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13 MAI 2019

Auteur: 15210689748
"Date de publication: " 2021-06-28 13:39:51
13 MAI 2019

Solveig

— Solveig ?

Je sursaute. Il m’a semblé entendre mon prénom venir de la cuisine. Si ça se trouve, Baptiste a encore cru qu’il pouvait entrer chez moi comme dans un moulin. Je me lève, prête à lui dire ce que je pense, mais trouve la pièce vide.

— Il y a quelqu’un ?

Pas de réponse. J’ai dû rêver.

Dehors, encore cette purée de pois, on n’y voit pas à un mètre. Ravie de ne pas avoir à mettre le nez dehors, je rejoins ma couette et mon journal pour découvrir enfin les mots de Camille et les miens – ceux de L. Finalement, nous avons procédé par échange d’e-mails.

**

Je plie consciencieusement le journal et le pose à mes côtés. Il est temps.

En composant le numéro de l’hôpital, une certaine appréhension m’étreint. Ma cadre peut me refuser mes vacances.

Je fais ma demande, défends ma cause, elle m’accorde finalement deux semaines – pas une de plus – à compter de ce jour. J’ai bien vu que ça lui posait problème. Je crois qu’elle a eu pitié. Peu importe le pourquoi, elle a accepté et je vais pouvoir partir à la recherche d’Erick.

Je compte prévenir tout le monde de mon départ. Enfin, mes amis. À l’image d’Elise et sa visite impromptue, si je ne le fais pas, je crains d’avoir une remise au point de chacun d’entre eux – et je m’en passerais volontiers.

Pour ce faire, rien de tel qu’une soirée dans un bar. Je fixe rendez-vous au St Patrick en ajoutant au message qu’aucun d’entre eux n’a le droit de se défiler. Je sais que quoi qu’il arrive ils seront là. Parce que je peux compter sur eux. Ils ne sont pas parfaits, mais qui l’est ? Certainement pas moi. Par contre, ils ont tous quelque chose en commun. Ils sont loyaux. Entre nous, on ne se trahit pas.

Ce soir, je ne porte pas de talons, ne me suis pas pomponnée. Ce soir, je suis là, prête à me lancer dans cette aventure. Loin de mes habitudes. Il n’est plus temps au doute, aux réflexions sur l’avenir. J’ai l’intuition que le choix que je viens de faire va influencer tout le reste de ma vie. Je ne parle pas seulement du fait d’aller à la recherche de cet homme : je mets mon travail de côté. Il y a quelques semaines, je pensais donner un nouvel élan à ma vie, mais c’est elle qui m’en a donné un.

Aucun de mes amis n’est encore là. À vrai dire, il n’y a personne. Des lumières rouges et bleues éclairent la scène. Un groupe doit se produire un peu plus tard. Pour l’heure, une musique d’ambiance vient rendre l’établissement plus accueillant. Derrière son comptoir, en train de le briquer avec un chiffon, la serveuse me scrute. Je m’assieds devant elle et passe commande. Elle ne sourit pas, agit comme un automate, je la regarde faire et m’imagine ce qui peut rendre une belle fille comme elle si fermée.

Je suis interrompue dans ma réflexion par une main qui se pose sur mon épaule.

— Bonjour mademoiselle !

Alors que je me suis raidie à ce touché inattendu, le son de la voix me permet de me détendre. Simon se tient derrière moi.

— Tu es seul ?

En effet, Elise ne l’accompagne pas.

— Oui.

— Ben raconte !

— Je vais déjà commencer par boire un coup si tu le permets.

Je jette un œil à mon verre déjà vide.

— Tu as raison, demandons à cette douce serveuse de nous apporter du ravitaillement.

Simon me regarde, étonné.

Alors qu’il commande son whisky je me retourne dos au zinc afin d’observer la salle et vois Elise et Cam’ arriver. Je vais devoir patienter pour les explications.

— T’as raison cette nana est aimable comme une porte de prison. M’enfin on va dire que je prends l’habitude de communiquer avec des portes de prison en ce moment.

— Affiche ton plus beau sourire et tais-toi !

J’entends Simon ricaner dans mon oreille.

— Salut la compagnie, lance Camille.

— Allez, on va s’installer à une table pendant que vous commandez ! dis-je en tirant Simon par le bras.

Évidemment, il ne faut pas longtemps ni aux filles pour nous rejoindre ni à Baptiste pour arriver.

— Pierre a du retard ? demande Baptiste.

— Pierre ne viendra pas, répond Camille.

Elle se racle la gorge et rougit violemment.

— Pierre et moi nous sommes séparés, reprend-elle.

Elise et moi nous regardons. Bien sûr nous savons pourquoi, mais elle doit expliquer aux garçons.

— Raconte ! s’exclame Baptiste.

— Ouais, enfin ce n’est pas moi qui ai demandé à tout le monde de venir ce soir, donc...

— Vas-y, la rassuré-je.

— C’est une blague ? questionne Simon qui semble sous le choc – à tel point qu’il réagit avec un certain décalage temporel.

— La situation actuelle est trop compliquée.

— C’est une blague.

— Mais tu vas te taire ! exigé-je en le poussant.

Simon lève les deux mains en signe de reddition.

— Je ne veux plus être avec Pierre... je...

— C’est toi qui l’as quitté ? demande-t-il malgré tout.

— Oui.

Camille regarde Simon et je ne sais pas si je me fais des idées, pourtant j’ai l’impression que quelque chose m’échappe, se dit en ce moment, mais que je ne peux pas l’entendre.

— Pierre est aussi votre ami, et je ne veux pas que...

— Ah non, désolée, il n’a jamais été le mien, rappelé-je.

Baptiste rit de bon cœur, avant de s’expliquer :

— Excusez-moi, je me rappelle juste la fois où Solveig lui a planté la tête dans son plat au restaurant. Non, tu ne l’as jamais aimé. Je l’appellerai demain, ne t’inquiète pas Camille.

Simon reste interdit et personne à part moi ne semble avoir relevé son malaise.

— J’ai toujours su que tu étais jaloux. Ne t’inquiète pas, je le garde en mémoire pour te faire subir le même sort, chambré-je Baptiste.

— Je te remercie, Solveig, rétorque mon ami alors qu’il mime du bout des lèvres un « sale garce ».

— Les amis sont faits pour ça.

Le sourire forcé que j’arbore fièrement lui extirpe un doigt d’honneur.

— Je ne te connaissais pas aussi vulgaire !

Derrière Baptiste, c’est Kristin qui vient d’arriver.

— Kristin je dois te prévenir que, là, ce n’est rien du tout, l’informé-je.

Elle rit discrètement et tire une chaise qu’elle amène autour de la table.

— Bonjour à tous, dit-elle appuyant ses mots d’un geste de la main.

— Je vous présente Kristin, ma petite amie.

— Eh ben ! Ça, c’est de la présentation officielle, chéri.

Elise a dit cela la mâchoire crispée.

— Ça y est ! C’est reparti, murmure Simon.

Je comprends mieux d’où viennent les tensions. Alors j’en profite pour glisser mon annonce.

— Kristin est aussi la sœur d’Erick, et si je vous ai réuni ce soir, c’est parce que j’ai pris la décision d’aller le chercher.

— D’aller le chercher où et pourquoi ?

Je réalise que Baptiste, Elise et Camille sont au courant de la disparition d’Erick, mais je n’ai pas du tout abordé le sujet avec Simon.

— J’ai fait la rencontre d’Erick quand j’ai déménagé, nous sommes devenus amis et il se trouve qu’il est allé à un rendez-vous pour son travail il y a onze jours et…

Je jette un œil à Kristin qui me fait signe de poursuivre.

— … Il s’est passé quelque chose. Il a envoyé des messages pour dire qu’il avait besoin de se retrouver seul et depuis il ne donne plus de nouvelles. Je ne peux pas le laisser comme ça, il a été là pour moi quand Erwann...

Je fais une pause dans mon histoire, car je sens ma gorge se serrer.

— Il a été là quand il le fallait et même si je ne le connais pas depuis longtemps, c’est important pour moi, me justifié-je.

Simon me regarde, interdit.

— Effectivement, à peine plus de deux mois, Solveig ! Et tu dis que ça fait combien de temps ? Onze jours ? Tu ne le connais pas !

Mon ami se retourne vers les autres qui ne pipent mot. Kristin semble mal à l’aise.

— Vous trouvez ça normal, vous ?

C’est Camille qui prend la parole :

— Si Solveig en a besoin, ce n’est pas à nous de lui dire ce qu’il est bien ou mal de faire.

Simon plonge son regard dans le mien.

— J’en ai besoin, confirmé-je.

— Je comprends que tu accuses le coup pour Erwann et que la vie ne t’a pas fait de cadeau, mais ça ne me semble vraiment pas raisonnable, et c’est moi qui te dis ça !

— Je te remercie de t’inquiéter pour moi, cela dit ma décision est prise. Je vais commencer mes recherches au dernier endroit où il a été vu, c’est à dire chez L.V. Construction. J’ai posé deux semaines de congés et pars demain.

Personne ne rajoute quoi que ce soit, pas même Kristin qui semble épuisée. Ses yeux sont cernés, son teint est bien plus pâle que lors de notre rencontre et elle agrippe le bras de Baptiste.

— Tu fais le bon choix, me rassure Elise.

— Ouais, si t’as besoin de quoi que ce soit, renchérit Camille.

— Je t’appelle à la rescousse !

— Ça changera des fois où c’est toi qui me tires des mauvais pas !

— D’ailleurs, il va falloir que tu payes ta dette, la taquiné-je.

— Je regrette de t’avoir proposé mon aide, là.

— Menteuse !

— Je ne mens jamais. Sauf…

— Et sinon, lance Elise en se tournant vers Baptiste et Kristin, ça fait longtemps vous deux ?

— Non, c’est récent, explique la sœur d’Erick

— Et vous…

— Tu ne veux pas les lâcher ? la coupe Simon.

— Je m’intéresse, ça te pose un problème ?

— Vu ton comportement actuel, plutôt oui…

— Ah ouais ? Ça veut dire quoi, ça ?

— Ça veut dire que depuis que tu sais que Baptiste est avec quelqu’un, tu…

Je me permets d’intervenir avant que cette conversation ne dégénère vraiment :

— Je vous propose de discuter de tout cela sans nous, non ?

Mon amie me fusille du regard.

Je décide de passer pour l’égocentrée de service.

— Je pars donc demain et j’avais besoin de tout le soutien que vous pouvez m’apporter et puis Kristin que tu puisses me donner quelques informations sur les habitudes d’Erick. Si tu sais où il a l’habitude de loger par exemple.

— Oui bien sûr, je vais t’envoyer tout ça par mail.

La soirée se prolonge dans une ambiance assez étrange. Simon et Elise ne se parlent pas, Baptiste et Kristin restent dans leur coin, et Camille et moi essayons de garder un minimum d’unité.

La sœur d’Erick et mon meilleur ami décident de partir en premier. Elle me prend dans ses bras sans un mot. Je sais l’espoir qu’elle place dans mes recherches et espère ne pas la décevoir.

**

Nous sommes plantés devant le St Patrick, à faire les cent pas sur un trottoir, face au pub dans lequel nous crevions de chaud il y a encore quelques minutes. Je vais partir, je vais le chercher, je viens d’annoncer ma décision.

La nuit est déjà bien entamée, nous avons fait la fermeture. Pas que nous ayons eu tant à nous dire, mais plutôt qu’aucun de nous ne parvenait à mettre des mots sur ce qu’il avait sur le cœur. L’ambiance pesante des non-dits n’a rien d’agréable et pourtant aucun de nous n’arrivait à se résoudre à y mettre fin.

Les voitures roulent à vive allure sur l’avenue, leurs phares font échos aux lumières qui nous ont éblouis toute la soirée.

Simon semble sonné. Être ailleurs. Si tant est qu’il puisse l’être plus qu’à son habitude. Il est le premier à me saluer avant de partir, Elise sur ses talons. Mon amie est fermée comme une huître. Elle a été exécrable comme elle sait l’être par moments.

Camille les observe s’éloigner sans un mot. Je la questionne :

— Tu es sûre que tout va bien ?

— Oui, oui. Mon taxi va bientôt arriver, je suis juste un peu fatiguée.

— J’attends avec toi.

— Ne t’embête pas.

— Je ne m’embête pas.

Elle se contente d’un léger sourire en guise de réponse.

Je ne sais pas pourquoi, j’ai le ventre qui se noue, la gorge qui se serre. Je suis au bord de l’explosion. On pourrait croire que c’est le fait de mon départ imminent, seulement je n’en suis pas convaincue.

Une Peugeot 508 noire, lustrée avec soins, se gare devant nous. Elle est conduite par un type qui pianote sur deux téléphones en même temps. Je me demande si ce n’est pas dangereux de la laisser embarquer, d’autant qu’il a des lunettes de soleil vissées sur les yeux en pleine nuit. J’embrasse mon amie sur la joue avant de la voir s’installer sur la banquette arrière.

L’air frais me fait tressaillir – ou la trouille. Je me mets à fumer comme si ma vie en dépendait, comme si la nicotine avait le pouvoir de m’apaiser, tout en marchant pour rejoindre mon lit.

Tant pis si, pour cela, il me faut traverser le centre-ville et si je bataille ensuite à trouver la serrure qui se défile quand je souhaite y insérer sa clé, comme à chaque fois que je rentre de soirée.

Depuis que j’ai trempé les lèvres pour la première fois dans un verre d’alcool –au cours d’une fête sauvage au collège – je ne sais pas faire dans la demi-mesure. C’est soit rien soit tout. C’est valable pour la totalité de ce que j’entreprends. On aurait pu me croire prudente sur le sujet, vu mes antécédents familiaux, pourtant non.

Ce soir ne fait pas exception, même si je n’en suis pas non plus à marcher de travers. Mais c’est à quelque pas de chez moi que je réalise que j’ai peut-être quand même dépassé la dose prescrite.

Une brume épaisse a envahi la rue. Il y en a marre de cette fichue purée de pois, j’ai l’impression que 2019 est l’année officielle du brouillard. Je trébuche sur quelque chose et manque de tomber. Je ne vois même pas mes pieds. Cela devait être une bordure. Mon cœur est sur le point de transpercer ma poitrine. J’ai bien cru que la prochaine fois que l’on entendrait parler de moi serait pour lire un truc dans ce goût-là : « Solveig Morel, à peine vingt-sept ans, retrouvée gisant sur un trottoir, son alcoolémie tutoyant les étoiles. La jeune aide-soignante anonyme cachait en réalité bien son jeu et n’était autre que L »

— Solveig !

— Qui est là ?

Au fond de moi je sais à qui appartient cette voix, je dois être sacrément à l’ouest, car il lui est impossible d’être là.

On me touche l’épaule, je hurle à m’en faire péter les tympans et à m’en décoller les cordes vocales. Je tourne sur moi-même, les bras en avant et ne parviens pas à toucher quoi que ce soit.

— Cette blague est vraiment nulle... Qui est là ?

Ma question se perd dans la rue et personne ne me répond.

Peu à peu, le brouillard se dissipe et mes mains réapparaissent. Je cours les derniers mètres qu’il me reste jusqu’à chez moi et m’enferme à double tour. Essoufflée, je m’écroule à genoux. Deux fois dans la même journée... Quand cette histoire sera finie, que je serai sûre qu’il est en sécurité, je prendrai rendez-vous chez un psy.

Simon

Tout le trajet s’est fait dans un silence de plomb. Ce n’est pas que je veuille enfoncer le clou ou faire la gueule parce qu’Elise est obnubilée par le fait que Baptiste est en couple pour la première fois depuis la fin de leur relation. Son comportement puéril m’agace. On dirait que Kristin lui a piqué son jouet, celui qu’elle a laissé dans une malle depuis trois ans.

Elle est belle, Elise. Elle souffle un peu avant d’enfoncer les mains dans ses poches. N’importe quel homme aimant les femmes se retournerait sur son passage. Une de ses mèches de cheveux danse dans le vent.

Je la revois sur ce parking de supermarché. Il y a à peine plus de trois ans. J’étais soufflée par ce qu’elle dégageait. Je serre les dents.

Puis nous nous sommes mis ensemble, je voulais tout le temps savoir où elle était, ce qu’elle faisait, m’intéressant même au nombre de sucre qu’elle mettait dans son café. Le temps a fait son œuvre. Trois ans. Salut, Beigbeder, sabrons le champagne.

En peu de temps, le monde rassurant que nous nous étions créé tous ensemble paraît s’écrouler à la vitesse de la lumière. Erwann, Camille et Pierre.

Est-ce que les choses peuvent vraiment changer ? Sommes-nous vraiment prêt à ce qu’elles changent.

J’essaie de ranger dans un coin de ma tête le souvenir de cette soirée, ce sourire, ce sentiment, cette impression d’être enfin à ma place.

La réalité a repris le dessus, et va à nouveau le faire.

J’ai commencé à peindre une toile, j’y glisse ce qui peuple mes pensées. Elle ne ressemble en rien au reste de mon travail, et il me semble que je n’ai jamais rien fait d’aussi bon.

Je déglutis violemment, je ne sais pas où je vais, je crois que j’ai peur.

Alors, autant me focaliser sur mon expo.

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