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Chapitre 25Sentiments apocalyptiques

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"publish date: " 2021-06-25 17:27:57

Chapitre 25Sentiments apocalyptiques

Je ne sais pas comment j’ai fait, mais je suis debout. Je fonce dans le couloir à la recherche de la chambre de Kierân. Je sais qu’elle n’est pas loin de celle de Raphaël. Ma panique s’est transformée en rage monstre. Je ne veux plus qu’une seule chose. Le trouver, lui. J’ai envie de crier. D’exploser. De pleurer. Le monde ne tourne plus rond. Il a décidé de se foutre de moi et de basculer à l’envers. Je suis incapable de comprendre ce que j’ai entre les mains. J’ai voulu partir. Prendre la fuite et ne plus jamais remettre les pieds ici. Seulement, j’ai besoin de connaître la vérité. J’ai besoin de le confronter.

Je passe devant les douches et bifurque dans le couloir à droite. La colère embrouille si fort mes sens que je manque de percuter Lacnas. Ce dernier m’adresse une phrase que j’entends à peine, continuant mon chemin. Seulement, il me rattrape. Je le repousse brutalement. Trop brutalement. Son dos vient percuter le mur et il tombe lourdement sur le sol. Mais je détourne la tête et continue ma quête. J’ouvre une première porte. Personne. J’en ouvre une deuxième. Pareille. Mon corps tremble de fureur. Je suffoque sous la haine, la peur, l’incompréhension et la tristesse. Je me plie en deux et pose mes mains au sol. Toutes les portes du couloir explosent simultanément. Des éclats de voix parviennent à mes oreilles. Beaucoup de mouvements aussi. Je me relève tant bien que mal, et c’est alors que je l’aperçois, dans la chambre qui est sur ma droite. Kierân. Raphaël m’interpelle, mais je l’ignore. Je n’ai d’yeux que pour lui. J’entre dans la pièce, l’objet serré dans mon poing droit. Raphaël pose une main sur mon épaule. Je me fige.

— Sors ! hurlé-je brusquement à son attention.

Les objets présents sur le bureau de la pièce se mettent à trembler. Je peine à me contenir. Je le sais. Je le sens. Raphaël déglutit, et après avoir obtenu l’aval de Kierân, il sort de la chambre sans un mot. Je comble les mètres qui nous séparent. D’un mouvement brusque, je plaque l’objet de tous mes maux contre son torse, mes yeux rivés aux siens. Le chef des métamorphes l’attrape avant que je ne le laisse tomber. J’ai envie de lui hurler dessus, mais il y a tellement de mots qui se bousculent que je ne parviens pas à en articuler un seul.

Lorsque ses yeux verts se portent sur l’objet qu’il tient entre ses mains, ils ne reflètent plus que la peur. Il secoue la tête de droite à gauche puis recule, jusqu’à buter contre le lit. Il s’y assied et perd toute contenance. Il me regarde. Regarde l’objet. Ferme les yeux. La panique qui s’empare de lui me frappe de plein fouet. Il plaque une main sur sa bouche, fixant le vide. Je suis à deux doigts de m’écrouler. J’entends vaguement la cohue dans le couloir. Les explosions ont paniqué tout le monde. Lacnas crache l’ordre de n’approcher de la pièce où l’on se trouve sous aucun prétexte.

— Parle, articulé-je enfin.

Il pose ses yeux sur moi. Aucun son ne sort de sa bouche. Je viens lui agripper brutalement sa chemise et lui hurle au visage :

— Dis quelque chose !

Kierân se lève d’un bond, triturant l’objet entre ses mains. Il ouvre la partie centrale et me le plante sous les yeux. Je détourne aussitôt la tête.

— Qui te l’a donné ? me demande-t-il d’un ton glacial.

— Personne.

— Personne ?

Il attrape brusquement mon visage.

— Tu es allée le chercher toi-même ?

— C’est si mal que ça ? le questionné-je, me dégageant de son emprise.

— Je t’avais interdit d’entrer dans cette pièce !

— Et tu croyais quoi ? Que j’allais t’obéir ? Si ça me concerne, j’ai parfaitement le droit de chercher la vérité !

— Certaines vérités ne sont pas bonnes à savoir, Evalina !

Il recule, la respiration haletante, les yeux fous d’une émotion qu’il peine, lui aussi, à contenir.

— Tu n’aurais jamais dû fouiller cette chambre, murmure-t-il.

— Dans ce cas, tu n’aurais jamais dû nous accueillir dans ta grotte ! Tu aurais dû nous laisser nous démerder et mourir aux côtés des filles !

— Tu ne penses pas ce que tu dis.

— Tu aurais dû me laisser à mon sort.

— Evalina…

— Après tout, qu’est-ce que ça peut bien te faire ? Tu n’es qu’un monstre !

— Tu ne sais rien de moi !

— Tout ce que tu veux, c’est pouvoir exploiter mon pouvoir ! Morte, je te serais d’une meilleure utilité que vivante !

— La dernière chose que je souhaite, c’est de te voir morte ! explose-t-il, le souffle court.

Je suis tétanisée par la sincérité de ses propos. J’ai voulu le provoquer. Le pousser à bout, et je crois que c’est réussi. Il dépose l’objet sur le matelas. Il se rassied et enfouit sa tête entre ses paumes un instant, avant de poser les coudes sur ses genoux. Ses doigts tremblent. Je me rapproche pour reprendre l’objet et le refermer. Je suis incapable de voir ça.

— Kierân. Il faut que tu m’expliques.

Je m’accroupis face à lui. Ses yeux me supplient d’une façon si profonde qu’il me serre le cœur. Ma colère s’est quelque peu dissipée. Quand je suis avec lui, mes émotions sont incompréhensibles.

— Ne me demande pas ça, Evalina.

— J’ai besoin de savoir. J’ai besoin que quelqu’un me dise la vérité ! J’en ai plus qu’assez des secrets et des mensonges !

— Tu… tu…

Il s’interrompt. Je pose l’objet sur ses jambes et attrape ses mains, espérant lui prodiguer une quelconque force qui lui permettrait d’aller au bout de ses explications. Qu’il me trouve une logique à tout ça.

— Tu es ma fille.

Incrédule, je regarde le visage de Kierân. Il est on ne peut plus sérieux.

— C’est… une… c’est une plaisanterie. Tu ne peux pas ! ricané-je nerveusement.

Kierân me prend les mains et se lève, m’entraînant avec lui. Mes jambes ne sont plus que du coton sur lequel je chancelle maladroitement. Il m’observe silencieusement, et pour la première fois, je suis capable de mettre un nom sur cette lueur indéchiffrable. Il me regarde comme le ferait un père aimant. Je suffoque.

— Mais… tu… non ! Comment ? À moins que… que tu ne m’aies eu à cinq ans, je ne comprends pas !

Kierân esquisse un sourire et serre mes mains un peu plus fort.

— Je n’ai pas vingt-deux ans, ma puce.

Mon cœur se remet à battre à l’entente de ce surnom. Ma puce. Il prend tout son sens. Kierân se mord la lèvre inférieure, puis déclare :

— J’en ai quarante et un.

Ma bouche est sèche. Je reste interdite. Je veux m’éloigner, mais il me maintient fermement les mains. Les questions affluent dans mon cerveau, seulement, je suis en état de choc. Je ne cesse de me répéter que ce n’est pas possible. Pourtant, il n’y a pas de doute quant à l’émotion que je lis dans les yeux de Kierân. J’ai envie de rire quant à l’absurdité de la jalousie d’Angie. J’ai envie de rire quant à ma propre stupidité. J’ai envie de rire quant à toutes ces fois où il m’a dit que j’étais belle, parce que la façon paternelle avec laquelle il articulait ces mots me saute enfin aux yeux. Et cette envie que j’ai de vouloir me rapprocher de lui. Je veux partir en courant, et pourtant, je ne cherche pas à rompre le contact entre nous deux. Excepté Tessia, je croyais ne plus avoir de famille.

— Tessia ! m’écrié-je. Est-ce qu’elle… tu as… tu as voulu la tuer !

— Tessia n’est pas ma fille. C’est ta demi-sœur.

— Je ne fais aucune différence ! Elle est et restera toujours ma sœur ! Et tu as voulu la tuer !

— Je n’ai jamais voulu ça, me contredit-il. Je ne faisais que te tester. Je voulais savoir jusqu’où tu étais prête à aller. Je voulais t’aider ! Je voulais que tu prennes conscience de la puissance de tes pouvoirs !

— Je ne te crois pas !

— Tu penses que Lacnas n’avait pas entendu Bastian arriver ?

Je fronce les sourcils. Il est vrai que son ouïe infaillible n’aurait jamais pu passer à côté du Séducteur, bataillant des pieds et des mains sous l’eau pour arriver à temps. Je sais qu’il dit la vérité, mais je ne veux pas le croire.

— Et ça ! répliqué-je en reprenant l’objet au sol. Qu’est-ce que ça veut dire ?

— Je l’avais offert à ta mère, murmure-t-il.

Ma mère. Je déglutis. Son souvenir est quelque chose que j’ai repoussé loin, très loin, au plus profond de moi. Penser à elle me faisait trop mal. Kierân est en train de rouvrir cette blessure que j’ai pris tant de mal à soigner. D’un geste doux, il me prend l’objet des mains et ouvre la partie centrale. Je ferme mes paupières.

— C’est un bracelet qui unit nos deux mondes, continue-t-il. Il a été confectionné à Réturis et la photo a été prise sur Terre.

Mon cœur pulse à une vitesse folle. Je me mords la lèvre pour empêcher les larmes de couler.

— Regarde-le.

Je refuse, mais Kierân me repose le bracelet entre les mains en insistant :

— Tu veux des réponses ? Alors regarde-le.

Je pousse un soupir et rouvre les yeux. Je suis frappée par ce que dégage Kierân. J’ai l’impression de ne plus savoir qui il est, et en même temps, de le connaître. Je baisse les yeux sur le bracelet. Les contours sont simples, un gris métallique virant à un blanc des plus purs sur la partie ovale. La partie centrale. La photo se trouve à l’intérieur. Elle est en noir et blanc. La Tour Eiffel en arrière-plan, ma mère sourit face à l’objectif, tandis que Kierân, de profil, l’embrasse sur la joue. Ils ont l’air si heureux. Le chef recueille mes larmes du bout des doigts, et c’est à ce moment que je la ressens. Son envie de me consoler. De s’excuser. De me prendre dans ses bras. Je recule brusquement.

— Est-ce que tu comptais me le dire ? reniflé-je.

Je passe rageusement une main sur mes yeux.

— Je n’en sais rien, avoue-t-il.

— Tu mens. Si tu avais voulu me le dire, tu ne m’aurais pas sans cesse repoussée lorsque j’avais le malheur de me rapprocher de la vérité !

— J’avais peur !

— Peur de quoi ?

Il passe une main dans ses cheveux châtains déjà en pagaille. L’assurance dont il fait habituellement preuve a complètement disparu. Je crois même qu’il préférerait mille fois combattre la pire menace du royaume plutôt que d’avoir cette conversation.

— Que tu sois déçue. Tu mérites mieux que moi, Evalina.

— Tu sais ce dont j’avais besoin ? D’une famille ! J’avais besoin d’une famille, Kierân ! Peu importe que tu sois un métamorphe, peu importe que tu ne saches pas comment faire ! J’ai combattu des mois entiers pour Tessia et maintenant, je découvre qu’elle n’a pas été retenue par n’importe qui, mais par mon… père ! Tu imagines ce que je ressens ? Pourquoi ne pas tout simplement être venu vers m…

— Tu ne m’aurais jamais cru ! me coupe-t-il, haussant la voix. Je ne pouvais pas débarquer dans ta vie et t’annoncer de but en blanc que je te faisais surveiller depuis des années parce que tu es ma fille ! Je m’inquiète pour toi depuis le jour où ta mère t’a arraché à moi, Evalina !

J’enroule aussitôt ma main autour de son bras.

— Comment ça, ma mère m’a arrachée à toi ?

— Je n’aurais jamais dû la demander en mariage après ta naissance, ricane-t-il amèrement.

La demander en mariage ? Mon cerveau s’est éteint. Je ne comprends rien. Je peine déjà à réaliser le fait que nous sommes de la même famille, mais qu’il m’apprenne qu’entre lui et ma mère, c’était sérieux au point de la demander en mariage, c’est trop pour moi. Je ne suis pas sûre d’avoir envie d’entendre la suite. Je ne me sens pas bien.

— Tout a dégénéré, poursuit-il, le regard voilé. Le soir même, Hélène a ravagé notre chambre. Le lendemain, elle était partie avec toi. Sans un mot.

Je lâche son bras. Je ne comprends pas la moitié de ce qu’il est en train de me raconter. Son regard voilé détaille mon visage dans un silence palpant. C’est terrible, mais cette façon qu’il a de m’observer me donne l’impression d’être tout pour lui. Même la manière dont il me touche. Il en a envie, mais il sait que je serais susceptible de reculer. Alors il y va doucement. Il guette mes réactions. Chacun de mes mouvements, comme il l’a toujours fait.

— Pardonne-moi. J’aurais dû insister, dit-il, recueillant mon visage entre ses mains. Mais lorsque je t’ai finalement retrouvée, Hélène… ta mère avait fondé une autre famille. Sur Terre. Je n’ai pas osé revenir dans votre vie. Tu avais un père qui s’occupait de toi, tu n’avais pas besoin de moi.

— Je n’ai jamais eu de vraie relation avec mon père. On se parlait peu. Je sais qu’il m’aimait, mais certaines familles préfèrent taire leurs sentiments que de les montrer. Tu as pensé à ma place en te croyant de trop dans ma vie. C’était à moi de décider, pas à toi.

— Tu n’aurais pas aimé que je débarque dans ta vie, ma puce. Crois-moi, c’était mieux ainsi.

— Mieux ? m’indigné-je. Peut-être que si tu t’étais montré, mes parents seraient toujours en vie ! Tessia n’aurait jamais été kidnappée par la Démone ! J’aurais pu avoir connaissance de mes pouvoirs et arrêter le feu qui a ravagé ma maison ! Tu n’en sais rien, je n’en sais rien, personne ne le sait ! Tout aurait pu être différent grâce à toi, justement ! Mais tu ne t’es même pas donné la peine d’essayer.

— Ta mère ne voulait plus entendre parler de moi, Evalina. Si j’avais cherché à renouer le contact, elle m’aurait haï encore plus.

— Les robes, reniflé-je, dans l’armoire… Elles étaient à ma mère ?

Kierân acquiesce.

— Donc elle t’a aimé. Et ensuite, détesté. Mais tu ne sais pas pourquoi ?

— Elle n’a jamais voulu m’en donner les raisons.

— Honnêtement, je ne sais pas si je dois te croire.

Kierân écarquille les yeux.

— Raphaël, Mélodie, ma mère, toi, même Matt…, énuméré-je, la boule au ventre. Tout le monde me ment et je n’en peux plus ! Est-ce si compliqué d’être honnête, avec moi ?

— Tu ne dois pas en vouloir à Raphaël ou à Matt. Ils n’ont fait qu’obéir aux ordres que je leur ai donnés.

Je me fige brusquement, une réflexion faisant son chemin dans ma tête.

— Matt n’est pas ton frère, n’est-ce pas ?

— Matthias est mon fils.

J’entends des rires, des rires et des rires de partout. Le monde entier se moque de moi.

— Je l’ai eu un an après ta disparition, poursuit-il. Il n’était pas voulu. J’étais dans une mauvaise passe, je me suis laissé avoir par une métamorphe. Elle s’est servie de moi pour rentrer dans le clan, je n’avais pas la moindre idée qu’elle était caméléon. Je l’ai bannie dès qu’elle a accouché, articule-t-il en baissant la tête.

— Quel âge a-t-il ?

— Seize ans.

— Seize ans ? répété-je. Et tu dis que tu l’as eu un an après ma disparition ? Je n’ai que dix-sept ans ! Ma mère m’aurait arraché à toi alors que je n’étais âgée que de quelques semaines ?

Kierân se masse les tempes d’un air douloureux et s’assied sur la chaise de bureau, las.

— Je sais que ça peut paraître difficile à croire, mais oui, Evalina. C’est pourtant bien ce qu’elle a fait.

Je secoue inlassablement la tête.

— Ma mère m’a kidnappée, tu es censé être mon père, Matt est mon demi-frère, et puis quoi encore ? C’est quoi la suite ? Tu vas me dire que Raphaël fait aussi partie de la fratrie ? explosé-je.

Les objets du bureau se remettent à trembler sous l’effet de ma colère. Kierân s’empresse de me rassurer.

— Tout ce que je t’ai appris à propos de Raphaël est vrai.

— Mais tu ne le considères pas comme ton frère, ricané-je.

— Je le considère comme mon fils, avoue-t-il d’une voix grave.

La bile me monte à la gorge. Je ne me sens pas bien du tout. Un stylo vole à travers la pièce. Kierân se lève, la mine soucieuse et la démarche hésitante.

— Est-ce qu’il y a autre chose que je devrais savoir ?

Il se rapproche doucement.

— Y a-t-il autre chose ? hurlé-je.

Les portes de l’armoire explosent brutalement. Kierân s’est immobilisé. D’un mouvement de tête, il me désigne le lit derrière moi.

— Tu ferais mieux de t’asseoir, ma puce.

Je fronce les sourcils. Quelque chose me dit qu’il ne m’a pas donné ce conseil pour que je puisse me calmer et reprendre mon souffle, mais plutôt pour que je me prépare à ce qui va suivre. Alors je déglutis et me dirige vers le lit. Je pose mes fesses sur le matelas. Mon cœur martèle douloureusement ma poitrine.

— Tarek est ton oncle.

J’ouvre des yeux effarés. Je ne sais même plus comment réagir.

— Il… est-ce qu’il… sait ? Il sait que je suis sa nièce ?

Les yeux de Kierân sont embués d’une émotion si rare qu’il n’a même pas besoin de me répondre. Je plaque une main sur ma bouche. La bile me monte à la gorge. Je ne me sens pas bien du tout, et il le remarque tout de suite. Il se précipite jusqu’à moi et rassemble mes cheveux d’un côté, tandis que je me penche pour vomir, le cœur lourd de toutes ces atrocités accumulées. La tête me tourne. Je me sens faible. J’ai trop chaud.

— Kierân, laisse-moi m’allonger, le supplié-je.

— Tu vas perdre connaissance, refuse-t-il. Te garder éveillée est le mieux que je puisse faire pour t’éviter ça. Concentre-toi sur ce qui te permet de guérir et ça devrait passer.

J’essaie de calmer ma respiration en attendant que mes cellules de guérison rétablissent l’état pitoyable dans lequel je suis. Je suis vidé de toute énergie.

— Tu me détestes ?

Je tourne mon visage vers celui, inquiet, de Kierân.

— Je voulais te détester. En fait, je veux toujours te détester, avoué-je, un faible sourire aux lèvres. Mais tu rends les choses compliquées.

— Si c’est là ta réponse, ça ne me rassure pas vraiment.

— Moi non plus, répliqué-je.

Kierân croise les bras sur son torse.

— Tu trouves ça bizarre ?

— Je ne sais pas, mais quand Ethan va savoir ça…

— Tu comptes le leur dire ? s’affole-t-il brusquement.

— Pourquoi pas ? Tu as peur qu’Ethan te surnomme papi ?

— Ce n’est pas drôle, Evalina.

— Je sais ! Mais que veux-tu que je te réponde ? L’humour est la meilleure arme que j’ai pour m’aider à tenir le coup ! J’ai une tonne de questions qui se bousculent dans ma tête, je peine à digérer ce que je viens d’apprendre, je ne sais plus comment te regarder, et je crois que je suis en train de faire une crise de pa…

Kierân ouvre les bras et m’attire brusquement à lui. Je suis tellement perdue que je ne cherche pas à le repousser. J’accueille sa présence réconfortante sans un mot. Je m’agrippe à lui et enfouis ma tête contre son torse. Je laisse mes larmes couler sur sa chemise, et il me serre un peu plus fort. Tout doucement, ses mains viennent caresser mes cheveux. Son menton repose dessus, tandis qu’il me frictionne le dos d’un geste réconfortant. Ma crise s’est envolée. Je ressens le soulagement qu’il éprouve quant au fait que je ne le repousse pas. Je ressens toute sa détresse, son chagrin, et par-dessus tout, cet amour qu’il me porte. Violent. Infatigable. Puissant. Comment ai-je pu passer à côté ?

— Kierân ? Est-ce que je suis… comme… vous ?

— Une métamorphe ? murmure-t-il, le regard profondément bouleversé par notre étreinte.

J’acquiesce.

— C’est ce que j’ai tenté de découvrir en te faisant passer mes tests.

— Tu veux dire, en me poussant à bout ?

— Oui, reconnaît-il.

— Et… qu’as-tu découvert ?

Il soupire. Une de ses mains vient caresser ma joue.

— Pas grand-chose.

— Mais encore ? Maman n’était pas une métamorphe, alors ça veut bien dire que j’ai une chance sur deux d’avoir hérité du gène ?

— Normalement, oui. Seulement, dans ton cas, c’est plus compliqué.

Je fronce les sourcils.

— Tu es une Gémone, ma puce. Et je n’ai pas la moindre idée de ce que peuvent donner deux gènes complètement différents lorsqu’ils sont réunis.

— Après m’avoir observée pendant si longtemps, tu es sérieusement en train de me dire que tu ne sais pas ?

— Certains moments m’ont fait douter, avoue-t-il. Mais le plus souvent, tu m’as donné l’impression que ton côté Gémone bloquait ta part métamorphe. Je ne sais pas si tu es capable de te transformer, si la règle de la morsure ou bien du sacrifice est valable pour toi, ni même si tu as déjà ressenti les effets de ton éventuel pouvoir.

— Tu as eu des doutes ? relevé-je. Quand ?

— Durant la bataille au Majestueux. Lorsque la Démone est arrivée et a endormi le reste de mon clan, me précise-t-il. June avait retourné les dagues enduites d’absinthe contre toi. Tu as commencé à en ressentir les effets et Zéphyr t’avait rassuré. Cette plante nous retire nos facultés et peut nous être fatale. Elle peut également disperser le pouvoir d’un Surnaturel, d’où la déduction de ton ami. Il a pensé que si tu étais aussi faible et que tu ne parvenais pas à guérir, c’était parce que la plante avait un effet néfaste sur tes cellules de guérison. Mais il avait tort.

— Tu penses que si j’ai réagi à l’absinthe, c’est parce que j’ai le gène ?

— Il y a un moyen de s’en assurer.

Quelque chose me dit que la suite ne va pas me plaire. Pas du tout.

— Ça fait longtemps que je dois te poser cette question. Réfléchis bien, peu importe à quel point ma question va te paraître bizarre.

— D’accord…, articulé-je, peu assurée.

— As-tu eu des visions concernant la mort d’un de tes camarades ?

J’ai un hoquet de surprise. Roxana, assassinée par la Démone à l’Imposant. Emilie, tuée par un trénone dans cette petite impasse. Je n’ai même pas besoin de réfléchir. Kierân se lève.

— Tu en as parlé à quelqu’un ?

— Non. Tu sais pourquoi j’ai ces visions ?

— C’est ton pouvoir métamorphique, ma puce.

J’écarquille les yeux. Je n’ai plus de mots pour décrire cette avalanche de nouvelles. Les sujets sont partis en courant, les verbes et les déterminants ont sauté par la fenêtre, les adjectifs se sont enfuis à reculons, et je me retrouve là, immobile, le choc ayant coupé mes cordes vocales.

— Je le sais, parce que j’ai exactement le même pouvoir que le tien, déclare-t-il. C’est héréditaire.

— Je croyais que ton pouvoir était la fusion avec les tiens ? Tu m’as encore menti ? m’écrié-je en me relevant d’un bond.

Il se rapproche de moi et tente d’attraper mes mains pour me calmer, mais d’un geste brusque, je lui fais signe de rester là où il est. Je me sens trahie. De tous les côtés. Plus j’avance, et plus je découvre qu’on m’a menti.

— La fusion est un pouvoir que tout chef métamorphe maîtrise si les membres de son clan coopèrent.

— Mais le fait d’avoir ces visions est une torture ! Elles apparaissent, puis lorsqu’elles se terminent, on n’en garde plus aucun souvenir jusqu’à ce que la scène se joue réellement sous nos yeux ! À quoi servent-elles si on ne peut pas sauver les personnes qui seront en danger ?

— C’est une malédiction.

— Quoi ?

— Toi et moi, nous descendons d’une lignée de métamorphes maudits par la première Gémone.

— Maudits ?

Je me mets à rire nerveusement. Maudits. Bien sûr. Et par mon ancêtre ? Bien évidemment. Le monde ne se moque plus de moi, il me bringuebale dans tous les sens et je dois me retenir au mur pour ne pas tomber.

— La Gémone originelle n’a jamais vu les métamorphes d’un très bon œil, continue Kierân. Tu connais l’histoire du sacrifice, mais tu ne connais pas l’histoire de notre lignée.

— Je ne… je ne suis pas sûre de vouloir l’entendre.

— Tu ne veux pas savoir d’où tu viens ?

— Si ! Mais pas là ! Pas comme ça, pas maintenant ! Je n’en peux plus ! Ça fait trop de choses à assimiler, et à chaque fois que je pense être arrivée au bout, tu ne cesses d’en rajouter !

Le visage de Kierân s’assombrit. Quelque chose d’affreux est en train de naître en moi.

— Je n’aurais jamais dû accepter de t’en parler.

— Vraiment, Kierân ? Tu penses que ça aurait été mieux pour moi de rester dans l’ignorance ? De ne pas savoir d’où je viens, ni même qui était en réalité ma mère ? Tu aurais préféré me laisser croire à des mensonges ?

Ses yeux verts se posent sur le bracelet que je tiens toujours fermement. Quelques secondes s’écoulent dans un silence pesant, et c’est avec un regard fuyant le mien qu’il me répond :

— J’ai tendance à penser que certains mensonges font plus de bien que de mal. Alors oui, ma puce. J’aurais préféré que tu ne saches rien.

« Laisse-moi entrer ». Ce n’est pas la voix d’Eléana. C’est autre chose. C’est comme si tout ce flot de révélations avait brisé ce que je m’évertuais à repousser depuis ces derniers mois. Je me sens tomber, happée par les limbes de mon esprit, tandis qu’une autre partie de moi se fraye un chemin jusqu’à la surface. Je disparais pour lui laisser la place. Je sens les mots arriver. Des mots qui, je le sais, le blesseront encore plus. C’est un flot de méchanceté que je ne peux pas retenir. Sa puissance me désarçonne. Je ne sais pas d’où ça vient. Je ne sais pas pourquoi ça arrive. Ma bouche s’ouvre malgré moi, et j’assassine Kierân par les mots :

— Devine quoi ? Tu viens encore de mentir. Tu ne peux pas t’en empêcher, en fait ! ricané-je en lui balançant le bracelet au visage. Tes émotions sont tellement puissantes qu’elles m’atteignent sans même que je ne cherche à les décrypter ! Tôt ou tard, tu aurais fini par cracher le morceau ! Et tu sais quoi ? Tu n’aurais fait que retarder cette discussion ! Tu n’aurais fait que retarder ce moment où je t’apprends qu’il en faut plus que ça pour espérer me voir devenir ta fille ! Tu n’es pas mon père ! hurlé-je, le repoussant violemment.

Non ! Ce n’est pas ce que je veux faire. Ce n’est pas ce que je veux dire. Je n’ai plus aucun contrôle sur moi. C’est comme si quelque chose d’autre avait pris ma place.

— Si ma mère t’a quitté en m’emmenant avec elle, c’est probablement parce qu’elle a vite compris que tu ferais un père détestable ! Tu as torturé la sœur d’Angie, tu as défiguré Cassie, tu m’as poussée à bout, tu t’es servi de Lacnas pour me torturer afin d’obtenir ce que tu voulais, et tu espères vraiment que je vais t’accepter ? Que ce… ce stupide câlin effacera toutes les souffrances que tu as causées ? Je te d…

— Arrête ! me coupe-t-il brusquement, la lèvre inférieure tremblante. Evalina, arrête. N’en dis pas plus.

Je bouillonne de rage. Kierân recule. Le bracelet tombe à ses pieds. Son dos heurte le chambranle de la porte. Ses yeux sont remplis de larmes. Et ça ne me fait ni chaud ni froid.

— Je te déteste, terminé-je.

Kierân secoue la tête. Je me nourris de sa peur et de son chagrin.

— Non… tu ne le penses pas, déglutit-il. Ma puce, s’il te plaît.

Tous les objets du bureau viennent se fracasser contre les murs. Un miroir explose dans la salle de bains. L’armoire se fend en deux. Les lumières éclatent. Le sol tremble.

— Cesse de me donner ces surnoms ridicules ! crié-je, écrasant brutalement le bracelet sous mes pieds.

Kierân n’est plus capable de tenir debout. Il se laisse glisser contre le mur, des larmes dévalant son visage, l’âme piétinée et le cœur détruit.

Je ne l’ai jamais vu dans un tel état. Il est effondré. Anéanti. Et je m’en réjouis. Je prends goût à ce pouvoir. Je suis la seule à même de le détruire. Je le tiens entre mes mains, je le frappe avec mes mots. Une partie de moi veut demander pardon, mais elle est si petite, si infime, que je m’en moque ouvertement. Je souris et quitte cette maudite pièce, laissant derrière moi un Kierân fracassé. Mon cœur martèle sauvagement ma poitrine. Je percute un bon nombre de personnes, mais je m’en contrefiche. Je fends le couloir d’une démarche rapide, les yeux furtifs, en quête de n’importe quoi susceptible d’attiser davantage ma colère. J’ai envie de libérer cette énergie.

Je dévale le petit escalier de terre, atterrissant dans la salle principale. Mon regard se pose sur les deux filles, allongées sur une table ovale. Je pousse un soupir. Elles sont trop faibles pour se débattre. Alors je pivote pour observer la pièce dans ses moindres recoins. Personne. Pourquoi faut-il que cet endroit grouille de monde lorsque je ne ressens pas le besoin de frapper qui que ce soit, et soit désert lorsqu’il ne devrait justement pas l’être ? Je serre les poings de colère. Mon ventre brûle d’une rage folle. Mes yeux me font mal. Mes veines palpitent étrangement sous ma peau. Et une voix m’interpelle :

— Evalina ?

Je me fige. Edden.

— Tu vas bien ? Que s’est-il passé au juste ?

— Je…

— Tes yeux, dit-il en les pointant du doigt. Ils brillent.

— Vraiment ?

— La dernière fois qu’ils ont arboré cette lueur rouge, tu n’étais pas dans ton état normal, articule-t-il, sa main venant palper anxieusement un bracelet sur son poignet.

Je lorgne dessus. Je n’ai pas le souvenir de l’avoir déjà vu avec ce bijou.

— Je ferais mieux d’appeler…

— Non, ne l’appelle pas ! m’écrié-je, comblant brusquement la distance qui nous séparait.

Il m’observe silencieusement. Puis sa main droite se lève pour aller rencontrer mon bras. Lorsque le contact se fait, je suis parcourue d’une étrange sensation. Comme si un poids énorme venait de m’être retiré. Je rejoins la surface et cligne des paupières. Je peux enfin respirer.

— Evalina ? m’appelle-t-il de nouveau.

— Edden ?

Il lâche un soupir de soulagement.

— Tu es redevenue toi-même.

— Comment ça ?

Je fronce les sourcils et observe ce qui m’entoure d’un air surpris. Comment ai-je atterri aux côtés du Surnaturel ? Je ne me souviens pas avoir quitté Kierân. Je baisse les yeux sur mes mains. Le bracelet. Il a disparu. Je ne sais pas ce que j’en ai fait. Pourquoi n’ai-je aucun souvenir concernant la fin de notre échange ? Et Edden ? Pourquoi me regarde-t-il aussi bizarrement ?

— Tu veux sortir un instant ? me propose-t-il subitement.

— Sortir… sortir ?

Il hoche la tête.

— Tu sais bien que ça nous est interdit, l’informé-je.

— Et tu penses que je suis du genre à suivre les règles de Kierân ? rigole-t-il. Je suis fidèle en ce que je crois, Evalina. Le confinement de Kierân ? Je ne crois pas un seul instant que ça va changer quoi que ce soit à notre situation. Si la Démone avait voulu nous attaquer, elle l’aurait déjà fait.

Il marque un point. Et j’ai vraiment besoin de prendre l’air. J’ai l’esprit embrouillé par cette perte de mémoire récente. J’ai beau chercher, je n’arrive pas à me souvenir de la façon dont j’ai quitté Kierân. J’accepte donc de suivre Edden, mais une voix interrompt brusquement notre lancée.

— Eh beh, vous allez où comme ça ? Vous savez qu’il est interdit de sortir, hein ? À moins que vous ne vous rendiez dans un bar rempli d’alcool, ce dont j’aurais bien besoin, je ne peux pas vous laisser partir. Sauf si vous m’invitez ?

Les yeux du caméléon se posent sur moi. Son sourire s’évanouit aussi.

— Qui a osé faire du mal à ma Ev’ ? articule-t-il entre ses dents, le regard soudain rivé sur Edden. Et c’est quoi tout ce raffut dans les couloirs ?

— Je me pose la même question, se défend ce dernier.

— S’il te plaît, Matt. Laisse-nous sortir. Juste pour quelques minutes.

Le caméléon soupire, mais lorsque ses yeux plongent dans les miens, son hésitation est de courte durée. Il attrape ma main et me tire dans les couloirs, faisant signe à Edden de suivre le mouvement. Je laisse le métamorphe me guider, le cœur tambourinant à toute vitesse. Je tiens la main de mon demi-frère, et je ne sais pas du tout comment je suis supposée réagir. Est-ce qu’il sait que je suis sa sœur ? Probablement. Si June le savait, Matt n’a pas dû y échapper. Combien d’autres sont au courant ?

— Voilà, t’as deux minutes pour prendre un grand bol d’air frais et m’expliquer pourquoi tu sembles sur le point de t’écrouler ! déclare Matt, s’extirpant de la grotte sans me lâcher du regard.

Edden s’adosse contre les parois. Je fixe le caméléon. Quand on y pense, c’est assez ironique comme lien. Matt descend d’une lignée rare et puissante, tandis que la mienne est maudite.

— Ev’, sérieux ! Qu’est-ce que t’as ? Si quelqu’un t’a fait du mal, dis-le-moi maintenant. C’est Tarek ? tente-t-il de deviner. Tu n’as qu’un mot à dire et je pars le castrer avec joie !

— C’est ton père.

Je plaque une main sur ma bouche. Matt se fige sur place. Edden s’apprête à nous questionner, mais Sean débarque sans crier gare.

— Ev’ ! s’exclame-t-il, un soulagement perceptible dans la voix.

Il tourne la tête vers une silhouette dans la grotte.

— C’est bon, on l’a retrouvée ! Va prévenir Kierân avant qu’il ne détruise tout sur son passage ! Ah, et si tu pouvais…

— … prévenir Angie également ? termine l’autre personne.

— Oh non, pas le blondinet prétentieux ! Ce n’est pas prévu au programme ! s’esclaffe une voix féminine.

— Dites-moi que je rêve…, murmure Matt, les yeux grands ouverts.

Et moi qui pensais que cette soirée ne pouvait pas être pire. Nous levons la tête vers Mélodie et Isaac, unis dans le même corps. D’où sortent-ils ?

— Evalina se sent triste ? Que dirais-tu d’un petit voyage pour te remonter le moral ?

Ses ailes se déploient brusquement.

— Sans façon.

— En fait, je ne te demandais pas ton avis.

Des plumes embrasées tombent au sol, et la dernière chose que je vois, ce sont les ténèbres.

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