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Chapitre 6Apparences trompeuses

Swan, EJ
"Veröffentlichungsdatum: " 24.10.2024 15:58:05

Chapitre 6

Apparences trompeuses

— Angie !

Je dévale les escaliers du Majestueux, à la poursuite du Leader. Ce dernier n’a pas perdu une seule seconde avant de quitter ma chambre, dagues en main, à l’affût du danger. Je le rattrape dans le hall, le cœur battant à tout rompre. Angie a raison, Kierân est ici. Je commence à sentir moi aussi la présence des métamorphes.

— Il serait plus prudent d’alerter les au…

Je m’interromps. Le reste des Surnaturels déboule à leur tour, Bastian en tête, armé jusqu’au cou. Si le but des métamorphes était de nous prendre par surprise, eh bien c’est raté.

— Gardez l’œil ouvert, déclare le Leader. Ils sont probablement déjà rentrés dans le château.

— Comment s’y prennent-ils pour ne pas faire sonner l’alarme ? s’affole Apolline, faisant passer d’une main à l’autre une fine barre de fer noire.

— Je crois avoir ma petite idée, murmure Maximilien.

Tout le monde se tourne vers le Cerveau des Surnaturels. Mais lorsque celui-ci s’apprête à parler, Angie le coupe, l’air sévère :

— On verra ça plus tard. Ce qui compte pour l’instant, c’est de s’assurer que Matt ne rejoigne pas ses congénères. Sean, Max’, Apolline et Evalina, je veux que vous défendiez la Colombe. Les autres combattront avec moi.

Angie m’offre une de ses dagues, le regard insistant. Il sait que je veux répliquer. À l’aide d’un gros effort, je me retiens de protester contre sa décision et saisis l’arme qu’il me tend. Pour une fois, j’aurais aimé être au cœur du danger. Comment veut-il que j’apprenne quoi que ce soit, si les trois quarts du temps, il cherche à me protéger ?

Je lève la tête tout en longeant les couloirs, cherchant du regard des intrus susceptibles de s’être accrochés au plafond. La dernière fois que les métamorphes nous ont attaqués, c’est exactement l’endroit où ils se cachaient, telles des chauves-souris. Je frissonne de dégoût lorsque l’image de June, en chauve-souris géante, me revient à l’esprit. J’espère ne jamais recroiser le chemin de cette dangereuse psychopathe.

— J’ai déjà vérifié quand on est partis vers le hall, m’informe Apolline en jetant un coup d’œil au plafond. Les métamorphes sont assez intelligents pour ne pas répéter le même plan que la dernière fois.

— Ils ne sont pas une espèce à sous-estimer, réplique Sean en faisant coulisser la porte. Une seule faute d’inattention de notre part, et tu peux être sûre qu’ils saisiront l’occasion pour te sauter dess…

L’Hilarant n’a pas le temps de terminer sa phrase qu’il se retrouve propulsé à l’autre bout du couloir. La seconde d’après, c’est au tour d’Apolline et de Maximilien. Leurs corps heurtent violemment le mur. Un beuglement animal retentit, et j’ai tout juste le réflexe de me jeter sur le côté pour éviter la grosse patte d’un ours brun. Ce dernier tombe lourdement au sol et laisse échapper un autre grognement féroce. L’animal se relève puis se positionne au-dessus de moi, les babines retroussées, l’air menaçant. De la bave s’écoule de sa gueule aux crocs acérés. Je peux apercevoir mon reflet terrorisé dans les yeux de la bête.

Je resserre ma poigne autour de la dague que m’a donnée le Leader, puis d’un coup sec, je l’enfonce profondément dans son épaule. L’ours pousse un grognement déchirant et recule vivement pour tenter d’extraire l’arme de sa chair. J’en profite pour me relever et foncer dans la Colombe. Désarmée, je ne vais rien pouvoir faire face à l’ennemi. Je ne me fais pas de souci pour les autres, ce sont des Surnaturels, ils doivent déjà être sur pied à l’heure qu’il est. Des bruits de luttes acharnées, de grognements et de piaillements de corbeau m’indiquent que les métamorphes sont clairement passés à l’attaque dans le hall. J’ignore ce que faisait cet ours, tout seul, à la Colombe. Peut-être s’agissait-il de Matt ? Je ne vais pas tarder à le découvrir.

Je franchis le passage abrupt dans le mur, puis débouche dans la salle des combats. Là où toutes les armes sont entreposées sur le mur. Là où Ombelline a décidé d’enfermer Matt. Je m’empresse de vérifier la cage de ce dernier. Le métamorphe est tranquillement assis, la tête reposant contre les barreaux, ses yeux bruns ne me lâchant pas d’une seule seconde tandis que je me dirige vers le mur d’armes. Je saisis une ceinture holster élastique et l’accroche autour de ma taille, remplissant chaque espace vide par n’importe quelle dague qui me tombe sous la main, sachant que c’est la seule arme dont je sais bien me servir.

— Les autres t’ont laissée seule ? me questionne Matt, un sourcil haussé.

— Ils ne vont pas tarder à venir me rejoindre.

Je resserre davantage la ceinture autour de ma taille quand le métamorphe prend de nouveau la parole.

— Euuuuh… non, je ne crois pas. Si tu te retrouves toute seule ici, c’est que Kierân l’a voulu.

— Ne me fais pas croire que ton frère avait planifié le fait que le Leader m’envoie protéger la Colombe, ni qu’un ours débarquerait de je ne sais où pour balayer tout le monde sur son passage sauf… moi.

Matt hausse les épaules et esquisse un léger sourire.

— Avec lui, tout est calculé. À ton avis, pourquoi s’entend-il aussi bien avec la Démone ? Quand deux esprits calculateurs se rencontrent, ça donne souvent ce genre de résultat. Vous avez l’impression de tout contrôler, mais en réalité, ce sont eux qui sont aux commandes.

Les paroles de Matt me font froid dans le dos, bien que je ne sois pas persuadée de la véracité de ses propos. Si Angie ne m’avait pas donné l’une de ses dagues, je serais toujours coincée sous l’ours noir. Je ne serais pas isolée dans la Colombe. Soit la bête a voulu m’empêcher d’entrer dans la salle d’entraînement, soit il y a un hic dans le plan de Kierân. Ou, autre possibilité, Matt n’a pas tout à fait compris ce que cherche à faire son frère.

— J’espère que tu as bien retenu les leçons de tes entraînements, parce qu’il va être temps de mettre tout ça en pratique.

Je fixe Matt d’un air ahuri. Pour qui se prend-il, à me dire cela ?

— Quant à moi, je n’ai plus qu’à m’installer confortablement afin de profiter du spectacle. Tu ne m’en voudras pas si je mise plutôt sur mes camarades ? Ils ont la dent dure lorsqu’on enlève un de leurs membres. Tu ne feras pas le poids.

Matt croise ses bras derrière la tête, les yeux pétillants de malice. Il me cherche. Je m’apprête à répliquer aussi sec, lorsque le métamorphe s’écrie :

— Derrière toi !

Je me retourne d’une traite pour voir une arme tranchante filer droit vers mon front. Mais avant qu’elle ne parvienne à m’atteindre, je dévie sa trajectoire et l’envoie se figer dans le mur. À quelques secondes près, j’y passais. Matt m’a comme qui dirait sauvé la vie. L’instant d’avant, il m’assure que ses camarades vont me décimer, et celui d’après, il me vient en aide. Mais à quoi joue-t-il ?

— Comme on se retrouve…, murmure une silhouette féminine, s’extirpant souplement du passage mural.

Elle fait tournoyer une grande barre de fer entre ses fines mains. Sa combinaison en cuir noir lui donne une allure des plus menaçante. Je dois bien l’avouer, je ne suis pas très rassurée quant au fait de me retrouver seule avec June.

— J’ai emprunté ceci à la Talentueuse, dit-elle en frappant violemment le sol à l’aide de la lance. Tu penses vraiment pouvoir faire mieux qu’elle ?

— Qu’est-ce que tu lui as fait ?

À ma plus grande surprise, c’est Matt qui a posé cette question.

— À la Talentueuse ? Trois fois rien, ricane June. Je l’ai juste clouée à un mur en lui conseillant de ne pas bouger, au risque d’accentuer la douleur des lames dans la chair de ses bras. Mais elle n’a pas l’air du genre à écouter qui que ce soit. J’espère pour ton propre bien que tu seras plus encline à obéir.

Matt reste stoïque, le regard rivé sur June. Je remarque, l’espace d’un instant, ses poings qui se crispent autour des barreaux. La métamorphe fait tournoyer habilement la barre de fer noir et la cale sous son bras droit, prête au combat. Elle me défie ouvertement. Au moment où j’attrape l’une des nombreuses dagues autour de ma taille, June me fonce littéralement dessus. Elle me percute de plein fouet et me renverse par terre, appuyant la lance sous mon cou, me coupant la respiration. Instinctivement, je lui assène un violent coup de tête. La métamorphe chute alors en arrière.

Je tente de profiter de cette distraction pour me relever, mais il semblerait que le coup porté à ma tête m’ait autant sonné qu’elle. Probablement plus habituée que moi à en recevoir, June parvient à recouvrer ses esprits en premier. Elle m’arrache la dague que j’avais en main et l’abaisse droit sur mon œil gauche. Horrifiée, je parviens à arrêter tant bien que mal son geste, la lame coupante me frôlant dangereusement. Et tandis que je me démène pour m’éviter un œil crevé, June en profite pour se pencher dangereusement à mon oreille et me chuchoter :

— À part le physique, je ne vois vraiment pas ce qu’il te trouve.

Je déglutis.

— Voyons voir s’il restera avec une borgne…

Le poids de June se fait désormais nettement sentir. Mes bras tremblent sous l’effort qu’il me faut accomplir pour ne pas me retrouver avec une dague dans l’œil. Je tente de lever un genou pour venir percuter l’arrière de son crâne, mais la métamorphe s’assied lourdement sur mes jambes. Je suis coincée.

Puis soudain, June s’immobilise en fronçant les sourcils. Son sourire satisfait disparaît pour laisser place à une grimace de douleur. Elle lâche la dague au sol. Ses mains viennent agripper sa tête. Ses yeux sont exorbités. Je ne comprends rien à ce qui est en train de se passer, mais ce dont je suis sûre, c’est que j’ai la voie libre pour reprendre l’avantage. June se met à hurler et j’en rajoute une couche en saisissant l’arme tombée au sol, que je m’empresse d’enfoncer dans ses côtes. Un liquide épais coule alors le long de mes doigts. Celle que j’étais avant aurait été dégoûtée de ce sang sur ses mains. Maintenant, j’y prends un dangereux plaisir, retournant même l’arme dans sa chair. La métamorphe crispe les mâchoires de douleur.

— On fait moins la maligne, maintenant ? lui murmuré-je au creux de l’oreille.

Retourner son petit jeu contre elle n’est pas pour me déplaire. June avale difficilement sa salive. Si un regard pouvait tuer, je serais déjà morte à l’heure qu’il est. Mais la lueur de douleur dans les yeux bruns de la métamorphe se mue rapidement en un sombre éclat perfide.

— J’espère que tu as conscience que lorsqu’il aura obtenu ce qu’il désire, il te laissera tomber, comme toutes les autres avant toi. Tu te sens spéciale à ses yeux, n’est-ce pas ? Tu penses être celle qui lui fera voir la vie autrement ? Celle qui reconstruira ce qu’il reste de lui ? Tu crois qu’il te protègera et te défendra envers et contre tous ?

Mon sang bouillonne dans mes veines. Ma vision s’obscurcit et ma respiration se fait plus rapide.

— Ouvre les yeux. Angie ne peut pas changer. Tu ne peux pas faire de lui ce qu’il n’est pas ! Tu ne peux pas changer sa nature !

La rage est en train de me figer sur place. J’ai du mal à percevoir les couleurs qui m’entourent. Je ne devrais pas l’écouter, mais c’est plus fort que moi. Elle sait appuyer là où ça fait mal.

— S’il n’avait pas été choisi pour être Leader, il l’aurait été pour être Séducteur. J’ai beau le détester pour la façon dont il m’a subitement lâchée, je ne peux pas nier avoir passé l’une des plus belles nuits de toute mon existence, sourit la métamorphe. Un vrai charmeur… et un excellent coup.

Je vais la tuer. J’ai envie de la tuer. Je veux entendre ses os se fracasser contre le mur. Je veux la voir retomber inerte sur le sol. Je veux me délecter de sa souffrance.

— Quand je repense à la façon fiévreuse et brutale qu’il avait de m’embrasser et la manière dont il était capable de me faire perdre la raison, ça me donne juste envie de…

— Assez ! hurlé-je, repoussant violemment la métamorphe.

Mais au lieu de tomber à la renverse, June se retrouve propulsée à l’autre bout de la pièce. Son corps heurte le mur d’un coup sec. Elle s’écrase au sol. La haine déborde de moi, mais je suis loin de l’avoir entièrement évacuée. Une cavalcade de pas résonne dans la salle d’à côté. J’entends quelqu’un crier mon prénom, avant de finalement voir cette personne émerger du passage mural. Maximilien. Ce dernier me fixe, plutôt surpris, puis constate que June est à terre. Il a dû être alarmé par le bruit du choc. Et manifestement, il s’attendait davantage à ce que la personne au sol me ressemble. Je ne peux pas l’en blâmer. Au début du combat, je n’aurais pas parié un seul sou sur moi.

— Tiens-toi prête, je ne suis pas venu seul, m’avertit le Cerveau.

Je hoche la tête. Maximilien dégaine ce qui semble être son arme de prédilection : l’élastique. Dès que le premier métamorphe franchit le passage, le Cerveau l’attrape à l’aide de celui-ci et le traîne jusqu’à son poignard. L’ennemi tombe au sol dans une plainte étouffée. La seconde suivante, le passage mural s’écroule brusquement pour laisser entrer une armée d’ours noirs. J’écarquille les yeux de terreur. Il doit y en avoir une dizaine, qui se sépare, certains fonçant sur Maximilien et d’autres s’empressant de me rejoindre.

J’observe chacun des ours présents dans la salle, sentant mon sang continuer à bouillonner dans mes veines. L’énergie et la puissance de chaque être qui m’entoure sont particulièrement palpables. Je tends alors mes bras devant moi et les écarte brutalement. La quasi-totalité des ours se retrouve violemment propulsée aux quatre coins de la pièce. Maximilien ouvre de grands yeux effarés. Les trois derniers métamorphes en lice quittent leur apparence bestiale pour se transformer en corbeau au pelage tout aussi sombre. D’un simple geste de la main, j’envoie valser le premier à travers le toit de verre. D’un autre, je propulse le deuxième contre le mur d’armes, son cou se brisant par le choc. Je m’apprête à en finir avec le troisième, lorsque je me rends compte qu’il n’est plus dans mon champ de vision.

— Baisse-toi ! crie Maximilien.

J’obtempère et me jette à plat ventre sur le sol froid, tandis que le Cerveau des Surnaturels balance son poignard là où je me tenais une seconde plus tôt. Je me tourne juste à temps pour regarder l’arme se figer dans l’aile du troisième corbeau. Malheureusement, ce dernier a plus d’un tour dans son sac. Il reprend une apparence d’ours et retire le poignard de son bras. Je tente alors de reproduire de nouveau ce dont je ne me savais même pas capable il y a encore quelques minutes.

Maximilien fonce droit sur la bête, préparant l’élastique pour l’immobiliser sur place et l’empêcher d’échapper à mon champ de vision. Mais lorsqu’il le lance sur l’ours, ce dernier ouvre la gueule et l’attrape au vol, forçant le Cerveau qui le tenait toujours à venir le percuter. Celui-ci tente de lâcher prise, mais malheureusement, l’ours dégaine déjà ses longues griffes acérées et les enfonce brutalement dans les entrailles de Maximilien.

Je réitère mes gestes à l’identique et la bête relâche d’un coup sec le Cerveau des Surnaturels, qui s’écroule au sol. Du sang quelque peu noirâtre commence à se répandre autour de lui. Cette couleur n’est pas bon signe. Je crispe un peu plus les doigts. L’ours grogne et retombe sur ses quatre pattes, s’affaissant enfin au sol. Sa tête se balance de droite à gauche. Il frappe le marbre de ses grosses pattes brunes. Je serre les poings, et la nuque de la bête se brise.

Je relâche aussitôt la pression qui a pris possession de mon être, les idées parfaitement claires. Aucune perte de contrôle, tout était calculé. Je me baisse afin de retourner sur le dos le corps de Maximilien et pose une main sur son torse. Son cœur bat encore, mais à mon avis, plus pour très longtemps. Même si le Cerveau des Surnaturels détient toujours son Deuxième Souffle, je refuse qu’il le perde ainsi. Si je peux faire quelque chose pour l’empêcher d’y rester, je dois agir vite.

Je positionne une main sous son menton et l’autre sur son front, comme j’ai regardé Zéphyr le faire tant de fois. Je ferme mes yeux afin de pouvoir mieux me concentrer. J’imagine la trajectoire de mes cellules de guérison jusqu’à son corps, mais lorsque je force un peu plus pour lui transmettre cette énergie, elle me revient de plein fouet. Comme s’il rejetait mon aide. Je rouvre les yeux, légèrement paniquée, puis tends l’oreille vers son torse. Un faible battement me parvient.

— Il est en train de mourir ? me questionne subitement Matt.

Je lève les yeux dans sa direction. Je ne suis qu’à quelques centimètres de la cage du métamorphe, mais c’est à peine si j’y ai prêté attention.

— À ton avis ? Son Deuxième Souffle est en train d’absorber la force de Sean. Il ne peut pas accueillir deux énergies en même temps, c’est sans doute pour ça que son corps rejette mon pouvoir.

Matt colle alors son visage contre les barreaux.

— Je peux faire quelque chose pour lui.

— Non, tu ne peux rien faire.

— Ce n’était pas une question, réplique-t-il.

Je fronce les sourcils, prêtant soudainement un peu plus attention aux propos du métamorphe.

— Et comment comptes-tu t’y prendre ? En lui grillant le cerveau ?

Matt accuse le coup sans broncher. Je ne suis pas près d’oublier ce moment où il m’a causé une atroce douleur au crâne dans la boîte de nuit, lors de notre toute première rencontre.

— J’ai… je peux le guérir.

— Ta faculté consiste à faire souffrir les autres. Je ne vois pas bien en quoi cela va pouvoir aider Max’.

— C’est ce que je fais croire à tout le monde. Mais ce n’est pas mon pouvoir.

Je reste dubitative. Et méfiante. Peut-être que tout cela n’est qu’un stratagème pour sortir de sa prison de fortune. Je hausse un sourcil, l’invitant à poursuivre son explication. Il baisse brièvement le regard sur Maximilien, puis m’annonce, déterminé :

— J’ai un pouvoir de guérison très puissant. Je ne peux soigner que les blessures les plus graves. Dans le cas contraire, je risque de perturber le système de régénération des cellules, et malencontreusement l’enflammer. Au Noctis, tu n’avais aucune blessure à la tête. Quand j’ai utilisé mon pouvoir, j’ai donc grillé tes cellules.

S’il dit vrai, pourquoi laisser croire à ses compagnons que sa faculté consiste à créer d’horribles maux de tête ? Pourquoi mentir à ce sujet ? J’ai bien envie de lui poser la question, mais le temps me manque. J’ai un choix à faire. Prendre le risque de libérer Matt pour qu’il sauve la vie de Max’, ou bien laisser ce dernier perdre son Deuxième Souffle ?

— Fais-moi confiance, insiste le métamorphe. Je sais que tu as toutes les raisons de te méfier de moi, que mon clan n’a pas vraiment fait preuve de charité envers toi, mais laisse-moi te prouver que je ne suis pas comme eux.

Ne jamais leur faire confiance. Ils sont hypnotiques et n’hésitent pas à user de leurs charmes pour parvenir à leur fin, voilà tout ce que je sais d’eux. Je détourne donc mon regard. Laisser Maximilien ainsi me brise le cœur, mais je ne peux pas prendre le risque de libérer Matt. Pas après tous les efforts fournis pour le maintenir en cage. Et surtout, je ne vois pas quel intérêt il aurait à sauver un Surnaturel.

Je soupire, ferme les yeux, puis replace correctement mes mains sur Maximilien. Je ne perds rien à essayer de nouveau. Mais lorsque je commence à faire le vide dans mon esprit, une main froide se pose sur mon bras. Surprise, je fixe l’individu qui se tient à mes côtés. Matt.

— Comment tu…

— Plus tard. Laisse-moi d’abord le sauver, insiste-t-il à nouveau, jetant un coup d’œil inquiet sur Maximilien.

Je n’ai d’autres choix que de le laisser faire. Le métamorphe fixe alors de ses yeux bruns le Cerveau des Surnaturels. Ses pupilles se dilatent au fur et à mesure de l’effort qu’il doit fournir. Les secondes s’égrènent dans le silence le plus total. J’épie discrètement le passage mural à moitié démoli. Il semblerait que Max’ et moi soyons venus à bout de l’armée envoyée par Kierân. J’espère qu’il en va de même pour le groupe resté dans le hall.

Une inspiration soudaine fait reporter mon attention sur Maximilien. Ce dernier ouvre brusquement les yeux et se penche en avant, en laissant échapper une quinte de toux. Toute blessure a disparu de son abdomen. Il tourne son visage dans ma direction. Matt passe un bras autour de ses épaules pour l’aider à se lever, mais le Cerveau des Surnaturels le repousse brutalement et se relève de lui-même, quelque peu chancelant. Lorsque le métamorphe cherche une fois de plus à l’aider à se stabiliser, Maximilien recule prestement.

— Qu’est-ce que tu fais hors de ta cage ? s’écrie-t-il.

— Il t’a sauvé la vie, Max’.

Ce dernier me retourne un regard interloqué. L’incompréhension se lit sur son visage. Matt, quant à lui, ferme les yeux et prend rapidement l’apparence d’un tout petit insecte que je pourrais très facilement écraser sous ma chaussure si l’envie m’en prenait. La petite bestiole rampe jusqu’à la cage, et une fois dedans, disparaît dans un brouillard sombre. Matt réapparaît alors sans plus tarder sous sa forme humaine. Je comprends mieux comment il s’est débrouillé pour sortir.

— Je croyais que tu ne pouvais prendre l’apparence que d’un ours ou bien d’un corbeau, comme tous les autres ! déclaré-je.

Matt répond par la négative.

— Et je croyais également que l’absinthe qu’Ombelline t’administre chaque jour devait t’empêcher de te transformer !

— Ça aurait pu fonctionner sur les autres. Mais sur moi, c’est inefficace.

— Parce que tu es un caméléon, complète Maximilien.

Il s’approche avec précaution de la cage, intrigué par ce qu’il vient de découvrir.

— Un caméléon ? répété-je.

— L’espèce la plus rare et la plus puissante parmi tous les métamorphes. C’est celle qui est à l’origine de leur création, m’explique le Cerveau. Ils sont capables de se transformer en n’importe quel animal, et effectivement, l’absinthe n’a aucun effet sur eux. C’est d’ailleurs parce qu’ils sont trop puissants que la première Gémone a décidé de rétablir une certaine équité en les privant de la plupart de leurs métamorphoses. Seulement, quelques-uns s’en sont réchappés. Matt doit descendre d’une de ces lignées.

Mes yeux s’attardent sur le jeune métamorphe.

— Durant toutes ces semaines, tu aurais pu t’enfuir, mais tu ne l’as pas fait… Pourquoi ?

Matt ancre son regard sombre dans le mien.

— Parce que je suis exactement là où je voulais être.

Il nous fait cet aveu comme si cela lui en coûtait.

— Pourquoi tenais-tu tant à devenir notre prisonnier ? le questionné-je, incrédule.

Des voix commencent à se faire entendre au loin, mais j’ai bien l’intention de terminer cette discussion avec Matt.

— Tu ne sais pas ce que c’est que d’être au service de Kierân lorsque tu ne partages pas les mêmes valeurs que lui, déclare-t-il.

L’image de June se tordant de douleur et lâchant la dague destinée à mon œil me revient aussitôt.

— C’était toi, tout à l’heure ! C’est toi qui m’as permis de reprendre l’avantage sur June !

Il acquiesce dans le plus grand des silences.

— Max’ ! hurle une voix féminine.

Je me retourne, observant Apolline débouler du passage mural et accourir vers le Cerveau des Surnaturels. Ce dernier jette un dernier regard au métamorphe, puis part rejoindre la Talentueuse à mi-chemin.

— Tu n’as rien ? Sean a commencé à se sentir très faible pendant le combat, il m’a dit que votre lien était en train de disparaître !

— Plus de peur que de mal, ne t’en fais pas.

Apolline pousse un gros soupir de soulagement. Puis son regard glisse sur le tee-shirt noir de Maximilien. Celui-ci est déchiré par les griffes de l’ours. Du sang séché est nettement visible sur sa peau mise à nu.

— Qu’est-ce que tu t’es fait ? Tu es blessé !

— Ce n’est rien, Apo’, je t’assure. Evalina m’a guéri à temps.

La Talentueuse m’offre un regard empli de gratitude. Je lui adresse un faible sourire, me sentant un peu mal de récolter les remerciements qui devraient normalement revenir à Matt.

— Et moi, alors ? s’exclame ce dernier en direction d’Apolline. Tu ne te fais pas du souci ?

La Talentueuse hausse les sourcils d’une façon presque provocante. Elle détaille le métamorphe des pieds à la tête, avant de répliquer aussi sec :

— Le jour où je serais susceptible de me faire du souci pour toi sera le jour où quelqu’un d’autre que moi manquera de te tuer.

Matt esquisse un sourire.

— Tu n’as donc pas oublié ta promesse. L’espace d’un instant, j’ai eu peur qu’un autre métamorphe n’ait accaparé ton attention.

— Sois tranquille. J’ai promis que tu mourrais de ma main, et je compte bien tenir parole, conclut-elle d’un regard meurtrier.

Et c’est à cet instant précis qu’elle remarque l’ours, gisant aux pieds de la cage. Elle tourne alors la tête pour observer la salle dans son ensemble et y découvre des métamorphes étalés aux quatre coins.

— Est-ce qu’ils sont tous… morts ? demande-t-elle.

Je déglutis.

— Ceux qui restent, probablement, lui répond Matt. Ils étaient plus nombreux tout à l’heure. Les rescapés ont dû s’enfuir quand la Gémone était occupée à soigner Max’.

— Maximilien, corrige ce dernier.

— Et ce n’est pas à toi que je posais la question, le rembarre Apolline.

— T’es sûre ? T’avais pourtant les yeux rivés sur moi. Je vais finir par croire que je te fais de l’effet, tu sais ?

Les yeux de la Talentueuse virent au bleu sombre. Oui, Matt lui fait de l’effet. Mais pas dans ce sens. Il adopte un comportement tellement différent en fonction des personnes avec qui il est. Aujourd’hui, j’ai pu voir de la sincérité dans ses yeux. De l’honnêteté, de l’inquiétude et de la gentillesse. Rien ne le poussait à me sauver la vie deux fois de suite. Ni celle de Maximilien juste après. Il cache cette partie de lui sous une bonne couche de provocation et de sarcasme.

— June s’en est sortie, constate soudainement Maximilien.

Je fixe le pied du mur contre lequel je l’avais propulsée. En effet, elle n’y est plus. Même avec un choc pareil et une dague en pleine côte, la métamorphe est parvenue à déguerpir quand nous avions le dos tourné. Je ne suis pas enchantée par cette nouvelle, mais je me rassure en me disant que la prochaine fois que nous nous croiserons, elle ne me sous-estimera certainement plus.

— Pourquoi les pires s’en sortent-ils toujours ? soupire la Talentueuse.

— Elle ne paie rien pour attendre, murmure le Cerveau.

Il balaie la pièce du regard, avant de poursuivre :

— Où est Sean ?

— Parti aider les autres. Kierân a visiblement disparu d’un coup, en plein combat contre Angie. Ombelline et le groupe sont en train de passer le château au peigne fin. Elle m’a d’ailleurs passé l’un de ses signaux d’alerte au cas où le chef des métamorphes se pointerait ici, dit-elle en nous montrant un petit cadenas en argent. Elle en a donné à tout le groupe, mais personne ne l’a encore déclenché. À croire que Kierân a vraiment rebroussé chemin pour revoir son plan d’attaque.

Matt fronce les sourcils. Je croise son regard. Il y a quelque chose qui ne va pas.

— Kierân n’abandonne jamais avant d’avoir obtenu ce qu’il convoite, déclare-t-il.

— Si tu essaies de me faire peur avec tes menaces à deux balles, c’est raté, lâche Apolline.

Elle triture le petit cadenas argenté d’un air agacé, puis se passe une main dans les cheveux. Et c’est à ce moment-là que je l’aperçois. Un frisson de dégoût me parcourt le corps. Une araignée se faufile dans les cheveux de la Talentueuse. Maximilien aussi l’a remarqué.

— Ne panique surtout pas, lui dit-il, mais tu as une araignée dans les cheveux.

— Quoi ? ! hurle la Talentueuse.

Elle lâche le petit cadenas et passe frénétiquement ses deux mains dans ses cheveux. Elle renverse la tête en arrière puis décide de les secouer dans tous les sens comme une dingue. L’araignée tombe au sol, immobile. Apolline s’approche de l’insecte en l’insultant de tous les noms et s’apprête à l’écraser, lorsqu’une brume noire et dense apparaît. Je recule instinctivement.

— Kierân ! s’écrie soudain Apolline, les yeux exorbités.

La peur l’ayant fait paniquer, c’est maintenant sous la chaussure de Kierân que se trouve le signal d’alerte. Ce dernier esquisse un sourire atrocement charismatique. La fossette de son menton se creuse aussitôt. Il réajuste son grand imperméable noir et ne perd pas une seconde de plus avant de récupérer le cadenas et de le broyer entre ses mains.

— Quel dommage d’avoir peur des araignées, articule-t-il. Elles ne sont pourtant pas bien méchantes.

Apolline se jette alors sur lui, balançant un coup de poing dans sa direction. Mais Kierân l’arrête d’une poigne ferme.

— Tu es bien comme ta mère, ricane-t-il. Exactement le même tempérament de tête brûlée. Tu agis avant de réfléchir, c’est un véritable gâchis.

La Talentueuse retire brusquement son bras.

— Je ne suis pas comme elle, non ! Je ne suis pas une traîtresse !

Kierân fronce brièvement les sourcils, avant d’esquisser un sourire qui n’augure rien de bon.

— Je ne te parle pas de Candélaria.

Apolline reste interdite, vide de toute réaction. La salle est plongée dans un sombre silence, que Kierân prend un malin plaisir à briser pour annoncer :

— Je faisais référence à Emilie. L’ancienne Talentueuse des Surnaturels.

Apolline se jette alors sur Kierân, lui hurlant qu’il n’est qu’un parasite qui passe son temps à mentir, mais son frère l’attrape par le bras et la fait sortir de la salle. Quant à moi, il faudra bien que j’aie cette discussion avec elle…

— Bien. Maintenant, je souhaite récupérer mon frère.

Je fusille Kierân du regard. Comment ose-t-il balancer une telle révélation pour ensuite réclamer ce qu’il veut l’air de rien ?

— Tu t’attends vraiment à ce qu’on t’offre Matt en guise de remerciements ?

Kierân se tourne enfin vers moi et se rapproche, suffisamment pour que la puissance et le charisme qu’il dégage me happent de plein fouet.

— Je constate que tu n’es pas plus surprise que ça par mon annonce. Tu leur avais donc déjà annoncé la nouvelle, dit-il, levant les yeux vers Matt.

Ce dernier ne répond rien. Je suis peut-être dos à sa cage, mais je sens qu’il est aussi terrifié que nous face à la présence de Kierân. Il ne parle pas. Je prends alors conscience de ce qu’il a fait pour nous et ce qu’il nous a révélé tout à l’heure. C’est décidé, il est hors de question que Matt retourne aux côtés de Kierân. Je ne le permettrai pas.

— Mon frère doit rejoindre les siens, insiste le chef des métamorphes.

— Tu as détenu ma sœur captive durant des mois. J’estime que c’est un juste retour des choses.

Son regard s’assombrit et tout son être devient menaçant. Loin de me faire peur, j’ai l’impression que mon corps absorbe instinctivement les particules de force qu’émet le frère de Matt.

— Je ne suis pas venu ici dans le but de tuer. Mais s’il n’y a que ce moyen pour parvenir à mes fins, je n’hésiterai pas.

— Repasse dans plusieurs mois, répliqué-je. Peut-être que je serais plus disposée à te rendre ton frère !

Son corps se contracte dangereusement. Le mien fait de même. Une lueur indescriptible s’allume dans les yeux de Kierân. Il esquisse un pas vers moi, mais seulement un. Parce qu’au moment où il s’avance, je propulse vers lui toute mon énergie à l’aide de mes mains tendues devant moi. Le chef des métamorphes fait un vol plané et percute brutalement le mur le plus éloigné de la salle. Malgré tout, il se réceptionne assez facilement au sol. J’abaisse alors violemment mes bras et Kierân s’écroule enfin sur le marbre noir.

Le plaisir de le voir à ma merci est sans nom. Je veux qu’il paie pour toutes les atrocités qu’il a commises. Pas seulement pour ce qu’il a fait subir à Tessia, Cassie ou bien Eva, mais également à tous ceux qui le servent sans l’avoir voulu. Kierân a peut-être l’air d’un dictateur, je distingue des failles. Des failles que nous pourrions exploiter afin de l’éliminer et ainsi nous atteler à notre seconde menace. La Démone. Je ramène doucement mes bras contre moi et m’apprête à réitérer mes gestes, mais un brouillard noir reprend possession de son corps. La voix de Kierân retentit alors, juste avant qu’il ne disparaisse :

— Inutile de t’acharner. J’ai obtenu exactement ce que je désirais.

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RemerciementsNous voici arrivés au milieu de l’aventure. Déjà trois tomes qui ont eu la chance de voir le jour… et j’ai toujours autant de mal à réaliser ! Je suis incroyablement contente d’en être arrivée là. Ça n’aurait jamais été possible sans les deux meilleurs éditeurs au monde (je suis très objective). Guillaume et Ophélie, merci tellement de me permettre de vivre tout ça. Je ne le dirai jamais assez, mais je suis vraiment admirative de tout le travail que vous fournissez au quotidien, de votre patience avec les pavés que sont les tomes de Surnaturels avant les corrections, de votre efficacité, de votre minutie, de votre gentillesse, de votre considération, de votre énergie, de votre talent… et j’allais conclure en parlant de l’humour, mais je crois que pour l’un des deux, ça ne s’applique pas… (Je suis en train de culpabiliser d’avoir dit ça dans mes remerciements.) Vous méritez tellement d’aller loin. Cette maison d’édition inceptionnelle est une véritable pépite.Et

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Chapitre 25Sentiments apocalyptiquesJe ne sais pas comment j’ai fait, mais je suis debout. Je fonce dans le couloir à la recherche de la chambre de Kierân. Je sais qu’elle n’est pas loin de celle de Raphaël. Ma panique s’est transformée en rage monstre. Je ne veux plus qu’une seule chose. Le trouver, lui. J’ai envie de crier. D’exploser. De pleurer. Le monde ne tourne plus rond. Il a décidé de se foutre de moi et de basculer à l’envers. Je suis incapable de comprendre ce que j’ai entre les mains. J’ai voulu partir. Prendre la fuite et ne plus jamais remettre les pieds ici. Seulement, j’ai besoin de connaître la vérité. J’ai besoin de le confronter.Je passe devant les douches et bifurque dans le couloir à droite. La colère embrouille si fort mes sens que je manque de percuter Lacnas. Ce dernier m’adresse une phrase que j’entends à peine, continuant mon chemin. Seulement, il me rattrape. Je le repousse brutalement. Trop brutalement. Son dos vient percuter le mur et il tombe lourde

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