plus de vingt minutes dans les douches, dit-il en baissant son regard sur June. Ce n’est pas la première fois qu’elle abuse de son médicament.

— Il lui sert à gérer son tempérament ?

— Entre autres, me répond-il. Il est efficace pour la calmer, mais à trop grande dose, son rythme cardiaque peut diminuer dangereusement. Jusqu’à s’arrêter.

J’observe la métamorphe, inerte, sans défense dans les bras de Kierân. Je ne sais plus quoi penser d’elle. Je m’étais imaginé notre discussion houleuse. Mais à aucun moment je n’aurais pensé faire face à… ça.

— Tu n’as pas répondu à ma question.

— Je prenais simplement ma douche et je l’ai trouvée ainsi.

Kierân soupire.

— Le jour où tu seras honnête envers moi, surtout, préviens-moi.

Il se décale sur le côté pour me laisser passer. Je récupère mes affaires et m’éloigne sans un mot. Je grimpe l’escalier menant aux chambres. Je n’arrive toujours pas à croire que June m’ait proposé son aide. Certes, elle ne l’a fait que pour me voir partir d’ici au plus vite, mais tout de même, je n’en espérais pas tant.

À chaque fois que je pense détester un métamorphe de tout mon être, voilà que celui-ci se dévoile sous une autre facette, bien différente de la première. Il ne manquerait plus que Tarek se révèle être un homme tout à fait respectable. C’est si absurde que je manque d’en rire toute seule, au beau milieu du couloir. Toutes les portes sont fermées. Excepté une. Je m’arrête devant la pièce en question. C’est la chambre de Matt. Les lumières sont éteintes. Les bougies murales du couloir me permettent de chasser un peu l’obscurité qui y règne, mais pas assez pour éclairer toute la pièce. J’aperçois juste le caméléon qui est étendu sur son lit.

— Matt ? tenté-je de l’appeler. Qu’est-ce que tu fais ?

— Je dors.

Je lâche un soupir amusé.

— Sérieusement, Matt.

Cette fois-ci, un silence de plusieurs secondes s’écoule. Puis il avoue :

— Je déprime.

— Pourquoi ? le questionné-je en entrant dans sa chambre.

— Tu t’es déjà fait recaler ?

Je m’assieds à ses côtés.

— Recaler ?

— Tu sais, quand tu fais des avances à quelqu’un… et que cette personne t’ignore. Ça t’est déjà arrivé ?

— Pas vraiment.

Il se tourne sur le côté, appuie son coude sur le matelas et pose sa tête contre sa main.

— Tu ne t’es jamais pris de râteau ? me demande-t-il, impressionné.

— J’étais trop timide pour me déclarer, avoué-je.

— Pourquoi ? me questionne-t-il.

— Parce que j’avais peur du refus.

— Mais si tu ne te lances pas, comment peux-tu savoir ce que la personne te répondra ?

— Si j’avais eu un peu plus confiance en moi à l’époque, peut-être que je me serais lancée et que cela m’aurait permis de vivre de belles choses. Mais je n’étais pas dans cet état d’esprit. La peur prenait le dessus.

— Toi ? Evalina ? Tu avais peur de te prendre des râteaux ? me pointe-t-il du doigt. Non mais tu t’es vue ? Qui pourrait te dire non ? Tu es irrésistible !

Je lui donne une tape sur la main et nous rigolons tous les deux.

— Hé, qu’est-il arrivé à tes cheveux ?

— Matt, ne change pas de sujet.

— Moi, je change de sujet ?

— Oui, toi.

— C’est totalement vrai, soupire-t-il, basculant sur le dos.

Il étend ses bras sur le lit. Quelque chose le tracasse, et pas besoin d’être un génie pour en deviner la raison.

— Maximilien t’a mis un râteau ?

— Non.

Je m’assieds à ses côtés et l’observe en silence. Il est très bavard lorsqu’il s’agit des autres, mais dès que le sujet le concerne, il se ferme automatiquement. Je me penche un peu vers lui. Il tourne la tête sur le côté. Je me penche encore un peu. Il attrape mon visage et le tourne de façon que je ne le regarde plus.

— Matt, tu te rends bien compte que tu es ridicule ?

— Et alors ?

— Et alors, je veux que tu saches que tu peux me faire confiance ! Jamais je n’irai répéter à un autre nos conversations si tu souhaites qu’elles restent privées.

Il triture ses mains entre elles d’un air presque gêné.

— Bah… je crois… que… je me suis pris un petit râteau. Mais minuscule, hein ! En fait, je ne lui ai rien demandé… C’est lui qui m’a simplement dit d’arrêter de faire ce que je faisais. Que ça l’agaçait plus qu’autre chose.

— Max’ est différent quand il est à tes côtés, déclaré-je. Il prend de l’assurance, comme s’il tenait à montrer le meilleur de lui-même lorsque tu es dans les parages. Seulement, il ne s’en rend pas compte.

— T’en es sûre ?

— J’avais tendance à repousser Angie parce que j’avais peur, continué-je. Tout était nouveau pour moi.

— Et tu penses que lui aussi a peur ?

— Tout le monde est effrayé par l’inconnu. Du moins, la plupart des gens. Je pense que tu devrais y aller plus en douceur.

Il plisse les yeux.

— Tu n’aimes pas ma technique de drague ?

— Disons qu’elle n’est pas très subtile, pouffé-je.

— Quel est l’intérêt de draguer une personne si celle-ci ne s’en rend pas compte ?

— Je dis juste que sur certains points, tu pourrais te montrer plus discret afin d’éviter de le mettre mal à l’aise.

Les yeux du métamorphe s’illuminent brusquement.

— En fait, je dois juste adopter ma méthode de drague numéro sept !

— Numéro… sept ?

— Tu veux la voir ?

— Je ne suis pas sûre qu…

— OK, tiens-toi prête ! déclare-t-il, en se levant.

Il inspire un grand coup, lève le bras droit et le plie pour faire ressortir ses muscles. Sa main gauche pointe son biceps. Sa langue caresse ses lèvres d’une façon si ridicule que je dois me mordre l’intérieur de la joue pour ne pas rire. Puis il m’adresse un clin d’œil et m’envoie un bisou imaginaire. C’est plus qu’il ne m’en fallait. Je pars dans un fou rire incontrôlable. Matt attrape l’oreiller le plus proche et me le lance en pleine face. Je pousse un cri de protestation et le lui renvoie à mon tour.

— Fais attention, tu risques d’abîmer mon parfait visage ! s’écrie-t-il.

— Qu’est-ce que c’était que ça ? ! rigolé-je, les mains sur les côtes.

— Ma technique de drague numéro sept !

— Et d’après toi, ça, c’est subtil ?

J’essuie les larmes qui me sont montées aux yeux.

— À en juger par ta réaction, je suppose que non.

Il est visiblement vexé. Matt, boudeur ? Je m’approche de lui et ouvre mes bras pour me faire pardonner, même si son numéro m’arrache encore un sourire.

— Non. Pas de câlin.

— Allez, Matt ! Pour me faire pardonner ! Je sais que tu en meurs d’envie…

— Peut-être. Ou peut-être pas… J’ai tout ce qu’il me faut, regarde ! dit-il en serrant un oreiller contre lui.

— Matt… Tu devrais vraiment en profiter, ce n’est pas tous les jours que je propose un truc pareil.

Il recule, sourire aux lèvres. Un vrai gamin. Soudain, il fixe un point derrière moi et se fige. Je me retourne. Mon regard se pose sur Kierân, debout dans le couloir. La porte est grande ouverte, mais il n’a pas l’air de nous avoir remarqués. Il est occupé à essuyer le sang qui coule de son nez. Puis, jetant un regard dédaigneux derrière lui, il s’éloigne sans un mot. Mon cœur bat bien trop vite dans ma poitrine. Il n’y a qu’une seule autre chambre avant celle de Matt. Celle que je partage avec Angie. J’ai soudainement très peur de ce que je vais découvrir.

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