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Beranda/ Semua /Surnaturels #1Mystères Partie1/Chapitre 34Pieges

Chapitre 34Pieges

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"Tanggal publikasi: " 2021-06-25 20:56:56
Chapitre 34Pieges

— Evalina, tu viens ? m’appelle Zéphyr.

Je m’empresse de le rejoindre à l’extérieur de l’Imposant, non sans un dernier regard vers Mélodie. Elle est étendue par terre, baignant dans son propre sang. Je détourne mes yeux de cette horrible scène et prends soin de refermer la grande porte noire derrière moi. Difficile de croire que c’est moi qui ai fait ça… Je rejoins les autres, désormais en pleine possession de leur moyen, le pouvoir de guérison de Zéphyr ayant porté ses fruits. Ils ont installé Isaac à plat ventre sur un pégase blanc, attaché solidement par des cordages afin de lui éviter la chute. Chacun rejoint sa monture et je m’aperçois que personne ne l’accompagne.

— Qu’est-ce qu’on fait d’Isaac ? demandé-je, pour en être sûre.

— Ne t’inquiète pas, il ne va pas tomber, me rassure Apolline. Le cordage est sûr. Et le pégase sait où aller ! Étant donné que nous avons déjà fait le chemin du Majestueux jusqu’à l’Imposant, ils n’auront aucun mal à faire le retour. Ils ont une très bonne mémoire.

— Mais... ce ne serait pas mieux si quelqu’un l’accompagnait ?

— Et comment veux-tu faire ? s’esclaffe-t-elle. Il n’y a pas de place. Et puis, nous devons toujours nous assurer d’être au moins deux sur la même monture, c’est plus sûr ! Il n’y a que cinq pégases. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser une autre personne seule, on ne sait jamais sur qui ou sur quoi nous serions susceptibles de tomber.

Elle m’adresse un sourire en guise de conclusion et accepte la main que lui tend Sean pour monter sur leur pégase noir. Ce qui me rappelle automatiquement ma propre monture. Je l’avais attaché à un arbre mort et je ne pensais pas forcément le revoir. Je suis soulagée de m’être trompée. Je fais volte-face pour aller le détacher, mais m’arrête net lorsque je constate qu’il n’y a plus aucun cordage autour du tronc. Je fronce les sourcils.

— Cassie a sûrement pris ton pégase pour ramener ta sœur au Majestueux, m’annonce une voix grave.

Je m’apprête à râler une fois de plus contre son habitude à lire dans mes pensées, mais finalement, je me ravise. À quoi cela servirait-il ? J’ai eu beau lui répéter des dizaines de fois, il continue.

— Sage décision, dit-il, un sourire moqueur accroché au visage.

Je rêve...

— Je vais faire comme si je ne t’avais pas entendu. Où est-ce que je suis censée m’asseoir pour le retour ?

Il me désigne la place derrière lui. J’observe les autres Surnaturels afin de m’assurer qu’une autre place est disponible, mais ce n’est pas le cas. Il n’en reste qu’une seule, et bien évidemment, c’est sur son pégase ! Je soupire et pose finalement mes mains sur la robe noire de l’étalon, appréciant la douceur qui s’en dégage. Angie me propose son aide. Je l’ignore et agrippe la longue crinière du pégase, passant une jambe au-dessus de son dos. Le Leader, lui, lève les yeux au ciel. Quelques secondes plus tard, l’étalon se met brusquement debout. J’étouffe un cri et m’agrippe à la taille d’Angie, le maudissant intérieurement pour avoir ordonné au pégase de se relever tandis que je n’étais pas bien installée. Je suis certaine qu’il l’a fait exprès. Le petit sourire moqueur que j’aperçois lorsqu’il tourne sa tête vers moi me le confirme.

— Ça ne va pas ! J’aurais pu tomber !

— Mais tu n’es pas tombée, réplique-t-il.

— Oui, mais j’aurais quand même pu !

— Mais tu n’es quand même pas tombée.

J’ouvre la bouche et la referme aussitôt, légèrement agacée par son comportement. Je reste donc silencieuse et observe le sol s’éloigner à mesure que notre pégase prend de la vitesse, s’envolant à grands coups d’ailes et suivant les autres. La monture d’Apolline et de son frère suit de près celle d’Isaac, ce qui me réconforte un peu. Je laisse échapper un petit soupir de soulagement tout en agrippant un peu plus ce qui me sert d’ancrage sur l’étalon, avant de comprendre qu’il s’agit de la taille d’Angie. Je retire brusquement mes mains, mais il les replace avec fermeté. Cela me fait penser au moment que nous avons partagé avant que je n’entre dans l’Imposant, lorsqu’il m’a embrassée. Jusqu’à maintenant, je n’avais pas eu le temps de faire remonter ce souvenir à la surface. Je me sens mal à l’aise, et je ne sais pas pourquoi. Après tout, c’est lui qui m’a embrassée.

Mais pourquoi ? En avait-il vraiment envie ou cherchait-il juste à me faire taire ? Peut-être voulait-il gagner du temps afin que le reste des Surnaturels nous rejoigne ? C’est possible. C’est même très fortement possible ! Je ne peux pas croire qu’il ait sérieusement eu envie de m’embrasser... Je passe mon temps à le repousser, l’insulter, lui balancer des horreurs au visage ! Il ne peut pas être attiré par moi. Un profond sentiment de déception me serre alors l’estomac. Je ne devrais pourtant pas être déçue. Je retire à nouveau mes mains de sa taille. Et cette fois-ci, il ne cherche pas à les replacer. Il ne dit rien, se contentant de regarder droit devant lui. Pourtant, le pégase ayant parfaitement mémorisé le chemin du retour, Angie n’a donc pas besoin de le guider. Il pourrait me parler, mais il n’en fait rien. Tout comme moi. C’est le silence total.

C’est comme si un malaise s’était installé entre lui et moi. L’ambiance est plombante. Je laisse alors mes yeux dériver sur le paysage en dessous de nous. Je reconnais une zone de terre aride, craquelée, décorée de multiples chemins sous terre. C’est la Marque. Un endroit qui m’est hostile à première vue, mais qu’Angie a l’air de bien connaître étant donné qu’il en était ressorti sans problème après s’y être aventuré avec son Légendaire. Pourtant, ce lieu est un vrai labyrinthe. Lorsque je montais le cracheur de glace avec Edden, ce dernier m’avait appris que le village natal du Leader ne se situait pas très loin de la Marque. Ceci explique sans doute le fait qu’Angie ait pu sortir de ces labyrinthes sans quelconque dommage. À bien y réfléchir, c’est l’une des seules choses que je connais de son passé.

— Tu venais souvent à la Marque, quand tu étais plus jeune ? lui demandé-je subitement.

Dès que ma question parvient à ses oreilles, il se braque. Ses épaules se raidissent et son dos se tend.

— Qu’est-ce que ça peut faire ? Que je te réponde oui ou non, ce n’est pas intéressant.

Je soupire.

— Mais ça l’est pour moi ! J’ai envie de savoir.

— Parfois, il vaut mieux ne rien savoir du tout, répond-il sèchement.

— Mais ça m’intéresse ! persisté-je.

— N’insiste pas.

Mon pauvre Angie, tu ne sais pas à quel point je peux être chiante lorsque j’attends une réponse. J’en ai plus qu’assez qu’il refuse sans cesse de me parler de lui.

— Cette fois-ci, je n’abandonnerai pas.

— Ce n’est vraiment pas intéressant, tu perds ton temps, soupire-t-il.

— Tu ne garderais pas le silence si cela n’avait aucune importance.

— Je n’ai pas envie de raconter ma vie.

— Je te demande simplement si tu allais souvent à la Marque lorsque tu étais plus jeune, ce n’est quand même pas la mort ! m’impatienté-je. Est-ce si compliqué de me laisser rentrer dans ta vie ?

Je m’interromps aussitôt, tout juste consciente des mots que je viens d’employer. Je ne voulais pas dire ça ! Ou peut-être que si ? Non ? Je ne sais pas... Je suis tentée de rectifier mes propos, mais finalement, je décide de laisser les choses telles qu’elles sont. Le garrot du pégase étant assez large pour qu’Angie puisse changer de place, je l’observe tourner légèrement son corps vers le mien. Il avale difficilement sa salive et pose son regard sur le paysage qui défile sous le pégase, les grandes ailes de ce dernier battant le vent pour prendre un peu plus de hauteur. Le Leader lâche un faible soupir et passe une main nerveuse dans ses cheveux blonds, décoiffés par le vent. Ses yeux aigue-marine furètent autour de moi.

— Tu ne lâcheras jamais l’affaire, n’est-ce pas ?

Je hoche la tête. J’ai l’impression qu’une partie de lui a envie de me répondre et de se confier, mais qu’une autre a peur de le faire.

— Oui, j’y venais souvent, lâche-t-il enfin.

Lorsque son regard croise le mien, je hausse un sourcil et esquisse un sourire amusé. Je lui fais ainsi comprendre que je ne me contenterai pas de ça. Alors il précise :

— J’y venais très souvent.

Je hausse mon deuxième sourcil et me mords la lèvre inférieure pour ne pas rire. Il est comme un enfant, il faut lui tirer les vers du nez. Angie soupire et finit par laisser échapper le reste.

— Mon village était à côté. Je n’étais pas censé me rendre à la Marque, le lieu nous était interdit.

— Tu désobéissais aux ordres ? Et maintenant, tu es notre Leader ? Je ne trouve pas ça très logique, le taquiné-je.

— On peut changer, répond-il, le regard perdu dans ses souvenirs.

J’aimerais me perdre avec lui. Découvrir tous ses secrets et ses mystères. S’il a changé, alors quel genre de personne était-il avant de devenir un Surnaturel ?

— Pourquoi as-tu désobéi ? l’interrogé-je. Qu’y avait-il de si important à la Marque pour que tu te permettes d’enfreindre les règles ?

Il laisse plusieurs secondes s’écouler dans le silence, sûrement afin de déterminer ce qu’il peut ou non me dire. Chacune de ses paroles est mesurée.

— Je connaissais quelqu’un qui y vivait. Quelqu’un qui avait besoin de mon aide, ajoute-t-il d’un ton hésitant.

La Marque est un endroit isolé, mais vraisemblablement, elle n’en décourage pas les plus déterminés. Angie n’est pas le seul à s’y être aventuré malgré les mises en garde. Isaac aussi l’a fait. La différence, c’est qu’il n’apportait son aide à personne... C’était lui qui en avait besoin. Je me souviens encore vaguement de ses paroles lorsque nous étions à l’Isolement. Quand j’avais douze ans, je me suis retrouvé coincé dans un endroit où la terre formait des labyrinthes de tunnels. Un garçon qui passait dans le coin m’a entendu appeler à l’aide et m’a remonté. Il est devenu l’une de mes plus belles rencontres. Il me ramenait de quoi manger, de quoi me laver, de quoi m’habiller, et ce, même avec l’interdiction de ses parents. Ce garçon a sauvé la vie d’Isaac. Et ce garçon, c’est Angie.

J’avais déjà quelques doutes, mais maintenant, tout tombe sous le sens. Lorsque la Démone a lancé sa grande attaque il y a de cela presque quatre ans, les parents du Leader n’y ont pas survécu. Isaac n’a trouvé aucun survivant. Or, Angie est toujours là, bien vivant ! Et ce jour-là, à la Galerie, Isaac a finalement reconnu Angie. Et ce prénom, Eva... ce doit être celui de la sœur du Leader ! Je comprends mieux pourquoi ce dernier avait refusé de me dire son prénom ! C’est parce qu’il ressemble fortement au mien, et qu’en effet, je lui aurais sans doute posé des questions pour en savoir plus sur elle... Isaac a dû les connaître tous les deux dans sa jeunesse. Et visiblement, pour qu’Angie utilise le prénom de sa sœur afin de ramener Isaac à la réalité, c’est qu’elle doit être importante à ses yeux.

— Tu ne dis rien ?

Je sursaute. Je ne comprends pas pourquoi le Leader n’a pas parlé de cet événement aux Surnaturels, l’autre jour. Qu’y a-t-il de mal dans cette histoire ? Il devrait se sentir fier d’avoir sauvé la vie d’Isaac !

— Euh... j’ai juste... Je viens de comprendre quelque chose, avoué-je.

— Quoi ?

— Rien d’important.

Angie tourne la tête et plante son regard aigue-marine dans le mien. Il a l’air déterminé... et concentré. Oh non, il s’apprête à lire dans mes pensées !

— Ne t’avise surtout pas de le faire.

— Si tu ne comptes pas me préciser ce que tu sous-entends par « quelque chose », crois-moi, je vais le faire.

— Tu es sérieux ? m’exclamé-je. Toi, tu as le droit d’être plus secret qu’un secret lui-même, mais lorsqu’il s’agit de moi, je ne peux pas en faire de même ?

Angie se tend, ses yeux virant au bleu sombre. Il est en colère.

— Si j’ai envie de lire dans tes pensées, je le fais. Tu n’es personne pour me dicter ce que je dois faire ou ne pas faire, réplique-t-il d’un ton cinglant.

— Je ne suis personne ? Très bien, alors je t’en prie ! Lis donc dans mes pensées ! m’énervé-je, haussant le ton. J’espère seulement qu’ensuite, tu regretteras de l’avoir fait !

Les yeux sombres du Leader perdent de leur éclat et reviennent à leur couleur d’origine. Son regard est plus vert que d’habitude. J’ignore ce que signifie cette couleur chez lui, mais vu l’expression de son visage et l’hésitation qui s’y lit, je pencherais pour la culpabilité. Il hésite. Ses paroles m’ont blessée. Bien plus que je ne veux l’admettre. Je ne suis personne pour lui. Angie ouvre la bouche pour me répondre, mais au même moment, quelque chose percute notre pégase. Ce dernier hennit et commence à perdre de la hauteur, filant droit vers le sol. Le Leader attrape mes mains et les place fermement autour de sa taille, alors que mon cœur se met à battre follement, au même rythme que les ailes de l’étalon.

— Accroche-toi.

Le pégase ne cesse de prendre de la vitesse et de se rapprocher du sol. Je ne sais pas ce qu’attend Angie pour lui ordonner de se redresser ! Peut-être qu’il l’a déjà fait mais que le pégase n’a pas obéi… Je relève la tête et jette un coup d’œil sur les étalons des autres. Celui d’Apolline et de Sean traverse la même situation que le nôtre, et Zéphyr et Bastian ne sont pas épargnés non plus. Maximilien crie quelque chose en direction d’Apolline, mais cette dernière est bien trop occupée à essayer de raisonner son pégase. Je reporte mon attention sur Angie et le regarde essayer maintes et maintes fois de calmer notre étalon, mais rien à faire. Je vois le sol se rapprocher inéluctablement.

— Quand je te dis de sauter, tu sautes ! m’annonce soudainement Angie.

Quoi ? C’est une blague ? Le Leader a tourné sa tête vers moi et attend une approbation de ma part, mais j’en reste sans voix. Il est malade !

— Il ne t’arrivera rien, fais-moi confiance ! me rassure-t-il. Tes pouvoirs te protégeront contre la violence de l’impact au sol.

N’ayant pas vraiment d’alternative, je finis par acquiescer. J’observe la distance qui nous sépare de la terre ferme. Le pégase tente de ralentir, mais malheureusement, il est beaucoup trop tard. Lorsque nous ne sommes plus qu’à une cinquantaine de mètres du sol, Angie s’écrie :

— Saute !

À son signal, je passe mes jambes du même côté et saute exactement en même temps que le Leader. Mon corps heurte durement le sol. A priori, rien de cassé. Mes chevilles souffrent un peu plus que le reste de mon corps, mais lorsque je me relève, je sens déjà mes cellules de guérison faire leur travail. J’ai réussi. J’ai presque du mal à croire que je m’en sois sortie sans encombre. Mes mains tremblent sous l’effet de l’adrénaline.

Je me retourne et constate avec un pincement au cœur que notre pégase noir est très mal en point. Il est allongé sur le sol sec, les yeux à demi-clos et les flancs saccadés par sa respiration irrégulière. Ses grandes ailes garnies de plumes sont à moitié brûlées. Je n’avais pas remarqué ce détail lorsque nous perdions de l’altitude. C’est sûrement à cause de ça qu’il s’est écrasé. Angie me rejoint, jetant un bref coup d’œil dans ma direction pour s’assurer que je vais bien. Lorsque mes yeux croisent les siens, il les détourne brusquement pour observer un point derrière moi. Je suis son regard et me retourne. Apolline, Sean, Zéphyr et Bastian se relèvent, constatant l’état déplorable de leur étalon. En revanche, j’aperçois celui de Maximilien et d’Edden s’approchant au-dessus de nos têtes. Il a l’air d’aller bien. Il se pose sur le sol quand Angie leur ordonne de repartir :

— Non, continuez sans nous !

— Mais...

— J’ai dit, continuez sans nous ! répète-t-il, coupant Maximilien d’un ton sans appel. Le pégase d’Isaac vole vers le Majestueux, il faut que vous gardiez un œil sur lui ! Une fois que vous serez arrivés, prévenez la reine que nous sommes au Roc et que nous avons besoin de nouvelles montures.

Maximilien et Edden capitulent. Quelques secondes plus tard, leur pégase s’éloigne vers l’horizon. J’observe le territoire où nous avons atterri. C’est une zone déserte. La terre est sèche et craquelée par endroits. Un peu plus loin, des rochers de toutes tailles se dressent avec, en leur centre, un énorme roc haut de plusieurs mètres. Angie se fraie un chemin parmi nous et s’accroupit près des pégases, étudiant leurs ailes brûlées d’un œil attentif. Il les effleure du bout des doigts. Tout à coup, les traits de son visage se crispent. Il se relève immédiatement et dégaine brusquement deux dagues au bout tranchant. Zéphyr l’imite à la hâte, bientôt suivi par le reste des Surnaturels. Je suis la seule qui n’a rien pour se défendre. Me défendre contre quoi, d’ailleurs ?

— Qu’as-tu senti, Angie ? lui demande Zéphyr, l’œil aux aguets.

— Des léldriques. Ce sont eux qui ont brûlé nos pégases. Il n’y a qu’eux capables de voler et de lancer des boules de feu.

— Mais... ça veut dire que Mélodie s’est déjà réveillée ? demandé-je.

— Non, ça m’étonnerait, me répond Apolline. Les léldriques qui comptent nous attaquer sont sûrement des trénones qui ont été invoqués il y a longtemps, et qui n’ont jamais été tués. En territoire peuplé par les monels, il est impératif de venir à bout de tous les trénones qui s’y trouvent. Mais en territoire aride et dépeuplé comme celui-ci, explique-t-elle en montrant du doigt le paysage qui nous entoure, nous ne sommes pas obligés de tous les tuer. S’ils sont trop nombreux, on peut se permettre de fuir la zone. Résultat, ils se multiplient ici.

— Ils sont souvent nombreux dans cette zone, s’inquiète Sean. Espérons qu’Edden et Maximilien reviennent vite avec un moyen de quitter le territoire.

Un peu effrayée, j’observe les alentours, à l’affût du moindre mouvement suspect. Car si les léldriques ont pu atteindre nos pégases, c’est qu’ils ne doivent pas être bien loin. Ils attendent sûrement que nous baissions notre garde pour nous prendre par surprise. J’inspecte les lieux encore quelques minutes, quand soudain, je remarque une forme suspecte au loin.

— Euh... je crois qu’ils sont là, articulé-je, montrant du doigt le paysage de roches derrière les Surnaturels.

Ces derniers se retournent, et dans un seul et même mouvement, brandissent leurs armes en direction du léldrique en question. Mais lorsqu’un deuxième apparaît, suivi d’un troisième, puis d’un quatrième, les Surnaturels s’immobilisent. Les créatures sortent de tous les côtés. Nous sommes encerclés. Ils sont une soixantaine, peut-être même plus ! Les combattre serait du suicide !

— Je ne sais pas pour vous, mais moi je n’ai jamais vu autant de trénones de la même espèce réunis dans un même endroit ! déclare Sean. Vous croyez que c’est un peuple pacifiste ?

— Ils ont dû se reproduire. Ça doit faire pas mal de temps qu’ils occupent la zone, devine Angie.

Ces bestioles se reproduisent ? Un frisson de dégoût me parcourt le corps tout entier. Ils sont immondes.

— Angie, c’est quoi le plan ? demande Apolline d’une voix teintée d’inquiétude, ses mains resserrant les manches de ses armes.

Le Leader observe le pétrin dans lequel nous sommes fourrés, puis relève les yeux vers les rochers situés quelques mètres plus loin. Je crois savoir ce qu’il a en tête. Les rochers en question peuvent peut-être nous offrir une protection contre ces créatures. Ce n’est sûrement pas sans danger, mais ça reste mieux que d’être à découvert comme nous le sommes actuellement.

— Les léldriques sont rapides quand il s’agit d’utiliser leurs ailes, mais sur la terre ferme, ils sont lents. On a une chance d’atteindre les rochers avant eux, annonce Angie d’un ton déterminé.

Les autres hochent la tête et se mettent en position, prêts à courir pour défendre leur vie. Je les imite, inspirant un bon coup pour tenter de calmer mon cœur qui ne cesse de battre à tout rompre. Lorsque les trénones resserrent leur cercle autour de nous, leurs pinces cliquetant l’une contre l’autre, Angie envoie deux de ses dagues avec une précision parfaite dans la tête des léldriques les plus proches. Et tout le monde se met à courir. Les Surnaturels aussi bien que les trénones. Je cours à la suite des autres, laissant mon pouvoir de rapidité faire son effet, me sentant plus forte et plus légère. Je zigzague entre les léldriques, sentant leurs pinces claquer à quelques centimètres seulement de ma tête. Je me focalise uniquement sur mon but : rejoindre les rochers. L’air chaud me fouette le visage et me tiraille la peau. Ma bouche est horriblement sèche. Je jette un coup d’œil sur ce qui se passe autour de moi, prête à ralentir si quelqu’un est en danger, mais tout le monde a l’air de suivre le rythme. Les léldriques sont distancés par notre rapidité. Angie avait raison, ils sont plus lents sur la terre ferme. Mais lorsqu’une autre vague de monstres sort des hautes herbes et se précipite sur nous, j’écarquille les yeux de terreur et m’arrête net.

— Continue de courir ! me crie Apolline.

Cette dernière passe comme une flèche devant moi et vient poignarder les léldriques qui me barraient la route. Ils émettent un étrange gargouillement avant de disparaître dans une fumée rouge. Je me remets à courir, non sans oublier de remercier Apolline au passage. Elle m’adresse un sourire et continue de foncer dans le tas. Comme les autres. Chaque Surnaturel évite les trénones comme il le peut. Moi, je me contente de courir. Toujours tout droit. J’aimerais les aider, mais je n’ai pas d’arme. Et même si quelqu’un acceptait de m’en passer une, je ne saurais pas m’en servir. Je me contente donc de suivre le chemin qu’ils tracent pour moi. Je m’extirpe enfin de cet attroupement monstrueux et me précipite jusqu’aux rochers. Je contourne les premiers le cœur battant, complètement essoufflée. La Talentueuse ne tarde pas à me rejoindre dans ce labyrinthe de roches, bientôt suivie par son frère et Bastian.

— Où sont... Où sont Angie et Zéphyr ? les interrogé-je, haletante.

— Aucune idée, me répond Sean, s’appuyant contre un roc pour reprendre son souffle. La dernière fois que je les ai vus, ils passaient par un côté où les léldriques étaient plus nombreux afin de nous laisser le champ libre ! Peut-être qu’ils y sont encore ? ajoute-t-il d’un ton hésitant.

Il ne m’en faut pas plus pour aller vérifier. Malgré les avertissements des Surnaturels, je contourne le roc derrière lequel nous sommes cachés et jette un coup d’œil dans la marée de léldriques. Je cherche du regard Angie, ou bien Zéphyr, mais aucune tête blonde ou brune en vue. Cependant, j’aperçois autre chose. Une lumière jaune orangé, très vive, qui se rapproche petit à petit de moi. J’observe la lumière en question et comprends avec horreur qu’il s’agit d’une boule de feu qui file droit dans ma direction. Malheureusement, je n’ai pas le temps de l’éviter. Par instinct de survie, je protège mon visage à l’aide de mes bras.

Et je reçois la boule incandescente de plein fouet. Je suis projetée en arrière, mon dos heurtant le rocher derrière lequel sont cachés les Surnaturels. Je grimace de douleur et me remets tant bien que mal debout. Mon regard dévie sur mes avant-bras, et je me retiens de pousser un cri d’horreur. Mes pouvoirs m’ont protégée, mais les dégâts sont tout de même conséquents ! Ma peau est partiellement brûlée, de grosses cloques s’y forment. C’est immonde. Mais le pire, c’est l’odeur de chair brûlée qui me parvient aux narines. Lorsque les bruits de pas des Surnaturels se rapprochent, je croise les bras pour planquer mes blessures. Inutile de les inquiéter, ça cicatrisera tôt ou tard.

— C’était quoi, ce bruit ? s’inquiète Apolline, ses yeux bleu clair furetant un peu partout pour finir par se poser sur moi. Tu vas bien ?

— Oui, ne t’inquiète pas, la rassuré-je. Je n’ai pas aperçu les garçons, et les trénones se rapprochent ! Il faut qu’on trouve une vraie planque !

— Angie et Zéphyr s’en sortiront. Pour l’instant, tu as raison, la priorité est de trouver un endroit plus sûr. Ils nous ont repérés, ajoute-t-elle, montrant d’un mouvement de tête la marée de léldriques qui se précipitent sur nous.

Nous nous remettons à courir aussi vite que nos jambes nous le permettent. Nous avançons dans ce labyrinthe de rochers, les contournant ou les escaladant lorsque nous n’avons pas d’autre choix. Je me demande comment cela va se terminer. Nous n’allons pas pouvoir courir indéfiniment. Nous commençons déjà à nous essouffler.

— Là-bas ! s’écrie Sean, sautant par-dessus un petit amas de roches. On dirait l’entrée d’une grotte, ça peut faire l’affaire ?

— Allons-y, approuve Apolline. Ces trénones ne savent pas flairer les odeurs, ils seront incapables de suivre notre trace !

Nous nous élançons à la suite de Sean. Je ne suis pas très rassurée, mais ils ont raison. Il nous faut un endroit sûr, le temps de reprendre des forces, et je suis à bout. Les brûlures de mes bras commencent à devenir insoutenables. Je jette un coup d’œil derrière moi. Il n’y a personne, les léldriques sont encore loin. Je termine ma course et rejoins les autres à l’intérieur de la grotte, m’appuyant avec un soulagement perceptible contre la roche intérieure. Je prends de profondes inspirations et expire calmement pour ralentir les battements de mon cœur. La grotte ne semble pas très profonde. L’air y est humide. Quelques gouttes d’eau dévalent les rochers pour venir s’écraser au sol, formant de petites flaques à nos pieds. Mes yeux scrutent l’obscurité à la recherche d’une quelconque sortie si les léldriques décidaient de nous coincer ici, mais je n’en vois aucune…

— Ils nous ont suivis, d’après vous ? demandé-je.

Apolline secoue la tête et ouvre la bouche pour me répondre, mais une boule incandescente l’atteint en plein ventre et son corps est propulsé contre la roche. Bizarrement, ses vêtements n’ont rien. Probablement sont-ils résistants au feu…

Sean crie le prénom de sa sœur, avant de se précipiter auprès d’elle.

Il s’accroupit et soulève sa tête sanglante pour la déposer sur ses genoux, les mains tremblantes. Il tente d’atténuer la brûlure immédiatement, mais lorsqu’elle émet un hurlement, il retire brusquement ses mains de son ventre. Ce n’est pas bon signe. D’habitude, elle sait rester forte face à la douleur. Je cherche d’où peut bien provenir cette boule de feu, ne tardant pas à comprendre qu’avant que nous arrivions, il y avait déjà des léldriques dans la grotte. Nous n’avons même pas daigné vérifier. Et Apolline en paie les conséquences. Ses gémissements de douleur se répercutent jusqu’à l’extérieur, provoquant l’arrivée de nouveaux léldriques. Maintenant, ils savent où nous sommes. Cette fois-ci, nous sommes fichus. Bastian brandit ses armes et réussit miraculeusement à dévier une nouvelle boule de feu, la renvoyant à son propriétaire. Le trénone de la grotte disparaît dans une fumée rouge, tandis qu’un second se jette sur le Séducteur, ses pinces de scorpion en avant. Bastian tombe à la renverse, entraînant le léldrique avec lui. Je m’apprête à aller l’aider, mais c’est inutile, Bastian l’a transpercé. Il se relève, haletant, ses yeux verts s’immobilisant soudainement d’effroi. Je suis son regard vers l’entrée de la grotte et mon cœur rate un battement. La marée de léldriques sera là d’une minute à l’autre !

— Evalina, pars devant ! m’ordonne Bastian. Je te rejoindrai, je dois aider Sean à porter Apolline ! Il est trop faible pour le faire seul !

Je hoche la tête et quitte la grotte. Mais quelques mètres après, lorsque je me retourne, Bastian et Sean vacillent, laissant le corps de la Talentueuse retomber lourdement sur le sol. Je les observe retenter le coup et tourne un regard affolé sur les léldriques. Ils n’y arriveront pas. Les trénones auront atteint la grotte avant qu’ils ne puissent en sortir. Je dois faire quelque chose, et je crois bien avoir une idée ! Il n’y a plus qu’à espérer que ça marche. Tandis que le Séducteur et l’Hilarant tentent une énième fois de soulever Apolline du sol, je me poste devant la cavité, légèrement sur le côté, puis m’écrie :

— Allez, c’est tout ce que vous avez dans le ventre !? Montrez-moi vos plus grosses boules de feu, qu’on s’amuse un peu !

— Mais qu’est-ce que tu fais ? s’écrie Bastian.

Les léldriques s’immobilisent sur place. Leurs quatre pattes s’ancrent fermement dans le sol et leurs pinces de scorpion se frottent les unes contre les autres, produisant plusieurs petites étincelles qui se muent rapidement en flammes. J’inspire un grand coup. Lorsqu’ils les lancent d’une seule et même force, je m’écarte subitement et entre dans la grotte. Je me précipite pour les aider à porter Apolline le plus loin possible de l’entrée. Bastian n’a pas le temps de me demander ce que je fais qu’une énorme explosion retentit. Les boules de feu ont atteint l’endroit que je voulais. Un amas rocheux tombe avec fracas et bouche l’accès à la cavité. Les léldriques poussent des cris effrayés. Le dernier rocher tombe devant l’entrée, plongeant la grotte dans une semi-obscurité. J’ai réussi. Les trénones ne peuvent plus nous atteindre, nous sommes en sécurité. Nous allons pouvoir soigner Apolline sans craindre de voir débouler un autre léldrique. Ces monstres n’arriveront jamais à démolir les rochers bouchant l’entrée.

— Mais t’es dingue ! s’exclame Bastian. Pourquoi t’as fait ça ?

— Pour nous éviter une mort certaine.

— Pour nous éviter une mort certaine ? On aurait pu s’en sortir !

— Non, vous n’auriez pas réussi ! Et même si ça avait été le cas, qu’est-ce qu’il se serait passé après ? Vous n’auriez pas pu courir avec Apolline dans vos bras ! Ils nous auraient rattrapés et nous auraient tués ! C’était la meilleure chose à faire !

— La meilleure chose à faire ? répète Bastian, les poings tellement serrés que je ne serais pas surprise s’il lui prenait l’envie de me frapper.

Il est en colère.

— Tu te rends bien compte que s’il est impossible pour les léldriques de détruire ou de bouger ces rochers, il en va de même pour nous ? poursuit-il. On est piégés !

— Quoi ? Parce que tu en avais une autre, de solution ? m’énervé-je. Je sais qu’Angie et Zéphyr vont nous retrouver ! Et si ce ne sont pas eux, alors ce seront Edden et Maximilien, avec les renforts !

— Tu nous as piégés ! hurle-t-il, frappant la roche de ces poings. C’est de ta faute ! On est condamnés à attendre dans le noir, enfermés, sans air, sans...

— Bastian, calme-toi ! intervient Sean, s’éloignant de sa sœur pour poser une main rassurante sur l’épaule du Séducteur. Evalina a raison, c’était la meilleure chose à faire ! Maintenant, nous devons être patients. Il ne peut rien nous arriver, ici.

Bastian secoue la tête et dégage la main de Sean, tentant de calmer sa respiration. Mais cela n’a pas l’air de fonctionner. Plus je l’observe et plus je me rends compte qu’il ne va pas bien. Son torse se soulève à intervalles irréguliers. Il a l’air paniqué.

— Non, je ne peux pas attendre. Je ne peux pas… Je ne peux pas… Je ne peux pas ! répète-t-il d’une voix affolée. Il faut que je sorte d’ici !

Il se retourne et avance avec détermination jusqu’à l’entrée de la grotte, donnant un grand coup de poing contre l’amas. Mais rien ne se passe, mis à part peut-être les os de sa main qui se brisent. Pourtant, il continue à donner des coups inutilement. Tout doucement, Sean intercepte son poing avant qu’il ne rencontre une nouvelle fois la roche.

— Bastian, je te promets qu’il ne va rien nous arriver, le rassure-t-il. Il faut simplement que tu te calmes. Les autres vont nous retrouver, j’en suis persuadé.

Bastian secoue la tête.

— Non, ils ne vont pas nous retrouver. On va rester enfermés ici, dans l’obscurité, sans air, et elle va venir, et le temps n’aura toujours pas défilé ! s’affole-t-il, agrippant ses cheveux et se laissant glisser lentement jusqu’au sol.

Sean me regarde avec étonnement et incompréhension. Je hausse les épaules. Je n’en sais pas plus que lui. Je ne comprends pas ce que dit Bastian. Serait-il claustrophobe ?

— Bastian, de quoi parles-tu ? lui demande Sean, posant une main sur son épaule pour le rassurer et le pousser à se confier.

Le Séducteur remonte ses genoux contre son torse et enfouit sa tête dans ses mains, se balançant d’avant en arrière.

— Le temps ne s’écoule pas ici, il ne s’écoulera jamais, il faut qu’on sorte, lui répond-il.

La voix de Bastian n’est plus qu’un faible murmure qui se perd dans l’obscurité de la grotte. L’Hilarant est tout aussi perdu que moi, totalement démuni. Lorsque Apolline émet une faible plainte, Sean me supplie du regard d’aller la voir. Je m’exécute et m’agenouille aux côtés de la Talentueuse, posant sa tête ensanglantée sur mes jambes. Le sang a séché. Sa blessure a cicatrisé. Malheureusement, la peau de son ventre reste tout aussi vilainement brûlée que mes bras. Elles vont mettre du temps à cicatriser, et à part Zéphyr, personne ne peut accélérer le processus de guérison. Mon pouvoir à moi ne sert à rien s’il n’est pas à mes côtés. Si seulement Isaac était là ! Il pourrait absorber la douleur d’Apolline, et même la peur de Bastian ! Je ne sais pas combien de temps Sean et moi allons pouvoir tenir ainsi.

Et dire que je pensais rentrer au Majestueux saine et sauve, que les ennuis étaient derrière moi ! Il semblerait que le destin en ait décidé autrement. J’ai l’impression que tout se dresse entre Tessia et moi... Que je ne la reverrai jamais.

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