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Chapitre 8Justice et perspectives

Swan, EJ
"Veröffentlichungsdatum: " 24.10.2024 15:58:05

Chapitre 8

Justice et perspectives

Toujours les mêmes murs. Toujours le même mobilier. Tout est sombre. Cela fait des mois que je n’ai pas vu la lumière du jour. Seulement des flammes faisant office de clarté çà et là. Mais vivre dans ce milieu n’est rien comparé au vide que je ressens face à la solitude. Je devrais pourtant y être habitué. Je la connais même par cœur. Elle est ma meilleure amie depuis des années. Elle me suit comme une ombre. Et le plus ironique, c’est qu’elle reste la seule présente à mes côtés. Quelles que soient les circonstances, elle ne me laisse jamais tomber.

— Debout, toi !

Et toujours la même rengaine le matin. Sa voix, la seule qu’il m’ait été donné d’entendre depuis ces dernières semaines.

Je braque mon regard sur sa silhouette longiligne. Provocatrice. Mais je ne dis rien. Je n’ai pas envie de gaspiller de la salive pour elle. J’ai beau la regarder tous les jours, je n’arrive pas à y voir mon double. Comment pouvons-nous sembler à la fois si similaires et opposés ?

— Ne crois pas que ce jour-ci sera identique aux précédents, Isaac.

Dans un brouillard rouge, elle fait apparaître une lance qu’elle me jette presque à la figure. Et comme tous les matins, je me recule pour la laisser s’échouer par terre.

— Si tu ne veux pas te battre, cette fois-ci, je t’y forcerai. J’ai été assez patiente.

Ses yeux s’incrustent dans les miens. Ils sont arrogants, joueurs, impatients et désireux. Je n’ai jamais souhaité faire partie de tout ça. Je n’ai jamais demandé à être ici, à attendre avec crainte la prochaine réplique que ma jumelle prononcera. À être son pantin. Je ne lui suis d’aucune utilité, et pourtant, elle continue de persévérer. Chaque jour. Je la soupçonne de tirer profit de ma présence en guise de remède contre la solitude qu’elle ressent en elle. Je n’ai jamais accepté de me battre contre elle. Ce n’est pas l’envie qui manque, loin de là. Simplement, je ne souhaite pas lui donner ce qu’elle veut. Elle ne mérite pas d’obtenir quoi que ce soit. Si l’unique arme que je puisse utiliser contre elle se résume à sa solitude, je ne vais pas me priver.

— Bien, comme tu voudras.

Elle soupire, fait apparaître une seconde lance entre ses mains, et m’assène un violent coup au thorax. Elle revient à la charge et me frappe à l’abdomen. Je serre les dents. Elle balance un troisième coup, cette fois-ci, vers mon visage. Je saisis son arme et la tire d’un coup sec. Ça ne peut plus durer, je ne vais pas me laisser me faire battre plus longtemps. La Démone trébuche à moitié et tente de retrouver son équilibre. Je la retourne contre moi et bloque la lance en travers de son cou, augmentant la pression.

— Je t’avoue être surprise… Je ne m’attendais pas à ce que tu ripostes, murmure-t-elle.

Ma poigne se referme un peu plus fort sur la lance.

— Ne jamais sous-estimer son adversaire.

Son sourire s’élargit. Lentement, elle tourne la tête, son dos reste collé contre mon torse. La sentir respirer contre moi fait remonter toutes mes peurs enfouies. Le monstre de mes cauchemars est bien réel, et je le tiens entre mes mains. Seulement, je suis incapable de le terrasser.

— Voyons, Isaac… lâche cette lance, c’est ridicule. Tu ne peux pas me tuer. Souviens-toi que mes envies sont tiennes. Et en ce moment, je n’ai vraiment, vraiment pas envie de mourir…

Mes mains tremblent sous la résistance que j’oppose face à ses désirs. Je tente de me concentrer sur son cou. Je lutte contre cette envie grandissante qui me pousse à lâcher la lance au sol. Je lutte avec le peu de volonté qu’il me reste. Le temps d’une seconde, la Démone fronce les sourcils. Ça n’a peut-être pas duré longtemps, mais j’ai vu le doute s’installer.

— Tu as conscience que si tu mets fin à mes jours, il en ira de même pour toi ?

Je déglutis.

— Je n’ai plus rien à perdre.

La Démone commence à rire, mais s’arrête net lorsque j’intensifie ma poigne sur la lance.

— Ne dis pas de bêtises… Tu as tout à perdre, je le sens. Tu as envie de courir loin d’ici. Tu veux retrouver ceux qui sont chers à ton cœur, mais que tu as pourtant blessés contre ton gré. T’excuser auprès d’Evalina, arranger les choses avec le Leader, devine-t-elle, une lueur perfide dans le regard. Tu ne veux pas mourir incompris. Maintenant, lâche la lance, veux-tu ?

Je secoue la tête, accentue ma force sur son cou et prends une grande inspiration afin de vider mon esprit embrumé de phrases empoisonnées de la Démone. Cette dernière abandonne son sourire.

— Qu’y a-t-il, Mélodie ? On a du mal à se faire obéir ? lui susurré-je à l’oreille.

— Tu oublies que j’ai en ma possession tous les pouvoirs des Surnaturels. Je pourrais t’électrocuter sur-le-champ… et je pourrais ensuite faire de toi ce qu’il me plaira.

Lorsque je me penche à son oreille, la Démone retient son souffle. Je ne l’ai jamais senti aussi vulnérable qu’actuellement.

— Si tu les avais réellement en ta possession, tu en aurais déjà usé pour te sortir de cette situation. Tu les as volés à l’aide de ta fourche. C’est donc grâce à cette arme que tu peux abuser de leurs pouvoirs selon tes envies. Or, je ne la vois pas avec toi. Tu ne pensais pas en avoir besoin ? Tu sous-estimes dangereusement ton adversaire.

Mélodie ne respire pas. Elle ne cherche même plus à se défendre. Son corps entier est paralysé par le pouvoir que j’exerce sur elle. Son visage ne trahit pas la moindre émotion, si ce n’est quelque chose que je me refuse à voir. De l’amertume. C’est impossible. Une personne comme elle ne peut pas ressentir de rancœur.

— Tu vas donc me tuer ? murmure-t-elle.

— Tu ne peux pas dire que tu ne le mérites pas.

Elle ferme les yeux. Penche lentement la tête en arrière, m’offrant une vision parfaite sur sa gorge. Je pourrais la briser si facilement. Sa langue caresse ses lèvres de velours. Son cœur bat au même rythme que le mien.

— Non, je ne le peux pas.

Aucune trace de moquerie ne vient perturber le ton de sa voix. Elle est affreusement sincère.

— En revanche, je peux affirmer que personne n’est tout blanc dans cette histoire. Tu associes mon visage au mal qui sévit sur Réturis parce qu’on t’a appris à le faire. Ce sont les valeurs qu’on t’a mises en tête. Mais ne t’es-tu jamais demandé si, justement, ce mal ne venait pas au contraire… de ton propre camp ?

Je faiblis, ne tenant la lance que par le bout des doigts. J’ignore si ce sont là ses envies à elle qui me parviennent, ou bien tout simplement les miennes. Notre fusion est totale. Depuis que mes mains se sont emparées de cette fourche au Majestueux, je ne suis plus capable de dissocier mes désirs de ceux de Mélodie.

— Tout est une question de perspective, Isaac. De point de vue.

Elle lève sa main droite, progressivement, jusqu’à mon visage. Je ne cherche pas à l’arrêter. Celle-ci s’arrête sous ma mâchoire, ses doigts en caressant les contours. Je lâche l’arme.

— Au Majestueux, tu as peut-être eu l’impression d’être bien entouré. De te sentir enfin en sécurité. Mais si tout ceci n’avait été qu’illusion ? Si tu t’étais laissé apprivoiser par les émotions d’Evalina ? En réalité, peut-être était-ce son bien-être qui t’apportait le sentiment d’être entouré ? Peut-être était-ce la protection qu’elle recevait des Surnaturels qui t’apportait celui d’être sauf ?

Le bruit du métal contre le marbre me chatouille à peine les oreilles lorsque la lance tombe au sol. Je retourne Mélodie de façon à la regarder droit dans les yeux.

— Explique-moi.

Elle fronce légèrement les sourcils.

— Je veux connaître ta version, ajouté-je, et non celle des autres.

Mais elle secoue lentement la tête.

— Tu ne me croirais pas.

— À quoi bon me dire que tout est une question de perspective si tu ne tentes même pas de m’expliquer la tienne ? Comment veux-tu que quelqu’un te comprenne si tu refuses de partager ton point de vue ?

— Contrairement à toi, Isaac, je me fiche de mourir incomprise.

Je plisse les yeux. Elle a beau être convaincante, je ne parviens pas à la croire entièrement. La Démone a ses faiblesses, comme tout un chacun. Elle a peur de quelque chose. Mais de quoi ?

— Tu veux donner l’impression que tout ça t’est égal, mais il y a forcément des choses qui t’atteignent plus que d’autres.

— Une Démone ne ressent rien, articule-t-elle.

Sa phrase sonne faux. Elle sourit pour se donner une contenance.

— Ce n’est pas l’impression que tu me donnes.

Elle se détourne en baissant les yeux. Sauf que j’ai besoin de la savoir auprès de moi.

— Ne cherche pas ce qui n’existe pas, Isaac. C’est une perte de temps.

Plus elle s’éloigne et plus elle semble reprendre de l’assurance. Je me rapproche d’elle, dans l’espoir qu’elle ne remette pas son masque de monstre sans cœur qui s’esclaffe de tout. Je viens de percer une brèche et je compte bien m’y engouffrer. Si Mélodie voulait vraiment m’échapper, elle s’envolerait dans une fumée rouge. Mais ce n’est pas le cas. Elle recule, mais elle ne s’enfuit pas.

— Pourquoi as-tu volé leurs pouvoirs ? la questionné-je subitement.

J’ai conscience de prendre un très gros risque. Elle pourrait fuir la question en décidant finalement de partir, et je n’aurais peut-être jamais l’occasion de la revoir aussi vulnérable et sensible à mes paroles.

— Pour accomplir ce que mes ancêtres ont toujours voulu mais n’ont jamais pu avoir. N’as-tu donc aucune mémoire ? annonce-t-elle d’un ton agressif, ses yeux luisant de petites taches rouges.

— Ce que tes ancêtres ont toujours voulu, relevé-je. Mais toi ? Que veux-tu ?

Le visage de la Démone s’éclaire un bref instant. Elle appuie l’arrière de sa tête contre le mur, passe sa langue sur ses lèvres et déclare :

— Tu n’es pas le premier à me poser cette question.

Je la soupçonne de camoufler une couleur. Je l’ai déjà vue faire, mais cela n’a jamais été aussi flagrant qu’aujourd’hui. Elle n’a besoin que de quelques secondes pour contrôler la teinte de ses yeux.

— Je suis méchante, Isaac, finit-elle par articuler. Il n’est pas bon de me côtoyer et encore moins d’essayer de me comprendre. Ou pire encore, de me connaître. Tu devrais laisser tomber avant que je ne te le fasse regretter.

Ses propos s’opposent les uns les autres. Ils ne sont pas logiques.

— Quelques minutes plus tôt, tu me mets dans la tête que je fais partie du mauvais camp, que tu n’es peut-être pas la vraie méchante dans cette histoire… Et maintenant, tu veux à tout prix que je te perçoive comme le mal ?

Mélodie me fusille aussitôt du regard.

— Dans quel camp es-tu, au juste ? la questionné-je.

Elle réfléchit un court instant, puis me répond :

— Le camp de la justice.

— La justice ? Et où vois-tu la justice dans le fait de voler les pouvoirs des Surnaturels ? De torturer Evalina et menacer de lui arracher le cœur ? De faire de moi ton pantin ou encore d’éliminer sauvagement Zéphyr ? Visiblement, nous n’avons pas la même définition de la justice.

— Inutile de me rappeler mes actes. Je sais très bien ce que j’ai dû faire pour en arriver là. Parfois, des sacrifices sont nécessaires pour ramener la justice. Zéphyr se dressait en travers de ma route, je n’ai donc eu d’autre choix que de l’éliminer.

— Si, tu avais le choix. Tu n’étais pas forcée de le tuer. Tu aurais pu l’immobiliser, comme tu l’as fait avec les autres !

— Parce que tu crois que je n’y ai pas pensé ? À choisir, j’aurais cent fois préféré qu’Angie meure à sa place ! Malheureusement, ce jour-là, le plus doué s’est révélé être Zéphyr ! Je l’ai repoussé, mais il est revenu à la charge ! Alors non, je n’ai pas eu le choix !

— Tu aurais pu continuer à le rep…

— Il ne restait jamais au sol ! me coupe-t-elle, d’une voix brisée par la colère. Il refusait d’abandonner ! Plus il persévérait et plus il narguait mes pulsions meurtrières ! Je n’avais plus beaucoup de temps, alors oui, j’ai fait la seule chose qui, je le savais, serait efficace ! Je l’ai tué !

Mélodie écarquille les yeux et déglutit. Elle donnerait presque l’impression de se rendre compte seulement maintenant des actes atroces qu’elle a commis. Finalement, la Démone est loin d’être aussi sûre d’elle qu’elle veut le faire croire. Ou peut-être se joue-t-elle de moi ? Peut-être cherche-t-elle à me duper en me faisant penser à la possibilité qu’il n’existe pas qu’un cœur de pierre sous tous ces actes meurtriers. Je ne sais plus ce que je dois croire.

— Il ne méritait pas de mourir, avoue-t-elle, en affrontant cette fois-ci mon regard.

— Comment fais-tu pour vivre avec ça sur la conscience ?

— En me rappelant chaque matin que son sacrifice a permis à Réturis de progresser vers une grande cause.

— La justice ?

Mélodie hoche la tête.

— En quoi tuer Zéphyr pourrait bien rapprocher Réturis de ta justice ?

— Les Surnaturels doivent payer pour ce qu’ils ont fait.

— Ils n’ont fait que se défendre contre toi.

— Je ne parle pas de ma génération.

— Tu cherches encore à venger ta mère ?

— Je vois plus loin, réfute-t-elle. Beaucoup, beaucoup plus loin.

— Tu cherches à venger la première Démone ? Celle qui a tué sa propre sœur jumelle ? Elle ne le mérite pas !

Mélodie secoue la tête et pousse un soupir d’exaspération.

— Je me fiche complètement d’Eléana ! C’est vrai, elle a mérité son sort.

Je hausse les sourcils.

— Mais sa fille, Ambre, n’a pas mérité ce qu’il lui est arrivé. Les Surnaturels l’ont reniée, simplement pour ce qu’elle était : la fille d’Eléana. La fille d’une tortionnaire et d’une meurtrière. Personne ne lui a laissé sa chance… Personne ne l’a écoutée. Personne n’a cru en elle.

Mélodie quitte le mur contre lequel elle était adossée, se rapprochant de moi.

— Le rôle des Surnaturels est de protéger et de défendre au péril de leur vie chaque être de Réturis en danger, et qu’ont-ils fait pour Ambre ? Qu’ont-ils fait, lorsqu’elle a baissé les armes et décidé de se rendre ? Qu’ont-ils fait, lorsqu’elle a avoué ne pas vouloir cette guerre ? Elle voulait la paix ! Elle n’a jamais voulu suivre le chemin de sa mère. Tout ce qu’elle désirait, c’était qu’on la laisse élever son enfant à son tour. Qu’on cesse de lui reprocher les erreurs d’Eléana !

Mélodie marque une pause. Lentement, elle lève les mains et les dépose délicatement sur mon visage. Lorsqu’elle accentue son geste, ses ongles me griffent les joues et la poigne avec laquelle elle me tient ne me permet pas de riposter. Elle ferme alors les yeux :

— Proiectura veteris, murmure-t-elle.

Je suis aussitôt plongée dans l’obscurité. Des flots d’images et de murmures indescriptibles défilent à toute allure dans ma tête. Comme si je remontais le temps, les époques passent une à une à grande vitesse. Puis les images ralentissent, deviennent plus nettes. Les murmures se muent en paroles parfaitement audibles. Je reconnais en premier le Majestueux, bien que sa couleur soit totalement différente de celle d’aujourd’hui. Sa façade est entièrement rouge, mais son architecture reste la même. Il fait pratiquement nuit. Une foule de gens est présente. Des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards, des gens de bonne famille, d’autres à l’allure plutôt pauvre. Tous sont agglutinés autour des marches du Majestueux. Sur celles-ci, huit adolescents armés jusqu’aux dents. Deux garçons saluent la foule en souriant. Une fille au teint mat fait signe aux personnes présentes de faire plus de bruit. Elle lève et baisse les bras, tandis qu’une brune à ses côtés tend l’oreille et hurle qu’elle n’entend toujours rien. La foule hausse la voix, lève les poings en l’air et crie à tue-tête une seule et même phrase :

— À mort, la Démone !

Un brun, de taille plutôt grande, extrait lentement un poignard de son holster. Il regarde en contrebas, les yeux désireux de victoire. Je suis son regard jusqu’en bas des marches, découvrant une femme à genoux, serrant une enfant dans ses bras. Cette dernière ne doit pas avoir plus de douze ans. La femme secoue la tête et implore la pitié du jeune homme. Celui-ci éclate de rire, entraînant la foule avec lui, puis descend les marches une à une. La femme comprend alors son triste sort. Lorsqu’il se retrouve face à elle, celle-ci serre un peu plus fort l’enfant dans ses bras. Elle lui caresse les cheveux et l’embrasse sur le front.

— Regardez-moi ça, si ce n’est pas mignon ! s’esclaffe l’adolescent.

La foule hurle, scande la mise à mort de la Démone. Cette dernière secoue la tête, apeurée, et laisse ses larmes couler sur ses joues. Le jeune homme s’accroupit pour être à sa hauteur. D’un geste assuré, il lui relève le menton.

— Si la situation n’était pas aussi ridicule, j’aurais presque pitié de toi, sourit-il. À quoi pensais-tu ? Tu croyais pouvoir obtenir de nous la paix en venant désarmée et en nous offrant ta fourche avec tous tes pouvoirs ?

Il repart dans un grand éclat de rire et agrippe brutalement les cheveux blond vénitien de la femme, dégageant son cou par la même occasion. Il regarde l’enfant, puis la mère, et enfin le poignard. Il se tourne alors pour faire un signe de tête à l’un de ses compagnons. La fille au teint mat hoche la tête et descend les marches. Elle contourne le garçon afin d’arriver jusqu’à l’enfant. La Démone écarquille les yeux d’horreur. Elle tente de protéger son enfant en le faisant passer derrière son dos, mais l’adolescente le lui arrache des bras. La Démone hurle. Ce qui provoque un cri de joie de la foule.

— À mort, la Démone ! À mort, la Démone ! À mort, la Démone !

Le slogan se fait de plus en plus pressant, de plus en plus sonore. L’enfant tend les bras vers sa mère, mais la Surnaturelle qui la retient l’éloigne brusquement en la traînant par le cou. La Démone crie. S’époumone. Hurle. Et pleure. Ses plaintes sont déchirantes et la foule en rigole.

— Crystal ! s’égosille-t-elle. Rendez-la-moi ! Rendez-moi ma fille !

— Oh, mais ne t’en fais pas, elle te rejoindra très vite, déclare le jeune homme.

Il place la lame du poignard sous sa gorge. Elle ne regarde pas le Surnaturel qui s’apprête à la tuer. Ses yeux sont rivés sur sa fille.

— Si cela peut t’apporter la gloire, alors tue-moi. Mais je t’en supplie, épargne ma fille ! Elle est bien trop jeune pour mourir ! Elle n’a rien fait pour mériter tout ça ! sanglote la Démone.

Le Surnaturel la fait taire en tirant un peu plus sur ses cheveux.

— Cesse de te plaindre, Ambre. Tu es le fruit du démon en personne. Ta progéniture n’est que la prochaine graine, et si nous ne mettons pas rapidement fin à sa floraison, elle deviendra bien vite un arbre menaçant.

La Démone ferme les yeux et laisse une plainte atroce déchirer l’air. Le jeune homme soupire, montrant son agacement, puis retire le poignard pour le pointer en direction de Crystal :

— Ne me pousse pas à la tuer en premier. Tu vois, je pensais te faire une faveur en t’épargnant la vision de ta fille agonisante. Mais si tu ne te tais pas très vite, je vais te donner une vraie raison de hurler comme un pauvre animal apeuré.

Il fait un signe de tête à la Surnaturelle au teint mat.

— Alexane ? Tu veux bien ?

L’adolescente sourit et encercle le cou de Crystal de ses bras. La jeune fille s’accroche à Alexane de toutes ses forces, mais cette dernière lui flanque un coup de genou dans le bas du dos. Elle ferme les yeux, mimant du bout des lèvres le mot « maman ». Vue de l’extérieur, la scène est atroce. Je ne comprends pas comment toute cette foule peut acclamer ça. Le Surnaturel demande à Alexane d’arrêter. Celle-ci desserre son emprise, laissant Crystal reprendre enfin son souffle.

— Je vais te faire une faveur. Et pour le bien de ta fille, tu as tout intérêt à l’accepter, murmure le jeune homme à Ambre, replaçant son poignard sous sa gorge.

Il relève la tête et s’exclame face à la foule :

— Qui est pour des excuses ? Qui, parmi vous, souhaite l’entendre demander pardon pour tous les actes monstrueux qu’elle a commis ?

La foule lève les bras et hurle comme un seul homme.

— Tu sais ce qu’il te reste à faire.

— Jamais, articule Ambre. Jamais je ne m’excuserai de m’être simplement défendu contre vos attaques injustifiées ou d’être née dans la peau de celle que je suis.

La lame s’enfonce alors légèrement et le sang commence à couler tout doucement.

— Dommage. Si tu avais reconnu tes torts auprès du royaume, j’aurais peut-être laissé ta fille vivre.

Ambre écarquille les yeux, mais c’est trop tard. Il lui tranche la gorge d’un geste atrocement lent et assuré. Le sang jaillit violemment et la Démone tombe à genoux, les mains autour de son cou. Elle regarde sa fille une dernière fois, puis tombe en avant, son corps percutant le sol poisseux d’hémoglobine La foule saute de joie. Crystal est tétanisée par le choc. Aucune larme ne coule sur son visage. Son regard est rivé sur le corps de sa mère. Le Surnaturel donne un coup de pied dans le corps de cette dernière, qui bascule jusqu’à la foule. Celle-ci se précipite jusqu’à elle et l’assène de milliers de coups.

Le jeune homme observe la scène sereinement, fier d’avoir libéré Réturis de la menace que représentait Ambre. Les lumières du Majestueux l’illuminent, comme s’il était l’élu destiné à gouverner ce royaume. Il détourne ses yeux de la foule et avance droit vers Crystal. La jeune fille s’affole. Sa poitrine se soulève bien trop vite. Elle tente d’échapper à l’emprise d’Alexane, mais la Surnaturelle la maintient fermement contre elle. L’adolescent se penche vers la jeune fille et lui plante sous le nez le poignard dégoulinant de sang.

— Ta maman a bien fait de ne pas m’écouter, déclare-t-il. Elle n’était pas bête. Elle savait que dans tous les cas, je te tuerais. Je ne peux pas laisser ta monstrueuse lignée subsister parmi nous, tu comprends ?

Crystal secoue vivement la tête.

— Ne t’inquiète pas, je vais faire vite, continue-t-il. Tu ne sentiras presque rien.

Crystal donne alors un violent coup de tête en arrière. La Surnaturelle au teint mat chancelle et perd durant quelques instants ses appuis. La jeune fille en profite pour échapper à sa poigne. Malheureusement, elle a à peine le temps de contourner le Surnaturel que celui-ci la rattrape avec une vitesse impressionnante, tirant le tissu de sa robe noire. Crystal hurle et se débat comme une furie. Tout le chagrin dû à la mort de sa mère l’envahit. Elle pleure et assène une violente gifle au Surnaturel. Le visage de l’adolescent change du tout au tout. Ses traits dévoilent sa colère.

Il tire plus sauvagement sur la robe de la jeune Démone afin de la ramener contre son torse. Mais lorsqu’il la capture entre ses bras, Crystal se volatilise. L’incompréhension le gagne. Il fend la foule en écartant les monels à l’aide de gestes brusques et revient sur ses pas en observant ses compagnons, tout aussi désemparés que lui. Le jeune homme hurle sa colère au ciel nocturne. Crystal a disparu.

Les images deviennent floues, défilent de nouveau, mais à l’envers, remontant le temps jusqu’à notre époque. Ma vision s’éclaircit et je retrouve Mélodie aussi vite que je l’avais quittée. Cette dernière retire ses mains de mon visage, les yeux rouges, débordant de haine et de chagrin à la fois. Je sens le désir violent de vengeance qui l’habite. Il est si puissant qu’il me frappe de plein fouet. Cette vision m’a tétanisé sur place.

— Il y a des tas de souvenirs similaires, articule Mélodie d’une voix éteinte. Les Démones se transmettent leur mémoire de génération en génération, ce que les Surnaturels ignorent. Et crois-moi, le souvenir auquel tu viens d’assister ne fait même pas partie des plus barbares.

Je cligne des yeux, sous le choc.

— Qu’est-il arrivé à Crystal ?

— Elle a pu s’enfuir grâce à ses pouvoirs, en devenant invisible. C’était la première fois qu’elle avait recours à la magie. J’ignore comment elle s’est débrouillée pour faire appel à un pouvoir de cette ampleur sans la fourche. Crystal a couru aussi loin que ses jambes le lui ont permis. Elle a vécu des années à la rue, dans l’anonymat le plus total. Et puis, lorsqu’elle s’est sentie prête, elle a récupéré sa fourche et bâti l’Imposant. Elle a mis au monde sa descendance et traqué un à un les anciens Surnaturels pour venger la mort de sa mère.

Elle s’interrompt, laissant un sourire apparaître sur son visage au teint pâle. Elle semble vivre la scène comme si elle y était.

— Je croyais qu’Eléana avait bâti l’Imposant.

— C’est juste. Mais sa sœur l’a détruit.

— Pourquoi ?

— Si je le savais, je te répondrais volontiers. Bizarrement, les seuls souvenirs auxquels je n’ai pas accès sont ceux d’Eléana.

Mélodie me tourne le dos, faisant claquer ses talons sur le sol, sa robe noire traînant derrière elle.

— Les nouveaux Surnaturels ont fini par la tuer. La fille de Crystal a cherché, elle aussi, à venger sa mère en privant les Surnaturels de la seule chose qui les rendait spéciaux. Leurs pouvoirs. Et depuis, c’est un cercle sans fin qui ronge les Démones. Chaque descendance réclamant justice. Nous sommes vues comme la pire abomination de ce royaume, mais ce n’est pourtant pas nous qui avons commencé cette guerre.

Elle a raison. Si les Surnaturels avaient laissé une chance à Ambre, peut-être que la situation actuelle ne serait pas aussi critique. Et peut-être que je suis fou. Parce que je commence à voir les choses sous un autre angle, et que je ne devrais pas. Je m’étais juré de toujours haïr la Démone. Je m’étais juré de lui faire payer un jour toutes les années de liberté qu’elle m’a enlevée, tout le malheur qu’elle fait subir à ce royaume.

— Pourquoi chercher à se remémorer indéfiniment ces choses horribles ? Ça ne fait qu’accroître ton désir de vengeance.

— De justice, me corrige-t-elle.

Je ne suis pas persuadé qu’elle sache faire la différence entre vengeance et justice, mais j’ai tout intérêt à ne pas le lui faire remarquer. La regarder discuter ainsi, sans s’énerver, sans violence, est une chose bien assez rare pour avoir envie d’en profiter davantage.

— C’est justement Crystal qui a mis en place ce processus de mémoire génétique. Pour qu’aucune d’entre nous n’oublie jamais ce qu’il en coûte de s’en remettre aux Surnaturels. Ils se méfieront toujours de nous. Aussi grande soit notre volonté de changer, jamais une génération de Surnaturels n’acceptera de croire tout espoir de rédemption de la part d’une Démone. Nous sommes faits pour nous entre-tuer.

— Lorsque les Surnaturels ont accepté de t’amener au Siège pour rencontrer Candélaria, ils t’ont accordé le bénéfice du doute. Evalina a cru en toi. Elle pensait que tu pouvais devenir meilleure et c’est toi qui as tout fichu en l’air.

Mélodie plante des yeux rageurs dans les miens. Elle me regarde comme si je n’étais qu’un imbécile qui n’a rien compris à la leçon du jour.

— Ils ne m’auraient jamais fait confiance ! Ils m’auraient laissée pourrir dans une de leur cage et auraient appelé ça de l’indulgence !

— Tu te trompes. Evalina était prête à le faire. Elle te connaît bien mieux que les Surnaturels et tu sais qu’elle aurait été capable de les faire changer d’avis ! Mais tu as eu trop peur.

En une seconde à peine, les yeux de Mélodie flamboient d’un rouge aveuglant, puis elle se précipite sur moi, me poussant de toutes ses forces contre le mur. Mon dos heurte le béton dans un bruit sourd. Elle me balance un coup de poing au visage, que je parviens à arrêter juste à temps. La rage transpire de son corps.

— Tu crois que c’est facile, de leur faire confiance ? ! hurle-t-elle. Après tout ce qu’ils ont fait subir à mes ancêtres ? Tu crois que j’ai envie de risquer d’être celle qui échoue parce qu’elle aura eu foi en eux ? Je refuse d’être celle qui mettra fin à la lignée des Démones si je me fais avoir !

Je déglutis. La position de Mélodie est discutable. Mais si personne n’ose faire le premier pas, cette guerre ne cessera jamais.

— Je n’ai jamais dit que ce serait facile, rectifié-je. Mais au lieu d’être celle qui pourrait tout gâcher, tu pourrais bien être celle qui ramène la paix à Réturis.

Après quelques secondes, elle murmure, la lèvre inférieure tremblante :

— Je n’ai pas le courage de faire ça.

Elle baisse la tête et ferme les yeux. Lorsqu’une larme roule sur sa joue, je ne peux pas m’empêcher de l’essuyer avec mon pouce. C’est plus fort que moi. J’ignore si l’envie que je ressens vient d’elle ou bien de moi, mais je suis incapable de rester insensible à sa détresse. Un grand brouillard rouge commence à envahir la pièce dans laquelle nous nous trouvons. Mélodie va se volatiliser. Je ne cherche pas à comprendre cet élan qui me pousse à l’attirer contre moi. Je le fais, c’est tout. Je l’étreins et dépose sa tête au creux de mon cou.

Mélodie est si surprise que le brouillard se dissipe aussitôt. Elle abandonne son image de femme confiante au cœur de pierre et fait tomber le masque dans son entièreté. Avec précaution, elle agrippe le tissu de mon tee-shirt entre ses doigts frêles. Elle pleure silencieusement. Je distingue tout juste son cœur qui bat. Et j’aimerais que cet instant ne se termine jamais. Ou peut-être est-ce là le désir de Mélodie ? Je ne sais plus faire la différence. Mais je ressens en moi cette envie de la protéger. De prendre soin d’elle. Et soudain, l’atmosphère devient glacée.

— Mélodie ?

Elle se détache de moi et vient palper son poignet gauche en fronçant les sourcils.

— Non… C’est trop tôt, murmure-t-elle. C’est beaucoup trop tôt.

Je relève son menton pour croiser son regard gris.

— Evalina… elle a… Elle n’a pas réfléchi comme les autres. Elle sait où nous sommes !

— Je t’avais prévenue qu’elle n’écouterait pas le groupe. Comment tu…

— Comment je le sais n’a pas d’importance, me coupe-t-elle subitement. Je vais devoir changer mes plans.

Son corps se sépare du mien. Elle remet en place ses barrières et renfile son masque. Mais avant qu’elle ne se détourne, j’attrape avec fermeté son bras et lui pose la question qui me brûle les lèvres :

— Qu’est-ce que tu vas faire ?

Mélodie me scrute attentivement.

— Ce qui sera nécessaire.

Je fronce les sourcils. Elle ira droit au but. Et si l’un des Surnaturels ose lui barrer la route, elle le tuera. Elle s’abandonnera à ses pulsions et ne se rendra pas compte de ses actes.

— Tu avais raison, Isaac. Au fond, je suis comme toi. Je refuse de mourir incomprise, déclare-t-elle, s’évaporant dans un brouillard sanguin.

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