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15 MAI 2019

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-28 13:39:51
15 MAI 2019

Solveig

J’ouvre The White Side et me mets à écrire, y laissant toute mon âme. Pour la première fois depuis que j’ai commencé à me déverser dessus, j’écris sur Baptiste et non sur Erick. Son soutien a beaucoup d’importance pour moi. Et une envie irrépressible de décrire mon ami, lui donner forme dans ce carnet me guide. C’est la fatigue qui me contraint à mettre fin à ce moment hors du temps. Je me sens étrange, cotonneuse. Mes cauchemars m’épuisent à tel point que je me réveille chaque matin encore fatiguée. The White Side retrouve ma table de chevet.

Je m’inquiète un peu pour mes amis. C’était une drôle d’ambiance au St Patrick avant mon départ, pas de celles que nous avons l’habitude de vivre. Cam’ semble bien se débrouiller malgré la situation, Elise par contre… Simon semblait sortir de ses gonds. Et pourtant, sa tolérance a un seuil assez élevé.

Je descends boire un café au bar de l’hôtel.

Une femme est assise à une table à quelques mètres de moi. La petite trentaine, bien habillée, elle est un peu trop maquillée à mon goût. Sans cette couche de fond de teint, elle ne perdrait pas ses traits fins ni ses beaux yeux bleus. Elle ne boit pas que de l’eau et scrute son téléphone de temps à autre puis le repose avec une moue déçue. Un dernier regard à l’objet de son stress et elle engloutit la fin de son verre d’une traite. Sa chaise bascule presque quand elle se lève. Alors qu’elle passe à côté de moi elle s’arrête et ses yeux se plantent dans les miens.

— J’espère que vous n’attendez pas après un homme, si c’est le cas, abandonnez de suite, ça n’en vaut pas la peine.

— Merci du conseil !

Elle reprend son chemin et quitte l’établissement. Son conseil ne me sera d’aucune utilité pour cette fois. Après tout, je n’attends pas après lui.

Je suis sortie de mes pensées par un message de Kristin qui me demande d’appeler un collègue d’Erick. Elle a joint le numéro. Elle ne donne aucune explication – si ce n’est que c’est important – et me demande de faire attention à moi. Comme si j’étais venue ici pour faire attention à moi.

En réponse, je quitte ma table et prends la direction de ma chambre pour appeler ce fameux collègue.

Il me fait répéter plusieurs fois mon prénom, me pose quelques questions – je suppose pour vérifier mon identité. Il parle d’une toute petite voix. Comme s’il ne voulait pas qu’on l’entende. Comme si les murs avaient des oreilles.

— Alors vous êtes bien Solveig Morel.

— Qui d’autre ?

— Je ne sais pas, je deviens parano. Avec la disparition d’Erick, je suis un peu sur les nerfs.

— II va falloir m’expliquer pourquoi vous dites cela, Antoine.

— Je n’aime pas trop parler par téléphone.

— Je suis un peu loin là ! m’exclamé-je.

— Oui…

— Écoutez, je veux juste le retrouver…

— Je ne sais pas si vous le retrouverez. Toute cette histoire sent vraiment mauvais.

— C’est donc du travail que vous parlez ?

— Oui, bien sûr.

Je laisse volontairement le temps à Antoine de prendre la direction de notre échange.

— Solveig, promettez-moi d’être discrète.

— Je vais essayer de faire au mieux.

À l’autre bout du fil, le collègue d’Erick soupire.

— OK, voilà il y a quelques semaines, nous avons commencé à recevoir des appels de chez L.V. Construction. Ils n’étaient vraiment pas contents. Erick est passé faire un contrôle dans un des bâtiments récemment construits et son rapport est catastrophique.

— Oui, il a dû venir en urgence à leur siège pour rencontrer un employé le jour de sa disparition. Il m’a dit qu’ils avaient parlé d’ennuis au sujet d’un dossier.

— Ces types sont des grands malades. Ils n’ont pas arrêté d’appeler pour que l’on change ce foutu rapport. Mais Erick a refusé, bien sûr.

— C’est à dire ?

— Ils lui ont proposé de l’argent, ont essayé de faire pression via la hiérarchie. Mais Erick a tenu bon.

— Ils ont essayé de le soudoyer à coup de pots de vin ?

— Oui, ils ont tenté de faire intervenir un autre collègue aussi, pour qu’il modifie ce rapport.

— Mais en quoi ce rapport est-il aussi important ?

— Rien n’est aux normes, d’après Erick. Ce n’est même pas une question d’installations de sécurité à revoir. Ce sont des tours entières à raser. On parle de sommes astronomiques. Et de centaines de vies en danger !

Bon sang, je ne m’étais pas du tout imaginé ça.

— Et vous pensez que cette société pourrait avoir quelque chose à voir avec le fait qu’Erick ne soit plus joignable ?

— Vu le contexte de ces dernières semaines. Je n’ai presque aucun doute.

— Pourquoi ne pas en parler à la police ?

— J’ai des enfants, Solveig. Il est hors de question que je les mette en danger.

— OK… merci Antoine.

— Vous ne devriez pas poser trop de questions et filer d’ici avant qu’il ne vous arrive la même chose.

— Non, j’ai besoin de savoir et d’après ce que vous me dites, des vies sont en danger, je ne peux pas fermer les yeux.

— Et la vôtre ?

— Ne vous inquiétez pas pour moi, je suis une grande fille.

— Vous ne faites pas le poids. Faites attention !

— Je vais y penser… Promis.

— Une dernière chose.

— Oui ?

— Je ne parlerai de ça avec personne d’autre, et si quelqu’un m’en parle je nierai tout en bloc.

Ça me pèse. Comme si j’avais trop mangé, cette conversation me reste sur l’estomac. Je ne sais pas que faire de ça. Ce n’est pas qu’Erick, ce sont des familles, des personnes qui risquent d’être en grand danger pour du fric.

Je tourne comme un lion en cage, fais le tour du lit des dizaines de fois.

Ça me fout en l’air.

Combien vaut une vie ?

Quel est le prix de familles ensevelies sous des gravats ?

Je finis par appeler Camille. Elle, elle saura m’aiguiller. Me dire comment m’y prendre. Du moins, je l’espère.

— Attends, si ça se trouve, ce type n’est pas fiable !

— C’est Kristin qui m’a dit de l’appeler.

— Peut-être, mais ce n’est pas une source vérifiée.

— D’accord, mais je fais quoi concrètement, là ?

— Je pense que tu devrais aller prendre la température chez L.V. Construction, l’air de rien. Trouve une secrétaire, en général elles en savent plus que le PDG sur sa propre entreprise.

— Bien. Je vais faire ça. J’avais prévu d’y aller, de toute façon. Tu crois que tu pourrais en toucher un mot à Damien quand même ? Parce que ça m’inquiète. Tu imagines si ces bâtiments sont aussi dangereux que ce que cet Antoine m’a dit ?

— Je t’avoue que j’ai mis un peu de distance, mais par principe et parce qu’il peut vraiment y avoir du danger, je vais lui en parler.

— Ah bon ? Tu prends tes distances avec lui ?

— Oui, je prends soin de moi. Je suis soulagée de la séparation avec Pierre et je me dis que de toute façon, Damien et moi, ça n’a pas de lendemain. J’ai beau ressentir ce que je ressens, ça ne changera rien. Le problème, c’est qu’un « nous » est interdit, il est marié, alors je dois arrêter d’espérer quoi que ce soit. Ce bébé est mon avenir.

— D’accord. Prends du temps pour toi. Mais s’il savait, il pourrait te surprendre. Tu ne sais pas vraiment ce qu’il veut, si ?

— Je pense que si. C’était clair depuis le début.

— Tu es sûre ?

— Presque.

— Hmmm

— Par contre, il y en a deux qui mènent une guerre froide qui a pour conséquence que je ne vis plus seule.

— Elise et Simon ?

— Ouais, elle a décidé d’élire domicile dans le mien.

— Elle exagère.

— Oui, pourvu qu’elle se ressaisisse. J’espère ne pas avoir de discussion sérieuse avec elle, cela risque de dégénérer.

— Tu prends du poil de la bête dis donc, la grossesse te va bien. Ou la séparation.

— Peut-être les deux, répond Camille en riant.

— Bien, je vais te laisser.

— Attend, je voulais te demander…

— Je t’écoute ?

— Pourquoi Kristin n’est-elle pas venue avec toi ?

— Elle ne pouvait pas.

— C’est bizarre, non ?

— Elle a des ennuis de santé.

— Qui l’empêchent de chercher son frère ? Je veux dire, je ne m’étais pas posé la question, mais après en avoir parlé avec Elise... C’est vrai que c’est étonnant !

— Ce sont des ennuis qui lui valent d’aller trois fois par semaine pendant quatre heures à l’hôpital.

— Oh, c’est… C’est grave ? Je veux dire, Baptiste…

— Ce n’est pas à moi de t’en parler, tu sais.

— Oui, je comprends.

— Elise se monte la tête et elle s’occupe de te retourner les idées, Camille !

**

J’ai lu un article sur un homme aux États unis qui a réussi à vivre pendant vingt-sept années seul dans la forêt. En ermite. Sans que personne ne sache qu’il était là. Quand je dis seul, je veux dire que ce type a dit « bonjour » une fois à un campeur qui lui est tombé dessus par hasard.

Devant L.V. Construction, je me dis que ce type a certainement tout compris. Il a su se protéger de l’humanité pendant un nombre conséquent d’années. Il a dû être heureux.

Je n’ai envie de parler à personne. Je me suis levée avec l’envie de rester recluse dans cette chambre d’hôtel, de dire au monde qu’il n’a qu’à continuer de tourner sans moi. Après tout c’est bien ce qu’il ferait si je n’y étais pas. Alors pourquoi ne commencerait-il pas aujourd’hui ?

Je m’engage dans l’entrée. Des croquis d’immeubles sont sous verre et accrochés au mur. Sous un globe transparent au milieu de l’immense pièce, se trouve une maquette avec de minis arbres, de minis voitures, de minis gens, et surtout de minis – mais immenses – buildings.

Si j’avais un doute sur l’endroit où je me trouve, je n’en ai plus.

Une jeune femme très maquillée – plus qu’un camion volé – est placée derrière un guichet au-dessus duquel est écrit en lettres énormes « ACCUEIL ». Si les lettres sont déjà bien imposantes, la couleur rouge dans laquelle elles sont peintes leur assure une visibilité indéniable. Je me dirige vers la demoiselle avenante qui ne me quitte pas des yeux depuis que j’ai passé la porte.

— Bonjour !

— Madame, en quoi puis-je vous être utile ?

Je fouille dans mon sac à la recherche de mon portable, mais sens une présence dans mon dos. Un agent de sécurité d’environ deux mètres sur un s’est approché. J’écarte The White Side et me saisis du téléphone pour lui montrer qu’il ne s’agit aucunement d’une arme. Oui parce que depuis les attentats, on n’a jamais vu autant de vigiles sur les dents. En l’occurrence plutôt sur mon dos. Il recule de quelques pas et j’avoue que je suis ravie de reprendre possession de mon espace vital. Cette intimité inopinée ne me convenait que peu.

Un coup d’œil à la nana en face de moi et je la vois se détendre, elle était devenue plus raide qu’une bûche. J’affiche la photo d’Erick et lui présente.

— Avez-vous déjà vu cet homme ?

— Non, me répond-elle d’une voix tremblante.

— Vous êtes sûre ? Pourtant il est venu récemment, le 2 mai…

— Oh, alors je crois que je ne peux pas vous aider.

— Ah bon ?

— Oui, j’ai pris mes fonctions il y a treize jours, et débuté dans un bureau. Je n’ai pas pu le voir.

— Peut-être que si, il a eu un rendez-vous avec Monsieur Clément ce jour-là.

— Je suis vraiment désolée. Mais je pourrais en parler à la collègue qui était présente si vous le souhaitez.

— Ce serait parfait, je vous laisse mon numéro de téléphone !

La jeune femme note consciencieusement les chiffres que je lui dicte puis relève la tête en me souriant.

— Voilà, je transmets le message.

— Je souhaiterais m’entretenir avec ce Monsieur Clément aussi, s’il vous plaît.

Alors qu’elle m’annonce, je m’installe sur une des chaises design positionnées dans un coin du hall. Les minutes passent – devrais-je dire les dizaines de minutes ? – et enfin on m’indique le chemin à suivre, jusqu’à une autre salle d’attente. Une énorme horloge – des aiguilles fixées dans le mur et des chiffres peints à même celui-ci – produit un tic-tac hypnotisant. J’en suis à ne plus être focalisée que sur elle lorsqu’un type encravaté m’invite à l’accompagner.

Cet homme est la dernière personne à avoir vu Erick et j’ai envie de le bombarder de questions, mais je me contiens. Après tout, si j’en crois Antoine, il a des choses à cacher.

Il doit avoir trente-cinq ans. Brun aux yeux clairs. Un sourire désincarné. J’ai en face de moi un masque d’acier aussi froid que l’iceberg dans lequel est rentré le Titanic. Cela a le don de lui conférer une certaine prestance. Sa posture derrière son gros bureau en bois se veut décontractée, je l’imagine pourtant bien passer en un dixième de seconde à une position plus offensive tel un jeune loup prêt à défendre son territoire.

Notre entretien démarre plutôt cordialement, il est attentif à ce que je lui raconte, ni plus ni moins. Lorsque je lui apprends la disparition d’Erick juste après sa visite, il semble surpris – autant que cela soit possible – il n’en fait pas trop non plus. Il refuse de me parler de leur différend et lorsque je sous-entends que l’entretien aurait pu mal tourner, sa mâchoire se crispe.

— Nous n’étions pas d’accord sur notre affaire, c’est tout.

— À quel point ?

— Qu’insinuez-vous, au juste ?

— Absolument rien. Je cherche un ami et vous êtes la dernière personne à l’avoir vu.

— Écoutez, je ne connaissais ce Monsieur que pour affaire, j’ai apporté des arguments en ma faveur qu’il ne voulait pas prendre en compte. Je ne l’ai pas convaincu alors il est parti. Maintenant, je vous prie de quitter mon bureau et me laisser travailler.

— Très bien. Je vous remercie de m’avoir accordé un peu de votre temps.

Il ne répond que par un signe de tête et un geste m’indiquant la porte.

Je n’ai pas décelé de signe m’indiquant un mensonge, mais je ne suis pas une professionnelle de l’interrogatoire. Par contre, je l’ai trouvé sur la défensive. Était-il mal à l’aise ? Et quand bien même, était-ce parce qu’il cherche à cacher quelque chose ou parce que c’est normal de ne pas apprécier ce genre de questions ?

Avant de quitter l’entreprise, je retourne voir la jeune femme de l’accueil et lui rappelle de bien donner mon numéro à la secrétaire qui était là le jour de la disparition d’Erick. Elle me promet de lui transmettre et je n’ai pas d’autre choix que de m’en satisfaire.

**

Objet : Travail

Solveig,

J’espère que tu vas bien !

Comme tu le sais, L’homme du bar a très bien fonctionné et nous sommes très heureux de te compter parmi nos auteurs. Comme nous en avons déjà parlé, il serait judicieux que ton deuxième roman soit terminé environ un an après la sortie du premier. Où en es-tu ? Aurais-tu une ébauche de début ? J’attends impatiemment de tes nouvelles.

Wendy

Je ne sais pas quoi lui répondre. « Désolée Wendy, ça ne va pas être possible, j’ai prévu de me faire assassiner pour des magouilles et des gros sous », « Pardonne-moi Wendy, mais je suis actuellement en train de devenir folle à cause de cauchemars », « J’ai arrêté l’écriture pour me consacrer à la recherche de gens disparus que je ne connais pas vraiment, le tout bénévolement ».

Je décide d’attendre pour lui écrire.

Installée sur mon lit, un sommeil de plomb me happe. Un nouveau rêve m’envahit. Cette fois, il est différent, pas tant par son contenu, mais plutôt les protagonistes. Erick est là, immobile. Baptiste, lui, avance dans un nuage dense.

— Eh ? Oh ?

Je lui fais de grands signes, mais il ne me voit pas.

Je voudrais les aider. Je ne peux pas. Je suis inutile, plus je m’approche plus le nuage s’épaissit. Je suis néfaste. Tout à coup une douleur atroce s’imprime dans ma poitrine. Un sentiment d’impuissance, de colère. Je le sais, ceux que j’apprécie souffrent par ma faute.

Ma mère fait son apparition devant moi. Je refuse de la voir.

— Stop, pitié, stop, hurlé-je.

Je me redresse en sueur, les mains tremblantes. Voilà des années que je n’ai pas rêvé d’elle. La colère et la culpabilité que j’ai ressenties sont encore présentes. S’y ajoute l’étonnement, qu’est-ce que Baptiste fichait dans ce rêve ? Peut-être que le fait d’avoir écrit sur mon ami a immiscé son image dans ma tête, mais je suis terrorisée et j’ai un mauvais pressentiment.

J’attrape le carnet et l’ouvre à la dernière page noircie par mes mots. Sur la page d’à côté, noir sur blanc, mon prénom. « Solveig ».

Ce n’est pas mon écriture, j’en suis sûre !

Je bondis hors de mon lit afin de vérifier la fermeture de la chambre, puis de la fenêtre. Une brume se dissipe à l’extérieur. Je crois que je deviens folle. Je me saisis à nouveau du calepin, mon prénom en a disparu.

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