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Chapitre 5Famille erronée

Swan, EJ
"Veröffentlichungsdatum: " 24.10.2024 15:58:04

Chapitre 5

Famille erronée

Je déglutis. Ombelline m’entraîne carrément à l’extérieur de la Colombe. Sûrement pour être certaine de ne pas avoir affaire à des oreilles indiscrètes. Je ne peux pas m’empêcher de l’admirer à la dérobée. Elle dégage tant d’assurance et de charisme… D’ailleurs, je me demande depuis combien de temps foule-t-elle le sol de ce royaume. Elle ne parle jamais d’elle. Personne ne sait comment elle est devenue immortelle. Ombelline me toise de haut en bas, puis d’un geste sec, elle tend sa main droite devant elle. Et dans un petit brouillard blanc, un paquet de lettres y apparaît.

— Les reconnais-tu ?

Sa voix est tout aussi froide que son apparence. J’ai bien envie de lui répondre d’un ton ironique « non », mais je vois bien que l’heure n’est pas à la plaisanterie. Je me contente donc de la vérité :

— Ce sont les lettres que j’ai fait tomber à la Chronosée.

L’Immortelle hoche la tête.

— Les avais-tu déjà vues, avant ça ?

— Non, je ne les…

— C’est donc par pur hasard que tu les as fait tomber, hier ? me coupe-t-elle.

Je ne sais pas si ce sont mes yeux qui me jouent des tours, mais j’ai cru apercevoir les craquelures de son visage se resserrer. Comme nous et la couleur de nos yeux, peut-être que sa peau constitue l’échappatoire visuelle de ses émotions ?

— Oui, c’est juste un simple has…

— Je n’en crois pas un mot.

— J’ai eu un sévère mal de tête, je me suis simplement rattrapée à l’étagère la plus proche. Le coffre qui était posé dessus est malencontreusement tombé, expliqué-je.

Ombelline fait disparaître les lettres aussi vite qu’elles les avaient fait apparaître, puis croise les bras sur sa poitrine.

— Tes maux de tête, parlons-en. Tu en as eu beaucoup en très peu de temps. À quoi est-ce dû ? me questionne-t-elle.

Elle a l’air soudainement intriguée et plus posée. Comme si elle cherchait à me mettre en confiance.

— Euh… je… Je n’en sais rien. Peut-être un mélange de tout. L’enterrement de Zéphyr, la disparition d’Isaac, le retour d’Angie, les entraînements, tout s’accumule à la suite et…

— Je ne veux pas entendre une seule fabulation de plus.

Mince. Je ne peux tout de même pas lui dire que l’ancêtre de ce royaume a soudainement décidé d’élire domicile dans ma tête ! Pour qui me prendrait-elle ? Cela ne serait qu’une preuve de plus pour elle que je suis alliée avec la Démone ! Ombelline en a toujours été persuadée.

— Et selon vous, à quoi seraient-ils dus ? Si vous avez la réponse, je suis tout ouïe.

Elle prend soin de m’observer silencieusement, puis ses lèvres craquelées articulent un semblant de phrase :

— Peut-être que…

Elle s’arrête, une teinte grise apparaissant de plus belle au fond de ses iris, puis reprend :

— Je dois savoir si tu as…

Elle s’interrompt à nouveau. Une grimace de douleur défigure les traits de son visage.

— Si tu entends…

Ombelline recule de plusieurs pas et porte ses mains à sa tête, serrant si fort la mâchoire qu’il ne fait aucun doute qu’elle est en train de souffrir. Elle secoue son visage et me tourne le dos, laissant échapper un râle de douleur. Que se passe-t-il ?

— Ombelline ? articulé-je d’une voix inquiète.

L’Immortelle s’immobilise. Elle retire ses mains pour venir les porter à ses yeux. Lorsqu’elle les écarte, celles-ci sont couvertes de sang. Un silence des plus complets s’attarde dans le couloir. Je n’ose pas prononcer le moindre mot, de peur de la faire fuir. Elle semble se concentrer sur sa respiration. Et c’est au moment où je m’y attends le moins qu’elle articule :

— Lis le journal.

Puis elle disparaît dans une fumée blanche. Je me retrouve seule dans le couloir. Complètement perplexe. Ai-je bel et bien vu Ombelline saigner des yeux ? Est-elle malade ? Et cette phrase… Trois mots qui semblent rythmer ma vie depuis quelques jours. « Lis le journal. » Il ne me reste visiblement qu’une chose à faire… La Colombe et les entraînements attendront.

Je marche d’un pas déterminé jusqu’aux escaliers menant au grand hall, afin de regagner les dortoirs et surtout, ma chambre. La curiosité fait battre mon cœur un peu plus vite chaque seconde. J’ignore ce que contient ce journal, mais cela a l’air assez important pour qu’une défunte et une immortelle me poussent ainsi à sa lecture ; puis que la Démone cherche elle aussi à l’obtenir. Nul doute que ce que je vais y trouver à l’intérieur sera capital. J’ai une mine d’or entre les mains.

D’ailleurs, j’ai intérêt à me dépêcher. Angie ne va pas tarder à se rendre compte de mon absence. Arrivée dans ma chambre, je ferme la porte et me dirige vers le grand lit à baldaquin, attrapant le carnet en même temps que je m’affale sur la couette douillette. Cela fait tellement de temps que je ne l’ai pas ouvert ! Je me rappelle m’être arrêtée au moment où Eléana mettait en place son plan diabolique, à savoir sauter du haut de la statue de la Colombe afin de vérifier que sa sœur l’aimait autant qu’elle le laissait entendre, mais surtout, afin de mettre en place sa vengeance. Et dire que c’est cette même personne qui communique à travers moi et qui peut désormais contrôler mon corps !

J’étouffe un frisson d’horreur et me décide enfin à ouvrir le carnet.

« Cher Journal. Mon plan a fonctionné. Je suis actuellement la monelle la plus heureuse de Réturis. Ou, devrais-je dire, l’être surnaturel le plus heureux du royaume tout entier ! Ma stupide sœur m’a rattrapée et s’est effondrée, en larmes. Exactement comme je l’espérais. Sa culpabilité a eu raison d’elle. Elle m’a accordé le pouvoir, tout comme elle, de créer ce qui me chante.

C’est un grand don. Si énorme, que j’ai senti sa réticence lors de ma requête. Mais la simple évocation du mot « jumelles » a suffi à la convaincre. Aucune différence ne doit nous séparer. Si elle parvient à faire bon usage de son pouvoir de Création, pourquoi pas moi ? Et je sais que c’est exactement le genre de pensée qui a dû lui traverser l’esprit. Désormais, je suis tout aussi puissante qu’elle. À un détail près… La fourche.

Son pouvoir à elle coule littéralement dans ses veines. Elle est sa propre source. Mais moi, j’ai reçu ces facultés, je n’ai pas été conçue comme tel. J’ai dû donner mon objet fétiche afin qu’il devienne le traducteur de mes pouvoirs. Le nombre de fois où j’ai rêvé de tordre les boyaux de ma sœur avec ma belle fourche luisante… Ça a donc été une évidence que de la choisir comme source. Mon rêve va pouvoir devenir réalité. Un jour, je la transpercerai de cette arme. Je lui ferai regretter de m’avoir offert cette vie dans l’ombre.

Mais avant toute chose, je dois apprendre à contrôler mes pouvoirs. Ma sœur a promis qu’elle m’apporterait l’aide nécessaire afin d’y parvenir, mais je la connais. Je sais exactement à quoi ressemblent ses entraînements. Ils sont trop doux. Pas assez poussés. Pas assez nombreux. Elle a peut-être recruté la meilleure des combattantes de Réturis pour améliorer ses compétences physiques, je n’en reste pas moins certaine que d’apprendre seule, couplé à la haine que je lui voue, me fera davantage progresser. Seulement, si je dois confirmer mon statut de sage et gentille sœur, j’ai plutôt intérêt à me rendre à ces entraînements pour les faibles, bien que je ne supporte pas cette combattante. Elle ne parvient même pas à effectuer deux pas sans se prendre les pieds quelque part, ni même à aligner trois mots sans bafouiller.

Elle me met hors de moi alors que l’entraînement n’a pas débuté. Je ne vais pas l’aimer, cette cruche blonde, c’est plus fort que moi. Il me suffit de poser mon regard dans ses yeux bruns pour avoir envie de lui mettre des claques et la secouer. Mais elle n’est pas la seule à m’évoquer ce genre de pensées. Je ne comprends pas comment on peut aimer quelqu’un. J’ignore comment cela fonctionne.

Le seul sentiment que je ressens vis-à-vis des autres, c’est de la haine. J’ai l’impression d’être en colère contre le monde entier. Et parfois, c’est fatigant. Pour moi, mais aussi pour les autres. Je le vois bien. Si je le voulais, je pourrais déjà écrire en détail les événements de demain. La blondasse me trouvera fort malpolie et méchante. Malgré tout, elle me sourira et fera comme si de rien n’était. Puis, derrière mon dos, elle ira se plaindre de mon comportement à ma sœur. Et cette dernière viendra me délivrer les aveux de sa chère et tendre Ombelline, sa petite protégée. Elle s’est liée d’amitié avec cette gourde, chose que je ne comprendrai jamais. Et je n’en déteste que davantage ma sœur jumelle. »

Je referme le journal, les yeux lourds de sommeil. Je viens d’apprendre qu’Ombelline existe depuis la création de ce royaume, qu’elle a connu les sœurs jumelles historiques. Toutes ces informations devraient me suffire à rester éveillée, mais étrangement, je tombe de fatigue. Le journal glisse de mes doigts et tombe sur la couette, tandis que ma tête bascule sur l’oreiller. Je m’y sens partir petit à petit. Et je sais que ce n’est pas normal. Je ne suis pas censée avoir conscience que je dors. Il fait tout noir. Mais tout à coup, la lumière surgit faiblement et je commence à comprendre ce que je suis en train de vivre. Je suis attirée. Attirée par un endroit à faible clarté, où seul un vieux berceau poussiéreux se distingue au fond de la pièce. Un endroit lugubre, sombre, que je ne reconnais que trop bien. Je porte instinctivement une main à mon cou. L’alkana. Je l’ai retiré hier, lorsque je me suis apprêtée pour la cérémonie mortuaire. Et ce matin, j’ai oublié de la remettre. Mais quelle erreur de débutante ! La Démone devait probablement n’attendre que ça ! Me voici complètement à sa merci.

Je tente de me rassurer en me répétant que ce n’est qu’une effraction de rêve, qu’elle ne peut pas me faire de mal, mais j’ai pourtant peur de me laisser emporter par mes émotions. Parfois, elles sont si fortes que j’en oublie totalement où je me trouve. Il faut absolument que je garde mon sang-froid.

— Je t’ai manqué ? articule la voix de la Démone.

Rien qu’au ton qu’elle vient d’employer, je peux d’ores et déjà deviner le sourire qui pointe sur son visage. Je serre les poings. Contrôle ta colère.

— À ton avis ?

Je ne sais pas où elle est. Je ne la vois pas. La pièce n’est pourtant pas très grande.

— Attention, Evalina. Si tu te montres désagréable, je ne serai pas d’humeur à répondre à tes questions, minaude-t-elle.

Une ombre apparaît, juste à côté du vieux berceau. Son ombre. Ses cheveux sont détachés, et comme à son habitude, sa fourche électrique forme la continuité de son bras gauche.

— Je n’ai pas demandé à être ici, je n’ai rien à te dire, alors laisse-moi partir.

Elle secoue la tête puis s’avance. Petit à petit, la faible clarté de la pièce la révèle. Elle est vêtue d’une robe rouge sang, longue et élégante. Son maquillage est assorti. Ses lèvres et ses longs ongles couleur carmin pourraient faire penser qu’elle vient tout juste de terminer un repas des plus cannibales. Ses cheveux bruns, presque noirs, sont bouclés et retombent en cascade sur ses hanches. Oui, elle respire la force et la détermination. Mais non, je ne me laisserais pas intimider.

— Aucune question, vraiment ? Tu ne veux pas savoir où se trouve Isaac ?

Je me mords la lèvre pour éviter de répliquer.

— S’il va bien ? continue-t-elle. S’il est bien traité et si tu lui manques ?

— Je ne veux rien savoir du tout ! m’écrié-je malgré moi. Tais-toi !

Mélodie sourit.

— Soit. Mais moi, je crève d’envie de connaître les détails croustillants du Majestueux ! Si tu n’es pas d’humeur à poser des questions, tu pourrais répondre aux miennes. Qu’en dis-tu ?

Je sais exactement ce qu’elle cherche à savoir.

— Comment s’est passée la cérémonie ? poursuit-elle, sans attendre de réponse de ma part. Je serais bien venue, mais quelque chose me dit qu’on n’aurait pas forcément apprécié ma présence.

Elle rigole. Mélodie sait très bien appuyer là où ça fait mal.

— Tu penses que cette robe est assez jolie pour lui faire honneur ? me demande-t-elle, en tournant sur elle-même. J’ai choisi la couleur avec grand soin !

Elle marque une pause, les yeux fixés sur moi, n’attendant qu’une seule chose. Que je réagisse. Mon sang commence à bouillir dans mes veines.

— Quel âge avait-il ? Dix-huit ans ?

Elle pose une main sur sa bouche, l’air faussement choqué.

— Quelle horreur de mourir si jeune ! J’imagine que sa famille a dû être totalement dévastée par la nouvelle.

Elle se rapproche de moi, les talons claquant sur le sol. Son visage se pare d’un rictus dédaigneux lorsqu’elle reprend en pouffant :

— Oups, j’oubliais que les familles ne sont pas invitées aux cérémonies privées.

Mes mains sont littéralement en train de trembler de rage. J’ai beau me répéter de me calmer, de ne pas la regarder, de ne surtout pas lui répondre, c’est plus fort que moi.

— Pourquoi te sens-tu obligée de remuer le couteau dans la plaie ? On sait tous l’horrible meurtre que tu as commis, inutile de t’en vanter !

Les yeux de Mélodie brillent d’une intense lueur rouge. J’aimerais tant pouvoir gommer ce satané sourire sur son visage ! Je lui ai donné exactement ce qu’elle voulait.

— Dis-moi, Evalina, cela se joue entre toi et moi désormais… Les Surnaturels privés de leur pouvoir, ils ne servent plus à grand-chose. J’apprécierais que tu t’entraînes, histoire d’avoir un adversaire à peu près à ma taille, poursuit-elle dans une grimace. Je déteste les victoires trop faciles.

— C’est tout à ton honneur que de vouloir rectifier la balance. Mais rappelle-toi que si elle est déréglée, c’est entièrement de ta faute.

Suite à ma réplique, elle accentue de plus belle son sourire. Je n’aime vraiment pas ça. J’ai l’impression que quoi que je dise ou fasse, je lui donne exactement ce qu’elle veut. Je n’arrive toujours pas à la cerner.

— Je peux sentir d’ici la haine qui t’habite, chuchote-t-elle, glissant ses quelques petits mots à mon oreille.

Ses cheveux bruns me chatouillent le visage. Sa proximité me terrifie aussi bien qu’elle m’attire. Je recule de deux pas. Mélodie caresse sa fourche d’un regard rieur, reprenant la parole sans même me laisser le temps de protester :

— Tu as beau faire bonne figure, tu n’es pas passée à autre chose. Vous êtes tous encore secoués par la mort du grand Sage… C’est exactement ce que j’avais besoin de savoir.

Je fronce les sourcils. Je n’ai pourtant pas l’impression d’avoir lâché une information capitale. L’intelligence de Mélodie me fait peur. À vrai dire, c’est même son trait de caractère qui me terrifie le plus.

— Dis-moi, comment se porte Apolline ? me questionne-t-elle soudainement.

Seul le silence lui répond. Je ne vais pas m’aventurer sur ce terrain-là…

— J’en déduis qu’elle va mal.

Mélodie pense avoir toutes les cartes en main aujourd’hui, mais je vais tout faire pour pouvoir la combattre. En me poussant à bout, elle ne se rend pas compte qu’elle forge mon caractère.

— J’ai un message à lui transmettre. À vrai dire, c’est même la raison principale pour laquelle j’ai dû créer cette effraction de rêve.

— Je ne veux pas l’entendre, répliqué-je.

— Tu es sûre ? Isaac sera très mécontent de ta décision. En échange de sa coopération, je lui ai promis de délivrer ce message. Si tu refuses de l’entendre, cela aura été vain.

Je serre les dents.

— Isaac tient vraiment à ce qu’Apolline sache la vérité, insiste-t-elle.

— C’est bon, crache le morceau !

Les yeux de Mélodie pétillent. Elle s’humidifie les lèvres, prenant un réel plaisir à faire durer cette position de force qu’elle impose.

— C’est marrant, j’avais si hâte de te rapporter ce message ! Mais maintenant que j’y suis, je ne sais par où commencer… Voyons… Tu préfères la manière franche ou bien subtile ?

Que quelqu’un me retienne de me jeter sur elle. Il faut que je sorte d’ici au plus vite.

— Vu ta tête, tu m’as l’air un peu pressée. Je vais donc opter pour la manière franche ! s’extasie-t-elle en se frottant les mains d’impatience. Tu savais qu’Apolline n’était pas la fille de Candélaria ?

En fait, j’aurais dû lui demander la manière subtile. Mélodie éclate de rire face à ma réaction. Je ne trouve pas ça drôle du tout. Je n’ai pas envie d’y croire, mais je sais que la Démone ne ment pas. Quel plaisir prendrait-elle avec ce mensonge ? Elle aime tellement annoncer des vérités qui blessent… Donc, si Candélaria n’est pas la vraie mère d’Apolline, alors, de qui cette dernière est-elle la fille ? Et comment suis-je censée l’annoncer à la Talentueuse ? Mélodie me tourne le dos et s’apprête à s’évaporer dans un brouillard, mais je me jette sur elle et la cloue violemment contre le mur. Je crois que toute la haine que j’emmagasine depuis la mort de Zéphyr est en train de remonter à la surface. Et la Démone n’a pas l’air le moins du monde surprise par mon geste. Son air suffisant a le don de me faire péter littéralement les plombs.

— Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu t’amuses à détruire la vie de toutes les personnes qui croisent ton chemin ? Ça t’apporte quoi, au juste ? Qu’est-ce qu’Isaac t’a fait pour mériter d’être enfermé durant des années ? Et Angie, qu’a-t-il fait pour que tu lui pourrisses ainsi la vie ? Ethan, pourquoi s’en être pris à lui ? Et Zéphyr… Pourquoi l’as-tu tué ? ! hurlé-je.

Mon corps brûle d’une rage incontrôlable. Mes mains tremblantes de colère agrippent et déchirent presque le tissu de sa robe. Si ce n’était pas qu’une simple effraction de rêve, je sens que je pourrais lui broyer les os par la seule force de mes doigts. Le regard de Mélodie se mue en admiration.

— Regarde tout ce potentiel que tu as…, murmure-t-elle. Si seulement tu voulais bien laisser la haine te guider, tu n’aurais pas besoin de voler les pouvoirs des Surnaturels pour devenir aussi puissante que moi.

J’aimerais beaucoup me laisser guider par la haine. C’est un sentiment qui me donne une puissance rarement égalable par la motivation. Mais je ne peux pas faire ça aux Surnaturels. Je ne peux pas devenir un monstre sans cœur et leur tourner le dos. Non, c’est à moi de trouver un autre moyen de devenir puissante.

— Nous en rediscuterons une prochaine fois. Quelqu’un est en train de te réveiller, sourit-elle en baissant son regard sur mes mains.

Ces dernières sont presque transparentes. Mon corps entier est en train de disparaître. Je n’en ai pas fini avec Mélodie, malgré tout, je sais qu’il est inutile de lutter. Je laisse donc mon esprit en colère rejoindre mon corps, jurant intérieurement de passer un savon à celle ou celui responsable de mon réveil. Et je ne tarde pas à découvrir son identité. Sa voix me parvient avant même que j’ouvre les yeux. Je laisse le temps à mes pupilles de s’acclimater à la lumière aveuglante de ma chambre. Angie se tient juste au-dessus de moi. De rage, je le repousse et bondis hors du lit, arrachant d’un geste brusque l’alkana qu’il vient de passer autour de mon cou pour me ramener à la réalité. Si je n’étais pas aussi remontée, je pourrais presque rire de sa réaction mi-étonnée mi-vexée. Il n’a pas l’habitude de se faire rejeter de la sorte.

— Je peux savoir ce qui te prend ? D’abord tu disparais de l’entraînement, ensuite je te retrouve endormie ici en train de crier dans ton sommeil, et maintenant tu me repousses comme si j’avais fait quelque chose de mal ?

— Je tenais Mélodie et tu m’as empêché de continuer sur ma lancée ! m’écrié-je.

Angie fronce les sourcils.

— Ce n’était qu’une effraction de rêve, tu ne la tenais pas vraiment.

Si c’est une façon de me calmer, on peut dire que c’est vraiment très maladroit ! Sa réplique ne fait rien d’autre qu’alimenter un peu plus ma colère.

— Je n’avais pas besoin d’être réveillée, je contrôlais parfaitement la situation !

Le Leader me toise des pieds à la tête, d’un air très peu convaincu.

— D’après ce que je vois, tu es en colère. Et la Démone ne cherche qu’une chose, faire naître ce sentiment en toi. Tu es en train de lui donner exactement ce qu’elle veut. Crois-moi, elle contrôle parfaitement la situation.

Je cligne des yeux, réfléchis aux propos d’Angie et constate qu’il a malheureusement raison. Je m’assieds et plonge la tête entre mes mains. Je suis perdue. Il serait tellement plus facile d’abandonner, de dire adieu à Réturis et de retourner sur ma planète. Ou du moins, ce que je croyais être ma planète. Je soupire, la gorge sèche. Je crois que j’ai épuisé tout mon stock de larmes après la mort de Zéphyr. Il ne m’en reste plus une.

Le lit se creuse à ma gauche. Angie passe un bras autour de mes épaules et m’attire à lui. Je le laisse m’apporter le réconfort que je trouvais jadis dans d’autres bras. Le Leader a toujours eu du mal avec ce genre de situation. La plupart du temps, je faisais donc bonne figure devant lui, puis je craquais dans les bras d’Isaac. En tout cas, je lui suis reconnaissante de ne rien dire, de ne pas me juger. Il est présent pour moi, et à ce moment précis, c’est tout ce dont j’ai besoin.

— Les métamorphes…, lâche-t-il soudainement.

Ses muscles se crispent. Je fronce les sourcils, relève la tête et lui demande :

— Quoi ? Matt ?

Angie se lève subitement, ses yeux aigue-marine se teintant d’une lueur d’inquiétude.

— Kierân. Je sens qu’il est ici.

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