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8 MARS 2019

Author: 15210689748
"publish date: " 2021-06-28 13:39:46
8 MARS 2019

Solveig

Baptiste m’attend dans la voiture le temps que j’aille voir si l’objet de ma convoitise est à la hauteur. Il a accepté de venir m’aider.

Je connais Baptiste depuis six ou sept ans, mais nous sommes devenus aussi soudés à partir du moment où Elise et lui se sont séparés. Il n’allait pas bien, c’était évident, mais il ne parlait pas. Il sortait de moins en moins, et quand il le faisait, quelque chose dans son regard que je n’avais jamais vu, apparaissait. La malice avait disparu pour laisser place au vide. Il dépérissait sous nos yeux, il s’éteignait et personne ne réagissait. Aucun de nous.

Je pensais jusqu’alors que je ne côtoyais Baptiste que parce qu’Elise était avec lui. C’est à cette période-là que j’ai réalisé que je n’étais pas aussi insensible et froide que je l’imaginais, et qu’il avait de l’importance, que j’éprouvais de l’amitié à son égard.

Un soir j’ai débarqué chez lui. J’ai cogné à sa porte, j’ai tambouriné pendant plus de trois quarts d’heure avant qu’il ne cède. On n’a pas vraiment parlé. Il avait déjà beaucoup bu, alors j’ai bu avec lui jusqu’à ce qu’il s’effondre en pleurs sur mon épaule.

Nous sommes restés sur son divan et le lendemain en fin de matinée, je suis partie pendant qu’il dormait. En sortant du travail, je suis revenue. Nous avons recommencé comme cela plusieurs soirs d’affilés, je sentais l’alcoolisme chronique pointer son nez chez lui comme chez moi. Et au bout de deux semaines à ce rythme, il a parlé, déversé. C’est ainsi que nous sommes vraiment devenus amis.

Je sonne à l’interphone et un déclic m’indique l’ouverture de la grille d’entrée. La résidence semble d’un standing assez élevé. De petites fleurs bordent l’allée qui mène aux bâtiments. La pelouse est bien taillée et je serais étonnée d’y voir la moindre mauvaise herbe. Tout est bien ordonné, au point de me mettre mal à l’aise.

Dans l’ascenseur, les étages défilent et je suis seule face au miroir, face à moi-même. Je me surprends à essayer de me donner bonne mine.

Il y a peut-être une photo qui traîne chez lui, histoire que je vois à quoi ressemble le fameux Erick. Je passe mes mains sur les jambes de mon jean afin d’en essuyer la moiteur. Les portes s’ouvrent. Un dixième de seconde, j’hésite avant de frapper à la porte, cette nervosité ne me ressemble pas.

— Bonjour Solveig ! m’accueille une magnifique et immense blonde.

Est-ce vraiment sa sœur ? Taille mannequin, yeux de biche sous une paire de lunettes à monture sophistiquée et un sourire découvrant une dentition parfaite.

Une vraie belle femme, comme on en rencontre peu, se tient devant moi.

— Bonjour…

— Kristin. Entrez, je vous en prie.

Elle s’efface et je découvre un appartement sobre et moderne. Il n’y a pas de bibelot et encore moins de photo. Une déclinaison de murs chocolat, de mobilier blanc et gris et un magnifique parquet donnent un effet classe et masculin.

— Vous voulez boire quelque chose ?

— Non merci, je n’ai que peu de temps et mon ami attend dans la voiture…

— Alors, suivez-moi, je vous montre la machine.

Quelques minutes plus tard, sûre de mon choix j’appelle Baptiste à l’aide et donne l’enveloppe pleine de billets à la sœur d’Erick, qui la range aussitôt.

— Vous ne recomptez pas ?

— Mon frère m’a dit qu’il pensait que je pouvais te faire confiance.

Kristin est donc bien sa sœur.

Baptiste, sous le charme, fait son numéro de drague et elle rentre dans son jeu, souriante. Je vois son regard qui pétille.

— Si je vous gêne, vous n’avez qu’à le dire ! lancé-je en rigolant.

La jeune femme rougit.

— Ne fais pas ta jalouse. Mon corps de rêve ne t’a jamais fait craquer.

— Ton corps de rêve devrait être en train de descendre cette merveille qui va désormais partager ma vie.

— Bien, chef.

— Je vais rabattre les sièges arrière et je remonte t’aider.

Il n’y avait pas besoin de prendre de l’avance, mais autant lui laisser l’occasion de discuter avec Kristin. Quand je remonte, mon ami attend devant l’ascenseur un sourire niais collé au visage.

— J’ai son numéro !

— Ça ne m’étonne même pas.

— Quoi ? Tu as vu la nana ?

— Ouais, mais « ton corps de rêve » fait la différence ! expliqué-je en mimant les guillemets.

Son poing s’écrase sur mon épaule.

— Fous-toi de moi…

— D’accord !

Installer la machine dans notre véhicule s’avère plus compliqué que prévu. Elle semble faire de la résistance et j’avoue ne pas être d’une grande aide pour mon ami qui fait une épreuve de force.

Baptiste et moi redevenons de vrais gosses dès que nous sommes ensemble. Presque trente ans et c’est à celui qui réussira à s’installer au volant le premier. Comme souvent, j’atterris, déçue, sur le siège passager. Sans réfléchir, j’attrape mon téléphone et commence à écrire :

Objet : de mes désirs.

Elle est comme je l’imaginais, j’espère qu’elle va se plaire dans son nouveau logement et que tu vas bien…

Bonne journée.

Solveig

— Je te pose, on décharge et je file. J’ai un rendez-vous.

— Un rendez-vous ?

— Tu n’es pas sourde, pas besoin d’aller consulter.

— Et tu dragues avant ?

— Il valait mieux après ?

Une vibration m’indique que j’ai une réponse.

Objet : perdu

Je vais bien, merci… Et toi ?

Je suis content qu’elle te plaise. Elle... ne va pas me manquer.

Erick

— Tu souris comme une gourde.

— Je t’ai fait remarquer que tu avais la même tronche, tout à l’heure ?

— Je répète… Tu as vu la nana ?

— Je crois que…

Mon téléphone se met à sonner.

— C’est Elise, dis-je tout en décrochant.

Mon amie déverse entre deux sanglots la raison de son appel. Ses mots s’entrechoquent dans ma tête. Ils ont un sens. Je comprends ce qu’elle me dit.

Enfin, je crois.

— Qu’est-ce qu’il se passe ? demande Baptiste.

Je l’entends, pourtant je n’arrive à articuler aucun mot. La terre aurait arrêté de tourner que ce ne serait pas étonnant.

— Solveig ! Réponds-moi, ajoute-t-il alors que j’essaie de me rassembler.

J’ai l’impression d’avoir éclaté en mille morceaux.

C’est impossible.

Non.

Je déglutis et essaie de calmer les battements anarchiques de mon cœur en respirant.

Ça ne fonctionne pas.

Les sons peinent à sortir, ils sont bloqués en travers de ma gorge. Je finis par le dire.

— Erwann a fait une rupture d’anévrisme.

— Merde, c’est grave ? Il est dans quel hôpital ? Je t’emmène…

Il ne comprend pas. Elise n’a pas eu le temps d’aller au bout de sa phrase que j’avais déjà compris.

— Pas besoin… il est mort.

Je crois que j’entends Baptiste parler, me parler. Je n’écoute pas vraiment, il y a comme une chape de plomb qui s’est abattue sur moi. Un vide. Le temps semble suspendu, mais je respire. Je respire, mais plus lui.

— Solveig !

— Oui ?

— Rentre chez toi, j’arrive, m’ordonne Baptiste.

Je me retrouve assise sur le canapé, le regard posé sur la télé éteinte, celle qu’on a achetée ensemble. Il est mort ? Est-ce que je suis réveillée ? Peut-être que je dors.

Un plaid atterrit sur mes genoux, une tasse de thé entre mes doigts.

Baptiste.

Je perçois des bruits de pas, il quitte la pièce, enfin, je crois.

Tout est flou, sens dessus dessous.

« Je ne sais pas, elle a l’air sonnée.

— Qu’est ce que tu veux que je te dise ?

— Ouais, vingt-sept ans…

— Non non, je pense qu’on devrait la laisser reprendre ses esprits.

— Bye, courage. »

Baptiste doit être au téléphone. Je n’aime pas ça, entendre parler de moi, comme si je n’étais pas là. Je sens le sofa s’affaisser à ma droite. Au prix d’un gros effort, je parviens à articuler :

— Merci pour tout, vraiment, mais j’aimerais bien être seule maintenant, s’il te plaît.

Ses lèvres se posent sur mon front avant qu’il ne s’en aille, avant que je ne laisse une seule et unique larme s’échapper et tracer un sillon humide sur mon visage.

Baptiste

Je suis resté assis contre la porte d’entrée devant chez Solveig à peu près une heure.

Être percuté par la mort d’aussi près me laisse comme dans un vaste désert. C’est la première fois. Sur l’instant, j’ai agi comme je pouvais pour mon amie. À présent, je suis sonné. Dépassé.

Les heures passent, défilent et l’information ne veut pas prendre son sens. Qu’est-ce qu’on peut dire dans ces cas-là ? Rien. Alors je fais ce que je fais de mieux, j’appelle la nana du rendez-vous que j’ai annulé un peu plus tôt pour lui proposer de nous voir ce soir.

Elle accepte, trop facilement, mais je m’en fous.

Je veux sentir mon corps, sentir le sien, sentir la vie, parce que ça, c’est réel, concret. Peut-être éphémère, mais ça sent le cœur qui bat, la chaleur, la sueur, le plaisir, l’envie.

Un dernier verre et je vais aller vivre.

Elise

La tête au-dessus des toilettes, j’espère que je ne vais pas être reprise de spasmes. Je tire la chasse d’eau.

Le miroir en face de moi me renvoie l’image d’une poupée Barbie à mèche rose défraîchie. Mon maquillage a coulé. L’eau fraîche du robinet percute mon visage comme une baffe pour me remettre les idées en place. Je me rince la bouche pour faire disparaître ce goût ignoble de vomi.

Je ne sais pas ce qui a été le pire. Appeler ma meilleure amie pour lui dire que son ex est mort ou apprendre la mort d’Erwann.

Des spasmes me reprennent.

Saleté.

Simon frappe à la porte. Je l’entends comme s’il était à des milliers de kilomètres, pourtant il est tout à côté.

Il va se dire que j’en fais des caisses, comme d’habitude. Oh et puis merde.

— MERDE ! hurlé-je.

Qu’on me fiche la paix ! Au moins aujourd’hui.

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