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Chapitre 12Rencontre

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-25 20:56:46
Chapitre 12Rencontre

Je me trouve dans la salle d’attente. Ou du moins, une pièce en coupole lumineuse où je suis censée patienter afin que la reine me reçoive. Qu’elle veuille s’entretenir avec moi me fait un peu peur. Je ne vois pas de quoi elle souhaite me parler. Je pensais que l’on s’était tout dit, hier. Peut-être que la reine a décidé de me réprimander pour mon impertinence envers Angie ? D’ailleurs, celui-ci est adossé contre l’un des murs en verre en face de moi. Il est comme d’habitude. Bras croisés, visage impassible, regard posé sur ma silhouette sans la moindre trace d’émotion. À croire que notre échange dans le Jardin Abyssal n’a jamais eu lieu. Soudain, il tourne la tête vers la gauche. Des bruits de pas nous parviennent de derrière la porte. Puis celle-ci coulisse sur l’un des gardes royaux vêtus d’une armure entièrement noire, qui nous invite à entrer au Siège. Angie me fait signe de le suivre, et je m’avance donc derrière lui jusqu’à cet immense fauteuil doré, où la reine est confortablement installée. Encore une fois, son petit nez retroussé, ses petites lèvres pincées, ses taches de rousseur et ses cheveux roux me rappellent quelqu’un. Mais je ne sais pas qui. La couleur de ses yeux se rajoute à cette impression de déjà-vu. Hier, ils étaient rouges. Désormais, c’est une très jolie couleur bleue qui les remplace.

D’un froncement de sourcils à peine perceptible, Angie me fait signe de l’imiter. Je m’accroupis jusqu’au sol, baisse la tête et ouvre mes bras lentement et le plus gracieusement possible à l’horizontale. La reine nous demande de nous relever. Et je sais bien que je ne devrais pas penser à ça, mais cela me fait toujours aussi bizarre de voir Angie faire la révérence en gage de sa soumission. Ce dernier me fusille du regard. Je comprends une fois de plus qu’il a capté mes pensées. Et j’en ai plus qu’assez qu’il le fasse ! J’ai l’impression de n’avoir aucune vie privée, ici !

— Merci de l’avoir conduite jusqu’ici, commence la reine à l’attention d’Angie. A-t-elle commencé à s’entraîner ?

— Oui, répond-il. Nous avons commencé par une course d’obstacles. Elle a battu le record d’Edden, elle a fait moins d’une minute. J’ai pu tester ses réflexes, qui sont très bons. Puis j’ai répondu à ces questions. Nous n’avons pas encore eu le temps de nous mettre au combat, termine-t-il.

— Un record de battu ? Ça ne devrait pas m’étonner, vu ses antécédents..., murmure la reine.

— Mes antécédents ? répété-je.

— Oh, ne fais pas attention à ce que je dis ! se rattrape-t-elle. Ombelline m’a appris que tu ne voulais pas t’entraîner, aujourd’hui. Tu penses que ta place n’est pas ici ?

— Oui. Enfin non ! rectifié-je. Je ne sais pas. Je... Zéphyr a répondu à ma place, mais je pense être tout à fait apte à me battre !

— Bien. C’est très bien, sourit-elle. Nous avons besoin de combattants comme toi. Mais tu n’es pas obligée de t’entraîner aujourd’hui, ne t’en fais pas ! J’ai appris ce qui était arrivé à ta famille, et j’en suis profondément navrée. Vraiment. Tu peux prendre tout le temps qu’il te faudra pour t’en remettre. Je comprendrais.

L’évocation de ce souvenir invite mon cœur à marteler ma poitrine comme un fou. Pourquoi la reine me parle-t-elle de cela ? Je fais tout pour ne pas y penser. J’essaie de ne pas me remettre à pleurer. J’essaie tant bien que mal de me contenir en public. Je n’aime pas laisser libre cours à mes émotions, les laisser m’envahir et prendre toute la place qu’il leur faut pour s’exprimer. Mais je déteste encore plus le faire devant quelqu’un. Si je dois pleurer, ce sera toute seule, sans personne pour me voir. Alors je plisse très fort les paupières pour empêcher les larmes de jaillir. Je serre les dents et les poings pour me contenir. J’essaie de reprendre le contrôle de mes émotions.

— Tu sais ma chère, il ne faut pas avoir honte de pleurer. Plus tu empêcheras les larmes de couler et plus tu te sentiras mal au fond de toi. Il faut laisser ta peine s’exprimer, peu importe où et quand. Dès que tu en ressens le besoin, fais-le. Tu ne réussiras jamais à faire le deuil de tes parents et de ta sœur si tu ne te permets pas de les pleurer.

Mais de quoi se mêle-t-elle ? C’est pour cela qu’elle tenait à me voir ? Je refuse de faire ça. Chaque être humain est différent. Peut-être qu’elle apprécie de pleurer pour soulager sa peine, mais moi, ce n’est clairement pas mon truc ! Qu’elle me laisse faire mon deuil comme je l’entends.

— Je n’ai pas envie de pleurer, dis-je, d’une petite voix qui laisse clairement entendre le contraire.

Je sais, c’est pathétique. D’ailleurs, la reine penche la tête sur le côté et soupire, ses petits yeux bleu clair me regardant avec ce qui s’apparente bien à de la pitié. Elle ouvre la bouche, sûrement pour me sortir un autre de ses beaux petits discours, mais je ne lui en laisse pas le temps.

— Je n’ai pas besoin de votre pitié, reniflé-je. Vous ne savez même pas de quoi vous parlez ! Je n’ai pas besoin de votre compassion, j’ai simplement besoin qu’on me laisse tranquille avec ça !

— Evalina ! s’offusque Angie. Tu pourrais montrer un peu plus de respect à notre reine.

— Mais ce n’est pas ma reine ! m’écrié-je. Je ne fais pas partie de ce monde ! Je ne fais pas partie de votre monde !

— Ce n’est pas une raison pour lui manquer de respect.

— Je ne manque de respect à personne, j’exprime simplement le fond de ma pensée !

— Elle a raison, nous coupe la reine. Evalina ne vient pas de Réturis, je comprends donc parfaitement qu’elle réagisse de la sorte. Tout est nouveau pour toi, ma chère. Tu es bouleversée, ce qui se comprend tout à fait. Je vais te laisser retourner dans tes appartements.

Pendant un instant, j’ai cru que la reine me comprenait. Mais non. Elle agit encore comme si elle était à ma place. Qui lui dit que je veux retourner dans mes appartements pour être seule et pleurer ? Au contraire, je ne veux pas y penser ! Je secoue donc la tête négativement.

— Tu en as grandement besoin, ma chère, insiste la reine. Prendre un moment pour faire le deuil de ta famille te sera bénéfique, crois-moi.

— Mais je ne veux pas faire leur deuil ! Cela reviendrait à accepter qu’ils soient tous morts !

Candélaria ouvre la bouche, prenant un peu de temps pour choisir les bons mots. Puis finalement, elle décide d’opter pour la franchise, les yeux emplis d’une pitié que j’aurais bien envie de crever.

— Ils le sont, ma chère.

— Comment pouvez-vous être sûre que ma sœur l’est aussi ?

— Ta famille entière a péri dans l’incendie qui a ravagé ta maison. Je l’ai vu de mes propres yeux, dit Angie. Tu as été la seule à avoir pu t’en échapper.

— Vous croyez que ma famille est morte dans l’incendie ?

La reine et Angie échangent un regard lourd de sens et hochent la tête pour me répondre que oui. Pour eux, il est évident qu’ils ont péri dans les flammes. Sauf que ce n’est pas vrai. À bien y réfléchir, Angie et Apolline m’avaient suivi tout au long de cette fameuse journée. Du parc, jusqu’à ma maison en feu. Mais ils ne sont jamais rentrés chez moi lors de l’incendie. Ils en ont donc conclu que les flammes étaient responsables de la mort de ma famille. Ce qui est totalement faux.

— Non, vous vous trompez. Mes parents ont été assassinés par quelqu’un !

Du moins, c’est ce que je suppose. Mais je ne vois pas d’autres explications possibles. Mes parents n’auraient jamais pu s’enfoncer cette fourche d’eux-mêmes.

— Assassinés ? répète Angie.

— Oui ! Je suis rentrée chez moi parce que j’avais reçu un appel de ma petite sœur, expliqué-je. Elle était complètement paniquée et elle pleurait ! Je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qu’il se passait, la communication a coupé ! Mais j’ai pu entendre des bruits de lutte ! Tessia a essayé de me prévenir de quelque chose, mais elle n’a pas eu le temps de finir sa phrase ! Je crois qu’elle voulait me dire de ne pas rentrer à la maison...

— Et comme à ton habitude, tu n’as pas écouté ce qu’on te disait et tu as failli mourir, soupire Angie, sarcastique.

— Tu voulais peut-être que je reste dans le parc, comme si de rien n’était ? ironisé-je. Bien sûr que j’ai couru jusque chez moi ! La porte était grande ouverte ! J’ai découvert mes parents dans le salon. Au sol. Ils étaient… morts, bien avant l’incendie. Et j’ai... j’ai eu le temps d’apercevoir une sorte de fourche. Ce truc était planté dans leur corps ! frissonné-je.

La reine fronce les sourcils.

— Et ta sœur ? me demande Angie.

— Je l’ai cherché dans toute la maison, du moins, j’ai fait comme j’ai pu avec le feu qui ravageait chaque pièce ! Je n’ai pas trouvé Tessia. J’ignore ce qu’elle est devenue, mais j’ai bon espoir qu’elle n’ait pas péri dans les flammes ! Quoi qu’il en soit, je refuse de faire face à cette fatalité tant que je n’aurais pas vu son corps de mes propres yeux !

— Peut-être qu’elle est morte mais que tu n’arrives tout simplement pas à l’admettre ? prononce Angie d’un ton monocorde.

Non, mais je rêve ou quoi ? Comment peut-il me dire une chose pareille ? Il a prononcé ces mots comme s’il n’y avait rien de plus normal au monde ! Comme s’il avait demandé qu’on lui passe le sel ! Je m’excuse intérieurement auprès de Zéphyr, car je ne pense pas qu’un terrain d’entente soit possible entre Angie et moi. Il fait tout pour me faire sortir de mes gonds. Si lui ne fait pas d’efforts, alors je ne vois pas pourquoi je devrais en faire.

— Tu dis qu’elle a crié avant que la communication ne se coupe ? me demande la reine, ne prêtant pas la moindre attention aux piques que me lance Angie.

— Oui. C’était comme si elle souffrait, ce n’était pas qu’un cri de peur ! précisé-je. C’était atroce à entendre.

La reine tourne son regard vers Angie, qui hoche la tête. Je crois qu’elle a pensé à quelque chose, de façon à ce que le Leader soit le seul à entendre ce qu’elle a à dire. Mais pourquoi n’aurais-je pas le droit d’être mise au courant, bon sang ? Après tout, il s’agit de ma petite sœur !

— Si vous savez quoi que ce soit qui pourrait m’aider à savoir ce qui est arrivé à Tessia, alors je veux l’entendre !

La reine plante son regard bleu dans le mien et se pince les lèvres, avant de me répondre :

— Il est possible qu’elle ait été kidnappée.

Il me faut un petit moment d’adaptation avant de réaliser complètement les paroles de la reine. Ma sœur, kidnappée ? C’est une blague, j’espère. On se croirait dans un mauvais rêve. Oh oui, qu’est-ce que j’aimerais que tout ceci ne soit qu’un cauchemar !

— Par qui ? Et pourquoi ? finis-je par demander, le cœur battant à tout rompre.

— Cela pourrait être le fait d’une vieille ennemie du royaume, soupire la reine.

J’attends la suite, mais celle-ci ne vient pas. Candélaria n’est apparemment pas décidé à m’offrir l’explication dans son intégralité.

— J’ai besoin de réponses ! m’énervé-je. De véritables réponses ! Pas des phrases vagues ou énigmatiques qui ne veulent strictement rien dire !

— Navrée, ma chère. Mais je ne peux pas t’en dire plus, m’annonce la reine. Angie, tu serais aimable de la raccompagner jusqu’à ses appartements.

Le Leader s’incline, puis fait un pas dans ma direction. Mais je recule brusquement. La reine croit sérieusement que je vais partir sans avoir obtenu ce que je voulais ? C’est hors de question !

— Je n’irai nulle part tant que je n’aurai pas obtenu les réponses que je désire !

J’ai conscience d’agir en véritable gamine égoïste, mais pour Tessia, je suis clairement prête à me faire passer pour telle.

— Ne sois pas ridicule, me dit Angie. C’est un ordre de la reine, tu es forcée d’obéir.

— Ah oui, vraiment ? m’exclamé-je. Sinon quoi ? Vous allez me torturer pour désobéissance ?

— Ne dis pas n’importe quoi, soupire-t-il.

— Je ne bouge pas d’ici.

— C’est pour ton bien, ma chère. Tu arrives tout juste sur ce royaume, je te préserve pour ton bien, m’explique la reine. Je ne compte pas te cacher des informations. Tu sauras ce que tu tiens absolument à savoir, mais pas aujourd’hui. Maintenant, suit Angie. Et c’est un ordre.

Devant le regard dur de la reine, d’habitude si doux, je commence à me demander si je n’y suis pas allée un peu trop fort. Je n’ai vraisemblablement pas le choix. Je dois partir avant que la situation ne dégénère encore davantage. Alors j’obéis. À contrecœur, je suis Angie et le laisse me raccompagner, calant mon pas sur le sien. Le trajet se fait dans un silence total. Une fois arrivés dans le hall du château, il s’apprête à me traîner jusque dans les escaliers, mais je me dégage de son emprise aussi sec.

— C’est bon ! annoncé-je brusquement. Je sais monter les escaliers toute seule, tu sais. Je connais le chemin.

— La reine m’a donné l’ordre de te ramener jusqu’à tes appartements, réplique-t-il en levant les yeux au ciel.

— Et moi qui croyais que tu n’avais pas pour habitude d’obéir aux ordres ? dis-je. Quand ça t’arrange, tu ne les appliques pas. Mais lorsque ça vient de la reine, là, oui ! Tu fais le petit fayot !

Angie se retourne si vite que je manque de perdre l’équilibre. Cependant, au lieu de me retrouver face à un visage colérique, je me retrouve face à un visage amusé. Du moins, ce que je suppose être un visage amusé. Il n’a qu’un petit sourire en coin en guise d’expression.

— Très bien, finit-il par répondre, après m’avoir longuement observé de ses yeux aigue-marine.

Très bien ? Je rêve ou il n’a même pas essayé de répliquer ? Il s’est contenté de me répondre de manière positive. Soit Angie est bipolaire, soit Angie a un jumeau ! Au choix. Je m’apprête à balbutier une réponse sans aucun sens, lorsqu’il fait quelque chose que je n’aurais pas cru possible. Il s’en va. Il s’en va ? Sans même essayer d’avoir le dernier mot ? Je ne comprends toujours pas les réactions du Leader. Je ne sais pas de quoi je dois avoir l’air, mais je suis presque sûre que les mouches ne vont pas tarder à rentrer si je ne ferme pas la bouche. Si tant est qu’il y ait des mouches, par ici.

Après m’être assurée qu’Angie est bel et bien parti, je rebrousse chemin et me dirige tout droit vers la grande porte. J’ai besoin de sortir d’ici, de prendre l’air. J’en ai plus qu’assez de voir sans cesse ces trois mêmes couleurs autour de moi ! J’ai l’impression d’être prisonnière entre quatre murs, et je déteste ça. J’ai besoin de ma liberté.

— Où vas-tu, comme ça ?

Je me retourne, surprise par cette voix sortie de nulle part, et me retrouve face à Bastian. Dieu soit loué, ce n’est pas Angie. Mais qu’est-ce que le Séducteur des Surnaturels fiche ici ? Il devrait être en train de s’entraîner à la Colombe, avec les autres ! Ce n’est vraiment pas le moment de venir me parler, je n’ai pas envie de discuter.

— Nulle part.

Bastian s’interpose aussitôt pour me bloquer la route.

— Je n’en crois pas un mot, dit-il en plongeant ses yeux verts dans les miens.

Il me sort son sourire « pub de dentifrice » et je comprends pourquoi il tient le rôle de Séducteur. Une mâchoire carrée parfaitement bien dessinée, un sourire charmeur, un nez plutôt petit, des yeux vert sombre très envoûtants, et de courts cheveux bruns avec quelques petites mèches qui lui tombent un peu sur le front. Ce type possède un visage parfait. À côté, j’ai l’impression que tous mes défauts ressortent. Je me sens à part. Je fais tache. Oui, voilà. Je suis une tache. Et je le déteste pour me faire sentir aussi misérable.

— Qu’est-ce que tu fais ici ? demandé-je, tentant tant bien que mal de cacher mon énervement. Je croyais que vous, les Surnaturels, vous vous entraîniez toute la journée à la Colombe !

— C’est l’heure de la pause pour manger. Je devais aller voir la reine, mais je constate que tu en ressors, devine-t-il.

Il est déjà midi ? Je n’ai pas vu l’heure passer. Et étrangement, je n’ai pas faim. Je crois que mon entretien avec Candélaria m’a coupé l’appétit.

— Écoute, je n’ai pas vraiment envie de parler avec toi, avoué-je. Alors si tu pouvais me laisser tranquille, ça m’arrangerait !

— Tu sais que ça me blesse, ça ! Juste ici, dit-il en mettant une main sur son cœur, un petit sourire en coin se formant au passage.

Je lève les yeux au ciel, agacée par son comportement. J’ai autre chose à faire que de l’écouter se plaindre ! Je le contourne pour pouvoir passer. Je pose ma main sur la porte rouge afin de la faire coulisser, mais il m’arrête en me retenant par le poignet.

— Et où te rends-tu comme ça ? insiste-t-il.

— Nulle part, je te dis !

— Tu ne poserais pas ta main sur cette porte si tu projetais d’aller nulle part.

— Je vais dehors ! explosé-je, me dégageant de sa poigne. C’est bon, t’es content ?

— Non, je suis horrifié, dit-il en prenant un air choqué. C’est plein d’horribles dangers dehors ! Ce n’est pas bon pour Linouche !

— Linouche ? répété-je, incrédule.

— C’est le petit surnom que je t’ai trouvé, rigole-t-il. Il te va bien, tu ne trouves pas ?

Je lève les yeux au ciel et coulisse violemment la porte. Je sors en trombe à l’extérieur du Majestueux, le vent me fouettant délicieusement le visage. Enfin un peu d’air frais ! J’ai cru que je ne sortirais jamais de ce château. Je reconnais d’emblée la grande cour entourant l’édifice. C’est là que je suis arrivée hier, en compagnie d’Apolline. J’avais vu le paysage de nuit. Aujourd’hui, je le vois tel qu’il est vraiment en plein jour, et c’est tout simplement magnifique. Le Majestueux est immense ! Ses douves, ses trois couleurs, sa hauteur. Le parterre fleuri et buissonneux qui se trouve à mes côtés me fait penser au Jardin du château. La cour de devant est entièrement faite de pavé gris clair. Je me retourne pour m’assurer que Bastian ne m’a pas suivi et continue mon chemin lorsque je constate avec soulagement qu’il n’est plus là. C’est étrange, tout est désert ici. Il n’y a strictement personne aux alentours. Je parviens toutefois à distinguer un peu plus loin, au bout du chemin, une masse de maisons. Curieuse, je presse le pas afin de m’y rendre le plus vite possible. J’ai tellement hâte de voir à quoi ressemblent les villages, ici !

Je marche donc vers les premières maisons qui s’offrent à ma vue, désormais quelques mètres en face de moi. Elles sont toutes assez petites, et étrangement collées les unes aux autres. Elles sont faites de pierre et possèdent chacune une cheminée. J’ai l’impression de me retrouver dans les petits villages d’antan. Les rues sont pavées, la pierre est grise et parsemée de quelques touches de marron à certains endroits. Je devrais normalement trouver cet endroit très coquet, très mignon, mais ce n’est pas le cas. Parce que tout est vide, sans âme. Je n’ai pas croisé une seule personne depuis que j’ai commencé ma promenade. Et je trouve ça étrange. Cette solitude donne au village une ambiance de film d’horreur. J’ai beau marcher, encore marcher et toujours marcher, il n’y a personne. Les maisonnettes se ressemblent tellement que je préfère ne pas aller plus loin, au risque de me perdre. Je ne sais pas vraiment quoi faire. Rebrousser chemin, ou continuer ? Si je ne rentre pas tout de suite, je risque d’être fatiguée pour demain. Et alors que je m’apprêtais à revenir sur mes pas, des voix me stoppent dans mon élan.

Je fais volte-face, mais ne vois toujours personne. Je ne comprends pas. Je suis pourtant sûre d’avoir entendu quelqu’un. En me concentrant à nouveau, je peux même distinguer d’autres bruits, très ténus, mais bien réels. Comme si une foule de gens passait par là. Alors qu’il n’y a strictement personne aux alentours. Je me risque donc à faire un pas en avant. Puis un autre. Suivi de trois nouveaux. J’ai l’impression que plus j’avance, et plus les bruits s’amplifient. Et soudain, une idée me traverse l’esprit. Tellement absurde que je pourrais presque me traiter de pauvre illuminée ayant regardé trop de films à effets spéciaux. Mais pourquoi ne pas tenter le coup ? J’avance donc mes mains devant moi, à la recherche d’une sorte de protection invisible. Après tout ce qu’il m’est arrivé ces derniers jours, je suis prête à croire en n’importe quoi. Du moins, presque. Et voici comment je me retrouve donc les bras bien droits, les doigts écartés, les paupières plissées de concentration. Je dois vraiment avoir l’air d’une débile, vue de l’extérieur. Oh mon Dieu, j’espère que personne ne me regarde ! Je rouvre les yeux pour m’assurer qu’une âme solitaire n’a pas décidé de sortir de chez elle, si tant est qu’il y ait véritablement quelqu’un ici. Et j’en reste bouche bée.

Il n’y a pas une, mais des centaines d’âmes solitaires ! Si je puis les appeler ainsi. J’avais raison. Il suffisait d’y croire. Certaines personnes me regardent étrangement, et je comprends que j’ai toujours les mains tendues devant moi. Je les baisse aussitôt que je m’en aperçois, cachant mon visage rouge de honte sous mes cheveux. J’inspire et j’expire calmement pour me remettre de mes émotions. Puis je relève la tête. Il y a foule. En vue de tous ces passants qui se promènent et font la queue à des stands de fruits et légumes, de bibelots et de vêtements, je devine que c’est jour de marché. Mais il y a quelque chose que je ne comprends toujours pas. Pourquoi le village a-t-il besoin de cette couche invisible ? Pour la protection, très certainement. Mais se protéger de quoi ? Une alarme déchirante se fait soudain entendre dans le village tout entier. Comme un bruit de klaxon, mais particulièrement fort. Et en continu. Je n’ai même pas le temps de me demander à quoi peut bien correspondre un tel vacarme, que les passants me bousculent. Je suis heurtée de tous les côtés. Ce qui ressemblait à un village paisible un jour de marché vient de se transformer en un village terrorisé. C’est l’affolement général. Les gens courent dans tous les sens. La plupart abandonnent même leurs achats pour courir plus vite. Ils s’enferment chez eux. Les volets se ferment, les enfants se mettent à crier et à pleurer, à la recherche de leurs parents perdus dans la foule.

Tout ça m’effraie. Horriblement. Je ferais mieux de faire comme tous ces gens et me mettre à courir. Me réfugier. Mais pour aller où ? Je n’en ai pas la moindre idée. Je ne connais absolument pas cet endroit. Je pourrais peut-être rentrer dans une maison au hasard ? Pendant que je réfléchis et pèse le pour et le contre, les plaintes d’une dame à côté de moi me font tourner la tête. Elle porte un enfant dans ses bras et toque désespérément à une porte.

— Je vous en prie, ouvrez-moi ! Je vous en prie, supplie-t-elle. Nous n’avons nulle part où aller, nous ne venons pas de ce village !

J’entends quelqu’un crier une réponse à l’intérieur de la maison, et la dame se remet à supplier. Apparemment, la réponse est négative.

— Je vous en supplie ! S’il vous plaît, ayez pitié ! Je ne veux pas que mon petit garçon meure si jeune, je vous en supplie !

Je ne suis pas sûre d’avoir tout compris. Pourquoi son petit garçon devrait-il mourir s’il reste à l’extérieur ? Et pourquoi les personnes à l’intérieur de la maison refusent-elles de les laisser rentrer ? Que peut-il y avoir de si dangereux au point de ne pas vouloir ouvrir sa porte d’entrée pour une poignée de secondes ? La dame ne cesse de pleurer et de frapper contre la porte. Finalement, vu la scène à laquelle je viens d’assister, je crois que mon idée d’aller me réfugier dans une habitation ne va plus être possible. La femme finit par abandonner et se laisse glisser lentement jusqu’au sol, son fils dans les bras. Le bruit assourdissant du klaxon résonne toujours. Je jette un coup d’œil aux alentours et constate qu’il n’y a presque plus personne dans la rue à part nous trois, ainsi que deux hommes un peu plus loin. Alors je vais rejoindre la dame et son fils. J’ai besoin d’explications. Je m’approche, doucement, ne sachant pas très bien comment je vais être accueillie. Je m’accroupis pour être au même niveau qu’elle, puis lui demande :

— Excusez-moi Madame, mais je suis nouvelle ici et je... ne comprends pas très bien ce que tout cela signifie, avoué-je, tout en montrant d’un geste vague la rue désormais déserte.

Elle lève son regard vers moi, essuie ses joues, mais se remet aussitôt à pleurer. Génial. Je suis vraiment très douée. Ses magnifiques yeux noisette sont embués de larmes qui n’en finissent plus de ruisseler sur ses pommettes. Je regarde le petit garçon, qui ne doit pas avoir plus de quatre ans. Il paraît très fatigué, sur le point de s’endormir, alors que sa mère pleure à chaudes larmes. Apparemment, il n’a pas l’air de savoir à quoi s’apparente le bruit de klaxon. Je soupire, résignée à entendre une quelconque réponse. Je commence à me relever, lorsque la dame se met soudainement à parler :

— Tu es si jeune, toi aussi. Si jeune, répète-t-elle, des sanglots dans la voix. La vie est injuste. Terriblement injuste.

— Pourquoi dites-vous ça ?

— Ce bruit, dit-elle en pointant du doigt le ciel. Ce bruit assourdissant, c’est l’alerte des attaques de trénones. Nous sommes fichus. Fichus, fichus, fichus, répète-t-elle incessamment.

Les trénones ? Si ma mémoire est bonne, ce sont des monstres. Sauf qu’ici, ils sont réels. Je crois que je peux sérieusement commencer à m’inquiéter.

— Pourquoi ne prenons-nous pas la fuite ? demandé-je.

— Il ne sert à rien de s’enfuir, me répond-elle. Les trénones nous retrouveront, où qu’on aille. On ne peut pas leur échapper. C’était sûrement notre destin de mourir aujourd’hui, soupire-t-elle. Même si j’espérais honnêtement que mon petit garçon atteigne au moins l’âge de la raison. Il m’en a si souvent parlé...

— Mais nous pouvons au moins tenter le coup ! insisté-je.

— Impossible, dit-elle en dodelinant de la tête. Si seulement les Surnaturels étaient là…

Les Surnaturels ? Je suis une Surnaturelle. Je devrais être capable de faire quelque chose, non ? Non. Je ne peux rien faire. Je ne sais même pas me battre. Je ne connais même pas l’apparence d’un trénone, je n’en ai jamais vu. Si seulement je ne m’étais pas emportée contre Angie ce matin, il m’aurait appris quelques techniques de combat ! Au lieu de ça, j’ai voulu faire ma tête de mule, et voilà le résultat ! Je vais mourir. Je trouve que, ces derniers temps, je me retrouve un peu trop souvent dans ce genre de situations. Toujours en train de frôler la mort. Et même dans ce genre de cas extrêmes, je ne sais toujours pas quoi dire pour réconforter ou rassurer quelqu’un. Allez Evalina, creuse-toi la tête !

— Comment s’appelle-t-il ? demandé-je, en pointant du menton le petit garçon.

Bravo, Evalina ! Superbe question, vraiment.

— Ethan, me répond-elle, un petit sourire se formant sur son visage.

J’ai réussi à la faire sourire. Peut-être que je ne suis pas si nulle que ça, finalement. Si je m’améliore, j’aimerais autant ne pas mourir tout de suite, tant qu’à faire.

— Et toi ? me demande le petit garçon, qui entre-temps, a rouvert les yeux.

— Evalina, je réponds, en souriant le plus sincèrement possible pour essayer de le rassurer.

— Evalina ? répète soudainement la femme.

Je hoche la tête. Pourquoi me regarde-t-elle bizarrement, maintenant ? Je sais bien que mon prénom suscite beaucoup de mystère chez les Surnaturels, mais ici aussi ? Pourquoi réagissent-ils tous pareils à l’annonce de mon prénom ? Je ne comprends pas. Je m’apprête à lui poser la question, mais elle se lève d’un coup et pose son enfant par terre. Elle me contourne pour aller inspecter mon épaule droite, là où se trouve mon tatouage. Elle plaque une main sur sa bouche et se précipite vers Ethan.

— Tenez ! dit-elle en me déposant l’enfant de force dans les bras.

Devant mon air abasourdi, elle s’empresse d’ajouter :

— Allez-y, prenez-le ! Et fuyez !

Elle me sourit, satisfaite. Je regarde ses yeux noisette, qui brillent d’une lueur d’espoir. Mais pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle veut que j’en fasse ? Je veux détourner le regard, mais j’en suis incapable. J’essaie, vraiment. Mais rien à faire. Je suis plongée en plein dedans, comme avec Roxana, dans le parc. Des bribes d’images me parviennent. D’abord, une petite cour où plusieurs poubelles s’alignent contre un mur de briques. Ensuite, une masse informe aux très longues griffes. Puis cette femme, la mère d’Ethan, avec une profonde entaille à la cheville. Et soudain, plus rien. Je ressors de ma torpeur aussi soudainement que je m’y suis plongée, secouant la tête pour reprendre mes esprits. Je ne comprends rien à toutes ces visions. Je ne sais pas pourquoi elles m’apparaissent ainsi. J’ai l’impression que cinq minutes pleines se sont écoulées, mais lorsque je vois la mère d’Ethan qui retire ses bras vers elle, je comprends que cela n’a duré que quelques secondes.

— Excusez-moi, mais je ne compr...

Un long cri guttural m’interrompt aussitôt. Un cri comme jamais je n’en ai entendu jusque-là. Et ça ne provient certainement pas d’un être humain. Je me retourne très lentement, découvrant au loin les deux hommes que j’avais aperçus tout à l’heure. Ils ne sont plus debout, mais allongés. J’ai l’impression qu’ils convulsent de douleur. Et au-dessus d’eux, six masses informes aux longues griffes. Comme dans ma vision. Elles ont un aspect hideux… Un monceau de goudron noir et vivant, avec deux grandes orbites en guise d’yeux. Pas de nez, pas de bouche. Deux jambes et deux bras gluants, avec aux extrémités, ses fameuses griffes acérées telles de gigantesques aiguilles. Ce sont des trénones. Et ils avancent vers nous.

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Surnaturels #1Mystères Partie1   Retrouvez Bientot surnaturels

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Surnaturels #1Mystères Partie1   Remerciements

RemerciementsAutant l’écriture en elle-même ne m’a jamais posé de problèmes, autant les remerciements me donnent un aperçu du syndrome de la page blanche. Beaucoup de personnes à remercier, tellement de choix dans la manière de procéder, et pourtant si peu d’assurance quand il s’agit d’organiser le tout. Au risque de pondre un pavé, je vais m’en tenir au format de ce livre et séparer les remerciements en deux. Si je ne cite pas tout le monde ici, c’est donc normal. Après tout, ceci n’est que la moitié du tome 1.Je tiens pour commencer à remercier Guillaume et Ophélie, sans qui mon rêve n’aurait pas pu se réaliser. Vous avez su transformer une histoire écrite à mes 15 ans en un projet digne du papier, digne de vous, digne de cette maison d’édition inceptionnelle et de cette équipe véritablement incroyable. Merci d’avoir supporté le mauvais caractère d’Angie et la naïveté d’Evalina. Merci pour ce boulot de dingue que vous fournissez jour et nuit.Merci à Anne, mon synonyme contrai

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 43Etats d'ame

Chapitre 43Etats d'ameAngie est le premier à demander des explications. J’entends sa voix, mais je suis incapable de me concentrer sur ce qu’il dit. Les seuls mots qui résonnent dans ma tête sont ceux de Zéphyr. Il n’a pas dit que Cassie et Tessia étaient revenues. Il a seulement dit Cassie. Ma poitrine me fait mal. Mon corps se met à trembler de lui-même. Je ne me sens pas bien. Ma gorge est serrée. Je n’arrive plus à distinguer clairement mon entourage. Mon cœur bat trop vite. J’essaie de prendre une profonde inspiration et d’expirer calmement, mais j’ai l’impression de ne plus pouvoir respirer. Tessia n’est pas revenue. Je recule et heurte la paroi du tunnel. J’ai la sensation qu’on est en train de jouer avec mon cœur. Qu’il résiste tant bien que mal, mais qu’il suffirait qu’on le crève encore un peu plus pour le voir perdre la partie. Je ne me sens plus capable d’agir comme si ce n’était pas grave. Comme si je pouvais encore attendre, alors que ma sœur est la seule famille qu’i

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 42Perte de controle

Chapitre 42Perte de controle— Je savais que je te trouverais ici.— Je n’ai pas cherché à me défiler.Zéphyr esquisse un sourire et s’engouffre dans l’espace sombre et bleuté du Jardin Abyssal. Il jette un rapide coup d’œil à l’aquarium, puis il me rejoint sur le canapé. Il se laisse tomber contre la matière moelleuse et pose ses avant-bras sur ses genoux, les mains croisées. Il ne dit rien. Et je sais pertinemment pourquoi. Il attend que ce soit moi, comme à chaque fois qu’il veut entamer une discussion sérieuse. Et je n’aime pas ce genre de discussions. Il me pousse souvent à comprendre ce que je redoute le plus, à faire face aux démons qui me rongent de l’intérieur. Et je déteste ça.— Tu perds ton temps, finis-je par dire.— Nous savons tous les deux que c’est un mensonge. Depuis quand ne lis-tu plus dans les pensées des autres ? Parce que tu n’as pas l’air de savoir pourquoi je suis là.— Je suis fatigué.— Fatigué ? relève-t-il, les yeux bl

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 41Jalousie oppressante

Chapitre 41Jalousie oppressante— Angie, attrape !Je rattrape in extremis la dague qui filait droit sur mon front, ma main se refermant autour de la lame en métal froid. Je braque un regard incendié en direction d’Apolline. Celle-ci hausse les épaules, et ses pensées, manquant un brin de tact, ne tardent pas à résonner dans ma tête.« Tu n’avais qu’à être plus rapide ! »Je jette la dague à mes pieds. Celle-ci vient se figer dans le tatami. Si Ombelline voit ça, je suis mort. Je la retire et m’assieds sur l’entaille désormais présente, jetant un coup d’œil discret en direction de l’Immortelle. Elle est encore occupée à arbitrer le combat d’Edden et de Maximilien. Le Cerveau n’a d’ailleurs aucune chance, il n’est pas assez rapide et n’arrive pas à anticiper les coups de son adversaire. Et même si cela me coûte de le reconnaître, Edden est fort. Très fort.— OK, dis-moi ce qui ne va pas.Je fronce les sourcils. Apolline me rejoint sur le tatami et s’assied à mes c

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 36Espoir perdu

Chapitre 36Espoir perdu— Evalina !— Non, va-t’en ! lui hurlé-je, des larmes de colère perlant sur mes joues.Je ne veux plus le voir. Pas après ce qu’il a fait. A-t-il sincèrement pensé que je ne lui en voudrais pas ? Comment a-t-il pu me faire ça ? Comment a-t-il pu me regarder dan

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 35Rapprochement et detournement

Chapitre 35Rapprochement et detournementS’il te plaît, Angie, on a besoin de votre aide.— Qu’est-ce que tu fais ? me demande Sean, toujours occupé à rassurer Bastian.Je rouvre les yeux et attends quelques secondes avant de lui répondre, laissant mes pupilles s’habituer à l’obscurité. Ce

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 34Pieges

Chapitre 34Pieges— Evalina, tu viens ? m’appelle Zéphyr.Je m’empresse de le rejoindre à l’extérieur de l’Imposant, non sans un dernier regard vers Mélodie. Elle est étendue par terre, baignant dans son propre sang. Je détourne mes yeux de cette horrible scène et prends soin de refermer la

Surnaturels #1Mystères Partie1   Chapitre 33Isaac

Chapitre 33Isaac— C’est bien moi, sourit-elle, ses yeux reprenant leur couleur initiale.— Quoi ? Tu la connais ? s’étonne Apolline.Je reste muette. Comment est-ce possible ? Mélodie est ma meilleure amie. Elle ne peut pas être cette jeune femme qui se tient devant moi, arborant un

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