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14 MAI 2019

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-28 13:39:51
14 MAI 2019

Solveig

Ce matin, je me suis éveillée avec l’impression de ne pas avoir dormi. Je n’ai fait qu’ouvrir les yeux à peine ceux-ci fermés. Pour regarder l’heure. Pour boire de l’eau. Pour penser au départ. Et puis j’ai fini par sombrer vers quatre heures du matin dans un sommeil bousculé par un rêve agité.

À nouveau, j’entendais au loin la voix d’Erick. Cette fois, il gémissait, n’arrivait pas à parler. Je ne pouvais pas le trouver, car je n’y voyais rien. Et puis j’étais distraite par quelque chose ou quelqu’un. Je n’arrive plus à me souvenir. Seule la colère que je ressentais me revient. C’est un sentiment que je connais trop bien, même si je l’enfouis depuis des années. J’ai à nouveau commencé à la toucher du doigt, ces rêves me rendent dingue. À l’époque, elle était dirigée contre la terre entière. Contre celle qui m’abandonnait. Contre celui qui me cognait.

Ce matin, je me suis éveillée avec l’impression de ne pas avoir dormi et j’ai prononcé son prénom. « Erick. »

C’est sorti tout seul. Je me suis mordu la langue comme si je n’avais pas le droit de le faire. Je me suis tournée et ai reconnu sur mon oreiller celui qui m’accompagne à présent un peu partout. The white side. Lui ne peut pas mourir, pas m’abandonner.

Un message m’attendait. Je n’ai pas eu envie de l’ouvrir de suite, un café devait d’abord me sortir de cet état de mal-être dont j’ignorais la cause. Je m’imaginais même comme dans cette pub où le type se déplace dans un brouillard que seule la boisson noire miraculeuse peut dissiper.

Mais en réalité, c’est l’ouverture du fameux message qui a eu cet effet. J’ai senti comme un coup de poing dans mon thorax. Ça m’a fait l’effet d’une lance fichée en plein dans ma poitrine. J’en ai verrouillé l’écran de mon téléphone pour qu’il devienne noir, fermé les yeux et ordonné à mon cœur qu’il ralentisse la cadence.

À présent, je tente de reprendre mon souffle. Mon portable atterrit sur la table basse et je m’extirpe du canapé. De l’air, j’en ai besoin, j’ouvre la baie vitrée et me trouve sur ma terrasse.

Ça se bouscule dans ma tête, dans un brouhaha désordonné. Jusqu’à aujourd’hui, je ne pouvais que l’imaginer. Et là... C’est tellement étrange, presque irréel. Voir son visage. Peu importe son physique, je suis comme choquée de sa personnification. Depuis sa disparition, il devient peu à peu une idée vers laquelle je tends. Je le désincarne. Sur mon écran, il prend forme. Et soyons honnêtes, pas n’importe laquelle. Il correspond à l’image que je m’en étais faite à ceci près que je n’aurais jamais pu imaginer ce quelque chose dans son regard. Je m’adosse au mur de clôture puis m’assieds contre lui. La froideur du sol m’apaise, m’aide à reprendre possession de mes moyens.

J’attends ainsi le temps qu’il faut pour réaliser que ma réaction est idiote. Fuir une image. D’ailleurs, je veux la voir à nouveau. Cette photo semble avoir été prise à son insu. C’est un portrait. Un léger sourire étire ses lèvres fines. Une barbe de quelques jours encadre son visage. En passant ma main dans sa barbe naissante, je suis sûre que je la sentirais me râper les doigts.

Ses yeux sourient – eux aussi. Que regarde-t-il ? Je vois de la douceur dans son regard, puis un océan glacé.

Ses cheveux quant à eux sont de la même blondeur que ceux de sa sœur. D’ailleurs, ils se ressemblent. Je réalise que Kristin a joint à son message une deuxième photo où ils sont tous les deux, bras dessus bras dessous, et il la surplombe. Cet homme est immense. Comment n’ai-je pas pu le remarquer au Blue Note ?

Il est fort agréable à contempler. Pas d’une beauté froide, de magazine. De celle qui vous percute en plein cœur. Derrière ces yeux bleus, je vois autre chose, je voudrais le voir en vrai pour être sûre…

**

Ma valise est prête, posée dans l’entrée. Il est temps de partir. D’aller là-bas.

J’ai pour habitude de mettre la musique lorsque je fais un long trajet, le temps passe plus vite, et puis elle a le don d’emplir l’espace, d’être la meilleure compagne qu’il soit. Elle ne râle pas, ne dit pas de ralentir, d’accélérer, de faire attention. Erwann faisait ça. Je détestais.

Aujourd’hui, je ne prends même pas la peine d’allumer la radio, car le son de mes pensées prend déjà trop de place. Un murmure sans fin que je n’arrive pas à stopper. J’aimerais pourtant. Alors que c’est cette même capacité à penser qui me fait avancer par moment.

Le paysage défile. La route n’est pas si longue.

Elle l’est déjà trop.

Plus les kilomètres passent, plus une sorte d’excitation s’insinue en moi.

Kristin a joint aux photos une liste d’hôtels dans lesquels Erick a ses habitudes, mais elle m’a précisé celui qu’il a privilégié ces derniers temps. C’est donc dans celui-ci que je vais m’installer. Enfin, j’espère qu’ils ont une chambre parce que je n’ai pas réservé.

À l’approche de l’agglomération, je suis prise dans un flot continu de voitures. J’arrive sur un immense rond-point, chacun hésite à s’engager, celui-là n’a pas mis son clignotant, celui-ci change de file au dernier moment. La route est bordée de pins. Et moi je suis à la peine. Je me trompe, dois faire demi-tour. Je finis par me garer, soulagée.

Mon téléphone sonne sur le Bluetooth, c’est Baptiste :

— Tu es arrivée ?

— Oui, à l’instant.

Ce n’est pas le genre de mon ami de me contacter pour ça.

— Kristin vient d’avoir un appel de la police.

— Raconte, Baptiste !

— Elle n’arrête pas de pleurer. C’est pour cela que c’est moi qui…

— Dis, bon sang !

Cette sensation me rappelle beaucoup trop celle que j’ai ressentie après l’anévrisme d’Erwann.

— La voiture d’Erick est à la fourrière depuis hier. Elle a été enlevée à côté de la société que tu as contactée et le ticket de parcmètre est daté du jour où il s’y est rendu. Il a payé pour trois heures. Comme elle était stationnée depuis plus de sept jours, ils l’ont embarquée.

Je prends le temps de souffler, je m’attendais à une nouvelle pire que celle-ci. À ce qu’on ait retrouvé son corps sans vie, ou je ne sais quoi.

— Merci d’avoir appelé. Embrasse Kristin, et dis-lui que je fais au mieux.

— Que vas-tu faire ?

— Rien de plus que ce que j’avais prévu dès le départ.

— Tu sais que ça ne sent pas bon, Solveig. Hein ?

— Les nouvelles ne sont pas bonnes pour le moment, mais ça ne veut pas dire que je vais lâcher…

— Bien sûr que tu ne vas pas lâcher. Ce n’est pas ce qui m’inquiète.

— Quoi alors ?

— Pour Erwann, tu as pris l’annonce de sa mort en pleine face, tu t’es isolée et à présent j’ai l’impression que tu fuis ta vie en partant à la recherche d’Erick. En plus, la situation n’est pas très bien engagée pour lui. Tu risques de tomber de plus haut que ce que tu à l’air de l’imaginer. Ça s’appelle du déni et tu te planques derrière toute cette histoire pour ne rien affronter.

— Tu es psy maintenant ? Je fais mon deuil comme je l’entends, Baptiste et puis c’est différent. Il nous a écrit, il ne doit pas être bien loin.

— Ne te mens pas à toi même. Tu peux dire que c’est différent, ça n’empêche que toi et moi on sait que tu peux te laisser submerger par tes émotions sans le voir arriver.

— Peut-être, mais quoi ? J’arrête de chercher, je subis l’attente, je m’empêche de ressentir quoi que ce soit ? Je ne le ferai pas.

— Je sais, pourtant je suis ton ami et j’aimerais que tu fasses attention à toi.

— Ne t’inquiète pas pour moi, je suis très réaliste.

— Parfait, alors.

— La mort d’Erwann, tout ce qu’il s’est passé, ma vie entière, j’ai des failles et des travers, mais j’ai aussi tiré des leçons.

— Bien. Allez, on se rappelle. Je vais voir Kristin.

L’hôtel est à une rue d’ici, j’extirpe ma valise du coffre de ma berline et veille à bien la fermer tout en ruminant cette conversation qui me laisse quelque peu amère.

Je n’ai qu’une veste légère et mon foulard autour du cou, mais j’ai presque trop chaud, j’aime cela. Le soleil de printemps est agréable, ses rayons viennent me réchauffer alors que j’avance entre les immeubles anciens. Des gravures, des sculptures, des colonnes ornent ceux-ci. Les pavés gênent ma progression et bientôt je dois abandonner l’idée de faire rouler ma valise, je suis assez contente de ne pas m’être trop chargée.

Pas mal de monde est de sortie et un groupe de copines saute de devanture en devanture, bavant sur des fringues hors de prix. Je les regarde faire. Avec Elise et Camille, nous faisions cela il y a encore quelques années. Un samedi matin par mois. Ce n’est que maintenant que je m’aperçois que ça me manque. Pas pour les fringues, juste parce qu’on riait à gorge déployée et que c’était bon. Bien sûr, Camille avait tendance à faire comme si elle ne nous connaissait pas. Bien sûr Elise me donnait du « Louloute » et du « Chérie » toutes les cinq minutes. Bien sûr, je n’achetais jamais rien. Mais on s’en foutait. Les gens nous regardaient comme des dingues. Surtout Elise et sa mèche rose alors qu’elle en rajoutait des caisses. On aurait dit des ados alors qu’on ne l’était déjà plus. J’étais déjà partie de chez mon père. J’avais la petite vingtaine et n’étais pas encore avec Erwann. Il y a une éternité.

Un panneau dépasse d’une façade un peu plus loin, celui de l’hôtel. J’inspire un grand coup et franchis les quelques pas qui me séparent de celui-ci. Des portes coulissantes s’ouvrent sur mon passage. Un peu essoufflée, je gravis les trois marches devant moi puis me tourne vers le guichet d’accueil où se trouve une hôtesse au sourire éclatant.

Par chance, il reste une chambre. Une seule. À croire qu’elle m’attendait – la chambre pas l’hôtesse. Elle me débite ses explications de façon mécanique, un sourire figé à ses lèvres.

Il ne me reste qu’à prendre un ascenseur pour arriver au bon étage et à traverser un couloir recouvert de moquette. Tout est calme, je ne m’entends même pas marcher. J’ouvre la porte à l’aide d’une carte.

Je comprends qu’il ait préféré cet hôtel. On se sent bien dès que l’on y entre. Un peu comme si l’on entrait dans un cocon rassurant, enveloppant. Je m’étale de tout mon long sur le lit qui trône au milieu de la pièce. Tout habillée.

— Tu prends toute la place !

Je me retourne, mes yeux mettent un temps à faire la mise au point.

— Allez pousse-toi !

— Erick ?

— Qui veux-tu que ce soit d’autre, ici ?

C’est vrai, je suis dans cette chambre d’hôtel.

— Mais tu étais où bon sang ?

Je me relève d’un bond pour lui faire face. Enfin, je fais face à son torse et aux boutons de sa chemise.

— Je t’attendais, on avait rendez-vous tu te souviens ?

— Attends, quoi ?

— Ben oui, tu sais bien ? Nous devions reporter notre dîner comme j’étais en déplacement, mais tu m’as dit que tu me rejoignais. Tu étais en retard au restaurant, alors j’ai demandé à la réceptionniste si tu étais bien arrivée. J’ai ma chambre ici aussi, tu te souviens ? Elle et moi, on se connaît bien alors elle m’a donné le numéro de ta chambre et un pass. Bref, me voilà. Tu t’étais endormie ?

— Attends Erick, je ne comprends pas.

— Tu as l’air vraiment dans les choux. Je suis content de te rencontrer enfin.

— Moi aussi, mais, vraiment je ne…

— Allez lève-toi, on va boire un verre au bar de l’hôtel.

— OK, j’arrive, laisse-moi juste une minute.

— Je t’attends devant.

Je me frotte les yeux, me donne des gifles. Quelque chose m’échappe. Je vais dans la petite salle de bain m’asperger le visage d’eau fraîche, mais rien n’y fait. Je me dirige vers le couloir. Une fumée dense l’envahit. Erick est immobile devant moi. Je tente de m’approcher en vain. Je fais des pas en avant et pourtant je recule jusqu’à percuter le mur du fond. Au sol traîne The White Side.

J’ouvre brusquement les yeux.

Un rêve. Encore un de ces satanés rêves.

Ce n’est pas vrai. Ce n’était pas réel. Pourtant, je n’aurais encore pas fait la différence. J’en viens à les détester. Ils me laissent une impression de folie latente. Cette fois-ci, je vais vraiment me rafraîchir dans la salle de bain attenante pour descendre manger. Seule. Mais après ce rêve, il me faut un petit temps. The White Side est posé sur ma table de chevet. Pourquoi fait-il autant d’apparitions dans mes cauchemars ?

Alors que je suis dans l’ascenseur, je me remémore les paroles d’Erick dans ce rêve. « J’ai demandé à la réceptionniste si tu étais bien arrivée. (...) Elle et moi, on se connaît bien ».

Je vais donc la voir.

— Mademoiselle ?

Comme si elle ne pensait pas que l’on puisse lui parler, l’hôtesse sursaute et remet en place son sourire figé.

— Que puis-je pour vous ?

J’étudie la petite plaque dorée accrochée à sa poitrine qui m’indique son prénom.

— Julie, je suis ici sur les conseils d’un ami qui séjourne régulièrement dans votre établissement.

— Ah bon ? Bien…

— Peut-être le connaissez-vous ? Il s’appelle Erick, Erick Johannson. Tenez, regardez… Je lui montre la photo que Kristin m’a envoyée. Elle se penche par-dessus l’accueil afin de bien voir et se recule aussitôt. La jeune femme est toute rouge. À côté de ses longs cheveux blonds, cela ne passe pas inaperçu.

— Oui effectivement, il vient de temps à autre.

— D’accord. Est-il venu récemment ? Cela fait un moment que l’on ne s’est pas vus.

— Non.

— Vous ne voulez pas vérifier ?

— Pas besoin, il est resté une semaine il y a trois mois environ, mais pas depuis.

— D’accord… Merci !

Comment peut-elle savoir cela de mémoire ? Des clients il y en a des centaines qui passent en une semaine. Et puis cette façon de rougir. Mon imagination s’emballe.

Elise

Je tente le tout pour le tout. Comme au poker, je fais tapis puisque nous n’arrivons pas, plus, à parler. Simon m’observe, je ne suis pas tranquille, je n’arrive pas à anticiper sa réaction, j’en espère une, mais quelque chose me dit que ce n’est pas celle que je vais avoir.

— J’ai besoin d’une pause. D’un break, me lancé-je.

— Attends. Tu es en train de me quitter parce que ton ex a une copine ?

— Non, tu te rends quand même bien compte que c’est compliqué entre nous en ce moment.

Il reste muet.

— Tu vois, tu n’as même rien à répondre à ça. Je ne te quitte pas. J’ai besoin de temps, je me sens étouffée ici. Et puis tu as ton atelier. Je vais aller chez Camille quelques jours. Réfléchir. Peut-être que tu devrais, toi aussi. Réfléchir à nous, à toi, à ce que tu veux.

Il continue de me regarder, interdit.

— Tu pourrais dire quelque chose, au moins !

— D’accord.

— D’accord quoi ?

Simon se pince les lèvres, visiblement agacé et lâche :

— Je vais réfléchir, tu vas réfléchir, nous allons réfléchir.

Je ne sais pas à quoi je m’attendais, j’espérais juste qu’il se batte un peu. C’est douloureux. Il accepte la situation comme ça, sans même lever les armes.

Les larmes me montent aux yeux, mais je ne veux pas pleurer devant lui. Je file dans la chambre faire ma valise et éclate en sanglots. Je me mords la lèvre inférieure pour ne pas faire de bruit.

Les spasmes qui me secouent finissent par se calmer et j’achève ma valise tant bien que mal. Je suis comme hors de mon corps. Là, mais pas là.

Il ne m’aime plus, ou pas. C’est cette vérité qui me percute de plein fouet. Il ne m’aime, en tout cas, pas assez pour se battre pour nous.

Je traverse l’appartement avec mes affaires. Ses clopes et ses clés ne sont plus à leur place. Il a pris la fuite. Moi aussi.

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