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Chapitre 7Lâcher prise

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"publish date: " 2021-06-25 17:27:51

Chapitre 7Lâcher prise

— Et BOUM, elle en a envoyé de ce côté ! Et de l’autre ! Elle en a balancé un sur le toit, et même que la vitre a explosé ! Et ensuite il y avait des ours, des corbeaux, des loups, et des panthères, et…

— Ethan, des loups et des panthères ? Tu n’as pas un peu l’impression d’exagérer ? le coupe Sean, un sourire amusé au bord des lèvres.

— Et toi alors, t’as pas exagéré quand tu m’as dit que si je mangeais des pâtes, des bébés serpents allaient pondre des œufs dans mon ventre ?

On peut dire qu’Ethan a une sacrée répartie. J’avais presque oublié cette blague qu’avait sortie l’Hilarant durant les premiers jours d’Ethan au Majestueux.

— Il ne faut pas croire tout ce qu’on te raconte, Ethan. Certaines choses ont pu être exagérées, s’incruste Cassie après avoir paré une attaque de sa sœur.

— Maximilien, il ment jamais ! réplique Ethan. Il a vu tout ce qu’Evalina elle a fait ! Pourquoi tu veux pas le croire ?

La rouquine fait tournoyer la lance de sa sœur dans son unique main, puis articule :

— Ce n’est pas que je ne veux pas le croire, mais c’est dans les capacités de notre Gémone ici présente que j’ai des doutes.

Elle me lance un bref regard, histoire de me déclarer officiellement la guerre. J’ignore pourquoi elle alimente sans cesse ce climat de mésentente, mais si c’est vraiment ce qu’elle souhaite, je peux nourrir cet ouragan naissant tout aussi bien qu’elle.

— Ça revient au même, déclare Ethan. Non ?

Il se tourne vers moi.

— C’est pas la même chose ?

Je me relève du tatami depuis lequel j’observais le combat entre les deux sœurs.

— C’est exactement la même chose, confirmé-je. Cassie a simplement du mal à remettre en cause la parole de Maximilien. Il est plus facile de douter de mes actions.

Ethan plante ses grands yeux noisette dans les miens.

— Pourquoi Cassie elle est méchante avec toi ?

J’esquisse un sourire et lève le regard vers l’Optimiste.

— C’est une bonne question. Et si tu veux mon avis, Cassie sera probablement la plus apte à y répondre.

Ethan se tourne vers la principale concernée et réitère sa question. Le visage de l’Optimiste, à cet instant précis, vaut tout l’or du monde. Ses yeux bleus furètent ici et là sans oser se poser sur moi. Ni même sur Ethan. Ce dernier attend impatiemment sa réponse. La rouquine, gênée, plante fermement sa lance sur le tatami.

— Ce sont des affaires de grands, Ethan. Autrement dit, rien qui te concerne.

— J’ai pas la taille pour savoir ? réplique-t-il.

Cassie fronce les sourcils.

— Je ne te parle pas de ta taille, mais de ton âge.

— Il me semble qu’Ethan a parfaitement compris de quoi tu voulais parler, intervient Apolline, un sourire amusé sur le visage.

Cassie lève les yeux au ciel et quitte le tatami, se dirigeant vers le mur d’armes pour y déposer la lance. Ce qui signifie que c’est à mon tour. Apolline m’a bien conseillé d’observer sa technique durant le combat contre sa sœur. Je ne suis pas sûre d’avoir tout retenu, mais je suis étrangement plus confiante que d’ordinaire. Peut-être est-ce dû à hier. Je me suis découvert des pouvoirs que je ne me soupçonnais même pas. J’ai aimé ce sentiment de contrôle. J’ai aimé la terreur que j’ai infligée à mes ennemis. Et il me tarde de recommencer.

— Choisis ton arme, me propose Apolline.

J’observe ce qu’elle tient dans les mains. D’un côté, une lance. De l’autre, une sorte de couteau arrondi, mais bien plus large que la normale. On dirait presque le mixte d’une épée et d’un crochet. Je laisse la lance à la Talentueuse et m’empare du couteau. Je ne sais pas exactement à quel type d’arme j’ai affaire, mais je suis sûre de mieux savoir m’en servir qu’une lance.

Tout le monde est bien occupé. Tessia et Eva sont actuellement dans cette fameuse salle des pouvoirs où l’on me refuse toujours l’accès. Je crois qu’Ombelline tient à évaluer précisément certaines capacités de ma sœur, seulement, elle n’est même pas là pour la voir à l’œuvre. Bastian et Cassie sont en pleine discussion houleuse à côté du Grand Roc. Et Lucie et Edden s’entraînent au corps-à-corps sur le tatami voisin. La technique de l’Aimante est impressionnante. Elle ne se laisse pas faire et donne clairement du fil à retordre au Fidèle. Sean attend que je commence à m’entraîner, tout en surveillant Ethan du coin de l’œil. Maximilien est à ses côtés, mais il ne semble pas prêter attention au combat qui est sur le point de commencer. Ses yeux verts sont rivés sur la silhouette de Matt, qui pique actuellement un petit roupillon dans sa cellule.

Quant à Angie, il n’est pas là. Il m’a informé qu’il sera absent pour la journée. Il redoutait de partir annoncer à la famille de Zéphyr la triste nouvelle, mais il a finalement trouvé le courage nécessaire pour le faire. « Je ne vais pas me contenter de leur balancer l’information. Je veux être là pour eux. Ces gens sont comme ma deuxième famille », a-t-il dit avant de partir. Je n’imagine pas à quel point cela doit être dur pour lui, en ce moment.

— Evalina, attention ! s’écrie la petite voix d’Ethan.

Avant que je ne puisse tourner ma tête dans sa direction, je me retrouve les fesses par terre. Apolline vient de me faucher les jambes à l’aide de sa lance. Elle sourit. Je grogne de mécontentement et accepte la main qu’elle me tend.

— Première leçon du jour, annonce-t-elle dès que je retrouve appui sur mes pieds. À partir du moment où tu entres dans un combat, ne te laisse en aucun cas déconcentrer. Tu es beaucoup trop dans la lune. C’est un point faible qu’il va te falloir rapidement gommer.

— Je sais, soupiré-je.

— Non, tu ne sais pas. Parce que si c’était vraiment le cas, tu ne serais pas tombée.

Elle fait tournoyer sa lance et tente de reproduire le même coup, mais je recule et bloque le mouvement avec mon arme. Apolline effectue une pirouette et parvient à me frapper les côtes. Elle se baisse et me donne un violent coup de talon dans la cheville, avant de se redresser et de m’asséner un coup dans l’estomac à l’aide du bout de sa lance. J’encaisse difficilement.

— Tu devrais peut-être y aller moins fort, Apo’ ? lui intime son frère.

La Talentueuse secoue la tête et plante vigoureusement la lance sur le tatami.

— Ce n’est pas avec la manière douce que nous allons réussir à faire d’elle une guerrière !

— Sûrement, mais si tu la mets hors service dès le début des entraînements, je doute qu’elle apprenne grand-chose.

— Sean, tu crois vraiment que deux trois coups vont suffire à la mettre hors-jeu ? Elle a une force qui décuple de loin la nôtre ! Seulement, elle ne sait pas comment s’en servir ! Les seules fois où elle y parvient sont celles où elle se sent en danger, ou bien quand elle est en colère. La pousser un peu ne fait pas de m…

— Vous savez qu’elle est ici et vous entend ? la coupé-je.

— Ah bon ? s’exclame faussement Apolline. J’ai pourtant l’impression de me battre seule. Je pensais que tu étais repartie !

J’écarquille les yeux de stupeur. Si son but est de me mettre en colère, elle est sur la bonne voie. Je prends volontairement appui sur ma jambe gauche, puis lorsqu’elle mord à l’hameçon, je vire dans le sens contraire et balance un coup de pied dans son genou. Je profite alors de son déséquilibre pour lui retirer sa barre de fer noire, mais comble de malchance, c’est justement sur son arme qu’elle se rattrape pour se stabiliser. Je fais donc la première chose qui me vient à l’esprit. Je saisis fermement le couteau dans mes mains et tranche sa lance en deux. Apolline se retrouve avec un bout dans chaque main, les yeux écarquillés, visiblement décontenancée par ma technique. Je sais bien que cela ne ressemble en rien à ce qu’elle a voulu que j’observe durant son combat contre Cassie, mais tant que le résultat est le même, je ne vois pas vraiment où est le problème.

Lorsque je poursuis par un coup de pied bien dirigé vers son ventre, Apolline lâche ce qu’il lui reste de sa lance, intercepte ma jambe à l’aide de ses mains, et me tire d’un coup sec jusqu’au sol. Mon dos heurte violemment le tatami. Je serre les dents. Mais sans s’en rendre compte, elle vient de me donner une position idéale pour la faire tomber. Placée juste en dessous d’elle, il ne me reste plus qu’à écarter les jambes pour faucher les siennes. Ce que je m’empresse aussitôt d’effectuer. Apolline tombe en arrière. Je me relève et me jette sur elle, plaquant ses bras au sol, immobilisant ses jambes sous mon poids. La Talentueuse commence à se débattre en poussant des râles de mécontentement. Elle tortille du ventre, puis s’arrête net. Un sourire éclaire son visage. J’ai à peine le temps de comprendre ce qui lui traverse l’esprit qu’elle s’est déjà surélevée pour me balancer un violent coup de tête.

Je recule instinctivement, complètement sonnée. Apolline en profite pour inverser les rôles. Elle s’assied sur moi, joint mes mains au-dessus de ma tête afin de pouvoir les retenir d’une seule poigne et ramasse le couteau que j’ai abandonné sur le tatami pour me le placer sous la gorge. Aucune chance de lui donner un coup de tête. Je me retrouve aussi impuissante que lorsque June me tenait, hier. Apolline esquisse un sourire victorieux et déclare :

— C’était bien joué, mais malheureusement pas assez. Tu es cuite !

Je ne suis pas d’accord. Le combat n’est pas terminé. Je ne peux peut-être plus utiliser mes capacités physiques, mais mes capacités psychiques sont encore parfaitement intactes. Et la Talentueuse n’a jamais précisé qu’il était interdit de les utiliser. Je fronce les sourcils et concentre toutes mes forces sur l’arme blanche menaçant ma gorge. Apolline abandonne d’un coup son sourire et lâche le couteau dans une grimace de douleur, comme s’il venait tout juste de lui brûler la main. Lentement, je maintiens l’arme en lévitation et dévie sa trajectoire. Le bout tranchant est désormais pointé en direction d’Apolline. Cette dernière tente de le récupérer, mais je rapproche un peu plus l’arme de son front. Ses mains s’immobilisent dans leur lancée. La Talentueuse soupire et finit par capituler :

— C’est bon, je retire ce que j’ai dit. Tu as gagné.

Le couteau retombe au sol et je ne peux empêcher un grand sourire de satisfaction de se peindre sur mon visage. Apolline se relève, époussetant son haut noir, une mine légèrement vexée lorsque Ethan se met soudain à hurler dans toute la Colombe que j’ai gagné le combat. Sean lui couvre la bouche afin de le faire taire et s’ensuit une chamaillerie infantile entre les deux garçons.

— Tu vois ça ? me questionne Apolline en les pointant du doigt.

Je hoche la tête tout en me relevant.

— C’est ce à quoi j’ai le droit tous les jours depuis des semaines, soupire-t-elle. Au début, c’était marrant. Maintenant, je n’en peux plus.

— Pourtant, ils se sont bien trouvés.

— Oui, eh bien crois-moi que lorsque tu assistes à ça tous les jours, tu les trouves vite fatigants !

Apolline lâche un nouveau soupir avant de poursuivre :

— Sean m’a souvent confié qu’il aurait adoré avoir un frère. Tu penses qu’il y a une chance pour qu’il soit aussi l’enfant d’Emilie ?

Je croise le regard terne de la Talentueuse et lui réponds que non. Elle-même n’y croit guère… Notre discussion d’hier soir l’a vraiment perturbée, mais le fait qu’il n’y ait aucun intérêt à ce que Kierân lui mente et que la Démone n’en ait aucun envers moi aussi l’a convaincu. Cela n’a pas été facile pour elle de l’accepter, mais elle doit se faire une raison, Emilie était bien sa mère.

— Je comprends maintenant pourquoi Candélaria me traitait différemment. Pourquoi elle me refusait le trône. Elle était tellement plus proche de Cassie… Aujourd’hui, tout est enfin logique.

— Tu parles comme si Candélaria ne t’avait jamais aimée… mais c’est faux. Elle t’a élevée, t’a éduquée. Tu n’étais peut-être pas sa fille, et elle avait sûrement une drôle de façon de te le montrer, mais quelque part, je suis persuadée qu’elle tenait à toi.

— Je n’arrive pas à croire que tu prennes encore sa défense. Après ce qu’elle a failli te faire… je ne t’en voudrais pas si tu la traitais de tous les noms, tu sais ?

— L’un n’empêche pas l’autre, déclaré-je avec un clin d’œil.

Apolline lâche un petit rire.

— Quand est-ce que tu comptes le dire à Ethan ? la questionné-je.

La Talentueuse observe ce dernier courir autour du tatami sur lequel nous nous tenons. Il a manifestement réussi à dégoter une sorte d’élastique, qu’il fait claquer autour de Sean pour le maintenir à l’écart lorsque celui-ci tente de foncer vers lui pour le chatouiller.

— Je ne sais pas trop… j’ai peur de sa réaction. Et si ça ne lui faisait ni chaud ni froid ? Ou pire, s’il me rejetait ?

— Apolline, tu es la première à conseiller aux autres que dans la vie, il faut savoir foncer ! Si tu veux mon avis, Ethan sera très content d’apprendre qu’il a une sœur. Il te considère déjà presque comme telle. Si tu ne le lui dis pas maintenant, il t’en voudra quand il le découvrira. Il n’a plus aucune famille, alors je doute sincèrement qu’il te rejette.

La Talentueuse reste les yeux rivés sur Ethan, laissant plusieurs secondes s’écouler dans le silence. Sean parvient à toucher le garçon, qui fait claquer l’élastique sur le sol, pousse un cri, et repart en courant.

— Tu as raison, déclare finalement Apolline, prenant une grande inspiration. Dès que l’occasion se présentera, je lui dirai.

Je suis ravie d’avoir pu la faire changer d’avis. Je pense connaître suffisamment Ethan pour me douter que demain, il ne sera plus collé à Sean, mais plutôt à Apolline. En attendant, j’aperçois Maximilien s’approcher du jeune garçon :

— Tu joues avec mon élastique, Ethan. C’est dangereux, lui dit-il.

— Il est pas dangereux, il me protège !

— Ce n’est pas un jouet. Si tu ne fais pas gaffe, tu risques d’activer la fonction laser.

Ethan écarquille les yeux de surprise. Maximilien n’aurait jamais dû lui dire ça.

— Une fonction laser ? Qui peut couper n’importe quoi ? Comment on fait pour l’activer ? Elle est où ?

Il commence à triturer l’élastique afin d’en dénicher les parties cachées.

— Donne-le moi, Ethan, ordonne le Cerveau des Surnaturels en tendant une main.

Le petit garçon refuse.

— Très bien, soupire Maximilien, alors ne viens pas te plaindre lorsque tu te seras accidentellement coupé une main.

Ethan cesse aussitôt de triturer l’élastique, tandis que ses yeux noisette virent au jaune. Je ne les avais encore jamais vus prendre cette couleur, auparavant. C’est la traduction de sa peur. Exactement comme pour Angie. Je me demande quelle couleur prennent les miens lorsque je suis effrayée.

— Tu mens ! réplique Ethan.

— Tu en es sûr ? Pourtant, j’ai cru t’entendre dire tout à l’heure que je ne mentais jamais.

La lueur jaune quitte le regard d’Ethan afin de laisser place à une couleur plus foncée. Il observe un instant Sean, avant de lâcher un petit soupir et de s’avancer vers Maximilien. Il planque l’élastique derrière son dos et se dandine sur place, semblant encore hésiter, puis finalement, se décide à laisser tomber l’arme dans les mains du Cerveau.

— C’est pas juste… Pourquoi j’ai pas le droit de faire comme vous ? Pourquoi le Majestueux me choisit pas pour être un Surnaturel ? Moi aussi je veux me battre contre les trénones !

Apolline sourit tristement et quitte le tatami. Je la suis à l’extérieur de la zone de combat, l’observant s’accroupir en face d’Ethan afin de donner un air plus sérieux à ce qu’elle s’apprête à lui dire.

— Tu es trop jeune pour te battre contre eux. Si tu tiens absolument à nous aider, le mieux que tu puisses faire pour le moment, c’est de rester ici. En sécurité. Tu ne dois pas te mêler à des combats qui ne te concernent pas.

— Mais si vous m’apprenez à me battre, je suis sûr que je pourrais en tuer quelques-uns !

La Talentueuse soupire et agrippe les petites mains d’Ethan.

— Dis-moi, connais-tu la tranche d’âge dans laquelle un monel peut devenir un Surnaturel ?

— Entre seize et dix-neuf ans !

— Et sais-tu pourquoi il en a été décidé ainsi ?

Le petit garçon répond par la négative.

— Parce qu’avant seize ans, le corps humain des monels n’est pas assez résistant pour supporter la charge des pouvoirs que confère le Majestueux. Et qu’après dix-neuf ans, il considère que les monels ont eu le temps de construire les bases de leur vie à venir et qu’il n’est pas bon de tout chambouler par un sacre de Surnaturel. Maintenant, rappelle-moi ton âge ?

— Quatre ans et demi ! déclare Ethan en se redressant de toute sa petite taille, le menton fier et levé.

— Exactement. Tu crois vraiment qu’il serait sage de te nommer Surnaturel à seulement quatre ans ?

— Et demi ! proteste Ethan.

Sean se place derrière le petit et lui ébouriffe les cheveux.

— Ne change pas de sujet et réponds à la question que t’a posée Apolline. Est-ce que tu penses que ce serait sage ?

Ethan replace ses cheveux bruns en ordre et nous observe tour à tour, Apolline, Sean, Maximilien, et moi. Comme si l’un de nous allait se mettre à biper tel un radar à mensonge s’il osait prononcer la mauvaise réponse. Il serre les mains de la Talentueuse et ferme les yeux, avant d’articuler difficilement :

— Non ?

Il rouvre les paupières. Apolline lui adresse un sourire et lâche ses petites mains.

— Bonne réponse ! Les trénones sont sans pitié, Ethan. Ils n’ont pas d’âme. Ils ne vivent que pour tuer les ennemis de leur maîtresse, la Démone. Ils n’auraient aucune pitié pour toi, même avec ta bouille adorable.

Elle lui pince le bout du nez et Ethan esquisse un petit sourire triste, signifiant qu’il a bien retenu la leçon. Il a l’air d’être bien plus motivé que moi à l’idée de se battre et de terrasser des trénones.

— Allez, Ethan, fais-moi un joli sourire ! lui dit Sean. Tu veux que je te raconte une blague ? Ou…

— Non, surtout pas ! s’écrie-t-il en se bouchant les oreilles.

L’Hilarant rigole et saisit les bras d’Ethan afin de les écarter de son visage et d’être entendu.

— Tu ne m’as pas laissé finir. Je te proposais une blague ou bien de regarder un combat contre ma sœur. Tu pourras ainsi observer notre technique et la retenir. Et peut-être que lorsque tu seras plus grand, tu réussiras à t’en souvenir ? Qu’est-ce que tu en dis ?

Ethan attrape alors Apolline et part en courant avec elle, main dans la main.

— Je mise sur Apolline !

L’Hilarant m’adresse un petit signe de tête, puis s’en va retrouver Ethan et Apolline sur le tatami voisin. Je ramasse l’arme blanche de tout à l’heure, tout en espérant qu’Ombelline ne m’en voudra pas trop d’avoir cassé le matériel. Je me demande d’ailleurs où elle peut bien être en ce moment. Elle est censée superviser nos entraînements, même si je comprends qu’elle ait davantage de choses à faire depuis la mort de Candélaria. Depuis que j’ai fait tomber ces fameuses lettres à la Chronosée, c’est à peine si nous la voyons sortir de ses appartements.

— Ne te préoccupe pas de la lance, me dit Maximilien en ramassant ce qu’il en reste. Ces armes peuvent être réparées. Ombelline est en charge de l’armurerie, elle a l’habitude.

— Ombelline est en charge de nos entraînements, de la Crypte, des armes, et maintenant du royaume tout entier. Y a-t-il quelque chose qu’elle ne gère pas ?

Maximilien s’éloigne pour déposer ce qu’il reste de la lance dans un petit chariot près du mur d’armes, puis revient vers moi, les sourcils froncés.

— Tu ne lui fais pas confiance ?

— Non.

Il retire ses lunettes afin de les nettoyer à l’aide de son tee-shirt.

— Elle n’est pas Candélaria. Elle la secondait, c’est vrai, mais cela ne veut pas dire qu’elle partageait ses idées, tente-t-il de me rassurer. Elle a servi des centaines de reines, et chacune avait sa propre vision du monde, ses propres idéologies. Ombelline était là pour les servir, même si leurs avis divergeaient.

Je ne réponds rien, mais n’en pense pas moins. Et le Cerveau le comprend.

— Si Ombelline avait de mauvaises intentions, elle aurait déjà exposé son plan au grand jour depuis bien longtemps. Elle n’aurait pas attendu notre siècle pour le faire. Ce n’est pas la première fois qu’elle se retrouve à la tête du royaume, et elle n’a jamais rien tenté d’autre que d’assurer la sécurité de Réturis.

Il n’a pas tort. Et il est vrai qu’Ombelline est fidèle à son poste depuis la création de ce royaume, ce que Maximilien ignore. Tout comme le fait qu’elle ait connu les jumelles. Mais quelque chose cloche chez elle. Je le sens.

— Excepté le soir de la cérémonie mortuaire, je ne t’avais jamais aperçu sans tes lunettes ! déclare une voix grave. Pourquoi tu ne mets pas plus souvent des lentilles ?

Maximilien pivote vers ce timbre de voix si reconnaissable.

— Pourquoi est-ce que tu t’incrustes dans la conversation ? réplique-t-il.

— Pourquoi réponds-tu à ma question par une autre question ?

Matt se relève avec toute la grâce dont sait faire preuve un métamorphe, puis colle son visage contre les barreaux de la cage.

— Tu es beaucoup mieux sans tes lunettes, continue-t-il.

Aucune once de moquerie dans sa voix. Il semble étrangement sincère, et je ne suis pas la seule à le ressentir. Maximilien déglutit et s’empresse de remettre ses lunettes sur son nez. Matt esquisse un sourire bourré de charme, ses yeux noirs luisant d’une expression que je ne parviens pas à déchiffrer.

— Dommage, murmure-t-il.

Son attention se tourne alors vers moi.

— Tu t’es bien battue, me félicite-t-il. J’ai été ravi de voir Apolline perdre !

Je hausse un sourcil, sans pouvoir m’empêcher de sourire un peu, légèrement amusée. Quand il s’agit de la Talentueuse, il n’en rate décidément pas une.

— Pourquoi te sens-tu obligé de jouer la comédie avec elle ? l’interrogé-je.

— Je ne joue pas la comédie.

Je hausse les sourcils.

— Vraiment ? Pourtant, je doute que tu chercherais à la titiller comme tu le fais si tu ne l’appréciais pas un tant soit peu.

Matt ouvre la bouche, mais la referme aussitôt. Il s’assure qu’Apolline ne puisse pas l’entendre, glisse un regard furtif vers Maximilien, puis me répond enfin :

— J’apprécie son caractère de feu, avoue-t-il. Avec elle, au moins, on ne s’ennuie pas.

— Mais avec nous, si ? lui demandé-je. C’est ce que tu insinues ?

— Pas exactement.

— Pas exactement ?

— Laisse tomber, Evalina. Les métamorphes ne sont pas réputés pour être très clairs, déclare le Cerveau.

Matt tourne un regard furieux en direction de Maximilien. Il agrippe farouchement les barreaux qui le retiennent prisonnier en apparence et réplique aussi sec :

— Je pensais pourtant avoir prouvé que je n’étais pas comme les autres membres de mon espèce ! Ouvre ton esprit, Max’ ! Ça te permettrait d’apprécier la diversité qui t’entoure. Tu as beau être intelligent, ton amour du contrôle t’empêche de voir certaines choses. Tu me donnes l’impression de te fermer à toute opportunité par peur de lâcher prise.

Je ne suis pas bien sûre de comprendre de quoi il veut parler. J’ai comme l’impression qu’il y a un sous-entendu, qu’il n’est pas question que de la méfiance de Maximilien envers Matt. Le Cerveau des Surnaturels serre les poings et se rapproche du métamorphe. Plus la distance entre eux s’amenuise et plus l’animosité de Matt semble s’apaiser. Finalement, l’atmosphère se charge davantage de curiosité que de colère. Maximilien s’arrête en face du prisonnier et articule :

— Tu ne sais pas de quoi tu parles.

Matt roule des yeux et pousse un profond soupir.

— Au contraire, je le sais très bien.

Je ne comprends pas le réel sujet de leur discussion. Maximilien est figé sur place, comme si Matt venait tout juste de lui révéler quelque chose de très important. Et ce dernier n’en a d’ailleurs pas terminé.

— J’étais comme toi, avant. J’avais trop peur de lâcher prise. Trop peur du regard des autres. Mais tu sais quoi ? J’ai vite compris qu’avec ou sans barrières, ils ne cesseront jamais de parler dans notre dos. Tu n’as pas à t’interdire de vivre et d’être toi-même, simplement pour plaire aux autres. Certes, jouer un rôle afin de garder le contrôle est efficace, mais à quel prix ? Tu te perds dans ton propre mensonge. Tu ne discernes même plus le vrai du faux, tu…

— Tais-toi, le coupe soudainement Maximilien, ne semblant pas aller très bien.

— Tu m’as reproché de ne pas être très clair, alors je rectifie le tir.

Maximilien se retrouve une fois de plus à court de mots. Matt a manifestement cerné quelque chose chez le Cerveau que ni moi ni les Surnaturels n’avons remarqué. Le métamorphe est particulièrement doué pour traquer les points faibles des autres. L’impulsivité d’Apolline, ma curiosité insatisfaite, et maintenant, c’est au tour de Maximilien. Même si Matt nous a clairement prouvé qu’il était différent des autres, j’ignore toujours sur quel pied danser avec lui. Il y a encore beaucoup de choses qu’il ne nous dit pas.

— Tu devrais y aller, Evalina. J’ai comme l’impression que quelqu’un t’attend, annonce Matt, pointant du menton quelque chose derrière mon dos.

Je me retourne et croise le regard d’Edden.

— Ça fait au moins cinq bonnes minutes qu’il ne décolle pas ses yeux de toi, poursuit-il.

Le regard de Matt est insistant. Il m’invite clairement à le laisser seul avec Maximilien. Je jette un regard à ce dernier. Il hausse les épaules et me fait signe que je peux partir, qu’il gère la situation. Je capitule, m’éloignant des deux garçons pour rejoindre le parcours électrifié où se tient le Fidèle. J’appréhende un peu ce qui va suivre. À mon arrivée sur Réturis, je me suis tout de suite bien entendu avec lui. Comme si nous n’avions pas besoin de mots pour nous comprendre. Mais lorsque le Leader s’en est mêlé, les choses ont vite dégénéré. Et je ne sais plus où nous en sommes aujourd’hui. Edden fait mine de grandement s’intéresser au générateur qui alimente le courant. On dirait presque une gigantesque enceinte de musique. Il ouvre un petit boîtier placé sur l’appareil et commence à trifouiller quelques fils afin d’accéder aux boutons clignotants. J’hésite à engager la conversation. A-t-il vraiment envie de me parler ? Je m’apprête à tourner les talons pour aller retrouver Apolline, lorsqu’il déclare :

— Je ne vais pas te manger.

Je me fige sur place, légèrement tendue.

— Oui. Je sais. Je ne savais juste pas comment t’aborder, lui avoué-je. Tu es devenu beaucoup plus distant depuis…

— … la mort de Zéphyr, termine-t-il.

Je hoche la tête.

— Chacun s’en remet comme il peut, poursuit-il.

C’est à ce moment-là que je remarque les cernes qui lui creusent le visage. Ses yeux verts dilatés par la fatigue prouvent qu’il n’a pas dû dormir beaucoup ses derniers jours.

— Tu as l’air… fatigué.

— Les journées sont chargées, avec les entraînements triplés…

Il éteint le générateur électrique en appuyant sur l’un des boutons, puis referme le boîtier et s’y adosse nonchalamment.

— Tu ne devrais pas être ici, soupire-t-il.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Tu ne devrais pas être en train de me parler.

Il a l’air nerveux. Ses mains crispées parlent pour lui.

— Pour quelles raisons es-tu si distant ? Je veux dire, à part Zéphyr, qu’y a-t-il ?

Edden fixe le sol et s’humidifie les lèvres avant de me répondre :

— Je pense que tu t’en doutes parfaitement.

— Angie…

Je pensais pourtant que ce dernier allait essayer de faire des efforts vis-à-vis du Fidèle.

— Qu’est-ce qu’il t’a dit ? lui demandé-je.

— Ne compte pas sur moi pour te répéter ses paroles. J’en ai plus qu’assez d’être le souffre-douleur de ses multiples crises de nerfs et jalousie. Je n’ai pas envie d’en subir une énième, simplement parce que je t’aurais répété l’une de nos… conversations.

Sa façon d’hésiter sur le terme de « conversation » me pousse à imaginer le pire. Se sont-ils encore battus ?

— Très bien, je ne vais pas insister. Mais je lui demanderai quand il rentrera.

Le regard du Fidèle s’assombrit.

— Fais attention, Evalina.

— Angie ne me ferait jamais de mal.

— Tu ne sais pas tout de lui.

Comment ça ? Il est clair qu’il dresse des barrières qui le ferment au monde extérieur. Mais ces derniers temps, il a changé. Il n’est plus aussi renfermé qu’il l’était avant. Il me fait confiance et me confie des choses. Je ne sais peut-être pas tout, mais je suis persuadée d’en connaître suffisamment sur sa personne pour ne pas avoir peur de lui.

— Écoute… je ne cherche pas à t’effrayer, mais ce type a deux personnalités complètement différentes, déglutit-il. Je vois bien comment il se comporte avec toi, et j’ai même du mal à le reconnaître… C’est un tout autre homme lorsque tu n’es plus là.

— Angie a changé.

— Avec toi, seulement.

— Et ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne change d’avis sur toi aussi, insisté-je.

Edden hausse brièvement les sourcils et détourne le regard.

— Est-ce qu’on pourrait parler d’autre chose que d’Angie ? soupire-t-il.

Un petit ricanement m’échappe.

— C’est toi qui as amené la discussion sur lui.

— C’est vrai, tu as raison, sourit-il, ses yeux verts remontant précautionneusement ma silhouette. Dis-moi plutôt comment tu vas.

— Assez bien… je crois. Si l’on exclut qu’Isaac est toujours à la merci de la Démone et que Kierân a réussi à nous berner une nouvelle fois. Et toi ?

— On ne parle pas de moi. Raconte-moi plutôt ce que tu élabores comme plan afin de ramener Isaac parmi nous.

Je cligne des yeux et bafouille, surprise :

— Comment… comment sais-tu que j’ai quelque chose en tête ?

— J’observe beaucoup. J’ai très vite compris que tu n’es pas le genre de personne à rester assise sans rien faire lorsque ceux qui comptent pour toi sont en danger. Et quelque chose me dit que la solution à laquelle tu dois penser ne doit pas aller dans le sens d’Ombelline.

Je suis fascinée par la clairvoyance du Fidèle. Son sens de l’observation est très aiguisé. Je me dandine sur place, un peu mal à l’aise par rapport à ce que je m’apprête à faire. Si Angie apprend que je partage mes envies de sauvetage avec Edden, je risque fort de m’en prendre plein la figure. Mais même si cela m’embête, je reste libre de faire et de dire ce que je veux.

— Je n’y ai pas encore très bien réfléchi… mais le côté positif, c’est que je suis capable de communiquer avec Mélodie par l’intermédiaire des effractions de rêve. Je peux donc en profiter pour tenter d’en savoir plus sur la détention d’Isaac. Je me demande même si elle ne souhaite pas procéder à un échange… je n’ai pas l’impression qu’Isaac lui soit d’une grande utilité. Elle a déjà tous les pouvoirs des Surnaturels… Malheureusement, j’ignore ce qu’elle voudrait en retour. Et pour ça, il n’y a qu’une seule façon de le découvrir.

— Tu ne préférerais pas plutôt chercher l’endroit où elle se cache ?

Je pousse un soupir.

— Chercher où se trouve la Démone est une perte de temps. Elle n’est pas assez idiote pour lâcher une information susceptible de nous mettre la puce à l’oreille. Et quand bien même cela arriverait, la connaissant, ce serait volontaire.

— Je pensais que tu avais une sorte de connexion qui te reliait à elle. Tu n’arriverais pas à savoir où elle est, par je ne sais quel moyen ?

Je soutiens le regard d’Edden tout en désapprouvant de la tête. C’est vrai, la Gémone et la Démone sont censées être reliées. Mais malheureusement, ce n’est pas suffisant pour la localiser.

— Je suis incapable de la suivre à la trace. Je ne ressens pas son énergie.

Elle a toujours été douée pour se cacher. Un jour, lorsqu’on jouait à la chasse au trésor, elle m’a fait cavaler dans toutes les pièces de la maison. Du midi jusqu’au soir. J’avais fini par perdre patience et retourner tout ce qui s’offrait à moi afin de mettre la main sur ce fichu trésor. Sans succès. J’ai dû déclarer forfait. Je me souviendrais toujours du rire infernal qu’elle avait lâché, et des mots qu’elle avait ensuite prononcés…

Je me fige sur place.

— Evalina ?

Je renvoie à Edden un regard illuminé.

— La solution est tellement proche que tu ne la vois même pas, murmuré-je.

Le Fidèle fronce les sourcils.

— La solution est tellement proche que tu ne la vois même pas ! m’écrié-je. C’est ça ! Ce sont les mots qu’elle a prononcés après que j’ai abandonné la partie ! En réalité, le trésor n’était pas caché dans l’une des pièces de la maison, il était tout simplement caché dans l’une des poches de pantalon de Mélodie !

— Il y a un truc qui m’échappe ? me questionne Edden.

Le pauvre a l’air sincèrement perdu, mais je suis trop excitée pour y prêter attention. Je sais où se cache Mélodie !

— Mélodie savait que nous éliminerions d’emblée cette possibilité ! C’est forcément là qu’elle se trouve !

— Attends, tu sais où est la Démone ?

Mon sourire éclatant lui confirme la réponse qu’il attend. C’est tellement elle. Du Mélodie tout craché. Suffisamment sournoise pour pouvoir penser dans ce sens-là. Le fait de m’être confiée à Edden m’a permis de prendre une longueur d’avance inespérée sur la Démone.

— On a tous directement pensé qu’elle s’était échappée loin d’ici, qu’elle n’oserait pas se cacher dans un endroit que nous connaissions. C’est ce qu’elle a voulu nous faire croire… et jusqu’ici, son plan a fonctionné. Mais c’est terminé. Elle est tout simplement à l’Imposant, déclaré-je.

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