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Chapitre 22Porte secrète

Author: Swan, EJ
"publish date: " 2024-10-24 15:58:08

Chapitre 22

Porte secrète

D’un crachat, Tarek expulse le sang de sa bouche et renvoie le coup au Leader, mais ce dernier l’intercepte. Il saisit le bras du métamorphe, et en deux temps trois mouvements, il parvient à le renverser au sol d’une technique impressionnante.

— Zéphyr n’est plus là pour m’empêcher de te tuer, lui murmure le Leader à l’oreille.

Tarek tente de se défaire de son emprise, mais Angie le maintient fermement au sol, un genou contre son dos, le bras dans une posture qui se veut douloureuse.

— Et j’ai vraiment très envie de le faire.

Des éclats de voix et des grognements explosent tout autour de nous. Les métamorphes avancent d’une démarche menaçante vers Angie, prêts à défendre l’un des leurs. Le Leader relève Tarek et le pousse brutalement contre le mur, pointant une dague sous sa gorge. Les grognements du clan s’amplifient. Kierân lève la tête.

— Anne ! crie-t-il d’une voix empreinte de colère.

Anne ? Je fronce les sourcils et écarquille les yeux de surprise lorsque tous les métamorphes de la pièce disparaissent en même temps. Excepté Raphaël, Lacnas, June et Tarek. Angie, lui, ne lâche pas ce dernier de son emprise. Kierân se dirige vers lui d’une démarche rapide. Il va l’éjecter de notre alliance. Je ne peux pas le laisser faire ça. Je tapote l’épaule du Leader. Il tourne son visage vers le mien. Je profite de sa distraction pour tirer le métamorphe vers moi, et de toute ma force de Gémone, je lui fracasse le nez d’un coup de poing bien envoyé. Tarek finit par terre et ne se relève pas. J’y suis peut-être allée un peu fort.

— Est-ce que vous avez la moindre idée de ce que vous venez de faire ? ! s’exclame Kierân en attrapant vigoureusement mon bras, fusillant du regard le Leader.

Angie fait tournoyer la dague dans sa main et lui adresse un vent monumental.

— Tu vas nous bannir de l’alliance ? le provoqué-je.

Kierân tourne son regard sur mon visage. Il entrouvre les lèvres pour pouvoir parler, puis se met à ricaner.

— Très bien joué, Evalina.

Il retire sa main de mon bras et applaudit.

— Achever Tarek pour empêcher ton petit copain d’être banni. C’est très bien joué, répète-t-il en secouant la tête.

Le Leader m’offre l’un de ses petits sourires en coin dont il a le secret. Kierân nous observe tour à tour, puis baisse les yeux sur Tarek.

— Qu’est-ce qu’il a fait ? soupire-t-il.

— Tu veux dire, à part lancer à Evalina des regards dégueulasses et des sous-entendus immondes ?

Kierân se mord la lèvre et pousse un autre soupir. D’un claquement de doigts, il ordonne à Raphaël et Lacnas de s’occuper de Tarek. Tous deux le conduisent hors de la salle, tandis que le chef des métamorphes se frotte les tempes et déclare :

— Je tâcherai de le maintenir à l’écart de vous. Quant à toi, dit-il à l’intention d’Angie, retiens tes poings. Mes métamorphes ne sont pas des punching-balls sur lesquels tu peux passer ta colère.

Le Leader finit par acquiescer, comprenant que cela ne sert à rien d’envenimer les choses. Satisfait, Kierân s’éclipse. Lorsque nous rejoignons le groupe, je constate que Maximilien n’est plus là. Cassie fusille du regard le Leader.

— Tu ne pouvais vraiment pas t’en empêcher ! le réprimande-t-elle.

— Cassie, fais-moi plaisir, boucle-la.

— J’aurais fait la même chose si Tarek s’en était pris à toi, avoue Bastian à Cassie.

Cette dernière pique aussitôt un fard et lui donne un léger coup de coude. Angie me fait signe de le suivre. Je fais donc savoir au groupe que nous partons. Le Fidèle m’informe qu’il aurait préféré que je reste plus longtemps avec eux, mais je lui explique que je ne peux pas tourner le dos à Angie. Alors que ce dernier ne m’a pas attendu pour regagner l’étage, je grimpe l’escalier qui mène à notre chambre et passe devant quelques portes précédant la nôtre. Je me demande où se trouve la pièce qu’occupe Kierân. Peut-être à l’opposé d’ici, vers celle de Raphaël ? La chambre de ce dernier me rappelle que j’ai des affaires à aller récupérer, et que j’ai besoin d’une bonne douche. J’ai besoin d’enlever le poids de cette journée déjà bien chargée.

— Tu ne peux vraiment pas nous laisser tranquilles, ricane une voix masculine.

Je tourne à l’angle du couloir et découvre Matt, en pleine « discussion » avec Angie. Maximilien se tient entre les deux, sûrement pour tenter d’éviter une énième catastrophe.

— Je n’apprécie pas le fait que tu ailles semer des idées insensées dans le cerveau de chacun des miens.

— Et si tu t’occupais plutôt de tes affaires ? s’énerve Matt, posant un index accusateur sur le torse d’Angie.

D’un pas déterminé, j’avance dans le couloir et saisis la main du Leader pour le conduire à notre chambre. Mais ce dernier pile net.

— Angie, tu voulais me parler, non ?

Son regard aigue-marine se fige dans le mien. Il finit par acquiescer.

— Alors va te calmer et attends-moi à l’intérieur, dis-je en pointant du menton la porte derrière lui.

Il soupire. Sa colère me frappe de plein fouet. Je ne crois pas qu’il en veuille vraiment à Matt. Je crois plutôt que le caméléon n’est, à ses yeux, qu’un punching-ball parmi tant d’autres. Angie a du mal à supporter le fait de devoir faire équipe avec les métamorphes et de me voir créer des liens avec eux. Il a de plus en plus de mal à gérer la situation.

— OK…, murmure-t-il.

Je lui lâche la main. Il me tourne le dos, rejoint notre chambre et referme la porte derrière lui.

— Merci, Ev’ ! Ce n’est pas croyable ce qu’il peut être chiant quand il s’y met !

— Il a de bonnes raisons de l’être, lui assène Maximilien.

Ses yeux verts sont particulièrement insistants. Matt se pointe alors du doigt.

— T’es en train de dire que c’est ma faute ? À moi ? Genre, moi ?

— Tu l’as provoqué alors qu’il ne faisait que passer son chemin.

— J’ai cru qu’il allait me gueuler dessus, alors j’ai pris les devants ! Il avait l’air furax.

— C’est toi qui as commencé ?

Matt me regarde avec des yeux embarrassés.

— Peut-être ?

— Tu n’es vraiment pas possible !

— Ce n’est pas ma faute si ce type me fait peur ! Je vous jure, il fait une fixette sur moi ! À croire que je l’obsède…, susurre-t-il en coulant un regard vers Maximilien.

Ce dernier croise les bras sur son torse et hausse un sourcil.

— Quoi que tu essaies de faire, sache que ça ne marche pas.

— J’essaie de te déstabiliser, avoue Matt, tout sourire, passant un bras autour de son cou. Tu ne me résisteras pas bien longtemps. Je me connais, je sais l’effet que je fais !

Je me sens soudainement de trop. Je commence à reculer pour regagner ma chambre, lorsque Matt attrape le visage de Maximilien pour lui planter un baiser sur la joue. Le Cerveau écarquille les yeux et se dégage de l’emprise du métamorphe.

— Là, tu ne peux pas me dire que ça n’a pas marché ! éclate-t-il de rire.

— Tu… est-ce que… est-ce que pour une fois, tu ne pourrais pas te montrer sérieux ? articule Maximilien tant bien que mal. Je voulais simplement savoir pourquoi tu m’évitais, et d’un coup, tu te compor…

Matt pose un index sur ses lèvres.

— Tu ne vas pas me faire une scène ici, sourit le métamorphe. Tu veux parler ? Très bien, allons parler !

Il s’empare de la main du Cerveau et le pousse à l’intérieur d’une pièce.

— Excuse-nous, Evalina, mais on a des choses pas très prudes à faire ! s’exclame-t-il, m’offrant un petit clin d’œil avant de refermer la porte derrière eux.

Je manque de me frapper le front. Quelque part, j’admire Maximilien pour trouver la patience nécessaire afin de supporter Matt. Je pivote sur moi-même et me retrouve nez à nez avec… une petite fille ? Qu’est-ce que c’est que ce délire ? Sa peau est métisse, ses cheveux noirs sont frisés et ses yeux arborent la même couleur sombre. Elle noue ses mains derrière elle et me regarde curieusement, sans dire un mot. Elle n’a pas l’air de me vouloir du mal… Je jette un coup d’œil derrière moi. Le couloir est désert. Je reporte mon attention sur la fillette. Elle bascule d’avant en arrière sur ses pieds, d’un air timide.

— Euh… c’est toi, Anne ?

Elle hoche vivement la tête. Je fixe la porte derrière elle. Il me suffit de la contourner pour accéder à ma chambre et rejoindre Angie. Seulement, je suis intriguée par cette fille sortie de nulle part.

— Tu es le métamorphe téléporteur ?

Elle hoche de nouveau la tête. J’ai donc visé juste, c’est elle que Kierân a appelée tout à l’heure pour faire disparaître les métamorphes. Mais où a-t-il bien pu la trouver ? Elle est habillée avec un tee-shirt et un pantalon noir, ainsi que des bottes à clous qui viennent peaufiner sa tenue de « jeune guerrière ». Son apparence est dure, mais son visage est angélique. D’un geste du doigt, elle pointe ma main gauche.

— Tu veux m’emmener quelque part ? deviné-je.

Elle opine de la tête.

— Je ne suis pas sûre que me téléporter soit une très bonne idée.

Elle secoue la tête.

— Tu ne veux pas me téléporter ?

Elle réitère son geste.

— Qu’est-ce que tu me veux alors ?

Elle attrape ma main gauche et se met à courir dans le couloir. Je ne sais pas quel âge elle a, mais sa force est déjà impressionnante. Je la suis jusqu’au bord des escaliers. Lorsque je m’apprête à les descendre, elle m’arrête d’une petite main sur le ventre. Elle secoue la tête et pointe du doigt une porte sur ma droite. Je fronce les sourcils. Elle se fond dans le décor, si bien que je ne l’avais jamais aperçue jusqu’à présent. Les autres portes arborent une couleur plus foncée que le mur. Mais celle-ci est camouflée. Je distingue dessus deux longs serpents, à peine perceptibles, zigzaguant sans jamais se rejoindre. Je pose une main sur la poignée. Je l’actionne mais constate bien vite qu’elle est fermée à clé. Je me tourne vers la petite fille.

— Est-ce que, par hasard, tu aurais la clé ? la questionné-je.

Elle fait non de la tête. Je soupire.

— Qu’y a-t-il derrière cette porte ?

La petite fille se mord la lèvre. Elle croise ses chevilles et se dandine sur place, ses grands yeux noirs détaillant mon visage avec une curiosité non dissimulée. Et puis soudain, quelqu’un la tire de mon champ de vision.

— Anne, bon sang ! Combien de fois va-t-il falloir que je te le répète ? la gronde Kierân. Tu les téléportes, et ensuite, tu reviens ! Tu ne t’attardes pas dans les méandres de la téléportation !

Anne sourit. Kierân s’accroupit en face d’elle et affiche un air si sévère que la petite fille cesse aussitôt.

— Si tu y restes trop longtemps, tu risques de t’y perdre et de terminer sur une planète égarée ! Toute seule ! C’est vraiment ce que tu veux ?

Anne secoue la tête et baisse les yeux.

— Ce n’est pas non plus ce que je veux, articule-t-il d’une voix étrangement inquiète.

Il lui ébouriffe les cheveux, puis se relève. Ses yeux se posent enfin sur moi. Il étudie la porte derrière mon dos, puis ses traits se crispent. L’atmosphère se charge en particules de peur. Il tapote l’épaule de la petite fille.

— Va retrouver Raphaël. Dis-lui que j’arrive dans un instant.

Anne me fait un signe de la main et déguerpit aussi vite qu’elle était apparue.

— Qu’est-ce tu fais là ?

— Je me rendais à ma chambre.

Le chef des métamorphes secoue la tête et se racle la gorge.

— Non, Evalina. Qu’est-ce que tu fais, là ?

— Anne m’a conduit jusqu’ici. Je n’avais jamais remarqué cette porte ! Qu’y a-t-il, derrière ?

Cette fois-ci, j’en suis sûre et certaine. Kierân est effrayé. Quelque chose dans cette pièce fermée à clé l’angoisse profondément.

— C’est moi ou tu as peur ?

— Peur ? ricane-t-il. C’est bien mal me connaître, ma puce.

Je plisse les yeux. Il a beau tenter de le cacher, il m’en faut plus pour me duper. Il n’est clairement pas à l’aise.

— Qu’y a-t-il, derrière ?

— Rien de bien intéressant. Juste une chambre. Comme toutes les autres.

— Si cette pièce est aussi banale que les autres, pourquoi est-elle inoccupée ?

— Parce qu’elle est en travaux.

Je hausse un sourcil.

— C’est tout ce que tu as trouvé comme excuse ? Je te croyais un peu plus inventif.

Kierân esquisse un faible sourire, mais celui-ci retombe bien vite. Il recule. C’est bien la première fois que je le vois dans un tel état.

— Éloigne-toi de cette porte, Evalina.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’obéis. Son ton est sans appel.

— Tu ne m’avais pas dit que ton métamorphe téléporteur était aussi jeune, me risqué-je à poursuivre notre conversation.

— Je ne te dois rien, trésor.

Il s’apprête à descendre les marches, mais poussée par un élan soudain, je le stoppe en lui agrippant le bras.

— J’ai envie d’en savoir plus sur vous ! Sur ce clan ! J’aurais aimé que tu m’en parles…

Kierân se fige. Ses yeux sont posés sur ma main qui le retient.

— Tu souhaites… tu souhaites que je t’en parle ?

— Tu gardes tellement de secrets… Ce serait mentir que de dire que je ne suis pas intéressée par ta vie et ce qui l’entoure.

— Alors pourquoi… pourquoi me repousses-tu ? articule-t-il douloureusement.

J’ouvre grands mes yeux. Sa douleur n’est pas feinte, elle est réelle. Je la ressens presque comme si c’était la mienne, et elle me serre le cœur.

— Je ne te… je… C’est juste… que… l’intérêt que tu me portes est un peu déstabilisant, lui avoué-je, triturant nerveusement une mèche de cheveux.

— Oh.

J’observe le sol comme s’il était soudainement devenu la huitième merveille du monde.

— Tu voudrais que je prenne mes distances ? me demande-t-il.

— En fait, je ne comprends pas pourquoi tu agis ainsi avec moi.

— Tu es l’être le plus puissant de ce royaume. Difficile de ne pas te porter le moindre intérêt.

Mensonge. C’est la phrase typique qu’il me ressort chaque fois que l’occasion se présente. Il ne veut pas me le dire ? Soit. Je chercherai donc la vérité par moi-même. En attendant, il vaut mieux le laisser penser que je le crois.

— Tes vêtements t’attendent toujours dans la chambre de Raphaël, change-t-il de sujet.

— Est-ce qu’il serait possible que quelqu’un me les apporte dans les douches ? Je dois parler à Angie, et après, je risque de m’y rendre en les oubliant.

— C’est comme si c’était fait.

Il commence la descente des marches, avant de s’arrêter en plein milieu.

— Bon courage, ma puce, m’annonce-t-il en me tournant définitivement le dos pour partir.

Il sait que ma discussion avec Angie risque d’être houleuse. Pourtant, je n’ai aucune envie de me disputer avec lui. Kierân disparaît à l’angle de l’escalier, tandis que je me rends vers ma chambre. Lorsque je pénètre dans la pièce, je suis surprise de le trouver endormi. Je referme la porte tout doucement. Angie est allongé sur le lit, une main sous l’oreiller, l’autre sur son ventre. Il a l’air tellement paisible. Toute trace de colère a disparu, emportée par le sommeil. C’est l’image la plus attendrissante qu’il m’ait été donné de voir aujourd’hui. Ses cheveux blonds lui tombent sur le front. J’ai envie d’y passer ma main et de me blottir tout contre lui, mais j’ai trop peur qu’il se réveille. Alors je me contente de m’asseoir sur le lit, la tête tournée vers lui. Le matelas s’enfonce un peu. C’est apparemment suffisant pour le sortir de son sommeil. Il sursaute et plonge automatiquement la main dans sa veste. Il interrompt son geste lorsqu’il constate que ce n’est que moi. Il lâche la dague qu’il s’apprêtait à sortir et pousse un soupir.

— Désolé. Je n’ai pas vraiment dormi la nuit dernière, dit-il en se frottant les yeux.

— Pas de souci. Tu peux te rendormir.

— Ça te ferait plaisir, n’est-ce pas ? sourit-il.

Je crois que je rougis comme une pivoine. Il tapote la place à ses côtés et m’invite à l’y rejoindre.

— Je te promets de me tenir à carreau, ajoute-t-il.

Je laisse échapper un petit rire. Angie passe ses mains autour de ma taille et me tire tout contre lui. Je suis calée confortablement contre son épaule. Je me suis rarement sentie aussi bien. Angie dépose alors affectueusement un baiser sur ma tête.

— Angie…

— Hum ?

— Tu as dit que tu te tiendrais à carreau, rigolé-je.

— Oui, j’ai dit ça.

Je lui donne un coup de pied.

— Alors dors.

— Je n’en ai plus envie.

— Menteur ! Tu l’as dit toi-même, tu n’as pas dormi la nuit dernière.

— Je viens de faire une sieste.

Je soupire.

— J’ai pitié pour ton sommeil.

— J’ai pitié pour tes beaux yeux qui ne se satisferont plus de mon corps endormi.

Cette fois-ci, je me redresse et lui plante un coup de coude au niveau des côtes.

— Si tu pouvais éviter de m’imposer encore plus de bleus, je t’en serais reconnaissant.

— Alors arrête de sortir des âneries !

— Je n’ai pas pour habitude d’obéir aux ordres, réplique-t-il dans un sourire de carnassier.

Je soupire. Comment, avec un comportement pareil, a-t-il fait pour m’attirer dans ses filets ?

— Miss ?

— Quoi ?

— T’es pas fâchée, quand même ?

— Non, mais parfois tu peux vraiment te montrer… exaspérant, sourié-je. Tu le sais, ça ?

Angie se redresse et caresse mon bras de ses doigts. Il me bouscule un peu pour obtenir une réaction de ma part, mais je reste parfaitement stoïque. Il attrape alors mon menton pour forcer mon regard à croiser le sien. Il me susurre que ce comportement n’est pas toujours pour me déplaire, et il ne m’en faut pas plus pour me faire rougir de nouveau. Il m’agace à lire si bien en moi.

— C’est l’une des choses que j’apprécie le plus chez toi, Evalina. Tes émotions sont à fleur de peau. Tu es vraie, tu ne mens pas. Et cette manie que tu as de vouloir à tout prix les cacher, sans grand résultat, te rend adorable, dit-il en me caressant la joue de son pouce.

— D’accord… Où est le Angie que je connais ? Celui qui s’étouffe avant de sortir un compliment ? Où est-il ?

— Arrête, je ne me suis jamais étouffé en faisant un… compliment.

Je hausse les sourcils.

— Non, mais tu arrives à peine à prononcer le mot « compliment » !

— Tu exagères.

— Pas du tout ! pouffé-je.

Sans crier gare, le Leader me renverse sur le dos, baladant avec frénésie ses doigts sur mes côtes. Je commence à crier et à me débattre face à ses chatouilles, mais je n’ai pas envie de lui faire de mal. Et son rire vaut tout l’or du monde.

— Tu abandonnes déjà ?

Mes cheveux sont un désordre complet. Je suis essoufflée. Et la façon dont il me regarde est particulièrement significative.

— Angie… à quoi penses-tu ?

— À rien.

— Dis-moi !

Il se rallonge à mes côtés, se raclant la gorge.

— Crois-moi, tu ne veux pas le savoir.

— Pourquoi ?

— Ev’…

— Quoi ? Pourquoi ne veux-tu pas me le dire ? m’indigné-je, grimpant sur ses cuisses pour lui faire face.

— Tu vas regretter de m’avoir posé la question.

— Mais non.

Le Leader plonge son regard aigue-marine dans le mien.

— Disons que, pendant un court instant, tu n’avais pas l’air de sortir tout droit d’une séance de chatouilles.

Je fronce les sourcils.

— Comment ça ?

— Les cheveux décoiffés, la respiration bruyante, sans compter la bretelle de ton soutien-gorge qui a glissé… Ça ne te fait penser à rien ?

— Angie ! Espèce de sale pervers ! m’écrié-je, en lui balançant un oreiller à la figure.

Bien loin de s’excuser, le Leader rit à mes dépens.

— Je t’avais prévenue. Mais comme d’habitude, tu n’en as fait qu’à ta tête !

— Tu étais censé te tenir à carreau !

— Comment suis-je supposé y arriver si tu me provoques ?

— Je ne t’ai pas provoqué !

— Inconsciemment, si. Ce qui est encore pire.

— T’es grave.

Mais Angie se contente de me sourire. Impossible de lui en vouloir. Pas quand il me regarde ainsi. Ses mains se posent de part et d’autre de ma taille. Je deviens tout à coup silencieuse. Quand je vois le chemin que nous avons parcouru tous les deux… Notre relation n’était pas gagnée d’avance, loin de là.

— À quoi penses-tu ? me demande-t-il, levant le bras pour replacer une mèche de mes cheveux derrière mon oreille.

J’aime quand il fait ça.

— À nous, notre relation, déclaré-je. Le fait que l’on partage enfin des choses tous les deux et qu’on se comprenne aussi bien, même avec notre légère différence d’âge…

— Nous n’avons pas beaucoup d’écart. J’ai eu mes vingt ans quelques semaines après ta venue sur le royaume.

— Et… pourquoi, le jour concerné, tu ne m’as pas dit que c’était ton anniversaire ?

— Parce que je déteste le fêter.

— Pourquoi ? lui demandé-je, surprise.

Angie soupire et caresse doucement ma taille.

— Sur Terre, j’ai cru comprendre que les anniversaires avaient une certaine importance. Mais ici, à Réturis, ce n’est qu’une façon de dire « regardez, je suis toujours en vie ! » Tout le monde s’attend à se faire décimer par un trénone tôt ou tard. Atteindre un âge supérieur à la soixantaine relève presque du miracle, ricane-t-il. Et puis, nous n’étions pas encore en très bons termes. Je ne ressentais pas le besoin de partager ma vie privée avec toi.

Je me laisse tomber à ses côtés, tourne mon visage vers le sien et lui pose une nouvelle question :

— Quand est-ce que tombe mon anniversaire ?

Il me regarde comme si j’étais tombée sur la tête. Je m’empresse alors d’ajouter :

— À Réturis !

— Il te suffit de convertir la date du 27 juin selon le calendrier de Réturis.

J’esquisse un sourire.

— Tu as retenu la date ?

— Difficile d’oublier le jour où j’ai dû me rendre sur Terre pour aller sauver une fille qui n’avait pas la langue dans sa poche.

— C’est la seule raison pour laquelle tu t’en souviens ?

— Ev’…

— Quoi ?

— Je te vois venir.

— N’importe quoi.

Il sourit.

— Je ne voudrais pas te faire de compliments, je risquerais de m’étouffer !

— T’es vraiment con.

Je lui tourne le dos et ne peux m’empêcher de sourire lorsque je le sens se rapprocher. Son souffle caresse ma nuque. Il glisse un bras autour de mon ventre. Je le désire tellement.

— Ton anniversaire tombe le 12 décembre du premier mois, me murmure-t-il à l’oreille.

— Donc… je n’ai pas encore dix-huit ans.

— Eh non. Tu es encore peti…

— Ne le dis pas ! le coupé-je, me retournant brusquement pour me retrouver nez à nez avec lui.

— Très bien. Tu n’es pas petite, rectifie-t-il dans un murmure, entremêlant ses doigts aux miens.

— Réturis m’a fait découvrir la vie. La vraie vie, avoué-je. Je m’en rends compte, maintenant. Avant, c’était comme s’il me manquait quelque chose. J’ai vécu des années dans le mensonge, mais grâce au royaume, j’ai gagné des amis, une famille, et j’ai su trouver en moi une certaine confiance. J’ai découvert aussi un sentiment auquel je n’avais pas encore goûté. Un sentiment dont tu es le principal intéressé, murmuré-je.

Je ne crois pas avoir déjà ouvert mon cœur à Angie de cette façon. Ni même à quiconque. J’avais besoin qu’il le sache.

— Tu es en train de me dire qu’avant moi, tu n’as eu personne ?

J’acquiesce timidement.

— Tu n’as pas d’ex ? Je suis le donc le premier ?

— Oui, avoué-je.

— Pourquoi me dire ça seulement maintenant ?

— Je n’ai jamais trouvé le bon moment pour te le dire. Et puis je sais que toi, de ce côté-là, tu es aux antipodes de moi. Tu as déjà vécu tellement de choses… je crois que quelque part, j’ai eu peur que tu sois déçu.

— Evalina, comment as-tu pu penser un seul instant que l’idée qu’aucun homme avant moi ne t’ait touchée me décevrait ?

Dis comme ça, effectivement, ça paraît stupide… Complètement stupide.

— Tu ne te rends pas compte à quel point ça te rend encore plus désirable que tu ne l’es déjà. Que personne avant moi n’ait connu tes caresses, n’ait goûté à tes lèvres, murmure-t-il en y passant son pouce, que personne n’ait posé la main sur ton corps…

— Angie ?

— Miss ?

— J’ai un truc à te dire.

— Je t’écoute, me sourit-il, enroulant une mèche de mes cheveux autour de son index.

— Raphaël m’a déjà embrassée.

Il se fige. Peut-être aurais-je dû y aller avec plus de pincettes ?

— Il a fait quoi ? articule-t-il entre ses dents, lâchant mes cheveux.

— C’était à la soirée de mes dix-sept ans. Il était saoul et désespéré d’avoir perdu sa copine. Du coup, il m’a embrassé pour la rendre jalouse, rien de plus ! le rassuré-je.

Sa colère est toujours aussi palpable.

— Ce n’est pas grave, Angie. Ça n’a duré qu’un instant, et ça ne voulait rien dire.

— Il ne t’aurait pas embrassée si tu ne lui plaisais pas un minimum.

— Peut-être, mais sache que je l’ai repoussé en lui donnant une gifle.

Angie hausse les sourcils.

— Tu lui as mis une claque ? s’étonne-t-il, non sans laisser apparaître un petit sourire sur son visage.

— Il m’a dit que sa joue s’en souvenait bien.

— Tant mieux.

— Angie ! m’écrié-je.

— Il t’a volé ton premier baiser, Evalina. Crois-moi, ce mec mériterait plus qu’une claque.

Le Leader se rallonge sur le dos et je pose mon menton sur son torse.

— À mes yeux, c’est toi qui m’as donné mon premier baiser.

— Je hais ce type, bougonne-t-il.

— S’il te plaît, ne lui en tiens pas rigueur.

— Je ne le sentais déjà pas, mais après ce que tu viens de m’avouer ? Ne t’attends pas à ce que je le traite comme un ami, ricane-t-il.

Je soupire. Le Leader passe un bras derrière moi et caresse mon dos dans un mouvement lent et régulier. Il se redresse un peu, et tout doucement, ses lèvres se posent sur mon front. Il me murmure qu’il est désolé, qu’il aimerait faire plus d’efforts, mais que c’est au-dessus de ses forces. Même si j’aimerais grandement qu’il apprécie les gens que j’aime, je ne veux pas le forcer. Du moment qu’il garde ses poings à une bonne distance de Raphaël, ça devrait le faire. Il remonte sa main et me caresse maintenant les cheveux.

— Angie ? murmuré-je.

— Hmm ?

Mince, je crois qu’il était sur le point de s’endormir.

— Tu n’étais pas censé me parler de quelque chose ?

Sa main qui caressait mes cheveux s’interrompt brusquement.

— Ça peut attendre.

— Tu en es sûr ?

— Sûr et certain, articule-t-il.

Je n’ai pas envie d’insister. Je préfère savourer ce moment et me laisser tendrement emporter par le sommeil qui me guette. Malheureusement, ce n’est que de courte durée.

Un cri effroyable se fait entendre à travers toute la grotte.

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RemerciementsNous voici arrivés au milieu de l’aventure. Déjà trois tomes qui ont eu la chance de voir le jour… et j’ai toujours autant de mal à réaliser ! Je suis incroyablement contente d’en être arrivée là. Ça n’aurait jamais été possible sans les deux meilleurs éditeurs au monde (je suis très objective). Guillaume et Ophélie, merci tellement de me permettre de vivre tout ça. Je ne le dirai jamais assez, mais je suis vraiment admirative de tout le travail que vous fournissez au quotidien, de votre patience avec les pavés que sont les tomes de Surnaturels avant les corrections, de votre efficacité, de votre minutie, de votre gentillesse, de votre considération, de votre énergie, de votre talent… et j’allais conclure en parlant de l’humour, mais je crois que pour l’un des deux, ça ne s’applique pas… (Je suis en train de culpabiliser d’avoir dit ça dans mes remerciements.) Vous méritez tellement d’aller loin. Cette maison d’édition inceptionnelle est une véritable pépite.Et

michael de13   Chapitre 25Sentiments apocalyptiques

Chapitre 25Sentiments apocalyptiquesJe ne sais pas comment j’ai fait, mais je suis debout. Je fonce dans le couloir à la recherche de la chambre de Kierân. Je sais qu’elle n’est pas loin de celle de Raphaël. Ma panique s’est transformée en rage monstre. Je ne veux plus qu’une seule chose. Le trouver, lui. J’ai envie de crier. D’exploser. De pleurer. Le monde ne tourne plus rond. Il a décidé de se foutre de moi et de basculer à l’envers. Je suis incapable de comprendre ce que j’ai entre les mains. J’ai voulu partir. Prendre la fuite et ne plus jamais remettre les pieds ici. Seulement, j’ai besoin de connaître la vérité. J’ai besoin de le confronter.Je passe devant les douches et bifurque dans le couloir à droite. La colère embrouille si fort mes sens que je manque de percuter Lacnas. Ce dernier m’adresse une phrase que j’entends à peine, continuant mon chemin. Seulement, il me rattrape. Je le repousse brutalement. Trop brutalement. Son dos vient percuter le mur et il tombe lourde

michael de13   Chapitre 24Effrayante vérité

Chapitre 24Effrayante véritéDe justesse, j’évite son poing et lui assène un coup dans le ventre. Il recule, prêt à intercepter mon bras, mais j’arrête mon geste et lui flanque un coup de pied dans les genoux. Il s’écroule à terre. Ni une ni deux, je me jette sur lui pour le maintenir fermement au sol. Mais avant que je ne puisse l’écraser de tout mon poids, il me donne un violent coup dans la poitrine et je lâche prise. Il en profite pour inverser les rôles. Il me plaque à terre, mais en usant de ma force de Gémone, je parviens à le faire basculer. Il tente de me frapper à coups de tête, mais je place mes mains autour de sa gorge pour l’en dissuader. Et je serre. Ses yeux noirs s’écarquillent. Il agrippe mes bras et tente de s’extirper de la situation. En vain. Il grogne et finit par me lâcher pour venir taper deux coups au sol. Je stoppe immédiatement mon attaque et me relève. Le premier regard que je vois, c’est celui d’Angie. Des yeux fiers. Puis un applaudissement retentit.—

michael de13   Chapitre 23Détruite

Chapitre 23Détruite— Tu avais promis que tu veillerais sur elle !— Je n’y ai pas failli !— Tu plaisantes ? !Ses yeux noirs sont furieux. Je fixe Angie, mais celui-ci secoue la tête, ne comprenant pas plus que moi ce qu’il se passe. Kierân nous observe et se mord la lèvre, embarrassé par toutes ces paires d’yeux scrutant sa discussion houleuse avec June. Presque tous sont là, devant les douches. Il ne manque que Matt et Tarek.— Elle est saine et sauve, ton hystérie n’a pas lieu d’être.— Je ne sais pas ce qui me retient de t’éclater la gueule contre un mur ! hurle-t-elle, agrippant brusquement l’imperméable de Kierân.Raphaël se précipite pour la repousser. Le regard de June est fou. Fou de rage et de haine. Lacnas se plante devant nous, écarte les bras et nous ordonne d’aller voir ailleurs, mais aucun des Surnaturels ne veut louper une miette de ce qui se joue en face d’eux. Moi la première.— Ça fait deux fois, Kie

michael de13   Chapitre 22Porte secrète

Chapitre 22Porte secrèteD’un crachat, Tarek expulse le sang de sa bouche et renvoie le coup au Leader, mais ce dernier l’intercepte. Il saisit le bras du métamorphe, et en deux temps trois mouvements, il parvient à le renverser au sol d’une technique impressionnante.— Zéphyr n’est plus là pour m’empêcher de te tuer, lui murmure le Leader à l’oreille.Tarek tente de se défaire de son emprise, mais Angie le maintient fermement au sol, un genou contre son dos, le bras dans une posture qui se veut douloureuse.— Et j’ai vraiment très envie de le faire.Des éclats de voix et des grognements explosent tout autour de nous. Les métamorphes avancent d’une démarche menaçante vers Angie, prêts à défendre l’un des leurs. Le Leader relève Tarek et le pousse brutalement contre le mur, pointant une dague sous sa gorge. Les grognements du clan s’amplifient. Kierân lève la tête.— Anne ! crie-t-il d’une voix empreinte de colère.Anne ? Je fronce les sourcils et écar

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